Alizea chapitre 26
Enfin, la bataille du Sanctuaire était terminée. Mû se tourna vers Alizea, mais elle avait disparu. Il s'affola et s'écria :
-Alizea, ALIZEA !
-Arrête de beugler Mû, tu ressembles plus à un taureau piqué par un taon qu'à un mouton qui va se faire tondre ! Répliqua une voix ironique et amusée.
Il se tourna vers la droite et vit Alizea assise au sommet d'une colonne. Il lui demanda :
-Mais qu'est-ce que tu fais là-haut ?
-Mais c'est pas vrai, tu ressembles de plus en plus à Shion ! Ça doit être l'entraînement, tous les chevaliers d'or des Béliers sont entraînés pour être des rabat-joie !
-Ce n'est pas vrai, je sais m'amuser ! S'exclama Mû, outré, devant les autres chevaliers d'or, amusés par les répliques de leur collègue de la treizième maison. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne l'avait pas vu. Aiolia se souvint de l'entraînement qu'elle lui avait fait passé, et Milo de la discussion sur les chevaliers féminins. Ils avaient tous cru qu'elle était morte, mais non, elle était là, bien vivante.
-Lire un pavé en atlante et passer des heures à regarder une vierge voleter, j'appelle pas ça de l'amusement, mais du sado-masochisme ! Répliqua le chevalier d'or, faisant exploser de rire Milo et Aiolia tandis que Shaka soupirait lourdement devant l'immaturité, qu'il savait feinte, de la jeune femme.
-Ah oui, et pour vous, c'est quoi l'amusement ? Demanda timidement Shun.
-Maquiller les visages du temple du Cancer version journée au cirque et transformer Saga des Gémeaux en pute de banlieue. AHAHAHAHAHAH ! J'm' étais bien marrée c' jour là. Je crois qu'on a dû entendre son hurlement jusqu'en haut du mont Olympe !
-C'est toi qui as fait cela ? S'exclama Shaka en ouvrant les yeux sous la stupéfaction.
-Et ouais ! Vive moi ! S'esclaffa la jeune femme en faisant le V de la victoire.
-Et vous êtes fière de vous ! Il nous a tapé sur les nerfs pendant deux semaines pour savoir qui avait « osé » salir ses beaux masques. S'exclama Aiolia outré qui continuait à la vouvoyer, voyant toujours en elle son maître.
-Oui, je suis vraiment fière de moi ! Bon, si vous voulez me voir, je suis dans ma maison ! A plus les p'tits!
Les chevaliers d'or grondèrent sous l'appelation, mais ils la laissèrent repartir. Ils savaient qu'elle devait reprendre ses marques dans le Sanctuaire, cela faisait quand même treize ans qu'elle n'était pas revenue, sauf pour quelques minutes. Elle quitta l'esplanade afin de rejoindre son temple. Athéna se tourna vers Mû et lui demanda :
-Mû, qui est-elle ?
-Elle est le treizième chevalier d'or, celui d'Asclépios. On ne sait pas grand chose d'elle, le seul qui la connaissait bien, c'était le Grand Pope, d'après certaine rumeur, c'est lui qui l'aurait élevé à la mort de ses parents, mais ce n'est qu'une rumeur.
-Mais quel âge a-t-elle ?
-Personne ne le sait. Tout ce que nous savons, c'est qu'elle était déjà là quand nos maîtres étaient enfants.
-Pourtant elle a l'air tellement jeune.
-Oui.
Athéna et les chevaliers de bronze, d'or et d'argent observèrent avec étonnement la direction qu'avait prise le chevalier d'or, se posant des questions sur son compte. Athéna décida d'organiser une réunion pour le lendemain, mais d'abord, ils devaient se reposer. Quand Alizea arriva devant sa maison, elle l'observa avec nostalgie, toute son enfance lui revenait en mémoire. Elle se secoua un peu, puis elle entra dans son appartement, et dans un silence religieux, tous entendirent :
-AAAAAAAAAARRRRRRRRRRRRRGGGGGGGGGG ! SAGA, ESPECE DE FILS DE PUTE ! T'AS DE LA CHANCE D'AVOIR CREVE, MAIS SI JE CHOPE TON AME, JE TE JURE QUE JE TE LATTERAI LA GUEULE !
