Réponse aux reviewers

Demoniak Angel : Bien trouvé pour le garçon ; ) mdr, c'était si transparent que ça ? Il va falloir que je travaille un peu plus mon sens du mystère... Sinon Susan est loin d'être stupîde, espèce de méchante fille bva ! Tu verras qu'elle sait mieux manier la baguette magique que toi, ingrate : D

Alana Chantelune : J'espère aussi que ma fic va continuer à te plaire... Ca me fait plaisir en tout cas, et j'espère que ma "construction" ne te feras pas fuir !

Bonne quatrième lecture !


- - - - -CHAPITRE 4 - - - - -

LE FRANCAIS

Susan, stupéfaite, s'immobilisa. Les yeux bleus, le visage aux traits fins, les cheveux blonds, elle reconnut le jeune homme de la Tulipe rouge. Il l'avait suivie depuis qu'elle était sortie du café. De près, elle était certaine qu'il ne devait pas avoir plus que son âge. Durant quelques secondes, elle fut incapable de prononcer un mot. Elle essaya d'échapper de son étreinte mais le jeune homme avait une poigne de fer.

"Qu'est-ce que vous voulez ?" S'exclama-t-elle alors, le cœur battant à tout rompre.

"Savoir ce que vous, vous voulez… Répondit-il simplement. Qui êtes-vous ?"

"Ca ne vous regarde pas du tout, répondit-elle en sentant la colère remplacer la surprise. Vous n'avez aucun droit de me retenir !"

"Et vous vous n'avez aucun droit d'espionner les gens. Je vous ai vu au café. C'est la deuxième fois que vous écoutez mes conversations. De quel côté êtes-vous ?"

"De quel côté ?" Répéta Susan, surprise.

"Vous êtes avec les soldats Allemands ? La Gestapo ?"

"Quoi ? S'exclama-t-elle. Jamais !"

Le jeune homme la considéra un instant, d'un œil plus que suspicieux, puis reprit la parole, en baissant d'un ton, sans la relâcher.

"Leurs espions se faufilent partout… Dit-il. Ils sont tous autour de nous. Leurs collaborateurs sont de plus en plus nombreux, et la France s'est déjà plus d'une fois vendue… Alors je ne vois pas pourquoi une anglaise ne le ferait pas."

Susan resta bouche bée. Mais elle se reprit très vite.

"Qu'est-ce qui vous fait dire que je suis anglaise ?"

"Vous avez un trop bel accent pour ne pas l'être."

"Vous aussi je trouve…" Rétorqua-t-elle en haussant un sourcil, d'un air soupçonneux.

L'homme resta un cours instant en plein désarroi, mais se ressaisit très vite.

"Je ne suis pas un anglais…" Dit-il sèchement.

"Alors pourquoi parlez-vous anglais avec des français ?"

"C'est pour ne pas être compris si des allemands nous surprenait… Ils parlent rarement cette langue. Mais… De toute façon ça ne vous regarde pas !"

Il relâcha Susan et attrapa son sac à main pour le fouiller.

"Arrêtez ! Cria-t-elle. Lâchez ça !"

L'homme redressa la tête.

"Vous avez l'air effrayé… Ca veut dire que vous cachez quelque chose."

Bien sûr qu'elle cachait quelque chose ! Elle avait dans son sac des objets appartenant au monde des sorciers ! Voyant qu'elle conservait son air pétrifié, l'homme afficha un sourire vainqueur et fouilla son sac. Bientôt il en ressortit une longue plume blanche.

"Une plume ? Demanda-t-il. Pourquoi avez-vous une plume dans votre sac ? A moins que… A moins que ce ne soit un code secret…"

"N'importe quoi," se défendit aussitôt Susan en levant un sourcil d'un air supérieur.

Elle ne dit rien d'autre car elle ne savait pas du tout quelle excuse trouver. Elle ne s'était jamais retrouvée dans ce genre de situation. Elle voulut attraper sa plume mais l'inconnu esquiva son geste et continua de sortir les objets du sac.

"Du rouge à lèvres, une bouteille d'encre, du papier… Mais… ce n'est pas du papier," remarqua-t-il en sortant un rouleau.

"C'est du parchemin ! Répliqua Susan en l'attrapant au passage. Vous voyez bien que je n'ai rien !"

"Du parchemin ? S'étonna l'homme. Et de l'encre ? Vous allez peut-être me dire que vous écrivez à la plume comme à l'ancienne maintenant ? Et ça… Qu'est-ce que c'est ? Un bâton en bois ?"

En tenant toujours le sac d'une main, il sortit la baguette magique de l'autre et l'examina.

"C'est quoi ? Une cravache ? A quoi ça vous sert ?"

"A donner une correction à des hommes de votre genre ! Répondit-elle en attrapant son sac et ses affaires et en rangeant le tout. Vous voyez que je n'ai rien, alors maintenant laissez-moi partir !"

"Pourquoi m'écoutiez-vous ?" Insista l'inconnu en lui barrant la route.

"Parce que… Parce que je ne m'attendais pas à trouver un anglais ici…"

"Je ne suis pas anglais, répéta le jeune homme. Mon père l'était mais j'ai vécu en France. D'ailleurs… Comment avez-vous fait pour passer le barrage ? Aucun anglais ne peut s'aventurer ici… Surtout pas à Paris. A moins qu'il ne soit de mèche avec les nazis."

