Auteur : Qui d'autre que Moi ?

Titre : M'emmèneras-tu au paradis ?

Série : Gundam Wing.

Genre : UA, yaoï, beaucoup de angst encore une fois pour ce chapitre…

Couple : 3+4+3. Quant à Heero et Duo, leur cas semble de plus en plus désespéré.

Disclamer : Il n'y a pas grand-chose à moi dans cette histoire, hormis le scénario. J'emprunte juste les g-boys et je ne me fais pas le moindre centime avec ces écrits.


Mes plus plates excuses! Je me prosterne devant vous pour implorer votre pardon pour ce retard interminable.

Je n'avais pas conscience que cela fait plus d'un an que je n'ai pas updaté cette fic. Oubli, manque d'inspiration, à moins que je ne plaide la folie passagère ( pas si passagère que ça) pour expliquer cette horrible situation.

Je n'ai pas répondu aux reviews et je m'en excuse mais je ne voulais pas vous faire attendre plus longtemps, maintenant que ce chapitre est écrit. Et à partir de maintenant j'y réponds dès que je les aurais.

Néanmoins je vous remercie tous infiniment pour avoir laissé quelques messages à mon attention, que ce soit des critiques, des menaces de mort ou des encouragements à écrire la suite.

Un grand merci donc à:

DemonLoulou / Didilove37 / Lucy-hp / Onarluca / Liline / Shiashini / White Damon / Heiji / Syt the Evil Angel / Echizen D Luffy / Aki no Sabaku / Wilam / Greynono / Nushan ynis / Choupi.

Et surtout merci de m'avoir secouée pour que j'écrive enfin la suite. Vos commentaires exaspérés par l'attente pour me motiver à écrire ont fait mouche.


Chapitre 8 : Culpabilité et colère.

La moto blanche s'arrêta en dérapant, les pneus crissant violement sur le bitume. Le conducteur n'eut pas le temps d'immobiliser l'engin que le passager sautait sur le sol. Celui-ci se mit aussitôt à courir, en détachant son casque les mains tremblantes. Il s'énerva sur l'attache mais sans ralentir sa progression, il finit par réussir à ôter sa protection, ce qui libéra une longue natte châtain.

- DUO ! Attends-moi !

Heero arracha les clés du contact et poursuivit le jeune homme qui s'engouffrait dans les urgences de l'hôpital Saint Gabriel. Quand le brun y entra à son tour, Duo harcelait l'infirmière à l'accueil pour obtenir le numéro de chambre de leurs amis.

D'un geste timide face à l'éclat quasi hystérique des pupilles améthystes, elle lui désigna un couloir. Duo s'y élança sans se soucier de Heero, slalomant difficilement derrière lui entre les médecins et les patients.

Au détour du couloir, Duo aperçut à quelques mètres de là un policier, prenant des notes tout en parlant avec Trowa. Le jeune danseur appela son ami qui tourna la tête vers lui. Heero sur ses talons, Duo les rejoignit rapidement. Il laissa tomber son casque à terre, où il atterrit dans un bruit sourd, et il enlaça désespérément le barman. En lui rendant son étreinte, Trowa eut une grimace de douleur, ce qui poussa Duo à le relâcher aussitôt.

- Pardon Tro… Que s'est-il passé ? T'es blessé ? Où ? Et Quatre ?...

Les réponses n'arrivèrent pas tout de suite. Trowa jeta un coup d'œil au policier à ses cotés et celui-ci referma son bloc note en souriant tristement.

- Ce sera tout pour l'instant, déclara-t-il avec douceur. Si jamais un détail vous revient, n'hésitez surtout pas à nous contacter. De notre coté, nous allons essayer de retrouver l'auteur de l'appel anonyme.

Il salua les trois amis d'un signe de tête et partit. Duo et Heero attendirent qu'il soit hors de vue pour questionner Trowa.

- Un appel anonyme, demanda le japonais. Mais bon sang, que s'est-il passé ?

- On nous a juste dit que Quatre et toi étiez à l'hôpital sans préciser ce qui vous était arrivé, continua Duo.

- Nous avons été agressés, laissa tomber Trowa dans un murmure. Quelqu'un a prévenu anonymement la police…même s'il était déjà trop tard….

