Voilà un nouveau chapitre ! J'espère que ça vous plaira et merci pour vos reviews, elles me font super plaisir !!!! Résignation

Le soleil avait fini par faire acte de présence. Mais par mesure de sécurité, nous avions été obligés de rester enfermés toute la journée. Ce n'était pas vraiment pour me déplaire. J'avais une raison valable de ne pas aller me nourrir aujourd'hui. Je n'aimais pas vraiment le choix que j'avais pris. Je m'étais simplement résigner. Adriel devait avoir raison… Il n'y avait sûrement pas d'autre solution. Cependant, je n'étais pas encore vraiment prête à en discuter avec mes compagnons.

J'avais choisi de m'isoler pour réfléchir à tout cela. Assise sur le rebord d'une fenêtre, la tête reposant contre les barreaux, je fixais inlassablement la forêt qui nous entourait à perte de vue. J'aimais le contact dur et froid de l'acier. Il me permettait de réfléchir plus librement, de me vider l'esprit. Comment en étais-je arrivée là ? Je savais ce qu'allait me coûter tout ceci. Transgresser cette frontière me faisait peur. Allais-je avoir la force nécessaire pour revenir en arrière ?

---Cassie ?

Bella se tenait dans l'embrasure de la porte. Elle me fixait inquiète, de peur que son intrusion ne me plaise guère. Il était étrange de voir qu'elle n'avait rien perdu de son apparence humaine. Sa gaucherie naturelle avait disparue, tout comme la douce couleur de ses iris, mais son attitude et ses paroles restaient inchangées. Elle avait aussi gagné en beauté. Elle était loin d'égaler celle de Rosalie, cependant en la regardant, on ne pouvait s'expliquer l'incroyable attirance qu'elle provoquait.

Voyant que je la fixais avec insistance, elle formula sa crainte.

---Est-ce que je te dérange ?

---Non. Bien sûr que non.

Un large sourire illumina son visage. Elle se dirigea derechef vers moi.

---Attent… !

Je voulus la prévenir pour le sac qui traînait sur son passage, mais elle l'évita sans aucune peine.

---Désolée… L'habitude.

---Alice est pareille avec moi, me répondit-elle en riant. C'est vrai qu'en temps normal, je me serais sûrement prise les pieds dans ce sac.

Elle regarda ce dernier avec nostalgie. En temps qu'humaine, ce défaut avait été un véritable fardeau pour Bella, mais maintenant… Le regrettait-elle ? Je n'aurais su le dire. Délaissant l'objet de son attention, elle vint me rejoindre. Elle croisa ses bras sur ma jambe et y reposa sa tête. Machinalement, mes doigts commencèrent à caresser ses longues mèches châtains.

---Quelque chose t'ennuie ? me hasardais-je.

Elle soupira. Visiblement, j'avais visé juste.

---Edward m'évite… Je ne sais pas, je me fais peut-être des idées, mais… Il évite de me regarder dans les yeux, il ose à peine me toucher, et quand on arrive à avoir une discussion, il est ailleurs.

---D'accord, il t'évite bel et bien.

---Heureuse de savoir que je ne me fais pas de films…

---Bella, il s'en veut. Ce n'est absolument pas contre toi. Il n'a pas pu rester auprès de toi durant ces deux jours.

---Il ne devrait pas s'en vouloir pour ça. Je comprends qu'il n'est pas pu supporter de me voir comme dans cet état.

---Il a besoin de temps, mais si tu es si pressée que ça, prends le entre quatre yeux et dis-lui ce que tu penses de la situation actuelle.

---Ce n'est pas vraiment mon genre.

---Oui, je n'en doute pas !

J'eus au moins le loisir de la faire sourire. Mais autre chose m'ennuyait. Je n'avais pas pu passer de temps avec Bella, depuis que je l'avais quittée à la fin de son calvaire. Comment vivait-elle tout cela ? Arrivait-elle à supporter tout ceci ?

---Comment se passent tes sorties avec Alice ?

Elle soupira.

---Je m'y étais préparée mentalement. Je m'étais trouvée des raisons plus que valables pour affronter ça, mais on ne le peut pas vraiment, hein ?

---Non, j'en ai peur.

---Alice m'aide beaucoup. Elle est très patiente. Entre mes crises de larmes et mon manque total de contrôle, elle arrive quand même à éviter que je meure de faim.

---Ca passera, tu sais. C'est sûrement triste à dire, mais on finit par si habituer… Et pour le reste ?

