Enfin un peu de reviews… Je commençais à desespérer sur la qualité de cette fic. Lol

Aelin ueal : Voici ! Kiss et merci !

Dealo : C'est vrai qu'il est trop mimi… Aaaaah… Hisoka… Mais je le préfère encore plus dans Munashii Kitai. Il y est plus touchant, surtout à la fin. Kiss et merci !


Chapitre 7 : La suspecte insaisissable

Seule une voix de femme suraiguë leur parvint :

- Au meurtre !!! Sunaiki-sensei a été assassiné !

Un mouvement d'effarement souleva les élèves de la Terminale 3 qui échangèrent des regards hébétés et des exclamations horrifiées tandis que d'autres classes qui avaient cours dans le même couloir commençaient à sortir aussi les têtes des salles en se demandant ce qu'il se passait ou si c'était un exercice de tremblement de terre.

Tsuzuki ne bougeait plus, écrasé par le poids de ces mots qui lui étaient chimériques à l'oreille. Sunaiki… mort ? Une foule de questions fusa dans tout son esprit à une telle vitesse qu'il en eut le tournis.

Une main qui entoura son poignet le ramena tout à coup à la réalité.

- Vite ! pressa Hisoka qui s'élançait déjà.

- Oui ! Vous autres, vous restez ici !

Les jambes de Tsuzuki se laissèrent porter par la course du jeune homme qui l'entraînait et les deux shinigamis remontèrent à toute allure les couloirs vides du premier étage. Ils croisèrent quelques étudiants regroupés devant les classes qui parlaient d'une voix blanche alors que leur professeur voulait les rassurer puis tournèrent au nouvel embranchement où ils furent arrêtés par un attroupement de personnes.

Le Principal Oppei était là, accompagné d'un grand homme tout malingre serré dans son costume gris foncé qui devait être le principal-adjoint et qui répétait sans relâche « Quelle horreur, c'est affreux… » ; Kitsuomi-sensei, la professeur d'anglais qui donnait cours dans la salle juxtaposée à celle de Sunaiki serrait ses mains croisées en prière en tremblant de la tête aux pieds et une dame d'une cinquantaine d'années en état de choc qu'on avait installée sur une chaise pour lui faire inhaler des sels. D'après ce que Tsuzuki réussit à entendre, il s'agissait de la bibliothécaire du lycée et c'était elle qui avait découvert la scène du crime. La pauvre femme secouait lentement la tête de droite à gauche en gémissant des choses inarticulées.

- Principal Oppei ! appela Tsuzuki. Que s'est-il passé ?

- Ah, Tsuzuki-sensei, c'est vraiment horrible… se lamenta de vieil homme, les mains sur la tête. Sunaiki-sensei préparait ses cours dans cette salle, comme toujours, et Kubochi-san, notre bibliothécaire, est allée le voir pour lui rendre un livre qu'il lui avait prêté et… Ah mon dieu…

Hisoka comprit que personne n'oserait exposer clairement ce qui venait de se produire, il fallait alors forcer le destin. Le jeune homme baissa les yeux vers la porte de la classe devant laquelle tout le monde se tenait et découvrit qu'une flaque de sang s'étalait doucement de la pièce vers le couloir. Sans réfléchir, le shinigami donna un coup de pied dans la porte qui s'ouvrit à la volée. Un cri épouvanté de la pauvre Kitsuomi-sensei placée en plein devant l'entrée fit taire tout le monde.

Les yeux vides, Tsuzuki prit sa collègue par les épaules et la força à se tourner contre lui pour ne pas voir cette horreur. Lui-même aurait aimé ne pas voir cela.

