Chapitre 8 (VIOLENCE) :

Charlie s'est réveillé en sursaut et a soupiré en se rendant compte que son cauchemar était vrai. Ils étaient bel et bien enfermés dans cet ancien hangar. Plus le temps passait, plus Charlie se demandait s'ils sortiraient vraiment d'ici vivant. Il a porté son regard sur son frère dont la tête flânait sur son épaule. Le jeune génie a froncé les sourcils en entendant Don murmurait quelque chose d'inintelligible dans son sommeil. Il a posé la paume de sa main sur son front et a approfondi son froncement de sourcil en constatant que Don tremblait d'une forte fièvre et devenait de plus en plus agiter. Charlie n'a pas eu le temps de le couvrir avec la veste que son frère lui avait passé au début de leur calvaire puisque le terrifiant grincement de la porte en fer à une nouvelle fois rempli la salle. Surmontant sa peur et résolu à protéger son frère du mieux qu'il pouvait, il a pris Don dans ses bras et l'a serré de toutes ses forces tout en le forçant à laisser sa tête reposait sur son épaule.

« Qu…quoi ? » A marmonné Don, confus.

« Rien Donnie. Rendors-toi. Ça va aller, ça va aller » Comme une sorte d'incantation, Charlie répétait désespérément à son frère que tout irait bien, mais il était certain qu'il serait une nouvelle fois torturer devant lui. Et vu son état, il doutait sérieusement de la capacité physique de Don à survivre à de nouveaux coups.

L'esprit embrumé par la fièvre et le corps engourdi par ses blessures, Don lui a fait confiance et a refermé ses yeux. Mais à peine les avait-il refermés que leurs bourreaux sont entrés dans la pièce.

« Voyez-vous ça ! Le petit frère qui veut protéger son grand frère !» S'est écrié Carter.

« Comme c'est touchant ». A continué Mcbright, moqueur.

« Tu vois ça Connor ? On dirait que le protecteur est devenu le protégé. Le grand frère n'est plus en état de protéger son petit frère. »

Malgré son ton moqueur, Donovan a senti sa colère atteindre son summum. En regardant Don dans les bras de Charlie, et la volonté féroce de celui-ci de protéger son grand frère coûte que coûte, Carter a compris que leur lien fraternel était indestructible. Que peu importe ce qu'il ferait subir à l'agent, le plus jeune serait toujours là pour son grand frère et il était convaincu que ce dernier, malgré son état affaibli, résistera à ce qui aller suivre pour ne pas laisser son petit frère. Le seul plaisir de Donovan était de voir l'inquiétude de Charlie et l'état affaibli de Don. Mais cela ne lui suffisait pas. Ils voulaient voir leur lien se détruire comme son lien avec Jerry s'était détruit. Donovan avait toujours aimé son frère et l'inverse était vrai aussi mais lui et Jerry n'avaient jamais eu de lien aussi fort que celui qui unit les frères Eppes. Lorsque que Jerry était de plus en plus faible en prison, Donovan n'avait même pas essayé de rassurer son frère en lui disant que tout irait bien et qu'ils s'en sortiraient tous les deux comme le faisait en ce moment son plus jeune captif. Non, au lieu de lui offrir son réconfort, il lui en voulait de ne plus être capable de le protéger et de le laisser seul.

Donovan devait bien se l'avouer, Charlie avait réussi à l'étonner. Il avait pensé que le jeune génie était une proie facile à manipuler. Qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'il craque physiquement et mentalement. Au lieu de cela, le génie qui n'arrivait pas à surmonter sa peur il y a quelques heures était devenu un homme déterminé à être là pour l'agent fédéral.

Agacer, Donovan a fait signe à ses gros bras de séparer les frères. Charlie a resserré sa prise sur son frère tellement fortement que Don, à peine conscient de ce qui se passer, a gémit de douleur. Ses gémissements ont fendus le cœur de Charlie mais il n'a pas relâché sa prise pour autant. Il y mettait tellement d'énergie que finalement il a fallu que les gros bras se mettent à trois pour réussir à ce qu'il lâche Don tandis que le quatrième gros bras et Mcbrigt traînaient une nouvelle fois Don au centre de la pièce.

