Et voilà le tant attendu (ahem) chapitre 5
Cette fic est écrite jusqu'au chapitre 8 mais étant donné le manque de commentaires, je ne posterai de nouveau chapitres que lors de mes mises à jour de ma fic sur helling: innocence.
Sur ceux, peu nombreux mais nobles lecteurs, je vous souhaite un très bon chapitre
Chapitre 5: dans les bras d'une mère...
La caresse d'une pétale de fleur sur sa joue le réveilla. Il sentit immédiatement le doux parfum sucré de la rose qui lui titillait agréablement les narines.
Il était au chaud, en sécurité, et nul ne pourrait jamais l'atteindre dans le cocon qui l'abritait. Sur sa joue, une main légère comme une plume de cygne et tout aussi blanche, était posée. Ses doigts semblaient parcourir un chemin connu depuis des siècles alors qu'ils caressaient son visage avec tendresse.
Une chanson s'éleva dans l'air, une mélodie harmonieuse qui alourdissait petit à petit les paupières de l'enfant, le faisant glisser progressivement vers un sommeil réparateur.
Il se sentit soulevé par des bras puissants et la douce chaleur du sein de sa mère disparut pour ne laisser que l'âpreté de l'odeur du sang sur une veste rêche. Mais comme la berceuse continua, le bébé garda les yeux fermés, en confiance, et s'endormit.
A son réveil, l'enfant était seul au monde...
Naruto ouvrit les yeux, le corps couvert de sueur. Ce rêve avait été bien différent des autres, et l'harmonie de ce moment perdurait encore un peu dans son coeur.
Ce sentiment de plénitude, il ne le connaissait pas. C'était nouveau pour lui... Ou plutôt il ne l'avait pas expérimenté depuis au moins vingt ans, se dit il, amer.
Il s'était toujours demandé si ses parents l'avaient aimé, ou si ils l'avaient laissé derrière eux sans regrets. Peut être ce rêve était il une chimère qu'il s'était créé inconsciemment pour que son esprit ne se brise pas, mais l'homme enfant qu'il était devenu ne se posait pas autant de questions. Ce qu'il avait ressenti cette nuit là était bien réel, et cela lui réchauffait le coeur.
Sa maman l'avait aimé, et elle avait même chanté pour lui, pour le rassurer. Une larme de joie roula sur la joue de Naruto et alla se perdre dans le tissu blanc de l'oreiller.
Petit à petit, le jeune garçon se souvint de où il était et pourquoi il avait fini là. Il serra les dents en faisant jouer ses muscles ankylosés sous les lourdes chaînes, tout en jetant un coup d'oeil circonspect à son environnement.
Kakashi n'était plus à son chevet, et la chambre était vide, mais Naruto devina la présence de deux individus au chakra à peine voilé derrière la porte. On voulait qu'il sache qu'il était sous surveillance, et pas sous n'importe laquelle.
Le ninja blond détestait être entravé. Il commença à s'agiter nerveusement sur son lit, cherchant à faire céder ses liens, qui semblaient être faits de métal et de chakra entremêlés. Autant dire qu'avec se force actuelle, c'était peine perdue. Mais il persévéra, sentant sa colère et sa frustration grandir de minutes en minutes.
Soudain, il cessa de bouger. Ses émotions étaient trop fortes et il sentait l'haleine sulfureuse de son démon intérieur sur sa nuque, prêt à bondir hors de lui pour massacrer toute personne qui serait sur son chemin.
"Non!" cria t'il en lui même, "Tu ne m'auras pas comme ça, charogne!!! Je ne te laisserait pas faire ce que tu veux de moi!!"
"Tu ne comprend donc pas, misérable ver de terre?" gronda la bête de sa voix sourde, "Le sceau se fragilise d'heure en heure, et quand ce fichu parchemin sera enfin détruit, je ne ferai qu'une bouchée de toi... Puis ensuite, j'irais égorger sous tes yeux impuissants le moindre de tes amis!!"
"Jamais!!" Hurla Naruto, et dans un élan de force désespérée, il rompit ses chaînes et sauta par la fenêtre dans un vacarme de verre brisé.
Le jeune homme, habillé d'une simple chemise d'hôpital le faisant ressembler à un spectre grotesque, fuit de toute la vitesse dont ses jambes étaient capables. Il s'éclipsait de toit en toit, sans un bruit, sous la lumière blafarde de la lune.
Au bout de quelques minutes, le ninja sauta par dessus le mur d'enceinte du village... Et stoppa net.
