Rating : Cette fic est classée M et c'est un slash. Vous êtes prévenu(e)! ;0)
Note de l'auteure : À nouveau, je vous remercie énormément pour vos reviews, elles me font toujours très plaisir:0)
Bonne lecture!
Chapitre 4 : De nouvelles capacités
Une semaine s'était écoulée depuis que Carson avait fini ses tests, démontrant hors de tout doute que Rodney n'était plus infecté par le gène alien. La théorie qu'ils avaient élaborée prétendait que l'extra-terrestre avait sans doute une vie limitée et que les nombreux mois qu'il avait passés à tenter de prendre le contrôle du corps de McKay lui avaient pris beaucoup d'énergie et avait été à terme fatal pour l'étrange créature.
Néanmoins, en dépit du résultat rassurant des analyses, Carson avait continué d'éviter Rodney, qu'il trouvait étrange depuis l'infection… oui, son scientifique préféré avait changé, mais il ne savait toujours pas si c'était pour le mieux ou non.
John, quant à lui, n'était pas mécontent de la distance qui s'était installée entre les deux hommes lui donnant ainsi l'occasion de regagner les points qu'il avait perdus ces dernières semaines avec le scientifique. Cependant, McKay n'avait toujours pas digéré le comportement de John lorsqu'il avait été infecté et Sheppard commençait à se demander si Rodney ne s'éloignait pas volontairement de lui. Mais, pour le moment, il préférait ignorer cette possibilité et faisait tout son possible pour accaparer toute l'attention de Rodney, lui faisant subir un entraînement acharné en prétextant qu'il devait impérativement apprendre à se défendre, car il ne voulait plus avoir la peur de sa vie en le revoyant s'effondrer subitement au sol. Ce à quoi Rodney répondait que ce n'était pas lors d'un corps à corps qu'il était tombé, mais à cause d'une stupide mouche. Mais John ne semblait pas se soucier de ses objections, prenant au contraire une évidente satisfaction à le pousser à bout, et encore plus particulièrement à le voir en sueurs, immobilisé sous le poids de son corps surentraîné.
C'était d'ailleurs dans cette position que les deux hommes se trouvaient pour la énième fois cette journée-là.
- Bon sang, John, tu veux me voir mourir de courbatures! se plaignit à nouveau le scientifique.
- Non, pas particulièrement… je préfère plutôt t'avoir à ma merci…, expliqua-t-il, une lueur carnassière dans les yeux.
Sur cette menace sous-entendue, John s'employa à combler l'espace séparant sa bouche avide de tendresse de celle de Rodney, tordue en un rictus contrarié. Le scientifique ne tenta pas d'échapper au baiser, ce qui surprit un peu le militaire, qui voyait Rodney devenir de plus en plus farouche au fil des jours.
Rapidement, leurs lèvres se fusionnèrent en un baiser familier dont les deux hommes avaient perdu l'habitude. Mais rapidement leurs corps retrouvèrent les anciens automatismes, dénichèrent de nouveau les points sensibles qui faisaient réagir le corps de l'autre au quart de tour et rapidement la température monta. Sheppard brisa finalement leur douce caresse pour reprendre son souffle, se sentant de plus en plus serré dans son pantalon.
- Oh, Rodney, comme tu m'avais manqué, murmura-t-il en mordillant le cou humide de sueur du scientifique.
- John, je… je suis désolé, mais… je ne ressens plus la même chose...
Le militaire se redressa brusquement, prenant appui sur ses avant-bras.
- Qu'est-ce que tu veux dire? demanda-t-il en essayant de contrôler sa voix pour ne pas qu'elle laisse transparaître la panique qui s'emparait de lui.
- Je ne t'aime plus, John. Je suis vraiment désolé.
- Mais non voyons, Rodney. Tu as simplement vécu une expérience éprouvante, tu es déboussolé, c'est tout… tu ne sais plus ce que tu dis.
- Au contraire, je suis parfaitement conscient de…
- NON! Tu dois encore m'aimer et je vais te le prouver!
Joignant le geste à la parole, le militaire entreprit de défaire le pantalon du scientifique, se débattant avec le bouton de la ceinture.
- John, non, arrête! Ne fais pas ça, John, je t'en supplie!
