Bouh… ç.ç Elle est si pas bien que ça, ma fic ? Personne vient lire. Bah ! Maintenant que je l'ai finie, autant la poster complètement. Lol


Chapitre 3 : Hikikomori Yasuko

- Euh… Kunie… Kunie Manata-san, c'est cela ? se souvint Tsuzuki avec un sourire engageant. Tu as besoin de quelque chose ?

- Oui, sensei. Je souhaiterai vous informer d'une chose…

Les deux shinigamis la regardèrent et notèrent une certaine anxiété à parler de ce qu'elle avait à dire. Tsuzuki l'apaisa d'une main sur une de ses épaules et lui assura qu'elle pouvait lui faire confiance. S'il elle avait un problème, elle pouvait y aller en toute franchise, il saurait garder le secret s'il le fallait.

Après un temps d'hésitation, la jeune fille hocha la tête.

- Vous avez noté une absente ce matin, Yasuko Togochi. C'est ma meilleure amie. Et…

Elle leva la tête vers son professeur et l'implora par l'intermédiaire de ses yeux.

- Depuis deux semaines, elle ne vient plus en cours. Elle reste cloîtrée dans sa chambre.

Kunie lui expliqua que peu de temps après la rentrée, Yasuko devenait de plus en plus fermée avec les autres, même avec elle, son amie depuis la seconde. Yasuko n'avait jamais été très à l'aise en classe, bien qu'elle soit très bonne élève et n'aimait pas trop la foule sans être pour autant agoraphobe. Pourtant, depuis deux semaines maintenant, Yasuko n'était pas sortie de sa chambre. Kunie était venue lui rendre visite pour tenter de comprendre ce qui se passait, mais son amie n'avait jamais décroché le moindre mot et était obstinément restée prostrée dans son mutisme.

Kunie s'inclina aussi bas qu'elle le put, les mains sur ses genoux.

- S'il vous plait ! Vous êtes un homme qui semble compréhensif et ouvert, Tsuzuki-sensei ! Essayez de lui parler, je m'inquiète beaucoup pour Yasu-chan.

Hisoka plissa un peu les yeux. Il avait eu l'impression de se voir dépeint au travers du portrait de Yasuko Togochi que sa meilleure amie venait de dresser. Lui aussi, depuis sa première rencontre avec Muraki, il aurait aimé s'enfermer quelque part et ne parler à personne, pas même à sa propre conscience. De plus, lui aussi avait souffert de l'isolement que ses parents lui avaient imposé par peur de son don. Son poing se serra dans sa poche à ces souvenirs douloureux.

Tsuzuki avait aussitôt pris en pitié la détresse de son étudiante et son cœur se serra. Cela n'avait pas de rapport avec la mission première, mais il ne pouvait pas se résoudre à abandonner une jeune fille éplorée. Il redressa Kunie en la prenant par les épaules et lui sourit avec confiance :

- Très bien. J'irai la voir. Mais je ne te garantis rien, Manata-san.

Les yeux de l'adolescente s'éclairèrent de reconnaissance derrière ses lunettes.

- Vraiment ? Merci, sensei ! Je savais que vous étiez quelqu'un de bien !

† ※ †

La couleur safrane du soir avait pris place dans le ciel. Le soleil se cachait timidement derrière les plus hauts buildings de Kumamoto alors qu'il avait amorcé sa descente pour se coucher. Il faisait un peu plus frais aussi. L'horaire des sorties de bureau vomissait ses files de voitures qui encombraient les rues qu'il fallait traverser avant de pouvoir espérer rentrer chez soi.

Devant le portail du lycée Haijaku, les derniers lycéens se disaient au revoir avant de partir chacun de leur côté quand ils ne partaient pas en bande pour se faire un karaoké ou un petit tour aux salles de jeux avant de regagner le domicile familial.

Plus haut dans la rue qui menait à l'établissement, Hisoka et Tsuzuki marchaient en direction de la demeure de Yasuko Togochi tout en échangeant ce qu'ils avaient pu apprendre sur l'affaire du « Lycée de la Mort » :

- Les trois étaient des amis très proches ? Je vois… fit le cadet du duo en regardant le sol. Quand je pense que le principal cache ça. Ca se comprend, mais tout de même, si ça se sait…

- Et toi, qu'as-tu appris sur Kantarô Sejiku ?

