Disclaimer : La série, les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas. De plus, je ne retire aucun salaire de ces écrits. Je ne fais que satisfaire mon esprit tordu de fan :0P (en espérant que d'autres personnes apprécient et se divertissent ;0).

Rating : Cette fic est classée M et c'est un slash. Vous êtes prévenu(e)! ;0)

Note de l'auteure : Un É-NOR-ME merci pour vos reviews, en particulier celles sur le chapitre précédent. Elles étaient très enthousiastes et elles m'ont vraiment fait très plaisir:0) J'espère que vous aimerez tout autant ce chapitre-ci!

Bonne lecture


Chapitre 6 : Une petite visite sur Terre

- Je tiens à préciser que je n'approuve toujours pas!

- Oui, c'est bon Radek, on avait compris au bout de la troisième fois, s'énerva Rodney.

- Ah oui? Et avez-vous compris qu'en étant sous la cité, nous sommes aussi situés dans la partie cachée de l'iceberg : c'est-à-dire sous l'eau! S'il arrive quoi que ce soit, nous allons tous mourir noyés ou asphyxiés.

- Vous ne l'avez pas déjà dit au moins quatre fois, ça? demanda John.

- Oui, mais apparemment vous n'écoutez rien! Je trouve que deux semaines pour préparer cette mission de réparation, c'était trop précipité!

- Peut-être, mais puisque nous y sommes, alors autant accepté, intervint un technicien.

Le scientifique se mit à jurer et à maudire ses amis en tchèque. Rodney soupira, John sourit et ils continuèrent tous leur chemin vers le point central de la structure qui était en fait le réacteur principal. De toute évidence, il avait grillé lors de leur tentative de décollage. McKay ouvrit un compartiment de la taille d'une valise et une série de cristaux transparents aux circuits de couleurs différentes sortie de la structure.

- Ah, génial! Il fallait que ce soit le rouge!

- Quoi, c'est ta couleur préférée Rodney?

- Très drôle, John. Le circuit rouge est celui qui alimente toute la machine.

- Alors, ça signifie que ça va être long?

- Assez, oui, répondit Zelenka.

- Génial!

- Ne te plains pas, c'est toi qui t'es porté volontaire pour nous « surveiller ».

- C'était le seul moment d'action depuis des lustres, je n'allais pas rater ça!

- Peut-être… ou tu aurais pu amener Teyla sur une des passerelles de la cité…, insinua McKay.

- C'est vrai qu'elle vous dévore sans cesse des yeux, rajouta le tchèque en passant un outil à son collègue.

- Pfff, vous hallucinez les gars.

- Non, non, je confirme, renchérit le technicien.

John et Rodney échangèrent un regard… c'était comme si le militaire lui demandait sa permission. Le scientifique acquiesça silencieusement et tous retournèrent à leur tâche. Distrait, John était occupé à s'imaginer mille et un scénarios à propos de Teyla, mais vu le caractère imprévisible d'Atlantis, il aurait certainement été plus utile qu'il se consacre à sa tâche, c'est-à-dire surveiller le périmètre.

- Stop!

- Qu'y a-t-il Rodney?

- Un pressentiment, c'est tout.

Tous les membres de l'équipe avaient arrêté de bouger. Plusieurs secondes s'égrenèrent sans que rien ne vienne troubler le silence de la pièce.

- On peut recommencer à bouger?

Mais Rodney ne répondit pas. Radek soupira et retourna à sa tentative de réparation. Il prit son crayon laser et entreprit de suturer la faille.

- NON! cria le canadien.

Mais le mal était fait. Rodney se précipita sur Zelenka pour le pousser loin du réacteur qui semblait sur le point d'imploser. À mains nues, il débrancha de nombreux fils dans lesquels circulaient de puissants courants électriques. Puis, il les rebrancha à d'autres endroits. Finalement, après ces différentes manipulations, les lumières rouges qui avaient commencé à clignoter sur l'engin changèrent graduellement de couleur et redevinrent d'un bleu limpide.

- C'est réparé, marmonna McKay, la mâchoire serrée.

- Rodney, vos mains!

