Chapitre 12 Ne me quitte pas!

Hermione ouvrit les yeux, sentant un poids de plus que ce qu'elle était habituée à porter.
Un jet roux lui bloquait la vue et elle prit quelques minutes avant de réaliser ce qu'il venait de se passer.

Elle poussa Ron vers le côté et se leva tranquillement. L'atmosphère était sinistre tandis que l'air était trop humide. Elle n'arrivait pas à voir plus loin que le bout de son nez mais elle savait déjà qu'elle ne se trouvait plus dans son dortoir.

Elle émit un petit son qui lui revint en écho. Le son n'avait pas semblé se rendre bien loin ce qui lui indiqua qu'elle n'était pas dans une très grande salle.

- Ca va? Demanda Ron qui venait d'ouvrir les yeux
- Oui… répondit Hermione qui tâtait le sol à la recherche d'un autre corps, celui du jeune homme.

Sa main se heurta à un bras qu'elle suivit jusqu'à un torse pour enfin finir sur un visage. Elle effleura du bout des doigts des lèvres entre-ouvertes qui ne laissaient échapper aucun soupir. Elle trouvait étrange de sentir la chaleur d'un corps qui n'était pas animé par un cœur qui bat. D'ailleurs elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle pouvait le toucher ou même sentir sa chaleur. Comment peut-on émettre de la chaleur si tous nos organes vitaux ne fonctionnent plus?

Elle secoua le jeune homme qui émit un gémissement et qui ouvrit les yeux.

- Hermione est-ce que ça va? Chuchota-t-il à son oreille en se levant d'un bond sans douleur.
- Je ne comprends pas… comment est-ce possible? Je peux te sentir!

Elle croisa son regard qu'elle soutenait intensément. Cédric sentit l'intensité de son regard ce qui le mit mal à l'aise. Il secoua la tête en marmonnant « on verra cela plus tard » en se retournant vers Ron qui venait de se relever. Seul Harry restait sur le sol, les yeux ouvert fixant le vide. Cédric fit quelque pas en direction d'Harry et le secoua gentiment. Celui-ci le regarda et une lueur de frustration éclaira son visage.

- Où sommes-nous? Lança Harry d'un ton autoritaire
- J'en sais rien, répondit Cédric
- Pourquoi m'avez-vous amené ici! Je ne trouve pas ça très drôle.
- Oh pourquoi? Tu crois qu'on s'amuse bien nous, soupira Ron en regardant vers le ciel.

Harry se retourna vers Hermione et il la regarda avec dégoût et colère.

- C'est toi qui nous a amené ici!

Elle resta silencieuse terrorisée par Harry qui la regardait d'un air mauvais. Elle chercha sa baguette dans sa robe mais n'arrivait pas à mettre la main dessus. Elle se retourna vers Cédric qui sortit sa baguette d'un mouvement éclair et la pointa vers Harry.

- On se calme! Hermione n'a rien fait. C'est Cho qui t'a lancé le portoloin, Hermione n'a rien avoir avec ça! Tu devrais la remercier de ne pas t'avoir laissé tomber et de tous nous avoir amené ici avec toi. Tu imagines si tu avais été ici tout seul? Alors calme-toi!
- Pourquoi tu pointes ta baguette vers moi! Cria Harry. Cette sang-de-bourbe nous a tous piégé et toi tu la défend!

Ils restèrent tous silencieux fixant Harry comme s'il était une sorte de monstruosité. Chacun affichait de la pitié, de la colère mais surtout une incompréhension face à son comportement trop extrémiste. Hermione ne comprenait pas pourquoi il la traitait ainsi. Il avait tant changé. Elle prit la parole poussée par un soudain courage d'affronter afin Harry.

- Mais qu'est-ce qui te prend! Ne te vois-tu pas? Tu….tu.. tu commences à ressembler à ceux que tu as toujours combattu! Un mangemort, un Drago Malefoy… un tu-sais-qui numéro 2! Le Harry que j'ai connu ne m'aurais jamais traité de sang-de-bourbe, il n'aurait jamais levé le ton sur moi et il n'aurait jamais douté de ses amis! Depuis le début de l'année tu m'accuses d'avoir changé mais toi! Je ne te reconnais plus sous toutes ces méchancetés. Ne vois donc tu pas qu'elle te manipule. Qu'elle veut que tu te moques de moi, que tu te sépares de tes amis afin que tu sois vulnérable. Cesses d'être aussi têtu à la fin!

Hermione le regarda d'un air désespéré. Il avait l'air perdu et frustré. Ses yeux ne savaient plus trop quoi exprimer passant de la colère au désespoir. Il semblait débattre du pour et du contre dans sa tête. Hermione comprenait Harry, l'amour rend aveugle. Il ne voulait pas affronter la vérité parce qu'elle était trop douloureuse. Son amour ne l'aimait pas, pire elle voulait le tuer. Harry ferma les yeux et tourna le dos à toute la bande. Il respira profondément et se mit à marcher dans la direction opposée du groupe. Devaient-ils le retenir ou le laisser aller. Personne ne savait où ils se trouvaient. Il était beaucoup trop dangereux de le laisser partir seul. Ron se précipita vers lui et déposa sa main sur son épaule. Harry se retourna et d'un geste vif il repoussa Ron qui se heurta au mur opposé. Harry le fixait en regardant ses propres mains comme si elles lui étaient étrangères. Il prit quelques minutes avant de se retourner et de commencer à courir. Il arriva à une porte en bois et n'arrivait pas à trouver la poignée. Il faisait trop noir pour voir quoi que ce soit. Après quelques secondes qui lui parurent interminables, il la trouva enfin, la tourna et s'engagea dans l'autre pièce en claquant la porte derrière lui.

