Disclaimer : La série, les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas. De plus, je ne retire aucun salaire de ces écrits. Je ne fais que satisfaire mon esprit tordu de fan :0P (en espérant que d'autres personnes apprécient et se divertissent ;0).
Rating : Cette fic est classée M et c'est un slash. Vous êtes prévenu(e)! ;0)
Note de l'auteure : Les "happy end", vous y croyez?
Nouvelle note pour Charlie: t'en fais pas je suis toujours en vie (quoique pleine de plis :0P), alors ne te gêne surtout pas pour laisser d'autres reviews! lol
Chapitre 9 : L'absence
Deux mois…
Deux mois qu'ils cherchaient Rodney sans relâche. Deux mois que Carson n'était plus que l'ombre de lui-même, abandonnant même ses patients à leur sort, préférant resté cloîtrer dans les quartiers de Rodney, là où il restait encore un peu de la présence du canadien, de son odeur, de son âme. Deux mois que John était irritable et se mettait en colère dès que quelqu'un osait le contredire. Deux mois que Teyla était en deuil de son ami et restait dans l'incertitude de revoir l'homme qu'elle aimait tel qu'il avait toujours été. Deux mois qu'Élizabeth travaillait comme un automate, évitant soigneusement le colonel Caldwell aussi souvent qu'elle le pouvait, car, même si elle ne l'avait jamais avoué, elle le tenait pour responsable de la disparition de Rodney. Deux mois que Radek s'enfermait dans le labo de McKay, y découvrant à chaque matin la tasse de café vide de son ancien collègue. Deux mois que le docteur Heightmeyer se démenait à tenter de garder un semblant de sang-froid devant toute cette dépression.
Deux mois que le docteur Rodney McKay avait disparu et que la cité d'Atlantis fonctionnait de travers.
Les maintes tentatives faites par les amis du docteur Beckett pour lui remonter le moral ne rencontrèrent guère de succès. Même Cadman avait tenté sa chance, mais dès que le médecin avait posé les yeux sur la petite fille de la militaire, il avait été impuissant à retenir ses larmes. Meredith… Rodney Meredith McKay. Rien ne semblait pouvoir le sortir de sa chute interminable vers l'enfer et Laura commençait à craindre le pire.
Seul Ronon semblait inébranlable. Aucune larme, aucun changement de comportement, aucun apitoiement. Il tentait d'empêcher ses amis de couler, mais, comme la psychologue, il se sentait dépassé. Rien ne semblait pouvoir leur changer les idées, pas même un solide entraînement avec Teyla, une course avec Sheppard ou encore une discussion philosophique – déjà, là, il avait fait un effort! – sur la vie et la mort avec Weir. Il ne savait plus que faire et rester inactif, ça, il ne le pouvait pas. Première émotion en deux mois : la colère. Causée par le sentiment d'impuissance, entraîné, lui, par l'injustice de la situation. Quel cercle vicieux!
La seule solution envisageable : ramener McKay au plus vite!
L'unique moyen d'y arriver : visiter toutes les planètes répertoriées comme ayant activé la Porte.
Résultat : soixante-dix-huit adresses rejetées, car connues pour être envahies par les Wraiths, mille quatre cent vingt-deux planètes à visiter et soixante-quatre astres de parcourus sans résultat.
Enfin, soixante-cinq, si John acceptait enfin le fait que Rodney n'était pas sur P4X-365, la planète qu'ils étaient actuellement en train d'explorer. Sans succès.
- Sheppard, nous marchons depuis plus de neuf heures sans avoir trouvé la moindre piste… Je crois qu'il serait enfin temps de dire qu'il n'est pas ici, tenta de nouveau le Sétidien.
Depuis que McKay avait disparu, son nom était devenu tabou. Plus personne n'osait le prononcer, de peur que quelqu'un n'explose dans une colère hallucinante ou n'éclate en sanglots déchirants.
- Cette planète est grande, Ronon… tient, puisque vous avez aussi de grandes jambes, vous devriez aller marcher devant, on arriverait peut-être au bout de cette foutue planète plus rapidement, répondit le militaire d'un ton acide.
Furieux, Dex dépassa Sheppard en lui lançant un regard assassin qui aurait même fait frémir un Wraith.
