Auteur : Magical Girl Kiki, pour votre plus grand plaisir.

Titre : M'emmèneras-tu au paradis ?

Série : C'est toujours les persos de Gundam Wing.

Genre : UA, OOC, Angst à plein régime pour ne pas changer.

Couples : Il n'y a que le 4+3+4 qui est effectif, pour le reste il va falloir attendre.

Disclamer : Non, non, non et non, aucun persos ne m'appartient.

Les ¤¤¤¤¤¤¤ indiquent un changement de temps, de lieu ou de Pov.

En italique, ce sont les paroles au téléphone de l'autre personne(je vais pas vous dire qui)

En italique gras, ce sont les paroles de Duo au téléphone pendant le Pov de Heero.


RAR:

Dame Emma: Pourquoi je te fais ça? Voyons, depuis le temps, tu ne sais toujours pas que je suis d'un sadisme incroyable? Si tu commences à comprendre, c'est que c'est clair et que j' écris bien( oups pour la modestie!) Je suis heureuse que ça te plaise, surtout la torture de Duo qui n'est pas prête d'être terminée comme tu pourras t'en rendre compte dans ce chapitre. Alors je te souhaite une bonne lecture.

Lucy-hp: Suis-je donc si transparente pour toi? Ne va pas répéter tout ce que tu as compris ou tu vas gâcher tout mon suspence. Tu vois juste pour Treize mais que s'est-il passé exactement...?Tu le sauras dans le chapitre 6. Pour Heero et Duo, le chemin va être rude mais je te rassure tout de suite, tout se terminera très bien, mêmeentre Heero et Shinigami. Merci de continuer à lire avec autant d'enthousiasme. Ca fait un plaisir fou.

Onarluca: OK, OK. devant cette "petite" menace, je ne peux que m'exécuter et mettre la suite. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira. Encore merci pour la review et les encouragements.

Kay: Une nouvelle venue, ça me comble. Merci pour ta review et pour avoir lu mes autres histoires, je suis ravie qu'elles t'aient plus. Tu adores l'ambiance sulfureuse de celle-ci, contente d'avoir réussie à t'accrocher tout en me faisant plaisir. J'attends une autre review pour connaître ton avis sur ce nouveau chapitre avec impatience.

Syt The Evil Angel: Encore une nouvelle lectrice, je ne contiens plus ma joie, je suis heureuse...Puisque ça te plaît, je vais continuer sur ma lancée. Alors oui, Heero parviendra à calmer Duo mais pas tout de suite. Et pour répondre à ta question, la torture sur Treize n'est pas autorisé pour l'instant( juré je te mets en tête de liste des potentiels bourreaux) mais je te promet qu'il paiera. Sinon bonne lecture.

Obscura: Je suis contente que l'histoire continue de te plaire et que tu aimes ma façon d'écrire. Personnellement, je la trouve parfois un peu pompeuse mais si ça plaît...Merci pour tes compliments et tes encouragements. Dis-moi vite ce que tu penses de cette suite.

Laura Kaede: Tu cherches vraiment à concurrencer Heero sur les douches froides ou c'est que mon histoire est très hot? En tout cas, merci beaucoup de m'encourager à continuer l'écriture, c'est adorable de se sentir soutenue. J'ai pris mon temps et voici donc la suite. Pourvue qu'elle te plaise. J'attends ton avis...en espèrant que tu ne t'es pas enruhmé sous l'eau froide.

Iriachan: Par pitié, dis-moi que tu n'as pas fais de crise. J'ai déjà du mal avec Duo alors si mes lecteurs s'y mettent aussi, je n'y arriverais jamais. Merci infiniment pour toutes les ondes positives que tu m'as envoyée, je les ai appréciés à leur juste valeurs. Bonne lecture pour cette suite que tu attendais tant.

Echizen D Luffy: Heureuse que le début de cette fic t'aie autant plu. Au passage, je tiens à te dire que j'adore à chaque fois la façon dont tu fais tes reviews, je rigole à chaque fois. Par contre, j'aimerais bien savoir ce qui, dans mon profil, t'a à ce point donné envie de suivre mon petit délire. Je croise les doigts pour que ce chapitre 4 aie une appréciation positive de ta part. Rendez-vous à la fin.

