Auteur : kitsu34

Origine : Saiyuki

Couple : Sanzo X Gokû et Gojyo X Hakkai

Disclaimers : rien à moi !

Note : cette fic est dédicacée à Shunelodie qui m'a soutenu envers et contre tout depuis que j'ai commencé à écrire ! Je te fais peut-être un cadeau empoisonné ma Shunelodie car c'est vraiment pas ce que j'ai fait de mieux ! Mais quoiqu'il en soit, cette fic est la tienne… si tu en veux…

Merci à tous ceux qui m'ont rewiewé sur cette fic et sur les autres ! Sans vous, je l'aurai abandonnée depuis longtemps ! Je crois que le Sanzo x Gokû ou le Gojyo x Hakkai, c'est en dehors de mes capacités et il y a d'autres auteurs, bien plus doués que moi pour en parler, alors je leur laisse le soin de le faire, jusqu'à ce que je sois capable d'en faire autant !

D'une façon générale, j'abandonne Saiyuki pour l'instant, le temps de maîtriser le manga et de m'approprier les personnages… Sayonara ! Et encore merci à tous ceux qui ont lu mes fics. Je vous embrasse tous !

Cœur de verre

Chapitre 4

Je n'arrive toujours pas à croire ce que Gokû nous a dit.

Ce n'est pas possible.

J'ai toujours considéré que, sur le plan des sentiments, Sanzo était un solitaire, un misanthrope qui ne laissait approcher personne. Ça faisait partie du personnage et de son histoire, c'était comme ça.

C'est vrai que ça m'arrangeait bien aussi, c'était moins compliqué.

Au fond de moi, je me suis dit que c'était une vision simpliste. Et souvent j'ai senti le Sanzo caché, pudique et douloureux. Souvent, j'ai perçu la sensibilité à fleur de peau, la vulnérabilité tremblante et effrayée à l'idée de souffrir encore.

Mais il faisait si bien semblant, il rabattait si vite cette façade qu'il dresse toujours entre son moi profond et le regard des autres, qu'il suffisait de ne pas pousser plus loin.

Et si pour la majorité des cas, je n'ai jamais été dupe et j'ai toujours su voir ce qu'il cachait à tous, en ce qui concerne Gojyo et moi, j'ai fermé les yeux et je n'ai rien voulu voir.

Se pourrait-il que…

Alors qu'il soit tombé amoureux… Et de Gojyo en plus…

Je n'arrive pas à le croire. Et ça me déstabilise, me déroute au plus haut point.

Soudain les choses ne sont plus aussi claires, tout devient trouble et inquiétant.

Et surtout, surtout… Je me rends compte que ça me déplaît au plus au point !

Viscéralement.

Sanzo est mon ami pourtant, même s'il préférerait se crever les tympans que de m'entendre le dire. Je le respecte et quelque part, d'une certaine façon, je l'aime.

Je devrais ressentir de la compassion, de la compréhension, m'effacer peut-être même. Je ne suis qu'un criminel qui n'aurait pas dû vivre. Et cette vie je la dois à Sanzo. Doublement.

Pourtant, depuis que je sais, je sens le ressentiment monter en moi. Presque de la haine. Une dureté qui m'effraie parce que je sais combien mes émotions peuvent être violente et dévastatrices. J'ai déjà tué pour ce genre d'émotions.

Non. Pas d'émotion, de… sentiment

J'ai presque peur de mes pensées.

Se pourrait-il que…

Et depuis quatre jours et cette action insensée de Sanzo, mon être intérieur bouillonne, se révolutionne !

Et c'est douloureux. Ça me surprend encore… J'avais oublié à quel point vivre est pénible et exaltant à la fois.

Je sais que je ne suis qu'un criminel et j'ai longtemps pensé ne plus mériter de vivre et encore moins d'être aimé.

Mais les choses ont changé.

Parce que cette fois je refuse de m'effacer, d'abandonner.

Parce que je ne peux plus envisager de vivre loin de Gojyo. Parce que surtout, surtout, je ne peux envisager l'idée de Gojyo vivant avec quelqu'un d'autre, sans moi. Je refuse de le faire.

Se pourrait-il que…

Surtout avec lui. Sanzo. Parce qu'il lui fera du mal. Il ne sait faire que ça.

Il a déjà commencé, d'ailleurs, en se jetant devant lui comme ça. Il connaît pourtant la douleur de celui qui reste, alors pourquoi l'infliger à un autre ? Un autre qu'il aime !

Si vraiment il était capable d'aimer comme il faut, de tout donner pour l'autre, il serait capable de donner même sa mort et sa souffrance. Parce que c'est cela le plus difficile, accepter de vivre.

Et pour l'instant, Sanzo en est incapable.

Moi si. J'ai accepté de vivre en devenant Cho Hakkai. J'ai tout donné.

