Désolé pour l'attente, j'étais en examens et en révision donc pas trop le temps quoi ! Mais voilà un nouveau chapitre !
J'espère qu'il vous plaira et merci pour les reviews !
Fuite
J'étais à deux doigts de lâcher le combiné. Ma respiration s'accéléra sans que je puisse rien contrôler. J'essayais de me concentrer sur l'esprit de Carl, mais je ne percevais rien. Ils l'avaient tué tout ça parce qu'il était en relation avec moi.
---Je dois dire qu'entendre ta voix est une surprise tout autant qu'un plaisir. Je n'aurais jamais cru que tu pourrais survivre.
J'étais tétanisée. J'aurais pu raccrocher et mettre fin à la conversation rapidement, mais je ne le pouvais pas.
---Ce voyage est de plus en plus intéressant, je dois l'avouer. Qui aurait cru que je croiserais ta route ? Je n'étais pas vraiment venu pour toi, mais étant donné que tu te trouves au même endroit que…
Le téléphone me glissa des mains. Carlisle se tenait face à moi. La colère déformait ses traits. Il broya l'appareil et le laissa retomber à terre.
---C'est lui ?
Ce n'était pas vraiment une question. J'étais en larmes, tremblante et j'étais sûre qu'il avait entendu la conversation.
---Oui…
Je pensais qu'il était furieux contre moi, qu'il m'en voulait de nous avoir ainsi exposer, mais au lieu de cela, il posa sa main derrière ma tête et me ramena à lui.
---On va s'occuper de ça, Cassie. Emmett, Rosalie, Jasper aidez votre mère à tout préparer.
---Tu veux qu'on quitte Forks ? s'indigna Rosalie.
---Oui, et maintenant. Edward et Alice, vous allez vous rendre chez Charlie. Prenez tout ce dont Bella aura besoin. Bella trouve quelque chose pour qu'il ne s'inquiète pas d'une absence prolongée.
---Pour l'hôpital ?
---Je n'aurais pas le temps de m'en occuper, Esmée.
---D'accord, ne t'inquiètes pas. Je vais gérer ça. Qu'est-ce que tu comptes faire ?
Le patriarche des Cullen soupira.
---Je vais voir les Quileutes.
---Quoi !
Tous ses enfants avaient bondi à l'énonciation du nom de la tribu indienne dont j'avais fait partie.
---Tu sais très bien qu'on n'a pas le droit d'y mettre les pieds ! C'est du suicide !
Rosalie était hors d'elle. La belle créature blonde avait perdu toute sa superbe.
---Rosalie, tu ne comprends pas. C'est beaucoup plus compliqué…
---C'était Aro au téléphone, n'est-ce pas ?
---Oui, Edward. C'était Aro.
Je me dégageais brusquement de l'étreinte de Carlisle. Mon attitude le peina, mais il comprit.
---Vous voulez dire que c'est l'un d'eux qui m'a fait ça ! Vous disiez qu'ils ne voulaient pas que l'existence des vampires soit dévoilée ! Comment a-t-il pu ?
Je hurlais. Il n'était plus question de se sentir faible et esseulée. Autour de moi, la situation prit une autre ampleur aux yeux de mes amis. Rosalie venait de comprendre les intentions de son père. Carlisle connaissait Aro, il me l'avait lui-même dit. Il avait été son mentor. Comment quelqu'un comme lui avait pu avoir de l'estime pour un tel monstre ?
---Cassandra, je comprends que tu sois en colère, mais nous n'avons pas le temps. Il sait où nous sommes et qui se trouve auprès de toi.
---La meute…
---Oui. C'est une trop belle occasion pour lui. Détruire toute une meute reviendrait à éliminer une gêne supplémentaire.
---Et les autres membres de la tribu ?
---Il ne leur fera rien. Rappelle-toi, ils n'ont rien fait aux Quileutes après avoir décimé ta meute. Aro ne pourra pas se permettre une telle folie. Mais si nous restons ici, il fera son possible pour nous trouver, ce qui n'implique pas le meurtre mais la torture.
Trop de choses se bousculaient dans ma tête. Je comprenais la situation mieux que quiconque, mais il me fallait un peu de temps pour tout mettre en ordre.
---Jake doit m'attendre chez Sam avec les garçons. Il voulait me faire une surprise… quelque chose qui remplacerait ma remise des diplômes.
---Est-ce qu'ils sont déjà sur place ?
---Oui.
---Très bien. Je veux que dans une heure tout le monde se rejoigne à la sortie de Forks. Les garçons prenaient ce qu'il faudra dans la cave. Chargez en le maximum. C'est bien compris ?
---Oui, lui répondit Emmett derechef. Faites attention.
