Auteur : Magical Girl Kiki

Titre : M'emmèneras-tu au paradis ?

Série : Je crois bien que j'utilise les persos de gundam Wing.

Genre : UA et par conséquent OOC. Angst toujours, un petit chouia de romance…Attention, même si je ne montre rien, il est question d'un sujet interdit aux enfants.

Disclamer : PAS A MOI !

Chtite note : Dans cette histoire, je considère que les personnages sont dans un pays où la majorité est à 21 ans. Ce n'est donc pas une erreur quand je dis qu'à 18 ans, Duo et Quatre étaient mineurs.


Rar pour les non inscrits et qui ne m'ont pas laissé de mail, sinon j'ai répondu à tous le monde?.

Polaris: Tu me vois ravie que mon histoire te plaise autant, mais pourvu que la suite ne te déçoive pas. Merci beaucoup pour ta review. J'ai fait aussi vite que possible mais j'ai eu de gros problèmes pour pouvoir écrire et poster. Je suis pardonnée avec ce nouveau chapitre?( je croise les doigts). Bonne lecture.

Babou: Merci beaucoup pour la review. Je te promets que tu auras toutes les réponses concernant Duo dans ce chapitre mais s'il reste unpoint obscure, dis le et j'y répondrai du mieux possible. Quant à savoir si Heero permettra au natté de retrouver son équilibre, je ne dirai qu'une chose: le chemin est encore lond et parsemé d'embuches. Merci encore pour les encouragements et bonne lecture.


Chapitre 6 : Un ange en enfer.

Quatre s'installa dans le canapé et Heero s'assit sur la table basse, afin de pouvoir lui faire face pendant leur discussion. Le blond leva un regard fatigué sur son ami et soupira une fois de plus.

- Avant de tout t'expliquer, commença Quatre, je voudrais savoir ce qui s'est passé pour que Duo se retrouve dans cet état.

- Moi aussi, j'aimerais savoir, lâcha Heero d'un ton morne. Je peux simplement te dire ce que j'ai vu….

- Ok, on va essayer de comprendre avec ce qu'on a.

- Il faut d'abord que tu saches que Duo m'avait expressément demandé de ne rien te dire. Mais en voyant son état, j'avais prévu de lui désobéir et de tout te raconter tout à l'heure. Il m'en a empêché en montant sur scène.

- Que voulait-il me cacher ?

- Hier après-midi, il a reçu un coup de téléphone. Je ne sais pas qui c'était mais il a paru complètement bouleversé. Il m'a ensuite demandé d'avancer son numéro pour qu'il puisse sortir pendant la nuit. Je n'avais aucune raison de le lui refuser et il est parti juste après être descendu de scène. Il n'était toujours pas rentré quand j'ai fermé le club. Je m'apprêtais à monter me coucher quand j'ai entendu du bruit venant de l'entrée dans les coulisses. En ouvrant la porte, je suis tombé sur Duo…Il était dans un état épouvantable…

- Comment ça, murmura Quatre de plus en plus inquiet.

- Il avait perdu son manteau et était trempé de la tête aux pieds, littéralement frigorifié également. Sa chemise était déchirée et il avait….qui coulait de sa bouche….du sang et du…sperme….

- QUOI, hurla le blond en se relevant les poings serrés. Tu veux dire qu'il a été sexuellement agressé ?

- Oui, acquiesça Heero en levant les yeux vers lui. Rassis-toi s'il te plaît…Oui, il a été agressé, reprit-il quand Quatre fut de nouveau sur le canapé. Mais je suis sûr qu'il a pu échapper à son agresseur à temps….Il s'est évanoui et je l'ai porté jusqu'à son lit. Je l'ai déshabillé et séché. Il ne portait aucune autre blessure ou trace que celles aux lèvres.

Quatre émit un minuscule soupir de soulagement en entendant ça. Mais il ne semblait pas plus calme, les paroles de Heero faisaient remonter de sombres souvenirs.

- A propos de blessures, fit le japonais, j'ai vu ses cicatrices sur l'aine. D'où viennent-elles ?

- Je vais te le dire, assura le blond d'une voix triste, mais après. Continue, s'il te plaît. Que s'est-il passé ensuite ?

