Bonjour tout le monde !

Désolée pour le retard, mais comme je reviens de 3 jours de Japan Expo, j'étais trop crevée pour poster la suite dimanche. Grosse déception, je n'ai rien trouvé sur YnM… ç-ç

: Journal des Reviewers :

Lysanea : Pas vraiment « encore plus longs », juste de quelques paragraphes, lol. En fait, maintenant quand j'écris, je m'astreints à écrire au mot trois pages et demi sur Word (10 Arial et avec très peu de marge). Or, le premier chapitre ne fait que 3 pages pile. Lol. En tout cas, ça fait plaisir de voir que quelqu'un lit. J'étais très contente de cette fic mais j'ai fini par croire qu'elle était nulle et sans intérêt. Merci ! Ca remonte le moral ! Pour Tsuzuki et Hisoka, c'est vrai, mais je préfère faire encore un Hisoka bougon qui s'enflamme quand Tsuzuki lui fait une reflexion qui le met dans l'embrarras. Je les trouve plus touchants comme ça. Mais rassure-toi, à la fin, je te promets de l'émotion. Kiss et merci !

Dealo : Avec grand plaisir ! Kiss et merci !

L'enquête avance petit à petit comme vous le voyez. Je ne sais pas si certains d'entre vous ont déjà des idées mais en tout cas, je vous garantis des surprises !


Chapitre 5 : Evolutions

- Bien ! Bonne fin de journée à tous et révisez bien notre cours sur le monogatari ! A demain !

- Au revoir, Tsuzuki-sensei.

La dernière sonnerie de la journée venait de retentir. Les rayons de bronze du soleil de fin de journée laissaient entrer des colonnes de lumières brillantes qui éclairaient vivement les tables de bois poli des élèves. Chacun rangeait rapidement ses affaires dans son sac, prenait son manteau puis se dirigeait vers la sortie pour se rendre à son club.

Tsuzuki ramassa son sachet rempli des douceurs offertes par ses collègues et quelques admiratrices de ses classes puis attendit près de la porte que les derniers élèves sortent. Ikuyo Sugio lissa un peu les plis de sa jupe noire quand elle se leva de son siège puis passa devant Tsuzuki pour sortir. Ce dernier la regarda s'éloigner dans le couloir avec une sensation mitigée. Il ne savait pas pourquoi, mais il se doutait qu'il aurait à la surveiller. Il avait connu des beautés de glace comme Ikuyo, et il savait qu'elle étaient toutes particulièrement redoutables.

Il jeta un coup d'œil à droite et à gauche. Tiens ? Hisoka n'était pas encore là. Il finissait pourtant bien ses cours à la même heure que lui.

- Autant aller le chercher… décida le shinigami en haussant les épaules.

C'est donc ses gâteaux d'une main et son sac dans l'autre que Tsuzuki remonta les couloirs à contre-courant du flot de lycéens qui se dirigeaient tous vers la sortie.

Enfin, il l'aperçut au détour d'une intersection. Comme d'habitude, les mains dans les poches, Hisoka avançait avec nonchalance, les paupières closes, sans doute pour se reposer un peu l'esprit. L'effet de la lumière qui découpait son profil donnait l'effet qu'il était encore plus mince qu'il ne l'était. Ses cheveux brillaient d'un nouvel éclat d'or et sa frange flottante cachait un front perlé d'humidité. De la fièvre ?

- Hisoka ?

Le garçon ouvrit les yeux à l'appel de son nom et dévoila un regard fatigué et terne.

- Tsuzu…

Les yeux roulèrent légèrement dans leurs orbites et il vacilla. Tsuzuki se précipita vers son partenaire et le rattrapa en le soutenant à la taille avant qu'il ne s'écroule.

- Hisoka ! Qu'est-ce que tu as ? s'exclama-t-il, paniqué.

