Complications
---Hey ! Qu'est-ce que tu fais ?
« Je m'amuse ! »
---Tu es plutôt en train de me mordre ! Attends un peu !
Je me mis à courir à sa poursuite. Jacob riait à n'en plus pouvoir s'arrêter. L'immense loup brun continuait à courir, se retournant de temps en temps pour voir si je gagnais du terrain. Mais il sous-estimait mes capacités. En une fraction de seconde, je ne fus plus dans son champ de vision. Il s'arrêta derechef, se doutant que d'une seconde à l'autre, j'allais me venger. Il se retourna. Trop tard.
---Alors ! Qui est la meilleure ? fanfaronnai-je à califourchon sur lui.
La scène aurait pu sembler monstrueuse pour un être humain normal. Une créature gigantesque se promenant avec une jeune femme frêle et en apparence sans défense. N'importe quelle personne saine d'esprit aurait pris la poudre d'escampette en apercevant Jacob sous sa forme canine. Moi, je m'en moquais bien.
Nous étions samedi. De bonne heure, ce matin-là, mon compagnon s'était montré d'une extrême excitation. La veille, alors que j'étais chez les Cullen, la meute avait découvert un sentier en pleine forêt. A en croire ses dires, l'endroit était magnifique. Il ne m'en fallut pas plus pour comprendre que j'étais conviée à une petite balade en forêt. J'avais bien sûr accepté. Il ne nous arrivait que très rarement de sortir en plein air. Les raisons étaient évidentes. Mais sur le territoire des Quileutes, les risques devenaient moins nombreux.
Nous nous étions enfoncés suffisamment pour que personne ne nous dérange. Je préférais prendre des précautions. Je savais pertinemment qu'il était très facile de se laisser dépasser par les événements, et c'était ce que je souhaitais le moins. Je voulais encore profiter de tout cela. Mais tout ne se passa pas comme prévu.
Je perçus tout de suite que quelque chose n'allait pas. Je me figeais, essayant de me concentrer sur les différentes voix que je voulais entendre. Jacob s'inquiéta. Il reprit sa forme humaine et s'approcha de moi. Il hésita une seconde, n'osant pas me toucher.
---Cassandra.
Sa voix était douce, comme s'il craignait que je ne puisse pas contrôler ce qui se produisait.
---Mon ange, réponds-moi.
Mes yeux reprirent vie. J'étais terrifiais.
---Qu'est ce qu'il se passe ? s'inquiéta-t-il.
---On a un problème… tremblais-je.
Jacob emprisonna délicatement mes mains dans les siennes et me força à le regarder. J'essayais tant bien que mal de soutenir son regard pour garder les idées claires.
---Alice… Elle croit que je suis en danger.
---Une de ses visions.
---Oui. Elle a vu des silhouettes menaçantes m'entourer. Elle n'a pas vraiment compris sur l'instant mais elle a ensuite distingué les ombres de ces silhouettes…
---Cassie ?
---Les ombres… c'était celles de loups.
L'expression de Jacob changea du tout au tout. Je sentis un frisson le parcourir et la peur s'insinuait dans son regard.
---Elle croit que la meute veut te faire du mal.
---Elle ne le croit pas, elle en est certaine. Et ils sont déjà en route pour la Push.
---Est-ce que tu sais où ils vont ?
---Une clairière…
---Cassie, il y a beaucoup de clairières sur notre territoire !
Il ne voulait pas être aussi brusque, mais la situation était plus que préoccupante. J'essayais encore une fois de me focaliser sur certains détails.
---C'est près de la frontière… il y a des arbres coupés, empilés les uns sur les autres… Je n'arrive pas à voir autre chose.
J'étais paniquée. Le manque de données allait peut-être coûter la vie à plusieurs des personnes que j'aimais. Jacob réfléchissait. Il parvenait difficilement à garder son calme. Ses yeux ne cessaient de bouger cherchant vraisemblablement le meilleur endroit où la rencontre allait avoir lieu.
---Ca y est, me souffla-t-il. Je vois où ils sont.
