HELLOOOOWWWWWWWW !

(se jette à terre, à l'abri des poignards, tomates, et autres objets volants)

Oula, tout doux tout doux… Oui bon OK je sais j'ai été super longue, mais la correction a UN PEU trainé en longueur… (jette un coup d'œil bien noir vers la correctrice en question) ET puis bon j'ai été absente tout le mois de juillet pour un ptit boulot d'été bien sympa sur Annecy et je viens de rentrer ( aime bien raconter sa vie)

Mais voilà maintenant que tous ces vils obstacles sont remontés, place au reviews !

Kanrya: Euh, ohayo ! lol la prochaine fois j'espère que t'auras la main plus habile pour envoyer des coms comme ça jpourrais avoir la fin ;)

Regnaluob:milles pardons regnaluob, pitié, pitié, aie pitié de moi, aie pitié de ma famille, aie pitié de mon chien ! Tu sais j'ai voulu publier ce chapitre avant le mois de juillet, mais voilà c'est la faute à demoniak angel ! c'est elle qui m'envoyait pas la correction ! S'il doit y avoir quelqu'un sur l'échafaud C'EST ELLE !

Sinon, à par ça, ça me fait plaisir que ma fic te plaise ! J'espère vous revoir toi et ta ptite voix ;) (oh, surtout, oublie pas tes cachets !) (sinon les monsieurs en chemises blanches vont pas être contents… muahaha) (jte taquine hein)

Cachou: Bon, pour l'explosion, PEUT ETRE qu'il y en aura quelques unes… j'avais justement envie de mettre Paris en ruine… alors puisque tu me le demande si gentiment…

NON MAIS CA VA PAS LA TETE ? Genre madame arrive avec ses grands airs… et comme madame VEUT une explosion, on est SENSES lui faire une explosion ! Et puis quoi encore ?

Loool ;)

Bon pour la porte t'en fait pas ils vont finir par l'ouvrir (tiens en parlant d'explosions… bref) et pour ta minute de voyance de la dernière fois… à toi de vérifier !

Steamboat Willie: Oui je sais tout le monde me reproche la petitesse de mes chapitres :S Mais jfais des efforts ! Mes prochains chapitres seront plus longs que les premiers publiés… un grand pas pour l'humanité tout ça… lol j'espère que ça continuera à te plaire

bigzapper: Je sais c'est trop court… (tombe à genoux les bras en l'air) AYEZ PITIE DE MOA ! Mais ils sont de plus en plus longs sachez-le… jfais des efforts vous en faites pas… bonne lecture ;)

emmaD: Oui oui oui en effet c'est bien le grand-père de Sirius en personne… Vois la chance que tu as de le rencontrer ;) Et en effet tu vas le revoir, mais jme tais quand aux conditions :X

Quant à Dumbledore, et oui c'était une blague, jte fais grâce de chercher midi à quatorze heures :D

Tyto27: Merci ça fait plaisir d'en voir qui continue à suivre l'histoire J'espère que ça continuera à vous plaire ! En tout cas pour Minerva, elle va un peu s'imposer dans les prochains chapitres… mais j'en dit pas plus.

demoniak angel: Et voilà, c'est toi, toi toi toi et toi, c'est ton toi-même à toi, C'EST TA FAUTE TOUT CA ! (wa la phrase purement rimée)

LES GENS REGARDEZ LA BIEN AVEC SA TETE DEMONIAQUE ! C'EST SA FAUTE A ELLE SI VOUS AVEZ ATTENDU DES SIECLES CE CHAPITRE ! SA FAUTE A ELLE PERSONNELLEMENT !

Na.

Sinon à par ça, prête pour le chapitre douze :D

C'est dingue quand même, ta toujours pas oublié cette histoire de prix du café ! Jcrois que je vais vraiment devoir le rajouter celui là…

:D

lily : Merci pour tes encouragements :D jvais essayer de pas vous décevoir. A bientôt !

perrinette : Ah oui leur évasion… En fait c'est plus un choix personnel… J'avais pas trop envie de zapper l'ambiance à expliquer chaque détail, mais c'est vrai qu'en y repensant, j'aurais du donner plus d'indications :S

J'essaierai de faire attention la prochaine fois !

BONNE LECTURE LES GENS !