Susan ignorait complètement qu'il y avait un barrage entre la France et la Grande-Bretagne. Cette fois-ci, elle ne pouvait donner aucune excuse… A moins qu'elle ne dise la vérité…

"Je suis arrivée ici… comme par magie," répondit-elle avec un léger sourire mystérieux.

L'homme cligna des yeux.

"Vous êtes donc de mèche avec les nazis…"

"Non ! S'emporta-t-elle. Je préfèrerai mourir plutôt que de voir l'Europe entre les mains d'un monstre !"

Le français fit un léger pas en arrière. Il semblait en plein combat intérieur. Si elle voulait vraiment le convaincre, c'était le moment pour Susan d'insister.

"Je suis tout sauf de leur côté. C'est vrai, je vous ai entendu parler au café… Avoua-t-elle. La première fois, c'était un accident. Mais la deuxième, c'était pour m'assurer de quelque chose…"

"Quelle chose ?" Demanda aussitôt l'homme en fronçant les sourcils.

"Comment savez-vous que le Führer n'est pas celui qu'il prétend être ?"

Le jeune français écarquilla soudain les yeux, comme s'il venait de recevoir un sort en pleine figure.

"Vous êtes au courant ! Souffla-t-il en fronçant à nouveau les sourcils. Mais… Comment ?"

Cette fois-ci, ce fut au tour de Susan de s'inquiéter. Elle ne pouvait quand même pas lui dire… D'ailleurs pour l'instant elle n'avait pas eu de preuves qui lui montrent de quel côté il était. Mais heureusement elle n'eut pas à répondre.

"Si vous n'êtes pas de leur côté… Continua l'homme. Ca veut dire que vous êtes du nôtre… De quel réseau faites-vous partie ? Un qui se situe à Londres peut-être ?"

"Quoi… Un réseau ? S'étonna Susan. De quoi parlez-vous ?"

"De la Résistance bien sûr !" S'exclama aussitôt le jeune français avec un large sourire.

Ils marchaient à présent dans la foule de Paris. Susan suivait le jeune homme, docilement, la tête baissée, noyée dans sa surprise.

Il existait donc une Résistance en France… Ce pays n'était tout compte fait pas totalement soumis aux ennemis. Elle qui croyait mettre les pieds dans une seconde Allemagne, c'était au contraire un pays encore capable de se défendre ! A présent elle regardait ce qu'il y avait autour d'elle d'un œil différent. Certes il y avait sûrement des français qui négociaient avec les allemands, mais il y en avait d'autres en quête de leur propre liberté… Comme ce jeune homme qu'elle suivait à l'aveuglette. Peut-être alors que si Grindelwald était arrêté, les moldus seraient capables de rétablir l'ordre sur leurs terres…

Elle se heurta à lui. Il venait de s'arrêter et regardait sur sa droite.

"Où m'emmenez-vous ?" Demanda-t-elle, perplexe.

"Parlez moins fort, dit-il à voix basse en se tournant vers elle. Si un soldat vous entend parler anglais, je n'ose même pas imaginer ce qui se passera… Je suis en train de chercher un coin tranquille où nous pourrons parler librement."

Susan préféra se taire durant le reste du chemin. Ils traversèrent la route, prirent une autre rue et atterrirent sur le bord de la Seine. Ils passèrent sur un pont et continuèrent de traverser Paris. Plus ils avançaient, plus les rues se faisaient désertes et moins les immeubles étaient imposants.

"Vous vivez à Paris ?" Demanda Susan en s'assurant qu'il n'y avait personne aux alentours.

"Pas vraiment… je viens de l'Ouest de la France. Mais je fais semblant d'habiter ici … pour un certain travail, si vous voyez ce que je veux dire."

"Je vois oui…" Répondit-elle avec un sourire en coin.

"Et vous, vous êtes ici depuis longtemps ?"

"Non, trois jours à peine…"

Le jeune homme s'arrêta net.

"Mais alors… Comment avez-vous fait pour ne pas vous faire prendre par les allemands ? Il y a des contrôles tout autour de la ville depuis plusieurs mois !"

Susan hocha la tête avec un sourire désolé.

"Je crains ne pas pouvoir vous le dire… Venir ici par magie ça ne vous a pas convaincu ?" Demanda-t-elle sur un ton joueur.

"S'il y avait vraiment de la magie en ce monde, je pense qu'on s'en servirait pour arrêter tous ces massacres, répondit-il en tournant dans une autre petite rue. Et tant qu'à faire pour supprimer la pauvreté, la famine et l'oppression dans le monde entier."

"Je ne pense pas que ce soit aussi simple que ça," répliqua Susan, beaucoup plus sérieuse que lui.

Le jeune homme la regarda quelques instants, essayant de comprendre où elle voulait en venir, puis leva la tête vers la rue qui s'étendait devant eux. Entre plusieurs maisons à deux étages, où de rares magasins se disputaient le trottoir au rez-de-chaussée, une belle musique entraînante, typiquement française, provenant d'un petit groupe de musiciens, s'échappait depuis la grande terrasse d'un café qu'un petit monde occupait.

"Ici ce sera parfait," murmura-t-il dans un sourire.

"Un coin tranquille ?" Répéta Susan, inquiète, tandis qu'ils s'avançaient vers le café.

"Il n'y a aucun Allemand. Par contre il y a du monde, il y a du mouvement, il y a du bruit, c'est justement parfait pour rester inaperçus…"