Rating : Cette fic est classée M et c'est un slash. Vous êtes prévenu(e)! ;0)
Note pour Myou : Tu vas tout comprendre dans ce chapitre (en espérant ne pas te décevoir)! ;0) Et désolée de ne pas t'avoir répondu personnellement, mais tu ne m'as pas laissé ton courriel dans ta review:0)
Note de l'auteure : J'ai oublié de mentionner que cette fic ne tient pas compte de la saison 3 (sauf pour quelques rares détails que j'ai grapillé sur Gate-Ship One), pour la simple et bonne raison que je ne l'ai pas encore vue (et en sachant comment elle termine, je me demande si j'ai envie de l'écouter, snif!).
Bonne lecture!
Chapitre 2 : Rodney?
John, Teyla, Ronon et Miko étaient attablés chez des invités de marque : le Haut Conseil des Strolliens.
Le peuple de la planète Stroll était pacifique et vivait en totale autarcie. En effet, même s'ils utilisaient la Porte des Étoiles depuis de nombreuses générations et qu'ils comptaient d'innombrables alliés, ils n'avaient jamais eu besoin de faire du troc avec aucune des sociétés amies. C'était d'ailleurs des conseils à ce sujet que l'équipe du colonel Sheppard était venue chercher… enfin, c'était la raison officielle. Officieusement, ils devaient savoir grâce à quelle technologie ou système ce peuple arrivait à s'auto suffire et, bien sûr, ils devaient tenter de convaincre les Strolliens de partager leurs connaissances avec eux.
C'était donc pourquoi le quatuor se retrouvait assis devant des assiettes d'aliments à l'aspect étrange (après tout, qui a envie de manger des légumes roses et mauves!) et à discuter avec un homme réservé dénommé Shalek dont le calme olympien avait un effet légèrement irritant. Leur hôte était aussi accessoirement le dirigeant du Haut Conseil strollien.
- Je vois que vous vous intéressez beaucoup à l'organisation de notre société agricole, colonel.
- C'est exact, Shalek, se permit de répondre Teyla. Car nous cherchons à implanter un tel système sur notre planète, nous aussi. Et comme vous semblez être des maîtres en la matière, nous avions pensé nous en remettre à votre grande sagesse pour nous conseiller.
John se tourna vers son amie en haussant les sourcils, lui donnant une mine enfantine absolument adorable qui faisait fondre l'Athosienne à tous les coups. Pourtant, le colonel se disait simplement qu'il était heureux que Teyla ait répondu à sa place. Elle était nettement plus douée que lui pour le léchage de bottes!
- Bien, dans ce cas je peux vous montrer le poste de commande qui nous permet de contrôler la totalité de notre système. Vous pourriez vous en inspirer, proposa le haut dirigeant strollien.
- Excellente idée! s'exclama John en sortant de ses pensées. Rodney est…
Le militaire se tut d'un coup. Ses yeux s'assombrirent et il se renfrogna. Un brusque changement d'humeur qui ne passa d'ailleurs pas inaperçu aux yeux de leur hôte.
- Que se passe-t-il? Qui est Rodney? demanda-t-il doucement, toujours aussi calme.
John ne put dire un mot, la gorge toujours serrée… trois mois et demi… trois mois et demi que Rodney ne s'était pas levé, qu'il n'était pas parti dans une tirade sans fin, qu'il ne l'avait pas taquiné… trois mois et demi qu'il ne l'avait pas embrassé!
Le militaire se leva subitement et quitta la pièce en s'excusant rapidement.
Shalek regarda ses convives avec une grande incompréhension. Ce fut Teyla qui se dévoua pour expliquer la situation à leur nouvel ami.
- Rodney est un membre de notre équipe. C'est aussi un ami très proche.
- Il est présentement malade, enchaîna Ronon, venant à l'aide de l'Athosienne qui avait soudainement la gorge nouée. Il est dans le coma.
- Qu'est-ce que le coma?
- C'est quand on dort et qu'on ne se réveille pas, intervint la scientifique japonaise.