- - - - -CHAPITRE 11- - - - -

LES ALLIES BRITANNIQUES

Bertrand se tourna vers Susan, ne comprenant pas pourquoi elle s'enflammait à la vue d'un chat alors qu'ils se trouvaient dans une si mauvaise posture.

Arrivé sur le trottoir, le chat arrêta son pas, regarda Bertrand, puis Susan.

-Allez-y Minerva, il est au courant…

L'animal regarda autour de lui et sans plus attendre prit forme humaine. Le visage jeune, les cheveux bruns tirés en arrière, Minerva s'approcha de Susan.

-Je savais que vous reviendriez, commença-t-elle en sortant une clé de la poche de sa robe de sorcière. Je vous ai attendue.

Elle regarda Bertrand.

-C'est donc pour vous qu'elle était partie… Dit-elle avec un faible sourire.

Bertrand venait de voir pour la première fois de sa vie un chat se transformer en jeune femme à peine sortie de l'adolescence. Il était aussi béat que le jour où il avait vu les pouvoirs de Susan.

-Minerva, dit aussitôt celle-ci., il ne faut pas perdre de temps ! Il faut absolument que je vous parle ! Vite, entrons, il faut prévenir les autres.

Minerva perdit aussitôt son petit sourire.

-Ne me dites pas que…

Elle s'approcha aussitôt de la porte et introduisit la clef dans la serrure. Quelques secondes plus tard ils se retrouvèrent tous les trois dans le hall obscure du quartier général.

-Incendio, murmura Minerva.

Aussitôt trois chandeliers illuminèrent une pièce étroite mais chaleureuse qui donnait sur deux portes en bois et un escalier branlant.

-Où sont les autres ? Demanda Susan.

-Partis, répondit Minerva en pénétrant dans l'une des deux pièces, suivie de près par Susan et Bertrand qui semblait toujours incapable de parler. Je suis la seule à être restée.

-Minerva… Vous êtes formidable… Vous ne pouvez pas savoir à quel point. Bertrand et moi venons de découvrir l'endroit où Grindelwald va arriver !

Minerva ouvrit la bouche pour parler mais aucun son n'en sortit. Puis son regard se posa sur Bertrand.

-Mais comment avez-vous fait ? Non, ne dites rien pour l'instant. C'est une perte de temps. Incendio, prononça-t-elle à nouveau pour allumer la cheminée du salon dans lequel ils se trouvaient.

Elle prit une poignée de poudre argentée, la poudre de cheminette internationale qui se trouvait dans un pot posé sur le rebord de la cheminée, et le lança aussitôt dans les flammes qui prirent une couleur émeraude. Elle murmura alors une adresse. Bertrand poussa un cri de stupeur lorsqu'il la vit s'agenouiller à terre et mettre la tête au milieu des flammes.

-Dumbledore, dit Minerva à l'adresse de la cheminée, venez tout de suite nous parler, Susan vient de découvrir l'endroit…

Elle sortit des flammes, se releva et épousseta sa robe. Deux secondes plus tard les flammes s'agrandirent, devinrent à nouveau vertes et Bertrand poussa un autre cri d'exclamation en voyant la tête verdâtre d'un sorcier barbu au milieu du feu.

-Dumbledore ! S'exclama Susan.

A présent elle n'avait plus peur du tout. Elle savait que s'ils faisaient vite, ils pourraient peut-être tenter quelque chose…

-Susan, comment avez-vous trouvé ? Dites-moi tout, je vous en prie.

Elle n'attendit pas deux fois la question et expliqua aussitôt comment les ennemis les avaient arrêtés et conduits au café. Elle décrivit le sous-sol et le long couloir de la Tulipe Rouge du mieux qu'elle le put.

-Je suis sûre que la cave a été agrandie par un sortilège ! C'est ici que Grindelwald viendra cette nuit, j'en mettrais ma vie en jeu. Le couloir paraissait vraiment gigantesque. Beaucoup trop grand pour ne prendre que la place sous le café La Tulipe. Je suis certaine que cette pièce au bout du couloir doit être encore plus grande, et doit occuper d'autres caves d'immeubles de Paris. Un anglais est venu nous voir peu après… Il a dit qu'il s'appelait Black. Et c'était un sorcier.

