Disclaimer : La série, les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas. De plus, je ne retire aucun salaire de ces écrits. Je ne fais que satisfaire mon esprit tordu de fan :0P (en espérant que d'autres personnes apprécient et se divertissent ;0).
Rating : Cette fic est classée M et c'est un slash. Vous êtes prévenu(e)! ;0)
Note de l'auteure : Je crois que ce chapitre-ci est le plus long... J'espère que vous l'aimerez que vous le prendrez avec l'humour que j'ai tenté d'y glisser!
Enjoy :0)
Chapitre 7 : La saison des amours
Cela faisait maintenant quatre heures que John faisait faire un tour de la ville à Teyla. La jeune Athosienne s'extasiait devant tout ce qu'elle voyait, sa capacité d'émerveillement semblant sans limites! Avec le flot de questions qui s'abattait sur lui, le militaire devait faire un effort pour préserver un minimum de sens dans ses propos et ne pas s'emmêler les pinceaux dans ses réponses.
- Teyla, je vous en prie, n'ouvrez plus la bouche pendant une minute entière. Vous m'épuisez…, intervint Sheppard avec une mine déconfite face à la brunette qui s'apprêtait à poser sa dix millième question de la journée.
Un sourire moqueur effleura les lèvres de la jeune femme et elle consentit ce répit à son guide. Pour s'occuper, elle épia le décor qui défilait à toute allure grâce à ce formidable moyen de transport que les terriens appelaient « voiture ». En fait, comme John lui avait expliqué, ils se trouvaient présentement dans une « limousine ». Elle allait à nouveau poser une question sur ce sujet, mais elle se retint en posant le bout de ses doigts sur sa bouche, ce qui fit rire le militaire.
- Vous avez l'air d'une gamine.
- Est-ce un compliment?
- Oui.
Leurs yeux se soudèrent en un regard intense. Puis, tout à coup, le regard café de la jeune femme se troubla et elle ne put soutenir le regard du militaire plus longtemps.
- Qu'est-ce qu'il y a? l'interrogea Sheppard en fronçant les sourcils.
Avait-il fait quelque chose qu'il ne fallait pas?
Hésitante, Teyla leva les yeux vers lui. Une étrange lueur brillait dans son regard… un mélange de mélancolie et de doute, ce qui était inhabituel pour la jeune femme qui affichait toujours une sérénité à toute épreuve.
- Lorsque vous étiez infecté du rétrovirus Wraith, pourquoi m'avez-vous embrassé? demanda-t-elle à brûle-pourpoint.
Mal à l'aise, le militaire toussota et détourna le regard.
- Je vous en prie, John, j'ai besoin de savoir.
L'interpellé tripota nerveusement la fermeture éclair de sa veste, cherchant à éviter le sujet. Mais la jeune femme n'allait pas le laisser s'en sortir aussi facilement. Cette fois-ci, elle aurait les réponses qu'elle attendait depuis si longtemps. Ce n'est pas qu'elle avait attendu ce moment précis pour piéger John… voyons, qui irait croire une telle chose?!
N'ayant aucune échappatoire, Sheppard se résolut à se confesser.
- Parce que toutes mes inhibitions avaient disparu, murmura-t-il sans regarder la jeune femme.
- C'était donc parce que vous en aviez envie?
- Oui…, chuchota-t-il d'une voix presque inaudible, tiquant légèrement en redoutant la réaction de Teyla.
Lui qui, habituellement, était un véritable tombeur, perdait tous ses moyens devant cette superbe jeune femme à l'esprit vif et combattant.
- John… regardez-moi…
Sheppard eut tout juste le temps d'obéir que les lèvres douces et chaudes de Teyla se posaient sur les siennes. D'abord surpris, il fut incapable de faire le moindre geste. Prenant cela pour un signe négatif, l'Athosienne s'écarta brusquement en s'excusant.
- Non, ne sois pas désolée… au contraire…, intervint le militaire d'une voix rauque avant de venir à son tour s'emparer de la bouche de la brunette.
Étrangement, à ce moment, il eut une pensée pour Rodney. Il comprenait pourquoi le scientifique était allé vers Carson, malgré leur histoire. Il venait de saisir l'ivresse de la profondeur des sentiments quand l'on ressentait lorsque l'on trouvait LA bonne personne. Certes, avec McKay, cela avait été intense et… différent! Mais avec Teyla, un simple baiser chamboulait son équilibre, modifiait ses perceptions et le faisait exploser de joie.
Constatant la nouvelle vitalité de son compagnon, Teyla ne put s'empêcher de sourire, malgré le baiser enflammé du militaire.
- Quoi? demanda John, le sourire de la jeune femme ayant entraîné le sien.
- Maintenant c'est toi qui as l'air d'un enfant…
- J'ai toujours l'air d'un gosse, se défendit-il en allant de nouveau cueillir un baiser.
- Ce n'est pas faux…, acquiesça la brunette lorsque le militaire lui donna une seconde de répit.
- Est-ce un compliment?
- Oui.
John sourit et se déplaça vers l'avant de la limousine. Il toqua à la vitre teintée et le conducteur la baissa.
- Oui, monsieur?
- Chauffeur, changement de direction! Nous allons à l'hôtel Hilton.
- Bien, monsieur.
- Merci.
- Qu'est-ce qu'un hôtel? demanda l'Athosienne lorsque la fenêtre fut de nouveau fermée.
Le militaire roula des yeux en riant de bonne foi. Puis, il retourna s'asseoir à côté d'elle.
- J'ai tenu ma promesse, je n'ai rien demandé pendant une minute entière.
- D'accord, d'accord, je m'avoue vaincu! s'amusa Sheppard en levant les mains en signe de reddition. Un hôtel est un endroit où les gens logent temporairement lorsqu'ils sont loin de chez eux.