- Oh, oui, je vois… Nous appelons cela le repos perpétuel, car certains ne se réveillent jamais.
Une ombre passa sur le visage des trois Atlantes et ils se complurent dans leur silence. Le Strollien prit alors conscience de son indélicatesse.
- Oh, pardonnez-moi! Je n'ai décidément aucun tact! Si vous le désirez, je peux demander à nos meilleurs guérisseurs d'aller voir votre ami. Peut-être pourront-ils quelque chose pour lui, comme cela arrive fréquemment ici, demanda-t-il, plein d'espoir.
- Cela est vraiment généreux de votre part, répondit Teyla avec un doux sourire dont elle seule avait le secret, mais notre meilleur médecin s'occupe de lui sans relâche. Notre ami est entre de bonnes mains.
- Faites comme il vous plaira. Si vous le désirez, vous pouvez retourner chez vous, je comprends votre état d'esprit, dit Shalek en posant son regard sur la porte que Sheppard avait passé quelques minutes plus tôt.
- Oui, c'est une bonne idée. Ainsi, nous pourrons revenir avec d'autres scientifiques pour étudier comme il se doit votre ingénieux système.
- Qu'il en soit ainsi alors.
Le dirigeant du Haut Conseil se leva et invita ses convives à sortir pour aller rejoindre John. Dehors, Teyla alla à la rencontre du lieutenant-colonel et lui fit rapidement part de l'entente conclue avec Shalek. Remarquant les yeux rougis et boursouflés de John, Teyla hésita un instant sur l'attitude à adopter, ne sachant si ses paroles seraient les bienvenues, elle se décida finalement pour un simple contact physique, une main réconfortante et légère qu'elle plaça dans le creux de son dos. Le petit sourire qu'il lui donna lui confirma qu'elle avait pris la bonne initiative. Elle se dit qu'ils avaient aussi pris une bonne décision en optant pour retourner un peu sur Atlantis et de reprendre les discussions plus tard.
Quelques membres du parlement strollien, dont Shalek, raccompagnèrent SGA-1 jusqu'à la Porte.
- Je vous souhaite un bon retour et j'espère que nous nous reverrons rapidement.
- Merci, Shalek, conclut John.
Teyla fit un signe de tête aux strolliens, puis plongea à la suite de ses compagnons dans le vortex.
Lorsqu'elle arriva de l'autre côté, la jeune femme sentit une atmosphère tendue à l'intérieur de la cité. Cela ne lui plut guère.
- Bonjour, les salua Élizabeth. Comme s'est passée votre rencontre?
- Plutôt bien, ils ont l'air de nous aimer, dit simplement John en tentant un semblant de blague.
- Nous leur avons dit que nous reviendrions plus tard avec un de nos scientifiques pour étudier leur manière de gérer leurs ressources, enchaîna Teyla.
- À qui pensiez-vous?
- Je pensais que le docteur Zelenka pourrait épauler Miko.
- En effet, il est le plus qualifié pour cette tâche, approuva la commandante. Ça tombe bien, vous pourrez lui en parler en personne, car nous devons le rejoindre en salle de briefing.
- Un problème? demanda Ronon.
- En quelque sorte, éluda la diplomate.
John la connaissait par cœur et il savait que lorsqu'Élizabeth refusait de répondre à une question, ce n'était jamais sans raison sérieuse… bref, cela n'augurait rien de bon pour l'avenir!
L'équipe la suivit tout de même en silence. Comme prévu, ils retrouvèrent Radek en salle de réunion… mais celui-ci était accompagné de Carson. Un pli soucieux barrait le front du médecin. Décidément, quelque chose de grave était arrivé pendant leur absence.
- Que se passe-t-il? s'enquerra John d'un ton pressé.
- Asseyez-vous, demanda Weir pratiquement comme s'il s'agissait d'un ordre.
John n'aimait vraiment pas cela… mais il s'assit néanmoins pour que quelqu'un se décide enfin à parler.
- Alors? pressa-t-il avec une colère difficilement contenue.
