Disclaimer : La série, les personnages et les lieux ne m'appartiennent pas. De plus, je ne retire aucun salaire de ces écrits. Je ne fais que satisfaire mon esprit tordu de fan :0P (en espérant que d'autres personnes apprécient et se divertissent ;0).

Note de l'auteure: Rassurez-moi, personne n'est mort?? Je me suis dit qu'une fin un peu plus joyeuse serait plus appréciée... et serait moins dangereuse pour ma santé, hum! À noter que le début est identique au chapitre précédent, jusqu'à l'arrivée des Sholkiens, bien entendu.

Merci à tous ceux et celles qui m'ont suivie tout au long de cette fic, cela a été un plaisir (que j'espère partagé)!


Chapitre 11 : Fin alternative

La petite Meredith fêtait sa première année. Une petite fête avait été organisée en conséquence. La fillette avait fait tellement de progrès en si peu de temps : elle faisait maintenant plusieurs pas sans que personne ne l'aide, elle avait prononcé ses premiers mots et elle semblait comprendre le monde qui l'entourait bien plus qu'il n'y paraissait aux premiers abords, au plus grand dam de sa mère qui subissait les conséquences de sa vive intelligence.

Carson regardait ses amis regroupés autour de la table, chantant « Bonne fête » à la gamine, un chapeau de carton ornant chacune de leur tête. Le médecin eut un pincement de cœur en pensant à tout ce que Rodney manquait. En effet, le scientifique restait introuvable. Après avoir visité sans succès les mille quelques adresses ayant activé la Porte des Étoiles, ils avaient dû se rendre à l'évidence : l'activation étrange d'Allock n'avait pas été enregistrée dans l'ordinateur central. Apparemment, il fallait entrer les coordonnées d'une autre planète directement du clavier pour que l'adresse soit mise en mémoire. Carson avait mal pris la nouvelle, il avait failli retomber dans une profonde dépression. Heureusement, John l'avait assuré qu'il était plus têtu que cela et Heightmeyer ne l'avait plus lâché d'une semelle.

Néanmoins, leurs recherches restaient vaines et Carson ne savait plus à quoi s'accrocher. Zelenka avait même sous-entendu qu'il devrait peut-être tourner la page. L'écossais n'avait pas apprécié l'idée et il n'avait pas adressé la parole au tchèque pendant près d'un mois. Mais il avait finalement dû admettre que le scientifique n'avait pas tout à fait tort. Pouvait-il attendre Rodney à tout jamais, sans même savoir s'il était toujours en vie? Puis, le médecin tombait dans une de ses phases de culpabilité – il était devenu maître dans cet art! Il avait l'impression de trahir McKay seulement en pensant qu'il pourrait un jour refaire sa vie avec un autre. Il se mettait alors à penser qu'il était de toute façon trop vieux pour ça, que personne ne voudrait de lui vu son très joyeux état d'esprit ces derniers mois, et patati! Et patata!

Bref, Carson vivait sur une ultime étincelle d'espoir, mais ce n'était pas le moment d'y penser. Le médecin se força à revenir au présent et à faire comme tout le monde, c'est-à-dire s'attendrir sur la petite fille qui dévorait son gâteau au chocolat en étalant du glaçage partout sur ses cheveux blonds. La fillette ressemblait étonnamment à sa mère, personne n'aurait pu se douter de l'identité du père. À nouveau, le médecin pensa à Rodney : il avait tout fait pour lui faire envoyer aux oubliettes son serment sur le secret professionnel. Le canadien était la curiosité personnifiée. Carson soupira et préféra quitter le petit groupe de fêtards avant de briser l'atmosphère joyeuse. Mais son absence ne passa pas inaperçue pour tout le monde.

- Carson, est-ce que ça va?

- Oh, Laura! Oui, oui, tout va bien. Retournez auprès de votre fille, c'est un moment important pour vous deux, tenta le médecin avec un sourire qui se voulait rassurant.

- Vous mentez très mal, Carson.

Le médecin soupira et baissa les yeux. Évidemment, il avait toujours été un livre ouvert. Enfin, sauf pour Rodney, qui avait mis un temps fou à découvrir ses sentiments à son égard.

- Je n'en peux plus de cette incertitude, Laura.

- Oui, je comprends. Mais il ne faut pas se laisser abattre.

- Mais cela fait pratiquement un an! Ce n'est plus un ou deux mois, Laura! S'il avait réussi à s'en sortir, il serait déjà revenu, maintenant.

La voix du médecin se brisa sur le dernier mot. Il se força à respirer profondément et à se calmer comme le lui avait enseigné la psychologue.

