Disclaimer : La série, les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas. De plus, je ne retire aucun salaire de ces écrits. Je ne fais que satisfaire mon esprit tordu de fan :0P (en espérant que d'autres personnes apprécient et se divertissent ;0).
Rating : Cette fic est classée M et c'est un slash. Vous êtes prévenu(e)! ;0)
Note de l'auteure : Je voudrais m'excuser pour ce que j'ai dit au chapitre précédent concernant le "chantage". Il s'agissait bien évidemment d'une blague, car j'aurais mis le chapitre qu'il y ait des reviews ou non. Je voulais simplement dire que c'était toujours très agréable d'en recevoir. Je m'excuse auprès de ceux et celles que cette plaisanterie a choqués.
Chapitre 3 : La petite voix
Zelenka se pinça l'arrête du nez en soulevant ses lunettes pour la énième fois cette journée-là. Il n'avançait pas… eh oui, le grand scientifique devait l'avouer : il était bloqué. À ce qu'on dit, le cerveau humain a ses limites… et Radek venait apparemment de trouver les siennes! En plus de donner un coup à l'orgueil, c'était très frustrant, car il n'y avait personne à son niveau dans la cité qui pourrait l'aider… enfin, sauf Rodney, mais comme il était dans le coma, le tchèque préférait ne pas penser à cette alternative.
- Alors, Zelenka, vous vous en sortez avec ce problème de décollage?
Le susnommé Zelenka se figea. Il cligna plusieurs fois des paupières pour s'assurer qu'il était bien réveillé. De toute évidence, oui. Alors, il décida de tenter autre chose : il rajusta ses lunettes et fixa son interlocuteur penché devant son écran d'ordinateur portable.
- Rodney?
- Oui, quoi? demanda le brillant scientifique de son habituelle voix irritée lorsqu'il était dérangé.
Le seul bruit qui répondit à la remarque cinglante de McKay fut celui que fit la tasse de café de Radek lorsqu'elle heurta le sol. Ce qui fit sursauter Rodney qui se retourna d'un bloc vers son collègue.
- Est-ce que vous allez bien? demanda-t-il comme s'il parlait à un retardé mental.
« Non, mais, qui laisse volontairement tombé sa tasse de café pleine au milieu de précieux ordinateurs? Il faut être toqué! », pensa Rodney.
Mais Zelenka ne lui répondit pas, il ne faisait que le fixer d'un air ahuri.
- Ouhou? l'appela Rodney en passant sa main devant les yeux du scientifique. Atlantis appelle la Terre.
Pour toute réponse, Radek porta sa main à son émetteur-récepteur.
/ Docteur Weir/
Élisabeth n'eut pas à demander de qui il s'agissait, l'accent du tchèque étant des plus caractéristiques. Et sa voix blanche alerta immédiatement la diplomate de la gravité du problème.
/ Oui, Radek, que se passe-t-il/
/ Je… je crois que vous devriez venir au labo… avec le docteur Beckett. /
/ Bien, nous arrivons tout de suite. /
Rodney croisa les bras devant son confrère.
- Je peux savoir quelle mouche vous a piqué?
- Ce serait plutôt à moi de vous poser cette question…
- Pardon? Ce n'est pas moi qui agis comme un extra-terrestre! Quoiqu'en y réfléchissant, pure question de sémantique, puisque nous sommes maintenant habitants d'Atlantis, c'est nous les extra-terrestres, mais puisque nous sommes originaires de…
- Rodney!
Le scientifique se renfrogna. Il n'aimait pas être interrompu dans ses délires philosophiques. Il se retourna néanmoins vers son ami écossais qui l'avait interpellé comme s'il se trouvait face à un péril imminent.
- Quoi, Rodney? Je peux savoir ce qui vous prend tous de me crier dessus aujourd'hui?
- Vous ne vous souvenez de rien?
Le scientifique tourna ses yeux bleus vers le docteur Weir. Il était arrivé quelque chose dont il ne se souvenait pas… toujours mauvais signe dans une galaxie comme Pégase!
- Non, que s'est-il passé?
Tous se tournèrent en même temps vers Carson. Ce dernier se sentit quelque peu mal à l'aise, mais il devait avouer qu'il était tout de même le mieux placé pour répondre aux questions de Rodney.
