Disclaimer : La série, les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas. De plus, je ne retire aucun salaire de ces écrits. Je ne fais que satisfaire mon esprit tordu de fan :0P (en espérant que d'autres personnes apprécient et se divertissent ;0).
Rating : Cette fic est classée M et c'est un slash. Vous êtes prévenu(e)! ;0)
Note de l'auteure : Les choses commencent à se corser et je préfère vous avertir que la suite ne sera pas nécessairement très jojo!
Petit mot pour Charlie: merci pour toutes te reviews très enthousiastes! Elles me font toujours énormément rire.. je te jure, je suis pliée en 36 sur ma chaise à chaque fois que je les lis! Gros bisous à toi :0D
Chapitre 8 : Invasion ou reddition?
Lorsqu'il s'éveilla enfin, Carson découvrit Rodney en train de l'épier.
- Ça fait longtemps que tu es réveillé?
- Je n'ai pas calculé… assez, oui.
- Pardon? Le grand Rodney McKay n'a pas calculé? se moqua le médecin en s'étirant.
- Par contre, je peux calculer combien de temps il me faudrait pour te lancer en bas de ce lit, menaça le scientifique.
- Tu n'oserais pas.
- Vraiment?
Devant l'air féroce et ludique de l'homme qu'il aimait, Carson comprit qu'il était sérieux.
- Rodney…
Le voyant fondre sur lui comme un rapace sur sa proie, le médecin préféra sauter de lui-même en bas du lit. Cela n'empêcha pas le scientifique de le poursuivre. Beckett détala de l'autre côté du lit et Rodney sauta par-dessus le matelas pour attraper son amant. Carson l'évita de justesse et se retrouva dos au dôme de lumière. Voyant McKay s'élancer vers lui, le médecin voulut faire un pas en arrière, mais il trébucha. Carson se retrouva donc allongé par terre, un Rodney hilare par-dessus lui. Beckett avisa alors une Samantha Carter stupéfaite qui les fixait, son amant et lui. L'écossais vérifia alors rapidement qu'ils n'étaient pas en tenue d'Adam et il fut agréablement surpris de découvrir que McKay et lui étaient exactement dans la même tenue que lorsqu'ils avaient pénétré dans la sphère que Rodney avait construite.
- Bon sang, mais où étiez-vous? cracha le colonel Carter, visiblement à bout de nerfs.
Beckett repoussa le scientifique, qui ne semblait pas vouloir cesser de rire, et se releva en lissant ses vêtements.
- Nous n'avons pas quitté l'infirmerie, affirma-t-il.
- Je vous demande pardon?
Carson se tourna alors vers Rodney, toujours assis au sol. Les avait-il amenés… ailleurs?
- Non, non, je confirme, nous sommes restés ici, intervint le canadien en entendant les pensées de son amant.
- Cela fait trois jours que nous vous cherchons et que nous faisons des tests sur une étrange énergie qui semblait stagner ici, expliqua la militaire en pointant le lit que les deux hommes avaient quelque peu malmené.
Un sourire amusé naquit sur les lèvres du brillant scientifique d'Atlantis. Samantha croisa les bras sur sa poitrine et lui lança un regard qui aurait même fait culpabiliser Teal'c.
- Qu'avez-vous fait, docteur McKay?
- Moi?
- Trois jours, Rodney! répéta alors Carson, qui venait de se remettre de sa stupeur.
- Tu avais besoin de dormir…, s'amusa McKay en lança une œillade sans équivoque à son amant.
La militaire écarquilla alors les yeux. Elle venait de comprendre! Quand Rodney avait dit qu'il était avec quelqu'un, il parlait de l'écossais! Toutes les pièces du casse-tête se mirent alors en place dans son brillant cerveau.
- OK, vous savez quoi, je ne veux rien entendre de plus.
Secouant la tête, la jeune femme partit sans demander son reste.
- Rodney…
- Je n'ai rien fait! se défendit l'interpellé. Ce n'est tout de même pas ma faute si elle saisit vite…
Le sourire espiègle qu'arbora alors le scientifique ne laissa pas de place au doute dans l'esprit de Carson quant au raisonnement de son amant. Le médecin lui servit son air « mais oui, bien sûr… à d'autre! ».
