Note : Et non vous ne rêvez pas les gens, ce que vous avez devant vous est bel et bien le nouveau chapitre de Grindelwald attendu depuis 54 jours exactement… Mais bon, vous savez ce que c'est, les vacances sont là, l'auteur s'en va, elle revient en coup de vent, elle profite du beau temps… (Non attendez ça c'était seulement dans mes rêves) Et pour ne rien arranger son ordinateur en profite pour succomber aux tortures que je lui inflige et il a fallut changer des pièces… Enfin bref !

Réponses aux reviewers

Demoniak Angel: Je tiens tout d'abord à te remercier chaleureusement chère Partner, car sans toi ce chapitre ne serait pas le même ! Tu t'es très bien intégrée dans ton nouveau job de correctrice (je trouve plus le mot anglais que je comprenais pas ;) ) et t'as même réussi à m'ouvrir les yeux sur un moment important de l'histoire qui aurait pu nuire à ma réputation ;D Merci + merci comme tu dis si bien !

Babar-inHogwards: Lol merci beaucoup pour le pastiche ça me fait plaisir ! Vraiment désolée de pas avoir fait de mise à jour avant !

Alana chantelune: Merci beaucoup, et pour comprendre la réaction de Susan, il te suffit de lire ce chapitre... ;)
Bon, pour la question du nom de famille Prewett, j'avoue que c'est une question posée au mauvais moment pour l'instant, sinon je risque de faire un petit spoiler... (Une seule info pour une pensée qui vous traverse peut-être l'esprit : Bertrand n'est pas un sorcier)

Tyto27:Hello! Chui désolée pour cette fin "très cruelle" et encore plus désolée pour l'attente... lol oui moi aussi je trouve que Bertrand et Susan sont très mimi à deux ;) mais bon pour la question du traître qui se cacherait peut-être chez Bertrand il ne vaut mieux pas que je réponde... Laissez-moi faire mon intrigue ! Lol

Frudule: Waouh tous ces reviews à chaque chapitre, c'est très sympa Par contre tu t'es légèrement trompée sur Minerva: elle n'est pas encore professeur à cette époque, elle sort juste de Poudlard en compagnie du personnage Yarley, ils ont le même âge. Et dit donc, on dirait bien que tu veux vraiment ton Tom... huhuhu... (se scotch la bouche pour ne rien dévoiler)

Hortence: ressort ses yeux de chat potté J'espère que tu n'es pas trop... en colère pour le big retard que j'ai pris...! Mais au moins j'ai pris du temps pour ce chapitre, et pour ceux qui vont suivre... grâce à ma correctrice (Demoniak Angel) je me suis rendue compte qu'il y avait plein de trucs qui clochaient avant... Enfin voilà je pense maintenant que ce chapitre 6 est beaucoup mieux que la première version.

Cachou: Ouais t'as raison, j'avoue que mes chapitres sont plutôt courts par rapport aux autres fanfictions, mais bon j'ai déjà lu des fanfic qui étaient tellement longues que ça m'a vraiment soulé... (Faut dire que le contenue de l'histoire n'aidait pas non plus) Ça a du avoir un impact psychologique chez moi, je sais pas trop. Mais j'te promets que j'essaierai de faire un peu plus long dorénavant ;)

Merci encore à tous d'apprécier cette histoire! Allez assez de blabla, extinction des lumières, ouverture des rideaux, et que le spectacle commence!


- - - - -CHAPITRE 6 - - - - -

MERLIN ET SON MAÎTRE

Bertrand recula d'un pas, considéra Susan un court instant, puis explosa de rire, attirant l'attention de quelques danseurs amusés. Susan regretta ses paroles. C'était comme si ces quatre simples mots lui avaient brûlé les lèvres pour sortir, mais maintenant, c'était le rire de Bertrand qui lui glaçait la poitrine. Elle se trouvait particulièrement idiote. Elle était perdue au beau milieu de Paris avec un français qu'elle connaissait à peine, et elle lui avait révélé l'un des plus vieux secrets du monde. Même si aucun sorcier n'assistait à la scène, elle avait l'impression de voir des centaines de regards noirs, de doigts pointés sur elle. Dévoiler leur monde n'était bien sûr pas interdit par le Ministère de la magie, mais cela demandait une certaine réflexion, une remise en cause, une assurance que l'avenir ne révèle pas d'effets néfastes. Et elle, Susan Derwent, diplômée journaliste, élève de bon niveau à Poudlard, élevée par des grands-parents consciencieux, loin du monde moldu, venait de révéler à un presque inconnu que son sang était magique. Stupide. Elle pensait valoir mieux que ça.

