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Chapitre 11 :
Don est entré dans la maison de son frère, ne sachant pas comment il était arrivé ici.
« Papa ? Charlie ? Y'a quelqu'un ? »
Pour toute réponse, Don a entendu de la musique. Le piano ! Etonner,il a claqué la porte derrière lui et s'est dirigé vers le piano.
« Donnie, je t'ai déjà dis que je n'aime pas quand tu claques la porte. Tu fais trembler la maison.»
Don a senti ses cheveux se hérissés et un frisson a parcouru tout son corps.
« Maman ?! »
Don était médusé. Non seulement il ne savait pas comment il était arrivé jusqu'ici mais en plus sa mère jouait du piano devant lui et lui parlait d'une voix calme et sereine.
« Donnie, je suis heureuse de te voir mais je regrette que ce soit aussi tôt».
« Maman ?! »
« Oui Donnie. C'est moi.»
« Mais…mais tu es morte ! Co…Com… »
« Comment est-ce possible ? Qu'est-ce je fais ici à jouer du piano ? »
« Bah, ne le prends pas mal. Mais oui, qu'est-ce tu fais ici ? »
« Je suis ici pour toi Donnie.»
« Pour moi ?! Mais tu es morte ! Tu ne peux pas être là !»
« Oui mon ange. Je suis morte mais comme je viens de te le dire, je suis ici pour toi. »
Don a soudainement compris le pourquoi du comment.
« Tu veux dire que moi aussi je suis… »
« Mort ».
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Alan était assis sur une chaise à côté du lit de son plus jeune fils, attendant qu'il se réveille. Charlie, en plus d'un nouveau choc à la tête, souffrait d'épuisement et de déshydratation. Avec beaucoup de repos et de calme, Charlie serait comme neuf dans quelques jours. Physiquement, du moins. Alan était surtout préoccupé par l'état mental de son cadet. Lorsque David était revenu à l'hôpital après avoir interrogé Carter au poste de police de Salina, il lui avait demandé d'être honnête avec lui et de ne rien lui cacher, même si c'était dur à entendre. Ainsi, il savait désormais comment ses garçons avaient été enlevés et pourquoi Charlie aussi avait été enlevé. Mais ce qui l'avait le plus terrifié était d'entendre David lui dire que Don avait été torturé devant Charlie. Alan était certain que son jeune fils ne se remettra jamais de cette épreuve. Avec beaucoup de temps et de patience, il reprendra le cours normal de sa vie avec l'appui de son père, d'Amita, de Larry et assurément de l'équipe de Don. Mais plus jamais il ne sera le même. Plus jamais Alan ne reverra dans ses yeux cette petite étincelle d'innocence qui caractérisait tant Charlie. Comment pourrait-elle continuer à briller après avoir était le témoin impuissant des atrocités subies par son frère. Et, tout simplement, comment Charlie pourrait-il vivre sans son grand frère à ses côtés ? La douleur diminuera avec le temps, mais elle sera toujours là, tapie dans l'ombre, prête à ressurgir à n'importe quel instant.
En pensant à son aîné, Alan a fermé ses yeux et a pris un souffle profond. Don. Il y a tant de choses qu'il aurait aimé lui dire. Lui dire combien il l'aimait et combien il était fier de lui. Il voudrait tellement le prendre dans ses bras et le laisser pleurer sur son épaule. Si seulement il pouvait avoir une baguette magique et remonter le temps. Un coup de baguette magique et abracadabra, toutes ses erreurs seraient effacés. Un coup de baguette magique et abracadabra, Don se tiendrait devant lui, souriant et en bonne santé.
- « Papa »
Alan a ouvert ses yeux et a rencontré le regard somnolent de son fils :
« Charlie ! Tu ne peux pas savoir à quel point je suis content de te voir réveiller ».
Alan a choyé les cheveux de son cadet et s'est penché en avant pour embrasser son front.
« Comment tu te sens mon garçon ? »
« Fatigué ».
En entendant la voix rauque de Charlie, Alan a pris le verre d'eau sur la table de chevet et a aidé son fils à le boire.
« Tu es déshydraté. Le médecin a dit que tu dois boire le plus possible. Tu as aussi besoin de repos. Tu iras mieux dans quelques jours».
« Quelle heure est-il ? »
« 19 heures »
« Quel jour ? »
« Dimanche »
Alan a eu un haut le cœur en remarquant que Charlie était totalement confus et désorienté.
