Alizea chapitre 19

Alizea ne sentait pas ce jeune homme, elle ne savait pas pourquoi, mais elle ne pouvait pas le sentir. Pourtant il avait l'air d'être gentil, patient et très doux. Elle ne comprenait pas ce mauvais pressentiment. Kanon, complètement anéanti, suivit docilement son nouveau maître. Alizea eut une expression douloureuse sur son visage angélique, elle savait à quel point cela pouvait être douloureux d'être séparé d'un être cher. Elle soupira lourdement, puis retourna à son travail d'archivage. Maintenant que le plus gros du travail était fait, elle libéra les chevaliers d'or, ravis, et continua seule le travail. Elle classa par ordre alphabétique, alphanumérique et chronologique les dossiers. Au bout de trois semaines de dur labeur, tout le bureau de Shion était parfaitement nettoyé. Tout était rangé, classé et ordonné. Son père ne reconnaîtrait pas son bureau. Le soleil était levé depuis quelques minutes et elle désira retrouver le monde extérieur. Elle n'avait pas quitté une seule fois le bureau du Pope et, maintenant, elle voulait sortir. Elle voulait sentir la chaleur du soleil sur sa peau pâle. Son père ferait une attaque s'il la voyait dans cet état. Elle alla dans sa maison, prit une bonne douche, et mit son armure. Cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas mise et elle lui manquait. Les chevaliers d'or la saluèrent joyeusement la voyant enfin sortir de son isolement forcé.

Ils discutèrent et allèrent tous s'entraîner, Alizea en avait vraiment besoin, parce qu'elle était rouillée après trois semaines sans s'entraîner. Elle travailla dur toute la journée afin de reprendre ce qu'elle avait perdu durant cette période. A la fin de la journée, elle reprit sa vitesse et une partie de sa musculature. Elle décida de recommencer le lendemain et ainsi de suite tous les jours. Elle n'avait pas de nouvelle de Kanon, elle savait que Saga s'entraînait durement et avait commencé à développer certain de ses pouvoirs, mais, pour Kanon, elle n'avait aucun écho de son entraînement et elle s'inquiétait terriblement. Mais elle n'avait pas le droit d'interférer, c'était au maître de Kanon de l'entraîner et non à elle. Elle retourna donc dans sa maison et, après une bonne douche, alla se coucher, un mauvais pressentiment titillant une partie de son esprit. Cependant, elle balaya cette impression et s'enfonça profondément dans les bras de Morphée. Non loin de là, dans le Sanctuaire, un petit garçon sanglotait de terreur et de honte…

Deux mois et demi venaient de passer à la vitesse de l'éclair quand Shion revint. Alizea, un genoux à terre devant son père adoptif, ne dit et fit rien, mais, quand ils furent seuls, elle lui sauta au cou, ravie de le revoir. Cependant, Shion avait changé, elle le voyait dans son regard, il avait l'air d'être… ailleurs. Elle ne comprenait pas ce qui arrivait à son père. Elle lui demanda :

-Papa ? Que t'arrive-t-il ?

Shion était vraisemblablement dans la lune et ne répondit pas à l'interrogation de sa fille, qui commença visiblement à paniquer. Elle paniquait rapidement quand il y avait un problème avec son père. Elle le secoua légèrement et Shion sursauta violemment. Il se tourna vers elle et lui demanda :

-Que t'arrive-t-il, Alizea ?

-Ce qu'il m'arrive ? C'est à moi de te poser la question ! Tu es bizarre depuis tout à l'heure, il y a un problème ?

-Non, rien, ne t'inquiète pas. J'étais dans de vieux souvenirs.

-Oh ! D'accord.

Il eut un sourire quand il remarqua son regard suspicieux, il savait qu'elle savait qu'il ne disait pas la vérité. Mais, pensant que c'étaient des choses qu'il ne voulait pas dévoiler, des secrets qu'il voulait garder, elle poussa un soupir et reconnut sa défaite. Elle lui fit un sourire et quitta la pièce afin de rejoindre sa maison et de la protéger. Une routine s'installa, où Alizea le surveillait comme une mère poule protège ses poussins. Elle travaillait avec acharnement, permettant à Shion de se reposer et de ne pas trop fatiguer son cœur. Elle ne comprenait pas le changement de son père, il passait énormément de temps dans la Lune et soupirait à en décoller le papier peint.

