Alizea chapitre 31

Quand ils entrèrent dans le Sanctuaire, les chevaliers d'argent ramenés par Athéna et les chevaliers de bronze hurlèrent de joie. Ils avaient tous réussi, ils avaient vaincu le mal et étaient revenus vivants. Tous les chevaliers d'or étaient en vie, mais certains en moins bon état que d'autre. Shion donna un ordre bizarre que personne, sauf les chevaliers d'or, ne comprit :

-Masque de Mort ….

-Appelez-moi Gabriele, votre excellence. Répliqua le chevalier du Cancer enfin libéré de sa haine et de sa folie. Enfin, d'une partie.

-Bien. Gabriele, Saga, amenez ma fille et Kanon à l'infirmerie. Plus vite ils seront soignés, et plus vite ils nous reviendront.

Les deux chevaliers d'or saluèrent le Grand Pope, puis se dirigèrent vers l'infirmerie quand apparut Athéna qui serrait le corps de Seiya. Elle était accompagnée de Shun, Hyoga, Ikki et Shiryu en armures divines. Ils avaient dépassé la puissance des chevaliers d'or. Athéna, voyant ses chevaliers d'or et Alizea inerte dans les bras de Gabriele, demanda :

-Que lui est-il arrivé ?

-Elle s'est sacrifiée afin de détruire le mur des Lamentations et avec le peu de force qui lui restait, elle a ramené le Grand Pope et cette jeune femme. Répondit Saga qui repositionna délicatement et tendrement son frère afin de mieux le porter.

Il était inquiet, car son frère ne réagissait à aucun stimulus de quelque sorte que se soit. Il était dans un coma profond, de même qu'Alizea. Brusquement tous entendirent une voix faible murmurer par télépathie :

-Faites attention, vous risquez de vous retrouver avec un autre Mû si vous les laissez ensemble.

Tous se tournèrent vers Alizea et ensuite vers Shion. Ils venaient de comprendre que Mû était le fils de Shion et que la jeune femme était sa mère. Mû avait l'air de vouloir se cacher dans le premier trou de souris qu'il pourrait trouver, tandis qu'Arzaniel regardait son époux avec un grand sourire ravi, son fils était enfin connu de tous comme étant celui de Shion. Ce dernier, écarlate, siffla :

-Dès que tu te réveilles, je te colle la pire des raclées. Fille indigne !

-C'est ça, des promesses, toujours des promesses. De toute façon, tu sera trop occupé à batifoler dans les champs avec ton épouse ! Père indigne !

Dohko éclata de rire et dit :

-C'est bien joli ces retrouvailles, mais on a trois blessés, dont trois mourants. Alors amenons-les à l'infirmerie avant de les perdre.

-Tu vas voir si je suis mourante, vieux débris !

-Sale Gamine !

-Champignon atomique !

-Moucheronne !

-Balance déréglée !

-Serpent à sornette !

-Vieux machin !

-Sale gosse !

-Vieux schnock !

Tous entendaient les différentes insultes que s'envoyaient les deux chevaliers d'or et ils ne pouvaient s'empêcher de rire à gorge déployé. Quand ils arrivèrent dans la salle blanche, Gabriele déposa tendrement Alizea, Saga fit de même avec son précieux fardeau ainsi qu'Aldebaran avec Seiya. Athéna soigna Kanon et le chevalier divin de Pégase. Mais elle ne pouvait rien faire pour Alizea. La jeune femme n'avait aucune blessure physique, c'était simplement une perte dramatique de sa puissance qui la maintenait dans ce coma. Shion amena une chaise et se mit à veiller l'inconscience de sa fille. Il laissa le Sanctuaire entre les mains de Dohko et d'Athéna qui passait régulièrement voir Seiya. Saga lui s'était installé près de son frère et gare à celui qui voulait l'en déloger, il risquait de faire un beau voyage dans une autre dimension. Souvent, on le voyait coiffer les longs cheveux hirsutes de son frère, lui racontant tout ce qu'il allait pouvoir faire maintenant qu'il était vivant. Plus d'une fois, les infirmières avaient pu voir le fier chevalier d'or des Gémeaux pleurer en embrassant la main de son frère et en le suppliant de revenir. Il avait tellement mal, il était si plongé dans sa douleur qu'il ne voyait pas Shion trembler pour sa fille. Il l'appelait les larmes aux yeux et elle lui répondait joyeusement. Pourtant, plus le temps passait, plus elle avait l'air de s'éloigner de lui.

