Alizea chapitre 24
Le temps passa assez vite et bientôt les trois années d'entraînement arrivèrent à leur terme. Il ne manquait au Sanctuaire que le futur chevalier d'or du Bélier. Tous les autres y étaient réunis sauf Kanon qui continuait à errer dans les ruines précolombiennes et Dohko qui continuait à surveiller la tour des cent huit spectres. Les jeunes chevaliers d'or étaient souvent perdus dans ce monde si différents de celui dont ils avaient l'habitude. Alizea travaillait durement afin qu'en entrant son père ne soit pas submergé de travail et de dossier en attente. Mais elle restait aussi disponible pour les chevaliers d'or. Elle savait qu'ils auraient besoin d'aide pour effectuer au mieux leur mission. Alors elle leur avait donné l'autorisation de venir la voir quand ils le voulaient. Un jour, Milo vint la voir accompagné par un garde féminin et la jeune femme put voir un magnifique œil au beurre noir s'étaler sur son visage enfantin. Elle fronça légèrement les sourcils et lui demanda en se replongeant dans ses dossiers :
-Milo, sois le bienvenu. Qu'est-il arrivé à ton œil ?
-Ben heu…
-Cet avorton espionnait le camp des femmes. Gronda le garde encore outré par l'acte du petit garçon.
Milo devint rouge de honte sous l'insulte du chevalier d'argent. Alizea ne releva pas le nez de son travail et indiqua :
-Cet avorton comme vous dites, est assez puissant pour tuer vingt chevaliers d'argent sans être essoufflé et avoir encore assez de force pour détruire une montagne. Alors ayez un peu de respect pour vos supérieurs et de plus, ce n'est qu'un enfant. Il est un futur chevalier d'or, et donc, il a beaucoup de choses à apprendre. Veuillez nous laisser.
-Mais !
-Je suis sur ce dossier de plomberie depuis 7 heures ce matin et je ne suis pas vraiment d'humeur à entendre vos jérémiades. Gronda le chevalier d'or de fort méchant humeur.
Le chevalier d'argent déglutit difficilement sa salive, puis les laissa seuls. Alizea poussa un soupir de lassitude et demanda au jeune futur Scorpion :
-Alors raconte-moi tout. Qu'as-tu fais comme bêtise ?
-Je… Le petit garçon baissa la tête de honte et joua avec ses doigts.
-Tu… ? L'interrogea Alizea les coudes sur le bureau et en posant son menton sur ses mains jointes.
-J'ai entendu parler des femmes chevaliers alors j'ai voulu voir comment elles étaient, si elles étaient comme nous, mais quand j'ai voulu leur parler, le garde m'a donné un coup de poing et m'a amené ici. Raconta Milo la voix tremblante sous la peur et la honte. Il avait entendu des horreurs sur elle, comme quoi elle tuait tous les apprentis qui la décevaient.
-Tu viens juste d'arriver, donc tu ne peux pas connaître toutes les règles, mais sache que les hommes et les femmes chevaliers sont entraînés séparément. Les hommes n'ont pas le droit de s'approcher du camp des femmes. Lui répondit-elle avec douceur. Elle était déjà passée par là et elle savait que les chevaliers et les apprentis ne connaissaient pas toutes les règles et avaient tendance à faire des boulettes.
-Mais pourquoi ? Demanda Milo qui ne comprenait pas et qui était agréablement surpris par la douceur de la jeune femme.
-C'est la règle. Je pense que c'est pour éviter certaines dérives. Répondit Alizea.
-Oh ! Mais pourquoi elles ont des masques et pas vous ? La questionna le petit garçon.
-Je suis une exception. Sache déjà que normalement je n'aurais jamais dû naître.
-Pourquoi ?
-Mes parents étaient des chevaliers d'Athéna et ils n'avaient pas le droit de se marier comme tous les chevaliers. Cependant, mes parents ont passé outre cette interdiction afin de vivre ensemble leur amour. Mais c'est une autre histoire. Mon armure, celle d'Asclépios, comme toutes les armures d'or a sa propre volonté et elle refuse que je porte de masque. Mon maître a voulu m'en mettre un et malheureusement, il m'a explosé à la figure.
-Ooohhh !
-Et oui. Bon, pour en revenir à ta question, le masque des femmes cache aux hommes leur féminité et leurs faiblesses, il est interdit aux hommes de regarder une femme sans son masque. Lui expliqua-t-elle avec patience.
-Donc, je ne dois plus m'approcher !
-Tu as tout compris.
-Mais vous y allez, vous ? Comme vous êtes une femme, vous avez dû être entraînée là-bas, non ?
-Pour tout te dire, je n'y ai jamais mis les pieds. J'ai été entraîné par douze maître qui m'ont chacun appris leur techniques afin que je crée mes propres attaques. Tu as d'autres questions ?
-Non, merci.
-De rien petit. Et n'oublie pas, interdiction d'espionner les femmes chevaliers.
-Mais et si je veux leur parler, je dois demander la permission à quelqu'un ? Demanda-t-il.
-Dis simplement à un garde que tu veux voir un maître, c'est lui qui viendra à toi et tu pourras lui poser toutes les questions que tu souhaites lui poser.
-D'accord, merci encore.
-Allez, file ou tu vas être en retard pour ton entraînement.
Milo lui fit un immense sourire berchu et partit rejoindre son maître. En chemin, il croisa Aiolia, le futur chevalier d'or du Lion, et Aldebaran, le futur chevalier d'or du Taureau ainsi qu'Aioros le chevalier d'or du Sagittaire. Les deux enfants et l'adolescent virent Milo qui venait du palais du pope et Aldebaran lui demanda :
-Pourquoi tu viens de chez le Grand Pope ?
-Ben en fait, je suis allé voir les femmes chevaliers et un des gardes m'a emmené voir Alizea d'Asclepios.
Aliolia et Aldebaran s'exclamèrent :
-Et elle t'a pas tué ?
-Non, elle est très gentille et elle m'a expliqué pourquoi on a pas le droit d'aller les voir mais que si je voulais avoir plus de renseignements, je devais aller devant le camp et demander un maître qui m'expliquerai tout. Révéla Milo.
Aioros leur fit un sourire et leur dit :
-Alizea est quelqu'un de très doux, mais cela est vrai qu'elle est intransigeante et demande énormément à ses apprentis.
-Qui sont-ils ?
-Personne ne sait, mais d'après une rumeur, un des chevaliers d'or a été entraîné par elle et c'était terriblement difficile. Cependant, jamais elle ne tuerait un apprenti sans raison valable. Bien, vous avez vos entraînements à faire, alors allez-y.
-Bien Aioros. S'exclamèrent Milo et Aldebaran.
Aiolia demanda à son frère :
-Grand frère, tu crois qu'elle pourrait m'entraîner ?
-Il faudrait que tu lui demandes.
-Je peux le faire ?
-Vas-y petit frère. Elle pourrait t'aider à devenir plus puissant.
-Merci grand frère.
Le petit garçon courut vers le bureau du Pope, suivit par son frère et frappa doucement à la porte. Alizea rugit :
-ENTREZ !
