M'ennuie… La suite, ça vous va ?
Aelin ueal : Mici beaucoup à toi ! Mais pas besoin de me souhaiter bon courage pour cette fic, elle est finie depuis longtemps. En revanche, tu peux pour une autre fic sur laquelle je commence à bloquer grave, lol Kiss ! (en revanche, quand tu envoies des MP, merci de rpéciser sur quelle fic tu reviewes parce que je n'arrive pas toujours à savoir)
Dealo : Mais non, elles ne sont pas rares. Y'en a quand même. En tout cas, mici pour tes encouragements, ça fait toujours très plaisir. Kiss !
Alors, qui est le mystérieux tueur fou ? Vous voulez le savoir hein ? Hé hé ! Ben lisez !
Chapitre 8 : Nouvelles taches de sang
- Hisoka ? Ca ne va pas ?
Tsuzuki se tourna très inquiet vers son partenaire qui demeurait interdit sur sa banquette. Hisoka avait une grimace d'incompréhension peinte sur le visage où on lisait quelque chose comme « Il doit y avoir un problème quelque part». Le garçon secoua faiblement la tête. Et pourtant…
- Tu sais, Hisoka… soupira l'autre shinigami en croisant les bras derrière la tête. Je sais qu'on peut aller chez Ikuyo en deux temps trois mouvements grâce à nos pouvoirs et que donc, on peut se permettre de traîner, mais quand même. Il faut battre le fer tant qu'il est encore ch…
- Nous devons la retrouver au plus vite ! s'exclama le jeune homme en plaquant les mains sur la table pour se lever.
- Tu ne sais vraiment pas ce que tu veux.
Ce ne fut qu'en voyant Hisoka partir à toute vitesse vers la porte de sortie que Tsuzuki comprit qu'il se passait quelque chose de bizarre. Il voulut savoir ce qui lui prenait de partir comme ça comme s'il avait vu un fantôme mais le garçon lui ordonna de se taire et de se concentrer pour repérer Ikuyo. Il avait un mauvais pressentiment.
- Elle a dû rentrer chez elle. On n'est plus très loin. Mais qu'est-ce que tu as, bon sang !
- Cette fille, je crois qu'elle… !
Les shinigamis pilèrent soudainement au détour du boulevard, surpris par un petit attroupement qui s'était formé devant une maison située à une dizaine de mètres d'eux. Ils s'approchèrent de la demeure assez coquette et grande et furent frappés d'horreur par ce qui ornait la façade de la bâtisse.
Ikuyo Sugio était le sujet principal d'un portrait mortuaire aussi glauque que celui de la mort de Sunaiki. Ses merveilleux cheveux longs roux coupés très grossièrement au ras du crâne servaient de corde de fortune pour la pendre à un rebord de la fenêtre du premier étage. La peau de son visage avait été lacérée en de grandes griffures qui n'avaient laissé que des lambeaux sanguinolents pendant ici et là et ses ongles soignés avaient été arrachés. Plus que l'épouvante surréaliste de la scène, ce qui frappa les shinigamis fut l'aspect « vite fait » qui se retrouvait dans nombreux éléments du meurtre : Les cheveux coupés inégalement, parfois arrachés ; le visage avait été profondément écorché d'un seul geste du côté gauche du front jusqu'à la droite de la mâchoire ; certains ongles de la main gauche n'avaient pas été arrachés complètement contrairement à ceux de la droite.
Un rapide coup d'œil informa Tsuzuki et Hisoka que les paumes des mains d'Ikuyo n'avaient pas été marquées du dicton. L'assassin l'avait tuée en tout hâte, presque dans un état d'urgence. Il fallait dire qu'on était en plein milieu de la journée. C'était très frais, à peine cinq minutes ; le cadavre avait encore la jolie couleur rosée de sa peau. Ikuyo avait certainement été étranglée avant d'être pendue. Elle était morte en emportant son secret.
- C'est pas vrai… murmura Tsuzuki, une main devant la bouche.
- Alors, je ne m'étais pas trompé, dit Hisoka en détournant la tête.
- Hein ?
- Pendant qu'on l'interrogeait au café, j'avais beau me concentrer sur elle, je ne ressentais pas la moindre émotion de culpabilité en elle. Rien que de la stupéfaction et de la colère. Cependant, quand tu as mentionné son altercation avec Kunie Manata, elle a eu un sursaut inquiet.