Mais Sheppard n'entendait rien, perdu dans sa bulle égoïste. Il arriva finalement à ses fins et entreprit de retirer le pantalon de Rodney.
- Non! Arrête! hurlait sans cesse le scientifique.
Prenant avantage du fait que Sheppard s'était à moitié redressé pour se débarrasser de son pantalon, McKay lui assena un coup de pied dans le ventre, l'empêchant momentanément de reprendre son souffle. Rodney en profita pour se redresser et rajuster ses vêtements.
- Ne t'approche plus jamais de moi, cracha-t-il lorsqu'il vit que John semblait avoir repris un tant soit peu ses esprits.
Puis il quitta la salle d'entraînement sans demander son reste. Il se dirigea directement vers ses quartiers où il se précipita dans sa douche pour se laver d'une crasse invisible. Ce n'est lorsque sa peau fut complètement rougie qu'il consentît à fermer le robinet d'eau chaude.
Encore sous le choc, le scientifique n'arrivait pas à penser de façon cohérente. Il s'habilla par automatisme de gestes répétés trop souvent dans le même ordre et se dirigea vers la porte de ses quartiers. Ce n'est que lorsqu'il se retrouva dans le corridor que Rodney retomba dans la réalité. Méfiant, il regarda des deux côtés du couloir pour être certain que Sheppard ne le guettait pas. Se rendant alors compte de la peur qui le tenaillait, il comprit qu'il n'avait d'autre choix que de demander sa mutation à Élizabeth.
C'est donc sur ses gardes que le chef du département scientifique se rendit dans le bureau de la dirigeante d'Atlantis.
- Entrez, invita cette dernière en entendant quelqu'un frapper à sa porte. Oh, bonjour Rodney! Comment allez-vous?
Weir fronça les sourcils. McKay n'avait pas l'air au mieux de sa forme.
- C'est justement de cela que je voulais vous parler… j'aimerais être affecté à la base pour un certain temps… je… je ne me sens pas apte à retourner en mission.
- Je comprends, Rodney. Et je ne vous y forcerai pas tant que vous ne vous en sentirez pas capable. Mais j'aimerais savoir s'il s'agit d'un problème d'ordre physique ou…
- Psychologique? Un peu des deux pour le moment, je crois.
- Je vois… il serait bon de penser à prendre un rendez-vous avec le docteur Heightmeyer dans ce cas et sans doute aussi à aller passer un examen général avec le docteur Beckett.
- Ce ne sont vraiment que des suggestions? demanda McKay avec un sourire en coin.
- En fait, non, répondit la diplomate en baissant les yeux un instant.
La plupart des gens lisaient en elle comme dans un livre ouvert. Il faudrait qu'elle travaille ce point, car cela pouvait s'avérer dangereux, surtout en temps de guerre.
- Bien, dans ce cas, j'y vais de ce pas.
- Parfait. Je vais avertir John qu'il prendra Miko Kaneshiro dans son équipe pour un temps indéterminé. Je suis certaine que Radek sera ravi d'avoir une aide à temps plein pour plancher sur le fameux problème de la cité volante.
- Merci, répondit le scientifique avec un sourire sincère.
Il ne se serait certainement pas vu annoncé à John qu'il quittait SGA-1. Le militaire n'allait pas bien le prendre et Rodney préférait ne pas être dans les parages lorsqu'il l'apprendrait.
McKay décida qu'il était plus que temps qu'il aille faire une petite visite à son médecin préféré… en plus, l'ordre d'Élizabeth lui donnait une bonne excuse.
Lorsqu'il arriva dans l'infirmerie, il vit qu'un rideau était fermé autour d'un des lits, ce qui signifiait que Carson était en consultation privée avec un patient. Le scientifique se planta donc devant le voile blanc et attendit résolument son tour.
Au bout de quelques minutes, le médecin tira finalement le rideau… et tomba nez à nez avec McKay.
- Rodney! s'exclama-t-il un air de pure surprise peinte sur son visage d'angelot.
- Tiens, il se souvient de mon nom! Je commençais à douter, vu le temps qui s'est écoulé depuis notre dernière discussion…
L'écossais rougit jusqu'aux oreilles et se retourna vers son patient qui épiait les deux hommes d'un regard amusé.