- Vous vous souvenez de l'insecte qui s'était accroché au cou de John?
- Comment oublier!
Il avait eu si peur pour le militaire! Il n'osait pas se l'avouer, mais il ressentait plus que de l'amitié pour John et cette épreuve avait été une douloureuse révélation pour lui.
- Eh bien, il vous est arrivé à peu près la même chose, sauf que pour vous c'était par une piqûre d'une toute petite mouche et que ce n'est pas par de l'ADN Wraith que vous êtes infecté, s'empressa-t-il d'ajouter devant la mine horrifiée du scientifique.
- Docteur McKay! Vous êtes réveillé! s'exclama Teyla qui venait d'entrer précipitamment dans la pièce.
Encore sous le choc, Rodney se tourna vers elle comme un automate simplement programmé pour regarder qui appelait son nom. Ce n'est qu'après ne nombreuses secondes à fixer la jeune Athosienne sans vraiment la voir qu'il assimila ses propos.
- Hein? Réveillé?
Le scientifique tourna vers Carson un regard où brillait une lueur inquiète. Le médecin sentit son cœur se serrer. Il aurait tant voulu pouvoir épargner à Rodney cette épreuve. Pourquoi n'arrivait-il pas à trouver un antidote aussi! Ravalant sa haine contre lui-même, Beckett se décida à répondre devant le regard bleu insistant.
- Vous étiez dans le coma, Rodney… ça faisait presque cinq mois.
- Quoi? Comment se fait-il je n'en aie aucun souvenir!
- C'est normal, c'est un choc post-traumatique. Vos souvenirs devraient vous revenir petit à petit.
Un silence pesant s'installa dans le petit groupe sans que personne n'ose le briser. Finalement, ils n'eurent pas à le faire, car ce fut au tour de John de se joindre à leur officieuse réunion. Rodney ne put empêcher un sourire d'apparaître sur ses lèvres. Un peu à sa propre surprise, la présence du militaire avait toujours eu un effet réconfortant dans les moments critiques comme celui-ci.
Cependant, son réconfort fut de courte durée, car John le regardait vraiment d'un drôle d'air… un peu comme il fixait les Wraiths… et cela blessa Rodney bien plus qu'il n'oserait l'admettre, même sous torture. Le militaire pénétra à son tour dans le labo et ne lâcha pas McKay de vue une seule seconde.
- Est-ce que c'est bien Rodney? demanda Sheppard en se penchant légèrement vers Élizabeth, une main toujours prête à sortir son arme.
- Parce que vous ne le sauriez pas simplement en me regardant? demanda le scientifique d'une voix blanche, une lueur blessée dans les yeux.
John comprit alors toute l'étendue de son erreur. Mais McKay quitta la pièce immédiatement, ne le lui laissant pas l'occasion de s'excuser. Sans doute, le canadien ne voulait-il pas qu'on se rende compte à quel point l'attitude du militaire l'avait affecté. Car, contrairement à ce que la plupart des gens croyaient, son asociabilité n'était pas la manifestation de son indifférence au monde extérieur, mais était plutôt pour lui un moyen de masquer sa sensibilité exacerbée.
Carson lança un regard noir à John avant de partir à la poursuite de Rodney. Il savait exactement où le scientifique irait se terrer : aux côtés de son si logique et tangible Extracteur de Potentiel de Point Zéro.
Là-haut, seul dans sa tour, Rodney restait sourd aux appels de John dans son émetteur-récepteur. Ici, dans son coin secret, il se permettait de se laisser aller. C'était ici qu'il venait quand il avait envie de réfléchir ou de relâcher le trop-plein d'émotions qui l'habitait. Personne ne venait dans ce coin reculé de la cité et il pouvait y faire autant de bruit qu'il voulait ou, au contraire, entretenir le plus grand des silences pour pouvoir méditer à son aise. C'est pourquoi il sursauta lorsqu'il entendit un bruit derrière lui. En se retournant, il croisa le regard bleu ciel de son ami écossais.
- Comment saviez-vous que j'étais ici? demanda-t-il sans se soucier de ses larmes.
- Je te connais bien plus que tu ne le crois, Rodney, expliqua le médecin avec un sourire.