Tous les chevaliers, qu'ils soient d'or, de bronze ou déesse, se regardèrent, se demandant la cause de ces hurlements injurieux. Ils coururent jusqu'au treizième temple et ne virent pas la petite cordelette tendue entre les colonnes. Devant Athéna hilare, les cinq survivants de la bataille du Sanctuaire trébuchèrent et emportés par leur élan, ils se retrouvèrent devant la maison du Bélier leur rutilante armure couverte de savon noir et de farine. Dans la treizième maison, deux chevaliers d'or s'esclaffèrent devant la dégringolade des puissants chevaliers d'or. Aioros alla retrouvé son homologue de la treizième maison et adossé à la porte, découvrit un bazar monstrueux. Tout était sans dessus-dessous, comme si quelqu'un avait fouillé les pièces à la recherche d'une chose qu'il n'avait pas trouvée. Alizea bavait de rage devant les dégâts, son bel appartement était en piètre état. Elle soupira lourdement devant tout le travail qu'elle avait à faire. Les étagères étaient sur le sol, les meubles étaient renversés et des centaines de livres jonchaient le beau parquet en Cèdre du Liban. Elle soupira une nouvelle fois et se mit à ranger. Tout le mobilier se souleva, de même que tous les livres et les étagères. Le chevalier du Sagittaire observait avec fascination le Grand Pope ranger sa maison. Le balai se passait tout seul de même que la serpillière, le plumeau et la tête de loup qui débarrassaient l'appartement de la saleté, la poussière et les toiles d'araignée tandis qu'Alizea s'occupait de la cuisine. Quand Mû entra dans l'appartement, il vit Aioros qui observait avec fascination les chiffons faire tous seuls la poussère. Alizea poussa un autre hurlement quand elle vit les dégâts dans sa cuisine. Toute la nourriture était par terre, macérant dans son jus depuis plus de treize ans. Les rats et les cancrelats avaient transformé la cuisine en camps de vacances pour parasites et nuisibles en tous genres. Folle de rage, elle lança l'Exécution de l'aurore inversée, les flammes de Ghibil donc, au lieu d'une tempête de glace, ce fut une tempête de feu. Et elle pyrolisa la nourriture, les rats, les blattes, les meubles et la cuisine. Aioros et Mû s'approchèrent et le premier chevalier d'or lui dit :
-Il va falloir demander à Athéna de te commander une cuisine. Je ne crois pas que c'était nécessaire de détruire tes meubles !
-Tu la veux ta fessée ! Siffla Alizea en plissant les yeux.
-Alizea, je n'ai plus sept ans. Soupira Mû tandis qu'Aioros se moquait gentiment de lui.
-Et alors ? Je te dépasse en taille et en âge. Alors écrase, petit.
-Toi-même, la vieille !
-Oh ! Comment c'est que tu causes ! Shion aurait été outragé de ton langage. S'horrifia faussement Alizea
-Est-ce que Shion était mon père ? Demanda Mû, qui voulait avoir confirmation de ce qu'il avait appris, auprès de quelqu'un qui devait connaître toute la vérité.
-Oui, c'était ton père. Soupira Alizea les yeux dans le vague et un léger sourire mélancolique aux lèvres. Tandis qu'Aioros observait les deux chevaliers d'or avec stupéfaction.
-Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? S'indigna Mû en serrant les poings sous la colère.
-Parce que c'était la dernière volonté de Shion, en plus de vouloir te protéger. Tu sais, il t'aimait beaucoup.
