Alizea chapitre 21

Le temps passa rapidement pour Kanon qui voyait en Alizea un élément stable qui lui permettait d'avancer dans la vie, de trouver un équilibre. Au bout de trois mois de labeur où Alizea mélangea entraînement physique et apprentissage de la lecture, Kanon fut capable de lire seul un livre de cent pages, c'était l'épreuve que lui avait donnée Alizea. Quand il aurait été capable de faire cela, le véritable entraînement commencerait. Elle lui demandait de faire mille pompes en récitant ses leçons, et souvent les chevaliers entendaient le vent déclamer du Ronsard ou des cours d'histoire et de mathématiques. Elle musclait autant son corps que son esprit, voulant qu'il soit autant à l'aise sur un champ de bataille que dans une réception. Elle lui apprenait à préparer ses repas, repriser ses chaussettes. C'était un entraînement complet, en fait, le plus complet du Sanctuaire. Même Saga, son frère, n'avait pas cet entraînement spécifique. Il avait celui, « basique », des chevaliers d'or. Tous les soirs, Kanon s'enfonçait dans son lit et dormait d'un sommeil sans rêves et donc sans cauchemars.

Le temps passa rapidement et, plus il avait de facilités à faire ses exercices, plus elle les rendait difficiles. Il arrivait maintenant à faire trois mille pompes sans problème, alors elle le força à les faire avec un poids de plus en plus lourd sur le dos. Elle le rendait plus fort, plus rapide, plus intelligent. Il avait une grande culture générale et faisait vraiment la fierté de son maître. Souvent, quand elle devait aller à un autre endroit, Kanon devait la suivre en tirant une charge de quatre tonnes et en récitant ses leçons.

Un jour, Shion lui demanda de surveiller l'entraînement de Saga. Elle alla donc le voir à l'autre bout du Sanctuaire, suivie par Kanon qui tenait un gros livre entre ses bras et tirait son gros rocher en déclamant un poème de Verlaine. Le chevalier d'argent et Saga observaient avec stupéfaction ce jeune garçon de huit ans qui tirait sans aucun effort un rocher de quinze mètres de diamètre. Il le tirait comme un enfant tire un chien à roulettes. Le chevalier d'argent demanda à Alizea :

-Avez-vous commencé à lui apprendre les techniques ?

-Non, pas encore. Je le ferai quand il sera prêt, pas avant. Je lui donne d'abord la maîtrise de son corps avant celle de son esprit.

Saga était effaré, ce maître était monstrueux de faire ainsi souffrir de son petit frère. Pourtant, il avait l'air plus sûr de lui, moins timide et beaucoup plus instruit qu'auparavant. En fait, son maître était en train de parler avec celui de son frère, et Kanon était en train de lire un livre assez imposant sur l'histoire de Babylone. Au lieu d'être jaloux, il fut heureux. Il avait peur que son frère ne tombe sur un monstre, comme le disait son maître. Ce qu'il ne savait pas c'est que, même deux ans après la mort de Marc du Cerbère, Kanon faisait encore d'horribles cauchemars. Alizea faisait son possible pour le faire parler, mais il avait trop peur et trop honte et, donc, il ne disait pas un mot. Une nuit, il se réveilla suite à un cauchemar particulièrement éprouvant et eut la surprise de se retrouver serré dans les bras de son maître. Pas la même étreinte malsaine que son premier maître, mais celle, douce, d'une mère. Pour la deuxième fois depuis qu'il était avec Alizea, il pleura. Il lui rendit son étreinte et raconta en sanglotant tout ce que ce monstre lui avait fait. Elle resta avec lui jusqu'à ce qu'il s'endorme, épuisé mais aussi plus serein, plus libre. Il se réveilla le surlendemain, avec la sensation d'être libéré d'une partie de sa douleur.

Il s'habilla à toute vitesse et découvrit Alizea, au seuil de sa maison, qui discutait avec un chevalier d'argent. Elle riait avec lui. Le petit garçon baissa la tête en signe de soumission et de respect et s'approcha lentement de son maître. Il craignait que son maître ne soit pas vraiment d'accord de sa grasse matinée. Alizea, sans se retourner, lui dit :

-Tu vas mieux ?

-Oui, maître, je vais beaucoup mieux. Merci.

-C'est bien. Connais-tu la nouvelle ?

-Non, maître ?

-Ton frère a été mis au même entraînement que toi.

« Oh ! Je le plains ! » Pensa Kanon.

-Tu peux le plaindre car son nouveau maître s'y prend comme un pied.

Elle se tourna enfin vers son apprenti et lui dit :

-J'ai fait du bon travail avec toi. J'ai réussi à gagner ta confiance, à être la base qui te permettra d'avancer dans la vie. Je veux que tu aies un esprit équilibré et, tu vois, tu es en train de le devenir.

-C'est grace à vous maître.