- Quand Duo s'est réveillé en début d'après-midi, il était aussi malade que maintenant. J'ai essayé de lui faire raconter ce qui lui était arrivé mais la seule chose qu'il m'a dit, c'est de lui foutre la paix et de ne prévenir personne, pas même et surtout pas toi. Je lui ai ordonné de rester au lit toute la journée et ce soir aussi mais tu as bien vu qu'il ne m'a absolument pas écouté.

- Cela ne m'étonne pas, remarqua Quatre avec un léger sourire. Duo ne peut se passer de la scène, il en a besoin….

- Je sais, il me l'a déjà dit mais là, je pensais qu'il ferait attention à sa santé avant de ne penser qu'à son show.

- C'est plus compliqué que ça, marmonna-t-il…

- En tout cas, ce soir, j'ai interrogé Alex pour savoir s'il avait vu avec qui Duo était parti.

- Et, demanda Quatre, s'attendant au pire.

- Il l'a vu s'en aller avec un homme, la trentaine, les cheveux blonds/châtains et ….

- Et un charisme extraordinaire, finit lugubrement le blond.

- Comment tu le sais ?

- J'aurais voulu avoir tort, crois-moi… D'après ce que tu me dis et le comportement de Duo, ce qu'il voulait me cacher, ça ne peut être que lui. Mais j'aurais tout donné pour avoir tort, lâcha-t-il d'une voix éteinte.

Heero se leva et vint s'asseoir aux cotés de Quatre. Il lui releva le menton d'une main et plongea dans ses yeux bleus remplis de larmes.

- Explique-moi, demanda-t-il simplement.

- Cet homme s'appelle Treize Khushrénada, commença Quatre dans un murmure. Nous l'avons rencontré en boîte il y a plus de cinq ans. Duo et moi avions alors 18 ans, nous étions insouciants, pleins de rêves et d'espoirs. Treize en avait 25 et avait tout pour lui : beaucoup d'argent, la beauté et la prestance d'un prince charmant. Duo a été littéralement subjugué, envoûté. Ils sont rapidement sortis ensembles malgré leur différence d'âge et le fait que Duo soit mineur. Au début tout allait bien, Treize était attentionné, prévenant et tendre, le petit ami parfait…

- Mais ça n'a pas duré, fit Heero pour l'encourager.

- Non, en effet. Duo lui avait offert son cœur sans hésiter mais il m'avait confié qu'il n'était pas encore prêt à faire pareil avec son corps, même s'il l'aimait. Treize se faisait de plus en plus pressant à ce sujet, son comportement changeait, son masque de séducteur tombait et j'en suis venu à me poser des questions sur lui. Grâce aux relations de mon père, j'ai réussi à en savoir plus. Il n'y avait rien de vraiment louche au premier abord mais en creusant un peu, j'ai découvert qu'il avait de nombreuses affinités dans des milieux peu recommandables. J'ai aussitôt voulu dire tout cela à Duo.

- Et il ne t'a pas écouté…

- Il n'en a pas eu l'occasion cette fois là, et après il niait désespérément la réalité…. Je savais qu'il passait le week-end chez Treize et j'ai décidé de le rejoindre pour lui parler.

- Tu n'as pas eu de problème pour entrer chez lui ?

- Non, j'y étais déjà venu plusieurs fois mais surtout je mettais très attaché, et c'était réciproque, à un jeune homme que Treize avait recueilli et employait soi-disant en tant que secrétaire. J'ai découvert plus tard qu'en fait, il le maintenait presque prisonnier et s'en servait comme esclave sexuel….

- C'était Trowa, n'est-ce pas ?

- Comment as-tu deviné, demanda Quatre étonné.

- Tu as toujours une lueur spéciale dans les yeux quand il est près de toi ou que tu parles de lui.

- Je l'aime….c'est tout….Trowa m'a donc laissé entré et nous sommes partis à la recherche de Duo…. C'est moi qui l'ai trouvé, laissa tomber le blond.

- Comment ?

- J'ai ouvert la porte d'une chambre et il était là…. attaché sur le lit, pleurant et hurlant de douleur pendant que Treize le violait sauvagement. Je ne me rappelle pas grand-chose après, je me suis évanoui en voyant ça. Les dernières choses que j'ai perçues avant de tomber, c'est le visage de Trowa, la voix de Treize lui ordonnant d'aller s'amuser avec moi dans une des autres chambres et les cris déchirants de mon meilleur ami.