Une nouvelle fois, il se transforma. Un poil roux jaillit de son corps. Ses prunelles dorées me fixèrent pour jauger mon état. Je lui fis signe que tout allait bien. Notre course à travers les bois commença.
Nous courrions à la même vitesse. Nous poussions chacun de nos muscles pour gagner ne serait-ce qu'une seconde. Je sentais l'adrénaline traverser mes cellules rendant la situation de plus en plus claire. Il fallait que nous allions plus vite, encore plus vite. Nos pas touchaient à peine le sol. Seule la fermeture éclair du sweat de Jacob que je portais pour éviter qu'il ne se déchire lors de ses transformations m'indiquait que notre allure n'était plus humaine, en cliquetant à un rythme insoutenable.
Les bois se firent moins épais. Juste devant nous, un espace découvert se profilait. Nous y étions. Nos deux silhouettes apparurent soudainement aux abords de la clairière. Nous fûmes submergés par la haine, la frustration, l'inquiétude et l'impatience. Toutes ces pensées me perturbèrent. Jacob me retint avant que je ne vacille. A notre gauche, tous les enfants Cullen se tenaient assis sur les troncs d'arbres que j'avais vus. Ils fixaient avec insistance la meute qui leur faisait face. Notre brusque arrivée n'avait pas arrangé l'état d'esprit qui régnait dans cet espace ouvert.
« Cassie, essaye de détendre l'atmosphère. »
« Vous êtes trop nombreux et il y a trop de fragrances différentes. Je ne tiendrais pas longtemps, l'avertis-je. »
Il me fit signe qu'il comprenait. Nous allions devoir faire très vite. Un seul mot ou un seul geste de travers, et la situation pouvait déraper. Je me concentrais. Les molécules chimiques perdirent peu à peu leur odeur aux yeux de tous. Les êtres qui se trouvaient autour de nous n'apprécièrent pas la manœuvre. Le flair était quelque chose de primordial pour les créatures sauvages que nous étions, mais je n'étais pas d'humeur à satisfaire les instincts de tout le monde.
Jacob reprit sa forme humaine. Je lui tendis son sweat, tout en examinant la scène qui se déroulait devant nous. La tension était plus que palpable. Un silence oppressant s'était installé. Les regards allaient du groupe ennemi à nous deux sans aucune relâche. Je ne me sentais pas bien. Je n'étais pas suffisamment en forme pour supporter tout ça. Alice le remarqua. Elle voulut s'avancer vers moi pour m'aider, mais je l'en dissuadais.
---Alice, non. Si tu fais un pas de plus, tu briseras le pacte. Ça n'en vaut pas la peine, murmurai-je.
Elle me regarda de ses yeux sombres. Elle ne comprenait pas mon attitude. Elle ne comprenait pas pourquoi je refusais maintenant son aide, ni même pourquoi Jacob se tenait auprès de moi, sans que cela me dérange.
---Est-ce que tu vas bien ? me chuchota-t-elle.
J'opinai d'un signe de tête. Elle s'inquiétait vraiment. Elle voyait que la situation avait pris une ampleur catastrophique. Mais comment aurait-elle pu ignorer cette vision. Comment aurait-elle pu garder ça pour elle ? C'était impossible. Elle m'aimait. Elle ne voulait pas me voir en danger ou tout simplement souffrir. Alors elle s'était confiée à ses compagnons. La haine envers les loups-garous avait pris le pas sur la raison. Sans même prévenir Carlisle ou Esmée, ils s'étaient rendu tous les cinq dans cette clairière. Leur présence si près du territoire de la Push n'avait pas tardé à se faire savoir. La meute était apparue, menaçante.
---Vous devriez partir. Il n'est pas trop tard.
J'essayais de les convaincre. Aucun des vampires n'avait encore rompu le pacte qui les liait aux Quileutes. Si je parvenais à discuter avec Sam, les choses pouvaient encore s'arranger.
---Qu'est-ce que tu fais avec lui ?
Derrière Alice, Edward fulminait. Le ton qu'il avait employé n'annonçait rien de bon. Il se leva et fit quelques pas dans notre direction. Sa mâchoire était tellement crispée que l'on pouvait deviner le contour de ses os sous sa peau translucide.