-S'il m'aimait vraiment, il me l'aurait dit ! Siffla le chevalier d'or, fou de rage envers son père.
Avant qu'Alizea puisse dire quoi que se soit, Mû fit demi-tour et quitta la treizième maison pour la sienne. La jeune femme poussa un énième soupir et murmura :
-Tel père tel fils, aussi têtus l'un que l'autre. Tu me manques tellement papa. J'aimerai que tu sois près de moi.
Elle sursauta quand le chevalier du Sagittaire posa sa main sur son épaule et lui murmura :
-Il est toujours là, tant que vous vous souviendrez de lui.
-Merci, Aioros.
Elle soupira une nouvelle fois et essuya une larme qui coulait le long de sa joue. Ensuite, elle alla dans sa chambre afin de voir les dégâts générés par Saga. Elle réarrangea sa chambre, la nettoyant de fond en comble. Ensuite, quand tout son appartement fut propre, elle laissa le chevalier seul avec sa bibliothèque et retourna dans sa grotte et ramena toutes ses affaires. Et les disposa avec beaucoup de goût, donnant une atmosphère un peu mélancolique à son intérieur. Maintenant qu'elle avait terminé, elle attribua une chambre à Aioros qui s'endormit comme un loir, puis elle décida de se reposer. Elle s'endormit profondément, réapprenant à vivre dans un lieu qu'elle avait quitté précipitamment treize ans auparavant. Le lendemain, elle vit que des gardes se précipitaient vers la salle du trône. Mais pour y aller, il fallait d'abord traverser sa maison et ça, c'était hors de question. Les chevaliers de Bronze entendirent un hurlement qui venait du treizième temple. Ils se précipitèrent et virent les gardes face à un chevalier d'or en mode on-protège-la-salle-du-trône-à-n'-importe-quel-prix. Ils lui dirent :
-La déesse Athéna leur a donné l'ordre de venir.
-Ont-ils un ordre écrit ?
-Je… non !
-Alors, vous ne passerez pas !
Elle fit un geste de la main et les trois gardes se retrouvèrent en bas des escaliers. Brusquement, Alizea se tendit et puis fit un pas de côté et dit aux gardes :
-Vous pouvez passer.
Les trois gardes passèrent lentement devant Alizea, la crainte de se faire démolir par elle étant très présente en eux. Il traversèrent la maison et pénétrèrent dans la salle du trône. Alizea ferma les yeux et dit par télépathie :
-Dohko, cela fait longtemps qu'on ne s'est pas parlé.
-Et à qui la faute !
-Saga !
-Tssssss !
Athéna donna l'ordre aux gardes de réparer les temples et surtout la salle du trône. Les réfections de cette salle durèrent une semaine durant laquelle les différents chevaliers d'or aidèrent aux réparations. Alizea utilisa ses pouvoirs afin de remettre le sol au bon niveau. Quand les travaux furent terminés et qu'Athéna commença ceux des temples, Alizea prit la décision d'aller retrouver ses parents. Cela faisait treize ans qu'elle n'était pas allée les voir, il y avait trop de gardes et elle aurait risqué de se faire attraper et tuer par Saga. Elle retira son armure qui alla se placer sur son socle, puis sortit de son temple afin de rejoindre le cimetière du Sanctuaire. Elle était au niveau de la maison du Sagittaire quand Mû la rattrapa et lui dit :
-Alizea, Athéna veut te voir !
-Alors, elle attendra. J'ai bien attendu treize ans, elle pourra bien attendre un peu. De toute façon, ce que j'ai à faire est plus important. Répondit-elle tout en continuant à marcher.