- Je meurs de faim, s'exclama le scientifique jugeant plus sage de changer de sujet.
o0O0o
Les deux amoureux retrouvèrent tous leurs amis au mess. Appelez ça le destin… Carson penchait pour une toute autre explication, le genre d'explication qui pouvait se résumer en un mot : Rodney. Cependant, le médecin n'eut guère le temps de pouvoir étoffer ses présomptions puisqu'il fut accablé de questions à l'instant même où ils posèrent un pied dans la salle. Évidemment, le canadien se fit un plaisir d'y répondre pour lui. Rodney était si fier de tout expliquer, comme toujours, qu'il ne lui laissa même pas la chance de placer un mot à son tour. Mi-contrarié et mi-exaspéré, le médecin prit place entre John et Élizabeth.
- Je crois qu'on a retrouvé notre bon vieux Rodney, murmura alors Sheppard à l'oreille de Beckett en faisant allusion à la volubilité recouvrée du canadien.
- À qui croyez-vous que c'est dû? ironisa l'écossais.
- Je ne veux pas de détails!
Le militaire haussa les sourcils et poussa un long soupir avant d'enfourner un morceau de croissant dans sa bouche. Puis, sa bouchée avalée, il se pencha à nouveau vers Beckett.
- Je sais à quel point Rodney peut être… éreintant.
Le militaire reçut un mémorable coup de coude dans les côtes provenant de Teyla.
- Aïeuh!!
La jeune femme releva hautainement le nez, ignorant totalement les plaintes de son nouvel amoureux. Tout le monde épiait le couple, même Rodney s'était tu, ce qui n'était pas peu dire! Tout à coup, un tonitruant éclat de rire explosa en provenance de Ronon. Décidément, ces terriens le feraient toujours rire. Élizabeth soupira et secoua la tête, telle une mère regardant ses enfants se chamailler.
- Je ne voudrais pas briser l'atmosphère, mais je dois vous avertir que nous partons cet après-midi, intervint-elle.
- Déjà! se désola Carson.
- Ne vous en faites pas, Beckett, vous pourrez abuser de Rodney, même sur Atlantis, plaisanta John.
Ce qui lui valut un nouveau coup de coude de la part de Teyla et une claque derrière la tête, gracieuseté de Carson. Alors que John allait ouvrir la bouche pour se plaindre des mauvais traitements qu'on lui infligeait, une tarte au citron vint terminer sa course sur le visage du militaire.
- Rodney! s'indigna l'écossais.
L'interpellé haussa simplement les épaules, un énorme sourire peint sur le visage ne laissant aucun doute sur sa culpabilité. Sheppard prit l'initiative d'enlever la meringue étalée sur son visage, sous les rires mal contenus de ses amis.
- Ma vengeance sera terrible! menaça le militaire.
- Sans vouloir te vexer, je n'ai pas vraiment peur…
- Mais qui êtes-vous? Qu'avez-vous fait de notre Rodney McKay? s'exclama Radek sur un ton scandalisé digne d'une pièce de Shakespeare.
- Faites attention, Zelenka, cette cafétéria contient beaucoup d'autres tartes… et divers autres mets, menaça le scientifique en haussant un sourcil.
- Bon, bon, bon… Ça suffit, allez préparer vos valises, ordonna Élizabeth dont le sourire contredisait le ton sévère qu'elle tentait de prendre.
- Oui, maman, répondit John qui était toujours affairé à retirer les traces de dessert de son précieux visage.
La diplomate les regarda quitter le mess avec un regard orgueilleux. Oui, elle était fière de ses hommes qui, malgré la guerre qui faisait rage dans la galaxie de Pégase et malgré leurs différences, avaient réussi à créer de profondes amitiés… et même plus.