« Nous vous avons trouvé hier en début d'après-midi, ton frère et toi. Tu ne te rappelles pas ? Tu t'es évanouit et tu as dormi depuis. Tu es à l'hôpital de Berkeley. C'est l'hôpital le plus proche de Salina. Là où se trouve le hangar. »
Reprenant ses esprits, Charlie s'est remémorait peu à peu les images de leur libération.
« Don ! Où est-il ? Papa, où est Don ?!»
« Calmes-toi Charlie. Recouches-toi. Tu dois te reposer ».
Alan a forcé son fils à reposer sa tête sur l'oreiller. Mais Charlie était bien déterminé à sortir du lit et à aller voir son frère.
« Papa ! Tu vas enfin me dire où est Don ?! Je t'en supplie, dis-moi que Don va bien ».»
« Charlie, ton frère est… »
Charlie a regardé de plus près le visage de son père. Son père avait l'air très vieux et très fatigué. Il montrait tous les signes d'un père inquiet pour ses enfants mais il y avait beaucoup plus que ça. Il paraissait hanté par quelque chose.
- « Non ! »
Alan a serré la main de son fils et a caressé ses cheveux avec son autre main.
« Shhh Charlie. Ça va aller. Shhh »
« Non ! Non ça n'ira pas. Don est mort ! »
« Non Charlie. Ton frère n'est pas mort. Tu m'entends ? Ton frère n'est pas mort. Il l'était mais il est revenu. Tu t'es évanouit lorsque son cœur s'est remis à battre ».
« Vivant ? Don est vivant ? »
« Oui mon garçon. Donnie est vivant.»
Charlie a laissé échapper un énorme soupir de soulagement. Mais son soulagement était de courte durée en voyant l'expression de son père.
« Mais ? »
« Charlie, tu dois te reposer. Nous parlerons plus tard quand tu te sentiras mieux ».
« Non. Dis-moi ce qui se passe. S'il te plaît, je veux savoir ».
Alan voulait que Charlie reprenne des forces avant de lui parler de l'état de son frère. Don était vivant mais il était loin d'être sorti d'affaire. Charlie lui a lancé un regard de plaidoirie. Son père n'avait jamais pu résister à ce regard et aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle. Aussi, il s'est résolu à lui dire la vérité. De toute façon, Charlie ne se reposera pas avant de tout savoir sur Don.
« D'accord Charlie. Don est ici, dans cet hôpital ».
« Alors je peux aller le voir ? »
« Pas encore Charlie. Tu dois reprendre des forces avant de sortir de ce lit ».
« Je vais très bien. Et puis je peux emprunter un fauteuil roulant ».
« Non, tu ne vas pas très bien. Tu es épuisé et ton corps doit récupérer. De toute façon, ton frère est en soins intensifs et les heures de visites sont très strictes. Megan est avec lui en ce moment.»
« En soins intensifs ? »
« Oui. Ton frère n'a toujours pas repris conscience. Les médecins disent qu'il est entre la vie et la mort. Il peut se réveiller dans une heure, deux jours, une semaine. Ils ne savent pas quant il se réveillera. »
« Mais il va s'en sortir ? »
Alan a soupiré de tristesse avant de répondre tout en continuant à passer ses doigts dans les boucles de son garçon.
« Charlie. Le cœur de Donnie s'est arrêté de battre pendant sept minutes. Son cerveau a été privé d'oxygène pendant sept minutes ».
« Tu es en train de me dire que non seulement Don risque de ne jamais se réveiller mais qu'en plus, si par miracle il se réveille, il risque de souffrir de dommages irréversibles au cerveau ? »
« C'est seulement une possibilité Charlie. Don peut aussi se réveiller en parfaite santé. Nous devons rester positifs».
« Quelles sont ses chances ? »
« Charlie ! Ton frère n'est pas une statistique ! »
« Bien sûr que non, je sais. Mais je dois savoir. S'il te plaît ».
« Il a 20 de chances de se réveiller sans séquelles.
« 20 ? Seulement ?! Oh non. Papa, jamais Don ne supportera de vivre en étant dépendant de nous ».