Ils restèrent silencieux quelques instants, plantés au milieu de la piste de danse, face à face. Un large sourire fendait le visage de Bertrand, mais ses yeux montrait qu'il ne comprenait pas où Susan voulait en venir. Elle pensa alors qu'il était temps de partir tout de suite de ce café, loin, très loin de lui, avant de s'enfoncer dans sa bêtise. Elle se força à adopter un léger sourire, sur le ton de la plaisanterie, mais en vain. Elle se sentait mal à l'aise. Elle finit par briser le pont qui s'était dressé entre elle et lui, tourna le dos à Bertrand avant d'attraper son sac et quitta la terrasse, sans qu'elle l'entende appeler après elle. C'était mieux ainsi.

Les jours suivants effacèrent peu à peu de la conscience de Susan cette sensation de honte. Non seulement la honte d'avoir révéler un secret gardé farouchement depuis des siècles et des siècles, mais aussi la honte qu'elle ressentait en se demandant ce que Bertrand, moldu ignorant, avait dû penser d'une jeune femme qui lui dit être une sorcière, puis qui s'efface presque immédiatement en se fondant dans la foule, et en le laissant planté sur une piste de danse, les bras ballants. Elle en était venue à conclure qu'elle avait simplement dû se faire passer pour une idiote. Une folle alliée. Une malade mentale aux séquelles incurables échappée d'un asile lointain.

Plus d'une semaine passa ainsi et Susan n'y pensa presque plus, concentrée dans sa mission, même si rien de nouveau ne se présentait. Aucun sorcier n'avait pu découvrir quoique ce soit qui ait un rapport avec la sorcellerie. Minerva McGonagall avait juste fait remarquer que les soldats allemands conduisaient leurs véhicules comme de parfaits…

"… crétins irresponsables !" S'était-elle exclamée, tandis qu'elle soignait une vilaine blessure au-dessus de son sourcil droit.

"On m'appelle ?" Avait alors demandé Yarley, le sourire aux lèvres, en les rejoignant dans le petit salon.

Les Alliés ne trouvèrent donc aucune trace de sorcellerie parmi les ennemis de la France, mais ils ne baissaient pas les bras pour autant, bien que la grisaille des jours commençait à peser sur eux.

Dans la petite foule matinale, Susan grimpa les quelques marches d'une ruelle et se retrouva sur un place publique qui faisait face à un imposant bâtiment. Ses murs beiges baignaient dans la lumière du soleil, les fenêtres et les portes étaient condamnées. Susan savait que c'était à cause de la présence des Allemands. Il s'agissait d'un musée et on avait emporté les œuvres d'art les plus importantes afin de les mettre en sureté. C'était Alastor qui était allé vérifier le bâtiment, que les moldus appelaient le Musée du Louvre, mais il en était revenu les mains vides.

La jeune sorcière passa à côté de l'immeuble et longea la Seine en direction d'un grand parc qui se trouvait derrière le musée. Lorsqu'elle y pénétra, elle vit au lointain une étrange statue. Pas aussi grande que la Tour Effel que Susan avait croisée quelques minutes auparavant, mais elle avait la forme d'un obélisque, et lorsqu'elle traversa le parc, elle se rendit compte que c'était bel et bien une colonne égyptienne. Les hiéroglyphes étaient visibles d'où elle se trouvait. Il était impressionnant, mais Susan ne voyait pas très bien ce que ce décor d'Egypte faisait au beau milieu d'une rue française… En regardant autour d'elle, elle remarqua qu'un banc était libre non loin, à l'ombre d'un arbre. Elle s'en approcha et s'installa tranquillement. Puis elle sortit un livre de son sac à main, pris au hasard dans la bibliothèque du quartier général, et l'ouvrit, en gardant un œil sur ce qui se passait autour d'elle. Telle était sa mission ce matin là : surveiller simplement cette zone, repérer le mouvement des Allemands, chercher ce qui semblait surnaturel… Sous le ciel sans nuages, cette matinée ressemblait à toutes les autres. Les moldus se promenaient main dans la main, ou s'asseyaient en groupe sur l'herbe fraiche du parc en discutant. Des chiens couraient autour d'eux en remuant la queue. Quelqu'un vint s'asseoir à ses côtés, et pour lui faire de la place, Susan se décala un peu en gardant les yeux sur son livre. Elle essayait tant bien que mal de déchiffrer les mots français qu'elle lisait, mais elle n'arrivait pas à comprendre leur sens. Elle tourna une page.