Il était au centre d'un champ de bataille impressionnant. Tous les arbres étaient couchés au sol, comme pour saluer une divinité quelconque, et semblaient avoir été passés au chalumeau. Aucune vie n'était visible ou perceptible à des kilomètres à la ronde, autant végétale que animale.
L'extrême désolation du lieu eu raison du reste de santé mentale qui faisait encore tenir le jeune blond, et il tomba a genoux, hébété.
C'était lui qui avait fait ça? Combien étaient effectivement morts de sa main? Trouverait-il un jour la force de vaincre cette malédiction qui avait été imposée à lui alors qu'il apprenait à peine à respirer?
Trouverait-il un jour quelqu'un qui l'aimerait?
"Tu es un idiot" se dit-il à haute voix, comme pour rompre un genjutsu. "Bien sûr que tu as des personnes qui t'aiment, tu as tes amis, Kakashi sensei, Sakura chan, Tsunade no baa chan, Shikamaru, Lee... et même Neiji. Et puis tu as ta famille, celle que tu t'es créée. Tu as Hinata chan, ta femme si belle et si forte maintenant. Elle à affronté tout son clan pour être à tes côtés, et connaissant les Hyuuga, ça a pas dû être une sinécure. Si ça c'est pas de l'amour, mais alors qu'est ce que c'est?"
Il s'assit en tailleur sur un rocher plat et se mit à réfléchir. Il fut presque tenté de former le "signe" spécial de son ami le génie avec ses mains, mais il se dit que cela ne marcherait sûrement qu'avec Shika-le-super-cerveau-qui-combine-des-stratégies-à-s'en-taper-les-fesses-par-terre...
Il fallait absolument qu'il trouve le moyen de renforcer le sceau de Kyuubi, mais il ne voyait pas trop comment. Il ne savait même pas utiliser les techniques d'emprisonnement, et il ne savait pas qui pourrait les lui apprendre à l'heure actuelle. Yondaime, bien sûr, n'était pas là pour recommencer, et Sandaime, la seule autre personne à l'avoir déjà utilisée, était parti lui aussi...
Le ninja qui avait été le sensei de Yondaime... Jiraya sama, son bien aimé Ero Sennin... n'était pas là non plus...
Naruto déglutit. Une personne avait renforcé le sceau un fois, empêchant la filtration du chakra démoniaque se mêlant habituellement au sien de façon provisoire... Il doutait fortement que Celui Là l'aiderait un jour, de plus, il n'était plus en état de faire ce genre de choses actuellement.
Yondaime avait-il laissé des traces de ses connaissances en la matière? Tsunade no baa chan saurait sûrement, mais laisserait-elle de telles informations entre les mains d'un jinchuuriki instable? Il n'en était pas sûr. De plus, retourner au village signifiait certainement un nouveau séjour enchaîné sur un lit d'hôpital, et cela il ne pouvait le permettre.
Plongé comme il l'était dans ses pensées, il ne remarqua pas au début qu'il était observé. Puis, petit à petit, ses sens aiguisés l'alertèrent.
Trop tard!! Avant qu'il ne le réalise, ils étaient sur lui, boules de fureur sauvage grognantes, pleines de dents, de griffes et de poils.
Naruto bondit, ses réflexes légèrement émoussés par la semaine d'immobilité qu'il venait de subir contre son gré. Toutefois, ce fut suffisant pour qu'il puisse mettre une bonne distance entre ses agresseurs et lui.
Lentement, il les détailla, mesurant leur force du regard. Ils étaient 5 loups gris mesurant près de 1m30 au garrot, leur musculature fine mais puissante se dessinait sous leur fourrure épaisse. Leurs yeux jaunes reflétaient une profonde sauvagerie et sur leur front brillait doucement un croissant de lune argenté. Ils semblaient maintenant attendre un mouvement de leur proie pour fondre sur elle, tout leur corps se bandant comme un arc vers le jeune homme.
Après quelques instants, à la surprise du ninja, une voix rauque se fit entendre derrière la meute:
"Ninpo! Tsuki no Aika!!"
(La lamentation de la lune)
Les loups se mirent à hurler tous ensemble, modulant leurs voix pour créer un chant funèbre et mélancolique.
Les paupières de Naruto étaient soudainement si lourdes... Il était si fatigué de lutter contre lui même, il avait tant besoin de repos. Doucement, comme dans un songe, l'enfant de Konoha se laissa glisser au sol...
Et alors qu'il sentait sous sa peau la douce fourrure chaude de la bête qui l'emmenait au loin, il entendit dans sa tête la berceuse de l'ange...
