« Bingo ! Le fourgon appartient à un certain Donovan Carter. Eh bien, on dirait que finalement ce ne sont pas de vrais pros !» S'est ravi Colby. L'agent Granger était à son bureau devant son ordinateur et Megan se tenait debout derrière lui.
« Donovan Carter ? Colby, j'ai vu ce nom quand j'ai fait des recherches sur les proches des criminels arrêtés par Don ». Megan est allée à son bureau et à fouiller dans les dossiers : « Je l'ai ! » Elle feuilletait le dossier tout en revenant au bureau de Colby.
« Donovan Carter est le frère de Jerry Carter, un braqueur de banque que Don et son associé Billy Cooper ont arrêté il y a quelques années maintenant. Il est écrit dans le dossier que Jerry est mort en prison. Il était à Arcadia après s'être échappé de la prison de Redding. Il n'avait pas de famille excepté son petit frère, Donovan ».
« Tu penses qu'il veut se venger de la mort de son frère ? ».
« J'en suis même certaine. Il n'est pas rare que ce soit un proche qui se venge à la place du criminel, même lorsque celui-ci est encore en vie. »
« Mais si ce Carter veut se venger de Don pour l'avoir arrêté et envoyer direct à Arcadia, l'une des prisons les plus effrayantes du pays, alors il est possible que Billy Cooper soit aussi menacé ».
«Oui. Tu as raison. Il faut qu'on le prévienne. David ! On a trouvé qui veut se venger de Don ! ».
N'obtenant aucune réponse de celui-ci, Megan et Colby se sont retournés et l'ont vu, assis à son bureau, perdu dans ses pensées.
« David ? David, tu as entendu ce qu'on vient de dire ?» A demandé Colby.
Ne réagissant toujours pas, Megan s'est approchée de lui après avoir demandé à Colby d'appeler Billy Cooper.
« David ? Tout va bien ? » S'est-elle enquis en s'asseyant sur le bureau de l'agent Sinclair.
Remarquant du mouvement à côté de lui, celui-ci a sursauté :
« Megan ! »
« Tu vas bien ? Tu semblais ailleurs ».
David a soupiré en répondant : « Oui. En fait…Je pensais à la première fois où j'ai rencontré Don ». Il a regardé Megan qui lui indiquait d'un hochement de tête de continuer : « Ce n'est pas Don qui m'a recruté dans son équipe. J'ai été nommé par le sous-directeur Merrick et il ne l'avait pas vraiment apprécié. Lui et Terry pensés que j'étais là uniquement pour faire des rapports sur leur travail à Merrick ».
« Ils avaient raison ? »
« Ben, en tout cas c'est ce que le sous-directeur voulait ».
« Et tu l'as fait ?! »
« Je le mettais juste au courant de l'avancée de l'enquête mais je n'ai jamais voulu faire de rapport sur Don. Je me suis très vite aperçu que c'était un excellent chef d'équipe et que j'aurais plaisir à travailler avec lui. Mais j'ai dû batailler dur pour mériter son estime ».
« Oh ! Je vois très bien de quoi tu parles ! ».
«On enquêtait sur une série de viol qui frappait durement les quartiers sud. La violence s'accroissait à chacune des agressions. Le criminel améliorait son processus et il couvrait les visages des victimes avec des sacs plastiques. Ce qui provoquait leur asphyxie. C'était une affaire très éprouvante. Il ne suffisait pas pour le criminel de violer et de tuer ses victimes. Il fallait aussi qu'il les brûle avec un instrument chauffait à 360 degrés pour affirmer sa supériorité. Tout le monde était sous tension, surtout Don. Merrick ne le lâchait pas d'une semelle. En dépit de tout cela, Don m'a quand même laissé une chance de faire mes preuves et il m'a même sauvé la vie lorsqu'on a arrêté le coupable. Oui, j'ai vraiment travaillé dur pour obtenir son approbation. J'ai travaillé jour et nuit sur cette affaire. J'avais l'impression de vivre au bureau !».
« Et tu as réussi. »
« Ouais » A répondu David avec un large sourire. « C'est le meilleur patron avec qui j'ai jamais travaillé. Je n'ai pas seulement gagné son approbation. J'ai aussi gagné son amitié ».