Hisoka soupira avec indolence et rapporta à Tsuzuki que ce Sejiku était un garçon tout ce qu'il y avait de plus ordinaire, élève moyen mais sans histoire. Pour les T-3, il avait été admis dans un autre établissement, plutôt huppé disait-on. Bien évidemment, il n'avait prévenu personne, pas même ses mais de sa classe qui s'étonnaient de ne pas pouvoir le joindre. En revanche, ce qui était bizarre, c'était que Kantarô n'avait aucun lien avec les trois garçons à demi décapités. Il ne les connaissait même pas du tout.

- Pfff… se plaignit son aîné avec une grimace ennuyée. Comment mener une enquête sur des meurtres si les victimes n'ont pas de lien entre elles ?

Il envoya un regard gentiment moqueur à son ami.

- Dis donc, tu n'as pas traîné pour obtenir ces renseignements.

Il n'en fallut pas plus à Hisoka pour détourner la tête et grommeler avec lassitude et fatigue.

- C'est surtout les filles de ma classe qui m'ont tout dit. Elles répondaient à n'importe quoi sans poser de question…

- Ah ah ! s'amusa Tsuzuki avec un petit rire. Pas étonnant qu'elles aient été aussi loquaces, un garçon mignon comme toi. Tu portes vraiment très bien l'uniforme, tu sais ?

Son clin d'œil complice vint se fracasser contre le visage livide d'Hisoka dont l'expression horrifiée n'allait franchement pas avec le rouge de ses joues et encore moins avec ses yeux dilatés d'ébahissement. Comment pouvait-il lui dire des choses pareilles avec une telle désinvolture ? C'était ça, le vétéran du Bureau des Assignations qui devait donner l'exemple ? Débile !

- L… La ferme ! rétorqua le garçon avec moins de véhémence qu'il n'aurait souhaité.

Tsuzuki savourait intérieurement sa victoire. Mission accomplie. Il avait réussi à lui faire oublier un instant avec ses pitreries ses mauvaises pensées à propos de sa première journée de lycée qui avait été plutôt pénible. Et puis, il aimait bien taquiner Hisoka comme ça. C'était dans ces rares cas-là que le masque de marbre froid se fendillait pour montrer la vraie figure humaine du jeune homme.

Il tira de nouveau le petit bout de papier de sa poche sur lequel il avait marqué l'adresse de Yasuko et releva le nez pour inspecter le nom des rues.

- On se rapproche, informa-t-il. Heureusement que Yasuko n'habite pas très loin.

Son voisin de marche le regarda en coin sans grande conviction avant de reporter son attention sur un point fixé dans le vague plus loin devant lui.

- Tu penses vraiment que tu vas réussir à faire revenir une hikikomori au lycée simplement en lui parlant ? Tu es un idiot.

- « Hikikomori » ?

Ereinté par le manque de savoir de son partenaire, Hisoka entreprit d'expliquer à Tsuzuki qu'un hikikomori désignait une personne comme Yasuko, à savoir quelqu'un qui avait décidé de vivre reclus du monde extérieur en s'enfermant dans sa chambre pour n'en sortir que pour les besoins vitaux. Les raisons de ce mutisme pouvaient en être multiples : peur de l'extérieur, rejet de la société volontaire… Toujours était-il que les hikikomoris ne communiquaient jamais avec l'extérieur et leur enfermement se comptait hélas très souvent en années, sans parler de la libération de cet état qui n'était pas facile.

- Moi-même qui ai du mal avec le monde qui m'entoure, je peux deviner l'état d'esprit de cette fille, acheva l'adolescent à voix basse.

Tsuzuki le regarda plusieurs secondes sans rien dire, son regard faiblement affaissé par la tristesse. Oui. Ce devait être vraiment très dur de vivre une situation comme celle-ci. Mais il voulait au moins essayer.