Loin de cette douleur, et de cette tristesse, la vie continuait au Sanctuaire. Une nouvelle vie, surtout pour un certain Bélier qui avait du mal à vivre avec sa mère. Durant toute son enfance, il avait idéalisé sa mère. Et là, maintenant, il l'avait devant lui, en vie. Il ne savait pas quoi faire. Mais il n'était pas le seul, car Arzaniel avait du mal à voir en ce grand gaillard le bébé rouge et braillard qu'elle avait mis au monde à la sueur de son front dans la joie, la douleur et la mort. Ils avaient du mal à être à l'aise face à face. Elle le voyait encore comme un bébé alors que lui voyait que sa mère était une humaine avec ses défauts et ses qualités. Comme Shion veillait sa fille, Athéna avait ordonné qu'Arzaniel reste avec son fils, Mû. Kiki était entraîné par un autre maître afin de ne pas les déranger dans leur apprentissage l'un de l'autre.

Mû était déstabilisé par la présence de sa mère. La première fois qu'il s'était réveillé après son arrivée au Sanctuaire, il avait découvert un monstrueux petit déjeuné et sa mère l'attendant un grand sourire aux lèvres. Il s'assit doucement devant elle et se retrouva avec une assiette remplie à ras bord de victuailles. D'habitude, il avait deux tartines, une tasse de lait chaud et c'était tout. Alors que là, il avait deux tartines, un gros bol de lait chaud, deux œufs au plats, du bacon, des saucisses, des croissants, des pains au chocolat et trois tartines. Il regardait avec effarement le repas qu'il y avait devant lui. Il y en avait assez pour nourrire cinquante Mû affamés. Il lança un coup d'œil vers sa mère, et voyant son expression rempli d'espoir, il n'eut pas le courage de lui dire qu'il n'avait pas assez faim pour tout manger. Avec un grand sourire, il commença à manger et réussit on ne sait comment à vider son assiette. Très nerveux, il embrassa la joue de sa mère qui crut être revenue au paradis, et partit s'entraîner.

Quand il pénétra dans l'arène, il lança un regard étonné vers Gabriele qui riait comme un fou. Il ne comprit pas la raison de l'hilarité de son collègue jusqu'à ce qu'il entende :

-Mon chéri, mon petit mumounet, tu as oublié de mettre un châle.

Mû devint blême tandis que tous les chevaliers d'or pouffaient de rire. Gabriele se mordait la langue mais ne put retenir cette phrase malheureuse :

-Tu devrais écouter ta maman, mon petit mumounet. Tu risques un coup de soleil ! AHAHAHAHAH !!!!

Pour la première fois de sa vie, Mû faillit mordre. Il se jeta sur lui, mais fut retenu par Shura et Aioros tandis que sa mère lui demandait :

-Mon mumounet…

-Oh !!! Ça va, hein !!! J'ai vingt ans, je n'ai plus l'âge d'avoir une mère envahissante sur le dos.

Arzaniel devint blême et Mû horrifié vit de grosses larmes s'agglutiner dans les yeux lilas de sa mère. Elle s'enfuit en courant alors que le chevalier du Bélier s'exclamait :

-Ce n'est pas ce que je voulais… dire ! Acheva-t-il dans un souffle en baissant la tête.

Il sentit les chevaliers d'or le lâcher et quand il leva les yeux, il vit tous ses collègues le regarder avec colère. Gabriele le regarda avec mépris et lui lança :

-Tu as la chance d'avoir une mère et tu la traites comme une moins que rien. Tu ne la mérites pas. Fils indigne.

-Je…

Il baissa de nouveau la tête, rongé par le remord et la honte, il sentait sur lui les regards noirs des chevaliers d'or. Il ne savait plus quoi faire et sursauta quand il sentit une main sur son épaule. Il se retourna et vit Dohko qui le regardait. Le vieux chevalier lui dit :

-Je sais que cela doit-être dur pour toi. Tu n'as pas eu de mère, mais dis-toi que la seul vision de son fils qu'elle ait eu, c'est celle d'un bébé qui venait de naître. Va lui parler, elle a besoin de toi. Shion ne peut pas venir, car il reste au chevet d'Alizea. Ta mère est perdue dans le monde des vivants, aide-la.

-Je… je crois que… je vais m'abstenir d'entraînement durant un moment. Répondit Mû avec nervosité.

-Je crois que c'est une bonne idée. Répondit Dohko avec un petit sourire.

