Je sais, je viens à peine de poster le chap 10, mais bon, j'avais pas envie d'attendre. Après tout, vous avez déjà eu la fin…
: Journal des Reviewers :
Aelin Ueal : Quoi donc ? Tuer des persos ? Ca tombe bien, j'ai un peu tendance à le faire dans mes fics… XD
Shye Yun : Ouf, j'ai conscience que la fin peu ruiner une fic, ça me rassure d'apprendre ça ! Kiss et merci !
Dealo : Rooooh… Pauvre Hisoka qui n'a rien demandé et toi, tu es contente qu'il souffre… XD C'est vrai que je l'ai fait un peu faible, mais comme je le disais, c'était surtout pour créer des situations. XD Kiss et merci !
Enfin la fin. Courte. Savourez.
Epilogue ∽ Hitori janai ∽
Enma-Cho, 10h34.
C'était le même ciel bleu de printemps, le même soleil pâle aux doux rayons d'or, le même rose dragée qui colorait les fleurs de cerisiers en pleine floraison. Une poussière parfumée tourbillonna dans une allée qui s'en allait entre les arbres. Une neige de pétales pleuvait dans l'air à mesure que le vent secouait les branchages fleuris. Cet ensemble de couleurs tantôt douces tantôt lumineuses procurait un effet apaisant sur la personne qui se promenait seule au milieu des allées de cerisiers.
Tsuzuki avait délaissé son habituel manteau noir pour juste garder sa chemise blanche déboutonnée sur le haut et retroussée aux manches afin de savourer pleinement la douceur de la journée. Les mains dans les poches de son pantalon, le shinigami se taisait face au spectacle paisible que la nature lui présentait pour adoucir son cœur entaché par la mélancolie. Il ferma les paupières et offrit son visage à une caresse de vent piqueté de pétales de fleurs. Etait-ce elle qui venait le saluer ?
Cela faisait déjà deux jours que l'affaire de l'ikiryô avait été bouclée. Tsuzuki avait même été félicité par son chef car il avait –pour une fois- réussi à achever une mission sans explosion et bâtiments en ruines. Le traintrain de sa vie d'employé de l'Enma-Cho avait repris aussi ennuyeuse et harassante que jamais et pourtant, le Tsuzuki gaffeur et fainéant avait laissé sa place à un Tsuzuki plus discret et au sourire en demi teinte.
La vie continuait, il n'avait fait que son travail, certes, il savait déjà tout cela. Seulement, il ne pouvait pas s'empêcher de penser à Yasuko et de la regretter.
Cette fille… Elle était un peu la personnification de son propre passé, passé qu'il aurait aimé sauver. C'était sans doute pour cela qu'il avait développé en si peu de temps une profonde affection pour cette jeune fille. Il l'avait écoutée et soutenue comme il l'avait pu, mais il ignorait si cela avait été suffisant. L'avait-il réellement soulagée en lui donnant la mort ?
Tsuzuki écarta ses doigts et un pétale vint se loger au creux de sa paume pour repartir dans sa course folle la seconde d'après.
- Tu étais donc là ? fit une voix posée derrière lui.
L'homme se retourna et vit Hisoka qui s'avançait vers lui d'un air bougon.
- On te cherche depuis des heures.
- Ah…Désolé, s'excusa-t-il avec un sourire embarrassé. Je n'ai pas vu l'heure passer.
Hisoka inspecta son ami des yeux d'un air qui ne prenait pas. Il le connaissait à force, lui et ses faux sourires qui vous disaient que tout allait bien alors qu'il n'en était rien.
- Tu penses encore à Yasuko ?
Tsuzuki baissa les yeux et hocha la tête avec son expression rassurante. Il s'excusa auprès de son partenaire pour sa faiblesse d'esprit, mais ses sentiments demeuraient parfois vraiment trop humains pour un shinigami. Trop s'impliquer personnellement n'était jamais bon, c'était même lui, Hisoka, qui le lui avait rappelé. C'était hélas plus fort que lui. Il voyait un autre sang mêlé à ceux qui souillaient ses mains depuis des années, celui de Yasuko. Se répéter que c'était la seule solution et qu'elle était d'accord ne suffisait pas à ôter de son esprit l'idée d'avoir encore pris une vie avant son heure.
Hisoka l'écouta sans un mot, conscient du mal-être qui habitait Tsuzuki. Lui, il était là, près de lui, non ? Mais cela n'était pas assez pour aujourd'hui. Son passé avait été touché de trop près pour que sa présence suffise.
Il soupira.
- Vraiment… Dis-lui que tu ne lui en veux pas sinon, il va encore nous faire une déprime…
- Hé ?
Tsuzuki ne comprit pas jusqu'à ce qu'il suive le regard du jeune homme qui fixait quelque chose derrière son épaule. Il fit volte face et eut la surprise de découvrir Yasuko qui s'approchait d'eux de l'autre côté de l'allée.
La jeune fille était très jolie dans sa robe blanche à fines bretelles qui soulevait ses voilages opaques dans son dos comme deux immenses ailes d'ange. Elle avait retenu ses longs cheveux noirs en une tresse nouée d'un ruban et souriait d'un air radieux aux deux jeunes hommes qui la regardaient.
- Yasuko… murmura Tsuuki quand elle s'arrêta juste en face de lui.