Elle traversa toutes les maisons, puis entra dans le cimetière toujours suivit par Mû. Elle prit un vieux chemin que plus personne ne prenait. Elle découvrit que les tombes de ses parents n'avaient jamais été entretenues depuis son départ. Alors, s'agenouillant devant la tombe de son père, elle la nettoya avec application. Elle retira les feuilles mortes et les mauvaises herbes. Puis elle gratta la pierre, lui rendant sa couleur blanche. Ensuite, elle planta les fleurs qu'elle avait prises à la maison des Poissons, des immortelles preuve d'un amour éternel. C'était, d'après Shion, les fleurs préférées de son père comme celle de sa mère. Quand son travail fut terminé, elle se tint entre les tombes de ses parents et dit, alors que Mû la regardait :
-Bonjour papa, bonjour maman. Cela fait bien longtemps que je ne suis pas venue vous voir. J'espère que vous me pardonnez. Vous allez être heureux, enfin surtout toi papa, mais je me suis amusée avec le nouveau chevalier d'or du Cancer. Enfin, nouveau, il vient d'être tué par Shiryu du Dragon. Cette nouvelle génération est étrange, ils ont deux signes surtout cinq d'entre eux. Les cinq plus puissants, Seiya de Pégase serait parfait en chevalier d'or du Sagittaire, Shun d'Andromède en chevalier d'or de la Vierge, Ikki du Phœnix en chevalier d'or du Lion, Hyoga du Cygne en chevalier d'or du Verseau et enfin Shiryu du Dragon en chevalier d'or de la Balance. Je pense qu'ils pourraient être les futurs chevaliers d'or. Mais pourtant quelque chose me dit que tout ce qu'ils ont supporté, n'est qu'un entraînement. Qu'ils sont destinés à être plus que des chevaliers d'or, qu'ils sont destinés à entrer dans la légende. Ils sont fait pour ces armures et en même temps, ils ne le sont pas. Je ne comprends pas. Si au moins Shion était là, il pourrait me dire ce que cela veut dire. Mais il est mort depuis treize longues années. Mais pourquoi je te le dis, tu dois le savoir, papa. Il doit être au côté d'Arzaniel et de tous ses amis. Tu pourras lui dire que son fils a bien grandi, j'ai eu un peu de mal à le reconnaître, s'il ne portait pas l'armure d'or du Bélier, je ne l'aurais pas reconnu. Il ressemble beaucoup à sa mère, mais il a aussi le visage de son père. Il est le parfait mélange de ses parents. Elle soupira et reprit : Shion me manque énormément, il a été un père pour moi durant toutes ses années. Mais je sais que le jour de nos retrouvailles est proche, je sens que mon destin va bientôt frapper à ma porte, et là, je vous retrouverai tous. Enfin.
Elle se tut un instant, une larme se mit à couler lentement sur sa joue. Elle sécha le signe de sa détresse, puis continua :
-La guerre Sainte est proche, je le sais, je le sens. Dohko m'a prévenu que le Sceau d'Athéna qui retenait Poséidon a été rompu et celui qui retenait Hadès commence à donner des signes de faiblesses. Les combats vont bientôt recommencer. En votre temps, avez-vous eu la même chose ? Vous me manquez tellement. Je chéris tous les jours votre souvenir. Quand Saga a pris le contrôle du Sanctuaire, j'ai pris tout ce qui me raccrochait à vous. Et, plus tard, j'ai pris les affaires de Shion. Je craignais qu'il ne les détruise. Je ne vais pas pouvoir rester plus longtemps avec vous, car la déesse veut me voir et je dois lui dégonfler un peu la tête. Je vous aime et je reviendrai bientôt fleurir vos tombes. Au revoir.