« Je sais, mon garçon. Mais nous serons là pour l'aider. Nous ne le laisserons pas. Tu sais, c'est grâce à toi s'il encore vivant aujourd'hui. Les infirmiers m'ont dit que tu as très bien réagi et que tu as effectué les bons gestes. »
Après quelques minutes de profondes réflexions, Charlie a répondu à son père sur le ton de la défaite :
- « Je n'aurais peut être pas dû. J'ai l'impression de n'avoir fait que retarder sa mort inévitable. J'ai seulement prolongé ses souffrances ».
« Non Charlie ! Tu t'es battu pour lui et je suis très fier de ce que tu as fais. Il aurait fait la même chose pour toi. Alors laisse cette culpabilité mal placée où elle est. Si tu n'avais pas pratiqué un massage cardiaque, ton frère ne serait plus parmi nous aujourd'hui. Et peu importe dans quel état il sera quant il se réveillera. Je préfère voir mon fils vivant, même si c'est dans un fauteuil roulant, plutôt que d'aller mettre des fleurs sur sa tombe ! Je ne veux plus jamais t'entendre dire une chose pareille !»
« Tu as raison. Excuse-moi. Il viendra à la maison et nous l'encouragerons avec tout notre amour ».
« Voilà qui est mieux. Bien, tu dois te reposer maintenant.»
« Il y a autre chose »
« Non. Je t'ai tout dit ».
« Papa, je le vois dans ton regard.»
« Mmh. Ce qu'il y a c'est que…Eh bien, ton frère a besoin de beaucoup de force pour récupérer. Et le problème est que son cœur est très fatigué. C'est l'épuisement combiné avec les coups de courant qu'il a reçu qui a provoqué son arrêt cardiaque au hangar. Et le fait de l'avoir choquer de nombreuses fois avec le défibrillateur ne l'a pas aidé. Le défibrillateur a permis de faire rebattre son cœur mais il l'a aussi fatigué encore plus. Mais nous devons penser positifs Charlie. Ton frère a toujours été fort et combattant. Il n'y a aucune raison pour qu'il ne surmonte pas cette situation. Crois-moi, je sais que Donnie se battra jusqu'au bout. Jamais il n'abandonnera ».
« Je sais papa, je sais. Même superman ne lui arrive pas à la cheville ».
« Je suis sûr qu'il sera heureux d'entendre ça. Il n'aimerait pas être l'égal de quelqu'un qui se promène avec des collants bleus et un slip rouge par-dessus. Sans oublier la cape. Tu imagines ton frère dans cette tenue ! Avec un grand D sur son torse ». Alan a enlevé sa main des cheveux de Charlie et il a imité le super héros en train de prendre son envol. « Attention, SuperDon arrive ! »
Au plus grand bonheur d'Alan, Charlie s'est mis à rire nerveusement aux singeries de son père mais surtout en pensant à son frère dans la panoplie de Superman.
« C'est bon de te voir sourire mon garçon. Tu verras, on s'en sortira tous les trois. Mais pour ça, il faut que tu dormes. Plus vite ton corps aura récupérer, plus vite tu pourras aller voir ton frère, jeune homme ».
Souriant à son père, Charlie a fait le salut militaire avant de fermer ses yeux. Son père avait raison. Plus vite il ira mieux, plus vite il pourra être aux côtés de Don. Il commençait à s'endormir lorsqu'il a senti le pouce magique de son père en action.
« Papa »
« Oui Charlie ?»
« Je te défie de chanter du Sinatra.»
Alan a souri à cette petite plaisanterie familière. Il savait que ses enfants avaient toujours détesté l'entendre chanter Frank Sinatra lorsqu'ils étaient petits mais il adorait les taquiner. Aussi, il s'était toujours amusé à défendre sa fameuse grande théorie envers sa femme et ses garçons, bien qu'il se soit toujours avoué lui-même être un piètre chanteur.
Il est resté quelques minutes à regarder son jeune fils s'endormir. Certain qu'il se reposait paisiblement, il a déposé un dernier baiser sur son front puis, d'un pas fatigué, il s'est dirigé vers la chambre de son autre fils.
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Don s'est assis sur le banc à côté de sa mère.
« Je suis mort ? »
« Pas vraiment mon ange. Tu es entre la vie et la mort ».
« Charlie ?! »
« Calmes-toi Donnie. Ton frère va bien. Vous avez été libérer tous les deux. Charlie est fatigué mais il ira bien. Ce n'est pas pour lui que je m'inquiète le plus en ce moment ».
« Oh, je vais très bien ».
Margaret s'est arrêtée de jouer et a lancé à son fils un regard de désapprobation.
