Réponse aux 3 reviewers (de plus en plus nombreux, hum hum, sans vouloir me vanter)

Tyto : Et bien à dans 15 jours alors! ; ) Tu auras de la lecture comme ça! Mais je ne pense pas que ma fic sera déjà finie... A ton avis, en quoi Minerva peut-elle se déguiser ? Un certain camouflage avec des moustache... ça ne te dit rien ? Réfléchis bien avant de lire les premières lignes du chapitre 3, rien que pour te rendre fière de te savoir fidèle à un de tes persos préférés... Sinon tu ne rencontreras malheureusement pas de Résistantsconnus de la 2nd GM, même si j'ai beaucoup réfléchi sur le fait d'introduire Jean Moulin... Mais cette idée est écartée depuis longtemps.

Demoniak Angel : Ahah ! (dit sur un ton de découverte soudaine de l'assassin ayant utilisé le marteau-scie dans le salon, le doigt pointésur le colonel Moutarde parmis l'assemblée du manoir mis en quarantaine sous un orage menaçant tandis qu'un coup de tonnerre éclate dans le ciel lourd et noir) (Souffle un bon coup)Ca me fait plaisir de te retrouver ici poulette ! Elle te plait alors cette fic ? Ne t'en fait pas pour le suspens... (tambours s'il vous plait) ta faim sera écourtée... Ton ardeur calmée... Ta soif étanchée... Car EN EFFET (stop tambours) tu sauras exactement le prix que vallait un café en 1944! (si si) (incroyable n'est-ce pas) ; )

Hortence : Merci pour la présicion lol ! Mais comment ai-je pu être aussi sénile... Honte à moi honte à moi honte à moi... Je vais apprendre par coeur le passage dès que ma cousine me rendra le tome 2, c'est promis... En tout cas j'espère que cette histoire de Grindelwald te plaira !

Bonne troisième lecture les gens !


- - - - -CHAPITRE 3 - - - - -

MAUVAISE POSTURE

Le groupe d'espions n'avait donc aucune idée de l'endroit où commencer à chercher… Comme avait aimé le répéter Yarley avant qu'ils ne commencent leurs recherches, ils ressemblaient à un petit groupe de souris à la poursuite du chat rare parmi des milliers d'autres chats. Sur ces mots, Minerva avait répliqué froidement que des souris ne poursuivraient jamais un chat. Ne s'avouant pas vaincu, Yarley lui avait demandé ce qu'elle pouvait bien connaître en chat et en souris. Minerva l'avait alors fixé de son regard froid, et s'était transformée en un félin devant leurs yeux exorbités. Le chat tigré qui avait pris sa place regardait Yarley avec un air hautement supérieur. Minerva était une Animagus.

"Bien… Avait dit Yarley en reprenant ses esprits. Mais ça ne prouve pas que les souris ne poursuivent pas les chats !"

Susan sortit de la rue Marguerite. Elle venait de quitter le quartier général des sorciers anglais, la maison qu'un vieux sorcier français avait mis à leur disposition. Comme la veille, revêtue d'une robe simple de moldue, elle portait d'un bras un sac à main cachant ses précieuses affaires, et dans l'autre un chat tigré qui semblait étrangement exaspéré.

"Essayez d'être un peu plus… chat, Minerva," chuchota Susan en tournant le coin d'une autre rue.

Le chat poussa un miaulement froid et sa queue frappa l'air avec mauvaise humeur. Susan avait était prévenue, Minerva avait horreur qu'on la prenne pour un vulgaire chat, pour un simple animal. Très vite les deux sorcières atteignirent un quartier de commerces chics beaucoup fréquenté par les moldus français et surveillé de près par les soldats allemands. Dispersés par petites troupes, ces derniers marchaient de long en large devant une bâtisse somptueuse et imposante, du style victorien. C'était là que les ennemis moldus avaient établi leur quartier général. Susan sentit alors une petite tape sur son épaule. Portant toujours Minerva dans ses bras, elle tourna la tête mais ne vit personne près d'elle.