À ce moment, Weir croisa le regard de Radek, qui tardait à quitter la cafétéria. Le tchèque lui fit un sourire timide et baissa les yeux avant de les relever. Élizabeth n'était pas sûre de ce qu'elle devait en comprendre. Tout à coup, Zelenka entra en collision avec un militaire qui entrait dans le mess. La brunette le vit se confondre en excuses et, après lui avoir lancé un regard gêné, il passa précipitamment la porte. Il fallait avouer que ce petit bout d'homme, sous ses airs de gamin, était quelqu'un d'extrêmement intelligent et d'attachant. Élizabeth soupira en se levant à son tour. À cause de sa condition de dirigeante, elle ne pouvait pas se permettre de tomber amoureuse d'un des hommes dont elle avait la responsabilité. Alors, elle préférait ne pas penser à tous ces papillons qui avaient décidé d'entamer une salsa dans son estomac.
o0O0o
Deux heures plus tard, toute l'équipe de l'expédition était réunie sur la plateforme, devant le vortex bleuté qui les attendait.
- Nous vous souhaitons bon voyage à tous, dit le général par pure formalité. Nous attendons votre prochaine équipe dans deux jours, docteur Weir.
- Bien, monsieur. À bientôt.
Les deux dirigeants échangèrent un signe de tête, puis SGA-1 rejoignit les autres membres de l'autre côté de la Porte. Dès qu'ils eurent franchi le vortex, un drôle de pressentiment assaillit Rodney.
- Il y a quelque chose qui ne va pas…, murmura-t-il, à moitié pour lui-même.
Élizabeth lui lança un regard inquiet et, les sourcils froncés, monta jusqu'à la salle de commandement.
- Où est le colonel Caldwell? demanda-t-elle à un jeune homme qu'elle ne se souvenait pas avoir déjà vu dans l'expédition.
L'inconnu sourit, sans regarder la dirigeante. Ce qui ne fit qu'accentuer le sentiment de malaise que ressentait Weir. Le jeune homme assis devant l'ordinateur principal était pourtant habillé de l'uniforme d'Atlantis.
- Qui êtes-vous?
- Mon nom est Karim, répondit l'étranger. Mon chef arrive pour vous parler, docteur Weir.
- D'où venez-vous? Que faites-vous ici? s'alarma la diplomate.
- Mon chef répondra à toutes vos questions.
À ce moment, Élizabeth entendit un brouhaha à l'étage inférieur et elle se précipita pour voir ce qui se passait. Elle découvrit John, Teyla, Ronon, Lorne et quelques autres militaires en train d'affronter des hommes et des femmes portant l'uniforme d'Atlantis, mais n'étant pourtant pas des Atlantes.
- Que se passe-t-il? Que nous voulez-vous? J'exige des réponses! s'écria-t-elle en éloignant le dénommé Karim du panneau de contrôle.
Cependant, le jeune homme ne lui répondit que par le même sourire insolant qu'il lui avait offert à son arrivée.
- RODNEY!
Ça, c'était clairement la voix de Carson – l'accent ne trompait pas. La diplomate s'élança de nouveau vers la rambarde et constata que le scientifique était inconscient pour une raison obscure et que des envahisseurs étaient en train de l'amener sur une sorte de brancard. Weir dévala les escaliers, de plus en plus contrariée.
- Ça suffit, lâchez-le immédiatement!
Bon sang, mais où étaient passées leurs armes! Au bas de l'escalier, la dirigeante d'Atlantis fut interceptée par un homme imposant à la peau couleur café au lait.
- Bonjour, docteur Weir. Mon nom est Allock. Je suis le chef des Sholkiens.
- Libérez mes hommes! Comment êtes-vous arrivés jusqu'ici et que nous voulez-vous?
- Vos hommes ne sont nullement des prisonniers. Ils sont libres de se rendre où bon leur semble, que ce soit sur cette cité ou ailleurs. De toute façon, nous ne sommes pas venus pour vous envahir, mais simplement pour récupérer notre bien.
- De quoi parlez-vous?
L'homme pointa Rodney, qui avait été déposé sur un brancard semblant être fait de cristal.
- Le docteur McKay fait partie de mes hommes et il est hors de question que vous l'emmeniez où que ce soit.
- Il a pourtant été choisi. Je suis vraiment navré, mais il doit revenir sur Sholkia avec nous.
