Alizea chapitre 32

Elle tenta de se redresser, mais son père l'en empêcha d'un geste doux. Malheureusement cela ne plut pas du tout à la jeune femme et ils virent une aura puissante l'entourer, et disparaître brutalement pour la plus grande horreur d'Alizea qui ne comprenait plus rien. Athéna rentra dans la chambre et murmura :

-Je suis désolée, mon amie. Mais tant que vous ne serez pas remise sur pied, vous ne pourrez plus utiliser votre cosmos.

Alizea tenta de faire la grimace, mais avec des fils partout, elle ne put rien faire et se contenta de marmonner par télépathie, moyen de communication moins fatiguant pour elle :

-C'est pas gentil, non c'est pas gentil !

-Je commence à vous connaître et je sais que même sans cosmos, vous seriez capable de tenter d'arracher vos fils, c'est pour cela que…

-Que quoi ?

-Milo ?

-Oui, votre majesté ?

-Vous allez la bloquer. Elle est puissante, mais son inconscient va nous aider afin qu'elle reprenne plus rapidement des forces.

-Bon d'accord, je ne bouge plus. Ça vous va ?

-C'est parfait. Quand vous pourrez vous lever, alors je débloquerai votre cosmos. Vous pourrez ainsi vous reposer.

-Bien, votre majesté ! Soupira lourdement la jeune femme.

Elle se pelotonna dans ses oreillers et fut surprise quand elle se rendit compte que sa fatigue était plus importante que sa faim. Elle bailla à s'en décrocher la mâchoire et se rendormit profondément. Athéna ordonna à Shion ainsi qu'à Kanon d'aller se coucher. Ensuite, Dohko commença la garde avec Aioros. Brusquement il y eut un problème avec la jeune femme. Le cœur d'Alizea bondit dans sa poitrine tandis que son électrocardiogramme s'affolait comme si la jeune femme était en train de faire le marathon de New York en tirant deux semi-remorques ou qu'elle se retrouvait devant Zélos faisant un strip-tease. Son souffle s'accéléra et malheureusement, la machine ne put suivre et elle se mit à étouffer. Aioros et Dohko décidèrent donc de lui retirer les deux tubes qui l'empêchaient de respirer. Là, elle réveilla tout l'hôpital et fit violemment sursauter Saga qui était resté auprès de son frère, en hurlant :

-SAGA !!!! ARRRRRRRÊÊÊÊTTTTTTEEEEEE !!!! NNNNNOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNNN !!!!! PPPAAAAAAAAAAPPPPPPPPPAAAAAAAAAAA !!!! RETOURNES TOI, IL VA TE TUER !!! NNNNNOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNNN !!!! SAGA JE TE JURES QUE JE TE TUERAI !! JE T'EMPÊCHERAI DE TOUCHER A UN SEUL CHEVEUX DE MON PERE, ESPECE DE SALE BATARD !!! JE TE FERAI PAYER CE QUE TU AS FAIS A MON PERE !!!

Le chevalier des Gémeaux devint blême et se mit à pleurer tandis que la jeune femme revoyait la mort de son père et cette terrible journée. Elle s'agitait violemment en pleurant et en criant et, malgré le blocage de la déesse, son cosmos se réveilla et explosa avec une violence inouie. Ce cauchemar la suivait depuis des années, en fait depuis la mort de Shion. Elle s'en voulait de ne pas avoir pu le protéger. Elle n'avait rien pu faire. Aioros contacta le Grand Pope mais celui-ci profondément endormi n'entendait pas les appels. Alors, il contacta Aphrodite afin qu'il réveille Shion pour que celui-ci aille d'urgence à l'infirmerie. Le chevalier des Poissons réveilla en sursaut le Grand Pope, en débarquant en pleine nuit dans sa chambre. Shion se frottait les yeux et fut parfaitement réveillé quand Aphrodite lui dit :

-Shion, il y a un problème avec votre fille.