---J'adore ne plus me cogner dans tout ce qui traîne. Pour ce qui est de mes sens hyper développés, j'ai encore un peu de mal. Je sursaute assez régulièrement au grand plaisir d'Emmett.

---Tu prends plutôt bien tout ça.

---J'avais décidé depuis longtemps de devenir une des vôtres. Je savais que ça n'allait pas être une partie de plaisir, cependant, j'avais espéré ne pas être transformée dans de telles circonstances.

---Nous aurions dû mieux te protéger.

---C'était ma faute. J'étais trop inquiète. J'ai manqué de prudence.

Il n'était pas difficile de la comprendre. Je remarquais encore une fois que Bella et moi nous ressemblions étrangement. Et j'étais loin du compte.

---Cassie, je peux te poser une question ?

---Oui.

---Tu vas tous les jours en forêt, n'est-ce pas ?

---Ce n'est pas vraiment une question, hein ?

---Non, pas vraiment. Tu n'es pas obligée de me répondre.

A quoi bon lui cacher plus longtemps la vérité. Elle finirait par comprendre d'elle-même, j'en étais persuadée.

---Je me nourris. Je ne fais rien de bizarre si c'est ce que tu croyais.

---Non. C'est juste que je m'inquiétais, comme d'habitude. Ce n'est vraiment dans tes habitudes, ajouta-t-elle.

---Oui, j'aimerais aussi une explication à cette habitude.

Bella sursauta à l'entrée de Carlisle. Elle ne contrôlait pas encore tous ses sens, c'était une évidence. Je soupirais.

---La version longue ou la version courte ? Je vous préviens, la longue risque d'être assez difficile à accepter.

---Cassandra.

Il n'était pas exaspéré, juste amusé de mon attitude. Je continuais à fixer la forêt, comme si mes yeux étaient capables de voir plus loin que l'inimaginable. Allait-il réellement comprendre ? Oui, peut-être.

---Je veux le détruire. Vous n'allez peut-être pas être d'accord, mais quoique vous en disiez, je le ferais.

Je quittais la forêt du regard pour fixer Carlisle droit dans les yeux.

---Je ne vous demande rien.

Il soupira à son tour.

---Je veux juste qu'il disparaisse de cette terre. Qu'il ne fasse plus souffrir personne.

---Et tu crois que nous ne voulons pas la même chose ?

---Je n'en sais rien. Il a été votre mentor. Je ne connais pas la fin mot de toute cette histoire.

---Il s'en ait pris à Bella, à mes enfants. Mais le pire, c'est ce qu'il t'a fait à toi.

Je relevais soudainement la tête, surprise par sa réponse. Il s'en amusa.

---Tu sais qu'il risque de faire la même chose à Jacob et que si cela fonctionne…

---Il voudra former une armée d'hybrides.

---Oui.

---Est-ce vraiment possible ? s'inquiéta Bella. Je veux dire, mis à part toi, les garçons sont les seuls représentants de loups-garous.

---Nous ne sommes pas certains que notre peuple soit le seul à avoir des loups comme ancêtres. Si jamais Aro découvre que d'autres peuples sont aussi des protecteurs, il fera tout pour créer cette armée. Il ne faut écarter aucune option.

---Et si ses autres tentatives échouent ?

---Bella !

Carlisle interrompit la jeune vampire. Elle n'avait pas voulu me blesser, elle n'avait même pas fait le rapprochement avec le fait que Jacob allait justement être la prochaine expérience d'Aro.

---Ce n'est pas grave, Carlisle. Ne vous inquiétez pas. Pour répondre à ta question, Bella… si je me fie à ce qu'il m'a fait, il ne s'arrêtera pas à un échec. Il ne doit pas être du genre à s'arrêter après une seule tentative infructueuse. J'ai raison, n'est-ce pas ?

---J'ai bien peur que oui, murmura Carlisle.

Il me sourit tristement. Je n'avais pas vraiment besoin d'une affirmation. Il était facile de savoir comment un être comme Aro fonctionnait. L'ennui qu'il avait emmagasiné durant tous ces siècles avait sûrement aiguisé sa patience. Un échec ne voulait rien dire si vous aviez obtenu une parfaite réussite.

---Que comptes-tu faire ?

---En temps normal, je peux choisir entre être une vampire ou une louve. Même si certaines de mes capacités se mélangent, elles restent moindres, et ceci uniquement parce que je le souhaite.

---C'est pour cela que tu ne te nourrissais pas, pour pouvoir garder le contrôle.