- John… ce n'est peut-être pas une très bonne idée de mettre Ronon en colère, murmura Teyla en rattrapant son amoureux qui marchait à une vitesse affolante.
- Parce qu'il fait des efforts pour ne pas me mettre en colère, lui? s'offusqua le militaire.
- Je pense que vous devriez faire des efforts tous les deux.
- Et moi je pense que tu devrais parler moins, Teyla, conclut Sheppard avec un regard noir.
L'Athosienne s'arrêta et regarda le militaire continuer d'avancer comme si elle n'existait pas. Blessée, elle sentit les larmes envahir ses yeux et elle se força à respirer profondément. John n'était plus lui-même depuis la disparition de son ami. Ce n'était donc pas vraiment contre elle qu'il était en colère, mais plutôt contre les ravisseurs qui les avaient privés de la présence du brillant scientifique.
- Ne faites pas trop attention à lui, ça lui passera, l'encouragea Miko, la scientifique japonaise qui remplaçait de nouveau Rodney au sein de SGA-1.
Emmagan lui sourit et reprit sa marche au côté de la jeune femme. Miko avant raison, elle ne devait pas trop s'en faire. Seulement, devoir supporter le caractère susceptible de John à chaque jour devenait de plus en plus pénible et la jeune femme ne savait pas combien de temps elle pourrait encore endurer ce traitement.
L'exploration se continua donc dans le plus grand des silences, personne ne désirant s'attirer de nouveau les foudres de Sheppard ou, pire, celles de Ronon. Ce n'est que lorsque le soleil commença à décliner que John ordonna qu'ils s'arrêtent pour manger un morceau en vitesse, car il voulait encore aller voir un peu plus loin avant de reprendre leur route vers la Porte. Ils désapprouvaient tous cette idée de devoir retrouver leur chemin dans le noir, mais personne n'osa émettre d'objection. Seul Dex grogna pour montrer son désaccord, mais le militaire l'ignora superbement.
Au bout de cinq courtes minutes, John se leva et somma tout le monde de lever le camp. Teyla le regarda, médusée. Elle n'avait même pas fini de faire cuire la viande! Miko soupira et se leva pour ranger les couverts qu'ils venaient à peine de sortir de leurs packs sacs. Sheppard marchait déjà vers la forêt, ignorant le fait que ses hommes traînaient derrière. La jeune Athosienne décida de terminer la cuisson de leur repas, quitte à se faire engueuler par John. Elle commençait à en avoir l'habitude…
- Où est le colonel? interrogea la scientifique lorsqu'elle se fut redressée, après avoir rangé leurs ustensiles.
- Il a pénétré dans le boisé il y a quelques secondes, répondit Ronon, qui observait tout en silence.
- Seul?
- Vous désirez peut-être aller le rejoindre?
La jeune femme ne répondit pas et préféra étudier le détecteur de vie qu'elle avait jugé bon d'emmener. La seule présence qu'elle décela fut celle du lieutenant-colonel, une trentaine de mètres plus loin. De toute évidence, le scientifique canadien n'était pas dans les parages.
- Ronon, vous entendez quelque chose? s'enquit Emmagan en constant que son ami paraissait particulièrement aux aguets.
- J'ai l'impression que Sheppard a fait une chute…
- Rien d'autre? demanda Miko.
- Aucune autre présence, si c'est ce que vous voulez insinuer.
La jeune japonaise approuva d'un signe de tête. Cela leur aurait tous suffi pour déclarer la planète comme « sans résultat », mais John était terriblement têtu.
/ Teyla, ici Sheppard. /
/ Je t'écoute, John. /
/ J'aurais besoin d'un coup de main, je me suis fourré le pied dans un stupide trou/
/ Nous arrivons. /
- Il ne m'a pas l'air de très bonne humeur, soupira l'Athosienne.
- Pour changer…, se plaignit le Sétidien.
Miko leur adressa un sourire compatissant et le trio partit en direction de la signature énergétique de John. Ils le découvrirent enfoncé dans la terre jusqu'au genou.
- Vous allez bien, colonel? s'enquit la scientifique.
- Non, répondit l'interpellé les dents serrées. Mon pied me fait un mal de chien!