Le shinigami brun leva encore tristement la tête vers le corps d'Ikuyo qui ballottait encore à cause de sa pendaison précipitée. Alors, ce n'était pas toi, la meurtrière, n'est-ce pas ? Il se sentit coupable de l'avoir accusée aussi violemment. Personne ne méritait de mourir assassiné et encore moins de façon aussi bestiale. Son poing se serra. Il mettrait la main sur l'auteur de ces abominations et le lui ferait payer au centuple, il s'en fit le serment.
Tout était à refaire. Les deux premiers vrais suspects de l'affaire du « Lycée de la Mort » venaient d'être tués l'un après l'autre en même pas trois heures. Ce mystérieux meurtrier était vraiment rapide et puissant pour tuer aussi vite et avec tant de férocité. Tous les éléments rassemblés depuis trois jours s'écroulaient autour d'eux comme un château de cartes. Quelle piste suivre maintenant qu'ils n'avaient plus personne ?
Hisoka croisa les bras sur sa poitrine et secoua la tête d'un air concentré.
- Laissons tomber le raisonnement « lien entre les victimes » et essayons plutôt d'empêcher une nouvelle mort, conseilla-t-il sagement. Je suis maintenant persuadé que le responsable de tout ceci n'est pas humain.
Tsuzuki approuva son hypothèse d'un signe du menton. Hisser une pendue en à peine dix minutes au premier étage d'une maison n'était pas à la portée du premier humain lambda venu. Il devait s'agir d'un démon ou d'un humain aux capacités exceptionnelles à l'instar de Muraki. Pendant une fraction de seconde, les shinigamis pensèrent que le docteur fou pouvait être à l'origine de cette histoire mais ils repoussèrent vite cette idée. Muraki se serait manifesté depuis longtemps déjà, au moins pour chercher à voir Tsuzuki, et de plus, il orchestrait toujours ses meurtres soigneusement. Un tel travail bâclé n'était pas de lui.
- Hum… Je ne sais pas toi, mais moi, je vois ces meurtres comme la propagation d'un virus, émit l'homme brun.
- Un « virus » ?
- Oui. Quand on regarde attentivement, les quatre garçons se font approcher par Sunaiki et meurent, Sunaiki se fait approcher par Ikuyo et il meurt…
- … et Ikuyo se fait approcher par Kunie Manata et se fait tuer ? acheva Hisoka en proie au doute. Tu veux dire par là que cette fille serait la prochaine victime logique ?
Tsuzuki haussa les épaules. Après tout, pourquoi pas ? Ca ne serait pas si idiot que cela comme raisonnement. D'autant plus que s'ils avaient raisonné normalement après la mort d'Ikuyo, ils auraient été amenés à orienter leurs soupçons vers Kunie Manata, surtout pour les dernières paroles qu'elle avait prononcées :
« - C-C'est ignoble que tu as fait ! Ce que vous avez fait !! MONSTRES !! »
« - Attention à toi aussi, Sugio-san ! Comme tu l'as dit pour Sunaiki-sensei, « Tu subiras les conséquences de tes actes » ! »
Il était vrai qu'elle n'avait pas eu la langue dans sa poche et son regard s'était enflammé d'un brasier de fureur contre la jeune fille qui la vilipendait. Kunie n'aurait tout de même pas commis ce meurtre ? Il était tentant de penser cela, mais avec la mort de la suspecte principale, il ne fallait plus jurer de rien.
- Tu as raison, conçut Hisoka en s'écartant du mur contre lequel il s'était adossé. Après tout, cette fille sait des choses sur Ikuyo Sugio. Je me demande ce qu'elle cachait.
- Tout de même… Une fille comme Ikuyo, avec une facette si noire, c'est impensable au premier regard, soupira Tsuzuki en levant les yeux au ciel.
- Il ne faut pas se fier aux apparences. Toi par exemple, quand on te regarde, on ne dirait pas comme ça que tu es une catastrophe ambulante.
La flèche de la pique-éclair vint se planter droit dans le cœur du shinigami brun qui s'écroula de tout son long par terre. Mes aïeux, quelle beauté, quels yeux… mais quelle froideur sans pitié ! Hisoka, pourquoi tant de haine envers ton unique partenaire ? Snif.
Après être retournés discrètement au lycée Haijaku pour aller y chercher l'adresse de Kunie Manata, le duo d'enquêteurs était de nouveau en chemin en priant pour que la jeune fille ne soit pas déjà assassinée dans une mare de sang.