Tout en essayant de se libérer des gros bras, Charlie a supplié qu'ils laissent son frère tout en remarquant que Mcbright et Carter sortaient de la pièce. Les cris perçants de Charlie ont pénétrés la conscience de Don, le forçant à reprendre ses esprits. Don a clignoté ses yeux pour voir plus clairement et a été horrifié de voir qu'il se retrouvait au centre de la pièce, à la merci de ses ravisseurs.

Charlie a arrêté de hurler en voyant Carter et Mcbright revenir. Il a eu un choc en regardant ce qu'ils apportaient. Donovan portait un grand seau qui semblait être remplie d'eau froide et Mcbright portait une batterie sur laquelle étaient relié deux fils dénudés. Comprenant leur intention, Charlie s'est remis à hurler pour qu'ils laissent son frère et pour qu'ils s'en prennent à lui à la place.

Ignorant Charlie, Mcbright a ouvert la chemise de Don en faisant sauter tous les boutons afin d'exposer son torse tandis que Carter l'éclaboussait avec le seau d'eau. L'eau était tellement gelée que Don a recouvré douloureusement toute sa conscience d'un seul coup. Il a senti l'eau s'infiltrait dans tout son corps réveillant toutes ses blessures et la congélation de l'eau a saisi ses poumons lui faisant perdre le contrôle de sa respiration. Instinctivement, Don a secoué sa tête pour enlever l'eau de ses yeux mais cela n'a fait qu'augmenter sa nausée et il a été pris de spasmes douloureux en raison de son estomac vide. Carter et Mcbright tournaient autour de lui, chacun dans un sens différent, appréciant l'agonie de leur captif. Contrairement à la première fois, les gros bras n'ont pas retenu Don par ses bras. Au lieu de cela, ils l'ont laissé à terre, sur son dos. A travers sa vision brouillée, Don a vu avec horreur Carter chargeait la batterie et Mcbright approchait les fils dénudés près de son torse avec un sourire suffisant. N'ayant pas eu le temps de se préparer mentalement, Don a hurlé de douleur en sentant passé le courant électrique dans tout son corps. Haletant, il a essayé de rouler sur son côté lorsque Mcbright a retiré les fils mais les gros bras l'en ont empêchés avec leurs pieds. En entendant son cri, Carter et Mcbright ont laissés échappés des cris de triomphes. Charlie, bouche bée, est resté tétaniser par le cri de son frère et a senti ses larmes montaient à la surface. A ce moment précis, il était réellement certain que Don ne survivrait pas.

Satisfait de leur victoire, Carter et Mcbright ont repris chacun un fil et l'ont posé à nouveau sur le torse de leur victime, provoquant un autre cri de douleur. Ils ont recommencés plusieurs fois avant de décider que leur captif en avait eu assez.

Après avoir posé un dernier regard sur Don, agonisant sur le plancher, Donovan s'est dirigé vers Charlie, toujours retenu par deux gros bras.

« Eh bien, professeur Eppes, il est temps de vous faire à l'idée que vous allez vous retrouver seul. J'ai l'impression que votre grand frère adoré n'en a plus pour longtemps. »

Charlie s'est contenté de lui lancer un regard de défi avant de reporter son attention sur son frère. Le dédain de Charlie a ravivé la fureur de Carter. Les deux frères avaient la même force mentale inébranlable.

« Vous n'en voulez pas à votre frère de ne plus pouvoir être là pour vous ? »

« Non ! Jamais je ne lui en voudrais ! ».

« Vraiment ?! Pourtant vous savez que je pourrais vous frappez, ici, devant lui, et il ne pourrait rien faire pour m'en empêcher.»

Charlie a lancé à Donovan un autre regard de défi qui a été récompensé par un coup dans son estomac, lui coupant son souffle.

« Vous voyez ! Votre frère est tellement faible, tellement pathétique à regarder, qu'il n'arrive même pas à se lever pour venir vous défendre ! »

« A qui la faute ?! Jamais il ne m'abandonnera et jamais je ne l'abandonnerai. Il sera toujours mon frère, peut importe dans quel état il est ! Nous ne sommes pas comme vous et votre frère Jerry ! Regardez-vous ! C'est vous qui êtes pathétique à regarder. Vous n'avez même pas su aider votre frère au moment où il en avait le plus besoin !»