Miko échangea un regard inquiet avec Teyla avant de se pencher vers un appareil de mesure pour évaluer à quelle distance ils étaient de la Porte. Pendant ce temps, Ronon et Teyla extirpèrent le leader de leur équipe de son piège. Le militaire étouffa difficilement un cri de douleur lorsque sa jambe fut de nouveau libre de ses mouvements.
- Ça m'a l'air cassé, John, nota la jeune Athosienne.
- Génial! Il ne manquait plus que ça, grogna le blessé.
- Nous en avons pour facilement deux heures de marche, avertit Miko.
- Dans ce cas, nous allons improviser un brancard.
- Je ne suis plus un enfant, je crois que je serai en mesure de me déplacer, répliqua sèchement Sheppard.
- Ce n'était pas une suggestion, répondit durement l'Athosienne. Ronon, Miko, nous allons avoir besoin de branches solides et de cordages.
Les deux interpellés approuvèrent d'un rapidement hochement de la tête. Le Sétidien partit cueillir des ramifications résistantes, alors que la scientifique entreprit de trouver des cordes dans son pack sac. Lorsqu'ils eurent déniché ce dont ils avaient besoin, Teyla les aida à construire un lit temporaire, mais qui tiendrait le coup jusqu'à la porte. Finalement, ils firent embarquer un John fulminant sur leur civière de fortune et ils entamèrent leur pénible route vers la Porte des Étoiles.
o0O0o
- C'est le code d'identification de SGA-1, madame.
- Bien, désactiver le bouclier.
L'officier s'exécuta et, quelques secondes plus tard, l'équipe fétiche d'Élizabeth passait le vortex. Le cœur de la dirigeante manqua un battement lorsqu'elle constata que John était de toute évidence blessé. Elle s'élança vers eux, descendant l'escalier lumineux à toute vitesse.
- Que s'est-il passé?
- Un accident tout bête, docteur Weir. Dans le noir, le colonel Sheppard n'a pas vu un trou dans le sol et il y est tombé.
Une touche de sarcasme semblait poindre dans la voix de Ronon. Pas étonnant, puisqu'il se disait que, lui, il n'aurait jamais emmené ses hommes visiter une planète inconnue après le coucher du soleil. Dex semblait remettre en cause le jugement de son supérieur. Néanmoins, Élizabeth soupira, heureuse que ce ne soit pas plus grave.
- Et… concernant vos recherches?
- Rien de nouveau, madame, répondit la jeune Miko en remontant ses lunettes sur son nez.
- Bien. Allez tous à l'infirmerie, prenez une bonne douche et vous viendrez me faire votre rapport par la suite.
- Bien, madame.
Après un regard pour chaque membre de SGA-1, la dirigeante d'Atlantis remonta au centre de commandement. Comme elle en avait maintenant l'habitude, elle y découvrit Radek – le scientifique venant prendre des nouvelles de l'avancement des recherches chaque fois qu'il entendait la Porte s'activer. Elle posa sur lui un regard désolé et annonça à l'officier en service que P4X-365 était classé « sans résultat ». Le tchèque soupira et se laissa lourdement tombé sur un siège. Il retira ses lunettes et passa sa main sur son visage.
- Je crois qu'un verre nous ferait du bien à tous les deux, l'invita Élizabeth.
- Je suis bien d'accord, docteur Weir.
o0O0o
Cela faisait maintenant deux bouteilles de rhum que les deux amis vidaient sans vergogne dans les quartiers du docteur Weir. Élizabeth en avait complètement oublié le débriefing qu'elle devait avoir avec SGA-1 et Radek avait catapulté aux oubliettes ses recherches sur le réacteur à énergie secondaire que le colonel Carter avait utilisé pour leur permettre de retourner sur Terre. Il ne restait que deux âmes en peine désirant escamoter pour un moment leurs divers problèmes et en particulier un des plus conséquents nommé Rodney. Ce qu'ils avaient omis de prendre en considération, par contre, c'est que plus l'on tente d'oublier quelque chose, plus l'on y pense!
- Vous croyez que nous allons le retrouver? demanda Élizabeth à brûle-pourpoint.
- Vous savez…, commença Zelenka avant de se lever en oscillant pour aller s'asseoir près de la jeune femme, je pense que Rodney est le plus bril…
- Ooooooh! s'exclama tout à coup Weir en pointant le scientifique d'une main, l'autre s'étant posé sur sa bouche pour masquer son sourire.