- Urgh... Ne crie pas comme ça, débile… Ca va…

Ses doigts étroitement serrés autour du manteau de Tsuzuki, le garçon se remit debout en se passant une main sur le front. Sa paume était moite, c'était bien de la fièvre. Tsuzuki dut beaucoup insister pour savoir ce qui n'allait pas car Hisoka semblait toujours aussi peu enclin à faire part de ses états, même quand ceux-ci n'étaient guère au top.

- Je sors d'un cours d'histoire avec un prof émotionnellement insupportable… Je ne sais pas comment j'ai tenu, grinça le jeune homme en essayant de se calmer. En tout cas, ma tête ne doit pas lui revenir.

- Un cours avec Sunaiki-sensei ? devina Tsuzuki sans surprise.

- Tu connais ?

Tout en restant aux côtés d'Hisoka en cas de rechute, Tsuzuki lui raconta tout ce qu'il avait pu apprendre depuis la matinée. Le mépris du professeur Sunaiki que tous ses élèves lui rendaient bien, ses propos violents qu'il avait tenu pour les garçons de la T-4 ainsi que leur réputation peu glorieuse et surtout l'accident –volontaire ou pas- du garçon mort de la T-3 dont Sunaiki était le responsable. Hisoka écouta attentivement et exprima la même surprise que son coéquipier avait eue peu avant. Voilà de nouvelles données intéressantes pour leur enquête.

- Je peux garantir que les dires de tes élèves sont véridiques, assura le jeune homme en inspirant profondément quand ils furent dehors. Tout le monde y passe avec ce type.

Il s'interrompit à la vue du grand sachet que Tsuzuki transportait en plus de son sac de cours. Il ne l'avait pas ce matin.

- C'est quoi, ça ?

- Ca ? Ah… Des petites choses que mes admiratrices m'ont offertes… s'amusa-t-il, le torse bombé de fierté.

Hisoka ne souffla mot et pinça les lèvres de mauvaise humeur, ce qui n'échappa pas à son interlocuteur qui fit glisser une œillade goguenarde sur lui.

- Oh oh oh ! pouffa-t-il avec un faux air sournois. Ce silence, serait-ce de la jalousie ?

- Qui serait jaloux pour toi ? s'emporta aussitôt Hisoka, les yeux en flammes.

- J'ai pourtant beaucoup de charme. Mais ne t'en fais pas, tu restes mon préféré.

Ajoutez à telle déclaration une main passée dans ses cheveux et un rougissement qui lui en coupait le sifflet et vous obtenez un Hisoka mit à quia, partagé entre l'envie d'hurler d'horreur et celle d'étrangler ce grand escogriffe qui se croyait malin à déblatérer de telles âneries. Ce type ne savait donc jamais être sérieux ?!

Hisoka préféra toutefois se concentrer sur l'enquête et reporta à plus tard l'exécution de Tsuzuki dans d'atroces souffrances. Il rattrapa son retard en quelques foulées rapides et retourna se poster auprès de l'autre shinigami. Tout à coup, un détail l'interpella. Ils avaient passé leur appartement depuis longtemps déjà ! Où allaient-ils comme cela d'un pas aussi déterminé ?

- Je retourne voir Yasuko. Elle n'est pas venue aujourd'hui.

- Et ça t'étonne ? répliqua l'adolescent qui ne comprenait pas. Pourquoi t'obstiner ?

Tsuzuki ne répondit pas tout de suite. Il laissa son regard violet se perdre dans les ondes orangées de l'eau du canal qu'ils étaient en train de longer. Le reflet du soleil sur les remous de la surface s'étirait en une longue traîne brillante toute fripée. En contrebas, des enfants s'entraînaient à faire des ricochets. Certains se contentaient simplement de lancer les cailloux à l'eau et d'autres réussissaient parfaitement l'exercice. Leurs petites pierres plates sautaient sur les flots pour ensuite disparaître dans le fond du canal. Yasuko était un peu comme ces pierres : Il suffisait de la manipuler bien pour faire quelque chose de bien avec. Mais si l'on abandonnait ou ne faisait pas d'effort pour y arriver, elle coulait silencieusement pour ne jamais être récupérée.