- Oh! Un gîte!
Le militaire haussa les épaules, signifiant que pour lui, c'était la même chose. Les secondes s'égrenèrent sans qu'aucun des deux ne prononce un mot quand, tout à coup, Teyla se tourna vers Sheppard, une lueur de compréhension venant de s'allumer dans son regard.
- Pourquoi m'amènes-tu dans un hôtel? demanda-t-elle en haussant un sourcil.
Un énorme sourire naquit sur les lèvres du militaire.
- Parce que c'est un merveilleux endroit touristique.
- Bien sûr…
- Bah quoi, ce n'est pas pour rien que des milliers de gens les visitent à chaque année.
- Hum, hum…, acquiesça la jeune femme, toujours peu convaincue, mais s'amusant de la situation.
- On peut toujours retourner à la base, si tu préfères.
- Et je ne verrais pas le plus beau lieu de la planète Terre? Jamais.
La fausse conviction de la jeune femme fit sourire John. Comment avait-il pu ne pas la remarquer avant? Certes, il l'avait trouvé très séduisante dès leur première rencontre. De plus, elle dégageait une telle vivacité, une telle paix et une telle féminité. Pourquoi ne s'était-il pas rendu compte avant qu'il l'aimait et que c'était réciproque? Après tout, la moitié d'Atlantis semblait déjà le savoir, alors que lui avait eu l'air d'un abruti. Bravo pour la réputation de tombeur qu'il appréciait entretenir!
Son téléphone portable raisonna, interrompant son flot de pensées. D'ailleurs, où avait-il été le mettre ce foutu cellulaire? Lorsqu'il le trouva finalement, perdu au fin fond de son sac à bandoulière, il devait bien avoir hurlé dix sonneries. Ce devait être vraiment important pour que la personne à l'autre bout du fil soit si tenace.
« Sheppard. »
« Lieutenant-colonel John Sheppard? », demanda une voix inconnue.
« Lui-même. Que puis-je pour vous? »
« Vous êtes demandé de toute urgence au SGC. Je ne peux vous fournir plus de détails au téléphone, mais il s'agit du docteur Rodney McKay. »
« Quoi? Qu'est-ce qu'il a? Est-ce qu'il va bien? »
« Monsieur, je ne peux pas vous en dire plus… Il s'agit d'informations confidentielles. Vous serez briefé sur place. »
« Bien. Nous devrions arriver dans un quart d'heure. »
« Nous vous attendons avec impatience, monsieur. Au revoir. »
Le militaire n'eut même pas le temps de retourner la formule de politesse que son interlocuteur avait déjà raccroché. Il se précipita à nouveau à l'avant de la limousine et donna la nouvelle direction au chauffeur, en précisant que c'était extrêmement urgent.
- John, que se passe-t-il?
- Je n'en sais rien. Ils m'ont simplement dit que ça concernait Rodney.
Un pli soucieux apparu au milieu du front de l'Athosienne lorsqu'elle fronça les sourcils. Trop de choses arrivaient à son ami en un laps de temps si court… ce n'était certainement pas normal!
o0O0o
Ils arrivèrent finalement au SGC après dix interminables minutes. La voiture n'était pas encore immobilisée qu'ils s'élançaient déjà vers le poste de garde, où ils s'identifièrent avant de s'engouffrer dans l'ascenseur.
- Nom de Dieu, ils ne peuvent pas construire des engins allant plus vite, maugréa le militaire.
- Tu es trop habitué à la vitesse de la lumière, se moqua Teyla pour tenter de détendre l'atmosphère.
Et John lui en fut reconnaissant. Il sourit et déposa un baiser sur son front. Cette femme avait un pouvoir apaisant, c'était certain. Finalement, les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et les deux Atlantes furent accueillis par un infirmier et le colonel Carter. Ils se saluèrent d'un signe de tête et prirent immédiatement la direction des quartiers des visiteurs.
- Le docteur McKay semble en pleine crise, commença le jeune homme.
- Quel genre de crise? Si vous nous avez fait déplacer pour un épisode d'hypoglycémie, je vous jure que je vous tire une décharge paralysante sur le champ.
- Est-ce que l'on vous aurait dérangé? se moqua Samantha.
Les joues de Teyla prirent une adorable teinte rosée et elle détourna le regard. Voyant que ni John ni son amie ne semblaient vouloir rajouter quelque chose, la militaire décida de poursuivre les explications avant qu'ils n'arrivent à la chambre du scientifique.
- En fait, McKay semble plutôt dans un état second, comme s'il était fou et se parlait à lui-même.
John fronça les sourcils, se souvenant de la petite voix extra-terrestre que Rodney entendait après s'être fait piquer par une mouche sur P6X quelque chose. Pourtant, Carson leur avait assuré que le gène s'était résorbé. S'était-il trompé?
- Sans compter les crises d'angoisse et celles de colère qui se succèdent.
- Ça, c'est le Rodney que je connais!
L'infirmier et la militaire lui jetèrent un regard incrédule. Si ça, c'était le Rodney McKay de tous les jours, ils étaient heureux de ne pas travailler sur Atlantis!
Finalement, ils arrivèrent devant une porte d'un gris à peine plus foncé que le mur. Rien d'extraordinaire.
- Tentez de le raisonner… sans vous faire blesser, conclut Carter avec un petit sourire.
- Merci, répondit John avec un air semblant dire « vous êtes dérangée ou quoi? On parle de McKay : même s'il le voulait, il ne serait pas capable d'assassiner un raton-laveur! ».