Tous se penchèrent et découvrirent les mains complètement brûlées du scientifique. Ce dernier fixait ses propres mains sans les sentir, comme si la douleur était anesthésiée… ou comme s'il n'avait tout simplement plus de nerfs pour ressentir quoi que ce soit! Voyant que tout le monde semblait pétrifié, John décida de prendre les choses en mains, jeu de mots mis à part. Il agrippa le bras de McKay et le traîna rapidement dans le labyrinthe de couloirs qu'ils avaient empruntés pour atterrir au cœur de la cité. Arrivé à un ascenseur, Sheppard poussa le scientifique ahuri à l'intérieur. Ils arrivèrent à destination en moins de deux secondes, et n'eurent plus qu'à parcourir quelques mètres avant de se retrouver devant l'infirmerie.

- Carson! cria John, sa voix ne cachant rien de son inquiétude.

Décidément, ça devenait une véritable habitude! Le médecin accourut et découvrit avec horreur les mains presque calcinées de l'homme qu'il aimait. Il se précipita pour remplir un bac d'eau glacée qu'il déposa sur un lit où il entraîna un Rodney inhabituellement silencieux. Tout en ne lâchant pas son amant du regard, le médecin guida ses mains dans le liquide bienfaiteur.

- Il a décidé qu'il jouait les Superman en fourrant ses mains dans un circuit électrique, ragea le militaire.

- Je ne suis pas Superman, grogna Rodney, reprenant soudainement ses esprits.

- Et c'est maintenant que tu le réalises? reprocha John.

- Tu aurais peut-être préféré que je laisse Zelenka se faire tuer, voire peut-être même faire exploser toute la cité!

Sheppard ne put que laisser échapper un cri de frustration. Après seulement cinq minutes, Carson demanda à voir les paumes du scientifique. Rodney obtempéra, même s'il ne voyait pas ce qui aurait pu changer en si peu de temps.

- Euh… Rodney, tu n'as même pas une égratignure!

- Quoi?! s'exclamèrent en même temps le – trop souvent! – patient et le militaire.

Mais le diagnostic de Beckett était juste : la peau de Rodney n'était même plus rougie!

- Es-tu sûr et certain que tu n'es pas Superman? se moqua Sheppard en plissant les yeux.

- Ça lui ferait trop plaisir, renchérit Carson.

Le scientifique les snoba superbement, s'occupant plutôt de sa petite personne. Il passa ses doigts sur la paume de sa main et la découvrit douce comme les fesses d'un bébé.

- Carson, as-tu fini tes analyses?

Le médecin prit un air innocent.

- De quelles analyses parles-tu?

- J'étais peut-être inconscient, mais j'ai senti ta perfide seringue dans mon bras, répliqua McKay en plissant les paupières.

John éclata de rire devant l'air de gamin pris en faute de Carson.

- Elles ont révélé une trace de protéines dans ton sang, avoua-t-il finalement.

- Comme pour Ford?

- Sauf que tu n'y sembles pas dépendant.

- Pour le moment… et tu avais l'intention de m'en parler quand?

L'écossais baissa la tête d'un air coupable.

- Bon, bon, bon… on ne va pas encore revenir sur le passé, intervint le militaire. C'est donc cette protéine qui donnerait à Rodney ses super pouvoirs?

- De toute évidence, oui.

Tout à coup, un énorme sourire illumina le visage du scientifique.

- Je suis le Superman de la galaxie de Pégase! s'exclama-t-il.

- Oh non! et c'est parti pour un tour! soupira le médecin.

- Je crois que je vais redescendre avant que Zelenka nous fasse une crise de claustrophobie.

Sur cette remarque, le militaire quitta l'infirmerie. Carson secoua la tête en soupirant et fit face au scientifique.

- Rodney McKay, il va décidément falloir que tu cesses de te blesser tous les deux jours ou mon vieux cœur ne le supportera pas!

- Vieux cœur? Moi je vous trouve plutôt en forme, docteur Beckett, susurra le canadien en attirant le médecin vers lui pour lui ravir un tendre baiser.

- N'essaie pas de m'amadouer, je suis fâché.

- D'accord…, murmura Rodney avant de lui voler une nouvelle étreinte.

- J'ai encore du boulot, reprit le médecin en repoussant son amant.