- Retournez à la fête, je ne veux pas gâcher l'atmosphère. Ça va aller.

Beckett plongea son regard le plus confiant qui lui restait dans celui de la militaire et espéra de toutes ses forces que cela serait suffisant. Il avait besoin d'être seul.

- OK. Mais s'il y a quoi que ce soit, je veux que vous me promettiez de venir m'en parler.

- D'accord.

- OK. Ne baissez pas les bras, Carson, conclut la jeune femme en enlaçant le médecin.

Puis, la jeune maman retourna à la fête de sa petite fille, qui en était à être débarbouillée par Teyla. La jeune Athosienne semblait totalement sous le charme de la bambine, ce que John ne manqua pas de remarquer.

Après un dernier regard pour ses amis, Carson quitta la salle et se dirigea vers ses quartiers. Il enleva le chapeau de carton qu'il portait encore et pensa qu'il aurait aimé avoir une discussion sur les enfants avec Rodney. Une puissante vague de colère le submergea alors. C'était tellement injuste! Pourquoi ces envahisseurs étaient-ils venus leur prendre le brillant scientifique? Leur chef avait dit qu'il avait été choisi, mais choisis par qui? Pourquoi? Était-ce à cause du moustique qui l'avait piqué et qui lui avait inoculé cet étrange gène qui lui avait donné de puissants pouvoirs? L'emmenait-il pour le tuer? L'utiliser? Toutes ces questions sans réponses frustraient le médecin à un point inimaginable. Cela le rongeait depuis trop longtemps.

Carson venait d'ouvrir la porte de ses quartiers lorsqu'il entendit l'alerte signalant une activation non programmée de la Porte.

o0O0o

Lorsqu'il arriva dans la salle de contrôle, Carson constata que tout le monde présent à la petite fête organisée pour Meredith était présent… la fillette y comprise, confortablement lovée dans les bras de sa mère.

- Avez-vous un code d'identification? demanda Élizabeth en essayant de se rappeler quelles équipes étaient en mission en ce moment.

- Non, madame, aucun.

La dirigeante d'Atlantis décocha un regard surpris à l'officier en service. C'était fort peu habituel de recevoir des visiteurs inconnus, surtout depuis qu'Atlantis était supposément officiellement détruite.

- Recevez-vous une transmission?

- Non, madame... Mais il y a un transfert d'énergie! Quelqu'un arrive! s'alarma l'officier.

- Quoi?! Mais ils vont s'écraser sur le bouclier! s'écria John.

Avant qu'Élizabeth ait le temps d'ordonner de lever le bouclier pour empêcher la mort de potentiels innocents, un groupe restreint de personnes traversa ledit bouclier sans un problème, comme s'il n'avait été qu'une vulgaire illusion.

- Mais qu'est-ce…, commença John.

- Ce sont les Sholkiens, expliqua Carson, sa voix teintée d'une colère non dissimulée.

La réaction des Atlantes ne se fit pas attendre. Laura confia sa fille à Carson et, comme les autres militaires, elle sortit son arme et se dirigea vers les intrus qui avaient enlevé Rodney un an auparavant. Le médecin plissa les yeux en direction des visiteurs peu désirés et remit Meredith à Zelenka sans lui demander son avis. Le tchèque regarda la fillette, désemparé, ne sachant comment agir avec un bébé. Heureusement pour lui, la gamine sembla trouver ses lunettes très amusantes et il n'eut pas à faire grand-chose pour la tenir occupée – et, accessoirement, tranquille.

- Qu'avez-vous fait du docteur McKay? demanda Élizabeth, qui se tenait en retrait derrière la ligne défensive de militaires qui pointaient leurs armes sur les intrus.

Les Sholkiens se tournèrent vers la Porte et Allock traversa à son tour le vortex, rapidement suivi par Rodney qui n'avait pas changé d'un poil – il portait même encore les mêmes vêtements que lorsqu'il avait disparu! Carson écarquilla les yeux en constatant que son amant était toujours en vie et, semblait-il à première vue, en parfaite santé. Il voulut se précipiter vers le scientifique, mais John le retint par le bras, l'empêchant ainsi de peut-être se jeter tête baissée dans un piège.

McKay ne semblait pas encore avoir remarqué leur présence. Il fixait avec ébahissement le bouclier qu'il venait de traverser sans problème, tentant de recréer le phénomène en sens inverse, lorsqu'il fut interpellé par John.

- Rodney?!

Le canadien porta finalement son attention vers ses amis, un large sourire s'affichant alors sur son visage.

- Alors, je vous ai manqué?