Aiolia se tassa sur lui-même tandis qu'Aioros fronçait les sourcils. Ils entrèrent tous les deux et virent Alizea furieuse en train s'arracher les cheveux sur le même dossier qui l'énervait. Soudain, elle se leva d'un bond et rugit :
-JE HAIS LES TUYAUX !
Aioros pouffa de rire et lui demanda :
-Tu veux de l'aide, Ali ?
La jeune femme lui lança un regard noir, s'approcha de lui et lui plaça d'office le dossier entre les mains. Puis avec un sourire sadique, elle lui dit :
-Et maintenant, tu te démerdes. J'embarque ton frère. Bon courage, petit.
Aioros fit la tête, laissant la jeune femme quitta le bureau du Pope laissant le jeune homme seul avec un dossier de la taille d'un pavé. Il soupira lourdement et regretta d'avoir fait cette proposition. Alizea emmena l'enfant dans son temple et lui demanda :
-Pourquoi voulais-tu me voir ?
-Je… Je voudrais que vous m'entraîniez ?
-Tu n'as pas déjà un maître ?
-Si, mais quand je veux lui demander de l'aide pour mieux comprendre les attaques du Lion, il me crie dessus. Il me les a montré une seule fois et puis il veut maintenant que je les refasse, mais je n'y arrive pas. Et quand j'échoue, il me crie dessus.
-Bon, attends moi ici, je vais aller le voir.
-Merci.
Elle alla voir le chevalier d'argent du Burin, car le chevalier d'or du Lion venait juste de mourir, et laissait le jeune garçon sans maître. Shion apprenant la nouvelle avait ordonné à Alizea de mettre le jeune Lion entre les mains de ce chevalier d'argent. Celui-ci avait l'air complètement perdu. Il était très jeune, il venait juste d'obtenir son armure. Elle lui demanda :
-As-tu appris les attaques du Lion au jeune Aiolia.
-Oui…
-Tu en es vraiment sûr ?
-Oui.
-Alors il serait capable de les lancer sans aucun problème, n'est ce pas ?
-Je… Oui.
-D'accord. Elle se concentra, appela Aiolia qui arriva en courant voir Alizea et son maître. Elle lui ordonna :
-Aiolia, lance la Lightning Bolt
-La quoi ?
-Cette attaque-ci. Lightning Bolt !
L'attaque fut dévastatrice et pulvérisa une colonne qui le promenait. Le maître et Aiolia ouvraient de grands yeux stupéfaits par la puissance de la jeune femme. Elle se tourna vers Aiolia et lui dit :
-Vas-y, fait la.
Il se concentra et…
-Lightning Bolt !
Alizea aurait pu attendre encore longtemps car aucune énergie ne sortit du poing du jeune garçon. Le lionceau était rouge de honte de même que le maître qui ne savait pas où se cacher.
-Et bien, je vois à quel point tu as bien entraîné ton apprenti. As-tu une raison à cela ?
-C'est ainsi que le chevalier du Lion m'a entraîné.
-Sebastian, tu as de la chance d'être mort, parce que je ne t'aurais pas loupé. Grogna Alizea qui comprit que l'ancien chevalier du Lion avait voulu que son successeur soit entraîné par elle et par personne d'autre.
-Comment ?
-Laisse tomber. Je te retire cet enfant et je lui apprendrai les techniques qu'il doit connaître.
-Seul le Grand Pope peut le faire.
-Sache petit que je représente le Grand Pope et que je suis habilitée, au cas échéant, à prendre des décisions sans l'en avertir quand cela est important. Et l'entraînement d'un chevalier d'or, l'élite de la chevalerie est plus importante que le fait de changer la plomberie.
-Bien...
-Aiolia ?
-Oui ?
-Oui, maître Alizea. Rectifia-t-elle.
Il lui fit un immense sourire et répondit :
-Oui, maître Alizea.
-Je vais t'entraîner, t'apprendre les techniques du chevalier du Lion.
-Merci maître Alizea.
-Viens avec moi, nous allons aller dans l'arène à cette heure-ci, il ne doit pas y avoir grand monde.
-Bien maître Alizea.
La jeune femme enleva son armure qui s'en alla vers sa maison. Puis suivit par Aiolia, elle descendit vers l'arène. Là, elle vit Aphrodite, le futur chevalier des Poissons, en train de combattre Gabriele qui voulait qu'on le surnomme Masque de Mort. Alizea les observa un instant, puis quand ils terminèrent de combattre et qu'ils quittèrent l'arène, elle dit à Aiolia :
-C'est ici dans cette arène que mon maître m'a appris les attaques du Lion et c'est ici que je te les apprendrai.
-Bien maître Alizea.
-Tu devras t'entraîner durement, alors utilise ton frère, il pourra t'aider. Je vais te montrer et t'expliquer tes attaques, les décortiquer et tu devras t'entraîner jusqu'à être capable de le faire sans problème avec toute ta puissance.
-Bien maître Alizea.
-Parfait.
Alors, elle lui montra les attaques du chevalier du Lion, lui expliquait comment faire, décortiquait les attaques pour qu'il comprenne bien comment faire.
Il était ravi, elle expliquait avec beaucoup de patience et de précision ce qu'il devait faire. Elle ne lui hurlait pas dessus quand il posait une question et répondait le plus précisément possible afin qu'il comprenne bien ce qu'il devait faire. Ce fut la meilleure journée. Malheureusement, son emploi du temps était plutôt chargé et elle ordonna à Aioros d'entraîner son frère, de le pousser à utiliser l'attaque qu'elle lui avait appris jusqu'à ce qu'il la maîtrise. Il devait le faire tous les jours, du matin au soir, car il avait énormément de retard par rapport aux autres futurs chevaliers. Aioros était désolé pour son petit frère, mais il avait un ordre et dut obéir. Il entraîna durement son frère, le poussant au maximum jusqu'à ce que l'enfant comprenne l'attaque et soit capable de la refaire sans problème.
Quand ce fut le cas, Aioros vint la voir et puis le lui dit. La jeune femme rejoignit le jeune garçon et lui demanda de lancer l'attaque. La maîtrise était là, mais il manquait la puissance d'un véritable chevalier d'or et là, seul un entraînement poussé pouvait l'aider. Elle décida alors de lui apprendre l'autre attaque, la Lightning plasma. Aioros était très impressionné, les attaques de son frère pouvaient être puissantes. A la fin de l'entraînement, elle laissa à Aioros la charge de l'entraînement de son frère. Lui comprenait pourquoi, elle avait d'énormes difficultés à faire manœuvrer un navire aussi rétif que le Sanctuaire. Alors en plus de son entraînement, il entraînait durement son frère dans les deux attaques qu'il devait connaître et maîtriser à la perfection.