Pendant le trajet, Tsuzuki songeait à Yasuko. Avec tous ces événements, il l'avait complètement oubliée. Elle qui avait eu le courage de revenir, elle était repartie aussi sec. Dans quel état d'esprit pouvait-elle bien être en ce moment ? Probablement entre son armoire et son bureau, complètement recroquevillée sur elle-même en train de maudire de toute son âme ce menteur de professeur qui ne l'avait pas aidée au moment où elle avait encore besoin de lui. Il baissa la tête, peiné par la triste image qu'il venait de voir de Yasuko. Il se promit d'aller bientôt la revoir pour prendre de ses nouvelles, il ne l'abandonnerait pas.
Quant à lui, Hisoka s'était penché sur l'enquête, tout aussi troublé que son coéquipier. Malgré ce qu'il lui avait conseillé, le garçon ne pouvait s'empêcher de chercher un lien entre toutes les victimes. Le seul point commun indéfectible était leur appartenance au lycée Haijaku. Ensuite, ce qui pouvait rapprocher les garçons de la T-4, Sunaiki et Ikuyo était leur apparent « côté obscur », encore fallait-il prouver qu'en effet, Hiroi, Ujima et Nobe étaient des voyous au comportement peu louable. Mais cette information était à coup sûr véridique car elle se retrouvait dans les paroles de Sunaiki et d'Ikuyo.
- Mais alors, pourquoi cet élève aux jambes arrachées et à la langue coupée ? Il était brillant et sans histoires pourtant… s'énerva silencieusement Hisoka en se mordant la lèvre.
A moins que ce Kantarô Sejiku ne fût lui aussi une personne à double tranchant. Non, impossible, il avait interrogé les meilleurs amis de ce garçon et tous l'avaient décrit comme profondément gentil quoiqu'un peu facilement impressionnable. En fait, c'était sa mort qui posait le plus de problème car trop à l'écart des autres. Cette affaire était donc bien mystérieuse…
- Nous y sommes, annonça Tsuzuki.
Hisoka quitta sa réflexion pour lever la tête vers le petit pavillon qui leur faisait face. C'était une petite maison à un étage située à l'angle de la rue dont la façade peinte d'un blanc cassé éclatait à la vive lumière de fin d'après-midi. A l'étage, les deux fenêtres étaient cachées par une paire de rideaux rose fuchsia à droite et bleu ciel à gauche, probablement pour des chambres d'enfants. La petite allée pavée qui menait à la porte d'entrée était bordée d'azalées odorantes. Sous le porche, un petit carillon de verre tintait doucement à mesure que son papier se soulevait sous l'effet du vent.
Les shinigamis poussèrent le petit portail et traversèrent l'allée pour toquer à la porte. Ils attendirent mais il n'y eut pas de réponse.
- Personne ? s'étonna Tsuzuki.
- Si, je sens une présence, informa Hisoka en secouant la tête.
- Manata-san ? C'est Tsuzuki !
Après quelques secondes, une silhouette apparut derrière la grande vitre opaque allongée près de la porte. Le verrou cliqueta puis la porte s'ouvrit de quelques centimètres seulement. Une moitié du visage de Kunie passa devant l'ouverture et dévisagea ses visiteurs d'un air mal assuré. La jeune fille avait retiré ses lunettes et montrait de jolis yeux noirs qui ressortaient sous la clarté de sa chevelure éparse. Elle avait aussi ôté la veste de son uniforme et desserré sa cravate. Autour de son cou, une trace rouge lui faisait un collier laissé par la violence d'Ikuyo.
- Sensei… ? fit-elle d'une petite voix hésitante.
- Rebonjour, Manata-san, lui sourit l'homme. Dis-moi, tu es toute seule ? Tes parents travaillent encore au moins ?
L'adolescente hocha timidement la tête et garda la porte juste entrebâillée. Elle jetait des coups d'œil mi-surpris mi-inquiets vers Hisoka dont elle ne comprenait pas la raison de sa présence ici avec son professeur de littérature.
- Manata-san, je souhaiterai te parler un peu.
Kunie détourna la tête, le regard fuyant. Elle était contrariée, sans doute à cause de son altercation avec la déléguée de sa classe mais n'en souffla mot. Elle ne devait pas parler. Elle était si méprisable, si horrible…
- Je… Je n'ai rien à vous dire, rétorqua-t-elle précipitamment. Ce qui vient de se passer à l'école avec Sunaiki-sensei est encore trop… Je suis encore ébranlée… Au revoir, sensei, Kurosaki-san…
- Att… !