- Quoi?!
- Vous l'avez dit!
- Qu'est-ce que j'ai dit?
- Son nom! Vous l'avez prononcé!
Le tchèque imita son ami et plaqua rapidement ses deux mains sur sa bouche. Les Atlantes avaient presque pris des paris pour savoir qui allait craquer en premier tant tout ce qui touchait au scientifique était devenu un tabou. Et puis soudain, les deux amis éclatèrent de rire. C'était tellement ridicule, mais pourtant si nécessaire pour conserver leur peu d'équilibre. La règle d'or venait d'être brisée. Mais Élizabeth et Radek avaient depuis longtemps dépassé un seuil d'alcoolémie acceptable et, dans cet état second, leurs esprits ne voyaient plus les barrières qu'ils s'étaient imposées de la même manière. Hilares, ils s'effondrèrent au sol – somme toute pas très loin, puisqu'ils étaient déjà assis par terre, dos contre le mur. Lorsque leurs rires se furent quelque peu estompés, Élizabeth se tourna vers le scientifique et le fixa intensément.
- Quoi? demanda Zelenka, quelque peu mal à l'aise devant tant d'attention.
Sans prévenir, Weir alla s'emparer des lèvres du scientifique, qui goûtaient fortement l'alcool. Radek avait rêvé de ce moment tant de fois qu'il avait peine à croire que cela arrivait enfin. Il encadra le visage de la dirigeante d'Atlantis, savourant précieusement chaque seconde. Ils finirent tout de même par se séparer, à bout de souffle.
- Ça faisait un moment que j'avais envie de faire ça…, murmura Élizabeth.
- Je suis bien content que vous l'ayez fait.
- Je crois que l'on peut laisser tomber les « vous ».
- Je suis bien d'accord… Liz.
- Wow! Ça faisait vraiment longtemps que personne ne m'avait appelée ainsi.
Radek sourit devant l'air ému d'Élizabeth et se pencha pour goûter de nouveau ses douces lèvres. Leur baiser se fit rapidement plus insistant, plus intense. Leurs mains avaient l'irrésistible envie d'aller parcourir le corps de l'autre, mais elles restaient sagement en place, attendant l'accord de l'autre. Finalement, le scientifique tchèque repoussa doucement la jeune femme et plongea un regard sérieux – trop sérieux pour leur état d'esprit actuel – dans les yeux de la responsable d'Atlantis.
- Élizabeth Weir, je vous désire plus que tout, mais je veux m'assurer que vous êtes prête et que vous ne diriez pas oui sous l'effet d'un quelconque alcool.
Élizabeth resta sans voix un instant. Comment Radek arrivait-il à rester aussi lucide avec tout l'alcool qu'ils avaient consommé? Elle devait avouer qu'elle ne savait pas les Tchèques aussi cérémonieux, mais elle était vraiment touchée par tant de respect. Elle décida donc de jouer le jeu.
- Radek Zelenka, je serais honorée de devenir vôtre. Et je vous assure que le rhum n'a aucune incidence sur cette décision.
Un énorme sourire illumina le visage du scientifique qui alla sceller cet aveu d'un tendre baiser. Puis, doucement, il attira la jeune femme vers le lit de cette dernière – heureusement que les bouteilles étaient dans les quartiers de la dirigeante d'Atlantis plutôt qu'au mess! Maladroitement, les deux futurs amants se retirèrent mutuellement leurs vêtements. Lorsqu'ils atteignirent finalement le lit, Zelenka venait à peine de gagner la bataille contre l'agrafe du soutien-gorge d'Élizabeth. Ils éclatèrent de rire et s'allongèrent doucement. Ils n'étaient pas pressés, ils désiraient au contraire profiter pleinement de cet instant hors du commun. Élizabeth bannit son principe de « ne pas tomber amoureuse d'un homme dont j'ai la responsabilité » et Radek se dit qu'il était parfaitement heureux à ce moment précis.
o0O0o
Au même moment, un autre homme et une autre femme partageaient le même lit. Cependant, leur humeur était nettement moins joyeuse que pour les deux premiers. En effet, Laura tentait de réconforter Carson de son mieux. Mais, malgré tout ce qu'elle pouvait dire ou faire, le médecin restait inconsolable, comme il l'était depuis la disparition de Rodney.
