Rencontres

Carlisle m'avait quittée en promettant de tout expliquer à sa famille. Je pouvais retourner au lycée sans me soucier des regards meurtriers d'Edward. Le patriarche Cullen semblait d'ailleurs se divertir de la rivalité que son fils avait ressentie à mon égard. Je ne trouvais en aucun cas la situation amusante, mais être le père de quatre vampires devaient vous faire paraître certaines choses sous un autre angle…

Le lendemain matin, je décidais de me rendre au lycée. J'avais passé le reste de la journée d'hier à dormir, si bien que j'étais d'humeur un peu plus égale. Ne me doutant pas à recevoir un accueil différent de ma première journée, je me comportais comme à l'accoutumée. Je garais ma voiture sur le parking, soulevant le regard envieux de certains élèves. A peine sortie de mon véhicule, une ombre dansante se rua sur moi. J'eus à peine le temps de me préparer à l'assaut que, déjà, des bras fins m'entouraient et que des cheveux en pointes me piquaient le visage. Si je n'avais pas été de constitution aussi robuste, la jeune vampire m'aurait tuée.

---Alice !

Je ne savais trop quoi faire : répondre à son étreinte ou m'éloigner en courant face à cette démonstration de tendresse plus qu'excessive. Elle recula d'elle-même m'évitant de choisir entre mes deux options.

---Chérie, tu ne devrais pas faire ça…

Du coin de l'œil, je vis Jasper regarder avec désapprobation sa compagne. J'avais du mal à m'imaginer ces deux-là marier. D'un peu plus loin, Edward réprimandait Bella qui semble-t-il avait failli tomber à terre dans sa précipitation à venir me voir. Devenir le centre d'intérêt de tout ce petit monde me mettait mal à l'aise.

---Tu aurais dû venir nous parler, rouspéta Alice à mon égard.

---Pardon ?

---Vu ton… état, nous aurions pu t'épauler. Rester seule ne doit pas être une partie de plaisir.

---Alice…

Jasper leva les yeux au ciel.

---Je n'ai pas tout de suite réalisé qui vous étiez. Je ne pensais vraiment pas trouver des… amis dans un endroit aussi peuplé.

Pour la première fois, je vis le sourire de Jasper. Ce n'était pas par moquerie, mais plutôt par compréhension. Lui aussi trouvait tout cela étrange, encore aujourd'hui. Il lui était d'ailleurs difficile de se plier aux règles de Carlisle, mais Alice restait à ses côtés, ce qui représentait énormément pour lui. Et puis, il y avait Bella. Elle était entrée dans sa vie aussi subitement qu'un orage d'été. Il avait perdu le contrôle une fois, mais ses erreurs avaient eu un effet bénéfique. Il s'était rendu compte de l'importance de l'existence de Bella. Il s'était mis à l'aimer comme il aimait Edward.

---Bonjour !

La voix de Bella me parut comme un rayon de soleil. Elle semblait heureuse d'être avec ceux qu'elle aimait et de me voir si enclin à ces familiarités qui m'étaient depuis longtemps étrangères.

---Bonjour, lui répondis-je.

Edward ne daigna pas me saluer. Il enlaça Bella comme par défi. Carlisle m'avait menti. Rien n'aurait pu calmer les craintes de son fils.

« Je suis désolé »

Je fus la seule à entendre ces quelques mots, bien entendu. Je les savais sincères, si bien que je ne pus que sourire. Il sembla gêné mais je n'en avais que faire.

La sonnerie me sortit de ce petit moment de quiétude. Alice m'enlaça le bras et m'attirait déjà vers les portes du bâtiment 4. Elle était bien décidée à nouer des liens. Carlisle m'avait bien signifié qu'elle m'aimait bien, non ? Qu'avais-je à perdre après plus de cent cinquante ans de solitude ? Je finis par marcher à son allure lui faisant échapper un sourire. Juste derrière nous, Bella riait mélodieusement devant la scène que nous offrions toutes les deux.