-Black… Murmura Dumbledore. Nous avons eu une chance incroyable. Cela fait plusieurs mois que nous soupçonnions Black d'être étroitement lié à Grindelwald… Ce dernier va donc venir à Paris ce soir même… Peut-être y est-il déjà. Il faut faire vite. Je vous envois tout de suite les autres, ils sont tous avec moi. Ensuite je préviendrais le plus de monde possible et nous vous rejoindrons devant ce café. Connaissez-vous le nom de la rue ?

Susan haussa les sourcils et arrêta de respirer. Elle n'en avait aucune idée.

-Rue Grenelle, répondit aussitôt Bertrand, reprenant ses esprits.

Dumbledore le regarda, les yeux pétillants, puis lui adressa un signe de tête en remerciement.

-À très bientôt, dit-il avant de disparaître dans les flammes qui reprirent leur teinte orangée.

Susan fixait Bertrand malgré l'obscurité du hall. Un éclair vert jaillit soudain de la porte entrouverte du salon et éclaira le visage du français. Ses yeux étaient également rivés sur elle. Mais son regard était triste, grave. La lueur verte provenant de la cheminée cessa et des voix se firent entendre du salon. Susan reconnut Hyppolite Joplin. Il venait d'arriver par la cheminée et assaillait déjà Minerva de questions.

-Sans moi… Répéta Bertrand dans l'obscurité. Mais pourquoi ? Je pourrais vous apporter de l'aide.

-Bertrand… Réfléchis. Ils seront très nombreux, et ce sont des sorciers. Il ne leur suffira que d'une seule parole pour te tuer. Si tu viens avec nous…

-Je serais un poids pour vous, c'est ça ? Coupa Bertrand.

-Ne t'énerve pas…

-Je ne m'énerve pas. Mais je pourrais vous aider, insista-t-il.

-Bertrand…

-Peu importe la façon, mais je pourrais vous aider !

-Ils te tueront ! S'exclama soudain Susan.

Une seconde lumière verte jaillit de l'ouverture de la porte. Susan vit distinctement le visage à la fois abasourdi et furieux de Bertrand. Cette fois-ci la voix de Caradoc Dearborn résonna dans le salon. Susan sentit qu'elle s'était trop vite emportée.

-Ne me regarde pas comme ça, supplia-t-elle lorsque tout redevint obscur. Je ne voulais pas… Mais comprends-nous ! Tu seras faible face à eux, nous ne pourrons pas à la fois les combattre et te protéger !

Elle vit dans la pénombre que Bertrand baissait la tête. Elle voulu le prendre dans ses bras mais ne fit rien.

-Je ne peux pas te laisser y aller seule, dit alors Bertrand. Je pourrais te perdre.

-Si je meurs ce sera pour la bonne cause, il faut s'y faire…

-Ne dis pas ça ! Coupa soudain Bertrand en haussant le ton. Et moi je devrais rester là pour la bonne cause, les bras croisés, à attendre qu'ils te tuent ? C'est ça ?

Susan baissa la tête et ne répondit rien. Elle sentit un nœud lui monter à la gorge. Elle savait que Bertrand n'était pas le genre de personnes à attendre que les autres se battent à sa place. Dans le salon, les sorciers arrivaient de la cheminée les uns après les autres. Plusieurs jets de lumière verte s'échappaient de l'ouverture de la porte. Susan sentit Bertrand s'approcher d'elle et amorcer un geste pour la prendre dans ses bras, mais elle fit un pas en arrière pour l'éviter. Elle lui en voulait qu'il ne comprenne pas la situation. Il n'avait pas d'autres choix que de la laisser y aller avec les autres. Avant qu'il ne fasse d'autres tentatives, elle s'approcha de l'un des chandeliers du hall et prononça la formule pour l'allumer. Aussitôt sa lumière éclaira la petite pièce et une agréable petite chaleur se posa sur son visage. Un instant après, elle sentit la douceur des mains de Bertrand sur ses épaules.

-Je suis désolé, murmura-t-il.

Des larmes montèrent aux yeux de Susan mais elle les retint de toutes ses forces.

-Dit-moi Bertrand, depuis que tu fais la Résistance, tu n'as jamais eu le sentiment que si tu ne faisais aucun sacrifice, rien ne changerait ?