Kotaki Sunaiki avait été cloué aux poignets et aux pieds contre le tableau de la salle silencieuse baignée de lumière vive. Les flots de sang qui s'écoulaient de ses points de crucifixion n'étaient rien comparés à la plaie béante au niveau du cœur arraché à la poitrine. Encore un peu plus haut, la gorge était percée avec le fameux stick blanc à présent rouge carmin. Et à la pointe de ce bâton, deux petites boules ensanglantées entourées de fils dégoulinants y avaient été piquées comme on piquait un morceau de viande sur une brochette de barbecue. D'abord perplexe quant à la nature de ces choses, Tsuzuki et Hisoka n'eurent qu'à voir le visage ravagé de Sunaiki qui pleurait des larmes rouges pour comprendre qu'il s'agissait de ses yeux.

Avec la lumière de fin de matinée, le moindre rayon du soleil faisait ressortir chaque détail, chaque nuance de sang ou de blancheur du cadavre qui avait su garder encore un peu de couleurs. La classe toute entière semblait illuminée de rouge. Le meurtre était plutôt récent. Habitué à l'inhumanité barbare des meurtres qu'il avait déjà pu voir, Hisoka s'approcha prudemment du mort et souleva avec précaution une main raidie qui saignait.

« Le clou qui dépasse appelle le coup du marteau » disait sa paume gravée par l'auteur de ce portait insoutenable.

- L'assassin est revenu… souffla Tsuzuki faiblement secoué par les tremblements de la professeur d'anglais.

La nouvelle du sadique Kotaki Sunaiki retrouvé mort épinglé à son tableau et aux globes oculaires empalés sur sa tige de torture préférée fit le tour de l'établissement comme une traînée de poudre. Le mouvement de panique générale fut évité de justesse grâce à l'arrivée de la police qui parvint à contenir les débordements des élèves. D'ailleurs, ceux-ci furent immédiatement renvoyés chez eux pour qu'aucun d'eux ne vienne déranger les policiers pendant qu'ils analyseraient la scène du crime. De toute manière, il était impossible de taire un tel événement.

Resté seul parce qu'Hisoka avait été contraint de partir à son tour, Tsuzuki attendit avec les autres enseignants dans la salle des professeurs, le temps qu'on leur explique avec plus de détails ce qui s'était passé. En écoutant discrètement ce que ses collègues se disaient, Tsuzuki n'entendit personne dire « Ca a recommencé » ou « Il est revenu », bref, la moindre allusion aux meurtres des quatre garçons. Personne ne savait.

Le temps était suspendu autour de Tsuzuki qui ne réalisait pas encore. Kotaki Sunaiki, cet homme exécrable auquel il venait d'attribuer le statut de « Meurtrier présumé » venait de mourir d'une manière atroce. Tout s'effondrait.

Enfin, un policier entra et tous levèrent des visages angoissés vers lui :

- Nous avons procédé à une brève autopsie avant d'en faire une plus approfondie, mais il semblerait que la victime ait été tué environ trente minutes avant la découverte du corps, soit vers les 11h30. La mort s'explique par l'extraction de son cœur, le reste n'était que de l'acharnement fait après la mort. Nous allons maintenant vous interroger un par un alors veuillez rester ici, je vous prie.

Une heure et demi plus tard, Tsuzuki eut enfin l'autorisation de quitter l'établissement. Une vingtaine d'élèves étaient restés à l'extérieur devant le portail dans l'espoir d'obtenir des informations mais ils furent vite congédiés par leur professeur qui retrouva Hisoka. Un cornet de shûmais vide en main, le jeune homme s'était assis sur un banc près du lycée en attendant son partenaire qui lui rapporta les premiers résultats de la police sur la mort de Sunaiki.

Le shinigami blond cendré croisa les bras, les dents serrées.

- Qui a bien pu faire ça ? En plein jour, avec des gens tout autour…

Hisoka s'interrompit. Tsuzuki était pâle comme la mort et raide comme un « I ». La pléthore d'informations qui, de la découverte du corps jusqu'à ce qu'il sorte du lycée, s'était bloquée aux portes de son esprit était de nouveau en train de s'abattre sur lui en une rafale violente et dévastatrice. Il était incapable de penser à autre chose que ce leitmotiv qui s'était imprimé devant ses yeux comme quelque chose d'indéfectible.