- Trowa l'a fait, déglutit Heero, il t'a… ?.

- Non ! Quand je me suis réveillé, il m'avait allongé dans un lit mais il ne faisait que me veiller en attendant que je revienne à moi. Il ne m'a jamais touché sans mon consentement….Mais j'avais alors vu ce qu'était Treize: un véritable monstre.

- Et Duo….

- Je ne sais pas comment ni pourquoi mais il a pardonné à Treize et il est resté avec lui. J'ai tout fait pour l'en dissuader, pour le forcer à le quitter. En vain, Treize avait une telle emprise sur lui qu'il acceptait tout sans se révolter… C'est ainsi qu'il l'a obligé…à se prostituer.

- PARDON, cria Heero incrédule et stupéfait. Duo s'est prostitué pour ce salaud ?

- Oui. Treize le vendait à une clientèle fortunée complètement sous le charme de sa beauté. Tu es bien placé pour savoir que, même sans le vouloir, Duo est capable de déchaîner les passions. Il était rapidement devenu la putain favorite de vieux pervers riches, prêts à dépenser une fortune pour avoir « l'ange déchu », c'est le nom sous lequel il était connu dans le milieu. Jusqu'à ce que…

- Que quoi, interrogea Heero.

- Un soir, Duo nous avait donné rendez-vous, à Trowa et moi, dans un hôtel pour qu'on puisse passer un peu de temps ensembles. Nous sommes arrivés en avance. Ce que nous ne savions pas, c'est que la suite où il nous attendait, était un des lieux où Treize faisait venir ses clients. Nous avons trouvé Duo avec l'un d'eux. Il a …Ce vieux dépravé, un politicien pourri, était saoul. Il a battu Duo jusqu'au sang pendant qu'il abusait de lui. Il a même sorti un couteau et l'a poignardé à plusieurs reprises. C'est de là que viennent les cicatrices que tu as vues. Quand Trowa et moi sommes arrivés, il s'apprêtait à partir comme si de rien était, laissant Duo baigner dans son sang. Mais quand nous avons ouvert la porte, des employés passaient dans le couloir, ils ont tout vu et ont immédiatement maîtrisé ce salaud pendant que nous appelions une ambulance et la police.

- Comment Duo a réagi après ça ?

- Il s'est réveillé à l'hôpital trois jours plus tard, il avait perdu une grande quantité de sang et a bien failli rester handicapé à vie. Mais quand il a ouvert les yeux, il a eu une sorte de déclic. Il a enfin compris que Treize était une ordure et nous l'avons dénoncé pour proxénétisme et agression sexuelle sur mineur. Le procès s'est tenu à huis clos en raison des personnalités impliquées. Le client a été condamné pour tentative d'homicide volontaire mais il s'est suicidé juste après le verdict. Treize en a pris pour cinq ans de prison.

- Pas plus que ça ?

- Non. A cause d'un vice de forme ou quelque chose comme ça. Duo a eu beaucoup de mal à s'en remettre. C'est après le procès qu'il a commencé à danser, pour oublier, pour exorciser son mal. Mais son esprit a trouvé une autre manière de le faire,…. il a développé une seconde personnalité.

- Quoi, Duo est schizophrène, s'étonna Heero.

- Oui et d'après son psychiatre, à un stade particulièrement aigu. Il a un suivi médical très lourd, de nombreux cachets à prendre chaque jour, c'est de ça que je parlais tout à l'heure

- Comment tu sais tout cela ? Et pourquoi tu m'en parles ? Ca relève du secret professionnel.

- Je crois que tu as besoin de savoir pour comprendre. Et pour répondre à ton autre question, il se trouve que son psy est une de mes sœurs, Iria, mais tu sais également que je fais des études de psychologie…

- Bien sûr, tu es même sacrément doué, à ce que j'ai pu voir.

- Merci. Duo m'a proposé d'être le sujet de ma thèse de fin d'étude. Je suis autorisé à avoir tous les comptes-rendus de ses séances ainsi que les conclusions de ma sœur. Et en même temps, je suis chargé de le surveiller, si jamais il ne se contrôle plus.