---Ce n'est pas ce que tu crois, Edward…
J'étais lasse. Lasse de tous les efforts que je fournissais pour ne pas que le conflit s'envenime. Lasse de devoir toujours être sur mes gardes, de ne pas pouvoir vivre la vie que j'avais toujours souhaitée. Malgré moi, la douceur et la fatigue de ma voix ne firent qu'augmentait la colère de mon ami.
---Ce que je crois ! se moqua-t-il. Ce que je crois c'est que tu nous as trahis. Tu préfères être en leur compagnie plutôt que la nôtre.
---C'est plus compliqué…
---En quoi est-ce compliqué ? Tu ne peux pas aimer un loup-garou !
---Je t'interdis…
---De quoi ? De lire dans tes pensées ! Tu le fais bien, non ? Alors s'il te plait ne te moque pas de moi.
Il n'en démordait pas. Et je n'avais aucun moyen de me protéger de ses intrusions dans mon esprit. Je devais avant tout garder le contrôle sur les odeurs que je dissimulais.
---Tu es l'une des nôtres. Tu dois choisir.
Choisir. C'était le mot que je détestais le plus au monde. Choisir revenait systématiquement à perdre quelque chose. Vous aviez beau tourner dans tous les sens la chose, jamais vous ne seriez satisfait du choix que vous alliez faire. Jamais. Un jour ou l'autre, on finissait par regretter sa décision.
La colère sourde que je ressentis me fit prononcer des mots que j'aurais dû garder au fond de moi.
---Choisir comme Bella a dû le faire !
---Ne mêle pas Bella à ça.
---Crois-tu qu'elle était satisfaite ? Crois-tu une seule seconde que lui faire choisir entre toi et Jacob ait été une bonne chose ? Tu pouvais lui permettre de rester proche de Jacob !
Je n'aurais pas dû. Je n'aurais pas dû céder si facilement. Edward était prêt à bondir sur moi. Ma colère m'aveuglait complètement. Je ne sentis que trop tard que je n'avais plus le contrôle sur les fragrances que je cachais. Les seules choses qui gardaient encore la situation gérable venaient de partir en fumée.
« Cassie ! »
La voix de Jacob résonna dans ma tête comme une décharge électrique.
---Ne la traite pas comme ça !
Paul venait de céder. A peine eut-il prononcé ces quelques mots que tout bascula. Dans une explosion, il perdit toute trace d'humanité. Le loup chargea vers les vampires. Au même instant, je filais droit sur lui. A mi-chemin, un frissonnement descendit le long de ma colonne vertébrale. Dans une nouvelle déchirure, j'explosais à mon tour. En une seconde, je devins cette louve gris argenté gigantesque.
Je ne voulais pas lui faire de mal. Je voulais tous les protéger, rien de plus. Aveuglé par la rage, Paul ne me vit arriver que trop tard. Il voulut m'éviter. Je profitais de ce moment de déséquilibre pour lui rentrer dedans. Son corps glissa sur l'herbe à quelques mètres de moi. Malgré le choc impressionnant, la force de mon coup ne l'avait pas blessé. Il agita la tête pour reprendre ses esprits. Il était un peu sonné mais rien n'avait changé. Il voulait toujours faire payer à Edward les mots qu'il avait prononcés.
Paul retroussa ses babines, un grognement sinistre sortant de sa gorge. Il ne se contrôlait plus. Derrière moi, Emmett, Rosalie et Edward n'étaient pas dans un meilleur état d'esprit. Des feulements de colère montraient qu'ils étaient bien décidés à passer aux choses sérieuses. Je fis abstraction des vampires. Alice et Jasper semblait vouloir que les choses s'arrangent. J'espérais que si les choses tournaient mal, ils pourraient intervenir. La meute était une toute autre histoire.
Paul ne me quittait pas des yeux, guettant la moindre chance de pouvoir me contrer. Ses frères n'étaient pas dans de plus pacifiques dispositions. Sam gardait le contrôle, mais Embri et Jared étaient prêts à rejoindre le loup qui me faisait face.