Carlisle eut un sourire moqueur puis m'entraîna vers la sortie.
---On prend le 4x4. Si on doit loger à sept dans une voiture, autant prendre le véhicule adéquat.
---Vous pensez vraiment qu'ils vont accepter aussi rapidement.
---Ils n'ont guère le choix, Cassie.
J'eus à peine un pied dans la voiture, que Carlisle faisait déjà crisser les pneus du 4x4 noir métallisé. Nous fûmes à la Push en moins de cinq minutes. Je n'aimais pas l'idée qu'un vampire entre sur ces terres sacrées, même si c'était un ami digne de confiance, mais avions-nous d'autres choix ?
Au bruit du moteur, les cinq garçons sortirent immédiatement. Même si j'avais savamment dissimulé l'odeur de Carlisle, l'arrivée d'une voiture inconnue ne leur avait pas échappé. Par mesure de précaution, je descendis seule de la voiture.
---Cass, dis-moi que tu as une très bonne raison.
Sam était furibond, et je le comprenais aisément. Ce que nous faisions était suicidaire.
---Sam, il faut qu'on parle.
---Et sa présence est nécessaire ?
Il était inutile de chercher un soutien auprès de Jake. Lui demander de défier Sam était hors de question.
---Sam, s'il te plait. C'est très important. Tu sais très bien que je n'agirais pas de la sorte si ça ne l'était pas.
---Sam, elle est morte de peur, lui souffla Embri. Elle a tout fait pour nous protéger jusqu'à maintenant et ce n'est pas l'un des jeunes qui est avec elle. C'est le patriarche.
Les mots d'Embri eurent l'impact escompté. Sam nous laissa entrer tous les deux chez lui, mais la partie était loin d'être gagnée. Lorsque nous entrâmes, je pus découvrir tout ce que les garçons avaient préparé pour moi. Emilie avait dû passer la journée derrière les fourneaux, et on ne comptait plus les guirlandes et autres décorations qui ornaient la pièce. J'étais navrée que leur petite fête prenne une telle tournure.
Carlisle se montra aussi courtois qu'à son habitude malgré la réticence visible des garçons. Si les choses s'annonçaient comme nous l'espérions, nous allions devoir passer beaucoup de temps ensemble, et si une simple discussion tournait mal, je n'imaginais pas la suite des événements sous de très bons hospices.
Sam resta de marbre. Emilie s'était approchée, posant sa main sur son épaule pour essayer de le détendre. Il serra doucement la main de sa femme.
---Cassandra.
Carlisle m'incita doucement à parler. Nous n'avions plus le temps de nous regarder dans le blanc des yeux à ne rien dire. Et il n'était pas question non plus de tourner autour du pot.
---Le vampire qui m'a agressée est en route pour Forks.
---Quoi ? Comment est ce possible ?
---Sam, laisse Cass parler.
Jake était devenu nerveux. Il savait pertinemment tout ce que j'avais pu traverser, tout ce que je vivais aujourd'hui. Il ne pouvait qu'imaginer l'horreur que cette nouvelle avait eue sur moi.
---Il n'est pas tout seul, et il sait que je suis vivante.
---Tu dois nous quitter, c'est pour ça que tu es venu, s'inquiéta Paul.
L'attitude de Sam avait changé. Il s'était redressé sur sa chaise et me scrutait avec insistance. Il avait compris. Il avait compris la menace qui se rapprochait de nous.
---Paul, réfléchis.
---Quoi ? J'ai dit une connerie ?
---Il sait que tu es vivante, souffla Jake.
Dans ses yeux colère et peur se mélangeaient. Les autres finiraient eux aussi par comprendre, ce n'était qu'une question de secondes.
---Ce n'est pas seulement toi qu'il voudra retrouver, continua Jared. Il sait qu'un loup-garou peut devenir un hybride en étant mordu. Il va vouloir recommencer.
---Je n'ai jamais voulu ça. Mais si vous restez ici, il vous traquera et il vous fera la même chose qu'à moi, et ce n'est pas quelque chose que je veux envisager.
---Qu'est-ce que tu nous proposes ? La fuite ?
---Sam, on ne sait pas combien ils sont, ni quels sont leurs pouvoirs. Imagine un peu ce qu'il adviendra si autant de vampires parviennent à Forks. Nous devrons nous battre, et il y aura forcément des blessés…
Mon regard se tourna vers Emilie. Je désirais seulement éviter une autre tuerie.
---Et après la fuite, qu'est-ce que tu nous proposes ?
---Je n'en sais rien. Nous n'avons pas le temps de trouver autre chose pour l'instant.
---Alors, c'est tout ?