« Non mais vous vous rendez compte que vous parlez de Don comme s'il était mort ! » S'est offusqué Colby, qui avait entendu une bonne partie de la conversation pendant qu'il était au téléphone avec Cooper.
Megan et David se sont regardés honteusement. Reprenant son calme, Colby a continué avec une tonalité plus basse mais un brun d'irritation était audible : « Je viens d'avoir Cooper au téléphone. Il se rappelle très bien de l'affaire Carter ».
« Carter ? Vous avez trouvé qui s'en prend à Don et Charlie ?!» A demandé David.
« Oui. Il s'agirait de Donovan Carter. C'est le petit frère d'un braqueur de banque que Don avait arrêté avec Cooper lorsqu'il faisait la chasse aux fugitifs. » Lui a répondu Megan.
Colby a continué : « Il m'a aussi dit que Jerry Carter, le grand frère, avait un complice : Connor Mcbright. J'ai alors fait une recherche rapide et j'ai découvert que ce dernier a été libéré il y a quelques mois ».
« Tu penses qu'il est aussi le complice de Donovan ?» A demandé David.
« Je pense, oui. Cooper m'a dit que Jerry et Connor étaient des amis d'enfance et que Connor a toujours considéré Donovan comme son petit frère. ».
« Tu as dis à Cooper de faire attention, que Donovan pourrait aussi se venger de lui ?».
« Oui, mais sa principale préoccupation pour le moment est de retrouver Don et Charlie. Il est à San Francisco en ce moment et il m'a dit qu'il arrive ici le plus vite possible ».
« Super, une personne de plus n'est pas de trop. Surtout s'il se rappelle bien de cette affaire, il va nous être très utile ». Megan a regardé de plus près ses deux associés et a constaté qu'ils avaient besoin de repos : « Les gars, il faut qu'on se repose aussi. Pour le moment, il n'y a pas beaucoup que l'on puisse faire. Il est 3 heures du matin et Billy n'arrivera pas avant quelques heures ».
« Hors de question » A répondu David, catégorique. « Je ne sais pas pour vous, mais moi je reste ici. Je ne veux pas rentrer chez moi et me dire que Don et Charlie sont dehors quelque part dans je ne sais quel état ! ».
« Moi aussi » A confirmé Colby. « Je reste ici. Je ne m'en irais pas avant de les avoir retrouver ».
« Je savais que vous diriez ça » A répondu Megan. « Mais nous devons quand même dormir si nous voulons tenir le coup. Il faut qu'on soit en forme lorsqu'on nous les trouverons. Nous ne pouvons pas rater notre intervention parce qu'on est trop fatigué. Que diriez-vous de squatter la salle de conférence, une heure ou deux. Le sol n'est pas très confortable mais on n'a vu pire ».
David et Colby ont convenu et ils se sont dirigé tous les trois vers la salle de conférence après avoir dit aux autres agents de les réveiller s'il y a du nouveau.
« Don, qu'est-ce qui se passera si… ? » Charlie n'a pas eu le courage de finir sa question mais Don avait compris ce qu'il voulait demander.
« Il ne se passera rien Charlie. Je tiendrais le coup. Mon équipe va nous trouver, tu verras ».
« Promis ? » Charlie détestait ressembler à un enfant à cet instant mais il ne parvenait pas à surmonter sa peur.
Don a pris un moment de réflexion avant de répondre.
« Promis p'tit frère ».
Charlie tremblait de plus en plus mais ce n'était pas à cause du froid. Ses tremblements étaient dus à ses efforts pour retenir ses larmes de tomber. Finalement, la tension était trop forte et le jeune génie a littéralement pleuré dans les bras de Don : « Ils vont te torturer devant moi Donnie ! Je ne veux pas perdre mon grand frère ».
« Shhh Charlie. » Don a resserré ses bras autour des épaules de son petit frère. « Tu ne me perdras pas. Je me suis toujours promis de te protéger, quoi qu'il arrive. Et je l'ai aussi promis à papa et maman. » Il faut que je tienne le coup. A imploré Don silencieusement. « Et puis papa ne supporterait pas de te perdre ».
