Alizea chapitre 34

Le jeune homme les emmena au plus profond de la forêt vierge. Ils marchèrent des jours et des nuits, puis enfin, ils arrivèrent devant une paroi rocheuse. Kanon s'exclama :

-C'est bien celle-là. Nous devons grimper.

-Kanon ?

-Oui ?

-Donne-moi la main.

Le jeune homme tendit sa main vers Alizea qui les téléporta en haut de la paroi. Saga poussa un lourd soupire, puis se mit à grimper, il savait que jamais Alizea viendrait l'aider. Et pourtant, même si elle lui en voulait, elle descendit et fut surprise en ne le voyant pas. Elle retrouva Kanon et lui dit :

-C'est bizarre, ton frère est introuvable !

-Ah oui, c'est étrange.

-Reste là, je vais aller le chercher.

Elle repartit et chercha partout le jumeau de Kanon mais en vain jusqu'à ce qu'elle entende :

-MAMAN ?! C'EST BON, IL EST LA !!!

Elle réapparut devant les jumeaux et explosa :

-NON, MAIS CA NE VA PAS ?!

-Je…je suis désolé. Mais je pensais que vous ne viendriez pas me chercher alors je suis monté seul.

-Bien, tu viens d'évoluer dans mon tableau de valeur. Tu passes de mollusque à limace. C'est bien, un jour tu atteindras peut-être Seiya.

Saga ne savait pas trop si c'était une insulte ou un compliment, mais connaissant la puissance de son interlocutrice, il préféra le considérer comme un compliment. Et puis, il savait qu'il était en tort et qu'il devait rattraper les horreurs qu'il avait dites à son frère. Alors qu'Alizea installait le campement, Kanon sortait ses affaires et installait son bureau. Ensuite, il fit un petit tour tandis que la jeune femme vérifiait s'il y avait de l'eau, ce qui était le cas. Ils étaient tous épuisés et décidèrent donc de dormir en faisant un petit jeûn. Saga se réveilla en sursaut quand il entendit :

-EXCALIBUR !!!

Il sortit de la tente en courant et découvrit Alizea faire le petit déjeuner. Il ne voyait pas son frère et lui demanda :

-Où est Kanon ?

-Partit visiter la ville. Il va revenir ce soir.

-Vous en êtes sûr ?

-Oui, je lui ai pris sa lampe de poche. Répondit Alizea avec un sourire sournois.

-Oh !!!

Et en effet, Kanon revint en bougonnant le soir venu, faute de lumière. Une certaine routine s'installa dans le camp, Saga en apprenait de plus en plus sur son frère et commençait à être un peu jaloux de la connaissance et de la passion de son jumeau. Durant cette année, Kanon prit des milliers de photographies, remplit une dizaine de carnets de notes extrêmement précises, fit des centaines de croquis, de plans et une magnifique maquette. Durant cette période, si Saga restait à aider son frère, Alizea, elle, visitait la forêt. Et l'avant-veille de leur départ, elle tomba sur des braconniers. Les hommes riaient devant un petit jaguar qui feulait au côté du cadavre de sa mère. Il venait tout juste d'ouvrir les yeux, mais il voyait mal. Cependant, il sentait le danger. La jeune femme s'approcha et sans mot dire, broya le crâne de l'un des hommes devant les autres effarés. Ils lui tirèrent dessus, mais en vain. Elle évitait avec une facilité déconcertante les balles. Les cinq hommes s'enfuirent sans savoir qu'un démon de la pire espèce les traquait. Elle jouait avec eux et quand ils l'amenèrent à leur campement, elle les extermina tous jusqu'au dernier. Puis elle retourna auprès du bébé jaguar. Elle prit la boule de poil contre elle et repartit vers la ville maya. Le petit fauve sentait qu'il n'avait rien à craindre d'elle et était, à la différence de ses congénères, d'une très grande douceur. Kanon fondit en voyant la petite boule de peluche tandis que Saga arguait qu'il fallait rendre ce petit à sa mère ce à quoi Alizea répondit :

-Dans une situation normale, j'aurais été d'accord avec toi. Mais malheureusement sa mère a été abattue par des braconniers.

-Je voudrais bien les tuer ! Siffla Kanon.

-Trop tard, j'ai été plus rapide.

-Vous…

-Oui. Tu sais, de nombreuses personnes disparaissent dans la forêt. Un de plus ou un de moins, ça ne change pas grand chose.

-Mouis. Mais qu'allez-vous faire de lui ?

-Je vais le garder.

-Heu…

-Et je ne veux rien entendre.

-D'accord.