Shion devint blanc et fonça en tunique de nuit à l'infirmerie. Il entendit les hurlements de sa fille avant même d'entrer dans le bâtiment. Il sut immédiatement ce qu'il se passait, un cauchemar. Combien de nuit l'avait-il harcelé ? Elle n'avait eu personne avec elle et donc personne pour calmer ses terribles nuits. Il se précipita à l'intérieur et vit Saga se faire consoler par Kanon. Celui-ci savait par quoi son frère passait. Ensuite, Shion vit Dohko et Aioros tenir fermement la jeune femme qui se débattait violemment d'après ce qu'il pouvait voir. Elle essayait de tuer le Saga de son rêve avant qu'il ne tue le Grand Pope. Shion s'assit près du lit et lui chuchota des paroles douces à son oreille, peu à peu elle se calmait, puis eut l'air de l'écouter fasciné. Shion se souvenant des cauchemars de la petite enfance de la jeune femme et savait quoi faire. Il souleva par télékinésie la jeune femme, se coucha dans le lit, puis l'enlaça comme durant son enfance. Instantanément, elle se calma, son oreille posée sur la poitrine de Shion. Les battements de cœurs lents, forts et réguliers avaient toujours eu la particularité de la calmer quand elle était enfant. L'ex-chevalier du Bélier lui caressait tendrement les cheveux en murmurant :

-C'est un cauchemar, il va partir. Je suis là, je suis là. Saga ne m'a rien fait, il va bien. Il ne me fera jamais plus rien. Chuuuuttt !!! Dors maintenant ma chérie. Je veille sur ton sommeil.

Dohko fit un clin d'œil à son ami, puis Aioros, Aphrodite et lui quittèrent la salle laissant Saga en larme dans les bras de son frère et Alizea tremblant de tous ses membres dans ceux de son père. Il ferma les yeux et somnola. Elle se réveilla quelques heures en entendant un son qu'elle n'avait pas entendu depuis longtemps, les battements de cœurs. Elle soupira d'aise et murmura doucement sans savoir que Shion l'entendait :

-Papa !

Elle sentit la main douce de son père caresser tendrement ses cheveux. Mais elle sursauta violemment quand elle entendit une voix s'écrier :

-SHION ?!

Elle ouvrit lentement les yeux et vit Arzaniel furieuse qui fusillait son mari du regard. Alizea se pelotonna un peu plus contre la poitrine de son père et se rendormit profondément trop épuisée pour discuter avec la femme de son père. Shion se tourna vers sa femme et murmura :

-Elle a été témoin de ma mort et son destin était de mourir. Et quand elle était petite, c'est comme cela qu'elle arrivait à se calmer.

Emue plus fortement qu'elle ne voulait le montrer, elle se coucha près de son époux et caressa tendrement les cheveux de la jeune femme. Alizea murmura doucement :

-Maman.

Arzaniel fondit pour elle, elle décida que si Alizea était la fille de Shion, alors elle deviendrait sa mère de cœur. Elle serra contre elle le corps de sa « fille » et de son époux. Ils s'endormirent tous les deux profondément protégeant leur fille. Shion ouvrit un œil quand il sentit un cosmos connu. Il vit devant lui Mû. Shion regarda son fils, puis fit une chose que Mû n'aurait jamais cru que son père fera, il l'invita à rejoindre la petite famille. Le chevalier d'or retira son armure et amena un autre lit qu'il colla à l'autre. Son père lui fit un grand sourire et s'écarta un peu afin de permettre à son fils de monter sur le lit. Mû enlaça sa mère, tourna le dos à son père et toute la famille s'endormit pour la première fois de leur vie, réunie. Ils se réveillèrent quand ils entendirent une voix amusée s'exclamer :

-Oh !!!! Ce qu'ils sont mignons !

Shion ouvrit un œil et découvrit Dohko en train de se marrer. Aldebaran murmura :

-Toute la petite famille est enfin réunie. C'est tellement adorable.

Shion lui fit un sourire, ravi de sentir sa famille contre lui. Il avait toujours voulu montrer à tous qu'il avait une femme, un fils et une fille adoptive. Il savait que les chevaliers d'or les trouvaient adorables, mais pour rien au monde il ne changerait ça . Il aimait trop sa famille. Athéna arriva et les photographia sous toutes les coutures. Shion, outré, allait faire un esclandre quand la déesse lui dit :

-Je souhaiterai faire des doubles et vous les donner.