Il regarda le fils de son meilleur ami se précipiter dans sa maison afin d'avoir une petite discussion avec sa mère. Le chevalier de la Balance se tourna vers Gabriele et lui dit :

-Gabriele, arrête de taquiner Mû. Tu sais qu'il peut être dangereux si on l'exaspère et sa mère est un sujet tabou pour lui. C'est dur pour lui, alors aide-le au lieu de te moquer.

-Il a tout pour lui, une mère, un père et Alizea ! Gronda le chevalier d'or furieux.

-Tu… tu es jaloux ? Sache que pour Alizea, Mû est son frère.

-Elle me déteste !

-Tu as vu dans quel état tu as mis la maison de son père ?

-Je…

-C'est ce qu'elle ne te pardonne pas !

Le chevalier du Cancer soupira lourdement. Il allait parler, quand Shun arriva en courant et hurla :

-SEIYA EST REVEILLE !!!

-Il est vraiment résistant ce petit. Remarqua Dohko.

-Et comment va Kanon ? Demanda Milo qui avait peur de perdre son ami.

-Il est toujours dans le coma, et Saga reste à son chevet. J'ai peur qu'il ne tombe malade, il ne mange pratiquement plus. Il a dû perdre bien cinq kilos. Soupira Shun en regardant vers l'infirmerie. Je vais y retourner.

-Apporte-nous d'autres nouvelles de nos blessés. Demanda Shaka.

-D'accord ! Répondit joyeusement Shun remontant le moral des chevaliers d'or.

Dans la première maison, Mû ne savait plus quoi faire, il était dans le hall et n'osait pas entrer. Puis il eut honte de son comportement, son père lui collerait une véritable raclée s'il savait à quel point il était lâche. Il prit son courage à deux mains, se dirigea vers son appartement et plus particulièrement la chambre de sa mère. Il colla son oreille à la porte et écouta. Il eut le cœur brisé quand il entendit sa mère sangloter lourdement. Il gratta sur le bois et appela doucement :

-Mère ?

-… (gros sanglots)

-Mè… Maman ?! Supplia Mû d'un ton plaintif.

-… (gros sanglots interrogatifs)

-Je suis tellement désolé. C'… C'est… En fait… je… je ne suis pas habitué à avoir une maman. Je... je n'aurai jamais dû dire toutes ses horreurs. Je… pendant toute mon enfance sans toi, je n'ai eu que les descriptions de mon maître à ton sujet, je… pour moi, tu étais une déesse. Tu as donné ta vie pour moi. Je suis tellement désolé de t'avoir tué. J'ai tellement honte. J'ai tant de chose à apprendre de toi. Je… j'ai… j'ai peur de faire quelque chose qui fasse que tu partes, que tu nous quittes. Par ma faute, tu es morte. Je ne veux pas refaire la même erreur. Tu sais, rien est de ta faute, tout est de la mienne. Je… tu es une mère formidable. Et je… je t'aime. Maman.

Il avait toujours l'oreille collée à la porte et ne savait pas qu'Arzaniel avait fait la même chose et si elle pleurait, ce n'était plus de douleur pour les paroles de son fils, mais pour ce qu'il venait de dire. Il pensait être le responsable de sa mort. Lui ? Son fils, son ange, sa plus grande réussite. Sentant qu'il allait bientôt partir, elle ouvrit brusquement la porte et réceptionna le grand corps de son fils dans ses bras. Ils tombèrent tous les deux à genoux et sanglotèrent lourdement pleurant leur séparation si douloureuse, tout ce qu'il n'avait pas eu avec sa mère, ce qu'elle n'avait pas pu faire avec son fils. Lui, le puissant chevalier du Bélier cachait son visage noyé de larme dans le cou doux et blanc de sa mère. Il sentait les mains tendres d'Arzaniel caresser ses longs cheveux. Mû se releva et sans aucun problème souleva sa mère et la déposa sur le lit, puis il referma la porte et ils eurent une longue discussion sur eux et sur leur future vie en tant que mère et fils. Après, Arzaniel ne l'appela Mumounet que dans l'intimité. Elle adorait voir Mû rougir sous la tendre appellation. Comme son père, Mû avait l'amour discret. Il n'aimait pas montrer ses sentiments les plus profonds en public, mais sa mère savait à quel point son fils l'aimait, voir même l'idolâtrait.