- Je sais…

Mais Rodney n'en faisait qu'à sa tête : tout ce qu'il voulait, c'était les lèvres de son amant.

- Alors, ouste, hors de mon infirmerie!

Le scientifique tenta d'amadouer le médecin, mais rien n'y fit : Carson restait intraitable. Il mit son amant dehors après une dernière oeillade complice.

McKay décida donc d'aller prévenir Élizabeth qu'ils étaient prêts à retenter un nouveau démarrage. Lorsqu'il arriva dans le bureau de la dirigeante, il la trouva en compagnie du colonel Caldwell.

- Rodney! Entrez, l'invita Weir.

Après un échange de banalités usuelles, les deux dirigeants avouèrent enfin la raison de leur entrevue.

- Le colonel vient de m'apprendre qu'ils ont découvert sur Terre une source d'énergie dérivée du Naquadrilla qui nous permettrait de faire des voyages aller-retour sur Terre aussi souvent que nous le souhaiterons.

- Oh…

- Un petit conseil, en passant, docteur McKay : à l'avenir, éviter les risques inutiles en tentant de faire décoller cette cité…

Rodney resta interdit un instant devant le commentaire aussi impromptu que directif du militaire.

- Bien sûr, colonel Caldwell, s'étrangla le scientifique.

Après un sourire forcé, le canadien quitta précipitamment le bureau d'Élizabeth. Étant dans une colère noire, Rodney chercha un moyen de se défouler. Sans s'en rendre vraiment compte, il prit le chemin de la salle d'entraînement et se retrouva devant le punching-ball. C'était parfait : il n'avait qu'à s'imaginer que c'était la tête de Caldwell! Non, mais, pour qui se prenait-il celui-là? Dieu peut-être? Rodney assena un violent coup de poing sur le sac. C'était libérateur! Mais il fallait avouer que le scientifique n'avait pas l'habitude de ce genre de matériel. Alors, il n'avait pas prévu le retour imminent dudit sac qu'il reçut en pleine poire! Rodney s'effondra sur le sol.

- Docteur McKay, vous allez bien?

- Oh oui, à merveille Teyla, répondit-il, sarcastique au possible.

L'Athosienne tenta de réprimer le sourire moqueur qui voulait se faufiler sur ses lèvres.

- Oh, vous pouvez bien rire! Je n'ai rien d'un Rocky!

- Rocky? Qui est-ce?

- Oh, laissez tomber. Je devrais plutôt aller mettre de la glace sur mon œil avant qu'il n'enfle.

Alors qu'il abandonnait Teyla et Ronon à leur entraînement au corps à corps, le scientifique se demanda s'il devait ou non mettre de la glace. Peut-être que, comme pour ses mains, il n'aurait rien. Après tout, on est Superman ou on ne l'est pas!

- Rodney!

L'interpellé se retourna pour découvrir qui l'avait ainsi hélé.

- Radek!

Le tchèque le regarda bizarrement.

- Quoi?

- Je croyais que c'était aux mains que vous vous étiez blessé…

- Quoi? Qu'est-ce que ça signifie, ça?

- Qu'un petit tour à l'infirmerie s'impose!

- Quoi, encore? Carson va me tuer…

- Je préfère que ce soit lui qui vous tue plutôt que ce soit vous qui le fassiez tout seul…

Marmonnant dans sa barbe, le scientifique consentit à suivre son collègue, se disant que, finalement, ses super pouvoirs ne fonctionnaient qu'une fois sur deux.

Voyant Rodney revenir dans son antre, encore contusionné, Carson vit rouge.

- Tu veux un abonnement, peut-être?

- J'essaie simplement de trouver divers moyens pour te voir plus souvent.

- Très drôle… je vais te confiner à cette infirmerie, si tu continues comme ça.

- Vu que je n'ai rien de mieux à faire, ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre…, s'apitoya le canadien en s'allongeant sur un des lits.

- Comment ça, rien à faire? Vous avez réparé le réacteur, j'ai vérifié! s'écria Radek.

- Peut-être, mais « monsieur-je-me-prends-pour-Dieu » vient de nous interdire de faire décoller la cité et Élizabeth semble tout à fait en accord avec cette stupide décision, expliqua le scientifique en croisant ses bras sur ses yeux clos, en évitant de trop s'appuyer sur son œil blessé.