Il baissa la tête quand les souvenirs revinrent brutalement dans son esprit à ces mots,…. la douleur physique, le rire diabolique et pervers de Treize….les yeux de Quatre brouillés par les larmes de souffrance….. Trowa releva les yeux et ses deux amis purent voir les perles salées qui menaçaient de couler.

- C'était Treize, lâcha-t-il d'une voix atone.

Duo eut un mouvement de recul, saisi par la panique. Heero s'approcha aussitôt pour passer un bras autour de ses épaules mais son ami se dégagea d'un geste brusque alors que les larmes commençaient à dévaler silencieusement ses joues. Ses pupilles emplies par l'angoisse fixaient celles de Trowa dans une demande muette. Celui-ci y répondit la gorge nouée.

- Quatre et moi étions partis chercher ton cadeau d'anniversaire….Il nous a coincés alors que nous avions pris le raccourci pour rentrer…..Il avait sept gars avec lui, complètement à ses ordres.

- Que vous ont-ils fait, questionna faiblement Heero.

- J'ai un bras cassé et trois côtes fêlées, sans compter pas mal d'hématomes……J'ai été tabassé par plusieurs d'entre eux pendant que Treize……Il a…Il a violé Quatre….

Duo se mit à secouer la tête comme pour se convaincre qu'il ne s'agissait que d'un cauchemar. Il ne cessait de lâcher faiblement une suite sans fin de « non » désespérés mais Trowa continuait, inexorablement.

- Pour moi, c'est plus impressionnant qu'autre chose….Je ne vais pas si mal finalement. Mais l'état de Quatre est beaucoup plus inquiétant. Du moins son état psychologique…..

- Comment va-t-il, articula péniblement le natté.

Trowa se tourna vers la porte fermée d'une chambre derrière lui mais ne fit aucun geste pour s'en approcher.

- Je ne sais pas vraiment, avoua-t-il d'une voix tremblante d'impuissance. Je n'ai pas pu le voir depuis qu'on a fini de me soigner. Mais on m'a dit qu'il n'avait pas prononcé le moindre mot depuis son réveil…Iria est à ses cotés en ce moment…et je ne peux qu'attendre sans rien pouvoir faire…

Il se tut un instant, la gorge nouée par l'angoisse, et hésita un peu avant de se décider à reprendre. Malgré la douleur que cela allait lui faire, il ne pouvait laisser Duo dans l'ignorance des motivations de Treize.

- Treize m'a chargé d'un message pour toi, souffla-t-il difficilement à son ami.

Trowa posa sa main valide sur l'épaule de Duo, essayant de paraître aussi calme que possible pour diminuer la culpabilité qui, il le savait, allait bientôt envahir son ami. Il lui répéta très exactement les paroles de ce monstre qui prenait un plaisir pervers à détruire leurs vies.

Chaque mot s'enfonça dans le cœur de Duo comme autant de coups de couteau. Sur son visage d'une pâleur cadavérique, ses yeux étaient vides et ternes. Et quand il parla enfin, sa voix était sourde et brisée. Mais ce qui alerta et effraya ses amis fut la profonde résignation qu'il y avait dedans.

- Ce que je dois faire ?... le rejoindre…C'est la seule solution pour empêcher….

- TU ES FOU, protesta véhément Heero. Dis-moi que ce n'est pas sérieux ? Tu ne vas pas faire CA ?

- TAIS-TOI, hurla Duo en se retournant vers lui. Tout est de ta faute. Si je ne t'avais pas écouté…si j'étais allé voir Treize….

- Si tu avais fait ça, c'est toi qui serait en ce moment dans un lit d'hôpital et peut-être même à la morgue…

- Peu m'importe ce qui peut m'arriver. Je ne veux pas que ceux que j'aime souffrent à cause de moi. Si tu ne m'avais pas retenu, rien de tout ceci ne serait arrivé. C'EST DE TA FAUTE.

- Est-ce que tu le penses vraiment, murmura le japonais.

Duo ne répondit pas mais son regard valait tous les discours du monde. Et pour la toute première fois depuis qu'ils se connaissaient, Heero fut profondément blessé par les mots que Duo lui avait crachés au visage, Dieu savait pourtant qu'ils avaient été nombreux et cruels pendant les multiples crises du jeune homme.