Alizea soupira lourdement quand elle retourna à son travail, elle avait apprécié entraîner ce jeune garçon, cela lui rappelait l'entraînement de Kanon. Le jeune garçon lui manquait. Elle aurait bien voulu qu'il reste dans son appartement, mais Shion avait refusé, arguant qu'il n'était plus un apprenti et qu'il devait faire sa vie dans le temple des Gémeaux. Alizea avait failli déclencher une dispute, mais face au Grand Pope et à son regard de Grand Pope battu, elle n'avait rien pu faire. Elle soupira de nouveau et se noya dans le dossier insultant les tuyaux. Quand enfin elle termina ce dossier, elle donna les ordres aux serviteurs, puis se plongea dans un autre dossier. Elle ne faisait que cela et elle commençait vraiment à regretter l'absence de Shion. Mais heureusement, son travail était ponctué par la demande d'aide des différents futurs chevaliers d'or.
Plus l'échéance du retour de Shion approchait, plus elle était excitée. Les différents chevaliers, qu'ils soient d'argent, d'or ou apprentis, l'observaient avec étonnement. Le jour où il arriva, son excitation ne connut pas de bornes et, pour tenter de se calmer, elle décida de s'entraîner avec deux chevaliers d'or, Aioros et Saga. Les deux adolescents la combattirent avec rage comme si elle était leur pire ennemie. Les attaques pleuvaient dans l'arène quand elle remarqua que Kanon venait de rentrer de son stage et surtout quand elle sentit le retour tant attendu de son maître. Si elle voulait le rejoindre le plus vite possible, elle devait terminer le combat rapidement et donc elle décida de leur envoyer l'une de ses attaques la plus puissante. Elle s'exclama :
-Par la foudre d'Adad !
Elle dosa parfaitement l'attaque et les envoya directement dans les bras de Morphée. Elle leur lança un clin d'œil amusé et détala vers la maison du Bélier. Elle le découvrit sous un arbre, en train de serrer son fils contre lui. Elle haussa un sourcil et lui demanda en atlante :
-Encore en train de torturer ton fils ? Père indigne !
-Tu veux une baffe ? Fille indigne ! Répliqua, avec un sourire tremblant, Shion.
-Que s'est-il passé ?
-C'est le trop grand apport d'oxygène, qu'il n'a pas supporté.
-Oh ! C'est fou comme il ressemble à sa mère.
-Oui, il est tellement beau. Je suis si fier de lui. Soupira Shion en serrant un peu plus Mû contre lui.
-Moi aussi je suis fière de mon petit frère. Mais bon, passons à autre chose. Maintenant que le Grand Pope est de retour, que dois-je faire ?
-Protège mon fils quand je ne pourrais pas le faire et entraîne-le.
-Je te le promets, papa.
-Merci, ma puce. J'ai senti ta puissance augmenter brusquement. Que s'est-il passé ?
-Oh ! Un simple entraînement avec Saga et Aioros.
-Et dans quel état sont-ils ?
-Légèrement sonnés. Ils pensaient pouvoir me battre. Ah ! Les jeunes…
-Allez, va les réveiller.
-Oui, d'accord.
Elle repartit vers l'arène et réveilla les deux dormeurs.
-Tsssss ! Kanon aurait duré plus longtemps. Marmonna-t-elle pour les seules oreilles de Saga.
-Oui, mais c'est vous qui l'avez entraîné.
-Tu n'avais qu'à être entraîné par Marc du Cerbère.
-Non merci, je préfère garder le maître que j'ai eu. Murmura Saga en se relevant tandis qu'Aioros tentait de se réveiller.
Maintenant que Shion était de retour, Alizea alternait entraînement seule, avec Kanon ou avec Mû quand Shion avait trop de travail. Peu à peu, une véritable relation frère-sœur s'établit entre Mû et Alizea. Elle le traitait comme le frère qu'elle aurait dû avoir si ses parents n'avaient pas été tués. Elle le poussait tendrement vers l'excellence et elle n'hésitait pas à utiliser un autre langage s'il ne lui obéissait pas. Cinq mois après son retour, il fut l'avant-dernier à passer son épreuve d'armure à Jamir. Quand revint le nouveau chevalier d'or du Bélier, il fut pris dans l'étreinte passionnée d'une grande sœur folle de joie. Elle le fit tournoyer dans les airs, ce qui déclencha ses rires. Masque de Mort, jaloux de la relation privilégiée entre Alizea et Mû, leur lança un regard noir. Cinq jours plus tard, le dernier chevalier d'or prit ses fonctions, Camus devint le nouveau chevalier d'or du Verseau. Et, pour la première fois depuis deux cents cinquante ans, les douze chevaliers d'or étaient réunis, même si l'un d'entre eux ne pouvait quitter Rozan. Tous sursautèrent violemment quand les armures d'or se mirent à vibrer et résonnèrent ensemble. Pourtant, une armure résonna différemment, de façon totalement indépendante prouvant ainsi sa non-appartenance au Sanctuaire originel.
Shion, Dohko et Alizea étaient maintenant sûrs que la prochaine guerre sainte était pour très bientôt. Plusieurs mois plus tard, vers la fin de l'année, en septembre 1973 pour être plus exacte, Alizea fut réveillée en sursaut par un cri bizarre et perçant ainsi qu'un puissant et pourtant doux cosmos. Elle sortit en trombe de sa maison et découvrit Shion, qui tenait dans ses bras une chose gigotante et hurlante. Elle n'avait pas remarqué que tous les chevaliers d'or étaient arrivés et posa une question un peu stupide :
-C'est quoi, ça ?
Masque de Mort, trouvant enfin le moyen de l'humilier répliqua :
-C'est un bébé, ça se voit non ?
-Et mon poing sur ta gueule, tu veux le voir !
-ALIZEA ! S'écria Shion outré.
-OOOOOUUUUIIIIIIIIINNNNNNNNN ! Beugla le bébé divin.
Alizea lança un regard rempli de malice vers son père adoptif et susurra en haut Atlante, que Mû ne parlait pas :
-Tu ne peux pas la faire taire ! Oh oui, c'est vrai tu n'étais même pas foutu de t'occuper de ton propre fils à cet âge là !
-Ça c'est un coup bas ! On en a déjà parlé et je ne changerai pas d'avis ! répliqua Shion en plissant les yeux.
-Tu n'avais pas à le faire ! C'était vraiment dégueulasse !
Alizea et Shion étaient face à face et leurs cosmos avaient tendance à augmenter rapidement. Les chevaliers d'or ne comprenaient pas tout, en fait, ils ne comprenaient rien du tout, et encore moins Mû qui ne parlait pas cette langue noble et ancienne. Aioros qui savait que Mû était un atlante lui demanda :
-Tu comprends ce qu'ils disent ?
-Non, mais j'ai compris foutu, enfant et élever. C'est tout.
Plus ils parlaient, enfin se disputaient, plus leurs auras augmentaient et plus le bébé hurlait de plus en plus fort, ce qui forçait les deux protagonistes à hausser la voix. Ils finirent par se hurler dessus tandis qu'Alizea, héritant ce trait de caractère de ses parents, se mit à parler avec les mains. Soudain Shion s'écria :
-ÇA SUFFIT JE NE VEUX PLUS QU'ON EN PARLE ! ET JE TE PRIERAIS DE GARDER UN LANGAGE SOUTENU !