- Rodney? réitéra Sheppard, presque stupidement, alors que tous les autres membres de l'expédition semblaient être devenus subitement muets.

- Qui d'autre voulez-vous que ce soit? E.T.?

- Le corps du docteur McKay a mal supporté l'extraction des données, c'est pourquoi nous n'avais pas pu revenir avant, expliqua Allock, en constatant que les Atlantes semblaient ne rien comprendre à la situation.

- Quelles données? interrogea Beckett.

- Celles que Espia numéro un, notre prototype d'espionnage, avait récoltées en s'intégrant au système du docteur McKay. Voyez-vous, mon peuple se meurt, car au fil des siècles, notre système immunitaire s'est grandement affaibli, contrairement à celui des humains. Mon peuple s'est beaucoup trop reposé sur la technologie, au détriment de la nature, conclut le Sholkien avec un sourire plein de sagesse.

- Rodney, vous allez bien?

- Je ne me suis jamais senti aussi bien de toute ma vie, Élizabeth! Je crois que je pourrais remplacer un E2PZ en ce moment! s'exclama le scientifique, visiblement plus excité et enthousiaste qu'à son habitude.

- Oui, bien, tu vas d'abord aller passer un examen complet à l'infirmerie avant d'avancer de telles conclusions, intervint Beckett.

- Je vois que tu n'as pas changé en mon absence, Carson, grimaça le scientifique qui trouvait qu'il avait déjà servi bien trop souvent de cobaye ces derniers temps.

L'écossais ne répliqua pas, ce que Rodney trouva étrange. Ce n'était pas dans l'habitude de Carson de ne pas répondre à ses piques. Le scientifique tenta d'interroger silencieusement le médecin en plongeant son regard dans le sien, mais ce qu'il perçut dans les yeux de Carson le laissa stupéfait. Le regard océan de l'écossais semblait avoir perdu cette étincelle de vie qui le rendait si magnétique. Rodney se promit d'avoir une sérieuse discussion avec son amant.

- Je sais que notre dernière rencontre ne s'est pas très bien déroulée, continua Allock en parcourant du regard la ligne de militaires qui pointaient toujours leurs armes sur les Sholkiens, mais sachez que notre visite n'était pas hostile. Nous étions pressés par le temps, ce qui explique notre réaction quelque peu excessive. Vous me voyez navré que nos relations aient mal débuté. Me permettrez-vous de tenter d'y remédier?

John tiqua. Il n'était pas convaincu, mais la décision ne lui revenait pas. Et il était certain qu'Élizabeth, en bonne diplomate, accepterait d'écouter les Sholkiens. Il se promit tout de même de garder un œil sur ces traîtres. Un rapide regard vers Ronon et Teyla lui confirma que ses deux amis nourrissaient des doutes similaires.

- Bien sûr, suivez-moi, la salle de réunion est sans doute un endroit plus adéquat pour discuter, répondit sans surprise le docteur Weir en jetant un regard circulaire à la pièce.

SGA-1, Carson et Zelenka, qui avait remis la petite Meredith à sa mère, emboîtèrent naturellement le pas à Élizabeth. En suivant le groupe, Rodney croisa le regard de Cadman. Elle semblait lui faire des reproches, ce qui était un peu logique puisqu'il était parti assez précipitamment et qu'il n'avait pas donné de nouvelles depuis. Mais il avait fait ça pour sauver des centaines de vie, que diable! Peut-être que cela avait un rapport avec Carson? Rodney remarqua alors la gamine qui jouait avec les plaques militaires de la jeune femme. Ses yeux s'agrandirent comme des soucoupes. Était-ce Meredith? Non, c'était impossible : lorsqu'il était parti avec Allock, elle n'avait qu'un ou deux mois!

- Depuis combien de temps suis-je parti? demanda McKay dès qu'ils eurent tous pris place dans la salle de briefing.

Un silence tomba alors sur la petite assemblée. Les Atlantes échangèrent des regards mal à l'aise, ce qui n'était jamais bon signe.

- Onze mois et douze jours, exactement, finit par répondre Carson, sa voix n'étant plus qu'un murmure.

- Quoi?! s'écria Rodney. C'est impossible! Je ne suis parti qu'une semaine, tout au plus.

- Nous ne vivons pas sur le même plan temporel que cette planète, expliqua Allock.