Cependant, à l'un de ses rendez-vous avec le médecin, ce dernier détecta une hypertension à Shion. Il était inquiet, car cela fatiguait le cœur encore fragile du Grand Pope. Il voulait que son patient aille au Tibet, mais celui-ci ne voulait rien entendre. Alors, de guerre lasse, il alla en parler à Alizea. Il savait que la jeune femme serait capable de lui faire changer d'avis. Elle était en train de s'entraîner contre un sac de sable quand il arriva. Il lui dit :

-Votre Seigneurie, puis-je vous parler ?

-Que se passe-t-il ?

-C'est le Grand Pope. Sa tension est trop forte, j'ai peur qu'il n'ait une autre attaque. Il faut qu'il se repose.

-Il a pourtant beaucoup moins de travail qu'auparavant. Il en a délégué une grande partie. Mais, si vous le dites, alors je vais le pousser à accepter ce « voyage ».

-Merci, c'est important. Il est encore fragile et il ne fait pas assez attention à sa santé.

-Il y a quelque chose qui le mine.

Elle allait le voir et lui dit :

-Papa, je m'inquiète pour toi. Tu dois faire attention.

-Mais je fais attention ! Soupira Shion, qui sentait que sa fille adoptive allait lui passer un savon.

-C'est pas ce qu'a dit le médecin. D'après lui, ta tension est assez forte pour soulever sans aucun problème Antonio du Taureau. Lança la jeune femme en le fusillant du regard.

-Mais je vais très bien !

-Je ne pense pas que Dohko soit d'accord avec toi ! Susurra-t-elle avec un sourire diabolique.

Shion la regardait avec stupéfaction : mais où était la petite fille adorable qui lui embrassait la joue au moins trente fois par jour ? En tout cas, ce n'était pas cette jeune femme machiavélique qui utilisait de la façon la plus vicieuse qui soit l'amitié qui liait les deux chevaliers d'or. Il savait qu'elle avait peur pour lui, il le lisait dans ses yeux, cette petite lueur qui n'avait jamais quitté ses yeux pers. Elle faisait cela pour le sauver, elle était prête à tout pour le protéger, elle avait déjà tué pour lui. Il se leva et l'étreignit avec la même force que durant l'enfance de la petite. Il sursauta légèrement quand il sentit des larmes humidifier sa tunique. Il la serra encore plus et murmura à son oreille :

-Calme-toi, ma chérie. Je te promets que je vais aller à Shambhala. Mais je dois terminer ce dossier, c'est important.

-Plus important que ta propre vie ?

-Alizea, Athéna va bientôt se réincarner. Le moment que j'attends depuis près de deux cents ans va arriver.

-Et que feras-tu après ?

-Je choisirai mon successeur parmi les chevaliers d'or, j'entraînerai le prochain chevalier d'or du Bélier et après, j'irai me reposer définitivement à Shambala.

-Tu seras bien là-bas. Murmura Alizea en imaginant son père bouquinant tranquillement dans une vieille bibliothèque poussiéreuse. Alors, tu vas y aller ?

-D'accord ! Je vais y aller.

-Parfait, j'ai préparé tes affaires et les médecins sont prêts à te recevoir.

Shion éclata de rire devant l'excitation de sa fille. Elle avait tout prévu et avait utilisé sa fibre paternelle pour le faire flancher, comme d'habitude. Il partit le lendemain, laissant le Sanctuaire entre les mains d'Alizea. Là-bas, il retrouva celle qui faisait battre son cœur fatigué. La belle jeune femme qui était incapable de prendre une plume sans mettre de l'encre partout, celle dont les cheveux indisciplinés faisaient fuir les plus courageux rubans. Il l'avait devant lui, ses longs cheveux violets, les beaux yeux mauves qui se noyaient de larmes de joie et d'incrédulité en voyant son âme sœur en face d'elle. Elle le serra contre son cœur meurtri, son amour se lisait dans son regard lilas. Dans la nuit tombante, ils unirent leurs corps et leurs sentiments, créant ainsi un lien que même la mort ne pourrait détruire. Durant tout le séjour, il ne quitta pas la jeune femme. Deux semaines de bonheur ! Cependant une crainte vrillait son cœur : il craignait que l'ancienne belle-famille de son amour ne veuille encore lui chercher des noises. Il décida donc de s'unir à elle selon les règles bouddhistes, donnant par là une existence légale à leur amour.