Elle se releva, salua une dernière fois la tombe de ses parents et jeta un coup d'œil vers le lieu où serait enterré Shion dans une semaine. Elle quitta le cimetière, son cœur gonflé de nostalgie. Elle marcha avec grâce, remontant le chemin qui la menait vers Athéna. Mû avait écouté avec stupéfaction les paroles de son aînée. Alors, pour elle les chevaliers de bronze pourraient être les futurs chevaliers d'or. Elle traversa les différentes maisons, vierges de leurs gardiens. Quand elle arriva dans la sienne, elle se posta devant le socle qui soutenait son armure. Elle caressa tendrement cette dernière, la remerciant d'être là pour elle. L'armure explosa et la recouvrit, la protégeant totalement. Alizea ferma les yeux et se rappela les sensations qu'elle avait ressenties la première fois qu'elle l'avait mise. Elle rouvrit les yeux et reprit sa marche vers la salle du trône.
Elle arriva bientôt devant les portes de la salle du trône, gardées par deux soldats. Ils les ouvrirent, suivie de Mû, entra dans la pièce. Là elle vit Aldebaran, Aiolia, Shaka et Milo agenouillés devant le trône d'Athéna. Mû se plaça près d'Aldebaran et tous attendirent qu'Alizea fasse de même. Mais au lieu de cela, la jeune femme resta debout, fière et digne, défiant ouvertement la déesse. Milo, outré, se leva d'un bond et s'écria :
-Agenouille-toi !
-Et pourquoi le ferais-je ? Elle ne le mérite pas ! Cingla le treizième chevalier d'or.
Tous les chevaliers d'or étaient stupéfaits, la jeune femme osait critiquer leur déesse. Aldebaran allait lui faire la tête au carré quand elle continua :
-Elle ne le mérite pas. Car pour moi, elle est et sera toujours la sale gamine pourrie-gâtée qui frappait de pauvres orphelins en quémandant un cheval !
Athéna devint blême devant le rappel de son enfance capricieuse et baissa la tête de honte. Les chevaliers d'or observèrent leur déesse alors qu'Alizea lançait une autre pique virulente :
-J'espère qu'Aioros n'a pas sacrifié sa vie en vain ?
-Non ! Je serai digne de son sacrifice. Répondit Athéna en se levant gracieusement, la promesse se lisant dans ses yeux.
-Je l'espère pour vous, car je n'aurais aucun scrupule à vous coller la raclée que vous auriez dû recevoir depuis bien longtemps.
L'assemblé était horrifiée surtout quand Saori répondit :
-Je l'aurais alors bien mérité. Jamais je ne redeviendrai cette enfant capricieuse et futile.
Alizea eut un sourire devant cette promesse et répliqua :
-Alors, vous êtes digne de mon respect ! Petit, tu viens, on t'attend !
La porte de la salle du trône s'ouvrit et tous virent le garde du corps d'Athéna s'approcher. Ils se levèrent d'un bond quand il fit exploser son cosmos et se recouvrit de l'armure du Sagittaire. Tous sentirent leurs machoire se fracasser sur leur poitrine quand ils virent Aioros en face d'eux. Normalement il était mort et le voilà devant eux. Ils ne comprenaient plus rien. Aiolia s'approcha doucement de son frère et... lui colla une monstrueuse bégne. Il lui hurla :
-J'ai cru que tu étais mort. Et pendant tout ce temps, tu étais en train de baby sitting avec la déesse.
Il serra ses poings, et se jeta dans les bras de son frère en pleurant comme une fontaine :
-Mon frère, tu m'as tellement manqué.
-Aiolia, tu n'es plus un petit garçon, tu es chevalier d'or maintenant alors arrête de pleurer.
Il se dégagea de l'étreinte de son frère et s'agenouilla devant Athéna et la salua avec respect. Tous firent la même chose y compris Alizea qui demanda à la déesse :
-Pour quelle raison m'avez-vous fait mander, Votre Altesse ?
-Connais-tu le Sanctuaire ?
-Oui, je le connais même très bien. Mes parents venaient du Sanctuaire.
-Comment cela ? Demanda Milo.
Mû était ravi, il allait enfin découvrir le passé de sa sœur. Ce n'était pas faute de l'avoir demandé à son maître, mais ce dernier avait toujours été muet comme une carpe à ce sujet. Il écouta comme les autres avec attention ce qu'elle allait dire.