- Bien, merci Ronon, ce sera tout.
Après un hochement de tête en direction de Beckett, le Sétidien quitta l'infirmerie, un sourire toujours accroché aux lèvres.
Rodney s'assura que Dex était assez loin pour qu'il puisse parler librement avant de se retourner vers un Carson de plus en plus mal à l'aise.
- Bien, à nous deux, docteur.
Ledit docteur se racla la gorge, incertain de pouvoir faire confiance à sa voix. Il avait évité Rodney de son mieux depuis une semaine déjà et le scientifique semblait lui en tenir rigueur. Quelle excuse pourrait-il bien inventer cette fois-ci?
- Oui, Rodney, vous êtes venu pour une raison particulière?
- Oh, oh… pas de « vous » entre nous, Carson, voyons…
Décidément, depuis que McKay avait hébergé un gène alien dans son code génétique, il était devenu beaucoup plus confiant… et prétentieux, si la chose était possible.
- Rodney, j'apprécierais qu'on ne tourne pas autour du pot…
- Si j'allais directement au but de ma visite, je crois que tu me ferais une attaque… tu sais, je préfère éviter d'être la cause de la perte du seul médecin compétent des deux galaxies réunies…
- Je doute que tu sois venu ici pour me complimenter, alors qu'y a-t-il?
Rodney sourit : Carson venait de le tutoyer. C'était encourageant.
- Élizabeth m'a pour ainsi dire obligé à venir passer un check up complet.
- Oh! répliqua bêtement l'écossais.
Il s'était attendu à ce que Rodney vienne le voir pour des raisons plus personnelles. Il était soulagé que ce ne soit pas le cas… ou, à tout le moins, en apparence.
- Bien, dans ce cas, je vais te demander de t'allonger sur le lit et de retirer ton t-shirt, s'il te plaît, demanda le médecin en tirant le rideau autour du lit.
- Dis donc, tu es vite en affaires quand tu veux, Carson.
L'écossais lança un regard de reproches au scientifique qui comprit que Beckett était en mode « médecin professionnel » et que ce n'était pas la peine d'essayer de lui lancer une perche pour le moment. Alors, il se tut et se tint tranquille pendant que le médecin l'auscultait avec minutie.
- Oh non, pas là, ça chatouille! hurla McKay en sursautant brusquement.
- Désolé, sourit le médecin.
- Ce n'est pas drôle, Carson, tu apprendras que je suis très sensiiiiiiible.
Les yeux du médecin s'agrandirent comme des soucoupes en entendant son patient crier ainsi dans les aigus. Il leva ses mains en signe d'apaisement.
- Ça va? s'enquit-il.
Il ne reçut qu'un regard meurtrier de la part de Rodney… mais un magnifique regard meurtrier d'un bleu océan absolument superbe, il fallait l'avouer.
- Qu'est-ce que j'ai fait?
McKay plissa ses paupières jusqu'à ce que ses yeux ne soient plus que deux petites fentes accusatrices. Carson réalisa alors que son patient était légèrement penché vers l'avant. Son regard glissa le long du corps de Rodney et localisa finalement la source de l'énervement de son patient.
- Oh! J'ignorais que tu étais aussi sensible…, tenta-t-il de se racheter.
- Non, Carson, ce que tu ignores superbement, c'est l'effet que tu me fais.
- D'accord… alors, disons que j'ignorais que je te faisais autant d'effet, s'amusa le médecin.
- Serais-tu en train d'avouer que tu as fait exprès de m'allumer?
- Rodney! Non, voyons! Je faisais simplement mon travail.
- Parce que tu sais que je pourrais prendre ça pour de la provocation, continua McKay comme si son médecin favori n'avait rien dit.
Le scientifique se releva, une bosse clairement apparente tendant le tissu de son pantalon de toile. Il se mit alors à marcher vers Beckett comme un prédateur se délectant à l'avance de son futur repas. La proie en question préféra la fuite et recula d'un pas chaque fois que son antagoniste en faisait un vers l'avant. Cependant, ce fut Carson qui se retrouva acculer dos au mur et Rodney posa ses bras de chaque côté de son corps pour empêcher toute tentative de fuite.
- Plaides-tu toujours innocent?