« Vraiment ? Etre proche de la mort, je n'appelle pas ça allait bien ».
Don n'a pas soutenu le regard de sa mère et a timidement regardé le piano.
« Donnie, admettre que tu ne vas pas bien ne te rends pas faible ».
« Je sais ».
« Non tu ne le sais pas. Tout comme tu ne sais pas demander de l'aide. C'est pour cela que je suis ici. Tu as besoin d'aide. Je sais que tu ne la demanderas pas alors je suis venue».
« De l'aide pour quoi ?»
«Tu as besoin d'aide pour faire ton choix mon ange.»
« Un choix ? Quel choix ? »
« Le choix de vivre ou de mourir.»
Dans n'importe quelle autre circonstance, Don aurait ri de la question et la réponse lui aurait sauté aux yeux. Il aurait répondu en riant qu'évidemment il préférait vivre. Mais, à son grand étonnement, cette question, à cet instant précis, ne lui a pas paru aussi saugrenue. Il était bien ici, dans sa maison d'enfance avec sa mère, loin de toutes responsabilités et plus personnes pour compter sur lui. Loin de tous les tracas de la vie quotidienne et loin des horreurs qu'il rencontrait quotidiennement dans son travail. Il aimé son travail d'agent fédéral mais il y avait des périodes où il était fatigué de l'inhumanité qu'il voyait tous les jours. Mais, d'un autre côté, il voulait aussi revoir son père et son petit frère.
« Je suis bien ici, avec toi. »
« Je suis aussi heureuse de te voir Don. Mais je ne veux pas que tu meurs. Tu as la vie devant toi. Tu dois fonder une famille. Tu sais que ton père rêve d'avoir des petits enfants ».
Don et sa mère ont échangé un petit rire et se sont lancé un regard complice.
« Tu feras un très bon père Donnie ».
« Ah ouais ? »
« Pas ouais. Oui ».
« Ah oui ? »
« J'en suis certaine. Toi et ton frère êtes des hommes merveilleux. Je ne pouvais pas espérer avoir de meilleurs fils. Je suis fier de vous deux. »
« Merci. Tu sais que tu étais une mère formidable aussi. Enfin, je veux dire que tu l'es toujours. Non ? Enfin, je veux dire…Tu vas trouver ça ridicule mais c'est que…Enfin parfois, j'ai l'impression que je sens ta présence autour de moi. J'ai l'impression que tu veilles sur nous de là où tu es. Tu me manques tu sais. Il ne se passe pas une seule journée où je ne pense pas à toi.»
Margaret, émue par les mots de son fils, a levé ses yeux du piano et l'a honoré d'un regard affectueux, la larme à l'oeil. Voir son Donnie lui parlait aussi ouvertement était une chose très rare. Tellement rare qu'elle appréciait intensément chacun de ses mots.
« Oh Donnie. Tu me manques aussi. Ce n'est pas ridicule mon ange. Je veille sur toi, ton frère et ton père à ma manière. Vous trois vous ne pouvez pas me voir mais moi je vous vois. Je ne peux pas vous toucher, vous étreindre dans mes bras mais je sais que je suis dans votre cœur. Tout comme toi, ton frère et ton père seraient toujours dans le mien. »
Don voulait toucher sa mère pour être certain qu'elle était bien réelle et pas seulement une illusion. Mais il n'a pas osé de peur que son image se fane et de peur de se retrouver seul une nouvelle fois. Comme cela avait été le cas lorsqu'il grandissait. Sa mère était toujours à porter de main mais il ne pouvait jamais l'atteindre. Elle était toujours tellement occupée avec Charlie que finalement il a toujours fallu qu'il se débrouille tout seul. Don a secoué sa tête en se culpabilisant de penser ainsi. Sa mère a toujours fait du mieux qu'elle pouvait. Elle avait réellement essayé de s'occuper de lui mais le génie de Charlie lui prenait beaucoup trop de temps. Il fallait constamment stimuler son esprit, trouver sans cesse de nouveaux professeurs particuliers, l'emmener passer tel ou tel concours et l'emmener recevoir toutes ses récompenses. En plus de tout cela, elle avait son travail en tant qu'avocate et une maison à s'occuper. Elle n'avait d'ailleurs pas beaucoup de temps libre pour elle-même. En dépit de son emploi du temps surchargé, elle avait toujours essayé d'être là pour lui. Elle n'avait pas réussi mais elle avait essayé. C'est tout ce qui compter pour Don.
