Salut !
panthère : Rusard a le chic pour voir la paille dans l'oeil de son voisin, si tu vois ce que je veux dire... Merci pour ta review :-D
Zazaone : C'est vrai que les gens qui habitent à Poudlard n'ont pas l'air très sains d'esprit. Mais c'ets pour notre plus grand plaisir. Rusard me dit dans l'oreillette que ce n'est pas grave si McGo ne le choisit pas pour son prochain anniversaire, il préfère les blondes... lol
Ann'Onyme : Alors j'ai adoré ton explication quant au fait que Rogue se graisse volontairement les cheveux. Je crois même que c'est la bonne explication. Sacré Rogue. Merci !
lapin bleu sans patte : Petit cours de prononciation : "Oque Atangue Quatangue Brie". C'est pas dur, en fait ! mdr Pour Louise... euh, je ne voudrais pas qu'elle ait peur des Français...
Lady Cottington : Merci bien, ça me fait plaisir quand on me dit que Rusard est marrant :-D. Mais ne perds pas trop de temps à lire des fics, et file résoudre le mystère du lapin-garou ! lol
Elizabeth Moonstone : Voilà l'intérêt d'avoir un agent dormant à Poudlard. Plus rienne nous échappe !
ginnylafurie : Merki ! Rogue nous cache bien des choses. Et dire que s'il n'avait tenu qu'à JKR, on n'en aurait jamais rien su !
louve108 : Formidable, encore une nouvelle ! Bientôt Rusard sera plus célèbre que la reine ! (Il faut se réveiller, à présent). Je continue, je continue. Et merci !
Merci à tout le monde ! Maintenant, regardez le titre : ça donne pas envie de lire, ça ? ;-)
Où Rusard a trouvé son maître
vendredi 17 octobre
05h00
Hier soir j'étais trop épuisé - qui aurait cru que c'était aussi fatiguant d'être bon ? - alors je ne suis pas allé au cours de danse de Madame P. Du coup je me suis couché avec les poules et aujourd'hui je suis debout à cinq heures, en pleine forme et frais comme une rose du matin.
Severus est tellement mignon quand il dort. Je vais lui écrire un poème.
05h30
Il serait peut-être content que je le lui déclame pour le réveiller en douceur ? Je me lance (ces nombreuses années d'entraînement dans les couloirs du château n'auront pas été vaines) :
Et si tu n'existais pas
Dis-moi pourquoi j'existerais
Pour traîner dans un monde sans toi
Sans espoir et sans –
Severus vient de me lancer un traversin dans la tête. Quelqu'un a également crié « Fermez-la, Cracmol mal embouché ! », mais je me refuse à croire que ce soit lui, il est tellement plein de tact.
Je vais à la cuisine lui chercher le petit-déjeuner.
05h50
En mordant à belles dents dans son croissant il m'a fait :
- Je me demande si je vais vous aider à redevenir malveillant, tout compte fait. Le petit-déjeuner au lit, c'est bien aussi.
Dans un instant de lucidité je lui ai lancé un regard suppliant, et il a dit :
- Je plaisante.
Quel rigolo, ce Sevy.
05h51
Il m'a interdit de l'appeler « Sevy ».
07h00
- Bon, Rusard, vous avez reçu la visite de cet O'bbrattang Brat'tang Ki, la nuit dernière ?
- C'est "O'kkattang Kat'tang Bri".
- Peu importe. Vous ne l'avez pas vu ?
- Non, mais je vous ai écrit un autre poème pendant que vous étiez sous la douche. Je vous le lis ? Ca fait...
- Sans façon, j'espère rester sain d'esprit longtemps encore.
- Oh, c'est dommage, ça s'intitule Ode à un chauve, j'ai pensé que ça pourrait vous intéresser.
Avec un regard noir il m'a fait :
- Et qu'est-ce qui vous a fait croire ça ?
Oups.
- Euh, je, enfin, c'est, en fait, ben, c'est parce que... vous êtes CHAUVES DES MAINS ! (j'ai crié, je ne sais pas pourquoi). Oui, regardez, vous n'avez pas un poil sur les mains, c'est admirable chez un homme de votre âg-de votre expérience, oui, bien sûr, héhé (rire gêné).
- Vous avez besoin de repos, Rusard. Et si pendant votre sieste vous revoyez cet O'ttagganb Tag'ganb Kri, vous lui demandez s'il n'a pas un autre nom, un peu plus facile à prononcer pour qui n'est pas rompu aux langues exotiques, comme moi.