Shion lui fit un doux sourire et murmura :

-Merci, votre altesse.

Rapidement, l'infirmerie vit le nombre de visiteurs exploser. Tous trouvaient la petite famille adorable, surtout Alizea qui s'accrochait à la tunique de son père comme une noyée à une bouée. Arzaniel se réveilla quand Mû la serra plus fort contre lui, comme un enfant serre une peluche. Quand elle vit son fils près d'elle, la jeune mère soupira de bonheur, il y avait tout son monde autour d'elle. Mais elle blêmit brusquement quand elle vit Athéna devant elle. La déesse lui dit avec un sourire ému :

-N'ayez crainte. Je n'ai pas l'intention de vous séparer. Vous l'avez été trop longtemps. Arzaniel ?

-O.. oui Altesse ?

-Je vous donne l'autorisation de vivre au Sanctuaire. Vous pouvez vous installer dans la chambre du Grand Pope. Mais à une seule condition.

-Laquelle, votre Altesse ? Demanda Arzaniel tendue comme une corde à piano.

-Que je sois présente et que je bénisse votre union.

-Vous… vous acceptez que nous nous unissions ?

-Oui !

-Nous vous remercions votre Altesse. Répondirent les deux amoureux encore plus heureux que le jour de leur première union.

Athéna n'avait pas terminé et continua :

-Vous avez l'autorisation d'aller où vous voulez dans le sanctuaire. Cependant, je vous demanderai d'éviter de vous promener de nuit. Les gardes peuvent être assez agressifs.

-Bien votre altesse.

Arzaniel lança un regard amoureux vers son époux et réveilla son fils en lui embrassant le front. Il se réveilla en sursaut et voyant sa mère près de lui, il ne put empêcher ses lèvres de s'étirer en un sourire particulièrement niais. Malheureusement pour lui, il n'avait pas remarqué le nombre de personne dans la chambre et un rire ressemblant étrangement à celui d'une hyène résonna dans la pièce. Mû tourna la tête et se raidit quand il vit tous les chevaliers d'or et divins ainsi qu'Athéna et surtout, Gabriele. Ce rire moqueur venait de cet être qu'il haïssait depuis la petite enfance. Une voix endormie monta du lit et arrêta toute conversation :

-Qui a fait entrer une hyène ?

Tous les chevaliers se tournèrent vers Gabriele qui n'avait plus du tout envie de rire. Mais alors là, plus du tout. La jalousie du jeune homme était exacerbée par le regard attendri d'Alizea vers Mû. Elle ne regrettait rien de ce qu'elle avait fait. Et si on lui demandait, rien que pour voir le regard de son frère, elle le recommencerait sans hésiter. Avec un doux sourire, elle chuchota à l'oreille de son petit frère :

-Alors ça fait quoi de retrouver sa mère ?

-C'est… c'est le beau jour de ma vie. Je ne sais pas comment te remercier. Répondit le jeune atlante avec un sourire lumineux pour la plus grande joie d'Arzaniel qui le voyait rarement sourire.

-Le simple fait de te savoir heureux, toi, papa et ta mère, me suffit amplement. Répliqua la jeune femme, pas si jeune que cela.

Alizea bailla profondément se pelotonna contre son père et se rendormit. Son organisme avait vraiment besoin de repos. Shion vérifia qu'elle dormait profondément, puis réussit à s'extraire du lit afin de recommencer à gérer le Sanctuaire. Arzaniel et Mû quittèrent aussi le lit afin de vaquer à leurs occupations, Mû à la réparation des armures d'or et Arzaniel au matage de son atlante. Après une bonne douche, Mû alla voir Athéna ainsi que Shion et demanda l'autorisation d'emmener les armures d'or à Jamir afin de les réparer. Athéna accepta, mais Shion lui demanda de lui laisser l'armure d'or d'Asclépios. Mû fronça un peu les sourcils et lui demanda :

-Pourquoi ne veux-tu pas que je répare l'armure d'Asclépios ?