Carson lança un regard inquiet au docteur Weir. Il ne savait pas si John pourrait encaisser un nouveau choc. Mais il connaissait encore plus le caractère entêté du militaire : il ne pourrait jamais le mettre à l'écart de cette discussion. Il se décida donc finalement à se lancer.
- Pendant que vous étiez en expédition, Rodney a eu des convulsions.
- Il va bien?
Zelenka échangea un regard voilé de tristesse avec le chef du département de médecine.
- Il est sous respirateur artificiel pour le moment.
- Quoi? Mais qu'est-ce qui s'est passé? Vous étiez censé veiller sur lui! s'emporta Sheppard.
- Oh, mais c'est ce que j'ai fait, jeune homme! Je le veille jour et nuit depuis presque quatre mois, alors que vous vous allez tranquillement vous promenez sur d'autres planètes. Je ne crois pas que vous soyez en position de me faire des reproches!
Élizabeth se racla doucement la gorge pour ramener un peu d'ordre et de calme. Elle avait eu vent de la relation entre John et Rodney et le militaire avait toujours eu un tempérament impulsif… un et un font deux! Quant à Carson, il était terriblement inquiet et il était complètement exténué, car il avait travaillé sans relâche depuis près de quarante-huit heures pour comprendre ce qui était arrivé à McKay.
- Continuez, Carson.
L'interpellé soupira, signe qu'il s'était calmé, hocha la tête en direction d'Élizabeth et poursuivit.
- Je disais donc… Rodney a eu une espèce de crise, mais pas quelque chose d'habituel. Premièrement, il a parlé… ou plutôt, hurlé en fait. Il a dit « sortir », comme s'il était prisonnier de quelque chose ou de quelqu'un. Puis, j'ai vu ses yeux devenir noirs.
- Vous voulez dire que le docteur McKay n'est pas réellement dans le coma? demanda Teyla pour tenter d'éclaircir les propos du médecin.
- En quelque sorte.
John soupira d'énervement. Il y avait moyen de faire plus clair, quand même! Carson lui lança un regard signifiant explicitement « je n'ai pas fini, attendez et vous allez tout comprendre ».
- Lorsque Rodney est retombé dans l'inconscience, il a arrêté de respirer, comme si cette tentative d'évasion avait eu un prix. J'ai donc décidé d'approfondir mes recherches. J'ai finalement découvert un gène étranger dans les chromosomes mêmes de Rodney et, croyez-moi, ce n'était pas facile à déceler!
- Qu'est-ce que ça implique? interrogea Ronon, qui pensait d'abord à la sécurité de la cité.
- En gros, le code génétique de Rodney est en train de muter.
- Comme pour les Wraiths? enchaîna Dex.
- Oui, mais ce n'est pas un gène Wraith, s'empressa d'ajouter le médecin en voyant les mines alarmées de ses amis.
- Mais ça a le même effet, grogna John.
- À la différence que Rodney ne deviendra pas un mangeur d'humains.
- Et que va-t-il devenir alors? demanda tout à coup Miko, qui avait gardé le silence depuis le début de la réunion.
- C'est une excellente question à laquelle je n'ai malheureusement pas la réponse.
- Que pouvons-nous faire? demanda Élizabeth.
- Je peux tenter de créer un vaccin, comme pour les Wraiths, mais je ne peux garantir son efficacité et… je n'ai aucun cobaye sur qui le tester avant de l'inoculer à Rodney, si jamais je trouve un antidote, rajouta le médecin pour ne pas donner de faux espoirs à ses amis.
Tous se turent un instant. C'était très risqué, car ils ne savaient pas à quoi ils avaient affaire. Et aucun d'eux ne désirait mettre la vie du brillant scientifique encore plus en danger.
- Mais avons-nous seulement le droit de rester les bras croisés? demanda Beckett.
Des regards intenses fusèrent de tous les coins de la pièce en direction du médecin.
- Non, affirma Élizabeth.
- Alors, la question est réglée. Nous aviserons en temps et lieu.
- Bien, alors au boulot docteur.
- Euh… Carson, interrompit John.
- Oui, qu'y a-t-il?
- Pouvons-nous faire quelque chose?