-Bien sûr que si. J'en ai fait des sacrifices… Ma famille, tout d'abord. Je n'ai plus que ma mère et j'ai été contraint de la laisser dans mon village natal. Elle est toute seule, reprit-il au bout de plusieurs secondes de silence, sans personne pour la soutenir. Je n'ai jamais pu lui donner de mes nouvelles, c'est trop risqué. Mais elle sait comme moi que c'était la meilleure chose à faire.

Susan se tourna vers Bertrand. A la faible lueur de la chandelle, il lui paraissait irréel, comme venant tout droit d'un rêve dont elle ne tarderait pas à en sortir. D'ailleurs tout lui semblait irréel. Cette situation, la découverte inattendue du lieu de la réunion de Grindelwald, cette maison de sorcier perdue dans une jungle moldue, et surtout le fait de lui avoir dit qui elle était après un simple baiser, le jour même de leur rencontre. Mais ce qui était bel et bien réel, c'était cette décharge continue et agréable qui occupait son cœur depuis qu'il l'avait embrassée. Elle passa une main dans ses cheveux blonds, dévisagea chacun de ses traits et fixa ses yeux bleu clair.

-Laisse-moi partir, et je te promets que demain rien ne sera plus jamais pareil pour ta France. Ce soir, si nous gagnons, l'engrenage qui amènera ton pays à la liberté sera mis en route.

Bertrand posa sa main sur celle de Susan.

-Je te le promets… Continua-t-elle. Laisse-moi partir…

Il prit soudain une brève inspiration, posa son autre main sur la joue de Susan et l'embrassa.

-Ne te fais pas tuer, supplia-t-il.

Susan eut un faible sourire, entoura son cou de ses bras et le serra contre elle.

-Promis…

Elle vit alors par-dessus l'épaule de Bertrand que la porte du salon était grande ouverte et que tous les sorciers les observaient en essayant de faire le moins de bruit possible. Elle se dégagea des bras de Bertrand et les regarda avec des yeux accusateurs. Bertrand se tourna également vers eux, et Yarley ne put s'empêcher d'ajouter son grain de sel à la situation.

-On vous dérange, peut-être ? Demanda-t-il en esquivant le coude de Minerva.

Appuyé contre le mur d'un immeuble en coin qui donnait sur deux rues perpendiculaires, Alastor était accroupi près du sol. Susan, légèrement recourbée, regardait au-dessus de lui, appuyée sur ses épaules. Et Arthur, derrière elle, surveillait également la rue Grenelle. Tout était absolument désert. Pas un seul bruit ne se faisait entendre, pas même le bruissement d'une cape ou l'aboiement d'un chien. Contrairement au moment où Susan et Bertrand avaient été faits prisonniers par les Allemands, aucune lumière dans les immeubles aux alentours n'indiquait la présence d'un moldu à une fenêtre où dans un café. Seuls les lampadaires amenaient un peu de chaleur à la solitude des lieux.

-Ton sort de discrétion fonctionne à merveille Caradoc, fit remarquer Arthur.

-Plus personne n'est réveillé… Ajouta Alastor, les yeux vifs qui balayaient la rue.

-Soit les moldus se sont endormis, soit ils se sont rappelés quelques chose d'important et sont rentrés chez eux, renchérit Manadra avec un petit sourire. Tu as très bien réussi l'enchantement, moi je n'aurais pas été capable de le faire…

Caradoc eut un faible sourire et remit sa précieuse baguette dans sa poche. Les autres sorciers anglais étaient légèrement en retrait dans l'ombre de la petite ruelle. Tous avaient abandonné leurs costumes de moldus pour l'échanger contre des robes de sorcier.

-Bon, en gros Caradoc nous a débarrassés des moldus et maintenant on va pouvoir passer à l'action, conclut Yarley en se frottant les mains et en faisant quelques pas en avant pour sortir de la petite ruelle obscure.

Aussitôt Alastor qui s'était redressé l'arrêta d'un geste de la main.

-Pas maintenant, mieux vaut attendre Dumbledore… Grogna-t-il. Si les Partisans de Grindelwald nous surprennent, on risque de tout faire rater. Eux ne peuvent pas avoir subi le sortilège de discrétion…

Discrètement, Susan avança légèrement la tête pour apercevoir dans la rue Grenelle, sur sa gauche, l'écriteau délabré portant l'insigne : La Tulipe Rouge. Le café semblait complètement désert : une obscurité totale régnait à travers les carreaux de la porte et des fenêtres. Qui aurait pu se douter que Grindelwald était peut-être en train de discourir dans la cave du petit commerce, accompagné de tous ses Partisans…

-Les renforts ne devraient plus tarder, remarqua Hyppolite quelques minutes plus tard, en regardant la montre attachée à son poignet.