Moonfree: Merci de débarquer dans ma fic, je suis toujours ravie d'acceuillir de nouveaux lecteurs( ou lectrices). Pour répondre à ta question et pour l'avoir souvent subi de la part des autres auteurs, je dirais que c'est le sadisme qui nous pousse à vous patienter les lecteurs. C'est dure pour le coeur mais quand on obtient la suite, ce ne peut être que meilleur. Du moins, c'est mon voeu le plus cher. Merci également d'apprécier mon style, si tu n'arrive plus à t'arrêter alors mon objectif de combler ceux qui lisent est totalement rempli. J'espère que la suite ne te décevra pas. Bonne lecture.


Chapitre 4 : Ange brisé et coup de téléphone.

Heero repoussa d'un mouvement rageur le dossier qu'il avait sous les yeux, faisant voler les feuilles qui s'étalèrent sur son bureau et sur le sol. Cela faisait plusieurs heures qu'il tentait en vain de comprendre leur contenu, son esprit s'obstinant à revenir inlassablement sur les derniers évènements.

Tout d'abord, l'étrange comportement de Duo envers lui. Heero avait beau tourné ça dans tous les sens, il n'arrivait pas à trouver une explication à l'attitude du jeune homme : sa façon de l'aguicher et celle de le repousser sans cesse, avec cette nuit pour apothéose la fellation avortée dans les escaliers et la froideur avec laquelle il l'avait rejeté.

Tout cela avait perturbé le japonais au point de lui faire passer une nuit blanche. De plus, il y avait eu ces bruits provenant de la chambre de Duo, les craquements sonores d'un lit, des cris étouffés, des gémissements sourds… Allongé dans ses draps défaits, Heero s'était posé beaucoup de questions sur leur source pendant que le soleil naissant entrait lentement par la fenêtre. Mais aux alentours de 9h, il avait entendu une porte s'ouvrir et il n'avait pu que s'en étonner. C'était samedi matin et après avoir dansé une partie de la soirée précédente, Duo ne sortait jamais de son lit avant midi. Curieux, Heero s'était levé et avait entrebâillé sa porte. Là, il avait vu quelque chose qu'il n'était sûrement pas supposé voir et qui l'avait mis mal à l'aise.

Heero se leva brusquement. Cela ne pouvait pas durer, il devait LUI en parler ou ses idées allaient le rendre complètement fou. Il sortit presque en trombe de son bureau et traversant les coulisses, il arriva dans le club. Il jeta un coup d'œil circulaire à la salle presque vide, cherchant du regard la personne qu'il voulait voir avant de monter prestement l'escalier menant à l'étage. Il s'arrêta sur le pallier et frappa à la porte de Quatre et Trowa. Après quelques secondes, elle s'ouvrit pour laisser place au barman qui regarda son ami avec étonnement mais il le laissa entrer sans rien dire.

Trowa conduisit le brun vers le canapé où ils s'installèrent en silence. Il attendit tranquillement que Heero, tête basse et visiblement gêné, prenne la parole. Celui-ci inspira un grand coup avant de relever la tête et d'ancrer ses pupilles cobalts dans les yeux émeraudes de son ami.

- Trowa, commença-t-il d'une voix grave...J'ai quelque chose …à te dire…. et je sais pas si….

- Ca n'a pas l'air d'aller, c'est pas dans tes habitudes d'hésiter ainsi….Alors viens-en directement au fait et en quelques phrases, s'il te plaît.

- D'accord, soupira Heero. Pendant une partie de la nuit,… j'ai entendu du bruit provenant de la chambre de Duo, des cris…et des gémissements….et….Ce matin … j'ai vu…J'ai vu Quatre en sortir,….décoiffé et…à moitié nu…

Pendant qu'il parlait, il vit le visage de Trowa se crisper et pâlir légèrement. Mais quand son ami se décida à rompre le silence, ses mots furent pour lui une surprise.

- Oui, et alors…

- Alors, s'écria le japonais, ton petit ami te trompe ouvertement et toi…

- Heero, coupa Trowa, tu ignores encore beaucoup de choses sur Duo, Quatre et moi. Alors ne saute pas trop vite aux conclusions. S'ils veulent t'en parler, ils le feront. Ce n'est pas à moi de tout te révéler…Mais sache que Quatre m'est fidèle. Je lui fais entièrement confiance ainsi qu'à Duo. Il n'y a rien de plus entre eux qu'une indéfectible amitié.