Puis Carson s'assit à côté de l'homme pour qui il avait manifestement plus que de simples sentiments d'amitié. Il ne parla pas, il était simplement là et cela suffisait à Rodney pour le moment, il le savait. Après de longues minutes, et seulement lorsqu'il sentit que Rodney s'était calmé, il se permit une tentative pour encourager le scientifique à dire ce qu'il avait sur le coeur.
- Est-ce que tu veux en parler?
- Parler de quoi?
- De toi. De John. De John et toi.
Le scientifique se tourna brusquement vers Beckett.
- Tu es au courant?
McKay fronça les sourcils. Il venait de tutoyer Carson… naturellement… et il ne savait même pas pourquoi!
- Je te l'ai dit Rodney, je te connais sans doute mieux que quiconque dans cette cité.
- Humf!
La colère avait fait de l'ombre à la tristesse dans le cœur de Rodney. John aurait dû le connaître mieux que Carson. Le militaire aurait dû le reconnaître tout de suite comme l'avait fait le médecin, il aurait dû savoir où il se cachait lorsque ça n'allait pas comme Carson, lui, le savait…
- Pourquoi sais-tu tout ça et pas lui? cria-t-il plus pour lui-même que pour Beckett qui pouvait lire le fil de ses pensées sur le visage du scientifique.
C'était pourtant avec John qu'il vivait une relation intime depuis plus de six mois, alors pourquoi c'était le médecin qui lisait en lui comme dans un livre ouvert et non pas son beau brun aux yeux noisettes. Rodney se tourna alors subitement vers Carson. Se pouvait-il que…?
L'écossais, qui n'avait pas manqué une seule émotion transparaissant sur le visage de son ami, ne put supporter son regard anxieux. Rodney commençait à comprendre et Carson ne voulait pas se faire rejeter, il ne le supporterait pas. Il préférait demeurer dans le rôle du meilleur ami amoureux transi que de perdre l'amitié de Rodney. Ne plus avoir droit à la présence quotidienne du scientifique, ne plus croiser son regard bleu saphir, ne plus sentir son odeur, ne plus pouvoir frôler sa peau… non, décidément, il ne le pourrait pas.
Mais ce que Carson ignorait, c'était que son regard gêné et le pourpre qui avait envahi ses joues l'avaient trahi malgré lui. Rodney avait compris… et il ne savait pas comment réagir à cette découverte.
Un silence embarrassé s'installa alors entre les deux amis. Carson ne le supporta pas bien longtemps : il devait faire quelque chose pour briser tous les non-dits.
- Alors, j'en conclus que tu ne veux pas en parler. Tu sais, je comp…
Mais l'écossais ne put jamais finir sa phrase, car de douces lèvres vinrent ravir les siennes, le coupant momentanément de la faculté de parler… et accessoirement, de celle de respirer. Le baiser était doux, calme, timide. Rodney s'éloigna finalement de quelques centimètres pour permettre à Carson de récupérer un peu d'air.
- Qu'est-ce que ça signifie?
- Si tu ne veux plus que je recommence…
Et comme Rodney l'espérait, sa fausse menace eut l'effet escompté : Carson se précipita pour aller à nouveau goûter les lèvres de celui qu'il aimait en silence depuis deux ans. Ce nouveau baiser se fit plus insistant, comme si les deux hommes en voulaient toujours plus. Rapidement, Rodney alla demander la permission d'aller plus loin, ce à quoi Carson ne trouva rien à redire, bien au contraire. Leurs langues entamèrent alors une valse effrénée qu'un des deux hommes ne voulait arrêter. Leurs corps basculèrent et Carson se retrouva au-dessus, dominateur, ce qui n'était pas habituel pour lui, mais il accepta néanmoins de jouer le jeu, car avec Rodney, il se sentait prêt à toutes les expériences. Leurs mains se cherchèrent alors, mais elles rencontrèrent une peau brûlante en chemin et s'y arrêtèrent pour faire réagir le corps de l'autre, apprenant à enregistrer chacune de ses réactions.