- Et on peut savoir de qui tu parles?

- Caldwell, qui d'autre!

- Pourquoi? s'insurgea le tchèque.

- Parce qu'il considère que c'est trop dangereux.

- Il est pourtant le premier à vouloir en apprendre le plus possible sur cette cité! Et il devrait plutôt être content, il n'aura plus à jouer le pigeon voyageur.

Les deux amoureux sourirent à la remarque de leur ami. Quand Zelenka était offusqué, il n'y allait pas de main morte!

- En fait, il paraît qu'ils ont découvert un Naquadah modifié sur Terre et ça va leur servir de générateur.

- On va pouvoir aller l'étudier, alors? demanda le scientifique tchèque, intrigué.

- Traître, répliqua Rodney en lui lançant un regard assassin.

- Déformation professionnelle, se moqua son collègue en haussant les épaules.

- Bah, peu importe le moyen, c'est le but qui compte, non? s'enquit le médecin.

- Non! s'exclamèrent les deux scientifiques.

- Le but était de réussir à faire voler la cité… retourner sur Terre n'était qu'un bonus dans l'histoire.

- Vous n'avez personne qui vous attend sur Terre, tous les deux?

- À part mon chat, non, répondit McKay en haussant les épaules.

- Le peu de famille qui me restait m'a pour ainsi dire renié lorsqu'ils ont appris que j'allais travailler pour le gouvernement américain…, renchérit Radek.

- Oh…, s'exclamèrent d'une même voix les deux amants.

- Je ne m'en plains pas, je préfère nettement être ici! répliqua leur ami, les yeux remplis d'étoiles.

- Accro, marmonna Rodney en faisait mine de toussoter.

- Tu es mal placé pour parler…, intervint Beckett, ce qui lui valut un regard faussement fâché de son scientifique préféré.

Puis, soudainement, l'air indigné de McKay s'illumina pour devenir une expression de pure joie.

- Qu'est-ce qu'il y a? demanda suspicieusement le chef du département de médecine.

- J'ai trouvé une excellente raison de retourner sur Terre…

Le scientifique semblait jubiler. Ses deux amis échangèrent un regard méfiant. Quand Rodney atteignait un tel paroxysme de bonheur, c'était qu'il avait soit une idée derrière la tête ou parce qu'il avait encore une fois réussi à prouver qu'il était supérieur à l'univers tout entier.

- Un peu plus de détails ne seraient pas de refus…

Le canadien plongea un regard effroyablement arrogant dans celui interrogateur de Carson. Il semblait très fier de son exploit.

- Voyez-vous, mes amis, avant de quitter notre chère planète bleue, j'ai fait un pari avec le colonel Carter…

- Je n'aime pas ça…, intervint Carson en plissant les paupières.

- Vous, vous avez parié, Rodney?

- Il faut avouer que le jeu en valait la chandelle…

- Tu vas t'expliquer sur le champ…, menaça Carson qui semblait de plus en plus irrité.

Le scientifique se leva et se mit à décrire un arc de cercle autour de son amant, les mains jointes dans son dos, comme s'il expliquait quelque chose à un jeune élève.

- Voyez-vous, le colonel Carter a eu… disons qu'elle a entendu parlé de ma peur des aiguilles…

- C'est toi qui t'es évanoui avant même que le docteur Frasier t'es touché avec la seringue! crut bon de préciser Beckett.

Rodney haussa un sourcil avec un air de « oui, bon, passons ». Il se racla la gorge et poursuivit.

- Je disais donc, à cause de ce petit incident, le colonel Carter me croyait incapable de recevoir le vaccin qui inocule le gène des Anciens. Première erreur! s'exclama-t-il en levant le doigt, une mine réjouie collée au visage. De plus, elle était persuadée que nous ne reviendrions pas sur Terre. Deu…

- Dit plutôt qu'elle l'espérait, se moqua le médecin, attirant un fort peu discret fou rire de leur ami tchèque.

- Deuxième erreur! enchaîna le scientifique d'un ton contrarié.

- Et qu'avez-vous parié? réussit à articuler Radek lorsque son hilarité se fut quelque peu estompée.

Rodney sourit, se délectant de sa future tombée de rideau fort spectaculaire.