-Ce n'est pas par manque de confiance, loin de là. Je sais que tu en serais capable, mais je veux la réparer. J'ai toujours été là pour elle, et je veux faire cela. Je n'ai jamais eu à la réparer et je voudrai le faire. J'y tiens. Ce serait pour moi, un moyen de remercier ta sœur.

Mû eut un grand sourire et lui dit :

-D'accord. Je te laisse mon jeu d'outils. Quand je suis allé à Shambala, j'en ai découvert d'autres. Alors je te laisse les tiens.

Shion qui ne portait plus son masque en présence des chevaliers d'or, lui fit un immense sourire et le remercia, heureux de retrouver un peu de son passé de chevalier du Bélier. Ensuite, Mû quitta la salle du trône et retourna dans sa maison afin de rejoindre Jamir. Il avait l'intention d'y emmener son apprenti. Arrivé là-bas, il croisa sa mère qui lui demanda :

-Est-ce vrai que tu veux quitter le Sanctuaire ?

-Oui, maman.

-Ai-je fait quelque chose de mal ?

-Oh non. Mais je dois réparer les amures d'or et puis il y a tellement de choses qui ont changé dans ma vie que je souhaiterai faire le point, prendre un peu de recul.

-Oh ! D'accord, je comprends. Alors fais attention à toi. Et tu peux me contacter quand tu le veux. Je suis sûr que ton père se ferai une joie de m'emmener à Jamir.

Mû lui fit un sourire amusé et lui demanda :

-Pourrais-tu surveiller Alizea ?

-Oui, n'ai aucune crainte. Ta grande sœur ne risque rien entre mes mains.

-Merci, maman.

Il la serra contre lui, puis alla dans ses appartements afin de préparer son séjour. Il contacta Démétrios qu'il avait laissé à Jamir de crainte que Saga ne veuille le tuer, puis expliqua à Kiki qu'ils allaient partir. Le jeune apprenti prépara ses affaires, puis le lendemain, ils quittèrent le Sanctuaire pour le Tibet en emportant les douze armures d'or ainsi qu'une écaille des mers qu'il avait découvert dans la treizième maison. L'armure du Dragon des mers attendait patiemment que son propriétaire daigne la porter. Mais Kanon avait interdiction absolu de se lever, la dernière fois, une de ses blessures s'était rouverte et il avait frôlé la mort pour la plus grande horreur de Saga. Athéna avait appris de Shion qu'avant d'être possédé par Hadès, Kanon voulait devenir archéologue. Il rajouta aussi que dès qu'il serait sur pied, il leur taperait sur les nerfs pour aller en Amérique centrale afin de continuer les fouilles qu'il avait commencé dans une région isolée du Yucatan. Pour calmer un peu le deuxième gémeau, elle eut une idée, mais elle ne voulut rien dire à Shion préférant attendre que Kanon soit prêt à gambader dans les prés avant de la dévoiler.

Trois jours après le départ de Mû, Seiya et Kanon eurent enfin l'autorisation de sortir pour la plus grande rage d'Alizea qui n'avait que le droit de dormir et de manger. Les médecins la trouvaient encore trop faible pour pouvoir reprendre une vie normale pour un chevalier d'or et donc lui interdisaient de s'entraîner, ou de méditer. Athéna eut une bonne idée, elle installa la télévision dans la chambre de la jeune femme et l'alluma. Alizea n'en avait jamais vu. Il n'y avait pas l'électricité dans son temple, elle connaissait, mais elle avait toujours refusé qu'on l'installe craignant cette nouvelle technologie comme toutes les autres d'ailleurs. Elle observa avec un air dubitatif la télécommande et la déposa près de sa table de nuit préférant un bon livre à des images mouvantes. Quand Athéna vint lui rendre visite, elle fronça les sourcils devant l'écran éteint. Alors elle prit la télécommande et résolument alluma le poste de télévision. Alizea fit un bond monstrueux de son lit et se retrouva sur le sol quand l'image et le son trop fort agressèrent les sens peu habitués du chevalier d'or. Alizea ne comprenait plus rien, il y avait des explosions partout, des hurlements de douleurs de haine et de rage, alors qu'Athéna regardait avec joie « full métal jacket ». L'infirmière arriva à temps pour retenir la jeune femme qui tentait de s'enfuir de la pièce, complètement paniquée. Elle ne connaissait pas la télévision et là, elle ne voulait plus connaître. La déesse était désolée de la terreur qu'elle avait causé à son chevalier d'or. Elle s'approcha d'elle et lui demanda :

-Vous n'avez jamais regardé la télévision ?