Les deux Atlantes passèrent finalement le seuil de la porte, qui se referma derrière eux en un claquement sec, comme si on les condamnait à leur sort. John et Teyla échangèrent un regard d'incompréhension, puis se tournèrent vers leur ami qui était sagement assis sur son lit. Cependant, dès que leurs regards se posèrent sur lui, le scientifique se leva brusquement et se tourna vers le militaire et l'Athosienne, un air franchement rapace peint sur le visage.
- John…, murmura le canadien d'une voix à peine reconnaissable.
- Rodney…, répondit l'interpellé d'une voix prudente.
- Et Teyla, renchérit le scientifique en braquant son regard étrangement sombre sur la jeune femme.
- On nous a avertis que vous n'alliez pas bien, docteur McKay, expliqua la brunette.
Les épaules du canadien se secouèrent en un rire muet.
- Pourquoi j'irais bien? Ou mal?
- Rodney, vous êtes bizarre…
- Je l'ai toujours été. N'est-ce pas, John?
Subitement, le scientifique s'approcha du jeune couple et se mit à humer l'air autour d'eux.
- Pas à ce point…, répliqua Sheppard en regardant Rodney comme s'il avait complètement perdu l'esprit.
- Vous empestez les phéromones sexuelles…, murmura le scientifique avec un demi-sourire.
Puis, il s'éloigna de ses amis et fit claquer sa langue en les pointant d'un doigt accusateur.
- Vous ne devriez pas venir ici dans cet état…
- C'est une menace? se moqua John.
- Pourquoi? voulut savoir Teyla, nettement plus sérieuse que son comparse à ce moment.
Aussi imprévisible qu'un oiseau de proie, Rodney fondit sur Teyla et la plaqua au mur de béton, la retenant par les poignets.
- Parce que je suis incapable de me contrôler en ce moment!
À nouveau, McKay renifla la peau de la jeune femme.
- Humm… un doux effluve de peur. Pourquoi me craigniez-vous, Teyla? Je ne vais pas vous manger… quoique…
- Ça suffit, Rodney, tu vas te calmer, s'interposa Sheppard en empoignant son ancien amant par le bras et en l'éloignant de la jeune femme.
- Je rêve ou tu es jaloux, John? s'amusa le scientifique. Si ça te manque tant que ça, je peux sauter sur toi à la place… tu sais, je ne fais pas de favoritisme.
Le regard bleu océan de McKay passa de la jeune femme au militaire. Ce dernier croisa alors le regard interrogateur de Teyla et comprit que le scientifique en avait trop dit.
- Rodney, cesse de dire n'importe quoi. Tu n'es pas toi-même en ce moment.
- Tu as remarqué?
Cette fois-ci, Rodney éclata d'un rire franc, mais dépourvu d'émotion.
- Tu veux savoir pourquoi?
- Oui. Dis-moi comment t'aider Rodney.
- Tu sais, ma gentille petite amie la mouche... elle n'est pas partie. Bien au contraire, la petite futée s'est introduite dans mon code génétique.
- Ça, on le sait déjà. Dis-moi quelque chose d'utile.
- Décidément, tu ne comprends rien, vociféra le scientifique en colère. Elle est en moi… mon ADN l'a assimilée! Elle et moi ne faisons plus qu'un maintenant.
- Comment est-ce possible? intervint Emmagan.
- Vous voulez m'aider?
- C'est ce qu'on s'évertue à faire depuis le début, se renfrogna le militaire.
- Il est adorable quand il fait cette bouille, n'est-ce pas? sourit le scientifique en s'adressant à Teyla.
- On s'écarte du sujet…, intervint le militaire en lançant un regard insistant à McKay.
- Si on ne peut plus s'amuser…
Nouveau regard intense de la part de Sheppard.
- La seule chose… disons logique, que vous pourriez faire pour moi en ce moment, c'est de contacter Carson et de lui dire de ramener ses jolies petites fesses ici et en vitesse!
- Pourquoi Carson? Il y a des médecins très compétents au sein du SGC.
- Qui a dit que c'était d'un médecin dont j'avais besoin? répliqua McKay en lui décochant un regard sans équivoque.
- Oh…
- Oh, quoi? s'énerva Teyla qui ne comprenait rien à l'échange silencieux des deux terriens.
- Je vais devenir complètement fou, gémit Rodney. Si personne ne fait rien, je jure que je vais sauter sur la première chose vivante et sexuée que je verrai… est-ce que c'est plus clair, Teyla?
- Oh… oui.
Le scientifique la gratifia d'un sourire crispé. Un silence gêné que personne ne désirait briser s'installa alors.
- Vous attendez que je perdre vraiment le contrôle ou quoi? s'impatienta le canadien.
- Oh… euh… non. On va tenter de contacter Beckett dans les plus brefs délais.
- C'est trop aimable…
John et Teyla quittèrent la chambre de Rodney et retrouvèrent l'infirmier et le colonel Carter dans le couloir. Ils attendaient visiblement des réponses.
- C'est plus grave que je ne le croyais, répondit Sheppard. On a besoin de Carson.
Et sans plus d'explications, il quitta précipitamment le petit groupe. Mal à l'aise, Teyla se décida finalement à le rejoindre, après un signe de tête pour les deux terriens.
Samantha laissa échapper un soupir exaspéré. L'infirmier haussa les épaules.
- Vous aurez sans doute plus de réponses en allant le voir vous-même, suggéra l'infirmier au colonel Carter.
- C'est ce que je me disais…, confirma la jeune femme en pénétrant dans les quartiers du scientifique, non sans avoir toqué.
Rodney, qui avait pris place à son bureau pour tenter de se changer les idées en écrivant un rapport supposé être très ennuyant, releva la tête.
- Entrez. Oh, bonjour colonel Carter, quel bon vent vous amène, débita-t-il, sarcastique.