- Eh bien, advenant le cas où le colonel Carter aurait eu raison, j'aurais été forcé d'enregistrer un très beau discours dans lequel j'aurais dû la reconnaître comme étant la plus forte d'entre nous deux.

- Et dans le cas contraire?

- Dans l'éventualité où je revenais sur Terre avec le gène des Anciens dans mon code génétique, ce qui est le cas, je tiens à le préciser, Samantha Carter m'avait promis un mémorable baiser. Et je tiens à souligner que j'ai inclus la clause « et plus » pour réparations de divers dommages collatéraux, conclut-il avec un air fier de lui.

- Docteur Beckett, fermez la bouche, vous allez avaler une mouche, se moqua Zelenka.

- Rodney Meredith McKay, si tu oses, je jure que te tue!

- Je vais me gêner! s'amusa le scientifique. J'attends ce moment précis, celui où je pourrai enfin dire que j'ai battu la grande Samantha Carter, depuis des années! Il est hors de question que je passe à côté de cette formidable occasion.

- Dit plutôt que c'est pour lui rouler une pelle.

- Et plus, souligna le tchèque.

- Autant joindre l'agréable à l'utile!

- C'est décidé, la prochaine fois que je te pique, je t'empoisonne.

- Carson…

- Non!

- Tu sais bien que ce n'est que pour la frime.

- Je ne veux rien entendre, Rodney.

- Et tu sais pertinemment qu'il n'y a que toi que j'aime.

- D'accord… là, c'est à mon tour de ne rien vouloir entendre… à plus tard! annonça Zelenka en quittant précipitamment l'infirmerie.

- Carson…, appela McKay d'une voix chantante jumelée à des petits yeux de chiens battus – ou de chaton trop mignon dans « Shrek », au choix!

- J'ai décidé que je te boudais.

- Soit! s'exclama le scientifique en sautant en bas du lit de l'infirmerie. Alors, on en reparlera plus tard, conclut-il en se dirigeant vers la porte.

- Rodney…

- Hum?

- Tu devrais mettre de la glace sur ton œil…

- Oh… oui, répondit le scientifique en grimaçant.

Il rebroussa chemin pour saisir le sac de glaçons que le médecin lui tentait. Il en profita pour agripper la blouse blanche de Carson et l'attirer à lui pour déposer un rapide baiser sur son front.

- Je t'aime. À plus tard!

Puis, le canadien s'éclipsa en murmurant un vague « aïe » au moment de franchir la porte. Carson soupira, se demandant combien de temps il réussirait à maintenir sa menace avant de craquer, puis retourna à ses dossiers.

o0O0o

Une semaine plus tard, Atlantis recevait un message en provenance de la Terre pour leur dire qu'ils étaient prêts à les accueillir quand bon le semblerait.

- Merci, général. Nous enverrons notre première équipe d'ici deux heures.

- Parfait, docteur Weir. Nous vous attendons avec impatience. SGC, terminé.

Le vortex s'évapora et la commandante se tourna vers ses hommes rassemblés.

- Mesdames, messieurs… préparez-vous, nous rentrons!

Une vague d'applaudissements résonna contre les parois de la cité, semblant lui donner une voix répondant en écho au bonheur de ses habitants. L'attroupement ne tarda pas à se disperser et l'air de rien, Rodney rejoignit Carson.

- Tu as l'intention de me faire la tête encore longtemps?

Le docteur ne lui accorda qu'un regard hautain.

- Carson…, reprocha McKay.

- Je vais aller voir ma mère en Écosse. Tu auras tout le loisir de me tromper.

Les épaules du scientifique s'affaissèrent en même temps qu'un soupir passa le seuil de ses lèvres.

- Tu sais bien que ce ne sera qu'un petit baiser sans sentiment…

- Le fond reste le même…

- Qu'essaies-tu de me dire?

Beckett s'arrêta au milieu d'un corridor pour faire face à son compagnon, un air outrageusement sérieux collé au visage.

- Je suis quelqu'un d'extrêmement fidèle, Rodney, et j'ose attendre la même chose de la personne qui dit m'aimer. Ce n'est pas si compliqué à comprendre!

