Chapitre 3 : Onorel tout « simplement » ?

« AIEUH ! »

Arouenne n'en pouvait plus, elle avait l'impression que cela faisait des heures qu'on la torturait.

Les deux jeunes filles s'étaient jetées sur elle, trop heureuses d'enfin pouvoir toucher à ces superbes cheveux dont la propriétaire interdisait à quiconque de les toucher.

En moins de temps qu'il faut pour l'écrire, Arouenne s'était retrouvée sur une chaise, sa chevelure divisée en deux et de chaque côté de son crâne, une amie tirant aussi fort qu'elle pouvait pour défaire les nombreux nœuds qui s'étaient formés durant la nuit.

« On a bientôt fini. »

Arouenne entendait cette phrase depuis bientôt 10 minutes à raison de 2 fois toutes les minutes.

Soudain sans qu'elle ne vit rien venir, Soleine posta un miroir devant elle.

« Voilà ! Dit-elle satisfaite, Tu es prête. Maquillée, coiffée, habillée comme ton rang l'exige ! »

Arouenne fut paralysée par son reflet.

Devant elle, une jeune fille la regardait d'un air ébahi.

Elle avait de grands yeux verts/gris. Des mèches rouge sombre tombaient en cascade jusqu'à la fin de ses omoplates de manières élégantes sans aucun frisottis, aussi lisses et soyeuses que la soie de ses vêtements.

Elle était élégamment maquillée grâce à Soleine qui semblait absolument tout connaître sur l'industrie du cosmétique.

Antigone la sortit de la contemplation de son reflet. « Allez viens Narcisse, arrête de t'admirer ou tu risques de passer à travers le miroir. Et puis, on a plein de trucs à te montrer ! »

Soleine fit disparaître le miroir d'un coup de baguette. « Exact. » Elle regarda Arouenne de haut en bas assez fière d'elle quand son regard fut attiré par un détail.

« Arou, où as-tu mis ta baguette ? »

L'intéressée réfléchit un instant avant de répondre : « Dumbledore me l'a donné cet après-midi pour me prouver que la magie existait belle et bien. Je…Je crois qu'elle a dû restée sur la table de chevet. »

Tout en disant ça, elle retourna dans l'alcôve où ce situait son lit et chercha la table de nuit.

Elle la vit alors dans un coin cachée par les draps blancs.

Elle s'en approcha et ouvrit le tiroir.

« Bingo » murmura-t-elle.

La baguette finement sculptée était là.

Soleine arriva à côté d'elle.

« Tu l'as trouvé ? »

« Oui. »

« Alors mets-là dans l'étui sur le côté droit de ta ceinture. »

Arouenne trouva effectivement un petit étui qu'elle n'avait jamais remarqué avant.

Sa baguette rentrait impeccablement dedans.

« Bon on y va ! »

Soleine sortit de l'infirmerie suivie d'Antigone.

Arouenne inspira une grande bouffée d'air.

Allez, courage !

Elle franchit l'entrée de l'infirmerie par une des deux grandes portes entrouverte.

Ethan, Soleine et Antigone l'attendaient.

Les deux jeunes filles se tournèrent vers le blondinet qui arborait un étrange petit sourire.

« Alors Ethan, qu'en penses-tu ? On a bien fait notre boulot non ? »

Le sourire du jeune homme s'accentua alors qu'il dévisageait sa sœur.

« Mais oui les filles ne vous inquiétez pas ! J'aurai presque envie de la demander en mariage si elle n'était pas ma sœur. »

Arouenne rougit sous le compliment.

« Ne rougis pas ! Une Onorel ne rougit pas ! »

La jeune fille qui avait baissé les yeux reporta son regard ébahi vers son frère.

Ce dernier lui sourit.

« C'est ce que te dirait Mère. Mais le moment n'est pas venu pour avoir cette conversation. Essaye juste de ne pas laisser paraître tes émotions sur ton visage. »

Arouenne acquiesça.

« Euh…Oui d'accord, si tu veux. »

Son frère la recorrigea. « Non ce que je voulais dire c'est que demain quand tu sortira de l'infirmerie, ne laisse paraître aucune émotion quand tu traversera les couloirs. Tu es un Onorel souviens t'en. Mais avec nous, tu peux être toi-même. »

Arouenne ne comprenait de nouveau plus rien mais n'en laissa rien paraître.

Je commence bien.

Antigone prit la parole : « Bien maintenant qu'Ethan a bien plombé l'ambiance, on va la faire cette balade ? »

Soleine montra un couloir sur la droite. « Allons-y ! »

Le joyeux quatuor prit le couloir.

Arouenne n'avait pas encore bien pris le temps d'observer le couloir dans lequel ils évoluaient. Des torches éteintes étaient accrochées aux murs de pierre ce qui laissait supposé que les couloirs étaient éclairés par celles-ci durant la journée.

Antigone brisa le silence.

« Bon, on va tout d'abord te montrer ta chambre de préfète. Par chance, tu as quand même donné ton mot de passe à Ethan. Ne t'inquiète pas, c'est normal que tu ne l'ai pas donné à Soleine et moi. »

Arouenne réussit à grand mal de ne pas laisser paraître son désarroi.

«Et puis, on sait où tu dors, si on a besoin de toi en pleine nuit, on sait où il faut aller toquer. »

La jeune fille se tourna vers Arouenne et pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontrée, Arouenne crut voir un sourire innocent sur son visage.