Un nouveau silence envahit la pièce. Rodney réalisait à peine l'étendue de cette révélation. Qu'avait-il manqué durant cette année? Carson était-il avec quelqu'un d'autre? Est-ce que c'était l'explication à son étrange comportement et à son air abattu? McKay n'entendit même pas le reste de la conversation entre Allock et Élizabeth ; il était trop perdu dans ses pensées. Il perçut vaguement les mots « alliance » et « échange », mais pour le moment, il s'en fichait éperdument. Tout ce qu'il voulait, c'était se retrouver seul avec Beckett et le bombarder de questions. Cet air morose ne ressemblait pas au Carson qu'il connaissait et il ne voulait qu'une chose : le voir sourire à nouveau. Il avait passé une semaine séparé de son médecin préféré et cela lui avait paru être une véritable torture. Il n'imaginait pas ce que Carson avait enduré à l'attendre une année complète. Enfin, s'il l'avait attendu.

Rodney soupira presque lorsque les deux dirigeants se levèrent pour se serrer la main, scellant ainsi leur nouvelle alliance. Les Atlantes accompagnèrent les Sholkiens jusqu'à la Porte. Leurs nouveaux alliés sourirent et les saluèrent une dernière fois avant de partir dans un nuage de fumée violette.

- C'est rapide comme moyen de transport, nota Zelenka.

- Mais pas très pratique pour nous. On n'a aucune idée de la localisation de leur planète, souligna John.

- Nous avons cependant un moyen de les contacter, intervint Élizabeth en montrant une petite pierre mauve qui tenait au creux de sa main. Bon, maintenant Rodney, vous allez faire un tour à l'infirmerie.

- Avec plaisir! s'exclama le scientifique, tout sourire, ce qui surpris toute l'assemblée.

- Quel enthousiasme, Rodney, se moqua John, son regard passant de McKay à Carson, apportant ainsi pour plusieurs une explication à l'étrange comportement du scientifique.

Rodney quitta la salle d'embarquement en marmonnant des paroles inintelligibles et fut rapidement suivi par Carson qui lança un regard noir au militaire.

- J'espère que Carson va aller mieux, maintenant, murmura Laura Cadman.

o0O0o

Carson n'avait pas prononcé un mot depuis le début de l'examen de Rodney, ce qui avait le don d'exaspérer le scientifique.

- Bon, tu vas te décider à me parler ou tu es déterminé à me bouder jusqu'à la fin des temps?

- Je ne vois pas ce que tu veux dire, répliqua l'écossais sans le regarder.

- Tu agis comme un enfant, Carson!

- Pas du tout. Je fais mon travail de façon professionnelle, tout simplement.

- Oh, alors maintenant professionnel rime avec impersonnel pour toi?

- Tu as raté beaucoup de choses en un an, Rodney.

- Alors, dis-moi tout ce que j'ai manqué! Tu sais, c'est pénible pour moi aussi. Je croyais n'être parti que quelques jours et j'apprends que des mois se sont écoulés! Tu m'as atrocement manqué durant ces quelques jours, mais je n'imagine pas ce que toi tu as dû enduré…

Carson plongea son regard dans celui de Rodney pour la première fois depuis son retour.

- Tu as dû me croire mort…

Le scientifique ne finit jamais sa phrase. Il ne voulait pas aller au bout de sa pensée. Et si Carson l'avait vraiment cru mort et qu'il avait décidé de continuer sa vie avec quelqu'un d'autre, comment réagirait-il? Le supporterait-il?

- Oui, c'est vrai, j'ai pensé que je t'avais perdu, commença le médecin en regardant intensément Rodney, mais j'ai essayé de garder espoir. Tu ne sais pas par quel enfer je suis passé : est-ce que tu étais mort, torturé ou en bonne santé? Qui étaient ces personnes qui t'avaient enlevé? Dans quel lieu t'avaient-ils emmené? Allais-tu revenir? Le pouvais-tu? Je n'ai pas cessé de me poser mille et une questions auxquelles personne n'avait de réponse. Je crois que Kate n'a jamais vu un de ses patients aussi souvent!

- Et tu m'en veux?

- Si je t'en veux? Tu es le pire des imbéciles, Rodney Meredith McKay! Tu es parti sans même penser à ceux que tu laissais derrière!

- Mais…

- Non, je ne veux pas d'argument! Je sais pourquoi tu as fait ça et je sais que c'était la bonne décision, mais je t'en veux quand même.

Rodney sourit. Carson ne lui en tenait pas réellement rancœur, il avait seulement énormément souffert lorsqu'il avait disparu. Si leurs positions avaient été inversées, il aurait sans doute réagi de la même façon.

- Je suis désolé. Je te promets de ne plus jamais suivre les étrangers, se moqua le canadien.

- Je le répète : tu es le pire des idiots, sourit Carson.

Rodney agrippa le sarrau du médecin et l'attira doucement vers lui.