-Pffffffuuuu !
Les regards des chevaliers d'or passaient de l'un à l'autre se demandant pourquoi l'ambiance était aussi électrique tout d'un coup. Alizea lança un regard noir chargé de ressentiment vers Shion, puis, dans une envolée de cape, retourna dans sa chambre et siffla :
-Vous me direz quand ce sera mon tour de garde !
Elle retourna dans sa maison et se mit à bouder pendant une semaine. Durant sa bouderie, elle pensa à la prochaine guerre sainte, réfléchissant à la sécurité du Sanctuaire et surtout, à celle d'Athéna et de son petit frère. Maintenant le Sanctuaire vivait au rythme de la petite déesse, de ses rires, de ses larmes, de ses hurlements, de ses biberons et de ses couches. Shion, par vengeance après une remarque déplacée sur la déesse, ordonna à Masque de Mort de changer deux jours de suite ses couches, pour la plus grande répugnance du chevalier du Cancer.
Trois mois plus tard, une nuit où tous les chats étaient gris, et accessoirement où tout le monde dormait, une ombre venue des profondeurs des Enfers pénétra dans le Sanctuaire et rechercha une âme pure à pénétrer. Elle eut de la chance et en découvrit deux dans la même maison, celle des Gémeaux. Elle investit d'abord Kanon qu'elle sentait plus faible, plus fragile. Le jeune garçon doux et passionné par l'histoire devint un véritable monstre dévoré par l'envie, l'ambition et la haine. Ensuite, l'ombre toucha Saga, mais celui-ci, plus fort, résista. Cependant, il devint un parfait exemple de schizophrénie aigu. Le lendemain, Kanon, enfin le nouveau Kanon se disputa violemment avec son frère en voulant le pousser à tuer Athéna, Shion et à prendre le pouvoir au Sanctuaire. Saga, encore maître de lui-même, l'enferma manu-militari dans la prison du Cap Sounion laissant son jumeau le maudire avec toute sa rage et sa haine. Ensuite, Saga remonta au Sanctuaire, victime de violents maux de tête. Mais il restait toujours le doux et sage chevalier des Gémeaux. Un jour plus tard, Alizea fut très surprise en ne voyant pas Kanon arriver alors qu'il avait rendez-vous avec elle. Elle demanda à Saga, mais il ne répondit pas. Pire, elle sentit une étrange sensation, une aura sombre semblait l'entourer. Elle n'avait jamais senti cela et décida d'aller faire des recherches dans la bibliothèque.
Cependant, un garde vint la voir et lui dit :
-Votre Seigneurie, le Grand Pope veut vous voir dans la salle du trône.
-Bien, dites-lui que j'arrive!
-Il m'a dit de vous dire que cela ne pouvait attendre.
-Bien, alors j'y vais.
Elle reposa son bouquin, puis appelant son armure, elle la revêtit et rejoignit son père dans la salle du trône. Il y avait présent Aioros et Saga. Elle comprit immédiatement que Shion allait désigner son successeur. Elle s'avança dignement vers lui et posa un genou à terre afin de lui montrer son respect et son allégeance. Shion n'aimait pas beaucoup voir Alizea à genoux devant lui, mais en tant que Grand Pope, il n'avait pas le choix, il ne pouvait rien dire et elle le savait aussi. Donc, elle mit un genou à terre et lui demanda :
-Quels sont vos ordres votre excellence ?
-Si je vous ai réuni ici aujourd'hui, c'est pour vous faire part de ma décision de confier le Sanctuaire à l'un d'entre vous.
Les trois chevaliers d'or baissèrent la tête, mais Alizea observa quelques instants Saga en fronçant les sourcils, elle avait senti à nouveau cette aura étrange, mais faible, tellement faible qu'elle avait cru rêver. Mais elle savait qu'elle ne rêvait pas et ce qu'elle avait senti ne lui plaisait pas, mais pas du tout, mais alors vraiment pas du tout. Shion de son trône avait vu le coup d' œil de sa fille, et il avait compris qu'elle aussi avait senti cette étrange aura sortir du chevalier des Gémeaux. Et la disparition de Kanon l'inquiétait énormément. Il savait que sa fille ne voulait pas reprendre les rênes du Sanctuaire, mais il n'avait pas le choix, s'il n'y avait eu qu'Aioros et Saga, il aurait eu du mal à prendre une décision, mais là, il savait quoi faire. Il toussota un instant, puis dit :
-Chevaliers, vous avez tous les trois de grandes qualités, mais un seul d'entre vous deviendra le nouveau Grand Pope. Alizea, je suis désolé, mais...
Dans sa tête, elle exultait : « Génial, c'est Aioros ou Saga qui vont se farcir le Sanctuaire. Et moi je vais pouvoir passer mon temps à lire, à m'entraîner, à faire la cuisine, ... ». Malheureusement, sa joie fut de courte durée quand Shion continua sa phrase.
-Mais, tu es celle qui a le plus d'expérience. Tu sais comment fonctionne le Sanctuaire, tu as bien plus de pratique que tous les chevaliers d'or réunis. Donc, je te choisis comme mon successeur.
Aioros et Saga ne tiquèrent pas, mais observèrent la jeune femme qui loin d'être à la fête ressemblait à un enfant à qui on venait d'apprendre que son chat avait été mangé par le chien de la voisine. Elle était anéantie. Aioros tenta de retenir son rire, mais ne put tenir, surtout quand la jeune femme s'écria :
-NNNNNNNNNOOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNN ! Mais qu'est ce que j'ai fait à Athéna ! TU NE PEUX PAS ME FAIRE CELA !
-Tu as plus d'expérience, tu as déjà géré le Sanctuaire durant une partie de ta vie. Répondit le Grand Pope tandis que les deux autres chevaliers d'or regardaient stupéfaits la jeune femme qui lui parlait de façon si familière.
-Quatre ans, je n'appelle pas ça une partie. Marmonna la jeune femme dégoûtée de la vie.
Shion craignit un instant qu'elle remette en doute son choix, mais la jeune femme après un dernier soupir accepta la charge. Shion fut vraiment très fier d'elle, elle était grognon, avait une nette tendance à être terriblement bavarde et démarrait au quart de tour, mais elle était obéissante et savait où se trouvait l'intérêt du Sanctuaire. Shion tourna la tête vers les deux autres chevaliers d'or qui n'eurent pas l'air d'être en colère, Aioros était heureux que la jeune femme reprenne le rôle qui avait été le sien quand lui était petit. Saga ne se plaignit pas et félicita même le futur Grand Pope. Mais il était quand même surpris de voir que le Grand Pope avait choisi une femme. Shion déclara la réunion close et ordonna que personne ne divulgue l'information jusqu'au lendemain. Les trois chevaliers d'or acceptèrent et quittèrent la salle du trône après un dernier salut à Shion. Dehors, Aioros lui demanda :
-Alors, ça fait quoi d'être le futur Grand Pope ?
-Je crois que je vais me pendre. Grogna la jeune femme.