Cependant malgré cela, il n'était pas heureux, car il ne voyait plus son père et sa sœur était dans un coma de plus en plus profond. Personne ne comprenait ce qu'il se passait jusqu'au jour terrible où elle cessa de répondre aux sollicitations télépathiques et où son coeur cessa de battre. Shion poussa un cri de douleur, une plainte venant du fond de son cœur brisé. Il fit violemment sursauter Saga qui se précipita vers le Grand Pope. Le chevalier des Gémeaux ne comprenait pas ce qui arrivait, Shion était en train de secouer Alizea et lui criait de se réveiller, de revenir mais rien n'y faisait. C'était comme si son esprit était parti dans un autre monde. Saga serra l'épaule du Pope quand il entendit un léger bruissement venant du lit de son frère. Il lâcha Shion et se précipita sur Kanon. Il prit la main de son jumeau et le supplia d'ouvrir les yeux. Il lui caressait les cheveux et par de légers baisers sur les tempes le poussait à se réveiller. Il sentit son cœur manquer un ou deux battements quand il vit les paupières de Kanon papillonner doucement. Il ne sentit même pas les larmes couler le long de ses joues. Ne pouvant se contrôler, il attrapa le grand corps maigre de son frère et le serra fort contre lui. Il avait vraiment eu peur de le perdre, de le perdre définitivement. Il étouffa un sanglot quand il entendit Kanon pousser une plainte sous son étreinte un peu trop passionnée. Il chuchota doucement :

-Kanon, réveille-toi, je t'en supplie. Ouvre les yeux.

Enfin, Saga vit, après treize longues années de séparation, les prunelles turquoises de son frère. Kanon ne comprenait pas tout, et il ne comprenait pas qui était l'homme qui le serrait contre lui. Il souffla :

-Mais, qui êtes-vous ?

Saga devint blême et lui murmura doucement à l'oreille :

-C'est moi, c'est moi Saga ! Tu te rappelles de moi, je suis ton frère... ton frère jumeau.

-Sa… Saga ?

-Oui, c'est moi, c'est Saga. Oh ! Je t'aime tellement mon frère. Mon petit frère adoré.

-Ne… ne me regarde pas, je ne mérite pas ton regard. Supplia Kanon en tentant de détourner la tête.

-Chuuuutttt !!!! Tu n'y étais pour rien. Shion et Dohko m'ont tout dis, ce n'était pas de ta faute, mais celle d'Hadès et nous l'avons vaincu. Je t'aime mon frère.

Kanon eut un hoquet, puis serra le cou de son jumeau à l'étouffer et cacha son visage ruisselant de larmes de bonheur dans l'épaule de son jumeau. Depuis le temps qu'il attendait que son frère le lui dise de nouveau. Saga sentit la respiration de son frère être plus douce, plus paisible, plus calme et comprit qu'il s'était endormi. Il le recoucha tendrement et alla voir Shion. Le Pope serrait le corps de sa fille inerte contre lui, il caressait les longs cheveux noirs d'Alizea et sanglotait sans retenu. Saga allait se tourner vers les médecins pour demander les raisons de cette détresse quand avec horreur il vit que tous les moniteurs étaient en mode calme plat. Il entendait Shion murmurer anéanti:

-Reviens-moi, je t'en supplie. Je t'aime ma chérie. Ne me laisse pas.

L'un des médecins s'approcha de Shion et lui dit :

-C'est fini, laissez-la partir.

-NNNNNOOOOOOOOOONNNNNNNNNN !!! Sanglota Shion.

Une infirmière voulut l'écarter quand l'incroyable se produisit, l'électrocardiogramme émit une pulsation, mais personne n'y fit attention. Ni à la seconde mais ils sursautèrent tous violemment quand l'appareil s'affola. Les médecins se ruèrent sur elle, attrapèrent Shion et sans aucune manière, le propulsèrent dans les bras de Saga. Ils s'activèrent autour d'elle comme des abeilles autour de leur reine. Le pouls de la jeune femme redevint stable et elle replongea dans le coma. Shion fondit une nouvelle fois en larme, mais des larmes de soulagement cette fois-ci. Il avait failli la perdre et elle lui revenait encore une fois. Il voulut rester près d'elle, mais cette fois-ci, Athéna lui ordonna d'aller se reposer et de ne revenir que le lendemain après une bonne nuit de repos. Il faillit refuser, mais il ne pouvait le faire, elle était sa déesse. Il s'inclina donc et alla le coucher. Le lendemain, pas vraiment frais et encore moins dispo après une pas trop bonne nuit de repos qui avait duré trois à quatre minutes à tout casser, il se précipita à l'hôpital et vit Kanon qui dévorait avec appétit le repas que lui donnait un Saga tout sourire. Il se tourna vers sa fille, mais il n'y avait aucun changement, elle était toujours dans le coma. Les médecins l'avaient branchée sur un respirateur artificiel et Shion pouvait voir les deux tuyaux entrer dans son nez pour lui apporter l'oxygène nécessaire à sa survie. Il resta debout près d'elle et lui caressa tendrement les cheveux. Soudain, il entendit un bruit étrange, comme un murmure indistinct. Il approcha son oreille et écouta plus attentivement et là, il comprit que le bruit était un bruit de suffocation. Il sursauta violemment quand il sentit une pression télépathique qui lui disait :

-Papa… tu… tu marches sur l'arrivée d'air.