En moins de deux jours, le petit fauve fut sous le charme de la jeune femme et lui obéissait au doigt et à l'œil. Quand ils durent repartir, Alizea emmena avec elle, les travaux de Kanon et le fauve qu'elle avait nommé Aman. Le jeune félin était tout excité dans ses bras. Elle arriva devant la maison du Bélier et le « fauve » sauta de ses bras et se mit en tête de grimper les escaliers. Il marcha fièrement dans la première maison, un peu moins dignement dans la deuxième, beaucoup moins dignement dans la troisième et s'effondra sur le ventre en couinant comme un pauvre malheureux dans la quatrième, celle du Cancer. Gabriele, voyant cette misérable chose noire, voulu lui coller un coup de pied. Cependant, un grondement sourd lui fit lever la tête et il blêmit violemment en croisant le regard noir d'Alizea. Il se baissa, prit la pauvre petite loque poilue et sentit des petites dents pointues s'enfoncer dans son poignet. Il faillit balancer la boule de poil, mais croisant le regard de la jeune femme, il sut, qu'il n'avait pas intérêt de le faire. Avec un sourire nerveux, il rendit à Alizea son petit félin et lui dit :

-Je… je suis désolé pour tout ce que j'ai fait, et j'espère qu'un jour tu pourras me pardonner.

-Mouirff !!! Change la déco de ton temple et peut-être réfléchirais-je sérieusement à cette idée.

-Mais… D'accord. Répondit Gabriele.

Alizea quitta le quatrième temple et ne vit pas le possesseur libérer les âmes de ses victimes. A la fin de la journée, le temple était vierge de tout masque, de tout cris et suppliques.

Mais on en est pas encore là, et Alizea continuait à grimper vers les hauteurs du Sanctuaire. Elle passa dans la maison du Lion et Aiolia fondit pour la petite bouille adorable du petit jaguar qui dormait épuisé par sa journée. Elle traversa les différentes maisons, puis enfin arriva dans la sienne. Elle prépara un petit coin pour son fauve dans sa chambre, puis le déposa sur un coussin et alla rejoindre Shion et Athéna afin de faire son rapport, les jumeaux étant quelque part entre Cancun et Athènes. Elle salua avec respect la déesse et se jeta littéralement dans les bras de Shion le faisant tomber en arrière. L'ex-chevalier du Bélier fut heureux de retrouver sa fille en aussi bonne santé. Elle avait bronzé et avait repris une partie du poids qu'elle avait perdu. Elle n'était pas en armure, car Shion n'avait pas encore terminé de la réparer, avec tout le travail qu'il avait à faire et d'après le regard que lui lançait sa fille, elle allait recommencer à fouiner dans les dossiers afin de lui donner plus de temps libre. Elle relâcha son étreinte et s'exclama :

-Papou, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je suis de retour .

Athéna éclata de rire devant la joie de vivre de la jeune femme alors que Shion tentait de retenir son hilarité. Il lui demanda doucement :

-Alors Ali, qu'as-tu fais de tes journées ? Tu n'as pas creusé ?

-Non, je laisse ça à Kanon. La fois où j'ai osé toucher à sa pelle, il a failli me jeter dans une autre dimension. Alors je lui laissais faire ce qu'il voulait et je me promenais dans la forêt. J'ai découvert des choses merveilleuses dans cette forêt alors tant que durerai mon séjour j'avais décidé de protéger la forêt.

-Combien ? Demanda froidement Shion.

-Combien de quoi ? Demanda innocemment la jeune femme.

-Ne te moque pas de moi, combien de personnes as-tu tué ?

-D'hommes ? Aucun, mais de monstre, cent cinquante sept.

-Et tu es fière de toi !

-Oui

-Tu dois protéger la terre…

-C'est ce que j'ai fais.

-Et ses habitants !

-C'est ce que j'ai fait aussi, seulement, je vois à long terme. La terreur habite les requins de la forêt et les amérindiens utilisent cette peur pour se protéger.

-Ma chérie, tu es trop violente.

-Mais mon cher père que j'adore, j'ai été entraînée afin de le devenir.

-On a trop bien réussi.

-Et oui. Bon sinon à part des braconniers et des meurtriers, je n'ai tué personne d'innocent. Ça c'est la seule chose dont je sois sûr.

-C'était des braconniers ?! S'exclama Athéna enfin, plutôt Saori.

-Oui, et ils s'amusaient à tirer sur un bébé jaguar alors qu'ils venaient d'abattre sa mère. La pauvre bête ne devait pas avoir plus d'un mois. Alors j'ai décidé de la protéger et éliminer ces monstres.