J'ai accepté la souffrance et la douleur, à nouveau. J'ai accepté l'éventualité qu'un jour peut-être mon cœur puisse se briser, comme celui de Sanzo. Comme du verre.

Alors je ne le lui laisserais pas. Je ne m'effacerais pas. Cette fois, je saurais protéger mon amour. Je ne ferai pas deux fois la même erreur.

Cette fois, j'ai peut-être une chance de réparer, de recoller les morceaux. J'ai peut-être une chance que mon cœur redevienne un tout paisible, transparent et clair.

Oui, il se pourrait que…

Kannan, Sanzo, je suis désolé, mais j'ai décidé d'aimer.

A nouveau.

- - - - -

Cela faisait maintenant quatre jours qu'ils s'étaient réfugiés dans cette grange délabrée, découverte par hasard en cherchant un endroit où soigner Sanzo.

Quatre jours que le moine oscillait entre la vie et la mort, quatre jours qu'il gisait là, à même le sol, couché sur un lit de fortune, fait de paille et de couvertures.

Et quatre jours que régnait une ambiance étrange et feutrée entre les trois survivants du groupe. Comme si, d'un accord tacite, chacun avait décidé d'occulter les paroles échappées au singe sous l'emprise de la colère, d'oublier la raison dérangeante du geste du moine.

Et depuis quatre jours, ils se relayaient au chevet de Sanzo pour refaire ses bandages et surveiller un souffle qui s'amenuisait inexorablement.

La vie semblait quitter le bonze, comme s'il avait enfin renoncé au combat.

Et l'atmosphère se chargeait de remords, de culpabilité et de désespoir.

En prenant son tour de veille, Hakkai se laissa tomber lourdement à côté de la couche improvisée de Sanzo.

Il le regarda longtemps, comme s'il cherchait une réponse ou un signe sur ce visage livide aux yeux clos.

Un long soupir s'éleva dans la grange bien trop calme.

Puis un chuchotement lui succéda.

Sans trop savoir si le moine l'entendait, Hakkai lui parla longuement.

Il lui révéla les paroles de Gokû et sa décision finale de tout faire pour garder Gojyo.

Puis il se tut, conscient de la peine atroce que ces quelques mots signifiaient pour le moine si celui-ci les avait entendus. Une peine qu'il ne connaissait que trop. La peine immense et ineffable du deuil de la personne aimée, que seuls peuvent comprendre ceux qui l'ont vécue.

Et enfin, la pitié et la compassion l'étreignirent. Ce fut presque un soulagement.

Alors, il fut capable de trouver les mots de l'espoir et de la consolation. Ceux qui appelaient Sanzo à reprendre la lutte, à ne pas abandonner.

Parce qu'on ne savait jamais, il pourrait y avoir un jour où quelqu'un d'autre ramasserait le verre brisé pour en ressouder les morceaux.

Il parla longtemps et lorsqu'il se tut, quelque chose de frémissant, comme le battement d'aile d'un oiseau dans l'air, lui souffla qu'il avait été entendu.

Il se leva et sur un sourire et un chuchotement doux, quitta le chevet du moine pour se diriger vers la forêt et vers une silhouette aux cheveux rouges et au regard de petit garçon perdu qui demande qu'on l'aime, juste un peu.

Il s'approcha doucement de Gojyo et tendrement caressa sa joue. Et quelque chose dans ses yeux d'émeraude, dans son sourire et ses gestes vint agrandir et illuminer de joie silencieuse les yeux pourpres.

Les visages se rapprochèrent et les lèvres se joignirent dans un baiser nouveau, ému, palpitant comme un petit animal chaud.

Puis il se séparèrent et Gojyo enlaça les épaules d'Hakkai tandis que celui-ci glissait un bras autour de sa taille et posait la tête sur son épaule. Simplement. Sans un mot.

Ils restèrent longtemps ainsi, uniquement conscients de la présence de l'autre, sans voir la silhouette triste et solitaire qui les observait.

Gokû se détourna et rentra dans la grange, allant s'asseoir auprès de Sanzo sur lequel ses yeux glissèrent avec angoisse.

Depuis quatre jours la peur viscérale de perdre le moine le hantait. Il ne mangeait plus, ne dormait plus et son souffle semblait dépendre de celui du bonze. Ses yeux hagards le cherchaient sans cesse, comme pour vérifier qu'il était encore là, que le fil ténu qui le rattachait encore à la vie ne s'était pas rompu.

Il n'en pouvait plus.

Hakkai et Gojyo s'étaient enfin complètement trouvés. Le geste du moine n'avait fait que les rapprocher.

Et lui recueillait à présent les derniers feux de son astre mourant.

Et moi, je deviens quoi si mon soleil s'éteint…

Il savait. La solitude si épaisse et silencieuse qu'elle éteint tout. Les ténèbres. Le froid. Obscurément, il sentait qu'il n'y avait que Sanzo pour dissiper tout ça. Comme s'il le connaissait depuis si longtemps que le souvenir s'en était perdu au fond de sa mémoire.