-Regardez ! S'exclama soudain Minerva en montrant l'autre extrémité de la rue.

Aussitôt ils se serrèrent tous contre le mur de la petite ruelle pour apercevoir un personnage de grande taille, mince et solitaire, sortant de l'obscurité. A peine fut-il éclairé par un lampadaire proche que tout le monde le reconnut : il s'agissait d'Albus Dumbledore. Susan sentit la contraction qu'elle avait au creux de son estomac depuis qu'elle avait quitté Bertrand disparaître. Aussitôt que Dumbledore leur était apparu, quelques légers bruits de craquement se firent entendre. D'autres sorciers venaient de transplaner à ses côtés. Susan regarda les sept personnes s'avancer dans leur direction. Cinq autres sorciers tranplanèrent presque en même temps et rejoignirent la marche de Dumbledore.

-Allons-y, murmura Caradoc en sortant de la ruelle.

Susan et les autres le suivirent. Alors que les huit espions marchaient vers Dumbledore, d'autres sorciers apparaissaient dans la rue dans un faible craquement et se rendaient également vers La Tulipe Rouge.

Enfin les Alliés se firent tous face. Dumbledore, le regard pétillant par-dessus ses lunettes, fixait la porte du café bien trop calme. Susan jeta un regard autour d'elle, et dénombra le petit groupe de résistants. En ajoutant les sorciers qui avaient espionnés Paris, cela ramenait à un total de vingt-huit. Il ne restait plus qu'à espérer qu'ils ne seraient pas minoritaires…

Soudain Dumbledore se retourna vers les autres avec un faible sourire.

-Très beau sort de discrétion Caradoc, tous les soldats allemands sont endormis profondément… Mieux vaut se dépêcher d'atteindre la cave du café avant que l'enchantement ne prenne fin.

En un simple sort que l'on apprenait depuis la première année à Poudlard, la porte de La Tulipe Rouge fut ouverte et les Alliés purent effectivement découvrir, à la lumière des baguettes magiques, une dizaine de soldats allemands inertes, tombés à même le sol, où reposant paisiblement sur une table, leurs armes à portée de main. Les sorciers les évitèrent soigneusement, même s'il aurait été difficile de les réveiller, et contournèrent très vite le comptoir.

-C'est ici, indiqua Susan en éclairant le sol à la lumière de sa baguette.

Elle pointa du doigt la grande trappe en bois qui se confondait avec le plancher.

-Eteignez vos baguettes, ordonna alors Dumbledore d'une voix à peine audible.

Tous les sorciers s'exécutèrent dans un même geste. Très vite ils se retrouvèrent dans l'obscurité la plus totale, et seuls quelques ronflements sonores provenant des soldats moldus allemands endormis venaient rompre le silence pesant. Susan entendit un bruissement de cape et se rendit compte aussitôt que Dumbledore venait de faire un léger mouvement de la baguette, pour soulever sans bruit la trappe qui menait à la cave. Tout le monde tendit alors l'oreille durant un court instant.

-Vous entendez ? Demanda Susan à voix basse pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas.

-Oui… Murmura une voix que Susan reconnut comme celle de Minerva.

Des éclats de voix lointains parvenaient jusqu'à eux. Il ne s'agissait en fait que d'une seule voix, mais l'on aurait cru qu'elle criait très fort, comme si une dispute avait lieu.

-Il est temps de descendre, décida soudain Dumbledore d'une voix basse mais très claire.

Sur ces mots, il s'exécuta le premier et descendit l'escalier raide sans faire aucun bruit. Susan le suivit alors, en sentant son cœur battre de plus en plus douloureusement dans sa poitrine. En arrivant au bas des marches, tous ses sens se mirent en alerte. Dumbledore avait allumé sa baguette magique qui éclairait le même couloir large qu'elle avait vu, décoré de drapeaux rouges, blancs et noirs, portant la marque de leurs ennemis. Avant que ses yeux ne se soient complètement habitués à la faible lumière, la voix qui ne semblait ne pas vouloir s'arrêter se fit plus distincte. Une voix d'homme, Susan était certaine qu'il s'agissait d'une voix d'homme. C'était sa voix, sans aucun doute… La jeune femme sentit un frisson lui parcourir l'échine. En quelques secondes seulement, tous les Alliés descendirent et formèrent une masse compacte derrière Dumbledore. Ce dernier se tourna vers eux avec une lueur dans les yeux, qui concordait parfaitement avec la situation présente.

