XbrotherhoodMen

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-Alors ? »

Remy est en train d'écouter une chanson trash qui fait faire un mouvement au bassin de John, et qui énerve Max dans sa comptabilité de pics. Le brun se lève, s'approchant vers nous, faisant un sourire machiavélique. C'est à ce moment que Jamie rentre, à son tour dans la chambre et regarde Remy en haussant un sourcil.

-C'est un cadeau pour vous. Surtout pour toi John. Es-tu heureux ? »
-Tu parles, je suis super heureux ! »

Il s'attrape une cigarette et s'installe sur le bureau de LeBeau, tout en caressant du bout de son index le bras du brun aux yeux définitivement rouges.

-C'est toi qui a fait ça ? »
-Pour vous, en guise de mon éternelle amitié. »

Rémy s'est approché de nous, dans un ralenti épuisant, et un à un, il a glissé ses lèvres dans notre cou, embrassant notre peau. Il a vraiment le pouvoir de tout nous apporter, de tout nous donner, on a juste qu'à lui jurer fidélité, et ce, jusqu'à notre mort. Rien de plus difficile ! Juste… la fidélité d'une amitié sans faille.

-Maintenant, pour moi, pour me prouver votre amour fraternel… rebellez-vous, le monde vous appartiendra lorsque vous aurez brisé tous les commandements ! Les onze ! »

Le grand brun eut un sourire diabolique, et nous, pris dans cette effluve démoniaque nous nous sommes agenouillez face à lui. Notre ami, mentor, et plus si affinités ! Nous étions pathétiques !

Le lendemain, comme les autres, je commence à brûler les interdits, courir après Elizabeth, pas faire mes devoirs, jurer, convoiter. Tout me paraissait facile de cette façon. Et puis un soir, j'ai brisé un autre interdit dans les douches du vestiaire de sport, avec elle. Pour la première fois de ma vie, ma main contre son corps et son corps contre le mien, dans une danse fiévreuse et à la limite de la retenue. Avoir le pouvoir c'est être au-dessus de tout. Fumer devant un panneau d'interdiction, toucher un homme devant une religieuse, boire à moitié nu dans le dortoir des filles, voler ce qui ne nous appartient pas, sans se cacher, être fier de s'exhiber à notre tour, avec des lunettes de soleil, comme notre vieil ami Scott et faire presque comme lui. C'est ça ! Le pouvoir !

Il fait nuit, Max dort confortablement dans son lit, et nous, on prépare le rituel qui nous permettra d'approfondir notre lien. Le pacte du sang. Passer outre le plus important des commandements. Tu ne tueras point.

-Mais c'est les statuettes et les couteaux de la prof d'histoire ! »
-Hum ! »
-Comment tu as fait ? »
-Mais ici, rien n'est fermé à clef, pas même la salle des profs. Elles vont nous servir… placez-les autour du pentagramme ! La séance va pouvoir commencer… »

Nous nous sommes installé dans le silence, les yeux braqués vers celui qui nous avait offert cette nouvelle vie. Non déplaisante en tout cas, enfin, jusqu'à cette nuit.

-Vous avez choisi ? Pour ma part, je me suis acquitté en éliminant Scott… à toi Jamie. »

Il fait un sourire, sortant de sa poche de jean une photo de la directrice.

-Je m'occupe de Raven… »
-Bien, je suis fier de toi Jamie… très fier. Et toi, John ? »

John hésite un léger instant, avant de sortir de sa veste la photo de Caïn.

-Il est plus fort, plus grand, plus rapide… mais si je dois faire mes preuves, ça sera avec lui. »

Rémy se met à rire, un rire malsain, sa main caresse la gorge de John et il incline la tête pour l'embrasser à la commissure des lèvres.

-Bon choix. Et toi, Bobby ? »
-Moi ? »
-Oui, qui as-tu choisi ? »
-Hum… »
-Hum ? »

Pourquoi j'éprouve une soudaine haine, pourquoi ? Parce que… parce que… Le voir toucher ainsi John ! Ça m'énerve !

-Piotr ! »
-Bien… que chacun prenne un poignard et qu'il fasse ce qu'il a promis. Oh… Bobby ? »
-Hum ? »
-Demain, demande à Marie de… venir à cette adresse, mais une dernière chose, avant que vous vous couchiez… Bobby, j'ai dit de briser TOUS les commandements, tu t'es assez bien débrouillé. Je dois dire, passer de puceau coincé, à ce que tu es aujourd'hui… ce pendant. Tu n'as pas assez succombé à mon goût, il te reste encore une chose inassouvie… »

Remy s'est assis sur son lit, aux côtés de Jamie qui n'arrêtait pas de caresser sa joue, ils vont me faire quoi ? Hein ? John s'approche, caresse ma joue du bout de se doigts dans un regard sulfureux et m'allonge sur le pentagramme. Ils vont… ils vont…

-Amuse-toi bien, John… et surtout offre-nous un beau spectacle… »