Heero le fixa de longs instants, interdit, attendant un mot ou un geste, n'importe quoi qui lui prouverait que Duo regrettait ses dernières paroles. Mais rien ne vint.

Alors la souffrance sur son visage laissa place à la colère, il serra les poings et sa mâchoire se crispa violement. Puis il fit demi-tour, les membres tendus et partit sous le regard noir de Duo et celui bouleversé de Trowa.

- DUO !

Le cri fit tourner la tête de l'interpellé et de Trowa, et ils découvrirent Quatre, soutenu par sa sœur. La chemise verte de l'hôpital accentuait son teint pâle, le rendant blafard, et ses traits crispés indiquaient clairement son état extrême de fatigue et de tension. Duo se jeta presque sur son ami mais avant même qu'il le touche, une gifle étonnement puissante du blond le propulsa au sol où il resta assis, amorphe. Quatre se pencha vers lui malgré son corps vacillant et articula d'une voix dure entre ses dents serrées.

- Ne dis pas et ne fais pas n'importe quoi, Duo…. Le seul coupable, c'est Treize….Et c'est pour cela que je vais porter plainte contre lui. Cela aurait dû être fait depuis longtemps mais par respect pour toi, nous n'avons rien fait...Il n'y a personne d'autre que lui à blâmer pour ce qui est arrivé. Ce n'est pas ta faute et encore moins celle de Heero.

Plusieurs secondes passèrent dans le silence pesant qui suivit cette déclaration. Et Duo qui avait écouté sans réagir, sembla enfin revenir à la réalité. Il releva la tête vers son meilleur ami, le regard perdu.

- Mon dieu, Quatre, gémit-il …..Qu'est-ce que j'ai encore fait ? ….. Heero… Je l'ai…J'ai…

Voyant la détresse de son ami, l'expression de Quatre s'adoucit un peu et il lui souffla de sa voix habituelle, au ton calme et maîtrisé.

- Il n'est peut-être pas trop tard. Va le rejoindre si tu ne veux pas le perdre.

- Mais…

- Pas de mais….Il ne peut être qu'au club. Tu y vas tout de suite, ordonna le blond.

Duo se remit lentement debout. Il regarda le blond dans les yeux et celui-ci se contenta de l'encourager en hochant doucement la tête. Le natté lui répondit d'un faible sourire. Puis il s'élança dans les couloirs de l'hôpital en direction de la sortie.

Quand Duo fut hors de vue, l'effort que Quatre s'était imposé pour sermonner son ami et rester debout eut raison de lui. Son corps chancela subitement, vidé de ses forces et il s'évanouit dans les bras de sa sœur, sous le cri paniqué de son petit ami.

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Duo ouvrit la porte du club et s'y engouffra en courant, le souffle court. Comme il l'avait craint, malgré un ridicule petit espoir, Heero ne l'avait pas attendu et avait quitté l'hôpital sans se retourner. Le natté s'était donc rué dans le métro pour tenter de le rattraper. Il avait pu constater par la fenêtre que les rues étaient en partie embouteillées et s'était dit qu'avec un peu de chance, il arriverait au « Heaven or Hell » juste après Heero.

Mais maintenant qu'il était dans la salle décorée pour la fête surprise que ses amis avaient organisée pour son anniversaire, mais désespérément vide, il avait peur d'être arrivé trop tard.

La démarche fébrile, il monta l'escalier qui menait à leur appartement et repoussant la porte entrouverte, il pénétra dans le salon, tendant l'oreille, le cœur battant à tout rompre. Il essaya de saisir le moindre bruit mais tout était sinistrement silencieux.

Rongé par l'angoisse, Duo avança vers la chambre de Heero. Mais passant devant la sienne, il s'arrêta brusquement en voyant une feuille punaisée sur la porte. Il leva les mains et la détacha doucement avant de lire. Ses yeux s'écarquillèrent au fur et à mesure qu'ils parcouraient les mots, et avant d'arriver à la fin, il se précipita vers la chambre de son colocataire, persuadé de la trouver vide. Il ouvrit la porte à la volée et elle alla se cogner contre le mur.

De dos, Heero était en train de sortir ses affaires des armoires pour les plier soigneusement. Le japonais se retourna légèrement pour voir qui venait de faire cette entrée fracassante et quand il vit Duo, il continua de remplir les valises qui étaient ouvertes sur son lit comme si de rien était.