« Paul. Ne m'oblige pas à vous faire du mal. »
Avançant d'un pas, il ne tint pas compte de ma demande. Il avait simplement voulu me protéger. Il n'avait pas supporté le comportement d'Edward envers moi. Il défendait l'une de ses sœurs, rien de plus. Il ne comprenait pas que je m'interpose.
« Recule ! »
Ce fut à mon tour de montrer les crocs. Si devoir faire appel à mon statut d'alpha était nécessaire, je n'hésiterais pas une seconde. Paul me devait obéissance. C'était les règles. Me défier une nouvelle fois signifierait qu'il bafouait mon autorité, et dans l'état d'esprit où j'étais, ce serait la pire chose qu'il pouvait faire. J'avançais à mon tour vers lui, le forçant à reculer. Lentement, il fit marche arrière, me scrutant toujours avec une intensité incroyable. Mais cela ne me suffisait pas. Je voulais qu'il reprenne forme humaine, qu'il ne soit plus un danger potentiel.
Les secondes s'écoulaient avec une lenteur effrayante. Je commençais à perdre espoir. Je n'arriverais pas à résoudre le conflit. Trop de haine liait les deux clans qui se faisaient face. Comment avais-je pu croire une seule seconde que tout arranger était possible ? Mais soudain, Paul reprit forme humaine. Il me regarda, penaud, puis s'éloigna doucement.
Epuisée, je perdis mon apparence de louve. Jacob et Alice se précipitèrent pour me retenir.
---Est-ce que ça va ?
---Oui, Alice. Tu n'aurais pas dû.
---C'est rien, Cassie, me rassura Jacob.
Il retira son sweat et le déposa sur mes épaules nues. Je tremblais. Je n'arrivais plus à contrôler la rage qui me consumait. Ces transformations étaient une torture pour moi. Et le pire était à venir. Si Alice ne me regardait pas comme un monstre de foire, il en était tout autrement pour ses compagnons. Derrière nous, les quatre vampires me scrutaient, décontenancés par la scène à laquelle ils avaient assisté. Je ressentais leur incompréhension, leurs doutes, mais pire que tout une aversion réfrénée. Ils ne voulaient pas ressentir de telles choses. Ils faisaient tout leur possible pour réfréner cela. Je n'aurais pas dû leur en vouloir. Leur réaction était normale. C'était ancré au fond d'eux. Ils haïssaient les loups-garous. Mais à travers cette confusion, je vis une solitude insoutenable s'acharner sur mon cœur.
Les mots d'Edward me revinrent. Il voulait que je fasse un choix. Mais avais-je réellement un choix à faire ? Cette constatation me fit rire. Je fus prise de tressautements incontrôlables. Tout ceci n'était qu'une mascarade effroyable !
---Choisir… Il veut que je choisisse…
Jacob frissonnait. Il avait peur pour moi, tout comme Alice. Ils croyaient tous les deux que j'étais en train de perdre la raison. C'était faux. J'étais parfaitement lucide.
---Qu'est-ce que tu veux que je choisisse ? hurlai-je.
Je me dégageai de mes deux soutiens, me dirigeant comme une furie sur Edward. Je parvins cependant à garder une distance raisonnable entre nous deux.
---Une meute dont je suis l'ennemie mortelle ou vous, qui me regardez comme si j'étais une étrangère, un monstre !
Edward ne réagit pas à mes propos. Il était perdu. Il ne comprenait ma colère soudaine. Qui pouvait la comprendre ? Ma vie n'était qu'un cauchemar perpétuel. Jamais de répit. Toujours de battre, se cacher, s'enterrer dans la solitude et la souffrance.
---Je n'ai jamais eu le droit de choisir, Edward. On ne m'a jamais donné ce luxe !
Je rugissais toujours. Je ne pouvais plus arrêter le flot de mes paroles. C'était comme si toute la haine que j'avais emmagasinée durant toutes ces années se décidait enfin à sortir de moi.