-Non, j'avais d'autre chose à faire.

-Comme quoi ?

-Et bien, entraîner les chevalier d'or et d'argent, faire des rondes, remplacer mon père quand il devait se reposer, et puis il n'y avait pas l'électricité. De plus je préfère la lecture. Répondit Alizea.

-Donc vous avez vécu comme vous viviez au dix huitième siècle ? S'horrifia Athéna.

-Ben heu… oui. Sauf pour les tuyauteries que nous avons fait remplacé il y a à peu près quinze ans. Shion ne voulait pas, mais j'avais remarqué que les apprentis étaient écœurés de l'état des toilettes. Alors j'ai calculé le prix de tous les changements et on l'a fait. Mais je pense qu'il faudrait les remplacer.

-J'en ai bien l'intention, ainsi qu'installer l'électricité. Je trouve incroyable qu'à notre époque, le Sanctuaire en soit toujours resté au temps jadis.

-Ben heu… On avait autre chose à penser.

-ALIZEA ?!

Les deux jeunes femmes sursautèrent violemment sous le rugissement qui venait de la porte. Elles se tournèrent vers l'origine et virent Kanon. Le Dragon des Mers s'approcha d'Alizea, l'attrapa fermement et la ramena dans son lit. La voir debout, maigre comme un clou, des cernes comme des malles et un teint cendreux l'avait paniqué. Il avait eut terriblement peur qu'elle n'ait une crise. Brusquement, tous ses sentiments les plus profonds qu'il ressentait envers la jeune femme, s'échappèrent de son être sous forme de paroles :

-Mais maman ! Tu te rends compte que tu as failli perdre la vie ? Qu'aurais-je fait sans toi ? Peux-tu me le dire ? C'est bien beau de sauver la planète, mais pas au risque de perdre la seule personne qui ne m'a jamais aimé, qui ait cru en moi, qui m'ait poussé dans la voie que je voulais, qui ne m'a jamais jugé, qui m'a même complimenté alors que je portais une armure autre que celle des chevaliers d'Athéna. Je ne veux pas te perdre. Alors s'il te plait, reste tranquillement au lit et obéit bien aux médecins.

-D'accord, je… Comment m'as-tu appelé ? Demanda Alizea en plantant son étrange regard dans celui de Kanon.

-Heu… Le deuxième gémeaux devint écarlate et chuchota : Maman. Pour moi, c'est ce que tu es. Tu es ma mère. Peut-être pas de sang, mais tu l'es de cœur.

Alizea du haut de ses deux cent quarante sept ans eut les larmes aux yeux. Elle s'assit difficilement, puis attira Kanon dans ses bras et le serra fort contre elle. Le jeune homme sentait les larmes inonder ses joues, il avait vraiment eut peur qu'elle ne le rejette. Mais non, elle ne le faisait pas. Au contraire, elle le serrait encore plus fort contre elle. Il lui renvoya son étreinte et explosa en sanglots de soulagement quand elle lui embrassa tendrement sa tempe et murmura :

-Kanon. Pour moi, tu es le fils que je n'ai jamais eu. Et quoi que tu es fait, je t'aime et je suis divinement fière de toi. Je sais que tu n'étais pas toi-même durant treize longues années. Et regardes-toi maintenant, tu es généralissime des armées de Poséidon, et tu es chevalier d'or des Gémeaux. Mais le mieux, c'est que comme Saga est redevenu chevalier d'or des Gémeaux, tu vas pouvoir reprendre ta vie là où tu l'as arrêté.

-Tu… tu crois ? Je… j'en ai discuté avec Saga, mais il ne veux pas me laisser partir. Il ne veux pas que je reparte en Amérique du Sud.