- Tout à fait, s'exclama Carson en se surprenant à entrer dans le jeu.
- Parce que je connais des méthodes de torture trèèèèès efficaces.
- Tu n'oserais pas… n'est-ce pas?
Simplement pour le contredire, Rodney se pencha lentement vers les lèvres tentatrices de Carson. Après un dernier arrêt à quelques malheureux millimètres des lèvres sensuelles du médecin pour échanger un regard chargé de désir, le scientifique alla effleurer ces tentatrices rosées de sa bouche, arrachant un soupir de plaisir à son compagnon. Cependant, Rodney ne s'attarda pas et alla explorer de nouveaux territoires, s'intéressant d'abord à l'oreille du médecin en titillant le lobe avec sa langue et ses dents. Après avoir consacré de longues secondes à sa tâche, il s'arrêta un instant et déclara :
- Qu'est-ce qui te fait croire que je ne le ferais pas?
Mais l'écossais avait depuis longtemps perdu l'usage de la parole. Seul un grognement insatisfait franchit le seuil de ses lèvres et il plaqua fougueusement Rodney au mur, inversant leurs positions. Il s'empara avidement des lèvres du scientifique, ce dernier ne se faisant pas prier pour y répondre. Carson réagissait au quart de tour lorsqu'il était provoqué… et le moins qu'on pouvait dire, c'est qu'il savait s'y prendre!
Rapidement, les mains de Beckett se firent baladeuses. Elles parcoururent le torse dénudé pratiquement imberbe de Rodney, avant d'aller explorer son dos et d'irrésistiblement descendre vers la chute de ses reins. Il empoigna le postérieur du scientifique qui en gémit de surprise et de plaisir.
- Je ne te savais pas aussi entreprenant! s'exclama McKay.
- Moi non plus…
Profitant d'un des rares instants où leurs bouches n'étaient pas soudées l'une à l'autre, Rodney retira la blouse blanche et le t-shirt de Carson pour pouvoir à son profiter du corps de son partenaire si réactif au moindre stimulus.
De nouveau, leurs bouches se cherchèrent, se trouvèrent et reprirent leur danse effrénée, comme s'ils craignaient de ne plus jamais pouvoir recommencer. Rodney attira Carson encore plus près de lui, enfouissant une de ses mains dans ses cheveux taillés courts, l'empêchant de briser leur étreinte. Le médecin chercha à défaire la ceinture du pantalon de Rodney et ce dernier l'interrompit. Il croisa le regard interrogateur de Beckett.
- Ici? demanda-t-il en faisant allusion au fait qu'ils étaient toujours à l'infirmerie.
- C'est toi qui m'as allumé… il est trop tard pour reculer, répondit l'écossais en haussant en sourcil aguicheur.
Rodney ne se le fit pas dire deux fois. Il entraîna Carson vers le lit avec une infinie douceur. Il s'allongea sur lui et ouvrit son pantalon avant de plonger ses mains sous l'élastique de son caleçon pour aller caresser doucement la peau chaude de ses fesses. Il trouva rapidement la zone la plus érogène, ce qui arracha un cri difficilement étouffé de la part de celui qui subissait les douces tortures du scientifique.
Totalement pris dans leur bulle de désir et de luxure, les deux hommes n'entendirent pas l'impromptu visiteur faire son entrée dans l'infirmerie. Sheppard venait d'apprendre la nouvelle de la démission camouflée de Rodney et il avait été avisé par Élizabeth qu'elle l'avait envoyé faire un check up avec Beckett. Il n'y avait donc aucun doute pour le militaire quant à l'identité des deux personnes qui s'adonnaient à un sport en chambre au beau milieu de l'infirmerie. Maîtrisant difficilement la rage qu'il ressentait devant cette trahison manifeste, John serra les poings et fit demi-tour, cherchant à fuir cet endroit avant de faire quelque chose qu'il pourrait regretter.
