Je vous laisse encore avec une fin de chapitre très abrupte... Désolée, je fais pas exprès d'être aussi sadique ! XD N'oubliez pas de me laisser vos impressions !


Guet-apens

Je n'aimais pas les sensations que je ressentais. Ne plus avoir conscience de son corps, ni même savoir si votre âme était le fruit de votre imagination ou bien qu'une représentation immatérielle de votre esprit. Mes yeux étaient grands ouverts mais j'étais incapable de contrôler quoique ce soit. Je voulais parler mais seuls des sons incompréhensibles sortaient de ma bouche. Je ne pouvais que laisser mes larmes couler le long de mes joues.

Une ombre se profila devant moi. Je n'arrivais pas la reconnaître. On s'afféra autour de moi. Que se passait-il ?

---Cassandra, tout va bien. J'ai dû t'injecter un sédatif assez puissant pour que tu te calmes. Tu ne peux plus contrôler ton corps. Je sais que c'est dur, mais patiente un peu. Je t'injecte un antidote.

Je sentis l'aiguille s'enfoncer dans ma chair. Tous mes muscles se contractèrent violemment mais j'étais la seule à le percevoir. J'avais envie de hurler. On brûlait mon corps ! Mon dieu, on était en train de me brûler vive ! Mon rythme cardiaque s'affola, ma respiration s'accéléra. Puis soudain, tout disparut. A bout de souffle, je me redressais brusquement essayant de reprendre ma respiration. On me retint fermement. Je tremblais sans pouvoir me retenir.

---Tout va bien. Tout va bien. Respire profondément.

Je m'agrippais comme une forcenée à la silhouette qui m'aidait à faire passer la crise. Carlisle.

---Qu'est-ce que... ?

---Ne parle pas pour l'instant. Tu risques de prolonger la paralysie plus longtemps.

Je secouais la tête lui signifiant que j'avais compris.

---Jasper va venir pour m'aider à te calmer.

Au même instant, la porte s'ouvrit à la volée. Une nouvelle main se posa sur ma peau. Progressivement, je fus plus détendue. La tension de mes muscles se relâcha, j'étais presque somnolente.

---Cassie, ma chérie, il faut que tu restes avec nous, d'accord ?

Je secouai de nouveau la tête.

---Bien. Je suis incapable de t'expliquer ce qui a pu se produire. Ta constitution physique est une énigme pour moi. Tu as semble-t-il fait une crise d'angoisse. Le problème c'est que malgré que tu en aies tous les symptômes, je n'avais jamais vu cela. C'était beaucoup trop violent et étant donné qu'aucun de nous n'a jamais été malade, j'ai fait avec les moyens du bord. Je suis désolé.

---C'était moi…

---Qu'est-ce que tu veux dire ?

---J'ai eu peur de ce que j'ai vu.

---Cassie, il faut que tu me donnes plus d'explications.

---Je l'ai revu… celui qui m'a fait cela… Je n'ai pas supporté…

---D'accord. Est-ce que tu peux te lever ?

---Oui.

---Très bien. Nous devons discuter de ce que tu as dit à Edward et Alice. C'est très important.

---OK.

Doucement, Carlisle m'aida à me remettre sur mes jambes. La sensation fut assez étrange. En premier lieu, j'eus l'impression de flotter, comme si malgré le fait que mes pieds touchaient le sol, je n'avais aucun lien avec ce dernier. Puis ce fut comme si une masse immense s'abattit sur mes épaules. Jasper me rattrapa avant que je ne m'écroule.

---Désolée.

---Ce n'est rien. Vas-y doucement.

Jasper passa son bras autour de ma taille, mon corps se reposant entièrement sur lui. Progressivement, je retrouvai les sensations de mes muscles et lorsque nous parvînmes à la salle à manger, je pouvais me targuer de me déplacer par mes propres moyens, avec certes peu d'assurance, mais cela allait revenir.

---Est-ce que tu vas bien ?

Esmée s'était précipitée vers moi, l'inquiétude hantant son visage.

---J'ai connu mieux, mais ça va.

Elle me sourit timidement puis m'invita à m'asseoir tout en guettant le moindre de mes mouvements, de peur que je ne m'écroule. Le soulagement de pouvoir enfin arrêter les efforts que je fournissais pour rester debout, fut cependant de courte durée. Autour de moi, les regards que je croisais étaient ternes et sans vie. Edward et Alice étaient repliés sur eux-mêmes, enfoncés dans leurs chaises, les bras croisés sur la poitrine. La situation était pire que ce que j'aurais pu imaginer. Carlisle finit par prendre la parole.