Quelques minutes après, notre duo de shinigamis s'arrêta devant l'une des petites maisons du lotissement dans lequel ils étaient. La rue était traversée, presque encerclée, de poteaux électriques et de lignes téléphoniques et derrière, une ligne de chemin de fer passait de l'autre côté des minuscules jardins. Une petite plaquette de bois sur laquelle était gravée « Togochi » en grands caractères droits leur confirma qu'ils étaient à la bonne adresse.

Tsuzuki poussa le portail qui grinça en pivotant dans ses gonds et fit quelques pas mais s'arrêta bien vite. Hisoka n'avait pas bougé du trottoir, ses yeux verts vissés sur la demeure sans pouvoir s'en détacher.

- Hisoka ? s'inquiéta l'homme en fronçant un peu les sourcils.

- Vas-y tout seul. Je préfère t'attendre dehors…

Il n'avait pas l'air très en forme. Tsuzuki accepta sa requête et toqua à la porte de la maison. Peu après, il entendit des pas s'approcher et la poignée tourna pour laisser entrevoir une femme d'une petite quarantaine d'années aux traits creusés par la fatigue. Le visiteur fut très étonné d'être reçu par une occidentale. Elle était encore très jolie, mais les signes du tracas gâchaient la douceur de ses traits atypiques. Elle avait les yeux cernés, le teint gris et ses cheveux brillaient de quelques mèches blanchâtres.

- Jeune homme… ? fit-elle d'une voix en demi teinte qui vacillait sous un accent probablement anglais.

- Madame Togochi ? Bonsoir, je m'appelle Asato Tsuzuki et je suis professeur au lycée Haijaku…

La simple évocation du nom de « Haijaku » suffit à racornir le visage bienveillant de la femme. Elle fuit le regard de son interlocuteur qui eut peur qu'elle ne cherche à écourter la conversation.

- Je veux juste tenter de comprendre ce qui se passe, Madame Togochi. La meilleure amie de votre fille est désespérée de ne pas pouvoir l'aider. Je ne dérangerai pas longtemps. Puis-je ?

La femme attendit un peu pour réfléchir et finit par s'effacer tout en ouvrant la porte pour le laisser entrer. Après tout, ce jeune homme lui inspirait de bonnes ondes, cela ne coûtait rien.

- Vous êtes le premier professeur à s'inquiéter pour Yasuko. Je suis désolée de ce dérangement, sensei…

Il était étrange de voir comme la maison était à l'image de ses occupants. Il faisait sombre à l'intérieur, presque sinistre. Les rideaux opaques étaient tirés sur les trois-quarts de la longueur des fenêtres pour empêcher un trop plein de lumière d'entrer. Les meubles étaient tous de bois foncé et la décoration sommaire comme nombreuses maisons nippones. Il y avait quelque chose d'éteint et de mort en ces lieux.

Une photo dans un cadre montrant une petite fille de six ans aux côtés de son père, un japonais à l'air robuste et jovial qui tenait avec son épouse, une jeune femme occidentale aux longs cheveux lisses châtain roux, leur fille unique qui s'amusait à faire sauter un ours en peluche dans ses bras, fit comprendre à Tsuzuki que ce temps des sourires devait être révolu depuis deux semaines.

- Votre sollicitude me touche beaucoup, Tsuzuki-sensei, vraiment, confia la femme en montant les escaliers, suivie de son visiteur qui s'était chaussé des petits chaussons d'intérieur. Néanmoins, je doute que Yasuko vous écoute. Elle refuse de nous parler à mon mari et à moi. Et nous ignorons le pourquoi…

Sa voix s'était enrayée dans un début de sanglots sur la dernière phrase. Elle porta la main devant sa bouche pour éviter de craquer devant son hôte et lui désigna une porte close au fond du couloir. Tsuzuki la remercia d'un signe de tête puis toqua à la porte. Il savait pertinemment que cela ne servait à rien, mais il jugeait important de respecter les règles élémentaires de la politesse.

- Yasuko ?