Le soulagement que Duo avait ressenti en le voyant encore là, se dissipa aussitôt devant cette attitude glaciale et sa main se crispa nerveusement sur la feuille qu'il n'avait pas lâchée. La secouant en l'air pour appuyer ses mots, il demanda d'une voix rauque :

- Qu'est ce que c'est que ça ?

Heero poursuivit sa tâche sans répondre, ni même le regarder. Duo avança près de lui, empoigna son bras pour l'obliger à lui faire face et lui mit la feuille sous les yeux.

- Qu'est ce que c'est, répéta-t-il tremblant.

- Ca se voit non, cracha Heero. C'est ma lettre de démission.

- Je ne l'accepte pas, s'exclama Duo en déchirant la feuille en plusieurs morceaux. Tu ne peux pas partir !

- Et pourquoi pas, hein ?

Il se dégagea d'un geste rageur, obligeant Duo à reculer. Ses yeux cobalt brûlaient d'une fureur indescriptible et on pouvait voir à son corps tremblant qu'il faisait d'énormes efforts pour ne pas exploser totalement.

- J'en ai assez que tu joues avec moi, Duo…Tout à l'heure, tu me rejetais violement et maintenant, tu me demandes de rester ? Je ne suis pas un yoyo que tu peux manipuler à ta guise. Tu veux que je reste ? Alors donne moi une raison de le faire…Parce que là, franchement, moi, je n'en vois aucune…Je ne comprends plus rien…. Je ne sais plus où j'en suis, où on en est tous les deux….

Sa voix s'éteignit un peu plus à chaque mot prononcé, la colère laissant place à l'amertume.

- Donne-moi une raison de rester…. Une seule, lâcha-t-il dans un murmure.

Un silence lourd s'installa alors entre eux. Silence tendu pour Heero qui attendait, angoissé pour Duo qui cherchait à trouver les mots justes. Il savait ce qu'il aurait voulu dire mais n'y arrivait pas. Il hésita longtemps, tête basse, mais il parla enfin, même si ce n'était pas les mots qu'il aurait vraiment voulu prononcer et qu'ils étaient balbutiants.

- Tu ne comprends plus rien ?...Heero, gémit-il,… je suis encore plus perdu que toi… Tout est sens dessus dessous dans ma tête et mon cœur…Et j'ai l'impression de devenir un peu plus fou à chaque seconde qui passe….Mais ce dont je suis sûr, c'est que je ne supporterai pas ton départ. Malgré tout ce que je t'ai dit et fait, tu es la seule chose qui me fasse tenir…Si jamais tu t'en vas, Treize aura gagné, car je n'aurais plus la force de lui résister….

Il releva enfin les yeux, plongeant volontairement dans ceux d'Heero en dépit de la froideur qu'ils exprimaient et lui souffla d'une voix désespérée :

- Reste, je t'en supplie…

Le visage et les yeux impénétrables, Heero se contenta de le fixer pendant des instants qui parurent interminables à Duo.

- Très bien, finit-il par soupirer….Je reste… Mais je ne sais vraiment pas si je fais une erreur ou non…

Duo encaissa ces mots sans rien dire et Heero lui tourna de nouveau le dos, sans un regard de plus. Ce qui blessa profondément le jeune danseur, encore plus que ses mots. Il sentit qu'il ne parviendrait plus à retenir ses larmes et refusant de les laisser encore une fois couler devant Heero, il sortit de la chambre en courant, allant s'enfermer dans la sienne.

Seul, Heero finit de replacer méthodiquement ses vêtements, puis ses valises à leur place. Il referma ensuite ses armoires et resta immobile quelques instants. Mais soudain, ses mains se crispèrent et son poing droit percuta violement le miroir de la penderie, qui explosa en milliers d'étoiles.

La respiration haletante, il demeura sans bouger pendant une éternité, son sang gouttant lentement. Puis, il s'écroula à genoux, le front contre la glace brisée, une larme glissant sur sa joue pour aller mourir sans bruit sur le sol.

A SUIVRE.


Encore un chapitre de fini et encore un chapitre où tout va mal !

Mais une chose est sûre, quand on touche le fond, on ne peut que remonter.

Le prochain apportera un peu de paix et de réconfort à nos héros, c'est une promesse.

Sinon,….Reviews ?

Kiki