---Oui. Mais même après avoir recommencé à me nourrir correctement, j'arrive à maintenir un certain équilibre.

---Que se passera-t-il si tu augmentes la dose de sang ingéré ?

Carlisle semblait s'inquiéter de mon entreprise. Je pouvais comprendre sa méfiance, surtout que psychologiquement parlant, il pouvait encore croire que je n'étais pas guérie.

---La frontière qui existe entre mes deux moi pourra disparaître. Je deviendrais vraiment une hybride.

---Quels sont les risques ?

---Pour vous comme pour moi, ils seront minimes. Je serais beaucoup plus puissante mais encore capable de gérer tout ça. Cependant, pour être franche, il y a une chose que je redoute : c'est de ne pas pouvoir reprendre ma forme humaine après cette transformation.

---Tu n'as pas déjà tenté l'expérience ?

---Si une fois, par accident… Je n'étais pas vraiment consciente de ce qu'il pouvait arriver si je me nourrissais régulièrement et en quantité suffisante. Je me suis réellement fait peur cette nuit-là. Mais j'ai pu redevenir moi-même après quelques jours. J'ai fini par me calmer, et tout est redevenu normal.

---En quoi as-tu peur, alors ?

---Je ne sais pas ce qu'il va se produire, dans quel état d'esprit je serais. Imaginez un seul instant que mon entreprise tourne à une véritable catastrophe. Qui me dit que je serais capable de retrouver mon calme ?

---Je comprends. Je ne veux en aucun cas t'influencer. Si tu penses que c'est la meilleure solution, nous te suivrons. Si ce n'est pas le cas, nous trouverons une autre façon d'opérer. Le choix te revient.

---Merci.

Une nouvelle fois, il soupira. Je ne les obligeais pas à me suivre dans cette mission presque suicidaire. Si je m'étais confiée, c'était uniquement pour qu'ils ne restent pas dans l'ignorance. Je ne voulais pas qu'ils croient que je faisais tout cela derrière leur dos, que je ne leur faisais plus confiance. J'avais besoin qu'ils comprennent mes motivations, les choix qui m'avaient poussée à faire une telle chose. Mais il fallait aussi que j'exprime mes craintes vis à vis de tout cela. Je ne comptais pas vraiment abandonner cette idée de transformation, mais si cela se produisait, Carlisle devait comprendre pourquoi je renonçais.

---Je me chargerais d'en parler au reste du groupe. Bella ?

---Je resterais muette comme une tombe jusque-là.

---Très bien.

J'étais partie chasser comme à mon habitude. Cela faisait une semaine que j'allais régulièrement en forêt. Je ne faisais pas cela avec gaieté de cœur et mes compagnons le comprenaient parfaitement. Ils me laissaient donc seule lors de mes escapades, ne voulant pas accentuer la gêne que je ressentais déjà. Quant à Aro, il n'avait toujours pas donné signe de vie. C'était une bonne chose, à n'en pas douter, mais aucun de nous ne souhaitait baisser sa garde.

J'avais eu la chance de rencontrer ma proie assez tôt aujourd'hui, si bien qu'à peine une heure s'était écoulée lorsque j'atteignit les bâtiments désaffectés. Le sang battait encore à mes tempes comme mille tambours. Même au bout d'une semaine, j'étais toujours enivrée par les quantités de sang que j'absorbais. Il m'arrivait même de voir ou d'entendre des choses qui n'existaient pas. Les grognements que je perçus à l'entrée de notre abri ne m'inquiétèrent donc pas.

---Carlisle ! J'entends encore des grognements…

J'avais pris l'habitude de lui parler de toutes les choses étranges qui résultaient de mon nouveau régime alimentaire, mais cette fois-ci, je n'en eus pas vraiment le temps. Ce fut comme un coup violent reçu en plein estomac. Je fus désorientée. Mes sens s'affolèrent. Maladroitement, je cherchais un mur où m'adosser mais on me rattrapa avant que je ne glisse le long de la paroi rugueuse. Je reconnus tout de suite la musculature d'Emmett. Il me hissa contre lui, me permettant de rester en position debout. Je ne pouvais pas encore le voir distinctement, mais je sentis à son contact que quelque chose n'allait pas. Il tremblait. Non pas de peur, mais de rage.

---Cass, on a un problème.

---Qu'est-ce qu'il se passe ? J'ai l'impression qu'un train m'est passé dessus.