Hermione prit quelques minutes avant de réaliser ce qui venait de se passer. C'est Cédric qui bougea le premier réalisant le danger imminent. Harry était seul dans l'autre pièce. Il accourra vers la porte par laquelle Harry avant été passé quelques minutes plutôt et il l'ouvrit dans un coup de vent. Harry n'était pas là. Hermione et Ron s'étaient précipités vers la porte également et regardaient maintenant par-dessus l'épaule de Cédric. Hermione prit sa baguette et souffla Lumos. Elle posa son regard dans l'autre pièce. La pièce était beaucoup plus grande que la précédente. Les murs de pierre étaient sinistres et on pouvait distinguer de la crasse dans les crevasses qui l'ornaient. Plusieurs araignées s'étaient établies un peu partout. L'air était très humide et froid. Hermione eut un frisson en se retournant. Elle reconnut tout de suite la pièce dans laquelle ils étaient tous arrivés. Les lits qui tombaient en ruine avaient été jetés dans un coin de la salle tandis que les rideaux et les couvre-lits avaient été déchirés. Le tapis, qui se trouvait dans le milieu du bazar, était taché de sang. Elle marcha vers la fenêtre dont elle savait l'emplacement exact et s'y pencha. Elle ne pouvait rien y distinguer. Tout était étrangement silencieux comme si la nuit n'avait plus de sons. Elle rentra de nouveau la tête à l'intérieur de ce qu'elle connaissait comme étant son dortoir.

- Mais qu'est-ce qui s'est passé ici? On est encore à Poudlard tu crois? Demanda Ron avec un léger tremblement dans la voix.

Personne ne répondit. Hermione rejoignit Cédric et Ron qui se trouvaient en haut des escaliers de la salle commune. Elle promena sa baguette le long des murs et se dirigea vers les escaliers. Une odeur nauséabonde semblait venir du bas. Hermione mit un pied sur une marche. Elle s'arrêta net au résonnement de son pas qui se fracassa quelque part sur le mur opposé. Il faisait si noir qu'elle ne pouvait même pas voir le bas des escaliers. Elle retint son souffle. Elle venait d'entendre un grognement. Elle se retourna vers les garçons qui se tenaient maintenant près d'elle. Elle crut entendre des bruits venant du bas des escaliers. Elle tenta de s'habituer à l'obscurité mais tout à coup un énorme cri se fit entendre. Le cri était strident et n'avait rien d'humain. Hermione se retourna brusquement et poussa les garçons vers le dortoir tandis qu'ils entendaient le cri de nouveau et des pas rapides qui montaient les escaliers quatre à quatre. Ils coururent vers la porte qui menait dans la première pièce dans laquelle ils étaient venus et ils fermèrent la porte dans un claquement. Juste à temps puisqu'à la minute où ils fermèrent la porte, les pas s'étaient arrêtés devant celle-ci. Cédric se retourna afin de retenir la chose qui tentait maintenant d'entrer à coup d'épaule. La chose continuait à crier. Ron aida Cédric à maintenir la porte tandis qu'Hermione faisait les cent pas.

- Mais qu'est-ce que c'est que ce truc! S'écria Ron les yeux tout ronds.
- Hermione dirigea sa baguette vers lui afin de leur donner de la lumière et vit que la porte n'allait pas tenir longtemps.
- Je crois que c'est une damnée, lança Hermione tremblant plus que jamais.
- Une quoi? Dirent les deux garçons en cœur

Hermione prit une profonde respiration. Elle devait les mettre au courant avant que la créature n'entre dans la pièce. Elle leur expliqua dans un souffle,
- Une damnée! Au moyen âge, les membres du clergé ont brûlé des millions de femmes sur des bûchés les traitant de sorcières. En brûlant, plusieurs ont juré de se venger. Elles sont donc revenues gardant leur forme humaine mais elles n'avaient rien d'humain. Elles.. Elles sont abominables! Elles tuent tous ce qui bouge…. Mais je croyais qu'il n'y en avait plus… en 1890 le ministère de la magie s'est débarrassé des damnées restantes. Je croyais qu'elles étaient mortes…
- Pourquoi elle crie comme ca! Demanda Ron
- C'est pour nous faire peur. Elles peuvent complètement nous figer si elle s'approche de nous et crient. En fait, il s'agit de leur dernier cri. Lorsqu'elles brûlaient… c'est pour cela que c'est si effrayant….

La damnée commença à gémir et ses coups devenaient de plus en plus forts.

- Comment on s'en débarrasse? cria Cédric
- Je…je… je ne sais pas… je ne m'en souviens plus.
- Hermione! Pense! Implora Ron, je sais que tu peux t'en souvenir. Tu l'as sûrement lu quelque part!

Hermione tremblait comme une feuille. Elle ne se souvenait plus de la formule pour calmer une Damnée. Les coups résonnaient au rythme de son cœur. L'air semblait se faire rare et de la sueur perlait sur son front. Elle se sentait complètement vide ne sachant pas quoi faire. Elle regarda la porte qui venait de se fissurer. La damnée ne cessa de fracasser la porte à grand coup. Cédric et Ron n'allaient plus tenir longtemps. Une autre fissure apparut puis une autre du bas de celle-ci qui se dirigea tout droit vers le sol. Un morceau de bois fut projeté vers Hermione qui l'évita de justesse.
Elle retint son souffle tandis que la porte se fissurait de toute sa longueur. Ron regarda Cédric qui se retourna également pour le regarder, tous deux figés par la peur. Puis…

Les coups cessèrent et le silence se fit à l'exception du trio qui respirait très fort.