Loin de tout cet amour gélatineux de bons sentiments, Alizea se battait avec un Sanctuaire rétif à l'idée même de changer. Elle travaillait dur, faisant avec les différents chevaliers d'or tout le travail de Shion, lui permettant de se reposer quand il reviendrait. Cela faisait déjà deux jours qu'il était parti et ils en avaient déjà assez de toute la paperasserie. Pendant presque deux semaines, elle ne quitta pas le bureau, puis, se sentant proche de la crise de nerfs, elle décida de quitter cette ambiance confinée et de prendre l'air. Il était assez tard, la nuit venait de tomber quand, suivant le murmure d'un ruisseau, elle entendit des sanglots. Se demandant ce qu'il se passait, elle s'approcha et découvrit à la lumière de la pleine lune, Kanon. Il était couvert de bleus et il se frottait dans l'eau froide et tumultueuse avec des gestes saccadés et tremblants. Une terreur, un dégoût, une colère immense et une lassitude aussi grande se lisaient dans ses yeux turquoises où devrait normalement se lire la joie, la gaieté et l'innocence de l'enfance. Elle ne comprit pas ce qu'il lui arrivait, jusqu'à ce qu'il se tourne et qu'elle voie qu'il y avait plus d'hématomes et de rougeur sur ses fesses. Elle fut horrifiée : Shion lui avait parlé d'hommes qui aimaient avoir des relations sexuelles avec des enfants, mais elle n'aurait jamais pensé que Kanon en serait la victime. Le petit garçon se rhabilla en grimaçant de douleur et retourna auprès de son maître. Alizea fit disparaître son cosmos et s'approcha du campement. Là, elle vit Marc du Cerbère s'approcher de l'enfant et lui caresser tendrement la tête et le dos. C'était une tendresse malsaine. Elle pouvait voir de là où elle était que Kanon se mordait les lèvres jusqu'au sang pour ne pas hurler et s'enfuir. Il devait penser que personne ne le croirait.

Une colère immense prit la jeune femme et elle se jura que cet enfant serait tiré des griffes de ce monstre. Elle s'éloigna un peu, puis relâcha son cosmos afin de prévenir de son arrivée. Elle avançait calmement vers l'apprenti, le maître l'ayant visiblement quitté. Elle pouvait voir dans le regard de Kanon un appel à l'aide, une détresse immense, une terreur infinie. Alizea s'arrêta à quelques pas de lui et s'exclama :

-Marc du Cerbère ?

Le chevalier d'argent arriva et congédia Kanon, qui retourna dans la cabane. Le maître avait un visage doux, mais elle pouvait voir au fond de son regard une lueur de perversité, de luxure, de débauche, de désir. Il eut un petit sourire en voyant le visage angélique d'Alizea et lui répondit :

-Oui, Votre Seigneurie ?

-Je souhaiterais discuter avec Kanon de son entraînement. J'ai déjà vu Saga plusieurs fois, mais jamais ton apprenti. Je dois avoir des informations sur ses résultats et je n'en ai aucune.

-Bien, Votre Seigneurie. Il sera là demain à la première heure ! Répondit le chevalier d'argent, bizarrement tendu.

-Nous sommes demain et c'est déjà la première heure. J'exige de le voir tout de suite. Ordonna Alizea, toujours extrêmement calme.

-Bien, je vais le chercher, alors.

-Je viens avec vous. Je souhaite voir ses conditions d'entraînement.

Le chevalier d'argent blêmit et une lueur de colère et de frustration put se lire dans son regard. Mais il connaissait la réputation de la jeune fille et obéit. Il l'emmena dans la cabane et elle se rendit compte qu'il n'y avait qu'un seul lit pour deux. Cette promiscuité entre un maître et un élève n'était pas tolérée par le Sanctuaire, justement pour éviter de telles dérives. Elle fronça des sourcils et lança un regard noir vers le chevalier. Elle se tourna vers Kanon et lui dit :

-Viens avec moi, j'ai à te parler.

Le maître de Kanon ne put qu'accepter d'un signe de tête et le jeune garçon suivit Alizea. Silencieusement, elle l'emmena vers les douze maisons du Zodiaque. Depuis son arrivée, il n'était plus allé là-bas, pour lui cette succession de temples était le début de son cauchemar. Mais, de peur d'être puni par son maître, il la suivit sans mot dire, lui obéissant aveuglément. Quand elle commença à monter les premières marches de l'immense escalier, elle se retourna et vit que le chevalier d'argent continuait à les suivre, elle comprit qu'il voulait reprendre son joujou. Elle monta rapidement à la maison du Taureau et ordonna au chevalier qui la gardait de ne pas laisser passer le chevalier d'argent du Cerbère, mais sans lui faire le moindre mal. Antonio accepta d'un signe de tête et elle reprit sa marche. Elle s'arrêta et ajouta, désignant Kanon :

-Et empêche cet enfant de descendre.

-D'accord.