Il était nerveux. Sa voix était contenue comme s'il était sur le point d'exploser.

---Tu n'as pas oublié quelque chose ?

---Quoi ?

Je ne comprenais absolument pas ce qu'il se passait, ni où il voulait en venir. Je perdais patience.

---Emmett !

---On arrive tous à repérer les odeurs de l'autre groupe. Tu ne contrôle plus rien.

---Non, ce n'est pas possible. Depuis que je me nourris, cette protection est permanente.

---Alors on a un énorme problème. Tu peux marcher toute seule ?

---Oui.

Il attrapa ma main et me conduisit dans une autre salle. Les grognements que j'avais cru imaginer me parvenaient par saccades. Je pouvais repérer l'odeur d'un puma à plusieurs kilomètres, et la seconde d'après je ne sentais même pas le parfum d'Emmett qui n'était qu'à quelques centimètres de moi. Le vampire avait raison, je ne gérais plus rien. Cependant en entrant dans la pièce où il désirait m'emmener, je compris que je n'étais pas la seule à être touchée par ce phénomène.

Les loups-garous d'un côté, les vampires de l'autre. Chacun faisait son possible pour ne pas céder à la tentation de se jeter sur son ennemi juré. Edward était adossé à un mur, la tête entre les mains. Il essayait de ne pas se faire atteindre par les pensées des personnes qui l'entouraient. Ce n'était qu'un capharnaüm interminable qui venait puis disparaissait sans cesse. Il devait concentrer toutes ses forces pour ne pas céder à la folie qui le guettait. Alice n'était pas dans un meilleur état. Elle se balançait d'avant en arrière, alors que Jasper la tenait serrer contre lui, la protégeant d'une menace potentielle. Les garçons, eux, se transformaient en loup pour redevenir la seconde plus tard à leur forme humaine. C'était du pur délire.

---Depuis combien de temps ?

---Ca fait dix minutes que ça dure.

---Mais je viens seulement d'en sentir les effets !

Ce n'était pas normal. Aro n'avait pas d'hommes capables d'une telle prouesse. Ce ne pouvait être une attaque venant de l'extérieur, ni même une coïncidence. Toutes les personnes ayant une capacité hors norme dans cette pièce était sur le point de perdre pied. Jasper, Alice, Edward, les garçons, moi…

---Emmett ! Où est Bella ?

---Quoi ?

---Bella, où est-elle ?

Nous cherchâmes tous les deux la jeune femme. Elle devait se trouver dans cette pièce, elle aussi, il n'y avait que cette possibilité-là.

---Là !

Emmett pointa le doigt dans la direction où se situait Bella. Elle fixait le spectacle qui s'offrait à nous avec un regard vide. Elle était immobile, ne respirant même plus.

---Bella, arrête ! criai-je.

La jeune femme eut un mouvement de recul. Ses yeux retrouvèrent sa douceur habituelle. Mes pouvoirs me revinrent, mais l'expérience fut assez désagréable. Encore une fois, Emmett me rattrapa par le bras avant que je ne tombe au sol.

---C'est très pénible, marmonnai-je à moitié suspendue dans le vide.

Les garçons secouaient vivement leurs gueules essayant de chasser les derniers effets déplaisants de l'agression que Bella avait, malgré elle, provoquait. Petit à petit, chacun retrouva ses marques.

---Est-ce qu'on pourrait avoir une explication ? bafouilla Embri.

Tous les regards convergèrent vers moi. Il était vrai que j'avais mis fin à tout cela, mais j'étais loin d'avoir toutes les réponses.

---Je crois que Bella peut inhiber nos pouvoirs, me hasardai-je.

Je fus heureuse de ne plus être l'objet de toutes les attentions dans la seconde qui suivit mon hypothèse.

---Comment ? s'interrogea Sam. Je veux dire, ce n'est pas le genre de capacités que vous avez.

---En fait, on ne peut pas vraiment dire que les vampires aient des capacités propres, expliqua Carlisle. Ce sont plus souvent des dons qui étaient en dormance lorsque le vampire était encore humain. L'hypothèse de Cassandra semble être la meilleure explication à ce qu'il vient de se passer. Edward et Cassandra ne peuvent pas entrer dans l'esprit de Bella, tout comme Aro d'ailleurs. Et Jane n'a pas pu lui faire du mal quand vous étiez à Volterra.

---Elle serait immunisée contre les pouvoirs des autres ?