« Il ne survivra pas à toi non plus Don ».
Après quelques secondes de silence, Don a convenu :
« Ouais. Je sais ».
En pensant à son père, Don a senti ses propres larmes monter à la surface. Il n'avait pas de mal à imaginer dans quel état il devait être en ce moment. Don était encore hanté par le désespoir de son père après la mort de sa mère. Alan avait été inconsolable pendant plusieurs mois et il n'avait été que l'ombre de lui-même. Il était persuadé que son père, encore aujourd'hui, pleurait en privé sa défunte épouse. Lorsqu'il était petit, Don ne laissait jamais personne le voir pleurer. Il voulait que tout le monde croît qu'il était un dur. Et cela lui arrive encore aujourd'hui. Il n'avait jamais aimé les grandes embrassades, les grandes manifestations d'affections. Mais en ce moment, il donnerait cher pour pouvoir être consolé comme un petit garçon dans les bras de son père et pour pouvoir pleurer dans son épaule, comme le faisait Charlie en ce moment dans la sienne. Son père lui chuchoterait des mots doux dans son oreille pour l'apaiser et lui enlèverait toute sa douleur d'un simple revers de main. S'il te plaît papa, pardonne-moi. J'ai besoin de toi. J'aurais dû répondre à tes appels de téléphone. Je sais que tu ne pensais pas ce que tu m'a dis. Tu as juste été emporté par ta peur et ton inquiétude pour Charlie. Je suis tellement désolé papa.
Don et Charlie ont sursauté lorsque la porte en fer s'est ouverte. Les deux frères étaient persuadés que son grincement aigu les poursuivrait jusque dans leurs pires cauchemars. Charlie s'est accroché à la chemise de son grand frère et ses tremblements ont redoublés d'intensité.
« D'niiie »
« Ca va aller Charlie, ça va aller.» A essayé de rassurer Don, faisant tout son possible pour ne pas laisser paraître sa propre peur.
Deux des gros bras ont saisi Charlie brutalement et l'ont forcé à s'éloigner de son frère. Don l'a retenu de toutes ses forces mais les deux autres gorilles l'ont saisi, de sorte qu'il a été obligé de lâcher son petit frère.
« Donnie ! »
« T'inquiètes pas Charlie ! T'inquiètes pas ! » A crié Don pendant qu'il était traîné au centre de la pièce.
Les dobermans l'ont forcés à se lever et l'ont tenu fermement par ses bras. Ne résistant pas à son instinct de survie, il a essayé de se débattre, bien qu'il sache que cela ne servirait à rien. Les deux autres gros bras maintenaient Charlie pour ne pas qu'il bouge. Dans sa vision périphérique, Don a vu Carter et Mcbright s'approchaient de lui. Carter porté un coup de poing américain dans sa main et Mcbright tenait une batte de base-ball.
« Bien ! Assez rigoler. Il est temps de voir jusqu'où le protecteur peut aller ». S'est exclamé Donovan avec un sourire sournois.
Il a tourné autour de Don, comme un prédateur tourne autour de sa proie, avant de le frapper dans le bas de son dos. Sentant le coup venir, Don a serré ses dents et a réussi à retenir un cri de douleur. Mais ce n'était pas le cas de Charlie qui maltraité ses poumons en hurlant le nom de son frère.
Chacun à leur tour, pendant ce qui paraissait une éternité, sans lui laisser le temps de respirer entre les coups, Donovan et Connor l'ont frappé dans toutes les parties de son corps : dans ses côtes, son dos, son abdomen, son torse et dans ses jambes. Comme si cela ne suffisait pas, les deux gros bras le tenaient par les bras avec une telle force que Don a pensé qu'il garderait des marques indélébiles. La douleur était intense mais il ne voulait pas leur donner le plaisir de hurler de douleur. Pendant tout son calvaire, il a serré les dents en priant pour que tout cela s'arrête bientôt. Il avait surtout une raison majeure pour ne pas crier. Par dessus les cris de rage et de haine de ses ravisseurs, Don pouvait entendre les cris de terreur de son petit frère et il savait que s'il criait lui-même, l'inquiétude et la panique de Charlie s'intensifieraient. Mais les coups, eux, s'intensifiés de plus en plus. Carter et Mcbright devenaient agacés par sa bonne résistance à la douleur, aussi bien physique que mentale.
