XbrotherhoodMen

7


Il est sept heures, je suis en retard car j'ai trop dormi et qu'ils ne m'ont pas réveillé. A vrai dire, maintenant qu'on a le pouvoir, c'est pas grave d'être en retard, c'est même un plus pour se faire remarquer. Je me lave rapidement et cours vers le gymnase, Marie est là, assise sur un banc, seule, les yeux rougis par les larmes. Elle pleure encore la mort de son chéri ? C'est un peu ringard, là. Je m'approche, lui souriant.

-Salut ! »
-Oh ! Robert Drake ! »
-Ça va ? »
-Ça pourrait aller mieux… »
-Je vois. Tu sais quoi ? »
-Non ? »
-Je t'invite manger un truc ? Ça te changera les idées… »
-Oh, j'en serais heureuse ! »
-Ok, on se retrouve ici à dix huit heures ? »
-D'accord… »

Un dernier sourire et je me retire, j'ai mené ma mission presque à bien, il ne me reste plus qu'à l'amener à Rémy à dix neuf heures précise, je ne sais pas ce qu'il veut faire avec elle, mais je m'en fiche presque. Elizabeth passe à côté de moi, je n'ai même plus un regard pour elle, les mains dans les poches, rempli de et irradiant ce pouvoir qui coule dans mes veines, je vais dans la salle de cours, un grand sourire aux lèvres et sans aucune excuse je m'assois à côté de John que je dévore des yeux.

-Mr Drake ? »
-Quoi ? »
-Vous êtes en retard ! »
-Sans blague, c'est pas vous qu'êtes en avance, Monsieur ! »

John ricane entre ses dents, lèvant enfin ses yeux de sa feuille, il pousse son pupitre vers le mien en faisant un boucan de tous les diables puis il presse son genou contre ma cuisse, me faisant sourire de plus belle !

-Messieurs ! »
-Ouai, ouai, regarde pas si t'aimes pas, le vioc ! »
-Hummm je dirais même plus, allons-nous en ! »

John s'est levé, a plié ses affaires et s'est cassé sous le regard de toute la classe et les chuchotements qui fusaient de partout. Je me suis levé, l'imitant, regardant Rémy et Jamie et je leur ai fait un clin d'œil avant de disparaître à la suite de ce brasier qui m'a allumé en un seul coup d'œil.

-Messieurs ! »
-Laissez-les Monsieur, ils ont des tonnes de choses à faire… »
-La luxure… »
-Ils ont commencé les sept pêchers capitaux sans nous… »
-Ne t'en fait pas Jamie, ce soir la luxure coulera à flot… »

-Bobby... lève-toi, c'est l'heure. »

L'heure ? De ? Je m'éveille en sursaut un peu courbaturé et je fixe le réveille qui me rend les tristes chiffres de 17H25. Je n'ai pas vu la journée passer. Ce matin je suis parti avec John, quittant le cours sans remord, et là, je suis dans ses draps encore humide de nos transpirations. Un sourire béat sur mes lèvres se glisse et John me file un coup de coude.

- Rêve pas, Remy va te faire la peau si tu vas pas chercher Marie ! »
- J'y vais, je dois l'emmener où ? »

John me tend un papier. Je dois l'emmener là ? Hum... ok... je ferais de mon mieux. Je me suis rafraîchi et je suis partie la rejoindre. Nous avons mangé dans un petit bar à côté du campus... je l'ai fait boire, là isolée dans sa tristesse, jusqu'à ce qu'elle se laisse faire. La fille entre les bras, je l'ai emmené au lieu du rendez-vous. Un petit motel à quelques rues plus loin.

-Parfaitement à l'heure... »

Remy, Jamie et John sont assis sur le seul lit de la chambre, le brun aux yeux rouges m'arrache des mains Marie et la fait tomber violemment sur le lit en poussant un rire qui me fait froid dans le dos.

-Ce qui est à moi... est à vous... »

Ils vont ? Je regarde John qui est en train de la déshabiller... il oserait ? Il ose... ses lèvres glissent sur son cou pâle, mon poing se sert... John... mon John ! Il semble aimer particulièrement son décolleté, les formes arrondies qu'il essaye désespérément de sortir de leur écrin. Je la hais, je hais cette fille ainsi que cette vision qu'il me donne. Je veux pas être là. A ce moment là, je ne pouvais pas savoir que tout ça avait été fait dans la seule et unique raison de me faire passer les 7 pêchers capitaux en quelques heures. J'ai d'abord goûté à l'envie, puis à la colère, rapidement attisé par elle, j'ai envoyé mon poing dans la figure de John. Et ensuite...

-Tu es à moi ! A moi, je ne vais pas te laisser faire ça avec n'importe qui. Je ne suis pas mieux qu'elle, hein ? Je ne suis pas mieux que ça ? Je te laisserais pas... tu es la personne qui m'est le plus cher ! John ! Maintenant que tu m'appartiens... je ne te laisserais pas faire ça avec n'importe qui. Ne regarde que moi, n'aime que moi, ne convoite que moi ! »

Des sourires des regards entendus, je me suis fait avoir en beauté sans m'en rendre compte. Il me sourit, me caresse les cheveux et je m'empare de son corps... de son cœur. Il n'y a que moi pour pouvoir le combler, les autres sont inexistants, je serais son dieu comme il est le mien, je ne laisserais plus personne prétendre à ce corps, regardez-le bien car maintenant plus personne ne pourra le goûter.
Lorsque j'ai ré ouvert les yeux mes doigts ont nettoyés mes lèvres, je l'ai dégusté jusqu'à la dernière goûte, rien qu'à moi... le sourire étend mes lèvres, je me sens bien, captivé par son corps engourdi contre moi. Je l'aime, et je ne me lasserais pas de son corps. Je suis trop HS pour pouvoir me lever ou faire quoi que se soit. Je regarde les deux autres faire sa fête à Marie. Je n'éprouve aucune compassion pour ce tas de viande, rien du tout... Nous avons le pouvoir, nous avons le monde à nos pieds, elle n'est qu'une raclure comme tous les autres. Nous nous sommes élevés au rang de dieux. Voilà ce que je pensais, allongé là, dans cet océan de luxure. Je ne pouvais me douter que mon âme ne m'appartenait déjà plus...