N'ayant nullement eu connaissance de cette intrusion, les deux hommes avaient largement eu le temps de passer les préliminaires. Rodney avait fermement empoigné l'objet de la virilité de son partenaire et avait décidé de lui imposer une cadence endiablée, se délectant de chaque gémissement que Carson tentait d'atténuer dans un baiser brûlant. Cependant, le médecin n'avait pas dit son dernier mot et il libéra la verge de son compagnon en ouvrant son pantalon. Rodney poussa un soupir rauque lorsqu'à son tour Carson prit son sexe dans sa main. Poussé par le désir de procurer le plus de sensations délectables à leur compagnon, chacun des deux hommes s'appliqua dans sa tâche. Se faisant, ils s'approchèrent tous les deux de plus en plus du moment paroxysmique de leur plaisir.
Lorsque Carson sentit Rodney accélérer le rythme de sa main, il sut qu'il allait se déverser. Il empoigna la nuque du scientifique pour approcher sa bouche de son oreille et, tout en accélérant le mouvement de son propre poignet, il murmura « Je t'aime, Rodney ». Une fraction de seconde plus tard, le scientifique jouissait en criant malgré lui le nom de son amant, qui ne tarda pas à le rejoindre dans les méandres du plaisir.
L'étroitesse du lit ne lui permettant pas de rouler sur le côté, Rodney, à bout de souffle, se laissa retomber sur Carson. Le médecin se mit à dessiner de folles arabesques dans le dos de son compagnon. Attendant qu'il reprenne une respiration normale, il se colla un plus contre lui pour profiter de la chaleur de son corps. Lorsque Rodney eut retrouvé ses esprits, il se mit à mordiller le cou en sueurs de son nouvel amant.
- Tu sais que l'infirmerie va puer la luxure, s'amusa le médecin.
- M'en fiche… on recommence quand tu veux.
L'écossais émit un rire cristallin, semblable à celui d'un enfant innocent. Il embrassa le front de McKay et entreprit de s'extirper de sous le corps du scientifique.
- Où pensez-vous aller comme ça, docteur? demanda-t-il en resserrant son étreinte autour du corps de son écossais préféré.
- Je ne sais pas si tu t'en rends bien compte, mais on est au beau milieu d'un lieu public… dans une vraie mini ville abritant environ deux milles personnes qui ont une fâcheuse tendance à se mettre les pieds dans les plats et à se blesser… c'est déjà surprenant que personne ne nous ait surpris.
- Qu'est-ce que tu en sais? Il y avait peut-être des voyeurs…
- Ne me fait pas paranoïer… et vient un peu par ici, il faut se débarbouiller un peu.
- Tu sais, on peut aller prendre une douche ensemble…
- Rodney…
Tiens, le « médecin professionnel » était revenu au galop!
- J'ai rendez-vous avec une patiente dans moins d'une heure.
Le scientifique fit une moue boudeuse, mais obtempéra finalement, ne désirant pas tant que ça être surpris dans cette compromettante situation.
Après s'être lavés sommairement à l'infirmerie, les deux hommes prirent chacun la direction de leurs quartiers, malgré les invitations plus que tentantes de la part de Rodney, afin de prendre une douche en règle, histoire de ne plus empester la sueur et le sexe à cent lieues à la ronde.
Rodney ne pouvait empêcher un sourire béat de flotter sur ses lèvres encore rougies par les baisers passionnés de Carson. C'est dans un état proche de la transe qu'il pénétra sous l'eau tiède revigorante. Il était enfin sûr des sentiments que le médecin nourrissait à son égard et cette certitude était sans doute la plus grande joie de sa misérable vie.
Il ferma les yeux un instant, se délectant de la sensation de totale béatitude qu'il ressentait… Il était heureux, ce qui constituait un fait exceptionnel pour lui. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il crut que sa vision était troublée. Peut-être à cause d'une baisse de sucre. Il frotta ses paupières, comme un bébé qui lutte contre un sommeil bien mérité. Mais rien n'y faisait, il voyait toujours flou. Il ferma résolument les yeux, comme s'il était dans un cauchemar et qu'il allait se réveiller lorsqu'il allait daigner jeter un regard quelque part. C'est alors qu'il se découvrit un épiderme hypersensible. Il ressentait tout, jusqu'à la moindre petite goutte qui s'écrasait sur son corps et débutait une chute effrénée jusqu'au sol où elle se fracassait, se dispersant en d'innombrables gouttelettes. Il entendait même le bruit qu'elle faisait en mourant sur le carrelage.