Aussi doucement qu'il l'avait appelée, il poussa la porte de la chambre. C'était une toute petite pièce d'à peine dix mètres carrés qui étrangement était un peu plus éclairée que le reste de la maison. Les persiennes étaient tirées mais orientées pour laisser passer quelques rayons mordorés qui éclairaient un lit occidental parfaitement fait à la couette mauve lissée. Une petite table de chevet avec une lampe et quelques livres empilés reposait à sa gauche. La pièce ne sentait pas le refermé aussi. Une légère odeur mêlée de bois des meubles et d'air frais du dehors embaumait l'endroit. Au fond, en face du lit, un bureau propre et bien rangé gardait des affaires de classe et des manuels, orné d'un sous main rouge carmin ; à côté du bureau, une armoire massive s'imposait dans le minuscule espace et l'assombrissait de par sa couleur foncée. Et juste entre les deux, assise sur un coussin, une jeune fille demeurait immobile, la tête dans ses genoux. Elle était si petite ainsi recroquevillée sur elle-même qu'il fallait passer près d'elle pour la remarquer, à croire qu'elle avait réussi à se fondre totalement dans le décor.

La porte de sa chambre avait grincé, Yasuko avait certainement entendu que quelqu'un entrait. Elle ne bougea pourtant pas. Etait-elle encore en vie ?

Sans un bruit, Tsuzuki entra et vint s'asseoir en tailleur près d'elle, ce qui, avec la largeur de son buste et l'étroitesse de l'espace entre le lit et les meubles, n'était pas chose facile.

- Bonsoir, Yasuko-chan. Je m'appelle Tsuzuki. Asato Tsuzuki. Et je viens d'entrer au lycée Haijaku comme prof de littérature.

Etait-ce un effet de la lumière ou l'avait-il vue faiblement remuer ? De toutes façons, l'adolescente ne bougea pas de sa position. Même sa respiration semblait arrêtée.

- On m'a dit que cela faisait deux semaines que tu étais ici ?

Nouveau silence sans aucune réaction. Quand Hisoka racontait que les hikikomoris ne communiquaient jamais avec l'extérieur, ce n'était pas à moitié.

Tsuzuki s'adossa un peu contre la grosse armoire qui craqua légèrement à son contact et regarda Yasuko. Elle avait de jolis cheveux lisses noir ébène qui retombaient sur son corps comme une cascade protectrice. Pour le shinigami, ils ressemblaient plus à une araignée qui l'agrippait de ses longues pattes fileuses. Comme vêtements, la jeune fille portait un pull pas trop épais gris souris qui tombait un peu sur l'épaule droite et un fuseau noir. D'après ce qu'il pouvait voir, Tsuzuki remarqua que les vêtements étaient propres et repassés. Il s'était douté que Yasuko était une fille ordonnée et minutieuse, mais l'aspect soigné de sa tenue en dépit de son isolement le confirma.

- Kunie Manata s'inquiète pour toi. Elle ne comprend pas pourquoi tu fais cela… dit-il d'une voix douce.

Enfin il entrevit un premier geste chez elle. Ou plutôt, une esquisse de geste. Ses doigts s'étaient crispés discrètement sur ses bras. Hélas pas un mot, pas même une ébauche de souffle ne s'était faire entendre. Si elle avait dit quelque chose, il ne l'avait du moins pas entendu. Son visage était complètement caché par ses genoux rabattus contre elle, ses bras qui l'entouraient et ses cheveux qui retombaient sur elle.

Tsuzuki se mit alors à imaginer le visage de Yasuko d'après la photo qu'il avait vue au rez-de-chaussée quand son intérêt tomba sur une grosse pile de livres que la silhouette voûtée de l'adolescente cachait près d'elle.

- Ooooh… s'émerveilla le jeune homme en prenant quelques ouvrages. Tu as lu tout ça, Yasuko-chan ? « Man Yoshu » « Makura no Soshi » « Nihon Shoki » « Heike Monogatari »… Tu dois être incollable! Il faut absolument que tu viennes dans mon cours, je te prends pour assistante tout de suite ! Ah ah ah !

Sa bonne humeur ne dura guère longtemps. Malgré les encouragements et les félicitations sincères de son professeur, la jeune hikikomori resta inerte une nouvelle fois. Tsuzuki soupira. Elle devait vraiment être marquée pour être aussi fermée.

Le shinigami reposa les livres près de sa propriétaire avec petit rire de déception.