La tirade de Trowa laissa Heero abasourdi. Même s'il voulait croire ce que son ami disait, il ne pouvais s'empêcher d'être mal à l'aise et déçu. Les mots de Trowa et le ton dur qu'il avait employé laissaient entendre que la situation entre les trois amis était complexe et peut-être douloureuse. Heero leur en voulaient presque de le tenir à l'écart alors qu'il n'avait qu'une envie : comprendre et pouvoir les aider.

Trowa dut voir dans ses yeux ce qu'il ressentait car il se leva et posa une main fraternelle sur l'épaule du japonais.

- Heero, s'il te plaît, ne nous en veux pas. Ce n'est pas par manque de confiance en toi que nous ne te disons rien…C'est juste que…Cela concerne une partie de notre vie particulièrement difficile, surtout pour Duo. Il a eu du mal à s'en sortir et je ne suis même pas sûr que toutes ses blessures soient refermées et…

Il se tut brusquement et se tourna vers la porte de l'appartement qui s'ouvrit sur Quatre. Heero se leva à son tour et regarda le blond. Il fut saisi par l'extrême fatigue que l'on voyait sur ses traits tirés, il n'avait vraiment pas la tête de quelqu'un qui s'est envoyé en l'air pendant la nuit et le japonais se sentit soudain coupable d'avoir, ne serait-ce, qu'imaginer que Quatre pouvait tromper Trowa, qui plus est avec Duo. Il baissa la tête honteux et sortit rapidement de l'appartement en murmurant un vague « à plus tard ».

Décontenancé, Quatre le regarda partir avant de se tourner vers son petit ami, l'interrogeant du regard. Trowa se contenta de s'approcher de lui puis de le prendre dans ses bras. Il le porta avec précaution jusqu'à leur chambre où il reposa Quatre à coté du lit. Il alla ensuite fermer les rideaux, plongeant la pièce dans une douce pénombre et revenant près du blond, il l'allongea sur le matelas. Il commença à le déshabiller comme on le ferait pour un enfant fatigué et l'aida à se glisser dans les draps. Trowa ôta ensuite ses propres vêtements et s'allongea aux cotés de son amant pour le serrer dans ses bras. Quatre se lova contre lui et Trowa déposa un tendre baiser dans ses mèches blondes avant de parler.

- Heero t'a vu sortir de la chambre de Duo ce matin, commença-t-il d'une voix douce. Il voulait savoir pourquoi.

- Que lui as-tu dit, demanda Quatre dans un murmure.

- Que ça concernait notre passé et particulièrement Duo mais que si quelqu'un devait lui expliquer de quoi il s'agit, ce ne serait pas moi…Je pense que cette tâche revient à Duo, pour leur bien à tous les deux… Mais je ne suis pas sûr que Heero ait très bien pris la chose. Il se pose des questions car il est venu me voir en étant persuadé que tu me trompes avec Duo.

- Si la situation n'était pas aussi grave, j'aurais pu en rire, souffla le blond, dessinant du bout des doigts sur le torse de son amant.

- C'est si grave que ça, s'alarma Trowa alors qu'il resserrait son étreinte.

- Plutôt, oui. La nuit a été éprouvante, pour Duo comme pour moi. Il n'a pas cessé de cauchemarder et de pleurer. Je l'ai emmené chez Iria le plus tôt possible ce matin et il a de nouveau fait une crise, la pire que j'ai jamais vue. Nous avons réussi à le calmer, non sans mal, maisIria a entièrement revu son traitement et a singulièrement augmenté les doses. Je suis très inquiet car je ne sais vraiment pas s'il va réussir à le supporter. Et si ce n'est pas le cas, j'ai peur que…

Sa voix se brisa dans un sanglot et Trowa sentit des larmes tomber sur sa peau. Il serra son amant à l'étouffer pour essayer de le réconforter. Mais submergé par l'angoisse, Quatre pleura pendant longtemps avant de s'endormir d'épuisement. Trowa veilla sur son sommeil, incapable de trouver le repos, trop éprouvé par ce qu'il leur arrivait à tous, touchés de plein fouet par la tourmente dans laquelle se débattait Duo.