- Tsuzuki… ? fit Hisoka en s'approchant.

L'homme tourna vers lui des iris éteints.

- Ikuyo Sugio.

Il ne pouvait rien affirmer sans preuve, il le savait parfaitement, mais sa tête refusait de lui crier autre chose que le nom de l'intrigante déléguée de la T-4. Tout ce qu'il savait de la jeune fille rousse matraquait son cerveau sans répit d'images et de paroles.

Ses yeux glacés emplis de mépris.

« Ces trois-là avaient un sale genre, de vrais garçons des rues. Quelque part, je me dis « Bon débarras », on n'a pas besoin d'élèves comme ça. »

Son sourire poli à l'envers cruel.

« Mais il est sûr qu'un jour où l'autre, Sunaiki-sensei subira les conséquences de ses actes. »

Son indolence trop calme.

« Sa phobie de l'école aura eu raison d'elle. »

Son regard qui se vide alors que la démence l'embrasse.

« Il va me le payer !!! Il n'a pas le droit de rabaisser mes efforts comme ça ! Il paiera ! Kotaki Sunaiki le paiera très cher !!! »

La vengeance peinte sur son visage quand elle se précipitait hors de la classe avec sa copie.

Hisoka regarda Tsuzuki droit dans les yeux.

- Tsuzuki, le vendeur de shûmais qui se trouve juste en face du lycée m'a dit qu'il a vu une fille rousse quitter l'établissement comme une fusée aux alentours de 11h30. Elle avait l'air dans tous ses états.

- Comment ?!

Tsuzuki aurait pu voir Muraki habillé en ballerine, l'effet provoqué chez lui aurait été le même.

- Mais comment une fille comme Ikuyo Sugio aurait-elle pu tuer un homme aussi fort que Sunaiki ? réfuta Hisoka qui peinait aussi à croire ce qu'il venait de supposer indirectement. Il est deux fois plus grand qu'elle !

- Pourtant… ça colle, non ?

Les menaces à demi-mot, le mobile, l'heure de la mort et ce témoin qui voit Ikuyo s'enfuir, les propos autrefois tenus par la jeune fille à l'encontre des trois T-4 frappés à mort, d'autant plus qu'elle devait connaître Kantarô Sejiku qui s'était fait blesser par Kotaki et qui avait été tué avec des membres arrachés. Autant d'éléments et de ressemblances dérangeants.

Non, il n'arrivait pas à imaginer Ikuyo assassiner un homme. Certes, il la suspectait fortement il n'y avait pas encore si longtemps, mais que cette réalité devienne possible l'avait assommé. Mais comment avait-elle pu déchaîner autant de violence contre ses victimes ? Pour quelle raison aurait-elle alors tué Kantarô Sejiku ? Et le sens de ce dicton gravé dans les mains ? Tant d'imprécisions et de doutes et pourtant, il avait une suspecte numéro 1 plausible que tout accusait. Il en avait la nausée. Ikuyo Sugio, adolescente parfaite d'apparence et étudiante intelligente à la personnalité claire obscure, auteur de cinq meurtres ignobles et sordides. Impossible. Et pourtant. Et pourtant…

Il leva les yeux et croisa ceux verts d'Hisoka qui le regardait avec détermination.

- Il faut l'interroger. Elle doit être chez elle.

Tsuzuki hocha la tête, tout aussi résolu. Il n'y avait pas de temps à perdre. Il fallait en avoir le cœur net.

Les deux shinigamis quittèrent donc la place où s'élevait le lycée Haijaku pour se rendre à la demeure Sugio. Tsuzuki avait pris la précaution de prendre la veille l'adresse de la jeune fille ainsi que celle de Sunaiki au cas où.