Trop tard, elle avait refermé la porte et remit le verrou avant de s'enfuir à l'étage en courant. Ses pas martelaient les marches en bois dans des sons sonores. Pourquoi était-elle effrayée comme ça ? Il ne lui avait même pas dit de quoi il souhait lui parler ! Aurait-elle des choses à cacher ?
Tsuzuki et Hisoka n'eurent pas le temps de réagir qu'un hurlement retentissant éclata dans la maison.
- Le meurtrier ! s'écrièrent les deux amis d'une même voix.
Sans perdre une seconde, les shinigamis prirent leur forme spirituelle et disparurent pour atterrir dans le couloir du premier étage. Ils n'en crurent pas leurs yeux. A l'autre bout du corridor, Kunie leur tournait le dos, tremblante comme une feuille face à la chose qui venait d'apparaître. C'était une silhouette sombre grande de deux mètres dont le corps inconsistant n'était fait que d'une espèce de fumée condensée qui se nuançait du gris perle au noir le plus intense. Les jambes de la créature n'étaient pas nettement formées mais ses bras, longs et maigres, étaient dotés de doigts effilés et acérés aux mains. Deux yeux noirs vierges de pupilles et d'iris brillaient dans la masse de fumée comme deux onyx brutes. Et sur ce qui devait être la tête, une traînée de cheveux de brume sombre ondulaient tels les serpents de la gorgone Méduse.
D'abord statufié par la découverte de ce monstre, Hisoka ressentit un brûlant mal de crâne qui le fit tomber à genoux, les mains sur la tête.
- Aaaaaaah !
- Hisoka !
Alertée par leurs cris, Kunie se tourna vers les visiteurs inattendus.
- Tsuzuki-sensei ?! Que… !
Le monstre n'avait pas osé bouger pendant un moment, comme pris de doute, puis finit par profiter de la diversion involontaire crée par Hisoka pour frapper violemment Kunie à la tête.
- Manata-san !!
La jeune fille avait été projetée à grande vitesse contre une porte qui s'était ouverte sous la puissance de l'impact. Elle avait perdu connaissance et gisait sur le parquet de sa chambre, une petite flaque de sang s'étalant au niveau de son crâne.
Tenant Hisoka par les épaules pour l'empêcher de s'effondrer, Tsuzuki fusilla du regard l'ombre de fumée qui observait de ses yeux morts le corps inerte de Kunie. Que faire ? Il ne pouvait pas laisser tomber Hisoka qui était trop affaibli pour se défendre comme il ne pouvait pas abandonner Kunie gravement blessée. Quand il vit la créature flotter vers l'adolescente au sol dans l'objectif de la terminer, l'homme brun sut immédiatement quoi faire.
- Je t'interdis de la toucher ! Accroche-toi, Hisoka…
En quelques tours de bras rapides, Tsuzuki mit le jeune homme sur son dos, les bras de celui-ci autour de son cou, puis dégaina un fûda entre son index et son majeur qu'il lança droit sur le monstre. La chose interrompit son geste vers Kunie et se cambra en poussant un cri insoutenable. Il était empli de rage, à la fois perçant et grésillant un peu comme si la voix était trafiquée par ordinateur. Les vitres des pièces de l'étage et les quelques cadres des tableaux accrochés dans le couloir explosèrent sous l'effet du son strident et retombèrent par terre en une pluie translucide. La silhouette se débattit furieusement quelques secondes et parvint à arracher le papier sacré pour ensuite se tourner vers son attaquant. Il fondit droit sur Tsuzuki à la vitesse du vent, si bien est que le shinigami ne le vit pas arriver.
- Ah ? Arrière !
Grâce à un nouveau fûda, Tsuzuki bondit en arrière et réussit à éloigner la créature grâce à un kekkai rapidement érigé. Il serra les dents. Mais qu'est-ce que c'était que cette chose ? Il n'avait jamais vu ce genre de démon auparavant. La tête sur son épaule gauche, Hisoka luttait comme il le pouvait pour ne pas sombrer dans l'inconscience.
- Tsuzuki… souffla-t-il, les yeux à demi clos. Pose-moi… je vais… te gêner…
- C'est vrai que ta présence ne m'aide pas à bouger, mais je ne laisse pas mon partenaire dans la panade ! répliqua l'homme avec un sourire.