---Avant même que je naisse, on avait déjà fait des choix pour moi ! Tu sais ce que s'est de naître Quileute ? D'être la petite-fille du plus puissant loup-garou qui ait existé ? Ce ne sont pas de choix. On t'impose ce destin ! Et tu vois, j'ai accepté cette responsabilité. Je suis devenue le chef de meute.
Les souvenirs défilaient devant moi. Oppressants. Douloureux. Ils me rappelaient combien j'avais désiré oublier tout ça. Je m'étais promis de ne plus jamais repenser à ces jours-là.
---Le plus drôle dans tout ça, c'est que j'ai fini par être heureuse. Malgré les sacrifices, je me suis rendu compte qu'après tout, ma vie valait la peine d'être vécue. J'avais des frères qui m'aimaient, un homme qui aurait donné sa vie pour moi. Je ne demandais rien d'autre. J'avais accepté tout ça. Mais il a fallu qu'il vienne s'attaquer à nous ! Crois-tu qu'il m'ait laissé le choix lui aussi ? Non ! Il les a massacrés ! Tous sans exception. Mais il ne s'est pas arrêté là. Il voulait aller plus loin dans sa folie meurtrière.
L'horreur traversa le regard d'Edward. Il n'était pas nécessaire que j'explique que le monstre qui avait causé tout ça était un vampire. Je voyais dans ses yeux qu'il avait compris l'ampleur de la situation.
---Il m'a mordu, aussi profondément qu'il le pouvait. Et puis, il est parti. Il m'a laissé avec cette souffrance horrible. Durant trois jours, j'ai cru que j'allais mourir à chaque seconde. J'aurais encore préféré que ma vie s'arrête ce jour-là !
Mes dents se serrèrent. La colère faisait couler des larmes brûlantes sur mes joues. La révélation de tous ces secrets ne m'avait pas soulagée. C'était encore pire.
---Alors, tu veux que je choisisse ?
---Cassandra…
---Je préfère encore ne pas faire de choix.
Des regrets dansaient dans les yeux d'Edward. Pas une seule seconde, il n'aurait imaginé que derrière mon sourire pouvait se cacher de telles souffrances. J'avais toujours été une énigme pour lui. Mais maintenant, il comprenait. Il comprenait pourquoi la vampire que j'étais avait gardé autant de caractéristiques humaines.
La main de Jacob se posa sur mon épaule. Je me dégageai doucement, évitant tout contact visuel. Je ne voulais pas qu'on me cajole ! Je ne voulais pas qu'on essaye de me comprendre !
A bout de nerfs, je quittais la clairière. Personne n'essaya de me retenir. Je me mis à courir, vite, de plus en plus vite, comme si toute la peine qui me broyait la poitrine allait s'effacer par ce geste stupide. Mes yeux me brûlaient, mon corps hurlait de douleur. J'aurais voulu disparaître. Comme il y avait 144 ans. J'aurais voulu mourir ce jour-là ! Je n'aurais pas été obligée de subir tout ça. J'aurais été épargnée un tant soit peu.
Ma maison m'apparut comme une vision trouble. Je fondis dans les escaliers et me blottis dans mon lit. Les sanglots éclatèrent, plus forts et plus douloureux. Je continuais à trembler comme une feuille. J'étais pathétique.
Soudain, une ombre se dessina près de moi. La souffrance de Jacob m'était encore plus pénible. Il détestait me voir comme ça. Il détestait ce qu'il avait découvert sur mon passé. Mais pire, il haïssait le vampire qui m'avait fait ça. Et cette haine m'assourdissait.
Doucement, il s'approcha de moi, essayant de me prendre dans ses bras.
---Non !
Je me débattis comme une enfant capricieuse, le frappant avec mes poings. Mais je n'allais pas gagner. Il ne se laisserait pas faire. Il était hors de question de me laisser seule. Il resserra son étreinte, m'empêchant de me débattre. Je ne résistais pas plus longtemps. J'enfouis ma tête dans le creux de sa poitrine et continuais à pleurer.
Il attendit que ma fatigue prenne le dessus, tout en caressant délicatement ma peau. Peu à peu, le ronronnement de son cœur me fit perdre pied. Je m'effondrais épuisée.