---Quel âge as-tu ?

Alice avait commencé son interrogatoire dès que nous nous étions installés à la table où ils avaient l'habitude de « manger ».

---162 ans, murmurai-je.

---Tu es née la même année que Jasper ! s'étonna-t-elle.

Je jetais un coup d'œil amusé à ce dernier. Il me lança un regard désolé. Il avait rapidement abandonné l'idée de raisonner sa compagne et l'avait laissé m'assaillir de questions tout en la regardant avec une mine désapprobatrice.

---Ta transformation ?

---En 1861.

---A 18 ans, donc…

---Je n'aime pas trop en parler, Alice.

Elle me sourit doucement, comprenant parfaitement ma réticence. Elle engagea son questionnement sur une autre voie.

---Une Audi RS4, hein.

Je ne pus m'empêcher de rire. Ce qui fut contagieux. Oui, j'aimais la vitesse tout autant qu'eux. Certes, j'avais voulu éviter les grosses cylindrées pour éviter trop de regards curieux, mais je m'étais quand même fait plaisir avec ce petit bijou.

---Tu pourras l'essayer, continuai-je tout en gardant un sourire au coin des lèvres.

Ses yeux s'illuminèrent, ce qui nous fit reprendre notre fou rire. Cela faisait tellement longtemps...

---Qu'est-ce qui t'a amené à Forks ? intervint Bella.

Je soupirais, non pas parce que sa question me dérangeait, mais plutôt parce que tout cela était si compliqué.

---Je n'aime pas rester longtemps à un même endroit. Je suis seule, riche, malade… Les gens se posent trop souvent des questions.

Les trois vampires me regardaient avec insistance. Ils comprenaient parfaitement. Eux aussi avaient dû subir ces déménagements répétés pour éviter d'éveiller les soupçons des badauds.

---Forks était parfaite : très peu de soleil, petite ville, un lycée où je pouvais aller en n'éveillant peu les soupçons quand je partirais à l'université…

---Pas de regret, continua Alice.

---Non, souris-je. Tout ne va pas être aussi calme que je l'avais prévu, mais je vais faire avec. Il faut juste me donner le temps de m'habituer à autant d'enthousiasme et de franche camaraderie.

---Alors, une soirée en compagnie de toute la famille ne te dérangerait pas ?

---Ce n'est pas ce que je j'appelle me laisser le temps de m'habituer ! m'amusais-je.

Cette fois-ci, les deux garçons évitèrent mon regard. Je compris que le reste de la famille désirait me rencontrer en personne, et que je ne pouvais me déroger à cette obligation.

---Avoue que tu avais tout préparé à l'avance, réprimandais-je Alice.

Son haussement d'épaule était une réponse tout à fait satisfaisante. Je n'eus pas le temps de négocier, la cloche sonnant déjà, au grand plaisir de la jeune vampire.

Je ne fus jamais aussi peu impatiente de voir les cours se finir. J'appréhendais plus que je ne l'aurais dû la future réunion de ce soir. Je me surprenais même à écouter mes enseignants déblatérer leurs blablas incessants.

A la dernière sonnerie, Alice et Jasper nous attendaient, adossés au mur opposé de notre salle de cours.

---Je suis sûre que tu as couru pour venir jusqu'ici, lui lançais-je.

Un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres. Elle me tendit la paume de sa main.

---Tu m'as fait une promesse.

Je lui lançais mes clés de voiture qu'elle attrapa au vol sans le moindre mal. Je suivis le petit lutin sautillant jusqu'à mon véhicule où elle s'empressa de monter du côté conducteur, de peur que je change d'avis. Je me glissais côté passager. La dernière fois que j'avais été à la place du mort, j'étais plus que mal en point. Carl avait été obligé de me conduire en forêt. Il avait réussi à garder un calme terrifiant. Je chassais rapidement ces souvenirs de ma mémoire. Déjà le moteur vrombissait. Alice s'amusait avec l'accélérateur. En une fraction de seconde, nous étions sur la quatre voies.