-Oui, en partie. Mais c'est toi qui a fait le plus gros travail. Si j'ai mis autant de temps à améliorer ton physique, c'est que je voulais d'abord que ton esprit se guérisse. Bien, maintenant que ta faiblesse t'a quitté, on va pouvoir continuer ton apprentissage. Mais on va commencer à développer tes pouvoirs sur le temps et l'espace.

-Je vais apprendre l'a…

-Oui, l'Another Dimension et la Galaxi… Elle se tut brusquement, son délicat visage tordu par la souffrance. Une douleur atroce qui meurtrissait son cœur. Elle se redressa, se tourna vers le palais du Grand Pope et dit à Kanon :

-Va faire tes pompes, je reviens.

Elle fonça dans l'appartement de son père et découvrit Shion sur le sol de son bureau. Il hurlait de douleur et pleurait de désespoir. Elle le serra contre elle et lui demanda :

-Que t'arrive-t-il, papa ?

-Elle est morte, elle est morte ! Sanglota-t-il.

-Qui est morte ? L'interrogea la jeune femme, qui ne comprenait plus rien.

-Arzaniel !

-Oh non ! S'exclama Alizea, triste pour son père.

Elle savait qu'il l'aimait plus que sa propre vie. Combien de fois n'avait-elle pas vu la belle atlante sortir subrepticement de la chambre de Shion par un passage secret qui arrivait directement dans sa maison ? Quand les chevaliers d'or demandaient qui était la jeune atlante, elle répondait qu'elle travaillait sur l'histoire des Grands Popes. Alizea caressa tendrement les cheveux hirsutes de son père et murmura doucement :

-Que s'est-il passé ?

-Elle a donné sa vie pour que vive notre fils. Gémit Shion qui serrait sa fille comme si sa vie en dépendait.

Elle commença alors à le consoler. Elle se rappela, du fond de son enfance, une chanson que lui chantait sa mère pour la consoler.

Une musique, quelques mots
Un parfum, un tableau
Un regard, un sourire
Une lumière dans la nuit
Qui rallume nos vies.

Une caresse sur la peau
L'émoi est à l'osmose
Qui réveille nos nuits
D'un soupçon de folie
Aux tendresses libertines.

L'amour de nous s'éveille
Laissons le passé en sommeil
Que s'accomplisse le rêve
D'un destin sans pareil
L'amour de nous caresse
À la flamme des chandelles
L'empreinte d'une promesse
De s'aimer dans les veines…

C'est la vie à l'endroit
Les pages de notre histoire
Comme un livre qui s'ouvre
Pour nous tenir debout
Faire naître enfin le jour.

Après trop de nuits froides
C'est bonheur qui frappe
À la porte des louves
L'éternité s'en fou
Puisque l'amour, c'est nous.

L'amour de nous s'éveille
Laissons le passé en sommeil
Que s'accomplisse le rêve
D'un destin sans pareil
L'amour de nous caresse
À la flamme des chandelles
L'empreinte d'une promesse
De s'aimer dans les veines…

Il ferma les yeux et écouta, en se calmant peu à peu, la douce voix pure de sa fille qui s'élevait dans le bureau silencieux. A la fin, il s'écarta un peu d'elle et lui murmura doucement :

-Merci, merci d'être là, près de moi.

-C'est à moi de te remercier. C'est toi qui m'a sorti de la rue et qui m'as donné une famille.

-Je dois y aller. Je dois voir mon fils. Je dois voir Mû et Arzaniel. Murmura-t-il, un air rêveur sur son visage ravagé par la douleur et la tristesse.

-Veux-tu que j'aille avec toi ?

-Non, merci. Je dois le faire seul. Et puis, tu as ton apprenti à entraîner. Peux-tu te charger du Sanctuaire durant mon absence ?

-Bien sûr, maintenant j'ai l'habitude. Il n'y aura aucun problème.

-Merci.

-Papa, si tu veux parler, ma porte te sera toujours ouverte.

-Merci, ma puce.

Il retira sa tunique de Grand Pope et se téléporta à Gyantsé où se trouvait le corps de son épouse et son fils. Il dut rassembler tout son courage et toute sa force pour ne pas laisser échapper ses larmes quand il vit son épouse allongée sur son lit de mort. Elle était si sereine, si belle même dans la mort qu'il ne pouvait pas se faire à l'idée qu'elle n'ouvrirait jamais plus les yeux. Il avait tellement mal. Son cœur se brisait un peu plus à chaque battement. D'un geste tendre et délicat, il caressa ses longs cheveux mauves et murmura d'une voix brisée par le chagrin :

-Que ton voyage au-delà de la porte de Yomi te soit favorable, et qu'Athéna te vienne en aide…puisses-tu te réincarner dans une meilleure incarnation lors de ta prochaine renaissance…

Il se releva, se tourna vers la sage-femme qui pleurait devant Arzaniel et lui demanda :

-Et l'enfant, où est-il ?