"Je rentre…" Chuchota alors Alastor Maugrey sous sa cape d'invisibilité.

Susan, en continuant de marcher, devina son compagnon se frayer un passage parmi les passants et les soldats, puis passer enfin la porte impressionnante du bâtiment ennemi. La jeune femme entendit alors un camion rouler derrière elle. Couleur vert kaki, il la doubla et s'arrêta non loin devant. Plusieurs allemands en descendirent, écartèrent la bâche qui tenait guise de porte arrière, et sortirent plusieurs grosses caisses du coffre. Un autre soldat passa derrière eux et referma les rideaux verts. Puis ils s'éloignèrent vers leur quartier.

"Prête ?" Chuchota Susan.

Le chat tigré lui donna une douce caresse de la queue en signe d'approbation. Susan se dirigea vers le camion et le frôla. Arrivée à la hauteur de la bâche, le chat glissa silencieusement de ses bras pour disparaître entre les rideaux dans l'obscurité du coffre. Susan risqua un coup d'œil derrière elle. Personne n'avait rien remarqué. Elle continua alors de remonter la rue comme si elle se promenait simplement. Quelques secondes plus tard, le camion en question redémarra et la doubla à nouveau, continuant sa route à travers Paris. Susan aperçut une queue tigrée s'échapper d'en dessous la bâche puis disparaître à nouveau.

Deux des sorciers avaient donc commencé leur espionnage avec succès. La mission de Susan consistait simplement, comme Manadra et Arthur Smethwyck, à repérer les endroits qui paraissaient beaucoup fréquentés par les allemands. Le couple d'anciens professeurs surveillait l'autre partie du centre de la ville. Quand à la jeune femme, elle se demandait à ce moment précis où pourrait-elle aller pour rester à la fois invisible et garder une bonne vision de la rue dans laquelle elle se trouvait. C'est alors que la plaque d'un café lui sauta aux yeux. La Tulipe Rouge lui faisait face. Quand on la regardait bien, la bâtisse paraissait fine et allongée, constituée de trois étages qui visiblement ne servaient pas aux clients. Ses briques sombres semblaient vouloir se cacher des maisons et magasins qui la côtoyaient tellement l'immeuble était reculé par rapport aux autres. On aurait dit une vieille personne renfrognée à la vue des passants. Susan hésita un instant. Au fond d'elle-même, elle désirait plus que tout pousser une deuxième fois la porte du café. Elle voulait en apprendre plus sur le jeune anglais… Elle regarda les fenêtres du bâtiment et remarqua qu'une vitre du café était bien dégagée et donnait une bonne vue sur la rue, contrairement aux fenêtres des étages qui étaient obstruées par des planches grossièrement clouées. Si Susan se plaçait à une table voisine de cette vitre, elle pourrait continuer à surveiller les allées et venues des soldats moldus allemands…

Sa main se posa sur la poignée et elle entra dans les lieux, dans un son de petites clochettes. Le café était rempli de monde, beaucoup plus que la veille. Si bien que personne ne fit attention à elle. Susan se rendit alors compte que ce monde n'était pratiquement composé que de soldats allemands. Elle les avait immédiatement repérés, habillés de leur uniforme strict et vert. Elle zigzagua entre les tables et les sièges peu entretenus, cherchant rapidement des yeux le jeune inconnu. Mais il n'était plus au fond de la pièce. Trois allemands riaient bruyamment à cette place. Légèrement déçue, mais n'oubliant pas pour autant sa mission, elle passa devant le comptoir et commanda un café en montrant la plaque des boissons. Puis elle se dirigea vers la seule table libre voisinant la fenêtre qu'elle avait repérée et s'y installa.

Très vite le gérant lui apporta son café, et jeta un rapide regard noir vers deux autres soldats allemands de la table voisine. Visiblement, il ne supportait pas leur présence. Susan les regarda également, tournant sa cuillère dans son café. Ces Allemands… Ils n'avaient pas du tout l'air d'être gênés d'empiéter sur un territoire qui ne leur appartenait pas. Ils parlaient, riaient, regardaient les français comme si leur place à eux n'était pas dans ce pays, dans leur propre pays. Susan porta la tasse à ses lèvres, but une gorgée et fit la grimace. Décidément, elle trouvait cette boisson beaucoup trop forte à son goût. Un simple thé anglais l'aurait vraiment réconfortée sur cette terre étrangère… Soudain des yeux bleus vifs croisèrent son regard. Susan s'étouffa à moitié, avala sa gorgée de travers et toussota.