-Normalement, je devrais vous taper sur les doigts. Commença la déesse Athéna, mais vous avez bien fait. Je reconnais là, la générosité des hommes qui peuvent risquer leur vie pour un animal en danger. Ces monstres ont mérité leur sort. C'est à cause d'être comme eux que les humains sont mal vus, et c'est grâce à des gens comme vous que je me bats pour les protéger.

Alizea rougit brusquement sous les compliments de la déesse et ne savait plus où elle devait se mettre. Shion, fier comme un paon, la serra contre lui et lui demanda :

-Et où est cette pauvre bête ?

-En train de dormir sur mon lit.

-Qu… QUOI ?! Mais…

-C'est une bonne idée, cet animal n'aurait jamais pu survivre dans la forêt et de toute manière, il n'aurait jamais pu reprendre sa liberté alors autant être entre les mains de quelqu'un qui l'aimera. Comment est-il ? Demanda la déesse.

-Noir comme la nuit avec de beaux yeux vert clairs. Il est tellement adorable que je craque à chaque fois que je le vois. Il est très doux et il est mignon comme tout. Kanon en est fou.

-Tiens, en parlant de Kanon, où est-il ? Demanda Shion un peu inquiet.

-Dans l'avion avec Saga. J'ai pris ses affaires et je les ai emmené dans son appartement, puis j'ai amené Aman devant la maison du Bélier et j'ai montré à tous les chevaliers d'or afin qu'ils ne le blessent pas par erreur.

-C'est une bonne idée.

-Et puis cela habitue ce petit monstre à sa nouvelle demeure. Expliqua Alizea à Athéna qui était entièrement d'accord avec elle.

-Bien, vous devriez retourner dans votre maison, votre petite boule de poils doit vous attendre.

-Vous avez raison votre altesse. Je vais y aller. A plus tard.

-Oh ! Vous aurez une belle surprise quand vous appuierez sur le bouton rouge. Lui indiqua la déesse avec un sourire mystérieux.

Alizea fronça légèrement les sourcils d'un air intrigué, puis après un ultime salut, alla rejoindre son petit fauve. Quand elle arriva dans sa maison, elle vit le petit animal en train de s'étirer et de bailler. Elle le prit dans ses bras et l'emmena dans le séjour. Elle vit sur la table une télécommande et dessus un bouton rouge. Dévorée par la curiosité, elle appuya sur le bouton rouge et……………………

déclencha l'apocalypse. A la puissance maximal sortit, des dix enceintes réparties dans la pièce, les premier accord de Carmina Burana. Le son explosa dans l'appartement faisant voler en éclat les vitres de même que les tympans des deux victimes. Alizea tenant fermement Aman qui lui plantait les griffes dans son bras. Elle se colla dans un coin de la pièce et aucun des deux ne bougea plus trop choqués pour faire un geste.

Les ondes sonores ne firent pas seulement des dégâts dans le treizième temple, mais aussi dans celui des Poissons. Quand il vit ses fenêtres voler en éclats et qu'il entendit la musique sortir du temple voisin. Il s'y précipita et dut entrer en se bouchant les oreilles. Il réussit à arriver devant la télécommande et éteignit la musique. Le silence fut assourdissant et plus dérangeant que la musique. Il observa rapidement la pièce et appela :

-Alizea, ALIZEA !!!

Il fouilla partout jusqu'au moment où il remarqua une masse tremblante dans un coin de l'appartement caché par le bahut. Il s'approcha, et vit Alizea les yeux écarquillés serrant contre elle son petit jaguar à peu près dans le même état qu'elle. Il s'agenouilla devant elle et murmura doucement :

-Alizea ?! Tu m'entends ?!

-…….

-Alizea ?! Réponds-moi. Tu m'entends ?

-…….

-Alizea ?! Et merde !!!

Il courut auprès du Grand Pope et cria :

-SHION, SHION ?!

-Aphrodite, que se passe-t-il ?

-C'est votre fille. Elle est dans un coin de son appartement et reste prostrée.

Shion blêmit et se précipita dans l'appartement de sa fille. Il la découvrit tremblante dans son coin et serrant toujours son jaguar contre elle. Tous les deux étaient pétrifiés de terreur. Il réussit à dégager l'animal qu'il plaça entre les mains d'Aphrodite qui fondit pour la petite bouille et serra sa fille contre lui. Cependant elle ne réagissait à rien jusqu'au moment où Arzaniel arriva. La mère de Mû tapota ses joues, mais rien. Alors elle décida d'utiliser les grands moyens et lui colla une magnifique baffe. Et là, Alizea réagit assez violemment :

-AAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!