Lorsque les mains de Rodney se glissèrent sous son t-shirt, Carson dut rompre leur baiser enflammé pour pouvoir reprendre son souffle. Être finalement en mesure de toucher Rodney de cette façon, pouvoir embrasser ses lèvres, le tenir contre lui comme il le faisait seulement dans ses rêves, c'était beaucoup d'émotions et de sensations en même temps. Alors, sentir que Rodney en voulait plus, bien plus, c'était plus que son corps déjà en ébullition ne pouvait en supporter!
- Si lui ne peut pas te le dire, moi je peux t'affirmer les sentiments que nous ressentons pour toi…
Carson fronça les sourcils et leva un regard interrogateur vers Rodney. Mais il n'eut même pas le temps de prononcer « quoi? » que son instinct le poussa à plusieurs mètres du scientifique. Les yeux autrefois bleutés de McKay n'étaient plus maintenant que deux obsidiennes d'un noir profond.
Rodney sourit et secoua lentement la tête.
- Je comprends ta réaction… ce qu'on ne comprend pas nous fait toujours peur.
- Qui êtes-vous?
- Je n'ai pas de nom, car je ne suis pas une entité à part entière. Je suis une partie de Rodney, je fais partie de lui… je suis lui.
- Oh ça j'en doute! Vous n'êtes qu'un parasite qui l'infecte et croyez-moi, vous allez être délogé en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire!
Les épaules de Rodney furent secouées d'un rire muet. Puis, il ferma les yeux quelques secondes. Lorsqu'il les ouvrit à nouveau, il semblait complètement désorienté. Il regarda autour de lui avant de finalement concentrer son attention sur le médecin.
- Carson? Que s'est-il passé?
Beckett ne put empêcher un sourire taquin de s'afficher sur son visage d'angelot.
- Tu parles d'avant ou après que tu m'aies embrassé?
Devant l'air scandalisé que prit Rodney à ce moment, Carson comprit douloureusement que depuis le début, c'était l'autre qui agissait.
- Non, oublie ce que je viens de dire. Je… je dois retourner essayer de trouver un vaccin. Mais… Rodney, je t'en prie, essaie de ne pas rester seul dans ton état.
- Je ne suis quand même pas mourant.
- Non, mais tu es imprévisible en ce moment, conclut Carson en baissant les yeux pour ne pas montrer son trouble à Rodney.
Sur ces derniers conseils, le médecin quitta précipitamment la haute tour d'Atlantis. McKay commença à se mordiller la lèvre inférieure.
« Pourquoi tu lui as menti? », demanda une voix dans sa tête.
- Oh, toi, la ferme!
« J'ai quand même raison, McKay… c'est toi qui t'es jeté sur lui… je n'ai fait que reprendre les rênes au moment où tu aurais tout laissé tombé, alors que ça commençait seulement à devenir intéressant… ».
- Tu m'as mis dans une situation très embarrassante! Carson est mon ami et je te ferais remarquer que je suis avec John, trancha le scientifique d'un ton boudeur.
« Oh, cesse de faire l'enfant et de te voiler la face! Tu as adoré embrasser Carson et tu sais très bien pourquoi. Tu sais que John ce n'était que pour tenter d'oublier tes sentiments pour ce bel écossais. ».
- Oh, Seigneur, après Cadman je dois maintenant endurer un putain d'extra-terrestre. Bloody hell!
« Tiens, qu'est-ce que je disais! ».
Rodney grogna. Il détestait avoir tort… mais c'était toujours comme ça quand il se confrontait à lui-même : il essayait de se préserver en niant et il finissait toujours par se prendre un mur en pleine poire! Sauf que là, c'était un gène alien qui jouait le rôle de sa conscience, car il s'amusait à aller explorer tous les recoins de son esprit.
- D'ailleurs, t'es qui toi et tu me veux quoi?
« Tu connais Star Trek? ».
- Hahaha, je suis mort de rire! Évidemment que je connais Star Trek, tu sors ça directement de mon esprit, pardi!
« Oui, oui, bravo le petit génie… bref, je disais donc… vois-moi comme un Jean-Luc Picard sauce galaxie de Pégase. ».
- Et qu'est-ce que je suis censé comprendre?
« Et ça se dit surdoué… ce que j'essaie de te dire, Meredith… oh, ne tique pas comme ça, ça te donne des rides… c'est que je suis un explorateur et toi mon avatar pour me permettre de découvrir ce monde. ».