« Je sais à quoi tu penses Donnie. »
En voyant le regard incrédule de son aîné, elle a continué en souriant :
« Tu penses à toutes ses années où je n'étais pas là pour toi. A toutes ces années où il a fallu que tu apprennes à ne compter que sur toi-même. Je le regrette vraiment Donnie. »
« Non maman. Tu n'as pas à le regretter. Je sais que tu as essayé. C'est tout ce qui compte ».
Margaret s'est une nouvelle fois arrêtée de jouer et elle a caressé la joue de Don. Don a fermé ses yeux en souriant. Il pouvait sentir la main douce de sa mère sur sa joue. Elle était vraiment là. Elle était vraiment venue pour lui.
« Ce n'était pas suffisant Donnie. J'aurais dû essayer beaucoup plus ».
« Mais tu ne pouvais pas. Tu n'avais même pas une seule minute pour toi. Tu ne pouvais pas t'occuper de moi et je l'ai compris. »
« Oh Donnie, si tu savais à quel point je t'aime. »
« Je le sais maman. Je t'aime aussi. Je ne veux pas te quitter. Je veux rester avec toi, s'il te plaît».
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Megan tenait la main de son patron en repensant à la première fois où elle l'avait rencontré. Jamais elle n'aurait pensé intégrer un jour son équipe, et sur la demande expresse de Don qui plus est. Lorsqu'elle était arrivé au bureau de Los Angeles, Don, en poste à LA depuis seulement un peu plus d'un an, s'était déjà forgé une solide réputation et était apprécié par tous ses collègues. Ses supérieurs voyaient en lui une menace. Il était réputé pour sa ténacité, sa finesse d'esprit et sa perspicacité. Sa force de caractère faisait de lui un leader. Il n'était pas seulement un homme d'action. Don essayait toujours de comprendre la psychologie des suspects qu'il recherchait. Il a toujours été un homme de réflexion plutôt qu'un homme d'action. Même si l'action a toujours été sa raison de vivre. Megan avait aussi entendu parler de sa carrière avant son arrivée à LA. Don Eppes n'excellait pas dans un domaine en particulier mais il était compétent dans tous les domaines, d'où sa brillante carrière. Section de recherche des criminels en fuite, instructeur en technique d'intervention à Quantico, chef d'équipe à Albuquerque et LA. Autant dire que Megan avait été très honoré d'être choisi par Don mais aussi très intimidé. Malgré ses grandes compétences, elle avait eu peur de ne pas être à la hauteur. Mais Don lui avait laissé le temps de faire ses preuves, comme il l'avait fait pour David et Colby. Seule Terry avait eu le privilège de ne pas se battre pour montrer ses compétences. Ils avaient été beaucoup plus que des amis tous les deux. Les rumeurs disaient que Don et Terry étaient sortis ensemble à Quantico. Ils étaient si complices qu'ils se comprenaient sans avoir besoin de parler. Un simple regard ou un simple geste et ils se comprenaient. Après avoir travaillé dur, Megan n'était pas loin d'établir une véritable complicité avec Don. Pas aussi complice que Terry l'était avec Don, mais elle s'en rapprochait. Un lien s'établissait entre eux. Ils étaient un peu comme un frère et une sœur. D'autant plus que depuis que Crystal Hoyle l'avait enlevé, Megan avait l'impression que Don se montrait protecteur envers elle. Il n'avait d'ailleurs pas hésité à dépasser les limites de la légalité pour la sauver. Cette histoire les avait encore plus rapprochés. Megan était extrêmement fière de ce lien. Jamais elle n'avait eu de meilleur patron. Un patron posé et équilibré sur qui tout le compte peut compter. Un homme fort, confiant, inébranlable, toujours aux commandes de tout. Mais surtout un patron aussi compatissant, toujours à l'écoute.
Megan a posé son regard sur le visage meurtri de Don. Depuis que Carter était passé aux aveux et décrit les tortures qu'ils ont fait subir à Don, elle se demandait sans cesse comment son ami pouvait être encore vivant aujourd'hui. Jamais elle n'oublierait ces minutes interminables où Don était étendu à terre, sans vie, dans le hangar. Les infirmiers l'avaient choqué plusieurs fois sans succès. Au moment où ils s'apprêtaient à abandonner, le cœur de Don s'était remis à battre comme par magie, comme s'il avait entendu les appels effrénés d'Alan et de Charlie.