Cette femme se croyait-elle tout permis? Ce n'était absolument pas le moment de venir le déranger.
- Bon, McKay, je veux une réponse franche : qu'est-ce qui vous arrive? demanda-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
Un sourire éclaira les traits crispés du scientifique et la militaire crut voir ses pupilles devenir plus foncées.
- Sheppard n'a rien voulu vous dire.
- Non, en effet.
- Alors, il ne vous a sans doute pas avertie qu'il valait mieux ne pas me déranger.
- Oh, ne faites pas le snobinard.
- Non, ce que je veux dire, c'est qu'il est dangereux d'être en ma présence en ce moment…
Et comme pour prouver ses dires, le canadien s'avança vers elle, lentement… très lentement… lui donnant un air menaçant.
- Savez-vous de quelle couleur est votre aura? demanda le scientifique.
- Quoi?! répliqua la jeune femme, un sourire moqueur voulant s'imposer sur ses lèvres.
- Elle est bourgogne… mais très pâle, presque transparente… Représentant tout à fait votre côté féminin, mais sans oublier celui de guerrière…
Doucement, Rodney fit glisser sa main à quelques centimètres du corps de la jeune femme, caressant une enveloppe que lui seul voyait. Sceptique, la militaire sursauta lorsqu'un irrépressible frisson la parcourut.
- Mais, qu'est-ce que…
- Vous n'auriez pas dû venir…
McKay continua à avancer vers Carter, qui se sentit tout à coup menacée par le scientifique pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Il dégageait une telle impression de colère et de confiance en lui. Habituellement, il était le pire des arrogants, mais il semblait inoffensif. Le cœur de Carter s'emballa alors que son dos rencontrait le mur de béton.
- Pourquoi êtes-vous venue? gémit McKay. Vous savez pourtant que je n'ai jamais pu résister à votre charme.
- Vous l'avez fait l'autre jour, lors de votre retour sur Terre, tenta-t-elle de le raisonner.
L'image du visage angélique de Carson s'imposa dans l'esprit de Rodney. Il ferma les yeux en serrant les poings, qu'il écrasa sur le mur de chaque côté de la jeune femme. Samantha écarquilla les yeux en constatant que les mains du scientifique s'étaient enfoncées de quelques centimètres dans le béton. Les larmes emplirent alors les yeux de McKay. Mais ce n'était pas des pleurs de douleur, mais bien de frustration. Il ne pouvait pas être infidèle à l'homme qu'il aimait, mais il se sentait perdre la tête face à cette tentatrice collée à lui.
- Partez! hurla-t-il en s'éloignant brusquement du colonel.
- Rodney, dites-moi comment…
- Sortez d'ici! rugit-il en se tournant vers la militaire récalcitrante.
Carter vit alors que ses yeux étaient devenus entièrement noirs et partit sans demander son reste. Elle avait à peine fermé la porte qu'elle entendit un déchirant hurlement dans lequel se mêlaient frustration et douleur. À ce moment, le mur de béton explosa en milliers de débris. Samantha se jeta sur le côté et se couvrit le visage pour se protéger. Lorsque tout sembla s'être calmé, la jeune femme se releva péniblement, elle s'avança vers l'ouverture laissée par l'explosion et vit Rodney au milieu de la pièce, reprenant difficilement son souffle.
- Il avait besoin d'évacuer sa frustration…, tenta d'expliquer l'infirmier qui était aussi venu voir ce qui s'était passé.
Samantha lui jeta un regard incertain et pria pour que Sheppard ramène le docteur Beckett le plus rapidement possible!
o0O0o
Pendant ce temps, ignorant tout des dégâts causés par le scientifique, John était dans le bureau du général, en pleine discussion avec le médecin.
« Comment ça, Rodney ne va pas bien du tout? », répéta l'écossais, à l'autre bout du fil, la voix teintée de reproches. « Vous ne lui avez quand même pas donné du citron? Est-ce que vous vous assurez qu'il mange au moins? »
« Carson… », soupira le militaire, exaspéré. « Je vous parle de problèmes… disons, moins normaux. »
« Oh! Ce genre de problème. »
« Oui… »
« D'accord, je prends le premier vol pour les États-Unis. »
« Inutile. Je vais venir vous chercher en hélicoptère. »
« Vous êtes sûr que c'est sécuritaire? »
« Je sais piloter… vous savez quoi… et vous avez peur de me voir aux commandes d'un vulgaire hélico?! », s'étonna le militaire.
« J'ai une plus grande confiance en la technologie de… vous savez qui. »
« Cessez de faire l'enfant, il s'agit de Rodney quand même! »
« D'accord, d'accord! Ne commencez pas à me faire culpabiliser, John. »
« J'aime mieux ça! J'arrive dans douze heures, préparez-vous. »
« Si tôt! », se plaignit le médecin en jetant un regard à sa mère, occupée à préparer du thé – à la cannelle, sa saveur préférée.
Le médecin était déchiré. Il adorait sa mère et il voulait passer du temps avec elle ; il ne l'avait pas vu depuis une éternité! Mais il ne pouvait pas non plus ignorer le fait que son amant avait besoin de lui en ce moment.
« Disons que c'est très urgent… »
« Oh… bon, d'accord, je vous attends. »
« Parfait. Au revoir. »
« Bye. »
Beckett soupira en raccrochant le téléphone. Sa mère se tourna vers lui, une tasse de thé à la main et le découvrit soucieux.
- Ça va, mon chéri?
- Presque, répondit son fils avec un sourire navré.
- Un problème à ton travail?
- Oui, c'est Rodney, il a un problème d'ordre médical et…
- Et ils veulent le meilleur… c'est compréhensible, le coupa sa mère avec un sourire apaisant.