- Carson, cela fait deux mois maintenant… Je sais que c'est difficile, mais il faut te ressaisir!
- Je ne peux pas…, geignit l'écossais, la gorge nouée par les sanglots.
- Pense un peu à tous tes patients. Ils ont besoin de toi. J'ai besoin de toi. Et Élizabeth aussi. Et Kate, et John, et Teyla, et Evan, et Katie, et…
- J'ai compris le message, la coupa-t-il, un pâle sourire étirant finalement ses lèvres. Mais je ne peux pas. Depuis que… qu'il n'est plus là, j'ai l'impression que ma vie s'est arrêtée. Je suis mort à l'intérieur, Laura, comprends-tu?
- Je sais… J'ai ressenti la même chose lorsque je t'ai perdu. Mais je suis la preuve vivante que l'on peut tourner la page et continuer à vivre. Et être heureux.
- Peut-être… Mais moi j'ignore s'il est toujours en vie. C'est insupportable.
- L'espoir, Carson. Il faut que tu gardes espoir. Il est brillant, je suis persuadée qu'il trouvera le moyen de rentrer sur Atlantis. En plus, il nous a promis de revenir nous embêter et, pour ça, je suis sûre qu'il va tenir parole!
Le médecin sourit à nouveau, ce que la militaire trouva encourageant. Cependant, l'expression de Beckett se fissura une nouvelle fois et les larmes envahirent ses yeux clairs. Carson venait de se remémorer une des longues et typiques tirades du scientifique. Cadman le serra dans ses bras, passant ses doigts dans les cheveux courts de l'écossais, exactement comme elle le faisait pour calmer sa petite fille lorsqu'elle faisait une crise de larmes.
- Chut, Carson… Ça va aller. Je te le promets.
La militaire soupira le plus discrètement qu'elle le put. Décidément, son ami était loin d'arriver à remonter la pente, même malgré ses visites chez Heightmeyer. Elle ne savait plus quoi faire pour l'aider, ce qui lui faisait craindre le pire…
o0O0o
- Bon sang, docteure, vous n'avez rien contre la douleur!
La jeune femme soupira et lança un regard noir à son patient récalcitrant, si elle avait su que remplacer Carson lui aurait attiré autant d'ennuis, elle aurait refusé quand le docteur Weir lui avait demandé de prendre temporairement le poste de l'écossais.
- Si vous ne vous calmez pas, colonel, je vous endors. Est-ce bien compris?
- Au moins, ça ne me ferait plus mal! grogna Sheppard.
La praticienne finit rapidement son plâtre, puis se dirigea vers la pharmacie de l'infirmerie. Elle en revint avec un flacon qu'elle tendit au militaire après avoir pris soin d'écrire la posologie à suivre sur l'étiquette prévue à cet effet, puis la jeune femme avertit le militaire qu'il devrait rester allongé pendant au moins vingt-quatre heures.
- Et après, évitez les efforts et revenez me voir tous les deux jours pour un suivi.
- Bien, doc'. Je peux y aller?
- Avec plaisir! rétorqua la médecin en cédant le passage au militaire.
- Trop aimable.
- Oh, colonel.
- Quoi?
- Je crois que ceci vous aidera à vous déplacer, termina la praticienne en tendant une canne au militaire.
- Merci, répondit Sheppard, même s'il ne le pensait qu'à moitié.
John pesta à voix basse en quittant finalement l'infirmerie. Il détestait se sentir ainsi diminué, mais il haïssait encore plus sa propension récente à passer ses nerfs sur les autres. La médecin avait fait de son mieux et, lui, il ne lui avait que crié dessus. Bon, cette remplaçante n'avait pas la dextérité de Beckett, mais ce n'était tout de même pas une raison pour le lui faire lourdement remarquer à chaque occasion qui se présentait. Le militaire pénétra finalement dans ses quartiers et y découvrit Teyla qui l'attendait patiemment.
- Comment vas-tu? s'enquit-elle immédiatement.