Nous nous rendîmes en dehors de la ville. Nous franchîmes un pont qui enjambait une rivière pour continuer sur une route qui conduisait vers le nord. Je ne fis guère attention aux grandes bâtisses que nous dépassâmes à vive allure. La forêt qui bientôt nous encercla m'intrigua un peu plus. De vieux souvenirs revinrent à la surface sans pour autant me rendre mal à l'aise. J'avais appris à contrôler tout cela.

Alice bifurqua soudainement dans un chemin de terre. Après plusieurs kilomètres, les arbres commencèrent à s'éclaircirent et nous débouchâmes enfin sur une petite prairie. Ce fut là qu'une grande maison blanche se dressait. Tout autour, des rosiers rehaussaient la luminosité des murs dont la couleur avait légèrement fané au fil des ans. Parmi eux, une femme s'activait à couper quelques roses. Elle avait le même visage pâle que j'avais cent fois croisé dans les miroirs. Des boucles caramel entouraient ses traits délicats. En nous voyant arrivés tous les cinq, elle délaissa son occupation. Elle serra ses garçons dans ses bras et fit de même avec Bella. Alice resta auprès de moi.

---Esmée, je te présente Cassandra. Cassandra, notre mère, Esmée.

La femme me regarda tendrement, de la même façon que Carlisle l'avait fait un jour plutôt. Elle enveloppa ma main entre les siennes. Elle semblait ravie de me voir parmi eux. Le rôle de mère lui allait parfaitement.

---Je suis heureuse que tu aies pu venir. Pour tout t'avouer, j'étais curieuse. Je voulais vraiment te rencontrer.

Je ne sus quoi répondre à tant de franchise. Heureusement, Alice me sauva de cette situation gênante. Elle me tira vers l'entrée de la maison. Esmée nous suivit sans rien dire. Carlisle se trouvait sur le pas de la porte. Il nous attendait visiblement.

---Cassandra.

---Bonsoir.

---J'espère qu'Alice ne t'a pas forcé la main.

---Non, ne vous inquiétez pas. Je suis heureuse d'être ici.

---Bien. Emmett et Rosalie doivent partir ce soir. Tu ne pourras guère apprécier leur présence, mais je suis sûr qu'Alice saura combler ce vide.

Il me fit un clin d'œil imperceptible. Au même moment, deux ombres dévalèrent les escaliers. Le premier était un homme. Les cheveux sombres et ondulés, il ressemblait à ces sportifs massif et musculeux qui ne vous donnent pas envie de les asticoter. Il était suivi d'une jeune femme à la silhouette magnifique. Sa chevelure dorée descendait en vagues douces jusqu'au milieu de son dos. Il ne me fut pas difficile de reconnaître Emmett et Rosalie.

Emmett fut le premier à m'apercevoir.

---Eh ! C'est notre nouvelle recrue !

Son enthousiasme à mon égard me surprit quelque peu, mais c'était rafraîchissant.

---Elle est plus vieille que toi Emmett ! le gronda Alice.

Il n'y prêta pas attention. Il me tendit sa main gauche que je serrais derechef. Sa main droite tenait fermement celle de Rosalie. Le regard de cette dernière m'apparut froid et calculateur. Une façade qui l'aidait à surmonter tout cela. J'en étais certaine. Elle me serra elle aussi la main, sans s'attarder.

---Cassandra, désolé, mais nous devons partir.

---Oui, Carlisle m'en a informé. Ce n'est rien.

---Ce n'est que partie remise, jeune fille, me promit-il.

Rosalie le tirait déjà par la manche de sa chemise, l'obligeant à le suivre. Je fis un signe de la main à Emmett qu'il accompagna d'un large sourire.

---Tu viens, m'incita Alice.

Elle m'entraîna vers les escaliers. Nous gravîmes les deux étages puis nous entrâmes dans l'une des chambres. Jasper, Bella et Edward nous attendaient.