Déconcerté, Rodney arrêta le jet d'eau et sortit précipitamment de la douche. Il réalisa qu'il sentait tout de façon plus intense. Il ressentait les gouttelettes d'eau roulées sous ses pieds, l'air frais venir assécher les petites perles sur son corps… jusqu'aux vibrations causées par des pas dans le corridor.
Le scientifique se sécha rapidement et s'habilla en quatrième vitesse, avant de s'élancer pieds nus dans le couloir. Il jeta un regard vers la droite, la direction que prenaient les vibrations, et il constata qu'il pouvait voir les boulons sur le mur au bout du couloir comme s'il avait le nez collé dessus. Il repéra une petite tache plus pâle et se précipita pour constater qu'il avait parfaitement bien vu la décoloration, jusqu'au petit pic qu'elle formait sur le haut. Il était pourtant à plus de cent pieds lorsqu'il en avait remarqué les détails!
Tout à coup, son odorat capta un délicieux effluve. On aurait dit du bacon. Et s'il y avait bien une chose à laquelle Rodney ne pouvait pas résister – Carson mis à part – c'était bien le bacon! Suivant uniquement son flair, le scientifique atterrit finalement… au mess, bien sûr!
- Nom de Dieu, c'est pas croyable!
Quelques personnes attablées non loin lui jetèrent un regard perplexe. McKay se racla la gorge, défit les plis de son pull et tourna les talons avec ce qui lui restait de fierté. Il tenta de contrôler son allure pour avoir l'air le plus naturel possible – même s'il n'était pas ordinaire de voir le très scrupuleux Rodney McKay marcher pieds nus à travers toute la cité! Mais lorsqu'il arriva proche de l'infirmerie, il ne put résister à la tentation et y entra. À son grand désappointement, Carson se cachait une nouvelle fois derrière un rideau immaculé, occupé avec un patient.
- NON! hurla une voix de femme que Rodney ne connaissait que trop bien. Pas là, pas là… aïe!!!!
- Pardonnez-moi, Laura, je suis désolé.
- Oh, ne prenez pas cet air de gamin pris en faute, vous savez bien que je ne résiste jamais.
Rodney entendit Carson éclater de son rire cristallin et cela lui chatouilla les tympans, lui procurant un frisson de plaisir.
- Là, est-ce que c'est mieux?
- Ooooh oui, répondit la voix soulagée et… satisfaite? de Laura.
Soudain saisi d'une jalousie aveuglante, le scientifique tira d'un coup le voile camouflant le couple. Il découvrit Cadman semi-couchée sur le lit, Carson derrière elle, une main sur… la hanche de la jeune femme!
Le médecin et sa patiente tournèrent la tête d'un même mouvement pour découvrir un Rodney rouge de colère. L'écossais se retourna néanmoins vers la militaire et remonta sa main de la hanche de la jeune femme vers le milieu de son dos, pour remonter le t-shirt bleu marin, découvrant légèrement un soutien-gorge rose pâle. Les yeux de McKay s'agrandirent comme des soucoupes, ce qui n'échappa pas à l'œil averti de la militaire. Mais comment Carson osait-il tripoter une femme devant lui! Il était gonflé! En plus, Rodney avait entendu le rythme cardiaque du médecin s'accélérer et il pouvait même sentir l'adrénaline se propager en quelques secondes dans tout le corps de Beckett.
Au bout d'un laps de temps effroyablement long, le médecin se pencha vers son plateau contenant ses instruments. Il y déposa une seringue d'une longueur alarmante qu'il troqua pour une gaze propre et du désinfectant.
- Aïe! Mais vous n'êtes qu'un tortionnaire, Beckett!
Rodney sentit la chaleur qui empourpra les joues du médecin et il vit clairement la discrète oeillade que Carson lui lança à ce moment précis. Là, le scientifique devait avouer qu'il était complètement perdu!
Finalement, Beckett appliqua un bandage sur la petite plaie qu'il venait de causer avec sa monstrueuse seringue et Laura se redressa en rajustant ses vêtements.
- Fermez la bouche, docteur McKay, vous avez l'air d'un poisson hors de l'eau!
Voyant qu'il ne réagissait toujours pas, la militaire se sentit obligée de le bousculer un peu plus.