L'écossais eut un sourire compatissant. John était militaire, c'est-à-dire un homme d'action. Rester passif lui était impossible.
- Lui parler, le soutenir et lui prouver que nous ne le laissons pas tomber sont les seules choses que je pourrais vous conseiller. Il ne doit absolument pas abandonner le combat.
Sheppard hocha la tête en signe de compréhension. Il ne pouvait pas faire grand-chose, mais c'était mieux que rien!
Le médecin quitta prestement la salle de réunion pour se plonger aussi vite que possible dans l'élaboration d'un vaccin. Même s'il aurait plutôt dû aller manger et dormir, il s'en sentait incapable; il devait d'abord faire tout ce qui était en son pouvoir pour aider Rodney.
Zelenka allait en faire de même lorsque Teyla le retint. Elle lui expliqua en quoi sa présence leur serait indispensable lors de leur prochain voyage à travers l'anneau. À son grand étonnement, Teyla n'eut pas à lui forcer la main. Apparemment, le besoin du scientifique de se changer les idées (autant concernant Rodney que du problème de lévitation de la cité qu'il n'arrivait toujours pas à résoudre… ce qui le ramenait à penser à Rodney, car il aurait tant apprécié avoir ses commentaires pour trouver la solution) surpassait l'appréhension qu'il nourrissait pour les missions hors de la cité.
Lorsque la question du départ fut résolue, John se dirigea directement vers l'infirmerie. Sans surprise, il y trouva Rodney, allongé dans son lit d'un blanc immaculé, comme toujours. Sauf que, cette fois-ci, il avait un tube qui sortait de sa bouche et qui le reliait à une machine qui faisait un bruit infernal. Il avait l'air si vulnérable ainsi, lui qui d'habitude, dans les situations de crise, montrait un courage insoupçonné.
Soupirant, Sheppard tourna la tête vers le bureau du chef de l'infirmerie. Il se dirigea lentement vers la porte et toqua doucement. Le médecin releva la tête de sa paperasse et interrogea le militaire du regard.
- Au fait, Carson, je voulais m'excuser d'avoir été désagréable avec vous tout à l'heure. Je sais que vous faites tout ce que vous pouvez, je suis juste à cran…
- Je comprends, John, sourit le médecin. Je sais pour vous et Rodney. Je vis… hum… enfin, je veux dire, j'ai vécu la même situation que vous, John, alors croyez-moi quand je vous dis que je comprends.
Le militaire accorda un petit sourire à Beckett, hocha la tête en signe de compréhension et retourna au chevet de Rodney. Il n'était pas homme à apprécier s'étendre sur ses sentiments.
Malgré sa pâleur, le scientifique paraissait presque paisible. John posa sa main sur la joue mal rasée de McKay. Il sourit quand les souvenirs que ce simple toucher fit remonter à la surface affluèrent.
Après que Rodney ait fait exploser l'arme des Anciens, cela avait pris du temps à Sheppard pour lui faire à nouveau confiance… d'autant plus qu'il sentait naître des sentiments pour le scientifique qu'il ne comprenait pas et ne voulait pas accepter. Le militaire s'était toujours considéré comme hétérosexuel, il avait toujours été attiré uniquement par des femmes et il en avait même réellement aimé quelques-unes. Mais Rodney était particulier… et il avait fait naître des sentiments à sa mesure! John avait commencé à voir cet homme complètement hypocondriaque et égocentrique d'une autre façon et s'était mis à vraiment l'apprécier.
Mais comment dire à un homme que vous l'aimez? Déjà que c'est compliqué avec une femme, alors imaginez avec quelqu'un du même sexe que vous! Mais Sheppard avait décidé de commencer par se la jouer « c'est juste une nuit sans sentiment » et c'est là qu'il avait découvert que Rodney avait toujours été bisexuel (n'oublions pas Samantha Carter, tout de même!... d'ailleurs, John se demandait pour qui Rodney aurait un faible s'il avait à choisir… mais il préférait ne pas y penser, finalement). Et, mieux encore, il avait découvert que Rodney était attiré par lui, de surcroît.