- Je me fiche qu'il ait été choisi ou non, Rodney n'ira nulle part! intervint Beckett, nettement énervé.
- Vous n'avez pas le pouvoir de nous empêcher d'emmener votre ami avec nous, j'en ai bien peur.
Pour prouver ses dires, le Sholkien pointa la paume de sa main vers la Porte des Étoiles qui s'ouvrit instantanément. Les hommes portant le brancard où Rodney reposait inconscient s'avancèrent vers le vortex. John s'élança pour leur barrer le chemin, Teyla et Ronon arrivant rapidement en renforts. Le temps d'affronter SGA-1, les hommes lâchèrent leur précieux fardeau, qui continua de léviter sur place. Carson en profita pour rejoindre son compagnon, le secouant énergiquement.
- Rodney, pour l'amour de Dieu, réveille-toi! Ce serait le moment parfait pour nous faire une démonstration de tes fabuleux pouvoirs.
Voyant le meneur des Sholkiens se diriger vers le scientifique et le médecin, Zelenka s'empressa de rejoindre ses amis avant qu'il n'ait pu les atteindre.
- Docteur Beckett, je crois qu'il serait judicieux de déguerpir d'ici au plus vite, annonça le tchèque en désignant Allock d'un signe de tête.
Ensemble, les deux hommes soulevèrent Rodney et entourèrent chacun leurs épaules d'un des bras du canadien.
- Bloody hell! Rodney, je te jure que si on survit à ça, je te mets au régime!
- Arrêtez-vous, somma le chef des Sholkiens.
Élizabeth cherchait frénétiquement une arme pour empêcher la progression de l'homme à la peau basanée. De toute évidence, elles avaient toutes disparu lors de leur passage à travers le vortex.
- Docteur Weir!
L'interpellée leva les yeux et découvrit le major Lorne qui lui lança un fusil paralysant. Le militaire pointa silencieusement Allock et la diplomate hocha la tête pour signifier qu'elle avait compris. Alors qu'elle visait sa cible, Élizabeth vit du coin de l'œil qu'un des soldats étrangers fonçait sur elle. Elle se dépêcha de lâcher une première charge, avant de bifurquer vers la droite pour éviter l'homme qui se ruait sur elle tel un joueur de football. Le coup qu'elle avait eu le temps de tirer n'atteignit le dirigeant seulement qu'à la jambe – après tout, elle était diplomate, pas militaire! Mais Evan, qui se tenait en renfort sur le palier supérieur, percuta sa cible en pleine poitrine alors que ce dernier se tournait pour voir qui l'avait agressé. De ce fait, Allock n'eut pas le temps de répliquer. Cependant, le temps qu'elle observe cette scène, même si cela ne dura qu'une seconde tout au plus, Élizabeth avait perdu un temps très précieux et elle se retrouva en mauvaise posture face au soldat Sholkien. La brunette se protégea le visage alors que l'envahisseur levait un étrange bâton pour la frapper. Mais le choc prévu n'eut jamais lieu. Weir baissa finalement ses bras et découvrit Laura Cadman qui jetait un regard dégoûté sur le soldat, inconscient au sol.
- Je n'ai jamais supporté les hommes qui frappaient les femmes, décréta la militaire en tendant la main à Élizabeth.
- Merci.
- C'est tout naturel. Oh! À terre!
Weir obéit sans hésiter et Cadman assena un puissant coup de pied à la mâchoire d'un nouvel assaillant. Puis, elle s'empara de l'arme qu'Élizabeth avait utilisée quelques secondes plus tôt pour neutraliser l'ennemi.
- Je ne comprends pas où sont passées toutes nos armes! s'énerva la militaire.
- Il y a bien plus encore que je ne comprends pas! Suivez-moi, nous devons les empêcher de collecter des informations sur Atlantis!
Laura jeta un regard vers Beckett, qui disparaissait derrière une porte avec Rodney et Zelenka. Rassurée, elle suivit la diplomate et remplit son rôle de garde du corps jusqu'au poste de commandement qu'elle se fit un énorme plaisir de nettoyer de la vermine. Élizabeth se mit alors à pianoter sur l'ordinateur portable relié au panneau central. Elle sélectionna l'empreinte énergétique d'un des envahisseurs et décela une différence entre leurs énergies et celle de ses hommes.