- Tu es la meilleure, sourit Carson en enlaçant sa mère et en déposant un baiser sur le dessus de sa tête.
- Mais je veux que tu me promettes de venir me voir plus souvent… Presque trois ans, c'est très long pour une pauvre mère.
- Oh oui, c'est certain!
- Et promets-moi aussi de me présenter ce cher Rodney, un jour.
- Dès que je l'aurai convaincu…, s'amusa le médecin.
- Dis-lui que je ne le mordrai pas.
- Peut-être, mais l'inverse serait possible.
La mère de Carson rit de bon cœur en couvant son fils d'un œil attendri.
- Je dois aller préparer mes affaires, je pars dans moins de douze heures, avertit l'écossais en embrassant sa mère sur la tempe.
Madame Beckett regarda son fils quitter la cuisine. Émue, ses yeux se remplirent de larmes. Son garçon était devenu un homme merveilleux, aussi vertueux que son défunt père. Toujours prêt à aider les autres, il avait la main sur le cœur et il n'hésitait pas à faire des sacrifices pour ceux qu'il aimait. Elle était très fière de son enfant.
o0O0o
Moins de vingt-quatre heures après avoir reçu l'appel de John, le médecin était dans l'ascenseur le menant à un des étages souterrains où Rodney était apparemment retenu dans une cellule d'isolement.
- Je ne comprends décidément pas comment vous avez pu en arriver à ce stade en si peu de temps, se désola l'écossais.
- Vous vous le demandez? s'amusa John, qui savait décidément quelque chose de plus que Carson.
Le militaire lui fit signe de le suivre, ce que le médecin fit avec un regard rempli d'interrogations. Sheppard l'emmena dans les quartiers des visiteurs et, plus précisément, à la chambre que Rodney avait occupée. Il lui pointa ensuite le trou dans le mur de béton et Beckett se baissa pour l'observer. La brèche devait bien faire trois fois la taille de sa tête.
- C'est Rodney qui a fait ça? demanda-t-il, incrédule.
- À mains nues, précisa le militaire.
- Moi qui croyais que mon diagnostic était fiable, murmura-t-il pour lui-même.
Le médecin semblait ravagé par la culpabilité.
- Carson, ce n'est absolument pas de votre faute. Si ça peut vous rassurer, le beeeeel infirmier n'a rien vu non plus.
- Vous avez entendu! s'indigna l'écossais.
- Un bon chef surveille les membres de son équipe en permanence…, se justifia-t-il.
- Je ne suis pas sous vos ordres, colonel, mais sous ceux d'Élizabeth.
- Peut-être, mais Rodney est officiellement toujours un membre de SGA-1.
Carson plissa les yeux et pinça les lèvres pour se retenir de répliquer.
- Et si on allait voir Rodney, s'amusa le militaire.
o0O0o
Rodney était nerveux depuis plusieurs minutes, ce qui ne plaisait guère à l'infirmier chargé de vérifier ses constantes. Il jeta un œil inquiet aux quelques militaires gardant l'endroit, mais ceux-ci ne semblaient guère se soucier de l'agitation du scientifique. Et pourtant, tout à coup, Mckay se redressa, droit comme un « i », dans son lit.
- Il est ici, murmura-t-il.
Puis, il tira de toutes ses forces sur les liens qui le retenaient aux poignets et aux chevilles.
- Docteur McKay, je vous en prie, calmez-vous! Ces sangles sont très solides, vous n'allez réussir qu'à vous faire mal!
La loi de Murphy, vous dis-je…
Pour contredire le jeune infirmier, la courroie retenant le bras droit du scientifique céda en un sinistre craquement. Rapidement, Rodney défit les autres attaches et fonça vers la porte de la cellule d'isolement.
- Docteur McKay, calmez-vous, ordonna un militaire à la peau basanée venu s'interposer entre le scientifique et la sortie.
Un drôle de pressentiment incita Rodney à se retourner. Il découvrit alors le jeune infirmier – Jones, d'après son badge sur son habit blanc immaculé – s'avançant vers lui en silence, une seringue à la main. Furieux, le scientifique leva la main, paume en avant en direction du jeune homme, et une spirale opalescente partie du centre de la main du canadien pour aller frapper le soignant en pleine poitrine. Le jeune homme fit un vol plané et percuta durement un mur de béton. Puis, le canadien se tourna vers les deux militaires qui s'interposaient entre lui et Carson. De nouveau, il leva un bras et envoya valser ses gardiens.
La porte s'ouvrit au moment précis où le rayon opalescent du scientifique se divisait en deux pour aller percuter simultanément les deux militaires. Beckett regarda avec horreur les trois hommes inconscients dans la pièce avant de se précipiter vers celui au teint basané, somme toute celui ayant atterri le plus près de l'entrée. Il constata alors avec soulagement qu'il n'était qu'assommé, ce qui était probablement aussi le cas de ses deux collègues. Le médecin releva alors un regard colérique vers le scientifique, qui recula devant l'œil sévère de son amant.
Rodney avait cru qu'au moment précis où il verrait Carson, il ne pourrait se retenir et lui sauterait au cou. Il avait même envisagé la possibilité de lui faire l'amour devant tout le monde. Mais dès que la porte s'était ouverte, l'aura puissante de Beckett avait empli la pièce et le scientifique avait soudain perdu de son assurance. Un sentiment renforcé par l'indignation évidente du médecin devant ses actes. À présent, il se sentait tout petit… et il avait affreusement honte.
- Rodney Meredith McKay…, commença l'écossais sur un ton de menaces. Tu vas m'expliquer sur le champ ce que tout ceci signifie, somma-t-il.
- J'ai été incapable de me retenir, c'est parti tout seul, se défendit le scientifique en pointant sa main.