- Duo schizophrène, murmura Heero en secouant la tête. J'ai du mal à m'y faire…

- En es-tu sûr ? Rappelle-toi quand je vous ai surpris dans les escaliers. Tu étais en face de Shinigami, cette personnalité qu'il s'est forgé pour surmonter son traumatisme. D'habitude, il ne le laisse « sortir » que sur scène afin de se défouler sans risque mais à ce moment-là, il avait arrêté son traitement sans nous en parler et il a fait une crise.

- Maintenant que tu le dis, c'est vrai que j'avais remarqué quelque chose de ce genre, l'impression que c'était lui et en même temps quelqu'un d'autre. Pareil quand il est monté sur scène tout à l'heure, c'était Duo et pas Shinigami qui dansait…. Mais cela n'explique pas son attitude envers moi depuis qu'on se connaît. Pourquoi il m'a allumé de cette façon à plusieurs reprises pour me repousser à chaque fois ?

- Le fait qu'il ne prenait plus son traitement est une explication. Mais je crois surtout que c'est parce qu'il tient à toi…

- De quoi tu parles ?

- Duo est fragile psychologiquement, il y a un paradoxe émotionnel dans son esprit. Il est attaché à toi par ce qui est, selon moi, plus que de l'amitié. C'est la première fois que ça arrive en cinq ans. Depuis le procès, il n'a connu personne, tu es le premier à l'avoir fait réagir aussi bien émotionnellement que physiquement, comme ça a été le cas quand vous vous êtes rencontrés dans le métro.

- Il est a parlé, demanda Heero dans un murmure et en rougissant.

- Oui…Sa propre réaction l'a tellement perturbé et effrayé qu'il a fini par se confier pendant une séance. C'est pourquoi je sais qu'il tient à toi. Mais il n'ose pas se laisser aller car il a peur de souffrir de la même manière qu'avec Treize. Tu es à la fois un facteur aggravant à son état mais également bénéfique et je crois qu'il n'arrive pas à gérer ça….Et le fait que Treize soit sorti de prison ne va rien arranger. Il est d'un calme extraordinaire, quasiment à toute épreuve, il est manipulateur et très intelligent, ce qui le rend encore plus dangereux. Mais surtout il est extrêmement possessif et considère depuis toujours Duo comme un trophée….Il fera tout pour le récupérer….

Le silence s'installa dans le salon, laissant aux deux jeunes hommes le temps d'assimiler tout ce qu'ils avaient dit et entendu.

Mais leurs réflexions furent de courte durée. Un bruit sourd leur fit tourner la tête en direction du couloir menant aux autres pièces et ils virent Duo entrer en titubant, emmitouflé dans sa robe de chambre, encore visiblement faible.

Personne n'osa parler, Quatre et Duo se fixant intensément, semblant se défier du regard. Cela ne dura cependant que quelques secondes et ce fut Duo qui détourna les yeux. Mais Quatre ne sembla pas du tout soulagé de ce qu'il avait pu lire dans les pupilles améthystes : honte, désespoir, culpabilité, douleur… Cela avait au contraire confirmé ses craintes concernant le responsable de cette situation. Il s'avança vers son ami et le serra brièvement mais avec force contre lui pour lui montrer son soutien inconditionnel. Il le relâcha légèrement alors que Duo gardait le tête baissée.

- Duo, commença le blond…je ne te poserais que deux questions, mais quoique tu me dises, je veux que tu saches que je ne te jugerais pas….Alors : Pourquoi as-tu accepté de le rejoindre hier soir ? Et…..est-ce que tu l'aimes encore ?

- Parce qu'il m'avait promis qu'il avait changé et comme un imbécile, je l'ai cru alors que je sais au fond de moi, que ça n'arrivera jamais. Et non, je ne l'aime plus, avoua-t-il en relevant les yeux.

Quatre parut enfin s'apaiser en entendant ça et hocha doucement la tête, il fit un triste sourire à son ami, avant de le lâcher et de se diriger vers la porte d'entrée. Il sortit de l'appartement, non sans un dernier regard douloureux vers Duo. Constatant au silence qui régnait dans le club que la soirée était terminée, il prit la direction de sa propre chambre afin de retrouver Trowa. Avec tout ce qui s'est passé ce soir et les souvenirs douloureux que cela avait fait ressurgir, il avait besoin d'être réconforté par les bras de son amant. Mais surtout, Heero et Duo devaient maintenant parler seul à seul. C'est pourquoi Quatre n'était pas resté plus longtemps avec eux. Même s'il appréhendait ce qui allait advenir, il devait les laisser s'expliquer.