C'est ainsi que tout avait commencé… et leur histoire durait depuis six mois quand le fatidique accident était arrivé. John n'était absolument pas préparé à ça. Jamais il n'avait eu de relation sérieuse avec quelqu'un qui faisait un boulot aussi risqué que le sien, il n'avait donc jamais eu à se poser la question à savoir comment il réagirait si la personne qu'il aimait était blessée sur le champ de bataille. Finalement, il trouvait cela atroce et il plaignait sincèrement toutes les femmes de militaire!
- Oh, Rodney, bon sang! Tu es plus intelligent qu'un stupide gène extra-terrestre! Bats-toi… pour nous… pour moi!
Le militaire soupira. Il avait l'impression de parler dans le vide, de se mettre à nu devant un mur. Ça lui paraissait d'autant plus risible. Beckett avait dit de le soutenir, mais l'entendait-il seulement?
Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas que Rodney avait esquissé un sourire en coin. Il ne remarqua la nouvelle vitalité du scientifique que lorsque celui tourna la tête vers lui.
- Rodney? appela-t-il plein d'espoir.
McKay ouvrit les yeux. John se recula de plusieurs pas en poussant un juron. Les yeux de Rodney étaient entièrement noirs, à la « The Convenant » (1). Les épaules du patient se secouèrent en un rire muet.
- CARSON!
Rodney arqua un sourcil moqueur, puis se replaça dans la position exacte qu'il avait à peine une minute plus tôt.
- Nom de Dieu, John, pourquoi est-ce que vous hurlez ainsi!
- Rodney a bougé, doc'.
- Quoi?
Le médecin se tourna vers le scientifique. Il jeta un coup d'œil aux moniteurs… tout était normal. Il s'approcha ensuite pour prendre le pouls de son patient.
- Ne vous approchez pas, Carson, ordonna John en sortant son arme.
- Non, mais vous êtes fou, rangez ça immédiatement!
- Il avait les yeux d'un noir plus profond même que celui de l'espace!
- Belle métaphore, colonel! Mais je vous rappelle qu'il s'agit malgré tout de Rodney.
Le regard de Sheppard oscilla quelques secondes entre le malade et son médecin. Il semblait visiblement en plein dilemme intérieur.
- OK, allez-y, mais je vous préviens : au moindre mouvement suspect, j'interviens.
- Ne faites rien de stupide au moins, répliqua Beckett en lançant un regard noir au militaire un peu trop impulsif à son goût.
Carson marmonna dans sa barbe en allant examiner son patient. Il souleva une des paupières de Rodney et ne rencontra que son regard bleu ciel. Les pupilles se dilataient normalement… rien à signaler. Le pouls avait aussi un rythme dans les normes. Pas de réaction au toucher, tout à fait normal pour quelqu'un de comateux. Bref, rien d'inquiétant en vue.
- Dépêchez-vous de trouver un foutu antidote.
- Vous croyez peut-être que c'est facile…, maugréa le médecin d'un ton irrité.
John lui lança un de ses regards « je sais, mais vous voyez ce que je veux dire ». Puis, il porta la main à son émetteur-récepteur situé dans son oreille.
/ Élizabeth, ici Sheppard. /
L'appareil grésilla quelques secondes avant que la voix de la dirigeante d'Atlantis ne se fasse entendre.
/ J'écoute, John, que se passe-t-il/
/ Envoyez des gardes à l'infirmerie. /
/ Un problème/
/ Non, simple mesure de précaution… /
/ Très bien, mais s'il y a quoi que ce soit, prévenez-moi/
/ Comme toujours. /
- Croyez-vous que ce soit vraiment nécessaire, colonel?
- S'il se réveille pour de bon et que ce n'est pas Rodney qui contrôle son corps, je préfère ne prendre aucun risque, docteur.
- Bien! De toute façon, quoique je dise vous n'en ferez quand même qu'à votre tête …, soupira Carson, résigné.
Après un dernier regard, Beckett retourna vers son bureau pour continuer ses recherches sur un vaccin. John, quant à lui, rangea son arme avec un soupir. Il prit une chaise et s'assit à côté du scientifique.