- Ça, c'est ce que tu crois! Carson aura vite fait de trouver un remède à la maladie que tu es et après, pouf, plus d'enquiquineur sur les bras! Bien fait, vite fait.
« Peut-être… après tout, comme tu le penses si bien, notre cher Carson est très doué, mais en attendant, j'ai bien l'intention de m'amuser un peu… ».
- Oh, ne pense pas que je vais te laisser faire… et puis ce n'est pas « notre » Carson.
« Tu préfères le garder pour toi tout seul, McKay? Soit, tu feras bien ce qu'il te plaira lorsque je serai parti, mais entre-temps, j'ai bien l'intention de profiter un peu de ce bel écossais… ».
- Je t'interdis de toucher à un seul de ses cheveux!
« Oh, oh, c'est que tu deviens possessif! Mais rassure-toi, voyons, ce n'est pas moi qui vais toucher ce cher docteur, c'est toi. ».
Sur ce, Rodney se leva subitement... mais ce n'était pas lui qui en avait décidé ainsi.
- Oh non, non, non! Il est hors de question que je revive ça!
« Mais tu ne peux pas te battre, mon petit McKay… ce n'est pas une question de volonté. Oublierais-tu que je suis dans tes gènes? ».
- Merde!
« À qui le dit tu! ».
La voix éclata d'un rire rauque dans la tête de Rodney. Lentement, mais sûrement, l'alien l'emmena au travers de la cité, épiant tous les recoins d'Atlantis, utilisant les pensées que cette petite promenade faisait surgir dans l'esprit du scientifique pour en apprendre davantage. L'extra-terrestre en profitait pour emmagasiner le plus de connaissances possible.
- Rodney!
- Merde, jura le susnommé Rodney entre ses dents.
« Oh, oh, c'est que je vais m'amuser moi!! ».
McKay se retourna lentement, comme si c'était pénible, vers un John au visage ravagé d'inquiétude.
« Avoue qu'il est trop mignon comme ça… un vrai petit chien de poche. ».
- Rodney, j'aurais voulu te parler une minute, OK?
Le scientifique tenta de lancer un regard insistant au militaire. Pitié, il fallait qu'il voie que ce n'était pas vraiment lui! Il devait en être capable. Mais apparemment Sheppard ne voyait rien, car il restait là, à sautiller sur place, les yeux remplis de repenti.
- OK, John, je t'accorde une minute… mais une seule.
Une lueur d'espoir naquit dans le regard doux de Sheppard. Putain, il n'y avait vu que du feu!
- Écoute, Rodney, je voulais vraiment m'excuser pour tout à l'heure. Tu sais que, quelques fois, je suis un peu parano.
« Pas assez parano, apparemment… ou, en tout cas, pas au bon moment! », pensa la présence à l'intérieur de la tête de Mckay en éclatant d'un rire sadique.
John ne le connaissait pas aussi bien qu'il le croyait finalement… Cette constatation brisa le cœur de Rodney, qui aurait tant voulu que le contraire soit vrai.
- Est-ce que tu serais capable de me pardonner? Je ferais n'importe quoi pour me rattraper!
- Ah oui? Vraiment tout?
- Oui, vraiment vraiment tout.
- Alors, laisse McKay en paix, tu n'es décidément pas assez bien pour lui!
Nom de Dieu! Est-ce qu'il avait vraiment dit ça! Rodney se plaqua la main sur la bouche. En fait, ce n'était pas vraiment lui qui avait prononcé ces mots blessants, mais le résultat était le même.
Sheppard sembla enfin comprendre ce qui se passait. Il fronça les sourcils et un doute vint assombrir son visage.
- Où est Rodney?
- Tiens, tiens, il commence à comprendre… Tu sais que tu as fait mal à Rodnychou? Tu es incapable de reconnaître quand c'est lui qui te parle! Décidément, tu ne mérites pas son affection, répliqua l'alien en retirant la main que Rodney avait posée sur sa bouche pour tenter d'empêcher le flot de paroles ignobles de franchir le seuil de ses lèvres.