-Je suis la fille d'Harmonie des Poissons et de Donadieu du Cancer et…
-N'importe quoi, le chevalier d'or du Cancer c'était… S'emporta Aiolia qui lui en voulait pour avoir caché la vérité durant si longtemps.
-Gabriele et celui des Poissons Aphrodite. Je sais tout à fait !
-Gabriele ? S'exclama Mû.
-Oui, c'était son nom de baptême. En fait, je suis la fille des chevaliers d'or d'une ancienne génération. Je suis née le 29 février 1739 et mes parents ont été tués durant la guerre sainte de 1743 alors que j'avais quatre ans.
-Mais alors… ? Commença Saori.
-Oui, j'ai deux cent quarante ans. D'après le Grand Pope, la déesse m'a donné une croissance plus lente et donc, une année pour moi représente quinze ans pour vous.
-C'est fou ! S'exclama Milo.
-Vous devriez vous souvenir de moi, puisque c'est moi qui vous ai dit ce que vous étiez. Le plus amusant, c'était Milo qui a été envoyé sur l'île de Milo. Répliqua la jeune femme avec un sourire.
Elle fit un clin d'oeil à Saori, puis se téléporta près de Shaka et toujours un genou à terre, elle lui colla une grosse claque dans le dos et dit avec un grand sourire :
-Alors, toujours en train d'entendre des voix, petit bonze ?
Tous pouffèrent de rire, sauf l'intéressé, qui ne daigna même pas ouvrir les yeux. Elle se téléporta une nouvelle fois devant lui et s'exclama :
-Allez, fais pas la gueule !
-Comment faites-vous pour passer d'un langage soutenu à celui d'une fille des rues ? Demanda Milo.
-C'est assez simple. En fait j'ai passé les soixante premières années de ma vie dans la rue. Mes parents m'avaient confié à la montagne et m'avaient dit de les attendre. C'est ce que j'ai fait jusqu'à ce que la faim ne me pousse à sortir et à chercher de la nourriture. J'ai appris à voler, à jurer, à me battre. Mais je n'ai jamais mendié.
-Trop fière ? Demanda Mû.
-Non, simplement que, les pièces d'or, ça ne se mangeait pas. J'avais déjà essayé avec une pièce en bronze.
-Pfffffuuuuu ! Pouffa Aiolia. Mais c'était le seul à rire, car tous les autres étaient pleins de pitié pour la vie terrible qu'elle avait vécue.
-Hey ! Je n'avais que quatre ans et demi. Et mes parents ne m'avaient pas appris la valeur de l'argent. C'est Shion qui l'a fait. Il a été pour moi le père que j'avais perdu.
-Comment t'a-t-il découvert ? Demanda Mû.
-Soixante deux ans après la mort de mes parents et la Guerre Sainte, il y a eu un jeûne et, durant deux jours, je n'ai rien mangé. J'avais tellement faim que j'ai décidé de faire une razzia dans les cuisines du Sanctuaire.
-Alors tu as dû passer par les douze maisons et Shion t'a découvert dans la maison du Bélier. Demanda Aioros.
-Ça aurait pu, mais je suis passée par la falaise. Douze heures d'escalade afin d'éviter de me faire jeter dans un orphelinat. Après je suis tombée dans les cuisines et j'ai fait un gros trou dans les réserves. J'ai dévoré tout ce qui me tombait sous la main. Mais j'ai été découverte par un garde et j'étais tellement terrifiée que j'ai fait exploser sa lance. Shion m'a découvert et m'a pris sous son aile. Il m'a tout appris, à bien parler, à manger, à boire sans en mettre partout et à me laver…
-Beurk ! S'écria Aiolia dégoûté.
-Mes parents n'étaient plus là, je n'avais personne pour m'apprendre les bases de la vie, j'étais encore trop jeune pour savoir me laver toute seule.