---Alors ? me demanda Jasper.

---Je suis toujours en vie, ironisais-je.

---Je suis sûr que tu t'attendais à pire, se moqua Edward.

---Non. C'est juste que vous semblez si unis…

Mon regard se perdit dans des souvenirs lointains. Ma mélancolie ne trompa personne. Alice m'invita à m'asseoir. Nous nous installâmes sur le parquet de bois aux côtés de Bella et Jasper et la conversation fut reprise là où elle s'était arrêtée.

Je restais silencieuse la plus part du temps, peu habituée à ce genre de réunion. J'aimais les voir rire et sourire. C'était un plaisir indéniable. D'un certain côté, je les enviais d'avoir réussi, là où j'avais échoué. Mais les regrets ne menaient à rien de bon. Et ce soir, j'avais envie de profiter de tout cela.

Durant quelques heures, tout me sembla si simple, si clair. Bien sûr, cela ne dura pas.

---Bella.

---Oui ?

---Tu devrais rentrer. Ton père songe à vérifier ton alibi. Il tourne autour du téléphone.

Mon habitude à sonder les problèmes n'avait pu échapper à cette soirée de détente. L'inquiétude de M. Swan m'avait tout de suite frappée. Bella ne sembla pas inquiète, sûrement habituée à ce genre de situation. Elle soupira, lançant un regard attristé à Edward. Il se leva prêt à la raccompagner.

---Edward ? Et si je ramenais Bella ?

Il ne sembla pas suivre mon raisonnement.

---Une nouvelle élève qui débarque en ville. L'ancienne nouvelle venue lui sert de guide. Cette excuse pourra marcher pendant au moins deux bonnes semaines !

Tous me regardèrent étrangement.

---Tu es diabolique, lança Alice.

Nous descendîmes les escaliers en compagnie des trois frères et sœurs. Esmée et Carlisle n'étaient pas en bas. Ils me faisaient tous si confiance. Ils avaient pourtant tant à perdre.

---Tu es plutôt douée, me murmura Edward tout en accompagnant Bella jusqu'à ma voiture.

Je me retournais vers lui, perplexe.

---Tu es arrivé à sentir l'inquiétude de Charlie, sans le moindre mal.

---Je n'ai aucun mérite. J'utilise mon don depuis trop longtemps, et j'ai toujours appris à être sur la défensive. Ne te formalise pas avec ma facilité apparente à utiliser mon don. Je ne suis jamais totalement sereine, toujours aux aguets, ce n'est pas quelque chose que je souhaiterais à quelqu'un.

Il ne me répondit pas. Je ne voulais pas qu'il y ait de compétition entre nous. Tout était déjà si compliqué. Il avait largement le temps de développer ses capacités. Moi, j'y avais été contrainte.

Edward embrassa sa compagne et resta près de la voiture jusqu'à ce que je disparaisse dans l'allée de terre. Bella resta silencieuse.

---Tu es mal à l'aise ? m'inquiétais-je.

---Non. C'est juste que tu as l'air si réservée… Je ne sais pas si tout cela t'embête ou bien si tu es vraiment heureuse d'être parmi nous.

Je soupirais. Bella arrivait à cerner les gens sans la moindre difficulté. C'était assez déstabilisant.

---C'est encore trop nouveau pour moi. J'aime beaucoup votre présence, mais après un siècle et demi à vivre seule… J'ai du mal à m'y faire. Mais ne t'inquiètes pas, je ne vais pas disparaître.

Elle me sourit timidement.

Lorsque nous arrivâmes devant chez elle, Charlie Swan se trouvait sur le perron de la maison familiale. Il me lança un regard courroucé que j'ignorais. Il était passablement énervé.

---Tu m'as dit que tu étais à la bibliothèque, commença-t-il dès que nous sortîmes.

La situation n'était guère à notre avantage. Il s'avança vers nous furibond ne prenant même pas la peine de cacher sa colère devant une étrangère. Discrètement, je m'interposais entre Bella et son père. Il me remarqua de nouveau.