---Cassandra, j'aimerais que tu nous racontes ce que tu as pu voir. Je ne te demande pas les détails, seulement ce qui t'a semblé le plus important.

Je pris une grande inspiration, essayant de me concentrer sur mes souvenirs.

---Je me suis retrouvée enfermée dans une sorte de vision.

---Etait-ce la même chose qu'il y a quinze jours ?

---Non, à ce moment-là, j'étais consciente que quelque chose n'allait pas. C'était juste un malaise, mais aujourd'hui… Il faut que vous compreniez que j'arrive à capter les pensées des gens sans aucun effort et à des distances inimaginables si je me concentre suffisamment. Dans certains cas, je parviens même à entrer dans les pensées de certaines personnes, je suis une sorte de spectateur de leurs souvenirs, de ce qu'ils imaginent, mais je garde le contrôle. Je sais que je ne suis pas dans mon esprit, que c'est totalement différent…

Je m'étais mise à trembler sans m'en rendre compte. La main d'Esmée se posa sur mon avant-bras afin de me détendre. Je glissais mes doigts entre les siens. Son contact était si rassurant.

---Cette fois-ci, c'était différent. J'ai basculé dans les pensées de quelqu'un mais je n'avais pas le contrôle de la situation. J'ai cru que tout ce que je vivais était réel… et pourtant tout autour de moi personne ne semblait se rendre compte de ce qu'il se passait… sauf Edward.

Mon regard se leva vers lui. Cette information m'était complètement sortie de la tête.

---C'est grâce à toi que je suis sortie de ce cauchemar. Tu m'as dit que je devais revenir parmi vous.

---Je n'ai fait que répondre à ton appel, me répondit-il penaud. Tu appelais à l'aide alors que tu semblais aller parfaitement bien. Je n'ai jamais pu entrer dans ton esprit, Cassie, et là j'y ai été happé.

Ce n'était pas possible. Edward ne pouvait pas entrer dans mon esprits, et cela pour d'excellentes raisons. Il y avait un problème.

---Cassandra ?

Carlisle me regardait étrangement.

---Edward ne peut pas entrer dans mon esprit… murmurai-je. Ma partie loup-garou l'en empêche…

---Tu veux dire que nous n'étions pas dans ton esprit ?

---Je l'ai vu… Je l'ai vu lui… Le vampire qui m'a mordu était dans cette… vision ou peu importe ce que c'était. Il riait et…

---Quoi ?

---Oh mon dieu ! J'ai cru que ce n'était qu'un souvenir, mais…

---Cassandra, s'il te plait, me poussa Carlisle.

---Il était dans une forêt accompagné de ses acolytes. J'ai cru que c'était un souvenir de mon passé, du jour où il m'avait mordu, mais c'était différent. Les images que j'ai vues sont beaucoup plus récentes.

La tension monta d'un cran dans l'assemblée.

---Est-ce que tu peux le localiser ? osa demander Emmett.

---Non. C'était une coïncidence.

J'étais terrifiée et j'étais loin d'avoir atteint le niveau de terreur où la conversation allait m'emmener.

---Il a vu Edward et il a très bien pu glaner des informations durant la connexion.

---Très bien, chérie, écoute attentivement ce que je vais te demander. Tu as parlé à Edward et Alice des Volturi. C'est très important. Est-ce que cet homme fait partie de ce groupe de vampires ?

Je n'étais plus la seule à être effrayée. Les mots de Carlisle résonnaient dans ma tête. Qu'avais-je déclenché ?

---Je ne sais pas qui ils sont. J'ai juste entendu ce mot. Quelqu'un le psalmodiait. C'est tout.

Carlisle se détendit quelque peu. Ma réponse ne l'avait pas satisfait mais il ne semblait pas m'en vouloir. Il savait que je n'avais pas d'autre renseignements.

---Qui sont-ils ? Pourquoi avez-vous si peur d'eux ?

Carlisle soupira. Il aurait préféré ne pas avoir cette conversation.

---Les Volturi sont un clan très ancien de vampires. Ils sont l'équivalent de l'aristocratie pour notre peuple. Aro, Caïus et Marcus en sont les membres fondateurs… ils ont longtemps étaient mes mentors, mais les événements récents ont quelque peu changé la donne.

---Que s'est-il passé ?

Carlisle leva son regard vers Edward. Le jeune homme resta impassible pourtant, j'étais certaine qu'il était en partie responsable des dits événements. Ce fut Bella qui continua.

---Edward a cru que j'étais morte. Il est parti en Italie pour défier les Volturi.

Un rapide coup d'œil à Carlisle me permit d'avoir plus d'explications.