- Je te conseille fortement de laisser le contrôle de son corps à Rodney…
- Sinon quoi? Tu vas me frapper? Oh, mais ne te gêne pas, vas-y, cogne, continua l'extra-terrestre d'un ton moqueur en pointant la mâchoire saillante du scientifique. Peut-être que ça fera réaliser à McKay que tu n'es qu'une brute! Aller, vas-y, fait-lui mal… comme la première fois où…
- La ferme!
- Quoi, McKay, tu veux lui cacher la vérité jusqu'à ta mort? Mais tu es déjà mort… à l'intérieur!
John devait avouer qu'il était totalement dépassé par la situation. Voir Rodney discuter avec lui-même avait quelque chose de cocasse, mais surtout d'inquiétant. D'autant plus que le parasite extra-terrestre semblait puiser ses informations directement à la source… c'est-à-dire dans les pensées du scientifique. Ce qu'il affirmait était-il donc vrai?
- Ça suffit vous deux! finit par intervenir le militaire.
Ce qui lui valut un regard agacé de la part de la tête pensante d'Atlantis. Mais ce regard venait-il de Rodney ou de la chose qui avait pris place dans son corps? Sheppard devait avouer qu'il l'ignorait totalement, et cela le mettait hors de lui.
- On va directement à l'infirmerie… et pas de protestations ou ce sera un tir paralysant!
Rodney grimaça. Ce que John pouvait être expéditif parfois. N'avait-il donc rien écouté?
« Haha! Alors, tu avoues que tu aimerais qu'il sache… ».
Le scientifique grogna, attirant un regard perplexe de la part du brun. Si seulement il savait le combat qu'il venait de perdre face à ce foutu gène. Car, oui, l'intrus avait raison : John pouvait parfois être terriblement égocentrique et complètement oublier les sentiments de la personne en face de lui ; et oui, il aurait aimé que le militaire apprenne ce que LUI avait ressenti lors de leur première nuit d'amour, ce qui se résumait par beaucoup de douleur, autant physique que psychologique. Lorsque c'était arrivé, il n'était pas prêt… mais, comme d'habitude, John n'avait rien vu!
« N'empêche que je ne regrette pas de lui avoir donner une deuxième chance, il a su me prouver qu'il m'aimait. », pensa Rodney pour clouer le bec à son antagoniste.
« Je sens bien que ce n'est pas sincère cette simili affirmation… j'aurai donc réussi à te faire prendre conscience de la réalité… ».
Tout à coup, le scientifique se sentit extrêmement bizarre. Nauséeux, mais avec l'impression de flotter. Puis, il reçut comme un coup de poing invisible au niveau du ventre et il s'effondra, plié en deux, juste au moment où il pénétrait dans l'infirmerie, talonné de près par John.
- Carson! appela le militaire en se précipitant sur Rodney.
Le médecin accourut vers la voix inquiète qui l'avait alertée. Son cœur s'emballa en découvrant le scientifique affalé au sol.
- Que s'est-il passé encore?
Beckett ne put empêcher une petite intonation de reproche de venir teinter sa voix.
- Je n'en sais rien! Il allait bien, puis soudainement il s'est effondré.
L'écossais regarda les yeux de Rodney. Ils étaient bleus, ce qui était bon signe. Puis, il se mit en quête du pouls du scientifique. McKay était hypoglycémique, ce n'était peut-être qu'une petite baisse de sucre.
- Rodney, vous m'entendez? demanda Carson en prenant le pouls de son – trop souvent! – patient.
- M'oui, marmonna l'interpellé en papillonnant des yeux. Oh, ma tête! se plaignit-il en se redressant.
- Pas étonnant, vous vous êtes effondré au sol, vous avez dû vous cogner.
- Que s'est-il passé? enchaîna John, soucieux.
Rodney fronça les sourcils et se rappela la conversation mentale qu'il avait eue avec l'extra-terrestre.
- Je… je crois qu'il est parti.
- Qui « il » ? demanda Carson, complètement perdu.
- L'alien… il me parlait, un peu comme Cadman… mais il semble avoir disparu.
- Vous entendiez des voix et vous n'avez pas cru bon de m'en faire part? reprocha le spécialiste.
- C'est qu'il n'a commencé à me parler qu'après que vous… Rodney plongea son regard dans l'étendue bleutée qu'étaient les yeux de Carson… ayez quitté la tour.