/ John/
/ Ce n'est pas tout à fait le bon moment Élizabeth/
/ Où êtes-vous/
/ Près de l'E2PZ. Nous voulions nous assurer que ce n'était pas ce qu'ils recherchaient. /
/ Derrière vous. Il y en a deux/
Un long silence s'installa alors. Les deux femmes échangèrent un regard. La diplomate se demanda tout à coup où la militaire avait laissé son bébé. Quel âge avait-elle déjà? Tout au plus un mois et demi. Le cœur de la jeune femme devait être déchiré : défendre la cité ou protéger son enfant.
/ Comment le saviez-vous/
Weir se retourna vers son écran. Ils étaient en sécurité pour le moment, aucun ennemi ne rôdait près de John et ses hommes.
/ Je suis à la salle de commandement. Ils ont une signature énergétique différente de la nôtre. Nous allons essayer de les confiner dans la section des cellules, d'accord/
/ Bien. Combien sont-ils/
/ Une cinquantaine, à première vue. /
/ Où sont-ils/
- Ici! hurla presque Cadman.
La militaire se mit alors à tirer dans tous les sens, mais les hommes d'Allock étaient bien trop nombreux. En effet, les Sholkiens, en voyant leur leader à terre, avaient désigné le premier venu comme étant le coupable de ce crime. Et, comme s'ils n'étaient qu'un seul esprit, ils s'étaient tous dirigés vers Élizabeth et Laura.
/ John, dépêchez-vous de venir ici/
La diplomate chercha une arme quelconque, mais ne trouva rien de bien utile. La militaire reculait sans cesse et leurs assaillants gagnaient du terrain.
- Docteur Weir, bon sang, faites quelque chose!
Subitement et d'un même mouvement, tous les soldats Sholkiens s'arquèrent, comme s'ils avaient tous reçu un coup au milieu de la colonne vertébrale, puis ils s'effondrèrent au sol. Les deux femmes restèrent interdites devant ce véritable miracle. Finalement, Laura se tourna vers la dirigeante d'Atlantis.
- Wow… je ne vous savais pas aussi efficace!
- Je n'ai rien fait, se défendit Élizabeth.
- Non, c'est Rodney, intervint Radek.
En effet, le scientifique se tenait au haut des marches et secouait ses mains comme si elles le faisaient souffrir. Il regardait le carnage qu'il venait de commettre d'un œil froid et indifférent. Il était bien loin du Rodney angoissé et proche de la crise de nerfs à chaque bataille qu'ils connaissaient!
- Est-ce qu'ils sont morts? s'enquit finalement Weir.
- Non, ils ont reçu l'équivalent d'une décharge paralysante, expliqua McKay.
- Montre-moi tes mains, intima Carson.
Ce que le canadien fit sans rouspéter, pour une fois. John, Teyla, Ronon, Lorne et quelques autres militaires arrivèrent à ce moment.
- Que s'est-il passé? voulut savoir Dex.
- McKay les a pulvérisés, expliqua Cadman.
- Wow, Rodney, c'est toi qui as fait ça tout seul? Il va vraiment falloir que tu me montres comment tu arrives à faire ça! sourit Sheppard.
Ce qui lui valut un regard noir de la part du scientifique, car ils savaient pertinemment tous les deux que John ne pouvait pas accomplir de tels exploits, car il n'avait pas été infecté par un virus alien, lui. Élizabeth se tourna alors vers Cadman.
- Où est votre fille?
- Meredith? Elle est en sécurité avec le sergent Chucks.
- Oh…, répondit simplement la diplomate.
- Meredith? s'indigna Rodney.
- Ça lui allait comme un gant! Oh, ne faites pas cette tête, je suis sûre que vous êtes flatté, sourit la militaire.
Le scientifique renifla et croisa les bras en signe de déni.
- Et si tu veux tout savoir, son nom complet c'est Meredith Carson Cadman, renchérit Laura.