Après une longue période d'agonie, Don a senti l'obscurité ramper devant lui. Avant de se laisser emportait dans un monde sans douleur, sa dernière pensée était que leurs ravisseurs avaient gagnés une bataille. Les souffrances physiques n'étaient rien à côté de la détresse qu'il voyait dans les yeux de Charlie. Je suis désolé Charlie. Les gorilles l'ont lâchés et il s'est écroulé à terre, inconscient.
« Je vais voir ce que je peux nous trouver à manger. » A proposé Amita en entrant dans la maison familiale avec Larry et Alan.
Celui-ci n'avait pas dit un mot depuis qu'ils avaient quitté les bureaux du FBI. Il était présent physiquement, mais son esprit était ailleurs, à des années lumières de la terre. Il ne réagissait pas aux paroles des amis de son fils. Les images de l'enlèvement de son aîné rejouaient constamment devant ses yeux et ses mots durs revenaient le hanter inlassablement. Il se maudissait également d'être allé se coucher pendant que Charlie se faisait enlever dans le garage. Alan ne s'était jamais senti aussi impuissant de toute sa vie. Ses deux fils ont disparu et il n'a rien fait pour empêcher cela. Il ne pouvait même pas aider le FBI à les rechercher.
Ignorant les recommandations de Larry de manger quelque chose et de se reposer, Alan s'est dirigé, en pilote automatique, à l'étage, dans les chambres de ses fils, espérant sentir leur présence.
Il est entré dans la chambre de Charlie et s'est assis sur le lit. La pièce était à l'image de son cadet. Tout comme son bureau à Calsci d'ailleurs. Alan n'avait jamais compris et ne comprendra jamais comment une personne pouvait être aussi désordonnée. Non pas que Charlie ne prenait pas soin de ses affaires mais parce qu'il avait des priorités, comme il aimait le répéter. Il disait toujours à sa mère qu'il avait une équation mathématique à résoudre. Et une fois qu'il l'aura résolu, alors il rangera sa chambre. Margaret en devenait folle et se demandait perpétuellement combien d'équations circulaient en même temps dans le cerveau de son plus jeune pour que sa chambre soit dans un tel désordre. Mais ce qui stupéfier le plus Alan était que Charlie se retrouvait toujours dans son bazar. Il savait toujours où il avait mis telle ou telle chose. Une fois, il avait dit à son père que oui c'est un bazar mais c'est un bazar organisé ! Alan s'est levé et a regardé l'espace vide entre le bureau et le lit. Il ne pouvait pas se rappeler combien de fois il était entré dans cette pièce pour trouver son petit Charlie assis en tailleur sur la moquette avec un cahier rempli d'équations devant lui. En entendant son père, Charlie levait ses tous petits yeux bruns dans sa direction avec un sourire énorme sur son visage. Alan s'approchait et s'asseyait à côté de lui, le livre de Peter Pan sous son bras. Et alors Charlie commençait à lui expliquer les équations qu'il venait de résoudre sur son cahier. Il parlait avec une telle passion de ses maths et avec une telle vigueur qu'Alan n'avait jamais réussie à l'arrêter assez longtemps pour lui raconter l'histoire de Peter Pan. Il était très fier de son fils et de ses capacités, mais il ne voulait pas qu'il passe à côté de son enfance. Il avait beau avoir un QI plus élevé que la moyenne qui demandait constamment à être stimulé, il n'en restait pas moins qu'il n'était qu'un petit enfant. Malgré tous ses efforts, Alan n'était pas Peter Pan. Il n'avait jamais réussi à emmener Charlie dans un monde imaginaire comme Peter Pan avait emmené Wendy et ses petits frères, Jean et Michel au Pays imaginaire. Cap sur la deuxième étoile à droite, puis tout droit jusqu'à l'aube ! Il n'avait jamais pu faire vivre à Charlie des aventures incroyables et il n'avait jamais pu lui permettre de faire des rencontres inoubliables. Le monde de Charlie n'avait rien d'imaginaire. Et cela n'avait pas changé, au grand regret d'Alan. Dans le monde de Charlie, seuls les nombres comptent et il n'y a aucune place à l'imagination. Dans le monde de Charlie, tout est explicable mathématiquement. Rien n'est dû hasard, tout s'explique nécessairement. Et Charlie non plus n'était pas Peter Pan. Il n'était pas ce petit garçon imaginaire qui ne voulait pas grandir. Il n'était pas ce petit garçon imaginaire qui voulait rester dans le monde de l'enfance où tous les espoirs sont permis.