07h05
Ô toi ! l'imberbe de l'encéphale
Ô toi ! l'abandonné des poils
Le chevelu sous son pelage rit de toi
Ta calvitie impunément montre du doigt
Mais si la bêtise se dénombr' en cheveux
Tu es assurément le plus savant des deux
Quand un élan poétique vous submerge, il n'est pas bon de le réprimer.
8h00
Ai fait un peu de ménage. Toujours pas trouvé le journal intime de Sevy.
8h01
Holà ! Attention, ce n'est pas du tout pour rire de lui que je veux lire son journal ! C'est pour essayer de déterminer la cause de ce mal-être qui l'ancre aux bas-fonds de l'amertume.
Ça sent le poème, cette phrase.
11h00
J'allais m'asseoir à mon bureau pour coucher ce fameux poème sur le papier quand je me suis soudain endormi en chemin (entre l'armoire et le bureau, donc). Heureusement que je venais de faire le ménage parce que, à dormir sur le tapis, j'aurais pu m'étouffer avec la poussière. Bref, là n'est pas l'important - il y a pire que la mort, après tout. Ouh, j'ai intérêt à ce que personne ne me pique cette phrase. Je cacherai mon journal la prochaine fois que le Roi du Spare vient par ici, on ne sait jamais - l'important, c'est qu'O'kkattang Kat'tang Bri m'a à nouveau visité dans mon sommeil. Il m'a dit :
- Tu es un disciple doué, Patronyme. C'est bien.
- Mais pourquoi m'appelez-vous Patronyme ? ai-je répondu.
- Parce que tu es novice dans l'art de faire le bien. Un jour peut-être, tu deviendras Pseudonyme.
- Ah d'accord... Et O'kkatang Kat'tang Bri, c'est votre nom à vous ou c'est le nom pour désigner le chef de la secte ?
- Non, c'est mon nom à moi.
- D'accord. À propos, vous n'en auriez pas un autre ? C'est pour mon ami Severus, il a des problèmes de mémoire, je crois qu'elle est partie en même temps que ses cheveux.
- Je ne saisis pas très bien ce que tu racontes mais tu diras à ton ami qu'il peut m'appeler mon vrai prénom.
- Ah. Et c'est quoi ?
- Jean-Jacques.
- Je vois.
- Tu vois quoi ?
- Pourquoi vous avez été obligé de prendre un nom de scène. Tout le monde n'a pas la chance de porter l'exotique prénom d'Ernestin, comme moi.
Midi
Un chérubin de Poufsouffle a brisé une vitre dans la serre numéro 2. J'ai réparé les dégâts en philosophant avec le professeur Chourave sur l'attendrissante maladresse des jeunes élèves. Pour me remercier, elle m'a invité à venir déguster avec elle ce soir un petit alcool à base de feuille d'agave qu'elle fabrique elle-même.
Quand je lui ai demandé si je pouvais amener Severus elle a dit oui, mais elle m'a fait comprendre que nous devions être très discrets car Dumbledore n'apprécierait peut-être pas. Je ne sais pas si elle entendait par là que le vieux Dumby n'apprécierait pas qu'on boive de l'alcool au sein de son école ou s'il n'apprécierait pas de ne pas être invité, mais j'ai juré de garder le secret.
Ce soir donc, rendez-vous chez Pomona quand le premier rayon de lune aura atteint le vitrail de la tour ouest.
Tout le monde sait que d'ordinaire je ne bois pas d'alcool, mais tout ce qui peut embêter Dumbledore est bon à prendre.
14h00
Pomona est loin d'être repoussante. Je devrais peut-être tenter ma chance avec elle ?
14h05
Il faudrait pour cela que je laisse Severus à la maison, or ce ne serait pas très sympathique envers le cher homme, qui se montre si prévenant envers moi. Je sais qu'il ne crache pas sur un petit verre quand l'occasion s'en présente, alors ce ne serait pas chic de l'en priver. J'espère simplement qu'il ne sera pas trop séduisant ce soir, ou Popo va tomber sous son charme ravageur au lieu du mien.
16h00
Première leçon de « Redevenir méchant : une mission céleste » après les cours de Severus.
Nous nous baladons dans les couloirs.
Règle numéro 1 : ne pas sourire à tous ceux que nous croisons. Avancer la mâchoire serrée et l'insulte au bord des lèvres.