Il était presque 14 heures mais il y avait encore beaucoup de monde dans les restaurants ou les petites échoppes de ramens. Les rues de Kumamoto grouillaient de gens en ce début d'après-midi dans la fourmilière urbaine. Quand ils aperçurent plus loin des étudiants du lycée, Tsuzuki et Hisoka préférèrent revêtir leur apparence spirituelle pour qu'ils ne les voient pas et les assaillent de questions sur le meurtre de leur professeur d'histoire-géographie. Ils seraient très vite prévenus d'une façon ou d'une autre.

La route pour aller chez Ikuyo était un peu plus longue alors Tsuzuki chercha à tuer le temps et l'habituel silence qui régnait entre lui et Hisoka, toujours aussi peu loquace :

- Dis… commença-t-il en se tournant vers l'adolescent. Ton malaise de ce matin, c'était à cause de quoi ? J'ai eu peur.

Il vit son coéquipier froncer du nez à ce souvenir désagréable. Il lui révéla qu'à l'instant où il avait vu Yasuko Togochi dans le couloir, une extraordinaire bouffée d'ondes malsaines lui avait électrifié tout le corps. Il avait cru qu'il ne s'en relèverait jamais.

Tsuzuki fit une triste moue.

- Encore la pression émotionnelle de Yasuko, hein ? subodora-t-il.

Hisoka ne répondit pas tout de suite pour réfléchir. Oui, il avait encore capté les mauvaises émanations de l'hikikomori mais celles-ci étaient différentes de celles qui entouraient la maison. Et juste après avoir ressenti cela, il avait été matraqué par une violence insoutenable.

- Non, c'était autre chose… souffla-t-il à voix basse.

Hélas, il ne put dire à son partenaire ce qu'était alors cette chose qui l'avait terrassé car elle avait été trop concentrée pour qu'il puisse déterminer la nature exacte. Une chose était sûre pour lui : cette affaire dépasserait très certainement le cadre de l'enquête « normale ».

- D'ailleurs, je suis impressionné, avoua-t-il avec désinvolture. Réussir à faire revenir une hikikomori en cours sans savoir pourquoi elle s'isolait… Comment as-tu fait ?

Le regard scintillant et le geste de la main dans ses cheveux de Tsuzuki le faisaient ressembler à un grand séducteur ténébreux tout droit sorti d'un shôjô dans un moment « étoiles et roses dans une trame de fond pastel » :

- Mon éventail de techniques de « persuasion » est large, Hisoka.

Le jeune homme à ses côtés manqua de s'étrangler. De quel type de « persuasion » avait-il usé au juste ?! Espèce de tordu !

- Si tu veux, je te montrerai, mais pas là, il y a trop de monde, continua Tsuzuki en s'empêchant de rire.

- Dans tes rêves, oui !

Le temps pour nos deux compères de se disputer joyeusement sur les nouvelles idioties de Tsuzuki, ceux-ci étaient à présent dans un petit quartier moins bruyant que le centre-ville avec peu de passants sur les trottoirs. Tout à coup, le shinigami brun arrêta l'autre par un bras devant lui, l'oreille tendue :

- Attends.

- Si je m'attendais à cela… disait une voix traînante.

Tsuzuki et Hisoka s'immobilisèrent. Cette voix ! Un coup d'œil un peu plus loin dans la rue leur fit découvrir une jeune fille en uniforme couleur lie de vin qui se tenait devant une ruelle sombre. Ses cheveux châtains au carré encadraient tout son profil mais les deux observateurs reconnurent immédiatement cette silhouette chétive et timide.

- Manata-san ? s'étonnèrent-ils d'une même voix.

- Tu as dû être surprise aussi, hein, Manata ?

La propriétaire de la voix tranquille apparut enfin de la ruelle et confirmèrent l'idée commune qu'avaient les shinigamis. Ikuyo affichait très clairement un sourire cruel et sardonique pendant qu'elle jaugeait de haut en bas la pauvre Kunie qui semblait terrifiée. Elle plissa ses petits yeux clairs et transperça l'autre fille avec son mépris le plus fulgurant, les mains sur les hanches avec fierté.