Le canadien plissa les yeux et les darda sur la jeune maman.
- Ça n'arrange rien, cracha jalousement McKay.
- Carson est un nom féminin et masculin? intervint John.
- Tout à fait! s'exclama joyeusement Laura.
Sheppard lança une œillade moqueuse à l'écossais et ne put empêcher un large sourire de venir étirer ses traits.
- Oh, c'est bon, amusez-vous à mes dépens… mais n'oubliez pas qu'en tant que médecin, je sais beaucoup de choses sur vous que vous ne voudriez sans doute pas que je révèle…, menaça Beckett.
- Oh, ça, c'est un coup bas!
Carson eut alors une mine arrogante typiquement Rodneyesque et le militaire pensa que les deux hommes passaient décidément trop de temps ensemble. Teyla se racla alors la gorge et tout le monde se tourna vers l'interruptrice.
- Sans vouloir paraître empressée, je considère que ces gens ont passé suffisamment de temps sur Atlantis.
- Ça, c'est une femme brillante! s'enorgueillit Sheppard.
Rodney laissa échapper un bruyant soupir exaspéré alors que Teyla baissait le regard en rougissant, les autres se contentant de rouler des yeux.
- Bien, où allons-nous envoyer nos drôles de coucous? s'enquit le militaire.
- N'importe quelle planète désertique fera l'affaire! conclut Rodney, entraînant quelques sourires – après tout, ce n'était pas dans les habitudes de Ronon de laisser exploser ses émotions… pas qu'il nous ferait pensé à un certain Jaffa…
- Je ne vous conseille pas de faire cela.
Élizabeth, qui s'apprêtait à fermer le vortex qu'Allock avait ouvert, arrêta son geste et se tourna vers le dirigeant des Sholkiens qui se tenait péniblement en haut des escaliers.
- Mais comment… vous avez reçu deux décharges paralysantes! s'étonna Lorne.
- En effet. C'est bien pourquoi j'ai autant de difficultés à marcher, sinon je vous aurais déjà tous punis pour votre insolence.
- Tiens, ça, ça me rappelle de vilains méchants d'une autre galaxie, ironisa John, dont seuls les terriens comprirent l'allusion aux Goa'ulds.
Ignorant la remarque du militaire, l'étranger survola la pièce de la paume de sa main et tous ses hommes disparurent dans un nuage de fumée mauve.
- Docteur McKay, je vous conseille de venir avec moi, dit Allock.
- Il n'en est pas question! s'énerva Carson en s'interposant entre son amant et le chef des Sholkiens.
- Si vous désirez revoir le colonel Caldwell, ses hommes et vos armes, je crois que ce sacrifice sera nécessaire.
- Où sont-ils? Qu'avez-vous fait d'eux? s'enquit Élizabeth.
- Ils sont en sécurité, mais néanmoins ils sont mes prisonniers. Je n'ai que faire d'eux, contrairement à vous. Je considère que le marché est à votre avantage.
- Moi je ne trouve pas, intervint Zelenka, ce qui lui valut de nombreux regards étonnés.
Mal à l'aise, le tchèque haussa les épaules. Il n'avait jamais été un fervent partisan du commandant du Dédale, alors que Rodney était un membre indispensable à l'expédition – chose que le scientifique ne savait que trop bien.
- C'est gentil, Radek, mais je pense que « monsieur-je-me-prends-pour-le-Capitaine-Kirk » a raison.
- Quoi?! s'écrièrent en cœur tous les Atlantes présents.
- Merci pour votre confiance en mon jugement, répliqua le canadien, irrité.
Beckett prit son amant pas les épaules et se retint de justesse de le secouer comme un prunier. Il ne savait pas exactement pourquoi, mais il avait une terrible envie de lui fourrer un citron dans la bouche pour prévenir d'autres non-sens de franchir le seuil de ses lèvres.
- Rodney, j'espère que c'est parce que tu as reçu un violent coup sur la tête que tu sors de telles inepties…
- Non, je suis parfaitement conscient de ce que je dis! Mais pensez-y, on parle de centaines d'hommes et de femmes contre moi… seulement moi. Je pense que le calcul n'est pas si difficile à faire, même si vous n'avez pas mon brillant cerveau.