Il leva la tête avec terreur. Le souffle de Sanzo s'était amenuisé encore et ne s'entendait presque plus.

Il le dévisagea avec intensité, comme s'il voulait lui transmettre cette énergie vitale qui lui faisait défaut. Il remarqua alors une traînée humide et brillante sur la joue pâle et effleura machinalement la peau froide.

C'était mouillé. Il porta la main à sa bouche. Et salé.

Son cœur se serra avec une force telle que les mots lui échappèrent comme des cris, comme des larmes.

« Ne me laisse pas. Je t'en prie, ne m'abandonne pas. Si tu t'en vas, je perds tout, soleil, chaleur, lumière, vie. Si tu t'en vas, je n'ai plus qu'à rester sans toi et c'est insoutenable, insupportable, j'en deviendrai fou. Tu le sais, n'est-ce pas, à quel point ça fait mal… Alors je t'en prie ne me fais pas ça… Parce que moi je t'aime. Je t'aime si fort que je vivrai pour toi envers et contre tout, je te le promets. Je ne t'abandonnerai pas, jamais. Je sais que tu ne m'aimes pas et que tu as mal mais vis pour changer tout ça. Ne me laisse pas… Je t'en supplie… »

La voix de Gokû se brisa sur la dernière phrase et ses épaules se voûtèrent avec lassitude.

Il n'en pouvait plus. Et il ne se sentait pas le courage d'attendre ainsi sa sentence de mort. Il se leva et jeta un dernier regard vers le corps tant aimé, gisant sans un mouvement sur le lit, avant de fermer les yeux sous le désespoir et la détresse qui l'assaillaient brutalement.

Et moi je deviens quoi si mon soleil s'éteint…

Et l'atroce terreur qui lui tordait les entrailles et qu'il tentait de contenir lui échappa au moment où la respiration sifflante se faisait plus douce avant de s'éteindre dans le silence.

Et dans ce silence soudain imposant et solennel de la grange, que la respiration mourante ne troublait plus, il crut entendre le bruit net et sec de son cœur qui se brisait.

Il pensa machinalement qu'il n'aurait jamais imaginé que cela faisait un tel bruit.

Un son crissant, comme un bruissement de paille.

Comme si quelqu'un remuait sur un lit d'herbe sèche.

Sa respiration s'affola ; au fond de lui quelque chose se réchauffa et se mit à luire, faiblement d'abord, puis de plus en plus fort, jusqu'à ce qu'il sente une étrange allégresse l'envahir et qu'il ouvre timidement ses yeux humides.

Il rencontra des yeux d'améthyste tristes et fatigués, mais ouverts et vivants, et son être se mit à chanter.

Sans réfléchir, en bakasaru qu'il restait malgré tout, il se jeta sur le moine et l'étreignit avec force, sentant une plénitude nouvelle s'installer en lui.

Il cacha son visage dans le cou de Sanzo et respira avec bonheur l'odeur qu'il connaissait si bien. Ses mains trouvèrent naturellement la nuque et les cheveux du moine, qu'elles caressèrent avant de venir enserrer son visage comme un objet précieux.

Il le regarda comme s'il n'en croyait pas ses yeux. Détailla ce visage aimé qu'il avait cru perdre. Et dans sa joie et son bonheur, voulut sceller sa promesse et son aveu par un baiser.

Mais les doigts fins de Sanzo se posèrent sur sa bouche pour l'arrêter et le moine secoua tristement la tête en dénégation.

« Je ne peux pas, saru. Je ne suis pas prêt et je ne peux pas te promettre de l'être un jour. »

Mais la joie de Gokû était trop forte. Il prit son soleil à bras le corps, fougueusement, pour le serrer contre lui, sur son cœur. Et il se mit à rire doucement de bonheur en sentant la chaleur irradier à nouveau du corps aimé.

« Je sais, Sanzo. Mais tant que tu me laisses exister à tes côté et que tu m'éclaires de ta lumière, je ne te demande aucune promesse. Et si un jour, tu vas mieux et que tu te rends compte que tu es prêt à nouveau, je serai là. Je te le promets. »

Et il ferma les yeux en serrant précieusement son moine dans ses bras.

Il sentit le corps de Sanzo frémir légèrement, se raidir puis se rendre. Un bras puis un deuxième vinrent se nouer maladroitement, avec hésitation et incertitude autour de lui.

La promesse était acceptée.

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Bon terminé ! Voilà ma Shunelodie, ta fic, si tu en veux, avec une immense gratitude pour ton indéfectible soutien et beaucoup de kisous ! A bientôt sur Yuyu !

A tous ceux qui m'ont laissé un petit mot, merci !

En espérant que cette dernière fic sur Saiyuki ne vous laisse pas un trop mauvais souvenir et que vous me laisserez ma chance à nouveau quand je reviendrai.