- Ca me gêne beaucoup que tu aies assisté à cela… poursuivit-elle en tournant autour d'elle comme un vautour.

- S… Sugio-san…

- Allons, regarde-toi… Tu ne vaux pas mieux ! Vous êtes de la même race, celle des gens dont l'existence ne vous revient pas du tout.

Tsuzuki et Hisoka avaient le cœur battant et retenaient leur souffle pour ne rien perdre de cette conversation. Voilà enfin le véritable visage de la jolie déléguée Ikuyo Sugio : celui d'une fille pleine de dédain qui crachait sur les autres ouvertement. Ils allaient la prendre en flagrant délit !

Kunie Manata secouait la tête en ouvrant et refermant la bouche sans pouvoir parler. La prestance et la froideur d'Ikuyo lui écrasaient les épaules et sa réserve naturelle l'handicapait encore plus. La jeune fille rousse se mordit la lèvre et continua de promener son œil implacablement critique sur sa camarade, la colère de plus en plus visible sur ses traits délicats.

- Au début, je m'en fichais de toi parce que tu étais quelconque, mais que tu viennes me faire des remarques sur ce que je fais, ça ne me plait vraiment pas. Espèce d'empêcheuse de tourner en rond !

- C-C'est ignoble que tu as fait ! Ce que vous avez fait !! MONSTRES !! s'emporta tout à coup Kunie d'une voix perçante.

Ikuyo, comme les deux espions invisibles, eut un sursaut quand elle entendit la jeune fille crier. La surprise de la voir répliquer face à elle passée, Ikuyo attrapa brutalement Kunie par la cravate de son uniforme et la plaqua contre le mur de la ruelle qui les cachait des rares passants. Tsuzuki et Hisoka eurent un mouvement en avant, mais ils devaient attendre qu'Ikuyo tente quelque chose pour agir.

- Oui, et après ? susurra la déléguée d'une joie perverse. Ca nous a beaucoup amusés. Pauvre fille qui ne voyait rien du tout. La prochaine fois, ça sera toi si tu en parles à qui que ce soit. Une personne de plus, une de moins, ça ne change rien pour moi !

- Je croyais… que tu n'aimais pas Hiroi, Ujima et Nobe… grimaça Kunie d'une voix rauque. Et pourtant, eux aussi, ils…

- Parce que eux, ils se comportaient comme des gros lourds avec moi et ça, ça m'insupportait. Pour le reste, je m'en moquais.

Ikuyo garda encore un peu la pression qu'elle exerçait sur le cou de Manata puis la relâcha en la foudroyant des yeux.

- Disparais, maintenant. Et gare à toi si tu parles.

La jeune fille glissa le long du mur en toussotant puis se releva et fit quelques pas avant d'adresser un regard noir à son interlocutrice.

- Attention à toi aussi, Sugio-san ! Comme tu l'as dit pour Sunaiki-sensei, « Tu subiras les conséquences de tes actes » ! menaça-t-elle d'une voix forte.

Et la timide adolescente s'enfuit en courant loin d'Ikuyo qui la regardait s'éloigner d'un air dédaigneux. On verrait bien qui serait la plus maligne des deux.

Soudain, la large paume d'une main aux longs doigts tomba sur son épaule et la serra fermement. La jeune fille sursauta de peur et fit volte-face. Ses grands yeux se figèrent quand ils croisèrent deux fines améthystes pénétrer sa conscience. Quel contraste avec un sourire si affable.

- Sugio-san…

- Tsuzuki-sensei ?

† ※ †

- Que dites-vous ?! Sunaiki-sensei a été assassiné dans une classe ?!!