Le chevalier du Sagittaire explosa de rire et lui colla une grande claque dans le dos. Saga lui observait ses deux collègues avec un doux sourire. Il les salua tous les deux puis commença à descendre les escaliers afin de rejoindre la maison des Gémeaux, une partie de lui grondant de rage, tandis que l'autre comprenait le choix du Grand Pope, mais se demandait aussi pourquoi il ne l'avait pas choisi. L'expérience, c'est bien, mais la jeunesse c'est mieux. Alors qu'il commençait vraiment à avoir une migraine à soigner à la masse, Alizea grognait encore et toujours sur son futur rôle.
-Allez, c'est pas la mer à boire. Lui dit Aioros avec un sourire.
-Ça se voit que tu ne connais pas la bête, c'est un truc à avoir un ulcère. Pourtant je lui avais bien dis que je ne voulais pas prendre les rênes du Sanctuaire. Je l'ai fait pendant quatre ans et j'en ai fait des cauchemars.
Aioros repartit vers sa maison toujours en riant tandis qu'Alizea partait pour la bibliothèque afin de comprendre l'aura maléfique qui avait entouré un instant Saga. Elle y resta toute la nuit, laissant à Shion le temps de mettre en ordre les derniers dossiers et surtout, et elle ne le savait pas, écrire une lettre à Dohko afin de le prévenir qu'il avait choisi Alizea comme son successeur.
Le lendemain, une réunion des chevaliers d'or était programmée, Alizea ne voulait pas quitter la bibliothèque et Saga fut introuvable. On le chercha partout, mais sans aucun résultat. Saga, le chevalier d'or des Gémeaux avait disparu sans que quiconque sache où il était parti.
La nuit était tombée depuis longtemps, et pourtant Alizea continuait à consulter d'énormes ouvrages qui auraient rendu narcoleptique le lapin Duracell. Les chevaliers d'or dormaient paisiblement du sommeil du juste. Shion, monté sur le Star Hill, observait les étoiles, découvrant que le moment de la guerre sainte était presque arrivé. Il observait avec inquiétude la position de l'étoile polaire quand il sentit une présence derrière lui. Il se retourna et découvrit Saga. Le jeune chevalier d'or avait un air vraiment bizarre sur les traits de son visage, ses yeux luisaient d'une lueur malsaine, démoniaque.
Alizea, dans la bibliothèque, sentit une douleur atroce lui labourer la poitrine. Elle se téléporta sur le Star Hill et vit Saga retirer de la poitrine de son père adoptif son bras sanglant. Ensuite, lentement, il se tourna vers elle, alors que la jeune femme regardait avec horreur son père adoptif, celui qui lui avait tout appris, qui lui avait donné l'amour d'un père, qui lui avait donné une famille, agoniser dans d'atroces douleurs. Les larmes coulaient le long de ses joues, brouillant sa vue. De ce fait, elle ne vit pas l'attaque que lui envoya le félon, schizophrène et psychopathe, qui venait d'enfermer son pauvre petit frère malade au Cap Sounion, prison tout confort avec climatisation, eau courante, jacuzzi à prix modique, sushi à chaque repas, déesse gourde à domicile pour sauvetage in-extremis et trident divin avec brochettes incluses, et leva tardivement son bouclier (Si vous arrivez à lire et à comprendre cette phrase, vous êtes vachement fort ). Elle prit une partie de l'attaque de son adversaire en pleine face. Saga avait l'air d'avoir totalement perdu l'esprit, une lueur enragée luisait dans son regard, tandis qu'il se préparait à lui lancer une autre attaque tout aussi dévastatrice. Elle fit un pas en arrière, stupéfaite de l'attitude irraisonnée de Saga quand elle entendit dans sa tête les dernières paroles de Shion mourant :
-Ma chérie, sauve Mû. Sauve ton frère !
Elle se téléporta au moment où la deuxième attaque se précipitait sur elle pour la tuer dans d'horribles, atroces, terrifiantes, insupportables et innommables souffrances douloureuses. Elle s'écrasa gracieusement d'abord dans sa maison, ayant totalement raté son atterrissage par manque de concentration, on se demande pourquoi, et emporta sa pandora box ainsi que ses trésors les plus précieux. Au moment de repartir, elle stoppa un instant, se demandant si elle devait protéger bébé – Athéna. Mais la promesse qu'elle avait faite à Shion lui revint en tête et elle se téléporta dans la maison du Bélier, laissant à un autre cette lourde et baveuse tâche. Elle courut comme elle ne l'avait jamais fait auparavant, battant à la course un Milo shooté à l'E.P.O. Arrivée devant la porte d'entrée de l'appartement de Mû, qu'elle défonça dans la joie et l'allégresse, faisant violemment sursauter le serviteur du nouveau chevalier d'or, Démétrios qui faillit faire une mémorable crise cardiaque en recevant la porte en pleine figure, elle se rua directement dans la chambre de Mû. Le petit garçon, encore bien endormi, était assis sur le lit, les yeux remplis de larmes de frayeur et ne comprenant pas la raison pour laquelle le lien entre lui et son maître avait été rompu aussi soudainement. Alizea remarqua la pandora box de l'armure du Bélier près du lit du petit garçon et la posa sur la sienne pour la transporter plus facilement à l'abri d'un félon, schizophrène et psychopathe, qui venait d'enfermer son pauvre petit frère malade au Cap Sounion, prison tout confort avec climatisation, eau courante, jacuzzi à prix modique, sushi à chaque repas, déesse gourde à domicile pour sauvetage in-extremis et trident divin avec brochettes incluses. Ensuite, elle chopa Mû stupéfait, qu'elle mit sous son bras comme on transporte un ours en peluche, attrapa le serviteur outré, qu'elle plaça sur son épaule comme un vulgaire sac à patates, et se téléporta vers un lieu où ils seraient à l'abri. Au moment où ils disparaissaient dans les hurlements outragés du serviteur souffrant de mal de mer, Saga investissait la première maison du Zodiaque avec l'intention évidente et non dissimulée de faire le plus sanglant des carnages, avec étripage de deux chevaliers d'or de préférence et une pulvérisation de serviteur pour calmer ses nerfs. Devant le vide intersidéral de toute vie humaine ou animale de la maison, il hurla de rage vaine, car non seulement le Grand Pope venait d'être occis dans un déluge de violence mais encore le futur Grand Pope venait de se carapater, pire, il y avait un témoin de son crime, de sa forfaiture, de son meurtre, de son carnage, de sa violence gratuite, de sa furie la plus complète et cætera, et cætera (Pour ceux qui ne comprennent pas, "etc.").