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Après avoir laissé ses amis, Heero entra dans l'appartement qu'il partageait avec Duo et il fut étonné de trouver le jeune homme assis dans le salon. Duo releva la tête en l'entendant entrer et un pauvre sourire se dessina sur ses lèvres, comme s'il l'attendait.

Heero s'assit en face de lui et remarqua que son ami affichait le même air fatigué que Quatre mais surtout qu'il avait les yeux rouges. Sûrement d'avoir trop pleuré mais rester à en déterminer la cause. Le japonais eut un pincement au cœur en voyant son état pitoyable et vulnérable. Qu'est-ce qui avait bien pu transformer le joyeux et pétillant danseur en ce jeune homme bouleversé et apathique ?

Duo avait rebaissé la tête et semblait mal à l'aise, il serrait et desserrait les poings sur son pantalon noir et ne cessait de passer la langue sur ses lèvres sèches. Il prit une profonde inspiration et…

- Je m'excuse pour mon comportement envers toi, depuis qu'on se connaît, Heero. Je n'étais pas dans mon état normal et je m'en veux vraiment…Pardon…

Heero avait du faire attention pour saisir ces mots car ils avaient été chuchoté très bas mais le dernier, ce simple « pardon » avait explosé à son oreille tant il était sincère et porteur de regrets.

- Moi, je ne t'en veux pas, Duo, lui répondit-il calmement. Mais ce que j'aimerais avoir, c'est une explication. Je voudrais comprendre pourquoi tu m'as fait ça.

- Je… je ne peux pas, bafouilla le natté… Pas maintenant….Pas possible….

Il se recroquevilla sur le fauteuil enfouissant le visage dans ses bras. Heero eut cependant le temps de voir nettement les larmes recommencer à couler sur ses joues. Il se mit debout, s'approcha sans bruit de Duo et lui releva délicatement la tête d'une légère pression sur la joue. Mais Duo sursauta violement à son contact et se relevant d'un coup, il s'écarta de lui en hurlant.

- NE ME TOUCHE PAS !

Heero se força à respirer intensément pour essayer de garder son calme. Face à lui, Duo avait les bras crispés sur son torse comme pour se protéger, il tremblait de la tête aux pieds et le fixait avec un regard totalement apeuré. Heero recula de quelques pas pour montrer à Duo qu'il ne lui ferait rien et comme son geste semblait quelque peu apaiser le jeune homme, il reprit lentement.

- Je suis désolé, je ne voulais pas te faire peur. J'aimerais seulement te dire que ce n'est pas grave si tu ne peux rien me dire pour l'instant. Tu le feras quand tu seras prêt….Maintenant vas te coucher, continua-t-il. Tu es visiblement épuisé. Je vais annuler ton numéro de ce soir pour que tu puisses te reposer, ce sera….

- Non, cria Duo en secouant la tête. Tu ne peux pas me faire ça…. S'il te plaît, Heero, j'en ai besoin…Ce sera pire si je ne monte pas sur scène… J'en ai besoin…

- D'accord, d'accord, tempéra Heero en levant les mains. Calme-toi. Je maintiens ton numéro mais tu vas te coucher immédiatement et tu dors.

Duo hocha fébrilement la tête et disparut précipitamment dans sa chambre, laissant Heero complètement désorienté mais également dégoûté de lui-même. Car voir Duo dans cet état de vulnérabilité l'avait presque autant excité que son comportement des semaines précédentes. Et il s'écoeurait d'avoir eu envie de profiter de la situation pour obtenir le corps de Duo.

Heero décida de redescendre dans son bureau afin de continuer son travail, évitant ainsi de perdre une nouvelle fois la tête et de se jeter sur son ami. De le briser un peu plus.

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Trois semaines plus tard.

Une main sous la tête et un magazine ouvert sur son torse, Heero était nonchalamment allongé sur le canapé du salon, les yeux fermés, un léger sourire sur les lèvres. Il somnolait doucement, pour récupérer de la soirée précédente où tout le personnel du Double H avait fêté l'anniversaire d'un des musiciens mais également pour reprendre des forces avant le début du week-end, synonyme de travail acharné au club. Il se laissait bercer par le bruit lointain de gouttes qui tombaient sans discontinue, même s'il ne savait pas s'il s'agissait de la pluie qui s'abattait avec force à l'extérieur ou de la douche sous laquelle Duo se prélassait.