Le jeune homme blond, l'inconnu qu'elle cherchait, était assis seul à une table voisine aux deux allemands et la surveillait, immobile, la tête légèrement de côté. Il finit par froncer les sourcils et se redressa comme pour partir. Ou comme pour se diriger vers elle.

Rougissant jusqu'aux oreilles, le cerveau en alerte, Susan regarda ailleurs, et fit semblant de s'intéresser à une affiche représentant le dessin d'une femme qui soulevait son jupon et dansait le french cancan.

Est-ce qu'il s'approchait ? La jeune femme n'osa même pas jeter un nouveau coup d'œil vers lui, c'était peut-être le signe qu'il attendait. Susan continua de regarder l'affiche. Elle trouvait pitoyable qu'aucune image, même un simple dessin, ne se mettait en mouvement dans le monde des moldus… Au bout d'un long moment, ne pouvant faire semblant plus longtemps de s'intéresser à cette publicité pour un spectacle, elle risqua un autre regard vers l'inconnu. Celui-ci discutait à présent avec un autre jeune homme brun qui venait de le rejoindre. C'était sans doute pour cette raison qu'il s'était levé. Soulagée, le cœur léger comme une plume, Susan essaya d'écouter leur conversation mais ils parlaient si bas qu'elle n'entendait strictement aucun son provenir de leur bouche. Pourtant, elle voulait à tout prix savoir ce qu'ils se disaient. Si le jeune homme savait que le Führer n'était pas celui que les moldus croyaient, il devait savoir beaucoup d'autres choses secrètes… Risquant le tout pour le tout, elle glissa une main dans son sac qu'elle avait posé sur la banquette près d'elle, et en ressortit sa baguette magique. Aussi discrètement que possible, elle la posa à plat sur la table, et, l'air de rien, la pointa vers les deux hommes.

"Auscultare discum," murmura-t-elle d'une voix à peine audible.

Aussitôt, ce fut comme si l'on avait fait taire toutes les personnes du café. Leurs lèvres continuaient de bouger, mais aucun son n'en sortait. Susan n'entendait que la voix des deux hommes qui raisonnait distinctement dans ses oreilles.

"Combien seront-ils ?" Demandait le jeune homme blond, en anglais à nouveau.

"Presque une vingtaine… Tous près à servir la cause," répondit l'autre.

"Une vingtaine… C'est parfait…"

Susan vit le jeune homme blond regarder les deux allemands près d'eux pour s'assurer qu'ils n'entendaient pas. Il n'était vraiment pas désagréable à regarder. Susan le dévisagea bien, et se rendit compte qu'il n'avait pas de traits d'anglais… Seul son bel accent laissait deviner sa nationalité.

"Assure-toi qu'ils viendront à l'endroit qui était convenu," dit-t-il.

"Ne t'en fait pas, on fait comme c'était prévu…"

Une idée traversa soudain l'esprit de la sorcière. Et s'ils étaient en train de parler de la cérémonie de Grindelwald ? Mais cette idée était peut-être un peu trop vite conclue… Rien ne prouvait que ces hommes parlent bien de ça… De plus, Grindelwald n'inviterait certainement pas des moldus à une réunion secrète, il les détestaient plus que tout, et ne s'en servait que pour ses fins politiques.

"EST-CE QUE VOUS DESIREZ AUTRE CHOSE ?" Hurla soudain une voix en langue française à l'oreille de Susan.