Cette fois-ci, la colère de Carter était à son maximum. Furieux, il a fait un signe aux gros bras et est sorti de la pièce. Ces derniers, comprenant la volonté de Carter, ont lâchés tellement brutalement Charlie que celui-ci a cogné sa tête contre le sol en tombant.

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Dans le jet du FBI, David, Colby et Megan essayaient de se reposer suffisamment pour être en bonne forme physique et mentale lorsqu'il faudra intervenir pour libérer leurs amis. Une erreur est vite arrivée à cause de la fatigue. Beaucoup d'agents en ont fait l'expérience et ils avaient bien l'intention de ne commettre aucune erreur, même la plus minime qui soit.

Billy Cooper observait Alan assis quelques sièges plus loin. Celui-ci avait l'air beaucoup plus vieux que la dernière fois qu'il l'avait vu. Il ne le connaissait pas très bien mais avec le peu de choses qu'il savait, Cooper avait compris que c'était un bon père. Un père qui ferait n'importe quoi pour ses enfants, à n'importe quel prix. En l'observant, Billy a fini par comprendre pourquoi Don se plaisait à rester près de sa famille aujourd'hui. Ils formaient une bonne équipe tous les trois : Don, Charlie, Alan. Trois hommes venant de trois mondes différents formant une famille la plus unie qui soit. Comme diraient les Mousquetaires du roi : un pour tous et tous pour un ! Cooper se disait que si lui aussi avait une famille comme celle de Don, un père comme Alan, alors peut être qu'il se déciderait lui aussi à arrêter la chasse à l'homme.

Après plusieurs minutes de réflexion, il s'est finalement levé et est allé s'asseoir en face d'Alan. Il traquait de dangereux criminels tous les jours, il devrait pouvoir réussir à faire face au père de son vieux copain de route. Néanmoins, il a pris timidement place dans le siège en face de lui.

« M. Eppes, je peux m'asseoir ? »

« Je crois que vous l'avez déjà fait ». A son grand étonnement, Alan lui avait répondu avec un petit sourire.

Ils se sont tous les deux regardés maladroitement pendant quelques secondes. L'un comme l'autre ne savait pas par où commencer la conversation. Les deux fois où s'ils étaient vus, ils s'en étaient seulement tenus aux formules de politesses habituelles.

« M. Cooper, je…

« Oh, s'il vous plaît, appelez-moi Billy ».

« D'accord. Alors appelez-moi Alan ».

Les hommes se sont échangés un sourire sincère et Alan a continué : « Billy, je vous remercie vraiment d'être venu aussi vite que vous avez pu lorsque vous avez appris que mes garçons avaient disparus. Megan m'a raconté ce que vous avez fait. Je vous en suis vraiment reconnaissant ».

« Non, ne me remercier pas Alan. Ils en feraient autant si j'étais dans leur situation.»

« Vous devez certainement penser que je ne vous apprécie pas ? »

« Ben, pour être honnête, je sais que vous n'êtes jamais très content lorsque vous me voyez. Mais ne vous inquiétez pas, c'est en général l'effet que je produis sur les gens, surtout ceux que j'arrête ». Billy a essayé de dégoupiller la situation mais sa tentative de relever l'humeur est tombée à l'eau.

« Billy,…ce n'est pas contre vous. En fait, je sais que Don est un excellent agent fédéral, qu'il est bon dans ce qu'il fait et je suis fier de lui. Je n'apprécie pas toujours son travail mais je sais que c'est important pour lui et qu'il serait malheureux s'il devait rester assis derrière un bureau toute la journée. Mais… »

« Mais vous n'avez jamais aimez son travail lorsqu'il traquait les fugitifs à travers tout le pays et qu'il ne vous appelez pratiquement jamais. Et me voir vous rappelle cette époque.» A fini Billy en se rendant compte du malaise d'Alan.

« Eh bien…oui. Et lorsque vous êtes venu à Los Angeles il y a un peu plus d'un an, j'ai eu peur que Don reparte sur les routes et que tout recommence comme avant. L'ironie dans tout ça, c'est que l'autre jour je lui ai reproché de rester trop près de la maison ».

« Vous lui avez dit ça ! » S'est exclamé Billy, ébahi.