- Quoi, vous n'avez jamais vu une femme enceinte jusqu'au cou?
Le scientifique cligna plusieurs fois des paupières.
- Mais… qu… quand? Qui? demanda-t-il en lançant un regard horrifié à Carson.
- Non, je vous arrête tout de suite! Le docteur Beckett n'est pas le père… malheureusement, rajouta la future maman en glissant un regard complice à l'écossais.
- Laura était enceinte de presque quatre mois lorsque tu es tombé dans le coma, Rodney. Et nous devions provoquer l'accouchement, c'est pourquoi j'avais rendez-vous avec elle aujourd'hui, expliqua-t-il les joues toujours rouges à cause du sous-entendu de la jeune femme.
En effet, durant le coma du scientifique, la militaire avait tenté sa chance avec Carson, mais c'est à ce moment qu'elle avait découvert les sentiments du médecin pour l'hypocondriaque et égocentrique scientifique. Après avoir tenté de le convaincre, elle avait dû se résoudre au fait que son homme idéal n'avait aucune attirance pour la gent féminine. C'est à ce moment que cette complicité, née d'un secret partagé, avait vu le jour. Et c'était d'ailleurs durant leurs nombreuses et interminables conversations que Cadman s'était excusée d'avoir embrassé Carson lorsqu'elle partageait le corps de Rodney, car cela avait dû terriblement troubler le médecin. Mais ce que la jeune femme ne lui avait pas avoué, c'était que McKay le désirait aussi, même s'il refusait de l'admettre à l'époque. L'extra-terrestre s'était chargé du reste…
- Qui est le père alors?
- Si je vous le disais, je devrais vous tuer après, répliqua Cadman d'un ton de confidence.
Rodney ne put empêcher son regard de couler vers Carson.
- Je jure que ce n'est pas moi! protesta ce dernier en levant ses mains devant lui.
McKay allait répliquer lorsque Cadman lâcha un cri à retourner les morts dans leur tombe. Carson se précipita pour la soutenir et l'aida à s'allonger. La jeune femme soufflait comme si elle faisait une crise d'hyperventilation et Rodney pouvait sentir sa douleur et sa détresse comme si c'était lui-même qui les vivait.
- Ooooh, non, pitié Carson, je ne veux pas accoucher! Ça fait trop mal!!!
- Elle a raison Carson, arrête ça! vociféra le scientifique, plié en deux sous la douleur que ressentait la future maman.
La militaire et le médecin lancèrent un regard dubitatif au scientifique. Captant leurs interrogations, Rodney s'assit sur le second lit et s'évertua à respirer pour être en mesure d'aligner plus de deux mots.
- C'est justement pour ça que je venais te voir…
- Parce que vous allez accoucher?! se moqua Laura entre deux contractions.
Rodney lui lança un regard meurtrier. Après tout, c'était de sa faute s'il souffrait ainsi. Il n'était pas une femme, que diable, il n'était pas censé accoucher!
- Ha, ha, ha… très drôle, Cadman, je suis mort de rire. Je voulais parler de cette étrange hypersensibilité.
Carson lui lança un regard aigu.
- Aucun rapport, marmonna Rodney en comprenant à quelle sensibilité son amant avait pensé. Mes sens sont cent fois plus développés. Je ressens tout et quand je dis tout, ça veut dire ça aussiiii, hurla le scientifique en se pliant en deux en même temps que la jeune femme.
- Oh! s'exclama le médecin. Laura?
- Hum! répondit la militaire, la mâchoire serrée et le front en sueurs.
- Désirez-vous une épidurale?
- Encore une aiguille? geignit-elle.
- Oh, Cadman, vous allez accepter et tout de suite!
- Ne soyez pas aussi colérique, McKay, j'y arrivais.
Le scientifique expira bruyamment. Carson se dépêcha de préparer la seringue et administra rapidement, mais avec soin, le médicament. Cadman et Rodney soupirèrent de soulagement en même temps.
- Merci, murmura Laura en s'allongeant de nouveau.
- Carson, tu es décidément un ange! renchérit le scientifique, ce qui fit éclater de rire la future maman.
Rodney préféra ignorer la moquerie et snoba la jeune femme. Il partit se chercher un verre d'eau, sachant pertinemment que la jeune femme se serait damnée pour une goutte du précieux liquide.