Dans le salon, Duo fixait sans la voir la porte que Quatre avait franchie, Heero, lui, ne quittait pas des yeux le jeune homme. Le silence et l'absence de réactions du danseur l'inquiétaient beaucoup. Il fallait qu'il le fasse réagir. Sa voix résonna alors dans la pièce.

- Je comprends ce que tu peux ressentir…Tu t'en veux, tu as l'impression d'avoir trahi sa confiance et son amitié en ne lui disant rien…

- TAIS-TOI, cria Duo en se tournant vers lui le regard brûlant de rage. Tu ne sais rien…

- Détrompe-toi, fit Heero en avançant près de lui. Quatre m'a TOUT raconté.

- Il n'en avait pas le droit, cracha-t-il en repoussant brutalement le japonais. Tu n'es rien, seulement le gérant du club de mon oncle, tu n'as pas à te mêler de ma vie privée….

- Tu le prends comme ça, répondit le brun gagné à son tour par la colère. Et bien, en tant que gérant, je devrais te donner un blâme pour avoir défier mon autorité en menaçant un employé et aussi pour ta conduite de tout à l'heure sur scène. Tu as mis ta vie en danger en jonglant avec ces couteaux alors que tu étais malade. De plus, tu as failli blesser un client et porter ainsi préjudice au club…. Bon sang, Duo… tu m'appelais à l'aide pendant ton numéro,…. dans chaque geste, dans chaque parole, c'est à moi et à moi seul que tu demandais de te « sauver » et là, tu me rejettes alors que je ne cherche qu'à t'aider. Je croyais pourtant que nous étions amis…

- Amis ? Laisse-moi rire. Quand on s'est rencontré pour la première fois dans le métro, j'ai parfaitement compris ce que tu voulais de moi. La seule chose que tu veux, c'est pas mon amitié, c'est mon corps.

La fureur brillait violement dans leurs yeux mais ceux de Duo étaient encore légèrement voilés par la fièvre. Heero n'y fit cependant pas attention, trop blessé par les paroles pour comprendre ce que cachaient ses mots cruels.

- Ah c'est comme ça…Et bien au moins maintenant, je sais ce que je dois faire pour l'avoir. Il suffit que j'allonge le fric pour que tu écartes les cuisses comme la petite pute que tu es….Alors MONSIEUR « l'ange déchu », quel est ton prix ? 50, 100, 200 ou peut-être 500 ? COMBIEN JE DOIS PAYER POUR TE BAISER ? HEIN, COMBIEN ?

Au fur et à mesure que Heero hurlait ces insultes, Duo devenait blafard, ses yeux étaient écarquillés de terreur, le simple fait d'avaler sa salive lui donnait envie de vomir. Ces insultes, elles faisaient remonter le dégoût de lui-même qu'il avait difficilement enfoui grâce à la thérapie. Ces insultes, il les encaissait comme autant de gifles…ou de coups de poignard…..

Quelque chose sembla soudain se briser dans son esprit et il se retrouva brutalement cinq ans en arrière, ce fameux soir où il avait failli mourir sous les coups de son client :

Pute de luxe docile et soumise aux caprices parfois tordus de ses clients…mais pas par choix, par nécessité, ni par amour…

Non !

Seulement….parce qu'il était….

Un enfant perdu à qui on a volé, arraché son innocence…

Incapable de se débattre ou de dire non…

Spectateur horrifié mais trop faible, assistant à sa propre déchéance…

Paralysé par l'écœurement et la peur…

Prisonnier de son propre corps meurtri….

Sans réaction….

Sans vie….

Inconscient du malaise intérieur de son ami, Heero avait sortit de sa poche son portefeuille et en avait tiré une liasse de billets. D'un geste rageur, il les lança brutalement à la figure de Duo. Le jeune homme détourna la tête sous l'attaque et fit un pas en arrière. Il buta contre le canapé et perdant l'équilibre, il tomba dessus, presque sonné mais le choc l'avait en partie ramené à la réalité.

Alors que Heero profitait de sa chute pour se jeter sur lui, le plaquant contre les coussins avec son propre corps, cherchant à le déshabiller, Duo essaya de se débattre, pleurant et murmurant une vaine suite de « non » et il tenta même de frapper Heero de ses poings. Mais il était encore affaibli et incapable de repousser le japonais.