"Je croyais que tu ne parlais pas le français ?"

Susan sursauta en levant la tête de son livre. Il était là, vêtu de son habituelle veste beige, assis tranquillement à ses côtés, les coudes sur le dossier du banc, l'air décontracté. Lui, Bertrand, celui qui lui fit perdre ses moyens pour la deuxième fois depuis qu'elle le connaissait.

"Mais…je ne sais pas… enfin, c'est…c'est juste pour…"

"Pour faire semblant ? Interrompit le Français. Je t'en pris, je ne voulais pas te déranger, tu peux continuer…"

Mais Susan referma le livre. Ce n'était plus la peine de jouer son jeu, pas tant qu'il était là. Elle garda les yeux à terre, et essaya de reprendre le contrôle d'elle-même.

"Je ne pensais pas te voir ici," dit-elle.

"Ne crois pas que je t'ai suivi, répliqua Bertrand, je promène simplement Merlin ici tous les matins…"

La jeune femme baissa les yeux de l'autre côté du banc et remarqua un magnifique labrador aux poils couleur sable allongé aux pieds de son maître. Dès qu'il sentit un regard posé sur lui, il leva la tête, la regarda de ses yeux humides et remua la queue, comme pour lui dire bonjour.

"Il est magnifique…"

Il y eut quelques secondes de lourd silence.

"Tu as de la chance d'avoir une vie à côté de la Résistance," reprit Susan en pensant à ses journées à elle qui n'étaient construites qu'autour de sa mission.

"Ce n'est pas vraiment le cas, répondit Bertrand en caressant la tête de son chien. Merlin est lui aussi un Résistant engagé… Il a déjà risqué sa vie plusieurs fois pour la bonne cause… Il m'a d'ailleurs déjà sauvé la vie."

Susan tourna la tête vers Bertrand. Il paraissait soucieux pour son animal de compagnie. C'était attendrissant à voir.

"Vos animaux vous aident ?"

"Bien sûr, quand ils en sont capables, répondit Bertrand, amusé par la surprise de Susan. Les plus intelligents comme Merlin nous aident souvent à porter des messages, ou à donner des signaux… Je sais que d'autres utilisent aussi des chevaux, des chats, et bien sûr des pigeons."

Susan pensa aussitôt aux hiboux que les sorciers utilisaient habituellement pour leurs courriers, mais elle ne dit rien. Elle ne voulait plus reparler de ce qu'elle lui avait dit ce fameux soir. Elle se mit soudain à repenser à la façon dont Bertrand l'avait embrassée, et elle sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine.

"Pourquoi es-tu partie aussi précipitamment du café ?" Demanda soudain le jeune français.

Les mains de Susan devinrent moites.

"C'est que… Je devais retourner au quartier général, on m'attendait…"

"Tu sais ici, un au revoir, ça ne coûte rien…"

Il lui sourit comme pour la mettre en confiance, mais elle détourna la tête, le cœur tambourinant dans sa poitrine.

"Je suis retourné plusieurs fois à La Tulipe Rouge, mais tu n'es plus revenue."

Susan avait en effet évité ce quartier. Elle avait surtout voulu l'éviter lui.

"Je suis désolée…"

Il y eu un autre moment de silence gênant. Merlin, comme pour détendre l'atmosphère, se redressa sur ses quatre pattes, s'étira un long moment, puis s'approcha de Susan et posa sa gueule sur ses genoux. Attendrie, la jeune femme le caressa derrière l'oreille.

"Est-ce que ta mission avance ici ?" Demanda-t-il soudain.