Kanon ne comprenait plus rien, pourtant il continua sa marche. Ils traversèrent toutes les maisons et Alizea continua de donner les mêmes ordres : interdire l'entrée à Marc du Cerbère et empêcher Kanon de descendre. Il leur fallut presque deux heures pour arriver en haut des marches. En effet, elle avait calqué sa marche sur celle de Kanon et l'enfant, dans son état, n'allait pas bien vite. Quand elle arriva dans sa maison, elle se dirigea vers son bureau, sortit un livre, un cahier et un stylo puis lui dit :

-Tu vas lire ce livre et en faire le résumé. Je reviens tout de suite.

Elle laissa le petit garçon seul et se téléporta à Shambhala afin de parler à Shion et lui expliquer le gros problème qu'ils avaient. Elle arriva directement dans la chambre de son père et fut accueillie par des bruits bizarres et des gémissements.(ouais super ma scène favorite !) Elle s'approcha de l'origine des bruits, qui se situait vers le lit de Shion. Là, elle vit une grosse chose bouger au même rythme que les soupirs. Elle paniqua instantanément et s'écria :

-PAPAAAAAA !

Le chose sursauta et Shion en sueur, tout rouge et tout nu, sortit de sous les couvertures, complètement ébouriffé. Quand il vit sa fille, il devint rouge de confusion. Il n'avait pas parlé d'elle à Arzaniel car il craignait que sa jeune épouse ne le prenne mal. Pour l'instant, sa femme se trouvait toujours sous lui, haletante et rouge de honte. Alizea observa son père, regarda la jeune femme aux cheveux violets et demanda naïvement :

-Qu'est-ce que tu fais, papa ?

-Heuuu… Que fais-tu ici, Alizea ?

Cette question, posée sur un ton empreint de gêne, fit froncer les sourcils à Alizea. Elle eut l'air de se réveiller, car elle secoua la tête et répondit :

-On a un grand problème au Sanctuaire.

Shion se releva d'un bond, apparaissant totalement nu. Il devint tout rouge sous le regard étonné d'Alizea et s'enroula dans une couverture. De ce fait, il déclencha les cris de sa jeune épouse qui s'appropria le drap et le remonta jusqu'à son nez. Elle était cramoisie et écoutait son époux avec une certaine curiosité. Elle venait de découvrir qu'il avait une fille, mais il lui avait pourtant dit qu'il ne s'était jamais marié. Elle ne comprenait plus rien. Shion s'assit près de son épouse et demanda à sa fille adoptive :

-Que se passe-t-il ?

-Kanon des Gémeaux a été abusé sexuellement par son maître.

Shion devint blême, puis son regard pourpre se noircit de rage et de dégoût. La jeune femme près de lui s'exclama :

-Mais c'est ignoble, pauvre enfant !

Alizea pencha la tête sur le côté et demanda :

-Mais… qui êtes-vous ?

-Je me nomme Arzaniel.

Shion rajouta, d'une voix un peu tendue :

-C'est mon épouse.

-Je croyais que les Grands Popes n'avaient pas le droit de se marier ?

-Normalement, oui. Mais nous nous sommes unis selon les lois bouddhistes.

-Alors c'est pour cela que tu passais ton temps dans la Lune, à soupirer comme un pauvre malheureux et à errer comme une âme en peine ?

Arzaniel pouffa de rire, mais fit un sourire lumineux à son époux, encore plus amoureuse de lui, avant de répondre à Alizea :

-Je crois que oui !

-C'est vraiment trop mignon ! Mais, pour Kanon, on fait quoi ? Pour ma part, je souhaiterais le retirer de la garde de son maître et l'entraîner.

Shion réfléchit rapidement, puis lui dit :

-Je suis d'accord, il aura besoin de ton aide pour se reconstruire. Surtout après cette terrible épreuve.

-Bien alors je vais avoir une petite discussion amicale avec un certain chevalier d'argent. Bonsoir tous les deux !

Elle se téléporta au moment où Shion voulut la retenir :

-Ali…

Maintenant seuls, Arzaniel enlaça le corps de son atlante d'époux et lui demanda :

-Tu m'avais dit que tu n'étais pas marié, alors comment se fait-il que tu aies une fille ?

-C'est ma fille adoptive. Je l'ai adoptée soixante ans après la mort de ses parents.

-Co… comment ?

-Elle a plus de deux cents ans. Elle est la fille de deux chevaliers d'or que j'avais bien connus, Donadieu du Cancer et Harmonie des Poissons.

-D'accord. C'est une bonne petite.

-Elle va le tuer !