Elle fit violemment sursauter les autres par son cri et disparut de son appartement, sa maison et du Sanctuaire. Elle fit violemment sursauter Kanon en apparaissant devant lui et en se jetant dans ses bras. Elle était complètement terrorisée et tremblotait dans les bras du Dragon des Mers. Kanon la serrait contre lui en tentant de la consoler et de la faire parler afin de comprendre son état, mais tout ce qu'il réussissait à recevoir était des tremblements de terreurs et des pleurs. Il ne l'avait jamais vu dans cet état, sauf quand elle avait été face à la télévision. Saga qui était allé aux toilettes revint et fut stupéfait en voyant la jeune femme dans les bras de son frère. Il demanda :

-Qu'est ce qui lui est arrivé ?

-Je crois qu'Athéna a installé la télévision dans son temple.

Alizea nia avec force et avec des signes frénétiques de la tête.

-Donc ce n'est pas la télévision. Mmmhhh !!! La… oh non, pas la chaîne hi-fi, je veux dire la musique ?! S'exclama Kanon.

Là, elle acquiesça vigoureusement.

-Et la musique était au maximum ?

-… (autre acquiescement frénétique)

-Ma pauvre maman.

-KWOA ?! Elle n'est pas notre mère ! S'indigna Saga en étouffant de rage.

-C'est vrai, ce n'est pas notre mère, c'est la mienne, et rien qu'à moi. Beuuuuuuhhhhhhh !!!! Riposta Kanon en lui tirant la langue.

La jeune femme s'endormit dans les bras de Kanon. Elle ne sentit pas le jeune homme la serrer contre lui, l'attacher au siège près de lui, ni à l'atterrissage être emmené dans le Sanctuaire et dans son lit. Elle se réveilla toute étonnée dans sa maison avec en face de son visage la frimousse adorable de son jaguar. Elle lui gratouilla sous le menton, puis alla prendre une douche et se dirigea vers le salon suivit par Aman. Mais quand elle vit Kanon s'approcher de la télécommande, elle décida de fuir de la maison et se réfugia dans celle du Scorpion suivit par Aman. Milo décida de faire ce qu'aucun nouveau chevaliers d'or n'avaient jamais fait, il lui apprit à utiliser la télévision et la chaîne hi-fi. Quand elle put les utiliser sans s'enfuir, elle retourna dans sa maison la tête haute et le pas altier. Elle prit la télécommande, alluma la chaîne hi-fi et se mit une cassette de Mozart en sourdine. Elle s'affala sur son canapé et Aman s'étira, bailla en se pelotonnant sur le ventre d'Alizea. La jeune femme se mit à lire un livre sur l'histoire d'Alexandrie. Elle appréciait beaucoup la douce musique qui donnait une ambiance chaleureuse à son appartement. Le petit fauve s'endormit profondément et ne se réveilla pas de la soirée.

Quand Kanon revint d'une fouille du Sanctuaire, il découvrit la jeune femme profondément endormie un livre sur sa poitrine et sa main tombée sur le sol. Il décida de faire la cuisine pour deux afin de la laisser se reposer. Il travailla en écoutant la mélodie qu'avait mis Alizea avant de s'enfoncer dans le sommeil. Il aimait bien cette ambiance douce et reposante. Quand le repas fut prêt, il mit le couvert, puis prépara le repas du fauve et réveilla les deux dormeurs. Il adorait voir la jeune femme sortir du sommeil, elle avait un air de fragilité et de douceur qui la caractérisait et pourtant, il savait qu'elle n'était pas fragile et qu'elle avait beaucoup de sang sur les mains.

Alizea se réveilla en s'étirant comme un chat sur un radiateur. Kanon eut un sourire en l'entendant gémir de bien-être. Elle ouvrit un œil et fit un sourire ensommeillé à son fils adoptif. Il lui demanda :

-Tu as bien dormi, maman ?

-Comme une marmotte. Mmmhhhh, ça sent bon, tu as fait le repas ?

-Oui, j'ai fais un bœuf en daube avec du riz sauvage de Camargue, je l'ai piqué à Camus, et avec comme dessert une tarte aux myrtilles.

-Et bien, Saga a perdu quelque chose que j'ai eu la joie de retrouver.

-A oui, Quoi ?

-Toi, gros nigaud !

Kanon devint rouge comme une écrevisse, étant peu habitué à ce que les autres se battent pour lui. Le pauvre ex-Dragon des Mers ne pouvait se douter qu'il serait la victime d'une rivalité entre deux éléments indissociables. Mais nous n'en sommes pas encore là.

Une douce routine s'était installée sur le Sanctuaire, Kanon passait son temps entre les fouilles qu'il effectuait avec bonheur, son classement des ouvrages de SA bibliothèque, les disputes avec son frère et le chouchoutage intensif avec sa mère.

A suivre