L'écossais tourna les talons et regagna ses appartements pour récupérer sa valise. Le scientifique le fixa jusqu'à ce qu'il eut disparu en tournant un coin. Il n'avait pas pensé que Carson prendrait cette plaisanterie autant au sérieux.

o0O0o

- C'est le code d'identification d'Atlantis, monsieur.

- Bien, ouvrez l'iris.

L'officier acquiesça et quelques secondes plus tard, environ le quart des Atlantes arrivaient sur la passerelle de la salle d'embarquement du SGC. Le général alla à la rencontre des membres de l'expédition.

- Bienvenue sur Terre!

- Merci, monsieur, sourit Élizabeth.

- Je vous demanderais juste un rapide passage à l'infirmerie, ainsi qu'un rapport avec vos plans pour votre séjour ici et vous serez libre comme l'air!

Tous hochèrent la tête affirmativement et prirent la direction de l'infirmerie, que la plupart des membres connaissaient pour avoir déjà travaillé au SGC avant de quitter pour la galaxie de Pégase, les autres les suivant en tentant de s'orienter.

O'Neill marcha quelques pas avec Élisabeth, le temps de demander au docteur Weir s'il lui serait possible de passer dans son bureau après la fin de sa visite médicale.

- Bien sûr, monsieur, je vous rejoins dès que possible, répondit-elle, gracieusement, avant de presser le pas pour rejoindre son équipe qui avait pris quelques mètres d'avance sur elle.

- Alors, c'est à cela que ressemble votre monde? s'enquit Teyla.

- Pas tout à fait… tout n'est pas aussi gris. Je vous ferai découvrir ce qui vaut vraiment le détour! proposa John.

Le militaire et l'Athosienne échangèrent un sourire quelque peu timide, qui fit rouler des yeux le Setidien qui les écoutait en silence.

- Vous êtes revenu…

Rodney se figea. Cette voix. Il sourit en se retournant.

- Colonel Carter…, dit-il d'une voix trop doucereuse pour qu'elle soit totalement amicale.

- Docteur McKay…, répliqua la jeune femme sur le même ton en arrivant devant le scientifique.

- Je crois pouvoir affirmer que j'ai remporté notre pari haut la main, Sam.

La militaire leva un sourcil en entendant le diminutif.

- Ah oui? Vous avez vraiment accepté de vous faire inoculer le gène des Anciens? Vous?

McKay croisa les bras avec un soupir exagéré semblant dire « ah, ces femmes, elles me sous-estiment toutes! ».

- Je confirme… c'est moi qui l'ai vacciné, intervint l'écossais qui était resté pour surveiller son amant – détail presque négligeable qu'il n'avouerait jamais, même sous la torture!

Il se présenta et tendit la main à la jeune femme blonde qui la serra presque avec émerveillement.

- J'ai beaucoup entendu parler de vous. Le docteur Frasier vous avait en haute estime.

- Nous avons appris pour Janet… je suis vraiment désolé!

- Merci, répondit la militaire, un voile de tristesse assombrissant son regard couleur saphir.

Rodney toussota au moment précis où un ange passait, ce qui lui valut un regard noir de la part de Carson. Carter, elle, avait parfaitement compris où le scientifique voulait en venir. Elle croisa les bras sur sa poitrine et le toisa du regard.

- Je présume que vous voulez votre dû…

- Puisque vous en parlez…

La militaire marmonna quelque chose comme « allons-y, finissons-en » et s'avança pour enlacer le canadien. Lentement, avec réticence, elle approcha ses lèvres de celles de McKay pour enfin acquitter sa dette. Carson regardait son amant avec horreur, n'en croyant pas ses yeux. Mais il savait l'importance que cela avait pour l'ego de Rodney. Et ce n'était qu'un baiser, après tout… n'est-ce pas?

Mais, alors que Carson ne s'y attendait plus, McKay arrêta la jolie blonde dans son geste en posant son index sur les lèvres charnues et invitantes de la jeune femme.

- Je suis conscient que vous avez une envie folle de me sauter dessus, colonel… mais je suis déjà avec quelqu'un… sincèrement, Sam, je suis profondément désolé, conclut le scientifique en prenant un air attristé des plus crédibles.