- Je veux simplement l'aider, souffla-t-il avec douceur. Je trouve son sort trop triste. Et puis, si toi tu as besoin d'une bonne raison, dis-toi que c'est pour l'enquête. Si tu ne veux pas venir, je ne te force pas, tu peux rentrer pour te reposer.

Hisoka regarda Tsuzuki. Après tout, c'était dans sa nature d'être un bon samaritain et personne ne pourrait le blâmer pour cela.

- Non, non, je viens avec toi… répondit-il en baissant les yeux.

Ils ne mirent que peu de temps pour revenir au petit portail de bois de la demeure Togochi. Comme instinctif, Tsuzuki leva la tête vers la fenêtre aux persiennes sombres. Elles étaient encore tirées.

- Tsuzuki-sensei ?

C'était la voix de Madame Togochi qui revenait détendre du linge dans le jardin. Elle aperçut les deux visiteurs qui attendaient sur le trottoir. Son panier sous le bras, la femme s'approcha d'eux et s'inclina.

- Bonsoir, Madame Togochi, pardon de vous déranger.

- Vous revenez pour Yasuko ? Vous perdez votre temps, soupira-t-elle avec résignation. Ne vous dérangez pas plus, c'est inutile.

Tsuzuki secoua la tête et affirma que c'était un devoir d'enseignant de prendre soin de ses élèves. Surtout qu'il était certain que Yasuko avait des capacités. Il ne voulait pas la laisser tomber. Peut-être ne souhaitait-elle pas parler de son problème à sa propre famille par honte ? Auquel cas, il aimerait beaucoup être cette oreille dont elle pourrait avoir besoin.

La femme se mordit la lèvre en signe d'hésitation. Elle ne savait plus quoi faire. En deux semaines, elle avait été incapable de faire dire à sa fille pourquoi elle était devenue ainsi, incapable de l'aider, incapable de la comprendre. Elle se disait sans cesse qu'en l'absence régulière de son père à l'étranger, elle devait assurer l'éducation de son enfant, mais l'isolement de sa fille unique la dépassait complètement. Avait-elle seulement le droit de confier cette tâche à un étranger et ainsi reconnaître qu'elle renonçait à essayer de secourir Yasuko ? Elle était si perdue…

- Ne culpabilisez pas, Madame Togochi, intervint Hisoka qui avait perçu sa détresse. Je pense que votre fille a besoin d'une oreille extérieure pour se confier. Faites-lui confiance, il sait y faire avec les personnes difficiles.

Tsuzuki fut étonné des paroles de son ami. Hisoka parlait-il de lui-même quand il mentionnait les « personnes difficiles » ? Au fond, il était heureux de le voir le soutenir dans son envie d'aider Yasuko.

Madame Togochi sembla prendre en compte les paroles du garçon qu'elle analysa d'un air incertain.

- Et vous êtes… ?

- Pardonnez-moi. Je suis Hisoka, le petit frère de Tsuzuki, je suis dans une autre Terminale à Haijaku, se présenta-t-il avec une inclinaison de tête polie.

- S'il vous plait, Madame Togochi, implora Tsuzuki en joignant les mains en prière.

La mère de Yasuko finit par soupirer d'abandon. Très bien. Elle ne supportait plus de voir sa fille aussi apathique maigrir de jours en jours et de perdre petit à petit son souffle de vie. Elle laissa Tsuzuki entrer et proposa également à Hisoka de faire de même mais celui-ci préféra se tenir encore à l'écart. Il se sentait encore un peu fébrile de son malaise de tout à l'heure et l'aura oppressante qui entourait la maison était encore bien présente.