Tsuzuki ne fit pas attention au faible « Idiot » que murmura Hisoka pour lui exprimer sa gratitude car le spectre de fumée avait retrouvé un peu de ses esprits. Il poussa un nouveau cri sonore et fondit sur le shinigami, ses mains crochues tendues vers lui et une bouche béante grande ouverte pour l'avaler. Il allait devoir passer à la vitesse supérieure !
Les mains croisées avec ses indexes tendus, Tsuzuki rassembla sa concentration sans quitter la chose des yeux :
- Je m'incline humblement devant toi pour t'implorer, toi, l'un des douze dieux protecteurs ! Ailes de flammes, dieu du feu, Suzaku !!
Le début de brise qui flottait à ses pieds devint fantastique bourrasque qui s'enroula en une colonne de lumière d'or et de rouge vif. Quand elle disparut, le merveilleux phénix vermillon gardien du Sud apparut et déploya ses immenses ailes de feu avec un cri cristallin.
- Saisis-toi de l'ennemi et consume-le! commanda Tsuzuki d'une voix forte.
Bien loin de se soucier des lieux et encore moins de leur étroitesse, Suzaku cracha un tourbillon de flammes droit sur l'ombre qui disparut aussitôt derrière le brasier qui l'entourait d'une barrière imprenable. Tandis que la maison tout entière brûlait, Tsuzuki vint récupérer Kunie et la prit dans ses bras. L'adolescente n'était que sonnée, mais elle avait besoin d'être examinée.
Grâce à quelques forces récupérées, Hisoka se redressa un peu et balaya la scène des yeux. Une maison détruite, un dieu légendaire invoqué juste pour un démon de petite taille et qui brûle tout sur son passage…
- Toi, t'es mort.
† ※ †
De nombreuses rues plus loin, dans la chambre d'une maison appartenant à un petit lotissement, une jeune fille était allongée sur son lit, la tête enfouie dans son oreiller. Sa chambre, d'ordinaire si rangée, était un capharnaüm incroyable. Les livres étaient en désordre un peu partout au sol, les fenêtres grandes ouvertes laissaient fuir un souffle de vent qui agitait les rideaux, les objets qui se trouvaient sur le bureau avaient été renversés.
Dans le silence de la pièce vivement éclairée, Yasuko Togochi était secouée de sanglots qu'elle ne parvenait pas à retenir. Elle les laissait s'échapper de sa gorge en gros hoquets mouillés sans se préoccuper de ce début de manque d'air dû à son nez contre son oreiller.
- Je n'en peux plus ! Assez !
Ce n'était pas possible. Ce n'était plus possible. Elle ne tenait plus et elle avait l'impression de devenir folle. Qu'avait-elle fait pour déplaire aux dieux et ainsi mériter leur courroux ? Tout était contre elle et lui tombait dessus avec tant de force. Non, elle n'en pouvait plus.
Pourquoi était-elle comme ça ? Elle, la simple élève timorée métisse d'une classe de Terminale dans un lycée normal avec une vie jusque là normale ?
De nouvelles larmes montèrent à ses yeux quand elle repensa à cet homme, cet homme étrange qui avait réussi à lui faire croire pendant un bref instant qu'elle allait pouvoir tout effacer et recommencer à zéro. Il avait dit qu'il avait confiance en elle, qu'il avait de l'estime pour elle. Jamais elle ne s'était sentie aussi touchée par de simples paroles. Elle revit son sourire innocent et ses beaux yeux violets teintés de douleur cachée. Elle l'avait déçu. Terriblement déçu. Elle n'était plus digne de recevoir son attention et son aide. C'était terminé. Elle n'avait plus la moindre trace d'espoir pour elle-même. Tous ses malheurs, elle les avait mérités en fin de compte. Elle était tellement…
La vue de son coupe-papier pour le courrier bloqua sa pensée. En moins de temps qu'il ne le fallait, Yasuko se retrouva avec l'objet longiligne et travaillé entre les mains. C'était un très beau coupe-papier avec un manche en bois de rose finement ciselé de gravures en formes de roses. Et la lame était si brillante, si lisse, si belle… si tentante.
Les yeux fixés sur la pointe étincelante de l'objet dirigé sur sa poitrine, Yasuko attendit que sa dernière larme roule le long de sa joue.
Elle ferma les paupières.
- Pardon.
Un jet de liquide chaud vint éclabousser le cœur des roses de bois et les colora d'une délicate couleur sanguine.
On se rapproche de la fin… Vos hypothèse s'affinent-elles ?