---Sam, arrête, intervint Emilie. Cassandra veut seulement que vous vous éloigner de Forks pour éviter un bain de sang. Vous aurez le temps de réfléchir à tout ça après. Carlisle ? Vous devez certainement avoir des arguments assez pesants pour avoir rompu le traité. Parlez !
Mon accompagnateur ne put que sourire à la témérité de notre hôtesse.
---Je veux que les choses soient claires, nous avons aussi un parti pris. Le vampire qui s'en est pris à Cassandra veut Bella, et par la même occasion se défouler sur les miens. Mais le problème est loin d'être aussi simple. Je connais Aro, il n'est pas du genre à abandonner. Cassandra était une simple expérience pour lui. Il s'est rendu compte qu'elle avait marché et que de surcroît une autre meute se trouvait sur sa route. Il voudra vous avoir tous les cinq, ça ne fait aucun doute, et cela quelque en soient les conséquences. Cependant, je le connais assez pour vous affirmer que si nous avons quitté les lieux avant son arrivée, il ne tentera rien auprès des habitants de Forks. Il sait que j'aurais tout mis en œuvre pour que notre fuite soit la plus discrète possible. Aucun témoin, aucune raison de s'attarder ici.
---Comment saura-t-il que nous sommes partis sans questionner les personnes qu'il croisera ?
---Il a un traqueur dans ses rangs, Démétri. Si mes soupçons sont exacts, il aura déjà repéré l'odeur spécifique des loups-garous, le jour où Cassandra a été mordue. Si Démétri ne sent pas les mêmes présences à Forks, ils quitteront la ville et se mettront à notre recherche sans plus tarder.
---Quelles sont nos garanties ?
Carlisle n'eut pas besoin de plus d'explications pour répondre au chef de la meute.
---Nous aimons Cassandra que cela vous soit tout à fait inimaginable ou pas, et elle tient énormément à vous tous. Jamais nous ne ferrons quelque chose qui puisse la blesser. De plus, au vue du combat qui nous attend, avoir des tueurs de vampires à nos côtés est plus que rassurant. On ne mord pas la main de celui qui nous nourrit, si vous préférez cette métaphore.
Sam esquissa le premier sourire de la soirée. Visiblement, il aima l'humour de Carlisle.
---Quand devons-nous partir ?
---Dans une demi-heure.
Sam n'eut pas besoin de faire signe aux garçons. Ils disparurent tous les quatre en un éclair.
---Avez-vous un endroit où nous cacher en attendant la bataille ?
---Oui. Tous sont situés en forêt et dans des endroits reculés. Il n'y aura pas de perte humaine si un désastre devait avoir lieu.
---Très bien. Emilie ?
---Oui.
---Tu va devoir garder ça pour toi. Au moins pendant quelques jours. Ça ira ? questionna-t-il Carlisle.
---C'est plus que suffisant. Vous pourrez rassurer les vôtres en leur signifiant que tous les vampires sont partis de Forks, cela pourra les faire attendre quelques temps.
---J'ai compris, ne vous inquiétez pas.
Quatre silhouettes étaient réapparues dans la pièce.
---Sam, c'est bon. On a tout ce qu'il nous faut.
---Prenez toute la nourriture que j'ai préparée aussi, leur indiqua Emilie. Je ne pourrais jamais avaler tout cela toute seule de toute façon.
Son sourire était forcé. En quelques minutes, elle venait de perdre son mari, ses frères, une sœur… Et encore une fois, les vampires allaient être la cause de ses malheurs, de ses inquiétudes, de ses nuits blanches à attendre le retour des siens. Sam la serra aussi fort qu'il le put dans ses bras, puis l'embrassa tendrement. Je ne savais pas quels mots pourraient l'apaiser. En passant devant elle, je ne pus que serrer sa main entre la mienne et lui murmurer :
---Je suis désolée.
Elle m'embrassa sur la joue comme elle avait fait de si nombreuses fois auparavant et me serra contre elle.
---Veille sur nos garçons, d'accord.
---Promis.
Avant que les larmes ne me reviennent, je quittais la pièce accompagnée de toute la meute. Carlisle avait déjà mis en route le moteur de la voiture. J'aidais les garçons à charger leurs affaires et nous grimpâmes tous les cinq à l'arrière. Sam s'installa aux côtés de Carlisle sans mot dire. Je ne savais pas si le fait de les laisser en tête-à-tête était une bonne idée, mais je préférais cela.
La nuit était tombée rapidement. Des nuages menaçants nous accompagnèrent jusqu'à la sortie de Forks. Dans à peine une heure, des trombes d'eau allaient une nouvelle fois s'abattre sur la ville, mais nous serions déjà loin.