Tels avaient été les premiers mots d'Ikuyo après l'annonce que lui firent les shinigamis. Ils avaient entraîné la déléguée de la T-4 dans un petit café totalement vide pour l'interroger sans être dérangés. Le cri de stupéfaction de la jeune fille vint donc se perdre entre les tables cirées, les chaises et les banquettes rembourrées de velours rouge cerise et l'immensité de la salle vide. Il n'y avait pas un son, juste les résidus de l'écho d'Ikuyo et les tintements de la cuillère qui caressait les rebords de la tasse de thé de Tsuzuki.

Il fallait dire que Tsuzuki et Hisoka étaient sidérés. Après ce qu'ils avaient entendu, les voilà qui faisaient face à l'adolescente médusée qui ouvrait les yeux en grand avec la bouche grande ouverte. Les deux jeunes hommes la dévisageaient d'un regard dur, pas dupes pour deux sous.

Tsuzuki tapota sa cuillère contre sa tasse et vint humer la fragrance de sa boisson.

- Range-moi cette fausse surprise, dit-il d'un ton sans réplique.

Ikuyo cligna des yeux et fronça les sourcils. Elle n'avait même plus pris la peine de se parer de son masque de perfection.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? Je ne savais pas ! Quand est-ce arrivé ?

Elle n'attendit pas qu'on lui réponde car elle avait à présent plaqué son regard impérieux sur Hisoka et exigea de savoir ce qu'un élève venait faire dans cette histoire.

- Je ne suis plus un élève depuis longtemps, répondit froidement le jeune homme sans ciller.

- Nous sommes des shinigamis, compléta Tsuzuki avec calme en reposant a tasse.

- Sh… Shinigamis ?

L'adolescente eut un recul défensif apeuré. N'importe qui aurait pris ce genre de déclaration comme une plaisanterie de mauvais goût, mais le sombre éclat qui brillait dans les yeux étrangement colorés de ces deux personnes l'avait interpellé. Elle avait vite compris qu'ils n'appartenaient pas au monde qui était le sien. Ils ne mentaient pas quand ils disaient être des anges de la Mort.

- Pourquoi avoir tué Kotaki Sunaiki ainsi que tes trois camarades de classe et cet élève de la T-3 blessé autrefois par Sunaiki ? interrogea Tsuzuki d'une voix posée mais très sérieuse.

Ikuyo remua encore par un tressaillement.

- Quoi ? Moi, j'ai tué… ? Mais je ne… ! Et les trois autres sont morts ? Comment ? Pourquoi on… Et ce Sejiku aussi ?

La voix hachée incapable de terminer ses phrases de l'accusée fit perdre la patience de Tsuzuki qui frappa la table du poing.

- Nous t'avons entendue menacer Kunie Manata et te vanter de tes crimes ! Et je n'oublie pas tes proférations en classe ce matin contre Sunaiki ! Tu n'es pas lisse et parfaite comme tu le prétends être, Ikuyo Sugio. Pourquoi as-tu fait ça ?

- Je n'ai tué personne !! s'exclama Ikuyo en se levant d'un bond. Jamais ! Et vous n'avez aucune preuve de ce que vous avancez ! Je me doutais bien que vous étiez louche ! Je vous interdis de m'approcher, monstres !

Elle attrapa son cartable et longea sa banquette de velours pour détaler entre les rangées de tables. La porte du café claqua bruyamment et le carillon d'entrée tintinnabula dans un son aigu et disharmonieux qui s'amenuisa au gré de ses balancements. Tsuzuki attendit que le silence revienne pour boire la dernière gorgée de liquide ambré qui avait laissé un petit dépôt poudreux noir au fond de sa belle tasse de porcelaine blanche. Il reposa la petite cuillère argentée sur la soucoupe et ouvrit des yeux assombris qu'on ne lui connaissait que rarement.

- Il va falloir passer au cran supérieur.

Hisoka redressa la tête de ses mains croisées devant lui. Impossible. Son don d'empathie avait-il… ?


Ca barde…

Prochain chap : On parie que je vous surprends encore ?

Pour ceux qui attendraient la suite de Munashii Kitai, je le ferai au matin, là, il est 00h55… Lol