-Ce ne sera pas une grande perte. On n'a pas le droit de toucher à un enfant. J'espère qu'il va bien souffrir avant de passer de vie à trépas. Siffla la belle atlante, outrée.

Loin de cette discussion, Alizea retourna au Sanctuaire et plus précisément dans sa maison. Elle vit Kanon, complètement terrorisé, qui pleurait à chaudes larmes. Elle lui demanda :

-Que t'arrive-t-il ?

-Je… je ne sais pas lire. Madame ! Sanglota le petit garçon, honteux.

-Maître, appelle-moi maître Alizea. Parce qu'à partir d'aujourd'hui, je suis ton maître. Je t'enseignerai les attaques des chevaliers d'or des Gémeaux. Lui expliqua Alizea calmement, sans avoir l'air de lui en vouloir pour son manque de connaissances.

-Oui, maître Alizea.

-Je t'apprendrai à lire et à écrire. Tu dormiras dans cette maison jusqu'à ce que ton entraînement soit terminé, et il sera effectué ici.

-Mais et mon… Commença Kanon.

-Ton ancien maître aura des comptes à régler avec moi. Mais, pour l'instant, tu vas aller prendre une bonne douche et tu vas manger ce que je vais te préparer. Tu es en pleine croissance et pourtant on dirait que tu as cinq ans.

-Bien, maître Alizea.

-Viens, suis-moi !

Elle l'emmena dans la salle de bain, et prépara un bon bain. Elle plaça des serviettes et du savon. Puis elle lui demanda :

-Tu sais te laver tout seul ?

-Oui, maître Alizea. Répondit Kanon en tremblant de plus belle, craignant que son nouveau maître ne veuille refaire la même chose que son ancien maître.

-Parfait. Alors, dès que tu auras terminé, tu me rejoindras dans la cuisine. Tu n'auras qu'à suivre l'odeur. Je t'amènerai mes anciennes tuniques. Enfin, si elles ne sont pas trop mangées par les mites.

Elle sortit et laissa seul le petit garçon qui poussa un soupir de soulagement et alla prendre son bain. Maintenant qu'il était seul, il se mit à jouer dans l'eau, comme un enfant de son âge. Il versa une bonne rasade de gel douche dans l'eau chaude et s'amusa avec la mousse onctueuse qui fut créée. Il se frotta longuement le corps, tentant de se débarrasser de la salissure qu'il ressentait au plus profond de lui-même. Il ne sortit de l'eau que quand elle fut froide. Il s'habilla d'une vieille tunique passée de mode mais pourtant en parfait état. Il vida la baignoire, la nettoya, puis suivit l'odeur qui l'emmena devant une table remplie de nourriture. Alizea était présentement en train de trancher un gros jambon avec l'attaque du Capricorne. Il s'assit et observa avec fascination les mets voleter et se poser sur la table. Quand elle eut terminé, elle se tourna vers lui et lui dit :

-Bien, maintenant que tu es propre, tu vas manger.

-Bien maître Alizea.

Il mangea une bonne partie de ce qu'elle lui avait donné. Puis, quand il n'eut plus de place dans son estomac, elle lui demanda de la suivre, Le petit garçon, épuisé, le ventre rempli, se retrouva dans la salle de bain. Là, elle lui dit :

-Voilà, je veux que, le matin et le soir, tu te laves les dents. Après, tu iras te coucher. Je t'attends.

-Bien, maître Alizea. Mais je fais comment ?

Alizea fronça les sourcils, puis elle prit une brosse à dent, mit le dentifrice dessus, puis elle lui dit :

-Tu vas te brosser les dents, de haut en bas et en tournant, comme cela.

Elle se mit à se brosser les dents et lui montra tout ce qu'il devait faire. Le petit garçon fit ce qu'elle lui avait dit et se les brossa avec application. Ensuite, il se rinça la bouche comme le lui avait montré Alizea. Avec un sourire, elle passa la langue sur ses dents. Kanon l'imita et découvrir avec plaisir que ses dents étaient parfaitement lisses et propres. Elle nettoya sa brosse et la rangea. Le petit garçon fit la même chose, puis suivit son maître qui l'emmena dans une chambre un peu éloignée de la sienne. Il découvrit un pyjama qui l'attendait. Il se tourna vers son maître, mais elle l'avait quitté afin de s'endormir. Soulagé, il se coucha dans son lit, puis il tomba rapidement dans les bras de Morphée. Il se réveilla le lendemain quand elle le secoua légèrement. Il alla petit déjeuner avec elle, puis fit sa toilette et fut prêt à son entraînement…

A suivre