C'est plus difficile que je ne le pensais mais Severus a mis au point un système infaillible : quand je m'oublie, il me lance une espèce de décharge électrique avec sa baguette et je me ressaisis aussitôt. Plusieurs fois, alors que je faisais un signe de main avenant à l'adresse de quelques élèves au visage d'ange, il a dû me rappeler à l'ordre. Mais sans me vanter, je crois que j'ai fait des progrès sur la fin. J'ai même réussi à faire une grimace au petit Potter, qui m'a pourtant l'air d'être un brave garçon. Mais Severus m'a dit qu'il était en fait mauvais comme la peste bubonique. Si Severus le dit, ça doit être vrai.
17h00
La prochaine leçon aura lieu demain, c'est samedi, on aura toute la journée. Severus était assez satisfait de celle d'aujourd'hui, mais il m'a dit de continuer à m'entraîner parce que la méchanceté ce n'est pas comme voler en balai, ça s'oublie.
19h00
Severus et moi étions étendus sur nos lits respectifs (je lisais Une histoire comparée du napel dans les potions et Sevy jouait au WizGame, une sorte de jeu sur parchemin où il faut ramasser des gallions pour libérer un dragon) quand stupéfaction ! Quelqu'un a frappé à la porte.
J'allais me lever pour aller ouvrir, mais Severus m'a rappelé à l'ordre :
- Rusard, montrez-moi que je n'ai pas perdu mon temps avec vous, tout à l'heure.
Alors j'ai crié d'un ton peu engageant :
- Quoi ?
- C'est Dumbledore, a dit la voix de Dumbledore. Puis-je entrer, Argus ?
- Euh... Mouais... Mais pas longtemps, alors, ai-je répondu sous l'oeil approbateur de mon maître ès malveillance.
Dumbledore a jailli dans la pièce (on se demande comment un croulant comme lui peut avoir toujours autant de vitalité) et il a dit :
- Je venais simplement aux nouvelles, voir si la cohabitation se passait toujours bien.
- On fait aller, ai-je répondu d'une voix bourrue.
Derrière Dumbledore, Sevy a levé le pouce pour me montrer qu'il appréciait cette initiative.
- Tantmieuxtantmieux, a dit Dumbledore. Parce que... je pensais que votre chambre serait bientôt comme neuve, Severus, mais il se trouve qu'il y a un peu de retard dans le chantier. Je crains que vous ne deviez passer encore quelques sem- jours ici, avec Argus.
Il a commencé à faire les cent pas tout en déblatérant, et Severus s'est mis à m'adresser des gestes désespérés en indiquant la fenêtre.
Le premier rayon de lune venait d'atteindre le vitrail de la tour ouest ! Malédiction ! Pomona allait nous attendre et nous étions bloqués là, avec ce vieil hurluberlu !
J'ai immédiatement fait signe à Severus d'y aller sans moi, d'expliquer à Popo que je serais un peu retard, et que j'allais me débrouiller pour Dumbledore et qu'il n'oublie pas d'apporter à Pomona un bouquet de fleurs, si possible pas en provenance de son jardin à elle - tout ça en signes, je suis très fort. Il a hoché la tête et dit :
- Messieurs, veuillez me pardonner, je vais aux toilettes.
Alors qu'il ouvrait la porte pour sortir, Dumbledore a dit :
- Pourquoi n'utilisez-vous pas celles d'Argus ?
Ah, il n'a pas été très malin sur ce coup-là, Sevy.
- Euh... Je ne peux pas, elle sont bouchées, a alors dit Severus.
Je craignais le pire.
- Argus a quelques problèmes intestinaux, voyez-vous, a-t-il ajouté.
Évidemment.
Je lui aurais jeté une boule de bowling à la tête si ça n'avait pas risqué de flanquer notre couverture par terre. Et juste à ce moment-là, j'ai remarqué que l'esprit d'O'kkattang Kat'tang Bri m'avait quitté ! Tout heureux, j'ai laissé échapper une exclamation de joie - Dumbledore m'a regardé bizarrement, il a peut-être cru que j'avais un besoin urgent d'aller aux toilettes.
Mais à peine Severus avait-il refermé la porte que je me disais en mon for intérieur : « Sacré Severus ! Il nous fera toujours rire ! Me calomnier pour pouvoir s'échapper, ce type est brillant ! Comme j'aimerais avoir un centième de son esprit si vif et si... »
Là je me suis mis à me cogner la tête contre le mur et Dumbledore, bien sûr, s'est précipité pour voir si je m'étais fait mal. Lui, c'est tout jeune qu'il a dû recevoir la visite d'O K B.