Loin du Sanctuaire, aux Cinq Pics, apparut Alizea chargée comme un dromadaire. Elle portait toujours les deux armures, Mû et Démétrios, qu'elle laissa tomber à terre sans aucun égard et qui se réceptionna sur le nez. Elle avança comme un automate vers Dohko, la douleur de la perte de son père se lisait sur son visage. Elle lâcha Mû qui se réceptionna agilement sur ses pieds, et tomba à genoux devant Dohko. Le vieux chevalier d'or la serra contre lui et recueillit tendrement les larmes de la jeune femme. Lui aussi souffrait de la perte de son dernier ami. Serait-il voué à vivre alors que tous mourraient ? Il ne le savait pas, mais il savait que la douleur que ressentait la jeune femme dans ses bras était la même que celle qu'il ressentait au plus profond de son vieux coeur fatigué. Il serra fortement contre lui la fille adoptive de son meilleur ami et ne put retenir les larmes qui coulaient le long de son visage parcheminé par l'âge. Elle pleura longuement, étreignant le chevalier d'or à l'étouffer. Mû était perdu, il se demandait pourquoi il se retrouvait ici, avec ce vieux machin mauve devant lui. Son jeune cerveau encore endormi ne voulait pas comprendre que son maître, son presque père était mort. Cette rupture de lien en était la preuve évidente. Il demanda doucement :
-Où est mon maître ?
Elle se tourna vers lui, les larmes coulant le long de ses joues et murmura doucement, respectant les dernières volontés de Shion :
-Ton maître est mort. Il ne reviendra plus jamais. Dohko ?
-Oui, Alizea ?
-Je voudrais que tu protèges Mû, que tu l'aides à s'affirmer.
-Où vas-tu ?
-Là où personne ne me trouvera. Adieu, Dohko.
Elle se téléporta dans un lieu inconnu de tous, sauf de Donadieu, Harmonie, Shion et elle-même. Elle disparut totalement de la circulation afin de faire le deuil de son père adoptif et d'observer de loin le Sanctuaire, prête à aider quand le moment serait venu et accessoirement d'emmerder Saga. Elle fut le témoin de la fuite d'Aioros, de sa traque par les chevaliers d'or et du combat qui fut en défaveur du chevalier du Sagittaire. Quand ils partirent, le laissant pour mort, elle se téléporta près de lui et réussit à lui donner assez de force pour qu'il puisse accomplir sa destinée et sauver la déesse Athéna. Elle le suivait de loin, continuant à lui donner de la force quand il n'en pouvait plus, sans voir qu'elle-même était suivie par un autre chevalier. Elle le vit donner à un japonais de passage la jeune déesse et son armure. Mais avant de rendre l'âme, Alizea changea son destin et lui donna assez de force pour survivre et elle le téléporta dans sa grotte afin de le soigner. Alizea, rassurée quant à la survie de la fillette, repartait vers sa nouvelle demeure quand un ancien chevalier d'or, celui du Scorpion pour être plus précis, se matérialisa devant elle. Elle fronça les sourcils et lui demanda :
-Que me veux-tu, Roman ?
-Mais tu sais ce que je veux, c'est toi… Répliqua-t-il en lui collant la main sur une double partie rebondie postérieure de son anatomie.
-Dois-je te rappeler que je ne t'aime pas ? Retire-moi cette main avant que je ne te l'arrache ! Frôlant pour la première fois de toute sa « jeune » existence le zéro absolu par ces paroles glaciales.
-C'est vrai, tu préfères la compagnie des enfants !
-Répète ce que tu viens de dire, là ! Siffla Alizea outrée en serrant les poings.
-Tu es toujours avec Mû du Bélier. Qu'est-ce qu'il a de plus que moi, ce gamin ?
-C'est mon frère, connard. Et je t'interdis de l'insulter, espèce de bâtard !
-Je ferai ce que je veux, et je sens que le Grand Pope sera ravi de savoir où tu te trouves ! Répliqua l'ancien chevalier d'or avec un sourire narquois.
-C'était le truc à pas dire, pitoyable crustacé ! Je vais t'arracher la carapace morceau par morceau, petite écrevisse !
Elle fit exploser son cosmos et revêtit son armure. Elle laissa sa rage, sa haine, sa douleur, sa fureur l'envahir, puis canalisa toute sa puissance et lança une étrange attaque comprenant toutes les attaques offensives des chevaliers d'or. Cette soudaine augmentation de pouvoir fut ressentie jusqu'au Sanctuaire, donnant à tous les chevaliers d'or une horrible, soudaine et douloureuse migraine. Quand Masque de Mort, Aphrodite et Shura arrivèrent sur les lieux, ils ne virent qu'une plaine là où il y avait quelques instants auparavant une montagne des plus déchiquetées et une silhouette noire là où il y avait eu auparavant un chevalier d'or. Ils ramenèrent l'information et durent partir à la recherche de la jeune femme qui était toujours et encore introuvable.
Elle fonça dans sa grotte et découvrit qu'Aioros continuait à pisser le sang sur son lit. Alors, elle commença à le soigner. Elle augmenta son cosmos et réussit non pas à le soigner, mais à stopper les hémoragies. Ensuite, elle lava le corps meurtrie du chevalier d'or et pansa délicatement ses blessures. Elle devait toujours ponctionner de l'énergie afin d'en donner à Aioros et elle se fatiguait rapidement, car elle en avait dépensé énormément quand elle s'était attaquée à Roman. Et maintenant, les effets étaient là, elle était épuisée et savait que si elle ne ramenait pas de quoi manger, ils allaient mourir tous les deux. Elle décida donc de faire une grosse razzia dans les cuisines du Sanctuaire et vida complètement les réserves. Ensuite, elle les amena dans sa grotte et dut pour la première fois de sa vie préparer un repas à la normale, en utilisant des couteau. Elle fit un bon feu dans la cheminée de sa grotte et commença à préparer le repas. Elle le fit cuire dans l'âtre et brusquement, elle eut un très ancien souvenir qui lui revint en tête. Il y avait son père, son vrai père et sa mère. Ils avaient créés cette cheminée au cas où il ferait froid. Elle fut heureuse de se rappeler de ce temps où elle vivait heureuse avec ses parents. Mais elle savait que bientôt elle les retrouverait et ils vivraient heureux en Elysion. Quand la soupe fut prête, elle la dévora et vida complètement la marmite afin de reprendre des forces. Puis de là, elle en fit une autre, mais pour son mourrant. Elle l'aida à s'asseoir et lui fit manger la soupe, ensuite, elle le recoucha et sortit afin de scruter le Sanctuaire. Elle sentait au fond d'elle-même qu'elle ne devait pas y retourner et qu'elle ne devait pas faire valoir son titre de Grand Pope. Elle sentait que tout cela était les prémices de la guerre ultime contre Hadès. Elle entendit un gémissement et rentra pour voir Aioros ouvrir un oeil. Le chevalier d'or allait se lever quand Alizea l'empêcha de faire le moindre mouvement et lui dit :
-Ne bouge pas Aioros, ils t'ont mis dans un sale état.
-Athéna ?
-Est à l'abris entre les mains du touriste.
-Vous m'avez suivis votre excellence ?
-Oui.
-Pourquoi ne pas retourner au Sanctuaire ?
-Parce que je sens que tout ceci est une mise à l'épreuve pour Athéna. C'est ironique, car les chevaliers d'or vont combattre celle qu'ils doivent protéger. Oh ! Au fait, son armure est entre les mains du touriste.
-Je vais l'appeler.