Duo…C'était la raison pour laquelle Heero souriait. En effet, peu après leur discussion dans ce même salon et après une courte période de dépression, le jeune homme avait progressivement retrouvé un certain équilibre et était redevenu doucement la personne joyeuse et agréable que tous appréciaient. Certes, cela n'avait pas été sans de nombreuses explosions de colère et autant de phases de déprimes. Mais quels que soient les problèmes qui avaient perturbé le natté, il avait, semblait-t-il, réussi à les surmonter. Au grand soulagement de Trowa qui avait vu avec inquiétude l'état de son petit ami oscillait en même temps que celui de Duo.

Heero était heureux que tous aillent désormais mieux et il se sentait de plus étonnamment bien. Car il avait de nouveau avec Duo cette complicité et cette entente qu'ils avaient avant, sauf que maintenant même quand ils étaient seuls tous les deux, c'était toujours le cas. Duo ne l'allumait plus, du moins pas volontairement, mais Heero était toujours aussi sensible à ses charmes et le désirait chaque jour un peu plus. Mais il luttait contre cette attirance pour ne pas le perturber davantage.

Car en effet, il restait encore une ombre à ce tableau qui aurait pu être parfait: Duo, qui avant recherchait continuellement le contact avec les autres, ne supportait plus d'être touché. Il évitait consciencieusement tout contact, même un simple effleurement le faisait presque sursauter. Seul Quatre et parfois Trowa pouvaient le toucher sans qu'il ne s'écarte brutalement. Tout le monde avait remarqué ce léger malaise, même si personne ne l'avait exprimé à voix haute.

Cependant, Heero avait remarqué qu'il compensait cette attitude par une énergie accrue sur scène. Le jeune homme était encore plus sensuel et provocateur qu'habituellement. Chaque soir où il dansait, il était tout simplement époustouflant, enflammant d'un simple geste toute la salle, ses admirateurs frôlaient l'hystérie collective et les videurs avaient plusieurs fois dû écarter de lui des fans surexcités. Mais Duo faisait comme si de rien n'était et Heero ne se sentait pas capable de lui faire des remarques sur son nouveau comportement, de peur de le blesser une nouvelle fois.

Heero fut tiré de son état comateux par la brusque sonnerie du téléphone. Ouvrant difficilement les yeux, il se força à se lever et se dirigea rapidement vers le combiné qu'il décrocha.

- Allô.

- Pourrai-je parler à Duo ?

- De la part de qui ?

- Un vieil ami…..

Couvrant le récepteur d'une main, Heero leva les yeux en direction de la salle de bain et appela.

- DUO ! Téléphone pour toi.

- J'arrive, répondit la voix étouffée du jeune homme.

Après quelques secondes, Duo entra dans le salon et Heero se figea sous le soudain coup de chaleur qui envahit son corps. Duo était irrésistible, une incitation à la débauche. Son peignoir blanc était entrouvert, dévoilant la peau pâle de son torse et de ses jambes, sa tresse rendue humide et lâche par la douche pendait gracieusement sur son épaule et Heero se demanda bêtement s'il l'avait laissé ainsi pour se laver ou s'il l'avait déjà refaite, idée vite remplacée par l'irrésistible envie de passer ses mains dans les mèches soyeuses. Le japonais put même sentir l'odeur sucrée de sa peau mêlée au parfum du gel douche à la mûre quand il s'approcha. Il déglutit difficilement.

- Duo…tu es en train d'inonder tout l'appart avec tes cheveux mouillés….

- Oups, grimaça le natté en se retournant pour constater qu'effectivement il répandait de l'eau partout. Pardon, Heero….mais je te promet que j'essuierai tout….

Il avait répondu avec un sourire et Heero fut incapable de lui en vouloir car il avait surtout fait cette légère remontrance pour tenter de calmer ses sens enflammés. Mais il dut se rendre à l'évidence quand sa main frôla celle de Duo alors qu'il prenait le téléphone : Il avait de plus en plus de mal à se contenir face au danseur.

Heero parvint néanmoins une fois de plus à résister et il s'écarta, pour plus de prudence, tandis que Duo portait le combiné à son oreille.

- Duo Maxwell, j'écoute….