- Oh, fit Carson, gêné en se remémorant la scène. Bien, je vais vous faire une prise de sang pour confirmer votre supposition. John, pouvez-vous aller prévenir Élizabeth?
- OK.
Le militaire s'arrêta sur le pas de la porte et jeta un dernier regard derrière lui. Les yeux des deux hommes étaient soudés ensemble, échangeant une conversation muette que John ne voyait pas d'un bon œil, jeu de mots mis à part. Il n'aimait pas cette complicité un peu trop intime entre celui qu'il aimait et leur médecin traitant. Il soupira, se promettant de veiller plus étroitement sur Rodney à l'avenir, et prit la direction du bureau de la diplomate.
Carson brisa finalement leur contact visuel en se raclant la gorge, mal à l'aise. Il enfila des gants stériles et prépara son matériel sous le regard inquisiteur de Rodney. En se retournant vers son patient, Beckett constata qu'il ne l'avait pas lâché des yeux. L'écossais baissa les yeux, le rouge envahissant ses pommettes, et il entreprit de désinfecter le bras du scientifique, espérant qu'il était le seul à avoir conscience de la montée d'adrénaline dans son corps.
Lorsque l'aiguille s'enfonça dans sa peau, Rodney émit un juron étouffé.
- Ça va?
- Oui, oui… c'est juste que j'ai toujours détesté les aiguilles.
Le médecin eut un sourire compréhensif.
- Voilà, c'est terminé. Alors, ce n'était pas trop pénible?
Devant la mine peu convaincue de son patient, Carson décida qu'une petite blague pour détendre l'atmosphère ne serait pas de trop.
- Vous voudriez peut-être un suçon pour votre courage? se moqua-t-il.
Une lueur d'espièglerie s'alluma instantanément dans le regard bleu ciel du scientifique.
- Avec plaisir… mais seulement s'il est fait juste ici, dit-il en pointant l'endroit où la clavicule devenait saillante, car c'est un point très sensible, expliqua-t-il sur un ton de confidence.
Carson eut l'impression que la température de la pièce venait de monter de plusieurs degrés. Il se retourna pour retirer ses gants, même s'il s'agissait plutôt d'une pathétique manœuvre pour cacher son trouble que d'un simple geste mécanique profondément ancré par l'habitude.
- Bien, je vais faire les analyses et…, commença le médecin en se retournant vers McKay.
Carson se retrouva nez à nez avec Rodney, ce dernier n'étant plus qu'à quelques malheureux centimètres de lui. L'écossais déglutit difficilement alors que le scientifique fixait intensément ses lèvres tremblantes.
- Carson…
Ce simple prénom, prononcé avec cette voix rauque de désir contenu, suffit pour donner un frisson irrépressible au médecin.
- Je crois que cette expérience avec ce gène alien aura au moins eu un effet positif…
- Ah... ah oui? bégaya le médecin.
- Oui… j'ai enfin réalisé tous les sentiments que j'ai pour toi et que je tentais de nier.
Le médecin fronça les sourcils. On aurait pourtant bien dit qu'il s'agissait de Rodney en face de lui, mais ce n'était cependant pas son genre de dévoiler ses sentiments aussi facilement.
- Rodney, je… je préfèrerais finir mes analyses avant, simplement pour être certain de…
- Oui, le coupa le scientifique, je comprends parfaitement. Mais, je t'en prie, accorde-moi juste une chose avant que je parte…, murmura-t-il en se penchant vers les lèvres invitantes de l'écossais.
- Non, murmura plaintivement Carson d'une voix étranglée en se reculant d'un pas.
Il savait pertinemment qu'il ne pourrait pas résister si Rodney le touchait et il se devait de garder la tête froide en ce moment. Ce n'était pas le moment de succomber aux charmes du scientifique avant d'être certain qu'il était hors de danger… et parfaitement lucide…
Blessé, Rodney se figea et rouvrit les yeux. Il croisa le regard apeuré de Carson et descendit de la table d'examen sans un mot de plus. Il alla directement s'enfermer dans ses quartiers, où il avait la ferme intention de rester cloîtré jusqu'à ce que Carson ait fini ses tests.