-Non, laisse-la où elle se trouve. Cela est important pour la suite des évènements. Je sens que normalement tu n'aurais pas dû survivre, mais tu étais sous ma protection, alors je ne pouvais te laisser mourir alors que j'ai la possibilité de te soigner. Je ne suis pas comme Shion ou Mû, mais je peux stopper les hémorragies, y comprit les hémorragies internes.
Elle reprit ses anciennes habitudes de voleuse et n'eut aucun scrupule à piller les cuisines du Sanctuaire laissant à chaque vol un mot écrit de sa plus belle écriture disant : « Merci pour la bouffe ». C'était une façon enfantine de venger la mort de son père. Elle nourrissait bien Aioros qui reprenait doucement des forces, puis quand il fut assez fort, il décida d'aller rejoindre la déesse en cachant sa véritable identité. Il se fit passer pour un simple domestique et put ainsi garder un oeil sur elle. Il salua avec respect Alizea en suppliant les dieux que personne ne la retrouve. Car il se doutait que Saga avait dû envoyer des chevaliers à sa recherche. Et en effet, le voleur de trône avait envoyé des chevaliers d'argent au trousses d'Alizea. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que la jeune femme se trouvait là où elle avait passé soixante deux ans de sa vie. Elle pleurait tous les jours la mort de son père adoptif et la perte de ses nouveaux repères. Elle remercia mentalement ses parents de lui avoir trouvé cette cachette que nul ne connaissait.
Au fil des ans, la personnalité démoniaque, et méchante, et mauvaise, et sournoise, et sadique, et perverse, et félonne, et traîtresse, et diabolique, et satanique, et grande méchante pas belle de Saga prenait de plus en plus le dessus, transformant l'homme de bien qu'il était en un monstre de cruauté, de malveillance et de lubricité. Au bout de sept années, Alizea sentit que la garde personnelle d'Athéna se recréait enfin. Elle sentit aussi un cosmos encore enfantin qui évoquait le Sagittaire et le cheval ailé, Pégase. Elle murmura pour elle-même :
-Un chevalier qui pourrait cumuler à la fois l'armure de bronze de Pégase et celle du chevalier d'or du Sagittaire est arrivé. Mais comment peut-il porter deux armures, cela ne s'est jamais vu ? Il pourrait devenir l'un des guerriers les plus puissants du monde. Et cette bande de nuls ne fera rien pour l'entraîner comme il devrait l'être. Tsssss ! Nabots !
Elle alla sur le sommet de sa montagne et observa une énième fois les étoiles, se demandant encore et toujours comment s'étaient passées les retrouvailles entre ses parents et Shion. C'était sa grande interrogation du moment. Ce qu'elle ne savait pas, c'est que la réunion entre « amis » avait été un tout petit peu mouvementée, en Elysion.
Elysion
-COMMENT AVEZ-VOUS OSE FAIRE CELA ! VOUS L'AVEZ ABANDONNEE AU MOMENT OU ELLE AVAIT LE PLUS BESOIN DE VOUS. LE SANCTUAIRE N'ETAIT MÊME PAS AU COURANT DE SON EXISTENCE ! VOUS AURIEZ PU NOUS PREVENIR ! B…. DE P…. DE M…... !
-Déjà, tu ne nous parles pas sur ce ton. Parce que dois-je te rappeler que tu as fait la même chose avec ton fils ? S'indigna calmement Harmonie.
-Et de plus, môssieur je-fais-des-leçons-aux-autres-mais-je-fais-des-bourdes-encore-plus-grosses-que-moi, tu as ordonné à NOTRE fille de ne pas dire à TON fils qu'il était TON fils ! PERE INDIGNE ! Explosa Donadieu.
Les différents chevaliers d'or des anciennes générations observaient avec amusement les trois chevaliers d'or qui se hurlaient dessus à propos de leurs enfants respectifs. Arzaniel était retenue par Shanti de la Vierge qui sentait que, si la jeune femme entrait dans le conflit, son collègue du Bélier n'allait pas s'en sortir sans plaies et bosses et il allait perdre quelques plumes. Elle grognait comme un animal, prête à mordre la première partie de l'anatomie de son mari qui lui tomberait sous les dents. Shion, ne se doutant pas de la menace qui pesait sur son arrière-train rebondi et de la présence de sa douce future mordante épouse, hurlait sur Donadieu et Harmonie :
-Mais MON fils n'a jamais été obligé de voler pour vivre. Il n'a pas souffert de la faim, de la solitude et du froid à QUATRE ANS ! QUATRE ANS et elle vous a attendu SOIXANTE ANS ! SOIXANTE ANS et c'est MOI qui ai été obligé de lui annoncer VOTRE mort. C'est MOI qui ai dû la consoler quand elle a compris que vous ne reviendriez jamais, et quand elle faisait des cauchemars, c'est MOI qui me levait la nuit. C'est MOI qui ai dû l'élever, lui apprendre à prendre un bain, ELLE NE SAVAIT MÊME PAS QU'IL FALLAIT SE LAVER ! Quand elle a été malade, c'est MOI qui l'ai soignée, c'est MOI qui ai reçu ses attaques de plein fouet, qui a reçu ses vomissements. BON SANG ! ELLE A ETE TEMOIN DE LA GUERRE SAINTE ! J'ai plus été son père que TOI Donadieu ! Alors ne dis pas que je suis un père indigne ! Vociféra Shion, écumant de rage.
-Oui, tu as été un père pour NOTRE fille, mais pas pour TON fils ! Rétorqua Harmonie outrée.
Mais il blêmit et se calma instantanément quand il entendit la voix calme, douce et… glaciale de sa chère et tendre épouse qui siffla :
-Tu as honte de moi ?
-Mais… mais… mais pas du tout chérie. Où… où vas-tu chercher des idées pareilles, mamour ?
-Le fait que tu ne reconnaisses pas TON fils officiellement au Sanctuaire est une preuve de ce que j'avance.
-Tu sais heu… en fait heu… Bredouilla le géant par rapport à sa toute petite femme.
-SHION Eildecar DE JAMIR ! Rugit Arzaniel qui n'avait plus du tout l'air d'une gentille petite atlante mignonne, adorable et douce. COMMENT AS-TU OSE NE PAS DEVOILER A NOTRE FILS, TA PATERNITE !
-Mais, chérie, je n'avais pas le choix, il devait devenir ch…
-C'EST PAS UNE RAISON ! Beugla sa tendre épouse.
Les différents chevaliers d'or se moquaient joyeusement de Shion, qui avait tendance à se recroqueviller sous la fureur et les imprécations de sa douce et calme moitié… enfin d'habitude.
-Mais.. heu.. heu…il.. heu… il est chevalier d'or et heu… il est heu… à l'abri ?
-A L'ABRI? AVEC UN MALADE A SES TROUSSES, SEUL DANS UNE MONTAGNE POURRIE ET AVEC UN VIEUX SERVITEUR SENILE !
-Mais chérie, il n'est pas seul il est protégé par Dohko.
-PARLONS EN DE DOHKO ! UN VIEUX NAIN QUI N'EST MÊME PAS CAPABLE DE SE LEVER DE SON POT DE CHAMBRE !