Tout à coup, McKay haussa un sourcil en s'immobilisant. Des spirales rougeâtres étaient apparues dans ses paumes.
- Montre-moi, exigea le médecin dont la voix s'était radoucie.
Heureux de cette diversion inopinée, le scientifique tendit avec plaisir ses deux mains. Beckett les prit pour les observer de plus près afin de déterminer s'il s'agissait de brûlures ou d'autre chose. Cependant, le canadien ne lui laissa pas le loisir de faire son examen, car il retira subitement ses mains, comme s'il avait été électrifié.
- Quoi, encore? demanda le médecin, agacé.
Lorsqu'il leva son tendre regard bleu, Carson ne trouva que deux obsidiennes d'un noir profond.
- Pas encore, soupira-t-il.
Seul un sourire moqueur lui répondit. Mais avant que le scientifique puisse ajouter quoi que ce soit, une équipe médicale – appelée par John – fit son entrée pour venir chercher les trois hommes inconscients. Carson se retourna pour observer le processus – déformation professionnelle, dirait-on. Lorsqu'il fut certain que les deux militaires et le jeune infirmier étaient entre de bonnes mains, il se retourna vers McKay.
- Bon, Rodney, toi et…
Beckett s'arrêta subitement, regardant autour de lui.
- Où est passé Rodney?
John, qui discutait avec le nouveau médecin du SGC pour lui expliquer ce qui était arrivé à ses hommes, se retourna brusquement vers l'écossais. Il dut constater à son tour que Rodney brillait par son absence.
- Que s'est-il passé?!
- Je n'en sais rien… Je lui parlais, quand l'équipe médicale est entrée. Je n'ai détourné les yeux que quelques secondes puis… il avait disparu!
- Ça devient une habitude… RODNEY! hurla le militaire, ce qui fit grimacer le médecin qui se boucha une oreille pour vérifier qu'il n'était pas devenu complètement sourd.
Silence. Rien que le silence. Carson soupira, hésitant entre inquiétude et exaspération. Alors que Sheppard allait prévenir toute la base que McKay avait disparu, ils entendirent quelqu'un toquer à la fenêtre de la salle d'observation de la cellule d'isolement. En levant les yeux, ils y découvrirent Rodney, nonchalamment assis à la table d'observation, qui les salua avec un sourire d'enfant gâté qui avait réussi un nouveau coup pendable.
- Comment est-ce qu'il est arrivé là? Je n'ai pas quitté la porte, je l'aurais vu s'il était sorti!
- Je ne comprends pas plus que vous, John.
- Je vais lui botter son petit cul de scientifique arrogant, menaça Sheppard en sortant au pas de course de la salle.
Carson vit le sourire de Rodney s'agrandir, ce qui ne lui plut guère. Le canadien fit un mouvement de la main et la porte de la cellule se referma. Beckett s'élança, mais il était déjà trop tard. Il tenta d'activer le système d'ouverture, mais il semblait bloqué en place. Le médecin se tourna à nouveau vers Rodney, bien décidé à lui demander des explications, mais il devint totalement muet lorsqu'il vit une spirale d'une lumière blanche intense entourée McKay de la tête aux pieds. Le scientifique disparut et, une seconde plus tard, il se re-matérialisa devant lui, la spirale blanche disparaissant lentement.
- Mais qu'est-ce…, réussit à articuler l'écossais.
- Oh, disons que ce sont de nouvelles capacités que je me suis découvertes, répondit fièrement Rodney.
- Quand?
- Il y a quatorze heures, huit minutes et trente-quatre secondes. Je ne te ferai pas le compte des secondes, si ça ne te dérange pas.
- Rodney…
- Oui, je sais, je suis bizarre. Mais tout ça va passer dès que la saison des amours sera finie, expliqua l'interpellé en secouant la main comme s'il voulait chasser une mouche.
- La… quoi?!
- Oh, c'est à cause de la mouche… ce n'est pas important.
- Pas important? Tu as envoyé trois hommes au tapis sans les toucher – ce qui entraîna un sourire fier de la part du scientifique – et tu peux te téléporter!
- Pas mal, n'est-ce pas!
Beckett lui décocha un regard sans équivoque.
- Oh, bon, d'accord, j'avoue que j'ai un peu perdu le contrôle avec mes « gardiens ». Mais sinon j'ai été très sage. Je n'ai même pas sauté sur le colonel Carter!
- Quoi?
Rodney baissa les yeux, conscient d'en avoir trop dit.
- Disons que c'est passé à ça, avoua-t-il en montrant la distance d'un centimètre avec son pouce et son index.
- Ah bon! s'exclama le médecin en croisant les bras. Et il y en a d'autres comme ça que je devrais savoir?
McKay leva les yeux, semblant compiler une liste effarante de bêtises.
- Tu es sûr que tu veux savoir?
- Oh que oui!
- Hum… bien… j'ai massacré un tableau dans les quartiers des visiteurs, j'ai presque sauté sur John, puis sur Teyla, puis sur le colonel Carter, j'ai fait un trou dans un mur, j'ai causé une poursuite dans les couloirs du SGC, j'ai démoli le nez d'un infirmier et le doigt d'un major, j'ai détruit la moitié de l'infirmerie, j'ai faussé compagnie quatre fois à mes geôliers en disparaissant, je crois que j'ai réduit en poussière une dizaine de paires de menottes, j'ai assommé un infirmier et deux militaires… mais, pire que tout, je t'ai déçu.
Carson expira subitement. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait retenu son souffle. Rodney le regardait avec un air si coupable en ce moment qu'il se sentait fondre.
- Tu as fait tout ça… en moins d'une journée.
Le scientifique confirma.
- Et c'est moi qu'on appelle à la rescousse?!
- RODNEY!