Un lourd silence s'installa alors dans la salle de commandement. Tous prenaient conscience de la douloureuse vérité que le canadien venait de mettre en lumière. Ils n'avaient pas le droit de condamner un nombre effarant d'innocents… mais, pour Rodney…
- Je te promets que l'on va te retrouver et que l'on va te ramener, affirma Sheppard.
- J'espère bien! murmura Rodney, le léger tremblement de sa voix trahissant sa peur et son doute.
- Je veux que vous nous rameniez nos hommes avant! ordonna Weir.
Allock baissa la tête en signe d'acquiescement et tous les disparus surgirent aux quatre coins de la salle d'embarquement. Élizabeth offrit un air désolé à Rodney, comme si elle venait de le condamner. Le scientifique lui renvoya un sourire qu'il voulait confiant, mais qui eut plutôt l'effet contraire. Radek prit alors le canadien dans ses bras et le serra si fort que Rodney dut protester, craignant l'asphyxie.
- Jamais personne ne pourra vous remplacer, Rodney, dit le tchèque d'une voix enrouée par l'émotion.
- Zelenka, je n'ai pas l'intention de vous laisser le temps de me trouver un successeur, alors assurez-vous plutôt de garder mon labo en ordre!
Radek remonta ses lunettes sur son nez en reniflant et offrit un sourire triste à McKay. Puis vint le tour de Teyla de l'étreindre. Cependant, la jeune Athosienne, la gorge serrée par l'émotion, ne put prononcer un mot. John vint poser son bras sur l'épaule de la jeune femme en signe de réconfort. Ronon, quant à lui, se contenta de lui souhaiter bonne chance en lui serrant la main, manquant de peu de lui casser les doigts.
- Bon, ça suffit, s'impatienta Allock.
La poitrine écrasée sous l'émotion et de peur de ne pas pouvoir dire adieu au seul homme qu'il n'ait jamais aimé, Carson se précipita dans les bras de Rodney et l'embrassa comme si sa vie en dépendait. Les Atlantes baissèrent les yeux par respect pour le couple, alors que l'envahisseur écarquillait les yeux sous la surprise.
- Rodney, je veux que tu le saches…
- Je sais Carson, moi aussi je t'aime, l'interrompit Rodney.
Le scientifique essuya une larme sur la joue de son médecin préféré et l'embrassa sur le bout du nez, arrachant un sourire douloureux à son amant.
- J'ai bien l'intention de revenir t'embêter, Carson, alors je t'interdis de t'approcher à moins de trois mètres de tout être sexué… tes patients mis à part, bien sûr. Et encore, surveille tes mains un peu trop baladeuses, se moqua le scientifique.
L'écossais se força à être fort et à ne pas pleurer, mais son cœur était tellement comprimé qu'il doutait d'être encore capable de respirer quand Rodney disparaîtrait de son champ de vision.
- Bien, donnez-moi la main, docteur McKay.
Le scientifique balaya son regard saphir sur ses amis. Pétrifié de peur, il leur envoya un au revoir difficile, puis s'approcha du Sholkien en lui tendant la main.
- Non! Emmenez-moi avec lui! s'écria Carson en se précipitant pour s'agripper à Rodney.
En entendant le cri de douleur de son compagnon, le scientifique se tourna vers lui. Ils échangèrent un bref regard, mais il était trop tard : dès que la main de Rodney entra en contact avec celle d'Allock, ils disparurent à leur tour dans une volute lilas. Beckett ne rencontra que le vide, au lieu du corps de l'homme qu'il aimait, et il s'effondra au sol en hurlant sa douleur et son sentiment d'injustice. Les poings serrés, il martela le sol pour évacuer sa frustration. Lorsque ses mains furent tellement endolories qu'il ne sentait même plus la douleur, le médecin se recroquevilla sur le sol et se mit à pleurer. Élizabeth se précipita pour le prendre dans ses bras, mais Carson la repoussa violemment.
- Non! Ne me touchez pas! RODNEY!!