Heero réussit enfin à dénouer la ceinture de la robe de chambre et en écarta les pans, dévoilant la peau blanche et satinée. Une main se posa sur la taille fine du jeune homme et s'immobilisa complètement. Mais Duo, terrorisé, ne le remarqua pas. Son corps se crispa un instant au dessus des coussins puis se détendit d'un coup. Il retomba lourdement sur le canapé et éclata en sanglots, les bras ballants, la tête tournée de coté, les yeux fermés et le visage inondé de larmes.

Résigné à ce qu'il allait arriver….

Mais Heero n'avait jamais eu l'intention d'abuser de son ami. Il avait simplement voulu le tirer de l'apathie dans laquelle la situation l'avait plongé, il avait voulu le faire réagir. Il y était parvenu mais à quel prix…

Comme d'habitude face à Duo, il avait perdu le contrôle de ses actes et de ses émotions. Même s'il s'était arrêté à temps, d'extrême justesse et grâce à un immense effort, il s'était laissé emporté, il était allé trop loin. Il avait répondu à la colère de Duo, colère qu'il avait provoquée, en étant encore plus violent et cruel dans ses paroles que le natté. Faisant ainsi ce qu'il s'était juré d'éviter : il avait blessé Duo…

Heero posa une main sur le canapé pour se redresser et l'autre glissa de la taille à la joue de Duo, où elle essuya lentement les larmes du jeune homme. Duo sanglota de plus belle, croyant que cette douceur n'était qu'un leurre et attendant avec angoisse et impuissance de subir un énième viol. Heero fut désemparé de voir que ces gestes tendres n'avaient pas l'effet espéré, il tourna délicatement le visage du natté vers lui et l'appela d'une voix douce.

- Duo ….Duo, s'il te plaît….ouvre les yeux.

Les pupilles améthystes furent dévoilées avec réticence et Heero y découvrit un océan de douleur. Il se remit immédiatement à parler, de peur que Duo ne referme les yeux et ne voit pas la sincérité qui brillait dans les siens.

- Duo, même si je te désire comme un fou, la différence entre Treize et moi, c'est que JAMAIS je ne te toucherais de cette façon si tu ne le veux pas. JAMAIS, tu m'entends, JAMAIS je ne te ferais du mal. Je n'ai jamais payé ou forcé mes partenaires pour coucher avec eux….et je ne vais sûrement pas commencer avec toi…

Pendant qu'il parlait, il avait commencé à caresser lentement les cheveux de Duo sans le quitter des yeux afin de l'apaiser. Il fallut de longues minutes avant que celui-ci puisse croire ce qu'Heero avait dit. Il accepta enfin de se détendre légèrement, peu à peu rassuré par les gestes du japonais. Sa peur était toujours présente mais il voulait se prouver que ce qu'il avait entendu était vrai et qu'il pouvait de nouveau faire confiance à quelqu'un, laisser son cœur anéanti à quelqu'un qui puisse le réparer…. A quelqu'un ?...A Heero…? Oui, il avait envie d'essayer, même s'il crevait littéralement de peur….

Alors, lentement, très lentement, Duo releva son visage vers celui qui le surplombait. Heero n'osa croire ce que ce geste pouvait signifier. Il attendit, avec une patience dont il ne se croyait pas capable, que son ami exprime ce qu'il voulait. Voyant qu'il attendait une confirmation, Duo hocha la tête une seule fois et continua son approche hésitante. Heero inclina alors doucement la tête à sa rencontre. Ils se rapprochaient doucement, puis sans s'en rendre compte, ils fermèrent les yeux. Et un instant plus tard, leurs lèvres se rejoignirent.

Ce fut au début un baiser des plus chastes, une simple pression initiée avec angoisse par le plus jeune à laquelle Heero répondait ardemment sans pour autant chercher à la contrôler. Il ne voulait pas que Duo se sente contraint ou agressé alors qu'il avait prit sur lui et fait le premier pas.

Mais rapidement, Duo ouvrit les lèvres en une demande désespérée, sa main droite alla violement se perdre dans les mèches brunes et appuya fortement sur la nuque du japonais, la griffant profondément. Heero comprit alors ce que Duo demandait. Sa soudaine brutalité était un appel au secours, une prière pour un réconfort qu'il ne croyait jamais pouvoir atteindre.