- Tortionnaire, marmonna-t-elle en détournant la tête.
Carson roula des yeux et apporta aussi un grand verre à la jeune femme qui tira la langue à Rodney, se moquant du degré de maturité qu'elle affichait. Secouant la tête comme un père refusant de se mêler de querelles d'enfants, Carson alla ensuite chercher une serviette trempée dans l'eau glacée et la déposa sur la nuque de son amant qui soupira d'aise.
Protecteur, le médecin essuya une goutte de sueur qui menaçait de finir sa course dans l'œil de Rodney. Ce dernier rouvrit brusquement les yeux, comme électrifié. Ses prunelles semblaient d'un bleu plus intense, ce qui amena Carson à froncer les sourcils, créant ainsi un pli soucieux barrant le front du médecin.
- Carson…, murmura McKay d'une voix rauque, je crois que tu ferais mieux de t'éloigner…
- Que se passe-t-il Rodney?
Le scientifique le fixait singulièrement, pratiquement en transe devant lui. Ce qui finit de convaincre le médecin de faire quelques pas à reculons, surveillant toujours le canadien.
- Si vous voulez faire des choses, je vous en supplie, trouvez-vous une chambre! se moqua la militaire qui ne sentait pratiquement plus ses contractions.
Carson tourna vers elle un regard mi-complice, mi-accusateur. Rodney, lui, ne bougea pas d'un poil, regardant fixement Carson, tentant de se contrôler. Lorsque le médecin avait frôlé sa peau, il avait ressenti une telle décharge traversée son corps. Une délicieuse sensation…
Brusquement, le scientifique se leva et effaça l'espace qui le séparait du médecin. Il approcha sa main si rapidement du visage de l'écossais que ce dernier crut qu'il allait le frapper et eut un mouvement de recul instinctif. Mais le scientifique avait immobilisé sa main à quelques centimètres de la joue mal rasée du médecin. Rodney observait chaque détail du visage de Carson. Il était beau comme un dieu! Ses yeux bleu délavé étaient striés de bleu ciel tout juste d'une teinte plus foncée. Ses longs cils semblaient duveteux comme un nuage et étaient incroyablement longs. Son nez se retroussait très légèrement au bout et il avait à la commissure des lèvres de fines ridules indiquant son goût pour le rire.
- Rodney? s'inquiéta le médecin.
Ce simple prénom prononcé avec cette voix… sa voix… suffit à le ramener à la réalité. Sa main reprit sa course, mais avec une lenteur quasi irréelle. Doucement, tendrement, Rodney frôla la joue de Carson. Fermant les yeux devant l'extase que lui procurait la seule brève sensation de la peau du médecin sous ses doigts, le scientifique se permit d'aller plus loin : de frôlement, son geste passa à une caresse. Il sentait chaque petit poil hérissé de barbe, chaque millimètre de peau. Rodney se laissa emporter dans un tourbillon de sensations plus fortes les unes que les autres. Carson émettait de telles phéromones… tout son corps appelait celui du scientifique qui y répondait sans pudeur. Sentant qu'il chavirait proche du point de non-retour, McKay brisa subitement le contact. Il ouvrit ses yeux, qu'il ne savait pas avoir fermés, et replongea à nouveau entièrement dans le regard océan de son amant.
- Si on ne trouve pas un moyen de fermer ces super sens, je sens que je vais mourir d'ictus.
- Rodney… depuis quand utilises-tu de tels termes médicaux?!
- Depuis que je t'ai touché…
- OK, il faut vraiment trouver d'où viennent ces capacités!
- Mais vous ferez ça plus tard, les gars, parce qu'ici ça urge!! s'alarma la future maman.
Carson retomba en mode « médecin », enfila des gants et alla vérifier la dilatation du col de l'utérus de Cadman.
- Elle est prête à accoucher, affirma Rodney.
- Oui, en effet, elle est à dix centimètres, approuva Carson quelques secondes plus tard en jetant un regard incrédule au scientifique qui n'avait pourtant pas la moindre notion en médecine – c'est à peine s'il s'avait mettre un diachylon!
- Plus tard, les gars, j'accouche!!!