Malgré nos vingt minutes d'avance sur l'heure qu'avait indiqué Carlisle, tout notre groupe s'était déjà réuni au point de rencontre. Par chance, Bella était parmi eux. Elle avait dû trouver une excuse plus qu'excellente pour que Charlie accepte son départ précipité. Nous descendîmes tous les sept de la voiture. Le spectacle que nous offrions était assez dérangeant, mais chacun d'entre nous connaissait les raisons d'une telle réunion et le temps des querelles était révolu. Bella salua les garçons d'un petit geste de la main ce qui lui valu cinq grands sourires.
Enfonçant les mains dans les poches de mon sweat, je rejoignis Edward et Bella.
---Comment as-tu fait ?
---Tu as reçu un appel de l'université Brown aujourd'hui et ils veulent te rencontrer dans deux jours pour un entretien. Vu que ta santé laisse à désirer, tu m'as suppliée de t'accompagner pour le voyage. On ne refuse pas un entretien d'une des plus anciennes et prestigieuses universités des Etats-Unis, papa ! Voilà à peu près ce que je lui ai dit.
Elle était partagée entre le rire et la nervosité. Avoir eu l'idée d'un tel mensonge était incroyable, mais la situation ne se prêtait pas trop aux boutades que j'aurais dû lui lancer après ce court résumé.
---Je suis jamais allée à Brown. Très bonne idée Bella.
---Il va me tuer !
---Il n'en aura peut-être pas l'occasion.
Je me rendis compte aux yeux d'Edward et Jake que ma réponse avait deux interprétations possibles, et je m'empressais de rectifier le tire.
---Je veux dire qu'on sera rentré avant qu'il ait des soupçons ! Désolée, j'ai du mal à gérer le trop plein de nervosité.
---Heureuse de ne pas être la seule.
Nous nous regardâmes dépitées.
---Bien ! Que tout le monde se regroupe.
Carlisle rassembla les troupes autour de la Mercedes et posa une carte sur le capot.
---Très bien, nous allons nous rendre au North Cascades National Park. Il faudra acheter des touts terrains pour pouvoir continuer après notre premier arrêt vers Olympia. Pas question de suivre les routes à grandes circulations. Nous remontrons ensuite vers Bellevue, puis Everett. Dans quatre à cinq heures nous devrons être arrivés à destination. Si l'un d'entre vous rencontre le moindre problème qu'il contact les autres sans plus attendre. Ai-je été clair ?
---Oui.
---Bien. Je ne tolérerais pas qu'un de vous soit tué parce qu'il n'a pas voulu écouter les craintes d'un autre.
Carlisle se montrait d'une autorité impressionnante. Nous l'écoutions tous sans sourciller que ce soit ses enfants ou bien la meute.
---Emmett, Rosalie vous prenez la décapotable. Alice et Jasper, le 4x4. Edward, tu prends Bella avec toi. Esmée nous prenons la mercedes. Sam ?
---Jake n'a qu'à aller avec Cass. Jared et Embri reste ensemble et je prends Paul avec moi. Je préfère garder un œil sur lui, si ça ne vous dérange pas.
Paul enfonça ses mains dans son jean, et fixa le sol à la remarque de son aîné. Il était le plus instable des loups, et il le savait.
---Cassandra, Jacob, montez avec Edward. Sam vous montrez avec moi et Esmée, nous avons d'autres points à voir ensemble. Et vos deux garçons iront avec…
Le patriarche des Cullen regarda Jasper. Il savait que son fils avait encore du mal à se contrôler. Même si je maîtrisais les odeurs de chacun, Jasper restait une menace.
---Allez avec Emmett.
Au loin, l'orage se mit à gronder. Bella sursauta.
---On devrait y aller, intervins-je.
Carlisle acquiesça et les quatre groupes montèrent dans les voitures qui leur avaient été désignées. Alors que j'étais sur le point de prendre place dans la Volvo, mon regard fut attiré par six ombres. Leurs yeux brillaient à la lueur de la pleine lune. Les loups restèrent à me fixer, calmes et placides. Je connaissais ces silhouettes. Je les avais chéries, il y avait si longtemps. A mon poignet, le lapis-lazuli qui ornait mon bracelet Quileute se tinta de sang. Je relevais les yeux brusquement pour interroger mes anciens compagnons, mais la route était de nouveau déserte.
---Mauvais présage, murmurai-je.
---Cassie, il faut qu'on y aille.
La main de Jake m'attira dans l'habitacle du véhicule.
---Tu as vu quelque chose ?
---Non. Rien.
Je m'enfonçais dans mon siège, une boule d'angoisse me serrant la gorge. Edward démarra la voiture. Le panneau nous remerciant de notre visite fila devant nous. Nous ne pouvions plus reculer.