Tsuzuki monta une nouvelle fois l'escalier étroit menant à l'étage et frappa à la porte de la chambre de Yasuko avant d'y entrer.

Tout était absolument à l'identique que la veille. La chambre respirait le bois des meubles et le spectre sombre des sentiments de Yasuko. La jeune fille n'avait pas bougé par rapport à la veille. Son immobilité était si impressionnante que c'était à se demander si elle n'avait pas passé la nuit entre son bureau et son armoire. Même ses cheveux semblaient être figés au millimètre près. Ses bras se refermaient autour de ses jambes tels une barrière protectrice, son visage était caché contre ses genoux et ses cheveux épars qui retombaient sur elle formaient une cascade brillante derrière laquelle elle pouvait encore s'isoler de son environnement.

- Re-bonsoir, Yasuko-chan.

Ses yeux s'ouvrirent contre ses genoux. Cette voix ! C'était lui ? Il était revenu ?

Tsuzuki prit un coussin resté sur le lit de l'adolescente et le posa par terre près d'elle pour s'asseoir au même endroit que la veille. Tous les sons qu'il produisait parasitaient les oreilles de Yasuko qui n'était plus habituée à entendre autant de bruits. Sa mère ne prenait même plus la peine de parler quand elle lui montait ses repas. Elle posait le plateau sur le lit et s'en allait sans un mot. Et là, cet homme revenait et perturbait sa bulle. Ca l'agaçait.

- Alalala… Tu aurais vu, ce matin, j'ai fait plus ample connaissance avec Sunaiki-sensei, il fait vraiment peur… raconta Tsuzuki le plus naturellement du monde.

Alors, simplement et sincèrement, Tsuzuki se mit à lui raconter sa journée. Sa première conversation avec Sunaiki-sensei, les gâteaux offerts par les professeurs et ses élèves, les doléances que ses élèves lui avaient confiées sur ce même terrible prof d'histoire, les perles que des garçons de la Terminale 2 lui avaient sorties lors d'une petite interrogation orale. Il parla avec légèreté et insouciance comme il aurait discuté avec un vieil ami cher. Il riait parfois. Ce rire était doux et clair. Il résonnait aux quatre coins de la tête de Yasuko qui n'en revenait pas.

Non, elle n'en revenait pas. Personne n'était venu lui rendre visite deux jours d'affilés en deux semaines d'exclusion. Sa meilleure amie avait abandonné dès le silence du premier soir. Encore plus incroyable, cet homme qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam venait, s'installait dans sa chambre comme s'il était chez lui et lui racontait sa vie !

Parler. Cela faisait deux semaines qu'on venait plus lui parler. Pas l'assommer de questions. « Qu'est-ce que tu as ? », « Pourquoi tu fais ça ? », « Que s'est-il passé ? », « Pourquoi tu ne me parles pas ? ». Pas la presser, pas l'exhorter de dire la raison de cet état et de retourner au lycée. Pour la première fois en deux semaines, on lui parlait comme à un être humain et pas à une prisonnière isolée dans son silence.

- Laissez-moi, sensei.

Tsuzuki eut un faible sursaut en entendant cette voix. Elle était frêle, chevrotante, cassée et dévoisée car plus utilisée depuis tout ce temps. Ce n'était qu'un souffle étouffé contre son pantalon. Pourtant, le shinigami entendit distinctivement l'appel à l'aide qui hurlait derrière cette envie de rejet.

- C'est ce que tu veux, Yasuko-chan ? demanda-t-il doucement.

Silence.

- Tu ne m'aurais pas adressé tes premiers mots sinon.

- Je suis mieux ici.

Ses mains s'étaient une nouvelle fois serrées sur ses bras. Cette réponse laissait Tsuzuki indécis. Pourquoi pensait-il en entendant cela que ces mots avaient une double signification ? Il avait pleinement conscience qu'il venait d'obtenir quelque chose de fort précieux et de fragile, il ne voulait pas briser ce qu'il venait de créer avec Yasuko. De plus, la fumée anthracite invisible qui flottait autour de la jeune fille avait prise la triste couleur grise clair de la mélancolie. Mieux valait ne pas insister d'avantage.