---Puis-je me permettre, M. Swan.

Mon ton avait pris l'aspect du velours. Quelle qu'était sa colère, il ne résisterait pas longtemps à mon charme. Je ne cherchais pas à attendre sa réaction et repris la conversation.

---Cassandra Crow, monsieur.

Je lui tendis une main qu'il serra après une courte hésitation.

---Je suis navrée pour tout ceci, mais je viens d'arriver à Forks et Bella m'a gentiment offert de m'aider à passer ce cap. Je suis seule alors trouver un peu de réconfort auprès de votre fille s'est trouvée être une bénédiction.

Ses traits s'étaient déjà détendus.

---Il n'empêche qu'elle m'a encore menti.

Je ne savais pas encore ce que Bella avait bien pu faire pour mériter une pareille méfiance de la part de son père, mais Edward devait y être pour quelque chose. Pour être aussi en colère contre sa fille, il y avait certainement un garçon là-dessous.

---Non, monsieur. Nous étions bien à la bibliothèque, mais j'ai eu un malaise et Bella a dû me conduire à l'hôpital.

A ce mot, Carlisle Cullen apparut dans les pensées de Charlie. Il respectait beaucoup le docteur, malgré l'animosité qu'il ressentait pour son fils cadet. M. Swan était décidément un homme compliqué.

---Le docteur Cullen m'a auscultée, si vous souhaitez, vous pourriez l'appeler pour confirmer notre histoire. Je sais que Bella est consignée, et je comprends parfaitement votre colère…

---Non, c'est bon… marmonna-t-il.

Il semblait plus gêné qu'autre chose, mais Bella était sauvé, c'était le principal.

---Alors vous venez d'arriver ? reprit-il plus accommodant.

---Oui, il y a très peu. Bella a été la première à m'adresser la parole.

Ce qui était vrai d'ailleurs. Un peu de vérité dans tous ces mensonges ne faisait aucun mal.

---Papa, je suis désolée, intervint Bella.

---Non, c'est moi. J'aurais quand même dû te laisser le bénéfice du doute. Et puis, c'est très gentil à toi de t'occuper de Cassandra. Je ne vais pas te punir pour ça.

Ma main se glissa dans celle de Bella. Je la lui serrais doucement. Elle comprit que nous avions gagné le sursis que je lui avais promis.

---Cela vous dérangerait-il que Bella continue à ma servir de guide ? Quelqu'un pour m'épauler serait un réel soulagement.

---Bien sûr, quelle question !

Toute trace de colère avait disparu, il avait maintenant un ton enjoué et protecteur. J'avais une petite gêne d'avoir ainsi tromper un père aussi attentionné, mais quoique ait pu faire Bella, j'étais sûre qu'elle ne pouvait pas l'expliquer à Charlie pour se défendre.

---Voudrais-tu entrer un instant Cassandra ?

J'étais prête à répondre oui, et j'aurais sûrement dû car la décision que j'allais prendre me conduirait dans des sentiers que j'avais jurés de ne plus emprunter.

Au fond de moi, un discret frisson me parcourut. Ce n'était qu'un murmure douloureux et ancien restait gravé en moi depuis fort longtemps. Je ne pouvais qu'y succomber.

---Je suis désolée, M. Swan, mais le docteur m'a conseillé du repos.

---Oh ! Bien sûr, c'est vrai. Peut être une autre fois alors ?

---Ca serait avec plaisir.

Malgré mon sourire, Bella sentit que quelque chose n'allait pas. Elle me serra la main aussi fort que sa constitution pouvait le lui permettre. Au fond de ses yeux, une peur sourde s'insinuait.

---Tu m'as promis, murmura-t-elle.

---Je ne vais pas disparaître, Bella. Ne t'inquiète pas.

Je l'embrassais sur le front, et me dirigeais déjà vers ma voiture, faisant un signe de main à Charlie. J'attendis qu'ils ne puissent plus me voir pour accélérer.