-Je te trouve injuste avec lui !
-INJUSTE ! JE VAIS T'EN COLLER UNE, TU VAS LE SENTIR PASSER ! ET TU VAS VOIR SI JE SUIS INJUSTE !
-Pourquoi tu te mets dans des états pareils ?
-POURQUOI ! Arzaniel semblait proche de la crise d'apoplexie et menaçait de leur faire une belle crise cardiaque, même si elle était déjà morte.
-Mon ami, je crois que c'était bien la dernière chose que tu aurais dû lui dire ! Ricana Donadieu ravi de la crise d'Arzaniel.
Shion lui lança un regard noir, mais reporta son attention sur sa femme qui avait bien l'intention de lui arracher les tripes avec les dents.
-Pourquoi ! Je vais te dire pourquoi, PARCE QUE TU AS OSE LAISSER SEUL NOTRE FILS ET QU'EN PLUS TU AS OSE NE PAS LUI DIRE QU'IL ETAIT TON FILS ! ET CA, JE NE TE LE PARDONNERAI JAMAIS !
Shion devint blême aux paroles remplies d'amertume et d'agressivité de son épouse.
-Je suis désolé, amour. Mais je n'avais vraiment pas le choix. J'aurais voulu que, comme Alizea, il m'appelle papa…
-KKKKKKKWWWWWWWWOOOOOOOAAAAAAA ! Hurlèrent Harmonie et surtout Donadieu.
-J'ai été son père durant cent soixante douze ans et alors que toi, tu ne l'as été que durant quatre ans ( et toc !).
-Ça veut dire donc que tu n'aimes pas et que tu ne reconnais pas ton propre fils. Siffla Arzaniel.
-Mais si, je l'aime. Se défendit Shion s'embourbant plus profondément dans ses explications.
-Tu ne lui pardonnes pas ma mort ! Trancha Arzaniel.
-Je…. Je ne sais pas. Répondit Shion en baissant la tête.
-Père indigne ! Elle clôtura cette discussion houleuse d'une baffe bien sentie, puis fit demi-tour et quitta son mari qui tenait sa joue meurtrie d'une main.
Il tourna la tête vers ses anciens collègues et vit Donadieu et Harmonie qui secouaient la tête d'un air navré devant la stupidité de Shion. Le pauvre ex-chevalier du Bélier leva le regard vers le ciel et se demanda comment se sortait Mû et surtout Alizea.
Sanctuaire
La jeune femme partageait son temps entre la lecture de pavés de deux mille pages, volés au nez et à la barbe inexistante de Saga, l'entraînement de nuit et l'observation des différents évènements du Sanctuaire. Elle ne pouvait pas s'approcher trop près du lieu de son enfance, et cela lui faisait mal. Cependant, elle apportait régulièrement des fleurs sur le corps sans vie de Shion. Elle savait que son petit frère était à l'abri à Jamir, Saga ne pouvait rien lui faire ou il perdrait le seul réparateur d'armures qui existait encore dans le monde. Dohko ne craignait pas grand chose non plus, enfin, pour le moment et Aioros était mort pour tout le monde, donc il était toujours vivant. Et quant à elle, il fallait déjà qu'ils sachent où elle se trouvait et pour l'instant, c'était pas gagné. Une nuit, elle décida de faire un très vilain tour à Saga et aux chevaliers d'or, enfin, surtout à Masque de mort. Elle prépara tout ce dont elle avait besoin, et se téléporta devant la maison du Cancer. Elle allait faire en sorte d'être la digne fille de son farceur de père. Elle utilisa ses pouvoirs psychiques pour endormir Gabriele et entra dans la maison de son père. Elle eut le choc de sa vie en voyant dans quel état il avait mis cette glorieuse maison. Elle avait appris qu'il y avait des visages dedans, mais elle ne savait pas que c'était à ce point. Elle expira tout l'air qu'elle avait dans ses poumons, puis commença son mauvais tour. Quand elle eut terminé, elle se téléporta dans la chambre du Grand Pope, entrouvrit silencieusement les rideaux du lit, et grima le visage de l'occupant illégitime. Elle s'écarta et prit toutes les anciennes affaires de Shion que Saga avait gardé afin de ne pas mettre la puce à l'oreille aux serviteurs. Elle retourna avec ses trésors dans sa nouvelle demeure puis revint dans la chambre du Pope et vaporisa les tentures.
Dans son lit, Saga gris sursauta violemment, dévoilant une partie de son corps nu et s'exclama :
-Mais qui es-tu ?
-Je suis ton pire cauchemar. Meurtrier.
-Quoi ?
-Tu vas m'avoir sur le dos jusqu'à ta mort. Oh ! Merci pour la lecture et le couvert que je me suis si généreusement octroyée durant ces sept dernières années.
-Espèce de sale petite p…
-Tututututu ! Ce n'est pas un langage pour un Grand Pope ! Je vais te quitter, bonne soirée. Je te laisse avec ce cher Gabriele. Byyyee ! AHAHAHAH ! Oh ! Une dernière chose, le rose te va très bien.
Elle se téléporta au Cap Sounion afin que Saga gris perdre sa trace. Elle poussa le pire des jurons quand elle découvrit que le fond de la prison était démoli et que le trident de Poséidon avait disparu. Elle était horrifiée, cela ne pouvait dire qu'une seule chose, une nouvelle guerre entre Athéna et Poséidon allait bientôt arriver. Mais qui avait libéré ce dieu ? Elle observa avec attention les parois de la prison, et découvrit des inscriptions gravées sur la pierre, comme un journal intime :
1 octobre 1973
cela fait 1 semaine que je subis cette torture, mais ma haine sera comblée quand le trident que je vois au fond de cette grotte sera à moi. Moi Kanon !
Maintenant, Alizea savait où était Kanon durant tout ce temps. Son adorable apprenti avait été pris au piège dans cette prison infecte. Que s'était-il passé pour que Kanon se retrouve emprisonné dans cette geôle ? Elle repartit dans sa tanière en réfléchissant sur tout ce qui était arrivé depuis la mort de Shion. Elle s'installa au sommet de sa montagne et observa le Sanctuaire devant elle.
Elle éclata de rire quand elle vit le réveil de Gabriele face à des centaines de visages maquillés en bille de clown, qui lui souriaient gentiment et qui chantaient « bibi phoque » dans un chœur atroce. Son hurlement d'horreur et de rage fut entendu jusqu'en haut du Sanctuaire et plus d'un chevalier d'or se moqua de lui. Saga gris faillit faire une crise cardiaque quand il vit sa magnifique chevelure grise teinte en rose bonbon et permanentée avec des anglaises et des rubans bleus, son beau visage cruel maquillé comme une pute de banlieue, lèvres peintes en rouge carmin, pommettes roses, eye liner mal posé, mascara dégoulinant et fard à paupières orange. Son cri d'horreur s'entendit jusqu'aux cinq pics faisant presque mourir de rire Dohko qui voyait en Alizea la digne fille de son père.
A suivre