Sans hésiter, Heero ouvrit la bouche et leur langue se touchèrent. Duo se calma aussitôt. Le baiser redevint doux et le japonais n'exigea rien de plus, se contentant de le rassurer en faisant danser leur langue doucement.

A bout de souffle, il se redressa un peu, détachant à regret leurs lèvres et rouvrit les yeux. Il regarda le visage presque serein de Duo, ses paupières encore closes, ses joues rougies et sa bouche écarlate d'où s'échappait un souffle pas vraiment maîtrisé.

Il ne put résister à la tentation de goûter une fois de plus à ces lèvres encore humides de leur précédent baiser. Il se pencha à nouveau vers elles mais n'y arriva jamais. Des doigts tremblants se posèrent sur sa bouche.

- Non, murmura Duo les yeux toujours fermés. Pardonne-moi, Heero…Mais, un seul baiser…c'est tout ce que je suis capable de te donner pour l'instant…

Désemparé par ce nouveau rejet, Heero s'écroula, enroulant ses bras autour du corps élancé du danseur et il étouffa dans son cou un grognement. Il comprenait que Duo soit trop fragile et instable pour espérer qu'il se livre immédiatement, mais il n'arrivait pas à comprendre l'immense déception qui lui nouait l'estomac. Il ne pouvait se résoudre à en rester là, il voulait plus, même si ce qu'il obtenait pour le moment n'était pas ce qu'il désirait réellement. Il demanda alors d'une voix timide :

- Duo, s'il te plaît….donne-moi un peu plus, je t'en prie…Dors avec moi, juste dormir, rien d'autre….S'il te plaît, mon ange…

Heero sentit tous les muscles de Duo se tendre d'un coup. Il fut repousser sans brusquerie mais fermement et dut laisser le jeune homme tremblant se lever. Il se maudit en comprenant qu'il avait fait ou dit quelque chose qu'il ne fallait pas et qu'il avait ainsi anéanti le moment de tendresse qu'ils partageaient. Il vit Duo s'éloigner et resserrer sa robe de chambre avec des gestes fébriles et désordonnés, avant de croiser les bras sur sa poitrine en position défensive. Heero s'en voulut, il l'avait de nouveau blessé sans le vouloir. Il venait visiblement de perdre le peu de confiance qu'il avait réussi à gagner, Duo avait remis la carapace qu'il avait eu tant de mal à transpercer, redevenant inaccessible.

Le japonais vit le jeune homme se diriger vers les chambres d'une démarche mal assurée et il se leva d'un bond pour lui dire avant qu'il ne sorte:

- Duo…Pardon….J'ai dit et fait des choses que je ne voulais pas ce soir…Pardon… Je te respecte trop pour te traiter comme Eux l'ont fait…comme IL l'a fait…

Duo s'était arrêté quand Heero l'avait appelé et il avait écouté en silence. Puis il se tourna vers lui, une unique larme coulant sur son visage mortellement pâle et sérieux.

- Je le sais, Heero…Merci…Moi aussi, j'ai dit certaines choses et…. Pardon pour ça…. Non seulement tu es mon ami mais tu es très important pour moi… Néanmoins… N'utilise plus jamais le mot « ange » en ma présence…et encore moins « mon ange » ….Treize m'a toujours appelé de cette façon et je ne voudrais pas en venir à te haïr à cause de ça, lâcha-t-il d'une voix tranchante.

Il sortit ensuite du salon et un instant après, la porte de sa chambre se referma en un bruit sourd et presque lugubre. Heero resta longtemps debout le regard fixé sur le vide, incapable de bouger. Puis il s'effondra sur le canapé, les mains crispées sur le visage, un murmure rauque passant ses lèvres.

- Oh, Duo…

Le bruit de son cœur résonnait à ses oreilles jusqu'à lui donner la nausée, il se coucha sur le canapé en position fœtale pour tenter de réprimer un sanglot, qui, sans qu'il le sache, faisait écho à ceux que Duo étouffait dans ses draps en s'endormant.

A SUIVRE.


Ca y est, le passé de Duo enfin dévoilé et un début de quelque chose entre Heero et Duo.

Alors, vous avez aimé ? Oui, non, peut-être ?

Vous en pensez quoi ? Nul, pas mal, passionnant ?

Vous voulez la suite ?

Dites-moi tout.

Kiki