Cette femme avait une patience d'ange! Il avait été plus qu'exécrable avec elle durant les deux derniers mois. Et, elle, elle avait encaissé chaque coup sans rien dire. Oui, décidément, elle était exceptionnelle! Sheppard lui fit signe de s'approcher, ce que la brunette fit sans hésiter. Le militaire la prit dans ses bras et la serra fortement durant plusieurs secondes. Il l'embrassa finalement sur le front et plongea son regard chocolat dans celui de la belle Athosienne.
- Maintenant, je vais bien.
La jeune femme sourit. Elle comprenait tous les sous-entendus de cette simple affirmation.
- Viens, allonge-toi. As-tu besoin de quelque chose?
Le militaire obéit et attira Teyla avec lui sur le lit. La jeune femme se nicha immédiatement au creux de ses bras.
- Tout ce dont j'ai besoin pour le moment est ici.
John échangea un sourire avec l'Athosienne, puis il embrassa subrepticement le bout du nez de la jeune femme. Tout à coup, le visage du militaire se crispa.
- Qu'y a-t-il? s'inquiéta Emmagan.
- Je crois que je vais avoir besoin de ça aussi, expliqua Sheppard en montrant le flacon d'antidouleurs que la médecin lui avait prescrits.
o0O0o
Le lendemain, une étrange atmosphère régnait dans toute la cité. De furtives œillades étaient échangées ici et là et plusieurs personnes semblaient plus détendues et sereines.
En se promenant dans les couloirs d'Atlantis, Carson ne put s'empêcher de remarquer le changement. Intérieurement, il bouillonnait. Avaient-ils tous oublié Rodney? Comment pouvaient-ils paraître heureux alors que celui qui leur avait si souvent sauvé la vie était peut-être en train de subir les pires tortures? Ça ne se passerait pas comme cela! Le médecin se rendit rapidement à la salle de commandement.
- Où est le docteur Weir? demanda-t-il à l'officier en service.
- En salle de briefing avec SGA-1.
Après un rapidement signe de tête, Beckett se dirigea vers la salle de réunion et y entra sans formalité aucune. Tous les regards se tournèrent vers lui.
- Docteur Beckett? Il y a un problème? s'enquit Weir.
- Oui, Élizabeth, il y a un problème! Tout le monde sur cette stupide cité semble avoir oublié ce qui est arrivé à… ce qui lui est arrivé! Je refuse d'accepter ça!
- Personne n'a oublié, Carson, intervint John, mais la vie continue.
Le médecin se tourna brusquement vers lui, prêt à lui faire regretter ses paroles, lorsqu'il avisa sa jambe immobilisée dans un plâtre d'un blanc encore immaculé.
- Que vous est-il arrivé?
- Oh, rien. Une chute idiote lors d'une mission.
L'écossais resta muet de nombreuses secondes. Ils avaient donc tous raison… Laura, John… la vie se poursuivait. Les missions avaient lieu, les accidents arrivaient, les relations s'entretenaient et s'embellissaient et, lui… lui, il était en train de passer à côté de tout cela! Si la vie suivait son cours, est-ce que cela signifiait qu'il oubliait Rodney? Ou même qu'il l'abandonnait à son sort? Est-ce que l'un et l'autre étaient nécessairement antagonistes?
- Docteur Beckett, est-ce que vous allez bien? l'interrogea l'Athosienne.
Carson leva les yeux vers elle. Il semblait absent, encore dans ses pensées.
- Et pour…
- Nous n'abandonnerons pas, affirma John.
Beckett hocha la tête. Il avait une confiance absolue en ses amis. Ils ne laisseraient pas tomber, il en était certain maintenant. Mais cela ne voulait pas dire qu'il fallait qu'ils mettent leur vie en suspens pour autant.
- Nous nous devons d'être heureux, de continuer de vivre, mais sans perdre espoir, déclara Carson. Pour lui. Pour Rodney.
Élizabeth sourit en soutenant le regard confiant du médecin. Elle savait que tout irait bien maintenant. Certes, elle ne pensait pas que ce serait parfait en permanence. Ils auraient tous leurs hauts et leurs bas. Leurs pertes d'espoir, leurs joies et leurs surprises. Mais le plus dur était derrière eux ; ils avaient réussi à vaincre le désespoir. Oui, leur situation irait en s'améliorant, c'était certain maintenant.