- C'est dommage. Si tu aimes tant les livres, tu pourrais partager tes savoirs avec tes camarades. Je serai très heureux d'avoir une élève comme toi dans ma classe.

Il se releva en époussetant un peu son long manteau noir et retourna près de la porte. Une main sur la poignée, il eut un dernier regard vers le petit être replié entre l'armoire et le bureau.

- Si un jour, tu ressens le besoin de te confier à quelqu'un d'autre que ton entourage proche, tu peux compter sur moi, Yasuko-chan. Je t'écouterai sans te juger. Et maintenant que j'ai vu l'étudiante brillante que tu dois être, je n'ai pas envie de t'abandonner.

Et il quitta la petite pièce fraîche en refermant la porte derrière lui. Le silence oppressant de sa chambre revenu, Yasuko tourna la tête sur le côté si lentement qu'on aurait cru que l'action se faisait par photos superposées. Sur sa pile d'ouvrages de littérature japonaise de toutes les époques, elle trouva un petit bout de papier déchiré avec un numéro de téléphone agrémenté d'un mot : « Dispo 24/24 ! ». Elle contempla longtemps les caractères arrondis et maladroits de l'écriture sans réellement la voir. Seule une phrase était imprimée devant ses yeux et dans sa tête.

« - Je t'écouterai sans te juger »

Tsuzuki redescendit l'escalier sans un état d'esprit indescriptible. Beaucoup d'émotions et d'impressions s'entrechoquaient les unes aux autres et ne créaient qu'un amalgame confus de sentiments.

- Elle n'a pas parlé, n'est-ce pas ?

La triste voix de Madame Togochi le tira de ses songes. Elle l'attendait au pied des marches et le guettait avec une lueur d'espoir vacillante dans les yeux. L'expression désolée que lui rendit Tsuzuki fit envoler cette maigre attente qu'elle savait pourtant vaine au fond d'elle.

- Je vois… murmura-t-elle d'une petite voix.

- Madame Togochi, Yasuko semble être une jeune fille bien équilibrée, vous savez. Elle aère sa chambre, elle passe son temps à lire… Je suis certain qu'on peut faire quelque chose pour elle. Et puis, elle n'est dans cet état que depuis deux semaines, non ?

La femme acquiesça en silence, incapable de partager son optimisme. Le jeune homme la remercia pour l'avoir laissé parler avec sa fille puis prit congé de son hôtesse en la saluant.

Hisoka l'attendait, appuyé contre la petite barrière en bois. Il perçut immédiatement l'aura de son coéquipier lorsque celui-ci posa le pied dehors et se tourna vers lui. La lumière du soir découpait son visage dans un masque d'or délicat aux courbes graciles et faisait ressortir la couleur de ses yeux. Ses sourcils légèrement froncés indiquaient qu'il ne paraissait pas complètement remis de son malaise d'il y a quelques minutes.

- Ca a été ? s'enquit-il en croisant les bras.

Tsuzuki jeta un coup d'œil derrière son épaule vers cette fenêtre aux persiennes tirées. Il ne la voyait pas, mais il était persuadé que Yasuko l'observait en ce moment même. Il fit un petit signe de la main à l'adresse de la fenêtre en souriant.

Yasuko recula si soudainement que ses jambes heurtèrent le pied de lit et se laissa asseoir malgré elle sur son matelas. Cet homme… comment pouvait-il deviner qu'elle était là ? Quelle étrange professeur venait-elle de rencontrer. Jamais personne ne lui avait fait telle impression. Et ce bel adolescent au visage androgyne qui l'accompagnait, qui était-il aussi ? Elle avait remarqué la veste couleur lie de vin de l'établissement Haijaku…

- Alors ? fit Hisoka alors qu'ils repartaient tous les deux pour se rendre à leur appartement.

Son partenaire se mordit la joue qu'il titilla un peu avec ses dents. Maintenant qu'il était dehors, hors de la maison, le contraste d'atmosphère était saisissant.

Il plaqua quelques mèches qui retombaient sur son visage vers le haut de son crâne.

- Je comprends pourquoi tu as refusé de venir.

- Hu ?

- Comme toi, j'ai senti d'étranges ondes s'émaner de cette fille…


Prochain chapitre : Ebauches de suspects...