L'interpellé se tourna vers John, rouge de rage d'avoir fait tout le chemin jusqu'au poste d'observation pour rien, puisque le canadien était de retour au point de départ. McKay lui fit un petit signe de la main en haussant les épaules, un air voulant dire « désolé, mais je ne peux rien y faire! » peint sur le visage.
- C'est quoi cette saison des amours? demanda Beckett à brûle-pourpoint.
- Regarde Canal Animal, répondit McKay en se renfrognant.
- Oh…
- Hum, répliqua le scientifique avec un air pincé.
- Ça dure combien de temps?
- Qu'est-ce que j'en sais…
- D'après National Geographic, chez la mouche commune, c'est deux mois, de juin à juillet.
Tous se tournèrent vers Samantha Carter, qui avait rejoint Sheppard dans le cubicule d'observation.
- Oh génial… on n'est pas sorti de l'auberge, geignit Rodney.
- J'ai dit chez la mouche commune… vous en avez vu beaucoup, vous, sur Terre des insectes qui inoculent des gènes?
Beckett sourit. La militaire avait raison : ils n'avaient aucun point de référence, alors autant attendre et observer, en bons scientifiques qu'ils étaient.
- Attendre et observer! Je ne suis pas un cobaye, s'indigna Rodney.
Tous levèrent les sourcils et restèrent muets comme des carpes.
- Quoi? s'énerva le canadien.
- Rodney, je n'ai rien dit… je l'ai pensé, expliqua Carson.
- Oh, et quoi encore! Je suis maudit…, se plaignit le scientifique en se pinçant l'arête du nez.
- Moi j'aimerais bien pouvoir lire les pensées des autres…, répliqua Sheppard.
- Oh, John! Tu n'es qu'un pervers, s'étouffa McKay en découvrant à quel genre de pensées le militaire aurait aimé accéder.
Le susnommé John éclata de rire, leva les mains en signe de reddition et quitta la tourelle, sous les regards médusés de Samantha et de Carson. Se sentant observée, la jolie blonde se retourna et découvrit que McKay la fixait, un sourcil moqueur levé. Elle réalisa tout à coup à quoi elle pensait une seconde plus tôt… à un mignon militaire qui lui rappelait drôlement son général. Elle se racla la gorge, mal à l'aise, et salua les deux hommes avant de partir à son tour.
- Qu'est-ce que tu as lu? s'amusa l'écossais.
- Et l'intimité, Carson? s'indigna le canadien. Je croyais que tu étais un spécialiste du secret professionnel.
- Quel secret professionnel? demanda Beckett, peu convaincu.
- Celui entre deux brillants scientifiques, évidemment.
- Ah bien sûr, comment ai-je pu l'oublier.
- Je l'ignore…, murmura le brun en s'approchant lentement de son compagnon.
- Euh… Rodney? demanda le médecin, incertain.
- Je suis en parfait contrôle de mes moyens… tu m'as simplement manqué, est-ce un crime?
Ne lui laissant pas le temps de répondre, Rodney s'empara des lèvres de son médecin préféré. Il avait presque oublié la bouffée de chaleur que cela lui procurait à chaque fois. Il redécouvrit le goût particulier de la bouche de Carson, la caresse que provoquait la barbe mal rasée de l'écossais sur sa peau et la sensation affriolante de la langue de Carson jouant avec la sienne, l'entraînant dans une valse débridée, le faisant chavirer dans le monde des sensations.
- D'accord, là, j'ai perdu le contrôle…, murmura le canadien d'une voix rauque de désir.
Tendrement, le scientifique attira Carson vers le lit sur lequel il était ligoté quelques minutes plus tôt.
- Rodney, je doute que ce soit le bon endroit pour… enfin, tu vois.
- Quoi? Tu veux plus d'intimité?
- Idéalement.
Le scientifique sourit et sauta sur le lit en faisant signe à Beckett de s'approcher. Le médecin fronça les sourcils, mais, hypnotisé par ses grands yeux bleu ciel, il alla tout de même rejoindre McKay. Ce dernier agrippa la veste de l'écossais et une boule de lumière intense entoura alors le lit et les deux hommes.
- Qu'est-ce que c'est?!
- Ton intimité. Personne ne peut voir à l'intérieur de cette boule, c'est comme si on était seul!
- Tu as d'autres pouvoirs cachés comme ça que je devrais connaître?
- Des tas… mais chaque chose en son temps, sourit le scientifique volant à nouveau les lèvres de son bel écossais. Tiens, parlant de « timing ».
Carson fronça les sourcils, mais alors qu'il allait poser la question qui lui brûlait les lèvres, il comprit ce que Rodney avait voulu dire. En effet, le scientifique avait simplement cligné des yeux et tous leurs vêtements s'étaient envolés. McKay le regardait avec un air déluré.
- Hum… j'aime bien ce pouvoir, conclut le médecin.
- Même au beau milieu de ton infirmerie?
- Pas si j'ai des patients, précisa tout de même Beckett.
- C'est bon à savoir…, murmura le canadien avec d'un ton lubrique.
- Mais pour l'instant, Rodney, fais-moi plaisir…
- Tout ce que tu voudras.
- Ferme-la.
Le scientifique éclata de rire et Carson en profita pour aller embrasser sa pomme d'Adam qui tressautait au rythme des spasmes de joie qui traversaient son amant. Puis, il l'amena doucement à s'allonger sur le lit et se mit à califourchon sur les hanches du scientifique. Lentement, Carson parcourut la peau de Rodney d'une multitude de petits baisers d'où dardait parfois sa langue, arrachant de doux gémissements de la part du scientifique délicieusement torturé. Rodney avait l'impression qu'une coulée de lave suivait avec soin le chemin de baisers que Carson s'évertuait à créer. Chacune de ses cellules répondait à l'appel de son amant, se sentant irrésistiblement attirées par ce corps brûlant qui les appelait.