- Mieux ici ou pas, une chose est sûre, tu as une place toute trouvée dans mon cours, sourit-il. Tiens, d'ailleurs, j'ai une petite surprise pour toi. Allez, regarde.

Il fallut du temps pour que le rideau noir de sa chevelure ne glisse lentement de ses bras en même temps que sa tête se soulevait. Yasuko montra son front pâle rougi par le frottement de ses vêtements et des yeux d'un joli marron clair un peu plus grands que des yeux asiatiques qui papillonnèrent en fronçant des sourcils à cause de l'éclairage qui, bien que tamisé, était trop violent pour elle.

Quand ses yeux s'habituèrent à la semi pénombre, ils se posèrent sur la couverture ancienne d'un livre que Tsuzuki lui tendait. Elle osa lever encore un peu la tête vers son interlocuteur à la voix si douce et au rire si entraînant. Elle fut étonnée de découvrir un visage si jeune et aux traits si fins. Mais ce qui la captura immédiatement fut son regard. Ses yeux avait la couleur irréelle de l'améthyste derrière lesquels elle lut une file d'émotions enfouies : la gentillesse, la noblesse de cœur, la peur, la tristesse douloureuse. Comment tels sentiments pouvaient-ils loger dans cette personne au sourire si bienveillant ?

- C'est un livre assez rare daté de l'Epoque Edo. Je suis sûr qu'il te plaira.

D'un geste hésitant, elle tendit avec précaution la main vers le livre tout en abaissant lentement ses jambes au sol. Elle ressemblait à un chiot qui s'approchait de la main de son maître pour une caresse. Tsuzuki était vraiment heureux de la voir réagir pour lui. Comme il l'avait pensé, elle avait un très joli visage lisse et ovale, juste un peu pâle et creusé aux joues.

- Tu as de très jolis yeux, c'est dommage de les cacher…

Sur ces mots, il attrapa un ruban qui entourait l'une des boîtes à gâteaux qu'on lui avait offert et s'amusa à nouer les cheveux de l'adolescente avec. Yasuko le regardait avec de grands yeux écarquillés de surprise, le livre serré dans ses mains.

- Je vais te laisser pour ce soir. Si je reviens demain, ça ne te dérange pas trop ? Je suis parfois envahissant… s'excusa l'homme en se frottant la tête avec embarras.

L'adolescente ne répondit pas sans pouvoir le quitter des yeux, trop ancrée dans ses pensées. Cet homme…

- Bonne lecture, Yasuko-chan. A bientôt.

Et la porte se referma tout doucement sur le sourire d'au revoir qu'il lui adressait. Yasuko ouvrit la bouche mais aucun son ne parvint à franchir ses lèvres. Elle en était muette. Cet homme, comment faisait-il pour que chaque mot puisse percer ainsi sa coquille pour la toucher droit où il fallait ? Qui était-il ?

Quand Madame Togochi demanda à Tsuzuki s'il y avait du nouveau, il préféra rester évasif. Il avait trop peur qu'elle ne profite de cette pousse d'ouverture de sa fille pour l'assaillir et par conséquent, la braquer encore plus. Il se voulut rassurant pour ne pas inquiéter Madame Togochi mais n'avoua pas que Yasuko avait parlé.

- Merci pour elle, Tsuzuki-sensei, lui avait-elle alors dit simplement.