Elle s'approchait d'un berceau, prit un paquet qui tressaillit et se mit à hurler comme si sa vie en dépendait. C'était le cri caractéristique d'un bébé en plein santé. Shion s'approcha de ce qu'il avait permis de créer et vit un moucheron tout nu, écarlate qui gigotait dans tous les sens, outré que cette femme ait osé le réveiller. Il serrait ses petits poings potelés ainsi que ses paupières, empêchant Shion de voir la couleur de ses yeux. Mais il pouvait voir une touffe de cheveux violets, héritage de sa valeureuse mère. Shion le prit dans ses bras et, immédiatement, le mouflet se tut comme se sentant en confiance. Il ouvrit les yeux et le nouveau père put voir des prunelles violettes qui l'observait avec fascination. Le bébé, tout calme, attrapa une des mèches vertes foncées de son père et joua avec. Il les tirait énergiquement, ignorant les grimaces de douleur de son géniteur. Puis apparemment lassé de jouer, il bailla et s'endormit profondément, serrant contre lui la mèche qu'il tenait comme s'il tenait un trésor. Shion était ému, son fils ressemblait tellement à son épouse. Il demanda que Mû soit élevé le mieux possible, qu'il reviendrait le chercher quand le temps serait venu. Il reposa le bébé dans son berceau, puis prépara les funérailles de son épouse.

Quand tout fut terminé, il retourna au Sanctuaire. Il vit Alizea, dans son armure d'or, qui consultait les dossiers et résolvait les problèmes. Elle avait abattu une partie du dossier et poussa un soupir de soulagement quand elle arriva à la fin. Elle s'exclama :

-Plus qu'à imiter la signature du Grand Pope et on sera débarrassé de ce problème de termites.

Shion toussota afin de lui signaler sa présence. Alizea sursauta et lui renvoya un magnifique sourire à la utltrabrite.

-Papa, quelle heureuse surprise !

-Alors, comme cela tu voulais imiter ma signature ?

-Mon cher papounet que j'adore, comment crois-tu que ton travail avance aussi vite, hein ?

-Espèce de sale petite peste ! Siffla Shion avec un sourire amusé malgré sa détresse. Sa fille arrivait tojours à lui remonter un peu le moral.

-Mon cher père, dois-je te rappeler que le médecin t'a interdit de te coucher trop tard ? Alors, quand tu dormais, je faisais ton travail, voilà tout.

-On dirait vraiment une mère poule qui couve ses poussins.

-Tu es mon grand poussin. S'esclaffa la jeune femme. Tiens, je t'ai fait un résumé du dossier et une liste des différentes options pour se débarrasser une fois pour toute de ses saletés de termites.

Il lut la liste et s'étonna :

-Qu… Comment ! Utiliser les apprentis pour se débarrasser des termites ?

-Ben oui, ça leur permettrait d'apprendre à contrôler leur force et leurs attaques.

-Mouis… Mais il faudrait prévenir les maîtres et je ne pense pas qu'ils seraient d'accord.

-Mais ça coûterait moins cher que de passer par une entreprise d'extermination de termites.

-C'est vrai…

-Allez, c'est une bonne idée, non ?

-Mais…

-Et puis c'est plus écologique.

-Je ne suis pas sûr…

-Ou alors faisons une épreuve entre Kanon et Saga afin de vérifier leur niveau. Comme un pari. Le premier qui se débarrasse des termites aura gagné.

-Gagné quoi ?

-Mmmmhhh ! Une visite dans les plus grands musées d'Europe pour Kanon et une semaine d'entraînement intensif avec moi si c'est Saga.

-D'accord !

-Alors, je vais tout préparer.

Elle quitta le bureau et alla retrouver Kanon qui faisait ce qu'elle lui avait ordonné de faire, un exposé sur l'histoire de Babylone. Il fut surpris quand elle lui demanda de la suivre. Elle l'emmena à Saga, qui s'entraînait avec son maître. Le pauvre enfant essayait désespérément de tirer un rocher de plusieurs tonnes sans utiliser son cosmos. Ce qui, sans un lourd entraînement en amont, était quasiment impossible. Elle dit :

-Voilà, j'en ai discuté avec le Grand Pope et il est d'accord avec moi. Demain aura lieu une épreuve afin de connaître votre niveau. Le gagnant aura une récompense. Vous saurez tout demain.

-Bien, maître Alizea. Répondit Kanon avec autant de respect que d'amour car, pour lui, elle était comme sa mère et il lui obéissait avec joie. Saga répondit plus calmement :

-Oui, madame.