Vingt minutes plus tard le vieux était toujours là alors j'ai dû avoir recours aux grands remèdes pour le quitter. M'approchant en toute subtilité de la porte, j'ai montré du doigt le mur derrière lui et je me suis écrié :
- Oh regardez ! Qu'est-ce que c'est ?
Il s'est retourné et je me suis enfui.
Pas très élégant, je le reconnais, mais efficace.
01h00
Mes aïeux, quelle soirée ! Popo est une sacrée rigolote, et en plus je crois que je lui plais. Déjà je me suis confondu en excuses quand je suis arrivé, avec une demi-heure de retard, et je crois qu'elle a beaucoup apprécié.
- Vous êtes tout pardonné, Argus ! m'a-t-elle dit. Euh, je peux vous appeler Argus ?
- Si ça vous fait plaisir. Mais je m'appelle Isidore, ai-je répondu avec un clin d'oeil.
Elle a éclaté de rire (« Femme qui rit... ») et elle a eu l'air très impressionné quand je lui ai dit que j'avais réussi à échapper à Dumbledore sans lui révéler où j'allais.
La prochaine fois que j'irai la voir, elle m'a fait promettre de venir sans Severus.
Je crois d'ailleurs que ce ne sera pas plus mal car il ne connaît pas ses limites et à l'heure où j'écris ses lignes il dort tout habillé sur son lit, dans la position dans laquelle je l'ai laissé tomber. Il s'en est fallu de peu qu'il s'endorme dans son propre vomi, d'ailleurs.
Je devrais penser à lui donner des leçons de « Redevenir sobre : une mission céleste ».
samedi 18 octobre
10h00
Le réveil est difficile, je me suis fait remonter les bretelles par Jean-Jacques (j'ai décidé d'adopter ce nom, moi aussi) pour ma folle virée de méchancetage d'hier. J'ai essayé de lui faire croire que j'avais fait ça juste pour vérifier que j'étais bien devenu gentil dans le plus profond de mon âme, mais allez savoir pourquoi, il ne m'a pas cru.
J'ai attendu que Severus se réveille à son tour pour lui en parler, mais avant que j'aie pu ouvrir la bouche, il m'a fait :
- Rusard, vous ne sauriez pas où est passé Gérard ?
Mille vertèbres calcinées.
13h00
Deuxième leçon. Règle numéro deux : crier pour un oui ou pour un non.
- Regardez ces deux imbéciles qui courent, là-bas. Qu'est-ce que vous allez faire ?
- Je ne sais pas, moi, ils font du sport, c'est bien, non ?
- Pas dans les couloirs. Allez-y, je vous regarde.
- D'accord.
Je me suis éclairci la voix et j'ai hurlé de toutes mes forces :
- HÉ VOUS LÀ-BAS ! ON NE COURT PAS DANS LES COULOIRS !
L'un des élèves s'est retourné, a trébuché et s'est étalé face contre terre. J'allais m'exclamer « Oh ! Monsieur Propre miséricordieux ! » mais Sevy a fait :
- C'était inespéré ! Venez !
Quand nous sommes arrivés à côté du cher petit, Severus a dit :
- Regardez, Rusard. Il gît à terre comme une épave. Qu'allez-vous faire ?
Me retenant de toutes mes forces de ne pas dire iL'aider à se relever, l'aider à se relever/i, j'ai dit d'une petite voix, effrayé par ma propre méchanceté :
- Lui donner une retenue ?
- Lui marcher sur les doigts ! a rugi Severus.
Ce disant, il a bondi à pieds joints sur les mains du pauvre mignon, et moi je me suis caché les yeux.
14h00
- Tout de même, ai-je dit à Severus tandis qu'il cherchait une autre victime, je me demande ce que Jean-Jacques va en dire. Il n'était déjà pas très content la nuit dernière...
- Qu'est-ce que ça peut vous faire, ce que Jean-Jacques en pense ? a-t-il répliqué. Ce n'est qu'un rêve, par les ventouses du poulpe géant !
- Ça vous va bien de dire ça. Si ma mémoire est bonne, et je crois qu'elle l'est, c'est bien vous qui m'avez fait remuer ma chambre de fond en comble à la recherche de Gérard le lézard, ce matin.
Le regard mauvais a fait son retour et Severus son départ.