---Leur fief est en Italie, à Volterra plus précisément.

---Je voulais en finir et les défier était la seule façon de pouvoir mourir.

---Ils sont si puissants que cela ? questionnai-je.

---Ils sont bien plus vieux que nous tous réunis. Et je crains que le fait qu'ils se nourrissent d'êtres humains à longueur de journée ne facilite l'augmentation de leurs pouvoirs.

Cette révélation-là ne me plut guère.

---Comment les as-tu défié ?

---J'ai voulu m'exposer aux yeux des humains… Bella est intervenu à temps pour éviter le pire.

---Ils font donc leur possible pour garder notre existence secrète…

---C'est grâce à cette règle qu'ils maintiennent le contrôle sur tous les vampires, m'informa Carlisle. Au fil des millénaires, ils se sont chargés d'appliquer nos lois, autrement dit de punir ceux qui les transgresseraient. Et ils le font sans aucun état d'âme.

---Vous avez dû conclure un pacte avec eux après l'affront qu'Edward leur a fait…

Ce n'était pas des reproches, ni même des sarcasmes. Je commençais à comprendre que la situation dans laquelle je m'étais engagée était pire que tous les scénarios que j'avais pu imaginer.

---Bella les intéresse. Elle n'est sensible à aucun de nos pouvoirs et ce n'est pas quelque chose que les Volturi allaient laisser passer. Aro nous a donné un ultimatum. Soit nous transformons Bella, soit ils la tueront.

Les derniers mots d'Edward m'ébranlèrent. Ma main se crispa dans celle d'Esmée. C'était donc cela.

---Vous craigniez qu'ils soient déjà en marche pour venir la prendre…

---Oui. Alice a eu une vision le temps que je te ramène ici. C'est aussi vague que ce que toi et Edward avez pu ressentir, mais elle a vu un groupe de vampires se déplacer vers nous, continua Carlisle.

Je fixais malgré moi Alice. Elle s'en voulait. Elle aurait voulu pouvoir nous prévenir beaucoup plus tôt, nous permettre de nous mettre à l'abri, d'échafauder un plan… Mais était-ce vraiment de sa faute ? Il y avait plusieurs mois de cela, j'avais commencé à entendre des voix beaucoup trop lointaines pour être perceptibles avec distinction. J'avais tout de suite mis cela sur des artefacts, des pensées perdues. Je n'avais pas cherché plus loin. Et ce qui nous avait secoués, il y avait deux semaines de cela… Comment avions-nous pu prendre cela autant à la légère ?

---Ce n'est la faute d'aucun d'entre vous, intervint Carlisle. Nous pensions tous avoir beaucoup plus de temps que cela.

Ses mots ne soulagèrent personne.

---On peut toujours mettre le plan qu'on avait décidé en action, reprit Emmett.

---Ils sont trop nombreux, Emmett, le coupa Alice. Edward aurait pu fuir avec Bella pendant que nous nous serions occupés des intrus, mais là, ce n'est plus envisageable.

---Ta vision peut changer, non ! Ca t'est déjà arrivé, Alice. Il suffit que nous fassions quelque chose qui opère un changement dans cette putain de vision !

Emmett était sorti de ces gonds. Rosalie posa sa main sur son avant bras pour le calmer. Conscient qu'il avait dû blesser sa sœur cadette avec ses propos, il se rassit et ne broncha plus un mot.

---Avez-vous un autre plan ? me hasardai-je.

---La fuite est la seule option envisageable, mais ce n'est pas une solution à long terme. On peut espérer avoir suffisamment de temps pour trouver autre chose, continua Carlisle, mais pour l'instant, c'est tout ce que nous avons.

Je n'avais le cœur à lui rendre son triste sourire. Les choses avaient pris une tournure catastrophique et tout était hors de contrôle. Je ne le supportais pas.

Soudain, mon téléphone sonna. Le nom de Carl s'afficha sur l'écran. Je ne fus qu'à moitié surprise vu qu'il était le seul à avoir ce numéro. Mon avocat ne m'appelait que très rarement sur ma ligne portable. Il préférait me laisser un message sur ma ligne fixe, me demandant de le rappeler ultérieurement. S'il cherchait à me joindre directement alors que je ne lui avais rien demandé, c'était que quelque chose d'important était arrivé.

---Excusez-moi, je dois répondre.

Esmée me fit signe qu'elle comprenait et m'indiqua le salon pour être plus tranquille. Je quittais la salle à manger et m'isoler un peu du groupe qui continuait à discuter.

---Oui, Carl. Que se passe-t-il ?

---Je suis désolé, mais Carl ne peut pas répondre pour l'instant !