- Tu m'as terriblement manqué, mon petit écossais moralisateur préféré, murmura-t-il avant de déposer ses lèvres sur celles qui lui avaient tant fait défaut ces derniers jours.

- Pourquoi je sens que ce n'est pas la dernière fois que je vais devoir te faire la morale?

- Parce que je dois mettre ma précieuse vie en danger pratiquement à tous les jours pour sauver cette fabuleuse cité?

- Rassure-moi, tu n'as plus de pouvoirs surhumains qui t'incitent à la délinquance?

- Je les aimais bien ces pouvoirs, moi, se rembrunit le scientifique.

- Et moi je t'aime au naturel, trancha Beckett.

- N'empêche que j'étais nettement plus efficace avec quelques qualifications en plus. Pas que j'en aie réellement besoin, étant donné que j'ai déjà un Q.I. considérablement au-dessus de la moyenne, mais…

- Oui, Superman, je crois que j'ai saisi, le coupa le médecin en réprimandant un sourire. Va plutôt demander à Zelenka de te mettre à jour des découvertes qu'il a faites au lieu de réquisitionner mon infirmerie.

- C'est devenu une manie de me couper, soupira McKay.

- Il faut bien que quelqu'un le fasse! se moqua Beckett. Allez, fais ce que ton médecin te demande : ouste!

- À une seule condition.

- Rodney…

- Ce soir…

- Oui, je sais, je n'ai pas oublié. On se voit dans tes quartiers, confirma Carson en chuchotant – toute la cité n'avait pas besoin d'être au courant, après tout!

Satisfait, le scientifique embrassa une dernière fois son amant avant de quitter l'infirmerie. Cependant, il n'eut pas le temps de faire deux pas que quelqu'un l'agrippait par le col de son t-shirt et l'emmenait dans un transporteur vide.

- Cadman?!

La militaire tenait toujours sa fille dans ses bras, mais elle semblait presque avoir oublié sa présence. Elle fusillait le scientifique canadien du regard avec une telle intensité que McKay fut soulagé de voir qu'elle n'avait pas d'arme.

« Qu'est-ce que j'ai encore fait? », se demanda Rodney, qui aurait préféré disparaître à cet instant précis.

- Je vous jure sur la tête de ma fille que si vous faites encore souffrir Carson, je vous tue de mes propres mains, est-ce bien clair?

La militaire avait l'air sérieuse – beaucoup trop sérieuse! Rodney préféra ne rien dire pour ne pas attiser la colère de la jeune femme.

- Vous ne savez pas par quoi nous sommes tous passés! Élizabeth s'occupait si peu de la Cité qu'on est passé tout près de la catastrophe, John était devenu tellement agressif que plus personne n'osait l'approcher, Teyla ressemblait à une veuve éplorée tellement elle était abandonnée par John, Radek a dû reprendre tout le département scientifique alors qu'il n'y était pas préparé, Kate a bien failli s'enfuir en courant devant la masse de patients qui faisaient la file devant sa porte et je ne vous parle pas de Carson… j'ai bien cru que j'allais le perdre!

- Qu'est-ce que vous voulez dire? s'inquiéta Rodney.

- Il est tombé dans une dépression qui ne semblait pas avoir de fin. J'ai eu peur qu'il se suicide tellement il était malheureux sans vous – bon, je ne prétends pas tout comprendre, surtout pas ça, mais bon, passons. Alors, je…

La militaire s'interrompit en voyant l'air choqué de Rodney. Elle ne pensait pas que son petit discours aurait autant d'effet sur le scientifique qui, habituellement, pensait à lui en premier. De toute évidence, elle avait sous-estimé l'attachement mutuel des deux hommes.

- Alors, je vais vous surveiller, docteur McKay. Et si vous blessez Carson d'une quelconque façon, vous aurez affaire à moi!

- Non… enfin, oui… euh, ce que j'essaie de dire c'est que vous n'avez pas à vous inquiéter, ça n'arrivera pas… enfin, plus jamais.

- Bien.

- Euh… je peux sortir maintenant.

- Oh, oui!

La militaire appuya sur le panneau de contrôle dans la zone des quartiers des Atlantes. Lorsque les portes s'ouvrirent finalement, Rodney sortit précipitamment, lança un rapide regard à la jeune femme et lui offrit un sourire crispé avant de disparaître. Laura sourit fièrement, contente que son plan ait marché mieux qu'elle l'espérait.

- Maman sourit! s'exclama la petite Meredith.

- Oui, ma chérie, maman est contente. Tout va bien aller, maintenant, répondit Laura en embrassant sa fille sur la tempe.