- Bonjour mon ange

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(POV Heero.)

Quelque chose ne va pas.

Duo a brutalement pâli et il semble complètement paniqué.

Il avale douloureusement sa salive et se passe la langue sur les lèvres. Ce geste pourrait être tout simplement érotique si ses yeux n'avaient pas cette lueur affolée.

J'essaie de comprendre ce qui se passe mais je n'entends que la moitié de la conversation.

- Depuis quand ?

Sa voix n'est qu'un murmure et elle tremble.

- Je ne suis pas sûr que…..

Chaque mot a du mal à passer ses lèvres.

- Tu me le promet ?

Un léger espoir semble l'envahir à cette phrase.

- Quand ?...

…….

- D'accord….

Il raccroche le téléphone avec lenteur et je vois que maintenant ce sont ses mains qui tremblent. Bon sang…Qui était son interlocuteur et qu'a-t-il bien pu lui dire pour le mettre dans un tel état.

Il passe près de moi sans me regarder alors qu'il se dirige à nouveau vers une autre pièce. Mais avant de sortir du salon, il s'arrête. Il me tourne toujours le dos mais sa tête est penchée vers moi, ses cheveux masquant une partie de son visage.

- Heero, fait-il dans un souffle.

- Oui ?

- Je ne t'ai jamais rien demandé mais….tu pourrais me rendre un service ?

- Bien sûr, si c'est dans la limite de mes moyens.

Je vois ses épaules se tendre sous l'étoffe moelleuse du peignoir. Ce qui va me demander à l'air d'être pénible pour lui.

- Je…Je dois sortir ce soir…Tu pourrais… avancer mon show pour que je finisse plus tôt ?

C'est ça qu'il voulait me demander ? Je ne comprends pas pourquoi il se met dans un tel état pour une simple sortie. Mais si c'est tellement important pour lui, je me vois mal le lui refuser.

- Sans problème. Je vais aller changer le programme de la soirée.

Il se retourne et se rapproche doucement de moi. J'ai comme un mouvement de recul en voyant le sérieux de son regard. Il n'est plus qu'à quelques centimètres de moi et quand il ouvre la bouche, son souffle caresse délicatement mon visage.

- Et j'aimerais….que tu n'en parles à personne…Personne, c'est clair ?

Je ne peux qu'hocher la tête, incapable de prononcer le moindre son. Mais ma réponse semble lui convenir. Il se détend d'un coup et les larmes apparaissent dans ses yeux. Il se penche vers moi et ses lèvres effleurent ma joue un instant avant de disparaître alors qu'il se recule. J'entends un faible « merci » pendant qu'il se détourne de moi et se précipite dans sa chambre.

Je reste sans voix quelques minutes. J'ai du mal à comprendre tout ce qui s'est passé en si peu de temps depuis que j'ai décroché le téléphone.

Puis je me ressaisit et je sort de l'appartement pour aller faire ce qu'il m'a demandé. Mais une question tourne sans fin dans ma tête :

Duo…qui est ce « vieil ami » ?

(Fin du POV)

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Heero finissait de ranger la salle, la soirée était terminée depuis peu et il venait de refermer la porte du club sur la nuit noire et pluvieuse. Il était seul ce soir. Quatre et Trowa s'étaient offert une escapade en amoureux depuis le début de l'après-midi et n'étaient pas encore rentrés. Le japonais soupira : au moins il n'avait pas eu à leur mentir concernant la sortie de Duo.

Un peu plus tôt, le jeune homme avait traversé la salle bondée après un numéro aussi réussi que d'habitude et il avait quitté le club, l'air à la fois impatient et très nerveux. Heero avait eu très envie de le suivre mais iln'en avaitrien faitcar si Duo avait souhaité sa présence à ses cotés, nul doute qu'il lui aurait dit. Néanmoins, le brun ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Bien qu'il ne soit plus un enfant, Duo était encore fragile, pour Dieu sait quelle raison, et le fait qu'il ne soit toujours pas revenu ne permettait pas à Heero de se calmer.

Il allait enfin s'autoriser à monter se coucher quand un bruit sourd, provenant de l'entrée des artistes dans les coulisses, résonna dans la grande salle vide. Intrigué, Heero s'avança vers la porte donnant sur la petite ruelle qui longeait le club.