Alizea et Kanon repartirent pour la treizième maison et elle lui donna l'autorisation de se coucher tôt afin d'être prêt pour le lendemain. Il s'endormit rapidement d'un sommeil profond, sans rêves ni cauchemars. Il se réveilla frais et dispos, prêt pour l'épreuve. Il voulait battre son frère afin de faire la fierté de son maître et lui prouver qu'il avait bien appris ce qu'elle lui avait enseigné. Elle l'emmena devant deux maisons d'invités qui avaient l'air en excellent état, mais, pourtant, personne n'y vivait. Saga arriva quelques secondes plus tard, l'air complètement exténué. Le maître de Saga avait confiance en son apprenti et sous-estimait Kanon, car il avait été entraîné par une femme. Le Grand Pope très amusé par l'épreuve inventée par sa fille leur dit d'un ton solennel :

-Le défi est de vous débarrasser de toutes les termites qui ont élu domicile dans ces deux maisons. Cependant, vous ne devez pas abîmer les maisons.

-Quoi ! Vous voulez rire ? S'exclama le chevalier d'argent stupéfait.

Ce à quoi répondit Alizea :

-Si tu veux rire, c'est un spectre, un marina et un chevalier d'or qui vont dans une auberge et le tenancier demande. C'est pour une histoire drôle ?

Kanon explosa de rire. C'était la première fois que son maître faisait de l'humour et cela l'avait vraiment amusé. Alizea se tourna vers son apprenti et lui demanda froidement :

-Et ça te fait rire ?

Kanon, qui savait qu'elle détestait le mensonge, répondit franchement :

-Oui, maître Alizea.

Saga était horrifié, son frère allait se faire massacrer par son maître, mais, au lieu de cela, la jeune femme lui dit :

-C'est bien. Dis toujours la vérité. Sauf si tu n'as pas le choix, bien sûr.

-Bien, maître Alizea.

-Parfait. Êtes-vous prêts ? Demanda Shion.

-Oui ! S'exclamèrent Kanon et Saga.

-Alors, allez-y !

Saga entra dans la maison tandis que Kanon s'agenouillait devant la sienne et se concentrait. Il voulait faire ce qu'il faisait avec les taupes et il réussit. Les trois adultes virent cinq taupes à l'air libre qui gigotaient. Il devint tout rouge : c'était des termites qu'il devait faire sortir, pas des taupes. Alors il entra dans la vieille maison et réussit à dégoter un termite. Il l'observa avec fascination, puis ressortit. Il reprit sa position antérieure, et se concentra sur les termites. Cette fois-ci, au lieu de taupes, ce fut un nuage composé de millions d'insectes qui voleta. Il voulut faire ce qu'Alizea avait fait avec son ancien maître, mais il n'arriva pas à garder le nuage compact et à ouvrir une porte dimensionnelle, alors il emmena le nuage vers un rocher. Il avait de la sueur qui coulait le long de son front et réussit à le soulever. Il plaça le nuage dessous et le laissa tomber. Les insectes passèrent de vie à trépas dans un grand splatch écœurant. Il se concentra à nouveau et réussit au bout de trente minutes à extirper un gros tas de chair qui décéda de la même manière que son peuple.

Au moment même où la reine partait au royaume d'Hadès, Saga sortait en s'exclamant :

-Terminé !

-Vous avez terminé au même instant. Alors nous allons devoir vous départager. Kanon, tu as tué la reine. Saga ? As-tu tué un amas grouillant gros et gras ? Demanda Shion, qui était l'arbitre.

-Heu… Je ne sais pas !

-Kanon ?

-Oui, Votre Excellence ?

-Tu vas faire sortir la reine et toutes les termites qui restent.

-Bien, votre excellence.

Kanon se concentra, et une petite boule beige sortit, accompagnée de la reine.

Alizea dit :

-Le résultat est sans appel. Kanon a gagné.

-Oui, car je ne ressens aucune vie dans les deux maisons. Indiqua Shion.

-Kanon, voici ta récompense. Commença Alizea. Le jeune garçon était tout ouïe.

-Ta récompense est un séjour de deux semaines dans les plus beaux musées d'Europe.

Kanon se retenait visiblement afin de ne pas se mettre à hurler de joie et danser la gigue. Saga observait ce frère tout frétillant de joie. Il était tellement heureux pour lui et fier de sa victoire. Le moral de Kanon n'avait jamais été aussi haut. Plus il apprenait auprès d'Alizea, plus il voulait apprendre. Il s'entraînait durement tout le jour et lisait des livres de plus en plus imposants la nuit. Alizea était là pour lui rappeler de se coucher et de se reposer. Elle lui avait donné le goût des études et de l'histoire en particulier. Son rêve était de devenir archéologue, visiter le monde, découvrir des civilisations inconnues. Il attendait avec impatience le moment du départ. Enfin, un matin, Alizea apparut et lui dit :

-Kanon, tu es prêt ? On y va.

-Oui, maître. Je suis prêt.

A suivre