« Pas exactement. Mais c'est comme ça qu'il l'a pris. Ce que je voulais dire c'est que je n'aime pas toute cette violence dans laquelle il travaille. Mais j'étais tellement en colère que mes mots ont dépassés ma pensée. Si je pouvais, je le maintiendrais de force dans la maison, en sûreté. Jamais je ne me ferais à l'idée, qu'en raison de son travail, mon fils peut mourir à tout instant. A chaque fois que le vois franchir la porte de la maison, je me demande toujours si c'est la dernière fois que je le vois vivant. »

En notant l'anxiété dans la voix d'Alan, Billy a essayé de lui remonter le moral mais il n'a jamais été doué pour rassurer les gens : « Oh, vous savez, en ce qui concerne le fait de maintenir Don enfermer chez vous, je crois que votre autre fils dirait que statistiquement il aurait autant de chance de mourir dans un accident domestique. J'avais un copain qui s'est tué en changeant… ». Cooper s'est interrompu en se rendant compte trop tard de son idiotie. « Alan, nous allons les retrouver et alors vous pourrez les chouchouter autant que vous voudrez. Faites-moi confiance. Ce sont tous les deux de vraies têtes de mules. Ils n'abandonnent pas facilement ».

Alan lui a adressé un sourire reconnaissant.

« Je sais que je pourrais jouer la mère poule pour Charlie, les chouchouter comme vous dites, autant de fois que je voudrais. Il ne sera pas content mais moi je le serais. Mais j'en doute avec Donnie. Après ce que je lui ai dis, désormais la seule chose qui pourrait l'obliger à rester à LA est son lien avec son frère. A part ce lien, il repartirait certainement sur les routes ou il demanderait peut être à être affecter dans une autre ville ».

« Vous vous trompez Alan. Don a arrêté la chasse à l'homme parce qu'après une longue chasse, il finissait par avoir les idées embrouillées. Ça le rendait bizarre, différent et il avait besoin de retrouver la civilisation. Mais ce n'est pas la seule raison. Lors de l'affaire McDown, il y a un an, il m'a dit qu'il ne pourrait plus jamais reprendre la chasse. Il ne supporterait plus de perdre le contact avec sa famille. Croyez-moi Alan, Don est heureux de rester à Los Angeles avec vous et Charlie. D'ailleurs, je l'ai à peine reconnu la dernière fois que je l'ai vu. Etre resté près de sa famille l'a vraiment changé. Il est devenu un homme plus posé, plus serein. Même si un jour il devait quitter LA, je suis certain que plus jamais il ne restera sans contact avec vous. Il sait que vous avez beaucoup souffert de son absence et il vous aime trop pour vous refaire revivre cette époque une deuxième fois. »

« J'espère que vous avez raison Billy. J'aimerais en être aussi sûr. Vous avez l'air de bien connaître mon fils. »

« Oh, vous savez, quant on passe autant de temps sur les routes, on finit par vraiment connaitre une personne. »

« Don ne parle pas beaucoup, surtout de cette époque. Peut-être que vous pourriez me raconter quelques anecdotes sur lui ».

« Alors là je suis votre homme Alan ! J'en ai de bonnes à vous raconter mais vous ne lui direz pas que je vous les ais racontés. Sinon, je ne donnerais pas ma chère de ma peau lorsqu'il m'attrapera ».

« Marché conclu ».

Les deux hommes se sont serrés la main en souriant et ils ont passés le reste du voyage à échanger des petites histoires amusantes sur Don et Charlie. Des histoires dont les frères Eppes aimeraient ne jamais avoir vécues.

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« Charlie…Charlie »

Avec les dernières forces qui lui restaient, Don essayait de ramper vers son frère, toujours inconscient. Mais il a seulement réussi à avancer de quelques petits mètres avant que ses bras ne puissent plus soutenir son poids mort.

« Char…lie ».