Elle se tourna vers lui, le regard peiné.

"Non pas vraiment… Pas du tout, en fait… Mais nous nous étions préparés à ça."

"Ainsi va la Résistance, récita-t-il comme pour lui-même. Nous essuyons nous aussi la plupart du temps des échecs… Le plus pénible, c'est quand des camarades se font attrapés ou tués sur place. On se sent parfois totalement impuissants face aux Allemands."

Merlin leva les yeux vers son maître comme s'il ressentait sa peine.

"Surtout, fais bien attention à toi…" Ajouta-t-il.

Sa main glissa sur celle de Susan. Son cœur fit un autre bond dans sa poitrine. Mais elle ne retira pas la sienne. Lorsqu'elle le regarda dans les yeux, elle se rendit compte que ce geste la réconfortait. Leurs doigts s'entremêlèrent.

"Ne t'en fais pas, nous avons les moyens de nous défendre…"

"Avec tes pouvoirs magiques ?" Dit-il soudain sur le ton de la rigolade.

Mais il perdit son sourire quand il vit Susan se figer. Leurs mains se quittèrent. Merlin poussa un faible gémissement en tournant la tête. Susan le caressa à nouveau mais son geste fit tomber son livre à terre. Bertrand se baissa et le ramassa.

"Bertrand, surtout, oublie ce que je t'ai dit l'autre soir…"

"Tu veux dire, quand tu as dit que tu étais une sorcière ?" Demanda-t-il en fronçant les sourcils, l'air attentif.

"Oui, c'était étrange, continua-t-elle en se forçant à rire, mais ça m'a pris comme ça… Enfin bref, tu ferais mieux d'oublier tout ça bien vite…"

"Je crois que je vais avoir du mal."

Susan se figea à nouveau et tourna la tête vers lui. Il avait les yeux baissés sur la couverture du livre.

"Est-ce que tu sais de quoi ça parle ?"

"Non, répondit-elle," le souffle coupé, en devinant soudain la nature du bouquin.

"Ce livre a pour titre Essai sur les charmes et sortilèges du dix-neuvième siècle…"

Sans prendre le temps de réfléchir, Susan lui prit aussitôt le livre des mains et le flanqua dans son sac. Son geste fut si rapide que Bertrand n'eut même pas le temps de la voir faire.

"N'y pense plus, dit aussitôt la jeune sorcière. Il appartient à celui qui nous accueille, c'est une très vieille personne… Ce bouquin doit avoir été trouvé dans une vieille braderie ou…ou une librairie miteuse…"

Elle se rendit compte que ses mains tremblaient. Elle s'agrippa à son sac à main et se leva en prenant la direction de l'obélisque.

"Je dois y aller, on m'attend au quartier général," mentit-elle sans se tourner vers lui.

Mais Bertrand se leva d'un bond et la rattrapa.

"Non, attend, tu…tu ne peux pas partir si vite… Je pensais qu'on aurait pu parler."

Elle se tourna vers lui en continuant à marcher.

"On a déjà parlé de la Résistance, tu l'as compris comme moi, nous ne pouvons rien nous échanger."

"Ce n'est pas pour ça que je veux que tu restes."

"Alors pourquoi ?"

Bertrand sembla pris au dépourvu et ralentit son allure.

"Et bien, je pensais que tu le saurais… Avoua-t-il en la rattrapant. Tu…tu m'intrigues, voilà tout…"

Susan leva à nouveau la tête vers lui. Il avait forcément compris qu'elle n'était pas quelqu'un comme lui.

"Ne dis pas ça… Laisse-moi maintenant… Je dois rentrer."

Elle regarda devant elle. Ils étaient arrivés à la sortie du parc.

"Attends, Susan, s'il te plait, ne pars pas comme ça. Je ne veux pas que ça fasse comme la chanson…"

Elle s'immobilisa, se souvenant des paroles de la chanson française. Elle savait qu'elle non plus ne voulait pas que ça se finisse ainsi. Mais c'était impossible, il ne pourrait jamais comprendre qui elle était vraiment. Et elle le connaissait depuis si peu de temps… Elle reprit sa route et sortit de l'espace de promenade. Elle ne l'entendit pas la rattraper, et se surprit à le regretter.