« Eh Don. Je sais que tu peux m'entendre. Tu dois te battre. Ton père et ton frère ont besoin de toi. Nous aussi nous avons besoin de toi. Tu sais que l'équipe ne sera plus jamais la même si tu n'es pas là. Je ne veux pas te remplacer. Tu es le meilleur patron avec qui j'ai jamais travaillé. Tu es aussi mon meilleur ami. Je ne veux pas te perdre. »
Comme Don, Megan a toujours été quelqu'un de stoïque. Elle ne pleurait pas facilement en public. Mais, seule, chez elle, c'était une autre histoire. Comme Don, jamais elle ne montrait ses émotions. Mais ici, en voyant Don dans cet état et en repensant à ce qu'ont subit ses meilleurs amis dans cet affreux hangar, elle n'a pas pu empêcher les larmes qu'elle avait jusqu'ici réussi à retenir de tomber. Elle est restée plusieurs minutes plongée dans son chagrin, ne regardant rien d'autre que le respirateur qui envoyait de l'air dans les poumons de Don. L'appareil était impressionnant, même terrifiant, mais il était là pour aider Don à respirer et permettait à son cœur de ne pas se fatiguer encore plus.
Megan a sursauté en apercevant du mouvement à côté d'elle. Elle a rapidement essuyé ses larmes avant de détourner son regard de Don pour rencontrer celui d'Alan qui était en train de s'asseoir sur la chaise à côté d'elle.
« Alan. Je suis désolée. Je ne vous ai pas entendu entrer. »
« Ne vous excusez pas. Il n'y a pas de changement ? »
« Non, aucun changement. Alan, cette après-midi vous m'avez dit que vous n'aimiez pas être à l'hôtel et que vous préféreriez rester ici avec Don et Charlie. Alors je me suis permis de demander à l'infirmière de faire une entorse aux heures de visites en vous permettant de rester plus longtemps. Je lui ai aussi demandé ce lit de camp, là-bas, le long du mur. Vous pouvez dormir dessus cette nuit si vous voulez. »
« Oh, c'est très gentil à vous Megan. Merci beaucoup. »
« Vous n'avez pas à me remercier Alan. C'est le moins que je puisse faire. Don en aurait fait autant si j'étais dans sa situation. Comment va Charlie ? »
« Plutôt bien. Il s'est réveillé. Il n'attend qu'une chose : être ici avec son frère ».
« Vous pensez que je pourrais prendre son rapport demain ? Plus tôt je pourrais l'interroger, mieux ce sera ».
« Je comprends. Oui, je pense qu'il sera en état de vous parler ».
« Bien. Je repasserais demain avec David, Colby et Billy. Essayer de vous reposer sur le lit. Ne le prenez pas mal mais je pense que vous avez vraiment besoin de dormir ».
« Oui. Vous avez raison. J'ai l'impression que je pourrais dormir pendant une semaine sans me réveiller. Mais je n'arrive pas à fermer l'œil plus d'une minute ».
« C'est tout à fait compréhensible. Mais essayer ».
« Je vous le promets ».
Megan s'est levée et a embrassé Don sur la joue. Puis elle est sortie de la chambre après avoir donné une brève compression sur l'épaule d'Alan.
Alan s'est assis sur la chaise de Megan pour être plus près de son fils. Il a répété ses actions qu'il a fait plutôt avec Charlie. Il a pris la main de Don et de son autre main il a caressé ses cheveux.
« Aller mon grand, tu dois te réveiller. Tu ne vas pas me dire que tu te plais ici. Avec ce tube dans ta gorge et tout ce bruit fait par les machines.»
Don restait désespérément insensible et sans vie.
« Bon. Très bien. Puisque tu veux rester ici, alors moi aussi je reste. Je te préviens, aussi longtemps que tu décideras de rester dans cette chambre, je resterais aussi ici. J'ai déjà vu mieux comme décoration mais je peux faire avec. Tu n'es pas près de te débarrassé de ton vieux père tu sais. Même un tremblement de terre ne pourra pas me faire bouger ».
Alan a embrassé son fils, redressé tendrement ses couvertures et est allé se coucher sur le lit de camp essayé de prendre quelques heures de sommeil.
Du lit, Alan a regardé son fils pendant un petit moment avant de s'endormir profondément sans s'en rendre compte.
A suivre