Sur le chemin du retour, Tsuzuki rapporta à Hisoka les avancées de Yasuko. Le jeune homme n'en revenait pas de ce que venait d'accomplir son collègue. Et après réflexion, ce n'était pas si étonnant que cela. Tsuzuki avait le don secret de savoir parler avec les gens et de dire les mots qui pénétraient l'âme. Lui-même avait été une victime de ce pouvoir quand il était au plus bas de son moral. Mais ce qui était incroyable c'était qu'il avait pu émouvoir une jeune fille dont il ignorait l'histoire et les raisons de son isolement. Il venait de démontrer qu'il était capable de comprendre autrui, peu importe ses blessures. Et d'un côté, cela énervait Hisoka. Il se sentait frustré de voir Tsuzuki aider les autres alors que lui refusait de se faire aider. Imbécile.

- Et ce livre, d'où venait-il ?

- Bibliothèque de l'Enma-Cho. J'ai presque dû soudoyer les Gushôshins pour qu'ils me rendent ce service.

Les deux shinigamis rentrèrent en silence à leur appartement. A peine avaient-ils retiré leurs chaussures pour les troquer contre les pantoufles d'intérieur qu'une grosse boule de plumes coiffée d'un large béret bleu leur tomba dessus.

- Tsuzuki-san ! Hisoka-san ! couina la petite bestiole au gros nœud jaune autour du cou.

- Gushôshin aîné ? s'exclama Tsuzuki avec surprise. Que nous vaut votre venue ?

- Le chef veut savoir où vous en êtes dans votre enquête.

Tsuzuki et Hisoka prirent place autour de la table et rapportèrent au Gushôshin les éléments qu'ils avaient déjà pu collecter depuis leur arrivée à Kumamoto tandis que le bibliothécaire tapait le tout sur son ordinateur portable pour ensuite tout transmettre dans l'Autre Monde au chef.

- Donc, ce Kotaki Sunaiki est votre premier suspect ?

Hisoka fit tourner dans ses mains sa tasse de thé brûlant. Son reflet se déformait dans la couleur cuivrée du liquide fumant. Ce parfum l'apaisait.

- Disons plutôt que c'est lui qui nous trouble le plus, corrigea-t-il en buvant une gorgée.

Resté debout contre un mur du salon, Tsuzuki fronçait les sourcils, très concentré. Il n'avait plus rien ajouté depuis qu'il avait raconté sa journée, ce qui intrigua le Gushôshin qui lui demanda si quelque chose n'aillait pas.

L'homme se massa un peu les sinus et se laissa tomber sur un coussin près d'Hisoka.

- Il y a aussi… la déléguée de la T-4 qui m'intrigue… Ikuyo Sugio… J'ai l'impression qu'elle a sa pièce à ajouter au puzzle. Il y a quelque chose chez cette fille qui me fait froid dans le dos. Et puis, je ne peux m'empêcher de penser que la classe toute entière me cache des choses.

- Sans parler de l'hikikomori à l'aura étouffante… ajouta Hisoka un peu froidement.

Piqué au vif, son partenaire se tourna vers lui d'un air vexé :

- Yasuko n'est pas une mauvaise personne ! C'est son isolement qui fait ça ! se défendit-il.

- Désolé, mais ce qu'elle trimbale avec elle me donne le droit d'avoir des doutes. Si tu tiens tellement à l'innocenter, tu n'as qu'à interroger son amie, Kunie Manata, ou à prendre Sugio à part pour la percer à jour.

Tsuzuki serra les dents par colère et le poing. Hisoka avait raison, mais il ne voulait pas le reconnaître car il avait pris Yasuko en pitié et ne pouvait décidément pas à se résoudre à la soupçonner, surtout après l'échange de ses premiers mots depuis qu'elle était une hikikomori. Très bien ! Si c'était comme ça, dès demain il s'occuperait de poser les questions franchement !


J'aime bien Yasuko. Je ne sais pas pourquoi, mais je l'aime bien. Comme tous les persos que je crée en fait. XD Même l'étrange Ikuyo, je l'adore. C'est rare que je fasse des persos comme elle…

Prochain chapitre : Ah ben ça… O.o