- Bonjour, Tsuzuki-san. A toi aussi, Hisoka-san.
Sa voix était légère, presque chantante ; rien à voir avec celle rauque ou suppliante que Tsuzuki lui connaissait. Il la dévisagea sans rien dire et la laissa lui sourire avec gratitude.
- Cessez vos tourments, je vous en prie, lui demanda-t-elle avec douceur. Grâce à vous, je connais enfin la paix. Je ne regrette rien.
L'effet sembla fonctionner car l'homme lui sourit en retour.
- Tu es heureuse, là-bas ? Tu ne te sens pas seule ?
- Tout va bien, assura la jeune fille. C'est un très bel endroit. Hisoka-san a fait des pieds et des mains pour obtenir une autorisation spéciale afin que je puisse venir…
Tsuzuki se tourna vers le jeune homme qui regardait ailleurs pour éviter de l'affronter en face. Il était très touché par ce geste. Il aurait aimé remercier Hisoka mais celui-ci gardait obstinément la tête à l'opposé de lui. C'était tout lui, ça, à ne pas aimer qu'on lui fasse des compliments. Sacré Hisoka !
La voix de Yasuko le ramena à la réalité :
- Il ne me reste que peu de temps, mais je ne veux pas repartir tant que je ne suis pas sûre que vous cesserez de vous en vouloir, prévint-elle avec un index faussement accusateur.
Tsuzuki voulut lui répondre que quelque part, il s'en voudrait toujours un peu mais Yasuko ne lui en laissa pas le temps et vint lui enlacer la taille tendrement et posa sa tête contre sa poitrine.
- Je vais vous dire ce que je garde… confia-t-elle en fermant les yeux. Je ne vois ni Tsuzuki-sensei ni Tsuzuki le shinigami. Non. Moi, je garde simplement l'image d'un homme bon, généreux et sensible qui est venu me parler et me réconforter. Cet homme a ses faiblesses et ses noirceurs, mais le visage qu'il vous présente est celui d'une personne formidable. J'aime cette personne et je la remercie du plus profond de mon âme.
Il était incapable de parler tant ces mots lui faisaient du bien. Chaque syllabe venait s'imprégner dans sa peau pour se graver dans son cœur et n'en jamais ressortir. Il ferma les yeux à son tour et serra à son tour Yasuko dans une étreinte fraternelle douce et protectrice. Elle était si chaleureuse par rapport à la dernière fois où il l'avait touchée. Son pardon venait de lui être accordé, cela lui convenait. Son âme était allégée par ces quelques phrases simples mais ô combien soyeuses à l'oreille.
Ils restèrent ainsi un court moment pendant lequel les pensées cessèrent et où juste le toucher comptait. Puis, Yasuko se sépara de Tsuzuki et s'amusa à orner la poche de sa chemise d'une fleur de cerisier et lui parla à voix basse.
- Vous avez été ma main salvatrice, Tsuzuki-san. Mais n'oubliez pas que certaines personnes donneraient plus que leur main pour vous tirer de votre propre océan douloureux.
Elle eut un petit rire amusé, très satisfaite de son petit embellissement floral puis serra une dernière fois la main de Tsuzuki dans les siennes.
- Je ne vous oublierai jamais tous les deux. Bonne chance pour la suite et courage.
Yasuko lui sourit une toute dernière fois puis son image devint de plus en plus transparente et ses mains perdirent de leur chaleur pour s'évanouirent dans les airs. La jeune fille se délaya dans une pluie de pétales et il ne resta plus que d'elle son souvenir dans la mémoire des deux shinigamis.
- Adieu, Yasuko, souffla Tsuzuki en souriant au ciel.
Il se retourna.
- … et merci, Hisoka.
L'adolescent préféra encore concentrer son attention sur l'arbre voisin et sur ce rose qu'il voulait retenir de monter sur ses joues. Il n'aimait pas quand il le regardait comme ça, il avait l'impression d'être un gamin. Et puis, il n'avait pas fait grand-chose. Ce n'était qu'un petit service de rien du tout.
- Humph. J'en avais marre de voir ta tête de chien battu à longueur de temps.
Son coéquipier se retint tant bien que mal de lui dire qu'il était vraiment un garçon bien. Voir Hisoka rougir et balbutier l'ordre d'arrêter de dire n'importe quoi aurait été son ultime petit plaisir. Cependant, il ne put rien faire car Hisoka venait de lui attraper le poignet pour l'entraîner vers les bâtiments en lui annonçant que Tatsumi lui avait racheté des pâtisseries pour se faire pardonner de la vacherie de la dernière fois. Il valait mieux se dépêcher s'il voulait espérer se mettre une part de tarte aux pommes de côté.
D'abord interloqué, Tsuzuki laissa un doux sourire éclairer son visage puis baissa les yeux sur la petite main aux doigts effilés qui peinait à faire le tour de son poignet. Il remonta le long du bras, des fines épaules puis à la chevelure blonde cendrée qui brillait vivement sous les rayons du soleil.
Il ferma les yeux.
- Moi, sa main, elle me suffit.
FIN
A y est… C'est la fin. Je suis assez contente de ma première fic sur YNM, je pense avoir atteint le juste milieu des genres. Après, c'est à vous de voir !
Merci aux lecteurs et à ceux qui m'ont laissé des reviews, j'espère vite vous revoir !
Ja ne !