-Je suis désolée d'être d'accord avec lui, mais pour l'instant il vaut mieux que tu ne bouges pas du Sanctuaire. Et puis je voudrais pouvoir te voir tous les jours. Et je te promets de me reposer. Mais s'il te plait. Retire cette chose que je ne supporte pas.

-Quoi ?

-La télévision. Murmura Athéna.

Kanon s'écarta de sa « mère » et regarda l'écran de télévision. Il éclata de rire et dit à Alizea :

-Maman, tu te mets enfin à la modernité.

-Grrrrrrr !!!

-Ah ! Non ! Ne me dis pas que tu as paniqué en voyant la télé ? Demanda Kanon incrédule.

-Pffff !!! soupira Alizea en croisant ses bras sur sa poitrine.

Athéna pouffa de rire tandis que Kanon murmura :

-Maman, je t'avais dis qu'un jour la technologie te rattraperai.

-Grml ! Grommela la jeune femme.

Kanon prit la télécommande des mains d'Athéna et alluma l'écran, seulement, il baissa le son au maximum et changea de chaîne. La jeune femme haussa un sourcil étonné et il lui donna la télécommande. Elle scrutait le rectangle en plastique avec autant d'attention qu'une poule qui venait de trouver un couteau. Elle la pointa sur le poste et changea de chaîne. Elle recommença et trouva très amusant le fait de clouer le bec des présentateurs. Elle zappa une vingtaine de fois avant de tomber sur un reportage sur l'histoire de Babylone. Kanon s'approcha d'Athéna et lui dit :

-Je crois que nous pouvons la laisser, elle aime énormément l'histoire.

Athéna accepta d'un signe de tête et suivit son deuxième Gémeaux. Elle avait un grand sourire devant l'amour qu'elle lisait dans le regard de Kanon. Elle savait qu'il s'ennuyait et elle lui dit :

-Shion m'a dit que tu avais déterré la statue noire d'Athéna ?

-Oui, c'était il y a longtemps.

-Je voudrais que tu fasses d'autres fouilles au Sanctuaire et que tu nous montres des merveilles de l'antiquité.

Kanon lui fit un grand sourire et accepta d'un signe de tête. Il lui demanda :

-Altesse, j'aurais besoin d'un peu d'argent afin de m'acheter des calepins, du papier calque millimétré en rouleau, des feuilles de canson A3 et A4, des cutters, un cudge à échelle, un compas, un T gradué, un rapporteur, de la corde, des clous, des truelles en losange, des outils de dentistes, du plâtre, du vernis, des pinceaux, des brosses, des stylos, des crayons à papiers, de la toile et des piquets afin de protéger les zones de fouille des éléments.

-Puis-je venir avec toi ?

-Ce serai avec plaisir votre altesse. Je vous montrerai des endroits merveilleux que j'ai découvert en faisant des fouilles. Avant d'être possédé par Hadès, j'avais l'intention d'aller vers le Cap Sounion afin de faire une maquette des ruines et de là, dessiner le temple telle qu'il devait être à sa construction.

Kanon parlait avec exubérance de son projet. Athéna aimait beaucoup quand le jeune homme était aussi ouvert avec elle. Elle l'emmena dans son palais, puis prévint ses chevaliers ainsi que le Grand Pope qu'elle allait faire quelques courses avec Kanon. Seiya se précipita et voulut la protéger. Athéna regarda le chevalier d'or pour voir s'il était vexé, mais celui-ci était en train de faire une liste mentale de tout ce qu'il devait acheter. Tous les trois quittèrent la salle, mais au lieu de partir vers la voiture, Kanon les emmena sur un autre chemin, Athéna comprit qu'il voulait lui montrer tous les endroits qu'il connaissait. Seiya qui pourtant avait été entraîné ici ne connaissait pas la moitié des lieux qu'ils visitèrent. Athéna était émerveillée par les connaissances de Kanon. Il était plus instruit que Saga, il avait une culture générale et littéraire incroyable. Elle comprenait maintenant pourquoi Shion disait qu'auparavant, Kanon ne désirait pas être chevalier d'or.

A suivre