- Ne vous laissez surtout pas impressionner. Et n'imaginez pas que vous êtes seuls, car ce serait là la plus grosse erreur. Car c'est l'union fait la force… Et c'est peut-être le seul moyen que nous avons de combattre Grindelwald.

Tous les sorciers quittèrent alors les yeux de Dumbledore et s'échangèrent des regards assurés.

-Il est temps à présent de défendre l'avenir du monde sans faire aucune erreur… Alors défendons-la ensemble.

Il ne laissa pas le temps à quiconque de dire quelque chose, fit immédiatement volte-face et marcha vers la grande porte d'un pas rapide. Si rapide que pour le rattraper, certains durent faire quelques pas de course. En quelques secondes, ils se retrouvèrent tous devant les deux immenses battants en bois de la porte, recouverts d'une peinture rouge vernie.

La voix se fit alors entendre plus nettement… Une voix au timbre fort, passionné, empli de folie… Personne n'arrivait à distinguer ce qu'elle disait, mais le silence absolu qui régnait dans cette pièce, hormis cette voix, laissait deviner qu'elle était respectée plus que n'importe quoi… Susan eut même l'impression qu'une seule personne était présente derrière cette immense porte. Mais elle ne le pensait pas vraiment… Cela aurait été tellement facile.

Dumbledore se tourna vers les sorciers.

-C'est l'heure de défendre notre monde… Dit-il avec toujours cette même lueur dans les yeux.

Il se tourna vers la porte et pointa sa baguette. Dans une immense et magnifique lueur rouge, les deux battants s'ouvrirent à la volée, comme sous l'effet d'une violente bourrasque qui secoua leurs capes l'espace d'une seconde.

En effet, une seule personne dans la pièce, cela aurait été beaucoup trop facile…

Ils étaient au moins une centaine.

Bertrand introduisit une clef dans la serrure de sa porte. Il entendit son chien gémir derrière le battant, impatient de revoir son maître. A peine fut-il entré que Merlin lui sauta dessus, la queue remuant de gauche à droite. Bertrand se laissa tomber sur le sofa de son appartement et caressa distraitement son labrador, plongé dans ses pensées. A cette heure-ci, Susan avait dû retourner à la Tulipe Rouge depuis longtemps. Peut-être que sa vie était en péril. Bertrand ne savait pas comment il pouvait supporter l'idée que Susan pouvait souffrir, et que lui était incapable de faire quoique ce soit. Il tenait terriblement à elle. Il avait connu d'autres femmes dans sa vie, mais Susan était différente et provoquait en lui des sentiments qu'il n'avait jamais connu jusqu'à lors. Il ne se rappelait plus si ses yeux étaient verts ou noisettes, mais il se souvenait très bien de la douceur qu'ils éveillaient en lui. C'était une jeune femme naturelle et intelligente, bien qu'un peu maladroite, qui n'avait besoin de rien pour qu'on se rende compte qu'elle était belle. Et puis, il y avait l'incroyable découverte de sa vraie nature… Une sorcière. Pour Bertrand, cela signifiait seulement qu'elle possédait en plus des « moldus » des pouvoirs magiques. Il ne voyait en elle aucune terrible menace, aucune image de la sorcière qu'il s'était imaginé étant gamin. Bien au contraire, il sentait que seul le bien émanait d'elle lorsqu'il était à ses côtés. Et il aurait tout donné pour s'y trouver à cet instant.

L'attente le rongeait toujours de l'intérieur, comme un poison qu'on ne pouvait pas arrêter. Il caressa les paumes de ses mains, il y sentait encore la peau douce de Susan. Il promena son regard sur la pièce et vit que dans la pénombre son appartement semblait calme, tranquille, comme s'il le narguait. Même les yeux humides de Merlin ne purent chasser les images sombres qu'il s'imaginait. Soudain des coups brefs se firent entendre contre la porte. Le français reconnut aussitôt cette façon de frapper et alla ouvrir.