« Bien évidemment, reprit la brunette, il faut y aller avec une armure anti-maléfice ! »

Arouenne ne put s'empêcher de demander pourquoi.

Ses trois amis rirent de bon cœur.

Arouenne ne voyait toujours pas ce qu'il y avait de marrant à son ignorance.

« C'est bon ? Vous avez fini ? » Dit-elle agacée.

Soleine fut la première à se reprendre mais un sourire moqueur continuait d'éclairer son visage.

Antigone finit aussi par reprendre contenance. Ethan par contre recommençait à rire dés que son regard croisait celui de sa sœur jumelle.

Arouenne, à bout de nerfs, sortit sa baguette de son étui et la planta sous le nez de son frère.

« C'est bon tu as fini ? » le menaça-t-elle.

Le blond arrêta tout de suite de rire. Un sourire naquit sur ses lèvres.

« Je te retrouve bien là ma chère sœur aînée. Tu commences à reprendre tes bonnes habitudes. »

Arouenne ne savait pas si elle devait le prendre comme un compliment ou non. Elle finit par le considérer comme tel.

« Merci »dit-elle en baissant doucement sa baguette.

Soleine se racla la gorge et expliqua la cause de leur hilarité.

En effet, il était de notoriété publique que qui conque osait aller toquer à la porte de la princesse des Onorels avant sept heures, s'exposait à un passage d'une durée plus ou moins longue à l'infirmerie suivant l'heure à laquelle le fait était commis.

D'ailleurs un jour, elle n'avait pas fait attention et avait stupéfixié le professeur MacGonagall qui venait lui ramener son chat.

« Mon chat ? »

« Ben oui, lui répondis Ethan, l'espèce de sac à puces que tu as trouvé en arrivant en septembre. »

« Un sac à puces ? » dit-elle assez septique.

Ce fut Soleine qui répondit cette fois.

« Ne le dénigre pas Ethan ! »

La brune se tourna soudain vers Arouenne.

« Voici l'entrée de ta chambre ! »

Elle lui désignait une tapisserie sur laquelle une jeune femme lissait ses cheveux devant un miroir.

Elle se retourna et sourit.

« Miss Onorel. Heureuse de vous revoir enfin. Pas trop de dégâts ? »

Arouenne avait le souffle coupé. La jeune femme était d'une beauté sans pareille. De longs cheveux noirs soyeux, un teint blanc et des yeux couleurs saphir qui semblaient hypnotisé son interlocuteur.

En la détaillant de plus près, Arouenne remarqua que deux canines blanches comme la neige fraîche dépassait sur sa lèvre supérieure.

Une vampiresse…

La jeune fille fini par sortir de ses rêves et répondit à la tapisserie.

« Je suis aussi fort heureuse de vous revoir. Mais il se fait que j'ai perdu quelques données de ma mémoire. Alors…Auriez-vous l'obligeance de me donner votre nom puisque vous connaissez le mien. »

Arouenne n'aurait jamais imaginé avoir un jour la chance de voir un vampire rire.

La jeune femme aux cheveux d'ébène émit un petit sifflement et puis se mit littéralement à glousser et à rougir comme une collégienne.

« Cela fait longtemps qu'on ne m'a plus fait l'honneur de me demander mon prénom d'une manière aussi sympathique. Je vous le donne avec joie. Je suis la comtesse Liliane Vontrape. »

La vampiresse s'était levée du tabouret de sa coiffeuse et avait fait la révérence.

Arouenne fit de même, autant par réflexe que par politesse.

La vampiresse se redressa et sourit de toutes ses dents, ce qui lui donnait un air à faire froid dans le dos.

« Alors très chère. Le mot de passe ? »

Arouenne regarda son frère qui vint le lui chuchoté : « pierre de lune. »

Arouenne s'approcha alors de la tapisserie et le murmura à celle-ci.

La comtesse Liliane lui sourit gentiment et avant que la tapisserie ne glisse sur le côté, les quatre amis purent entendre : « Bienvenue chez vous ! »

Une arcade apparut et le quatuor pénétra dans la chambre.

La chambre n'était pas seulement une chambre. Le mot « appartement » aurait mieux convenu à ce petit complexe qui comportait une chambre proprement dite, un salon, une salle de bains et un bureau.

L'arcade donnait sur un salon rond. Le noir et l'adulaire en étaient bien évidemment les couleurs principales. Un feu brûlait dans la grande cheminée en marbre blanc. Une table basse était placée au centre de la pièce et devant celle-ci, tourné vers l'antre de la cheminée, un canapé d'un noir profond. Plusieurs petits fauteuils étaient disposés à la droite et à la gauche du canapé.

Un tapis blanc recouvrait le sol.

Le tout était décoré élégamment. Sur la table basse trônait un bouquet de roses bordeaux et un loup chassait dans un des tableaux accrochés aux murs.

La pièce semblait chaleureuse et froide à la fois. En fait, la pièce respirait l'aristocratie et la noblesse.

Pas étonnant qu'ils aient mis une comtesse comme gardienne…

Ethan fut le premier à reprendre la parole. « Depuis quand tu fais autant de simagrées avec une tapisserie ? »

Sa sœur se retourna et lui répondit avec un petit sourire « Depuis que si tu es gentil avec elle, elle te rendra de nombreux services. »

Son frère ne répliqua rien et alla s'asseoir dans un des fauteuils en maugréant A peine avait-il posé ses fesses sur le coussin qu'il se releva. « C'est quoi ce truc ?!?!?!? »