---Non, pas vraiment. Jasper a réussi à manipuler ses émotions et Cassie a le même impact sur elle que sur nous tous, elle arrive à contrôler l'odorat de Bella, si l'on puit dire, continua Alice.

---Oui, mais ça ne touche pas réellement Bella en elle-même, ajoutai-je. Les émotions sont juste un état d'esprit, et je ne fais que manipuler les odeurs venant de l'extérieur. Je ne fais rien à proprement parler sur le système olfactif.

---C'est cool, commenta Paul.

Nous rîmes tous à sa remarque. Il était vrai qu'un tel don était une bénédiction, enfin quand elle saurait s'en servir convenablement.

---Mais… je n'ai rien vu venir, s'inquiéta Bella. Je ne savais même pas ce que j'étais en train de faire.

---Il est vrai que c'est un problème auquel il faut remédier au plus vite, marmonna Rosalie. C'était plus que désagréable.

Les joues de Bella prirent une teinte rosée qui n'aida pas à dissimuler son embarras.

---Ca n'en reste pas moins un pouvoir génialissime ! s'amusa Alice. Imaginez un peu les possibilités d'un tel don !

---On aurait un atout de plus pour combattre Aro, s'engaillardit Bella.

---Bella…

Edward n'était pas encore prêt à laisser sa bien-aimée aller au front. Il était facile de comprendre sa réticence, cependant…

---Ils ne sont plus là.

La voix d'Alice avait perdu de sa gaieté. Elle était devenue plus froide, plus métallique. Jasper posa ses mains sur ses épaules et commença son interrogatoire.

---Qui ça ?

---Aro et ses hommes.

Les yeux d'Alice fixaient quelque chose de très lointain. Elle n'était plus réellement avec nous.

---Tu en es certaine ?

---Oui.

---Où sont-ils ?

---Un aéroport. Dehors le soleil brille. Il y a une odeur d'olivier. Une ville de pierre.

---Tu as déjà vu ce lieu ?

---Oui, je crois.

Les questions de Jasper étaient méthodiques. Il allait à l'essentiel essayant de guider Alice dans sa vision.

---Rappelle-toi.

---Italie.

---Où exactement ?

---Ils ne se sont pas encore arrêtés. Je ne sais pas.

Jasper me lança un regard furtif. Il hésita une fraction de seconde avant de poser son autre question.

---Est-ce que tu peux voir Jacob ?

---Oui. Il est vivant.

Les yeux d'Alice reprirent vie. Le couple se fixa un moment, se jaugeant mutuellement.

---Rien d'autre ? continua Jasper.

---Non.

---Est-ce qu'ils seraient de retour à Volterra, me risquai-je.

La question n'était plus adressée à Alice. Carlisle le comprit aussitôt.

---C'est une possibilité plus qu'envisageable.

Mon poing se serra. Il était hors d'atteinte maintenant, à des milliers de kilomètres de nous, tout comme Jacob…

---Très bien. On retourne à Forks.

Les mots de Carlisle eurent un effet de surprise générale.

---Tu veux abandonner ! s'invectiva Edward. Tu sais très bien qu'il reviendra, et avec une armée encore plus grande.

---Calme-toi, Edward, le rassura Esmée. Laisse ton père finir.

---Nous avons besoin de vos passeports et d'autres papiers pour quitter le pays et aussi d'argent. Mais attention ! Personne ne doit savoir que nous sommes de retour, y compris Charlie, Bella.

---D'accord.

---Les garçons, je ne vous oblige pas à nous suivre, alors vous serez libres de faire ce que bon vous semble.

---On ne laissera pas tomber Jake.

La voix de Sam était calme et posée. Malgré les dernières minutes plus que mouvementées, rien ne semblait l'atteindre.

---C'est entendu, vous ferez partie du voyage. Sam, tu pourras parler librement à votre conseil. Je préfère que vos anciens soient au courant de ce qu'il se trame. Leur enlever une seconde fois leurs garçons risquent de nous valoir des ennuis que je ne souhaite pas.

---Vous aidez l'un des nôtres, il n'y aura aucun problème, Carlisle.

---Il serait bien de taire ce qui est arrivé à Bella, cependant.

---Elle n'a pas été mordue par l'un des vôtres, si je me trompe.

L'air malicieux de Sam nous fit tous sourire. J'étais heureuse de voir mes deux familles aussi soudées. Il y avait quelques jours, je n'aurais jamais cru cela possible…

---Eh bien, je ne vois pas ce qui nous retient ici plus longtemps ! ajouta Emmett.