Il baissa la tête vers le sol et découvrit que son pied empêchait l'air de circuler. Il recula précipitamment, puis se jeta presque sur sa fille avec un bonheur immense au fond de son regard. Il lui embrassait les mains, le visage, les cheveux. Quand il releva les yeux, il vit un regard flou qui le scrutait difficilement. Il en pleura de bonheur. Il caressa tendrement le front et murmura :

-Tu sais, tu nous a fait peur ma puce.

-Je… je suis désolée. Mais je devais mourir pour revivre. La déesse a ramené ma croissance à la normale et maintenant une année pour vous vaut une année pour moi. Je suis désolée de t'avoir fait peur.

-Ce n'est rien, tant que tu es avec moi, avec nous. Rien à d'importance. Alizea lui fit un doux sourire, puis se rendormit.

Il l'observa plus d'une heure, de ses yeux perlaient des larmes de joie. Saga s'approcha et lui dit doucement :

-Elle va se réveiller. Donnez-lui le temps.

-Elle vient de se réveiller, elle m'a parlé et elle s'est rendormie. Je peux aller me coucher, car je sais que demain elle aura les yeux ouverts.

Le Grand Pope repartit afin de bien se reposer. Il savait qu'elle se réveillerait et il voulait qu'elle le voit en pleine forme. Il dormit un jour et une nuit d'une traite. Quand il se réveilla le lendemain, il alla directement au chevet de sa fille et attendit qu'elle se réveille. Il eut un doux sourire quand il la vit s'étirer et bailler à s'en décrocher les mâchoire malgré le masque qu'elle avait sur la bouche et qui lui apportait l'oxygène nécessaire à sa survie. Le regard encore flouté par le sommeil, elle le salua d'un doux :

-Bonjour papa.

-Bonjour ma chérie. Tu as faim ?

-Oh oui, je crois que je pourrais avaler Aldebaran et sans mâcher.

-J'imagine tout à fait, cela fait près de trois mois que tu es dans le coma. J'étais vraiment inquiet, mais tu es là, réveillée et c'est le plus important.

Saga entendant des murmures s'approcha et vit le Grand Pope discuter avec une Alizea bien vivante et bien réveillée. Il annonça la nouvelle à son frère qui voulut immédiatement se lever pour la serrer dans ses bras, mais en croisant le regard menaçant de l'infirmière, il décida qu'il était plus prudent d'attendre. Son jumeau pouffa de rire et alla prévenir les autres. Mû et Arzaniel foncèrent à l'infirmerie et noyèrent la jeune femme sous les câlins et les baisers. Tous les autres chevaliers d'or squattèrent la pièce et jetèrent sans aucun scrupule l'infirmière qui terrifiait tant Kanon. Maintenant que le monstre était parti, il se leva difficilement et s'approcha de sa mère adoptive. Saga le voyant, se précipita vers lui et l'aida à marcher. Kanon grogna un peu en voyant son frère courir vers lui pour l'aider à marcher. Il aurait bien voulu lui dire qu'il était suffisamment grand pour marcher tout seul. Mais au moment où il allait remettre son frère à sa place, ses jambes ne purent plus supporter son poids et il s'effondra. Saga se jeta carrément sur lui et voulut le ramener dans son lit, mais Kanon lui lança un regard noir et Saga en soupirant l'amena près du lit d'Alizea. La jeune femme eut un grand sourire ravi quand elle vit Kanon près d'elle. Elle fronça les sourcils quand elle vit l'état de l'ex-dragon des mers. Kanon était très pâle, son visage était marqué par des cicatrices rouges. Du peu qu'elle voyait, il avait un bras dans le plâtre et un bandage autour de la tête. Saga aida son frère à s'asseoir et ne le quitta pas une seconde des yeux, comme une mère poule couve ses poussins. La jeune femme eut un grand sourire quand elle vit qu'enfin, l'amour fraternel entre les deux frères allait de nouveau les lier. Elle était heureuse pour Kanon, mais elle ne supportait toujours pas Saga. Elle ne lui pardonnait toujours pas la mort de Shion.

A suivre