Charlie était avec bonheur sans connaissance. Au lieu d'être dans le hangar, il était étendu sur son dos, les mains derrières la tête, sur l'herbe de son jardin, à regarder les papillons. Au lieu de sentir l'odeur de moisissure, il sentait le lilas, les fleurs préférées de sa mère. Et au lieu de l'horrible visage de Carter, c'est le visage souriant d'Amita qui est apparu au dessus de lui. « Charlie ». Charlie a froncé les sourcils. Depuis quand Amita a la même voix que Don ?! « Char…lie ». A son regret, son cerveau a commencé à enregistrer l'odeur du vieux bois moisi et la froideur du sol sur lequel il était étendu. Il a ouvert lentement ses yeux et une douleur lancinante dans sa tête a fait connaître sa présence. Il a porté sa main à son front et a senti qu'il avait une belle entaille sanglante.

« Charlie »

Reprenant tous ses esprits, le jeune génie a regardé en direction de Don lorsqu'il a entendu sa voix. Celui-ci était à plat ventre, bras gauche tendu vers son petit frère. Sa voix était à peine plus élevée qu'un chuchotement mais il pouvait y détecter la panique.

« Don ! Ne bouge pas, j'arrive.»

Ignorant les martèlements dans sa tête, il s'est précipité à quatre pattes vers son frère et l'a soigneusement roulé sur son dos. Il a refoulé un sentiment de nausée lorsqu'il a vu les marques de brûlures sur son torse.

- « Oh Don ! »

« Charlie, tu vas bien ? Il t'a…frappé ».

« Shhh Donnie, je vais bien. C'est juste une bosse. Tu sais, je commence par m'y habituer » J'ai la tête dure ».

« Ton front…saigne ».

« C'est rien. Juste une petite entaille. J'ai la tête dure. Papa dit toujours que je suis une vraie tête de bûche.

Charlie essayé de rassurer son frère tout en filetant ses doigts dans ses cheveux.

« J'suis…tellement déso…lé Charlie. »

« Shhh. Je t'ai déjà dis que tu n'avais pas à culpabiliser. »

« Si. Ils…ont gagnés. …peux plus…te protéger. »

La voix de Don était tellement empreint de tristesse que Charlie a bataillé dure pour ne pas laisser ses larmes tombées.

« Non Donnie, ils n'ont pas gagnés. Ils n'ont pas réussi à détruire notre lien. Et tu sais que tu ne peux pas toujours me protéger, même si on était dans une autre situation. D'ailleurs, moi non plus je n'ai rien pu faire pour éviter toutes tes souffrances ».

« Pas…ton rôle. C'est…le mien. J'suis…ton grand frère ».

Charlie a répondu tout en prenant Don dans ses bras et en essuyant les larmes que son frère n'avait pas pu retenir :

« Et donc en tant que petit frère, je ne dois pas te renvoyer la faveur ?! Don, peut importe que tu sois le grand frère et moi le petit frère. On doit toujours s'épauler l'un et l'autre. Un frère doit toujours être là pour l'autre, en tout cas, faire tout ce qui est humainement possible pour l'aider, peut importe qu'il soit l'aîné ou non ! D'accord ? »

Don a acquiescé faiblement de la tête.

« Bien. Tu vois que j'ai toujours raison. Ecoutes, on va se remettre contre le mur. On va procéder de la même façon. Je vais te prendre sous tes épaules et te traîner ».

Charlie est passé de la parole à l'action. Il a traîné son frère et il s'est adossé contre le mur en abaissant Don de sorte que son dos se repose contre son torse et le dos de sa tête contre son épaule. Puis, après avoir essayé de refermer la chemise de Don du mieux qu'il pouvait, Charlie a retiré la veste de costume de son frère pour le couvrir, espérant arrêter ses tremblements. Il savait que les tremblements ne faisaient qu'augmenter sa fièvre.

« Ca va aller Donnie, on va s'en sortir. Ton équipe ne va pas tarder ». « Donnie, tu m'entends ? Donnie ?»

Il a regardé son frère et a constaté qu'il avait les yeux fermés. Sentant la panique venir au galop, il a rapidement recherché une impulsion et a été soulagé d'en trouver une, bien que celle-ci soit de plus en plus faible et irrégulière. Don ! Préviens-moi avant de t'évanouir !

Au lieu de le réveiller, Charlie a préféré le laisser dans son état d'inconscience. Au moins, pendant ce temps là, il ne souffrait pas. Il a redressé la veste et enrouler ses bras autour de Don, essayant de lui offrir le plus de chaleur possible.

A suivre