- Bon sang, Rodney, ne me force pas à te faire du mal! gémit-il en se prenant la tête entre les mains.
o0O0o
Aucun évènement marquant concernant Rodney ne se produisit pendant un mois entier. Sauf peut-être le fait qu'il n'ait plus eu besoin de respirateur artificiel seulement deux semaines après sa crise. Fait que Carson trouvait réellement déconcertant… et ce, bien que sa conception de ce qui était normal ou pas avait subi une évolution des plus drastiques. Il était, en effet, difficile de combattre des vampires de l'espace dans une autre galaxie tout en faisant des recherches sur des gènes non humains sans que cela n'affecte notre vision des choses.
Entre-temps, SGA-1 était retourné sur Stroll et avait découvert que ce peuple n'était pas beaucoup plus avancé que les terriens, technologiquement parlant. Cependant, c'était de formidables gestionnaires et ils avaient su mettre en place un système particulièrement efficace qui leur permettait de vivre en parfaite autarcie. De vrais petits romains en puissance!
Bref, l'équipe de Sheppard rentra sur Atlantis, après une semaine d'apprentissage, avec d'excellentes idées pour le continent, mais rien de particulièrement utile pour se défendre contre les Wraiths. En fait, ce peuple, qui utilisait eux aussi la Porte des Étoiles depuis de nombreuses années, était bien entendu connu de ces sanguinaires qui terrorisaient la galaxie de Pégase. Mais ils utilisaient un système similaire au bouclier d'Atlantis pour se dérober aux regards indésirables. Certes, Zelenka et Miko avaient été très intéressés par l'E2PZ des Strolliens, mais ils n'avaient certainement pas le droit de retirer à ce fantastique peuple aimé de multiples autres planètes leur seul moyen de défense.
Donc, l'équipe était rentrée bredouille, mais ils avaient au moins un nouveau nom de peuple allié à inscrire au bas de la – trop! – courte liste des planètes amies de ce système solaire.
Pendant ce temps, Carson planchait toujours sur le « problème Rodney », mais il avançait lentement. Il avait réussi à isoler le gène, mais le vaccin tardait à pointer son nez. L'écossais avait donc finalement décidé de s'accorder une nuit entière de sommeil après des semaines de travail intensif. Peut-être y verrait-il plus clair avec un cerveau moins embrouillé… enfin, c'est ce qu'il se poussait à espérer pour ne pas tomber dans la dépression!
C'est ainsi que, frais et dispo, Beckett retourna tranquillement à son infirmerie seulement tard dans la matinée, après avoir pris un copieux petit-déjeuner. Seulement, lorsqu'il pénétra dans son lieu de travail, il remarqua que quelque chose n'allait pas. Il détestait ce genre d'étrange sensation… il s'arrêta donc sur le pas de la porte pour tenter de comprendre son malaise. Mais il ne fut frappé que par le silence.
Le silence!
C'était vraiment anormal, puisqu'il aurait au contraire dû entendre le bruit incessant des machines sur lesquelles était branché Rodney. Vous savez, le rassurant petit « bip, bip, bip » qui n'arrête jamais… sauf en même temps que votre cœur.
Le médecin s'élança vers le lit de son patient en oubliant de respirer. Mais ce qu'il vit allait à l'encontre de tout ce qu'il aurait pu imaginer. Il s'était attendu à voir McKay inerte sur son lit ou des infirmiers en train de le recouvrir d'un drap blanc. Bref, le pire scénario. Mais non. Au contraire, il n'y avait rien.
Rien comme dans « plus de Rodney »… Le scientifique avait disparu!
(1) " Le Pacte ", en VF.
Oui, bon, je sais, il ne se passe pas beaucoup de choses intéressantes dans ce chapitre... Pas taper! Le suivant est rempli de péripéties palpitantes (bah oui, à votre avis, il est où Rodney, hein?)! Mais pour l'avoir, il faudra me laisser une petite review (c'est le petit bouton Go un peu plus bas...). Comment ça du chantage? Jamais! Bon, je file moi! XD