La jeune femme sursauta et poussa un cri étouffé. La voix du barman, amplifiée par le sortilège, venait de lui frôler la crise cardiaque. Mais son mouvement brusque et sa surprise annulèrent le sort qu'elle venait de lancer, et de nouveau le mélange des discussions résonna dans le café. Le gérant, planté à côté d'elle, tenait une cafetière d'une main et montra la tasse vide de Susan de l'autre. Cette dernière, le cœur battant la chamade, fit non de la tête et fouilla dans son sac à main, à la recherche de monnaie française pour payer son café. N'ayant toujours aucune idée de la valeur des pièces, elle en ressortit tout ce qu'on lui avait donné pour sa mission et fourra l'argent dans la main libre du gérant d'un geste peu délicat. Ce dernier fixa un petit moment les pièces d'or et d'argent qui débordaient presque de sa large main, l'air complètement hébété.

"C'est une plaisanterie ?" Demanda-t-il enfin.

Susan se tourna vers le barman, et, croyant qu'il lui proposait autre chose avec son ton interrogatif, fit un geste dédaigneux de la main pour se débarrasser de lui, comme on se débarrasse d'une mouche trop gênante. Elle ne prit pas compte du petit rire du français qui s'éloignait déjà, en fourrant les 1200 (anciens) francs dans son tablier à rayure. La jeune femme calma peu à peu sa respiration un peu trop saccadée, déglutit avec difficulté, et regarda autour d'elle. Son cri de surprise avait attiré quelques regards, très vite détournés.

Elle regarda ensuite les deux allemands assis près d'elle et remarqua que l'un d'eux la fixait étrangement. Son regard était suspicieux, et se posa bientôt sur la main de Susan. Celle-ci s'aperçut avec horreur qu'elle tenait sa baguette magique pointée vers le haut, bien visible. Durant un instant son cerveau fut incapable de fonctionner. Ne pas paniquer, c'est la première chose qui parait le plus suspect. Elle se demanda quelle excuse pourrait bien lui servir pour expliquer la présence de la baguette. La première chose qui lui vint à l'esprit était particulièrement stupide. Elle leva les bras, ramena ses cheveux en un chignon et y planta son instrument. Une baguette magique en guise de barrette, ce n'était pas très subtile, mais magnifiquement simple… Elle reprit sa tasse de café vide et fit semblant d'en boire la dernière goutte. Le soldat détourna les yeux et reprit très vite sa discussion. Elle venait de l'échapper belle, mais ne tenta pas le diable. Elle ne préféra pas risquer sa mission une deuxième fois, et sortit de la Tulipe Rouge sans un coup d'œil derrière elle.

La jeune sorcière, les cheveux toujours relevés sur sa nuque grâce à sa baguette, quitta la rue bondée de soldats allemands, et descendit une longue rue commerçante pleine de moldus français à cette heure de la journée. Bien assez éloignée du café, elle décida d'enlever sa baguette. Ses longs cheveux auburn tombèrent en cascade sur ses épaules. Elle rangea son instrument dans son sac à main moldu, car sa robe, contrairement aux robes de sorciers, ne comprenait aucune poche utile.

Puis elle se mit à réfléchir sur ce qu'elle allait faire à présent. Du peu qu'elle ait pu voir, elle doutait fort que Grindelwald apparaîtrait avec sa horde de Partisans dans ce coin de Paris… Elle décida alors de trouver un endroit sûr pour pouvoir transplaner, loin du regard des moldus, afin de retourner au quartier général et recevoir d'autres ordres. Elle repéra une ruelle déserte du coin de l'œil. Elle y tourna, et la traversa pour se retrouver dans une seconde ruelle encore plus étroite qui finissait en cul de sac. Pas un chien ne s'y trouvait, pas une fenêtre pour laisser échapper un regard trop curieux, simplement des poubelles débordantes d'ordure qui bordaient contre les murs de brique. Alors qu'elle s'apprêtait à regarder derrière elle pour être tout à fait sûre que personne ne pouvait la voir, quelqu'un l'attrapa soudain au bras et la plaqua brutalement contre un mur.

"Lâchez-moi !" Cria-t-elle en se débattant, sentant son cœur battre la chamade.

"Je savais que vous parliez anglais," dit alors l'homme qui la maintenait fermement.