La jeune femme se figea une fraction de seconde, le temps que son brillant cerveau assimile ce que le scientifique venait de lui dire. Réalisant qu'il s'était moqué d'elle depuis le début, elle plissa les yeux et pointa le canadien d'un doigt accusateur.

- Je vous promets que vous allez me le payer, docteur McKay! menaça-t-elle.

Après un regard embarrassé pour l'illustre médecin, la militaire partit précipitamment les pommettes légèrement rosies. Rodney la regarda s'éloigner avec un sourire satisfait.

- Je pense que voir la tête qu'elle a fait… ça valait décidément plus que n'importe quel baiser! Non? renchérit-il en se tournant vers l'écossais qui était totalement médusé.

Pour toute réponse, Carson plaqua fougueusement le scientifique au mur et s'empara avidement de ses lèvres jusqu'à ce que le manque d'air l'oblige à lâcher sa proie.

- Wow! Que me vaut ce soudain élan de passion?

- Je n'en reviens pas! Rodney, tu viens de dire non à ton plus grand fantasme!

- Que sais-tu de mes fantasmes? demanda le scientifique avec un air indéchiffrable avant de reprendre la direction de l'infirmerie.

Carson resta coi un instant, ne sachant comment interpréter les paroles de l'homme qu'il aimait. Il se décida finalement à aller le rattraper.

- Que veux-tu insinuer?

- Qu'il y a autre chose que les jolies blondes qui me fait fondre.

- Il y a vraiment quelque chose qui bat Samantha Carter, une jolie femme, militaire, très intelligente et inaccessible de surcroît?

- Je sais, je suis étrange…

- À qui le dit tu!

Rodney lui lança un regard signifiant « tu ne devrais pas parler autant, sinon… ».

- Désolé… tu disais? répondit Beckett en retenant difficilement un fou rire.

- Je disais que je suis bizarre parce que j'ai une drôle d'attirance pour les blouses blanches…

Carson ne put que lever un sourcil peu convaincu, car les deux amants venaient d'arriver à l'infirmerie.

- Comme ça, chuchota Rodney en pointant un jeune infirmier aux traits fins.

Le médecin lui lança un regard assassin auquel le scientifique répondit par un sourire fendu jusqu'aux oreilles. Vous le savez sans doute, comme Murphy l'a si bien prédit, si quelque chose peut aller encore plus mal, soyez assuré que ça ira plus mal. C'est ainsi que, pour confirmer la règle, ce fut précisément ce beau jeune homme qui prit McKay en charge lorsque ce fut à son tour de passer un examen médical complet. Beckett, qui se faisait ausculter tout près, faillit s'étouffer lorsqu'il entendit Rodney susurrer à l'infirmier qu'il était « très doux » et qu'il avait « de vraies mains d'expert ».

C'est pourquoi, en sortant de l'infirmerie, l'écossais agrippa son scientifique préféré par le col de sa chemise et l'attira dans l'ascenseur.

- Quoi? demanda innocemment le canadien.

- Tu essaies de me rendre jaloux.

Il s'agissait bien plus d'une affirmation que d'une question.

- Et ça marche?

Le médecin lâcha un soupir exaspéré.

- Ça marche, conclut Rodney, fier de lui en appuyant sur le bouton de l'étage où ils devaient se rendre.

Après plusieurs secondes de silence, le scientifique remarqua du coin de l'œil que son amant trépignait sur place de façon nerveuse. Finalement, Beckett laisser échapper un petit cri de frustration.

- Ça me rend fou, oui!

Rodney réprimait le sourire satisfait qui voulait étirer ses lèvres habituellement pincées en permanence, lorsque Beckett arrêta l'ascenseur. Le scientifique lui lança un regard interrogateur.

- Tu le fais exprès.

- Quoi?

- Tu me rends jaloux pour me faire réagir parce que tu sais pertinemment que je ne peux pas rester de marbre.

- Pas du tout…

- Tu mens très mal, Rodney.

Le susnommé Rodney émit un « hum » sec, puis croisa les bras sur sa poitrine et tourna le dos à son amant.

- Fais attention, car je sais jouer à ce petit jeu moi aussi…

Puis, Carson appuya sur le bouton de remise en marche de l'ascenseur et entra dans un mutisme impénétrable.