Il l'ouvrit d'un geste et s'immobilisa brusquement. Devant lui se tenait Duo, en équilibre précaire contre l'encadrement de la porte. Il n'avait plus son manteau, ses vêtements trempés collait à son corps tremblant et sa chemise déchirait montrait sa peau rendue presque bleue par le froid. Mais ce qui alarma le plus Heero fut son visage. De ses yeux vides et fixes, les larmes coulaient sans s'arrêter sur ses joues, se mêlant à la pluie ; un filet de sang s'écoulait de ses lèvres ainsi qu'autre chose…une substance blanche que Heero identifia immédiatement mais que son cerveau refusait de reconnaître.

- Duo….

Sa voix n'avait été qu'un souffle, à moitié bloqué dans sa gorge, il se demandait même si c'était bien lui qui avait prononcé ce prénom de cette façon désespérée. L'interpellé l'avait cependant entendu, il releva la tête et essaya de bouger. Mais ses jambes lâchèrent sous lui et il s'effondra en gémissant dans les bras d'Heero.

Celui-ci tenta de le maintenir debout. Ce fut difficile mais il y parvint malgré tout. C'est alors que le souffle chaud de son ami frôla son cou.

- Il m'avait promis….promis qu'il avait… changé….

Heero ne saisit qu'après coup ce que Duo avait murmurait. Il releva le visage du natté et essaya d'obtenir davantage d'explication.

- Qui t'a fait ça, Duo ? Répons-moi…

Les yeux vagues du jeune homme semblèrent enfin se poser sur lui et le reconnaître mais les mots qui sortirent de sa bouche ne furent pas ceux espérer.

-Heero….Tu ne dois pas ….me toucher…. Ne me touche pas !

Il posa ses mains sur le torse du brun comme pour le repousser mais ses paupières se fermèrent brusquementdans unmurmure indistinct et il s'évanouit. Heero ne perdit pas une seconde de plus. Sans penser à refermer la porte, il traversa le club jusqu'à l'escalier qu'il monta en courrant et s'engouffra dans leur appartement, tenant précautionneusement dans ses bras le jeune homme inconscient. Heero le porta dans sa chambre où il n'était jamais entré et le posa délicatement sur le lit. Il s'élança ensuite rapidement jusqu'à la salle de bain d'où il revint les bras chargés de serviettes. Il entreprit de déshabiller complètement le danseur avant de l'essuyer vigoureusement, tentant de ne pas penser à la peau nue sous le tissu éponge. Quand Duo fut complètement sec, cheveux compris, Heero laissa tomber toutes les serviettes sur la moquette et l'examina attentivement pour déceler une éventuelle blessure. Il fut soulagé de n'en trouver aucune mais son regard se fixa sur de fines cicatrices blanches, qui barraient l'aine sur le coté droit. D'où provenaient-elles ?

Ne voulant pas s'appesantir sur cette question, le japonais fit glisser le corps inconscient sous les couvertures, veillant à ce que ses mains ne s'attardent pas plus que nécessaire sur la peau douce et tentante. Duo était si beau, ainsi abandonné, un pur appel à la luxure mais Heero fit tout pour y résister et ne pas profiter de la situation. Il attrapa la chaise de bureau qu'il rapprocha près du lit et se prépara à passer une nuit de veille au chevet de son ami, gémissant et tremblant dans son lit.

Mais son esprit ne put trouver le calme. Même lorsque plus tard épuisé, il s'endormit, son sommeil fut agité, perturbé par ses incessantes interrogations.

Qui était la personne avec qui Duo était sorti ce soir ?

Duo avait été agressé…..Est-ce par cette même personne ?

Et si oui,…..Pourquoi ?

A SUIVRE.

Voilà encore un chapitre de fini.

Il y a encore quelqu'un de vivant ou vous avez tous péris de frustration et d'angoisse pour Duo ?

A moins que vous ne soyez en train de préparer mon exécution pour les mêmes raisons ?

Toujours est-il que j'ai encore une fois longuement hésité à couper ce chapitre en deux, pour finalement tout laisser tel quel. Il se passe donc beaucoup de choses dans ce chapitre mais j'espère que ce n'est pas pour vous déplaire.

Est-ce le cas ou c'est trop nul pour mériter une petite review ?

A vous de voir.

Kiki