Poussant un soupir de tristesse, Alan a refermé la porte et s'est dirigé vers celle de Don. Don y avait très peu dormi entre son départ à l'université et la mort de sa mère. Il y avait séjourné pendant la maladie de Margaret, le temps de trouver un appartement. Depuis, il y dort occasionnellement. Souvent après une dure journée lorsqu'il est trop fatigué pour conduire jusque chez lui. Alan aimait lorsqu'il avait ses deux fils sous le même toit. Pendant ces brefs moments de tranquillité, il n'avait pas à s'inquiéter de recevoir un coup de téléphone ou à sursauter à chaque fois qu'il entendait la sonnette de la porte pour apprendre que son fils a été grièvement blessé pendant une intervention ou, pire encore, mort en faisant son devoir. Pendant toutes ces années, lui et Margaret avaient tenu à ce que sa chambre reste inchangée. Ils avaient bien souvent pensés à la transformer en chambre d'amis étant donné les très rares visites de leur fils à la maison. Mais au final, elle était restée la chambre de Don.
Lorsqu'Alan a poussé la porte, il a été ébloui par une vision soudaine. Don était allongé à plat ventre sur son lit, les jambes croisées, en train de rangeait soigneusement ses cartes de baseball par équipe. Il en était extrêmement fier et il avait presque réussi à obtenir toutes les équipes : les Yankees, les Tigers, Les Cubs, Les Cardinals et bien d'autres encore. Alan s'est approché de la commode à gauche de la porte et a admiré une fois de plus les trophées gagnés par son fils lorsqu'il jouait dans sa petite ligue de baseball et lorsqu'il jouait pour les Rangers de Stockton. Alan se rappelait les premières fois où Don avait manié une batte. Il était à peine plus grand que la batte et son casque, trop grand pour sa petite tête de garçonnet, lui tombait sur les yeux. Il devait constamment levé le nez vers le ciel, avec une mimique qui faisait rire tous les adultes, pour pouvoir frapper la balle correctement. Il arrivait à la lancer de quelques petits mètres seulement mais à chaque fois il sautillait en hurlant, le casque lui tombant ainsi complètement devant ses yeux, qu'il était le plus grand joueur de baseball de tout les temps, que personne ne pouvait lancer la balle aussi loin que lui. Si Charlie n'avait pas de héros, à part son grand frère, Don en avait un. Il avait même accroché son poster sur le mur en face de son lit. Ainsi, tous les soirs à l'heure du coucher, il s'envolait dans son monde imaginaire. Dans le monde de Don Eppes, il était Phil Cavarretta, des Chicago Cubs ! Le joueur le plus doué de sa génération ! Pendant toute son enfance et son adolescence, Don s'était entraînait durement pour ressembler à son héros. Il n'était pas loin d'avoir réussi lorsqu'il jouait pour les Rangers. Le baseball était sa passion mais il manquait quelque chose. Il manquait cette étincelle qu'Alan avait vue dans les yeux de son fils lorsqu'il lui a annoncé qu'il entrait au FBI.
Ravalant la boule dans sa gorge, Alan a reposé la coupe qu'il tenait dans ses mains et est allé dans sa propre chambre. Il s'est assis au bord de son lit et a saisi le cadre photo situé sur la petite table de nuit. La photo représentait la famille toute entière : Alan, Margaret, Don et Charlie. De ses doigts tremblants, Alan a tracé le contour des visages de ses enfants et de son épouse, priant pour ne pas être le seul survivant de cette photo. Il s'est allongé sur son côté et a laissé s'échapper toutes les larmes de son corps, la photo serrée contre son torse.
A suivre