Athéna se leva doucement et lui dit avec tendresse :
-Cela a dû être terrible.
-Pas autant que vous pourriez le croire. J'étais libre, je faisais ce que je voulais. C'était parfait. En fait, le plus dur a été de vivre auprès de Shion. J'avais tout le temps peur qu'il ne veuille plus de moi et qu'il m'abandonne.
-Ton histoire est triste ! Murmura Shaka avec douceur.
-Oui. Mais parlons d'autre chose. Pourquoi vouliez-vous me voir, Altesse ?
-Connaissez-vous le Sanctuaire ?
-Oui, très bien, je l'ai même géré durant une période. Mais je pense que Dohko serait plus à même de le faire, il a plus d'expérience que moi, il est plus sage.
-Vous devez avoir raison. Songea Athéna.
Brusquement, elle se tut quand tous entendirent une voix que Mû et Alizea reconnurent immédiatement. La voix disait :
-Malheureusement, même si je suis plus sage qu'elle, le Grand Pope avait fait son choix et Alizea est son successeur. Aioros peut en témoigner
Tous se tournèrent vers la jeune femme qui plissa les yeux et siffla :
-Dohko, tu as de la chance d'être coincé sous ta cascade !
-Tu as été choisi, tu n'as pas le choix.
-J'aurai préféré échapper à cette torture.
-Être grand Pope est un grand honneur !
-Mouais, bof ! Moi je vois ça plutôt comme la pire torture inventé par l'être humain.
-Tout ça pour quelques dossiers en attente ?
-Quelques dossiers ? J'ai cru avoir un ulcère avec ça, c'était cauchemardesque. Même Shion disait de temps en temps qu'il aurait préféré se casser une jambe plutôt que d'accepter ce rôle !
-Tu n'es pas Shion !
-Ah ça c'est sûre !
-Ce n'est pas ce que je voulais dire. Mais que tu le veuilles ou non tu seras le GRAND POPE ! ET PAS BESOIN DE TENTER DE T'ENFUIR !
-Pfffffuuuuuuu ! Bon, d'accord. Mais je déteste toute cette paperasse, je suis quelqu'un qui préfère le terrain plutôt que de rester derrière un fauteuil !
-Parfait ! S'exclama Athéna ravie.
-Avez-vous quelque chose d'autre à me demander ? Soupira Alizea.
-Oui, vous savez que les chevaliers de bronze sont ma garde personnelle.
-Oui, Votre Altesse.
-Vous avez énormément d'expérience dans les entraînements, d'après Mû, et je souhaiterai que vous restiez avec moi, afin de les entraîner et surtout à m'aider afin que je reste humble.
-Bien, Votre Altesse.
-Merci.
-Mais je vais avoir du mal cumuler mon mandat de Grand Pope et cette mission.
Alizea se releva, puis se tournant vers Mû, lui dit :
-Mû, toi et les chevaliers d'or vous vous occuperez de la paperasse.
-Mais pourquoi ! S'exclama Milo horrifié.
-Tout simplement parce qu'un jour ou l'autre l'un d'entre vous sera mon successeur et que vous devez être capable de vous débrouiller devant un bureau. Alors je ne veux pas entendre la moindre supplique, j'ai été projetée dans l'univers palpitant des dossiers en retard, alors maintenant, c'est à vous de le faire. De toute façon, si vous avez des problèmes, vous n'aurez qu'à en parler à Aioros ou à Mû qui pourront me contacter facilement.
-D'accord. S'exclamèrent les chevaliers d'or qui n'appréciaient pas trop se retrouver à faire du travail de bureau.
Alizea avec un sourire salua les chevaliers d'or et surtout, demanda à la déesse de venir afin de lui apprendre le fonctionnement du Sanctuaire. Maintenant qu'elle était là, le Grand Pope ne servait plus à grand chose.
A suivre