Tout à coup, Rodney étouffa un juron en se mordant violemment la lèvre inférieure, mais il ne put empêcher son corps de se tendre en un arc de plaisir. Son amant venait de refermer sa bouche libertine autour de son sexe dressé sans avertissement aucun. Instantanément, une de ses mains vint se perdre dans les cheveux coupés courts du médecin, alors que l'autre s'agrippait de toutes ses forces aux draps immaculés, tentant de rester un tant soit peu ancré dans la réalité matérielle. Dieu que cette langue était experte!
Sentant que son amant approchait du paroxysme et voulant faire durer le plaisir un peu plus longtemps, Carson arrêta toute stimulation. Ce qui ne manqua pas d'arracher un grognement de frustration de la part de Rodney, qui ne voulait rien d'autre que de sentir à nouveau la langue agile de son amant sur son corps.
- Si tu oses bouger, Rodney McKay, je te promets que je t'attache, menaça Carson pour enrayer toute tentative de rébellion de la part de son amant.
- Sadique!
- Tu n'as encore rien vu, répondit l'écossais avec un sourire énigmatique.
Pour faire taire toutes les objections du canadien, Beckett alla sceller ses lèvres en un baiser passionné.
- Rodney, puis-je demander un service à tes merveilleux pouvoirs?
- Tout ce que tu voudras.
- Par simple mesure de précaution, je préfèrerais qu'on utilise un préservatif.
- Tu t'inquiètes pour rien, Carson, cette mouche n'est contagieuse que par piqûre, pas par relations sexuelles, sourit le scientifique.
- Je préfère tout de même ne pas prendre de risques.
- Si c'est ce que tu veux…
Rodney fit claquer ses doigts et un préservatif lubrifié emballé apparut dans sa main.
- Je l'ai… disons emprunté à John, s'amusa le canadien.
- Quoi! Tu peux aussi téléporter des objets?
- Plus tard, Carson, répondit Rodney en enfilant le préservatif comme son amant le désirait.
Le médecin alla déposer un baiser sur les lèvres de son compagnon pour le remercier de sa compréhension, puis, sans prévenir, il s'empala sur l'objet de virilité de son amant. Cette fois-ci, Rodney ne put retenir un « putain! » énergique. Constatant que Carson restait immobile, le scientifique le regarda avec inquiétude.
- Ça va?
Un sourire sensuel illumina le doux visage du médecin.
- Oh que oui, répondit-il en débutant de vigoureux mouvement de bassin.
McKay rejeta la tête en arrière en un gémissement muet, puis se redressa subitement pour aller voler un baiser d'une infinie douceur à son amant. Carson en resta même surpris, car il ne s'était pas attendu à autant de tendresse au milieu d'une étreinte passionnée. Rodney plongea son regard dans celui de Carson et ils restèrent ainsi de nombreuses secondes, se délectant seulement de la présence de l'autre.
- Je t'aime, Carson.
Doucement, le scientifique posa ses mains sur les hanches de son amant et lui imposa un rythme lent, son regard toujours soudé à celui de Beckett. Cet échange muet était d'une telle intensité que Carson en eut un frisson de plaisir. Le médecin fut alors parcouru d'un violent frémissement lorsque McKay heurta sa prostate et, sans qu'il le veuille, ses ongles s'enfoncèrent dans la peau du torse de Rodney qui ne ressentit même pas la douleur tant son plaisir était ardent. Le scientifique empoigna alors le sexe érigé de son amant et lui imprégna le même rythme que leurs bassins. Face à cette double stimulation, Carson ne put se retenir bien longtemps et il se déversa en laissant échapper le nom de son partenaire. Rodney reçut alors une telle décharge de pure énergie qu'il rejoignit rapidement son amant au septième ciel. Beckett s'effondra à côté du scientifique et tenta de reprendre sa respiration.
- Wow…, murmura McKay.
Ce qui fit rire le médecin.
- Non, non, je t'assure… wow!
- À ce point-là?
- Il n'y a pas de mot pour décrire cette sensation!
Carson sourit et vint nicher son nez au creux du cou de son compagnon, où il déposa un baiser.
- Moi aussi je t'aime, Rodney.
- Je sais, répondit simplement l'interpellé en déposant à son tour un baiser sur le front de l'écossais.
- Mais je suis désolé… je t'avais promis de ne plus sortir mes griffes…
Tout en s'excusant, Carson s'était relevé sur un coude pour évaluer l'état de l'épiderme de son pauvre amant. Cependant, il ne découvrit aucune marque. Il passa sa main sur le torse du scientifique pour s'assurer que ses yeux ne le trompaient pas.
- Je guéris très rapidement, expliqua l'objet de tant d'attention.
- Combien d'autres pouvoirs cachés as-tu?!
- Chaque chose en son temps, Carson, chaque chose en son temps… Et parlant de ça, là je vais te montrer ma fabuleuse capacité à m'endormir en trois secondes.
- Nous devons d'abord prendre une douche, sourit le médecin avec un air de semi-reproche qui lui était propre.
- Hum, hum…, acquiesça le scientifique, les yeux déjà clos et d'un simple geste de la main, Rodney effaça de leur corps respectif toute trace de leurs ébats récents, les laissant propres comme des sous neufs.
Un second geste fit apparaître une moelleuse douillette sur leurs corps nus. Médusé, Carson regarda son amant s'endormir aussi rapidement qu'il l'avait prédit. Après quelques secondes, il secoua la tête et s'allongea pour prendre quelques heures de repos. De toute évidence, Rodney n'avait pas fini de l'étonner!
