Merci à tous pour vos reviews ca me touche beaucoup !

roxanne : non ce n'est pas la suite de AWE, j'avais placé le début de cette fic après DMC mais sans prendre en compte les événements de AWE bien sur…

Zakath : Le passage sur Beckett et la femme de Norrington fait référence, en fait, aux fics qu'écrit une amie (Rosetta Norrington, ici) et qui évoquent les traitements que cette pauvre Rosetta doit subir de la part de Beckett lol Mais je ne l'évoquerai pas plus pour ma part, c'est plus un clin d'œil… ;)

« J'ai hâte de voir comment Beckett réagira à la fuite de Sparrow et de Norrington. L'influence de ce dernier à Londres sera-t-elle suffisante pour le protéger lui et sa famille? »

hé hé, réponse dans la troisième partie… ! Merci pour tout, en tout cas !

Bises.

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Souvenirs d'une vie III

Mer Méditerranée, fin 1740 :

«… La vie d'un pirate à bord d'une frégate, c'est la plus belles des vies !

On s'dilate la rate quand on est un pirate, oui on rit dans la piraterie ! »

Allongé en équilibre sur le beaupré à la proue du bateau, Jack Sparrow marmonnait une vieille chanson, une bouteille de rhum à moitié vide à la main. Gardant les yeux fermés, il sentait le soleil lui brûler délicieusement la peau, et se laissait bercer par le roulis naturel.

Le vent chaud, la fraîcheur des embruns… oui, il devait sûrement être au paradis… il pouvait même presque sentir la délicieuse odeur qui émanait des cuisines… une odeur de… de…

« Poisson pourri ? »

Il releva la tête brusquement et ouvrit les yeux en grimaçant, pour découvrir juste sous son nez son repas du jour, que le cuisinier venait de lui apporter. Considérant d'un air suspect la bouillie en question, il jeta un regard dubitatif au marin, avant de lui adresser un sourire crispé. L'homme devait bien faire au moins deux mètres, et il n'avait pas l'air commode, mieux valait ne pas le contrarier…

Se redressant complètement, Jack regarda l'individu s'éloigner avant de reposer le plat, écœuré. Cela faisait maintenant deux mois qu'il était en mer, naviguant de bateau en bateau, sur des embarcations plus ou moins définies. Il traversait la mer méditerranée, et s'éloignait actuellement de Tripoli en direction de la mer rouge, où il espérait enfin trouver un bateau à lui. Depuis que Norrington l'avait débarqué, il avait du se contenter de se faire engager par des marchands pour pouvoir voyager, et il naviguait à présent sur un sloop qui tenait la mer tant bien que mal. Jack observa l'équipage s'activer sur le pont, le regard morne. Des pauvres gars dont il ne comprenait pas un mot, et dont l'activité se bornait à charger et décharger les cales, et à obéir aux ordres que leur capitaine leur aboyait. Il s'ennuyait ferme donc, mais il prenait son mal en patience. Son calvaire arriverait bientôt à terme, et lorsqu'il reprendrait la mer, sur son bâtiment cette fois, il serait libre de n'en faire qu'à sa guise !

De nouveau accroché à la proue du navire, Jack Sparrow ne se lassait pas d'admirer l'horizon, ébloui par un soleil aveuglant.

oOo

Londres, début 1741 :

James fut brutalement jeté par terre, plongé dans le noir le plus complet.

Il prit quelques secondes pour reprendre son souffle et ses esprits, avant de s'assoire sur les pavés durs et humides de la prison du palais, réalisant avec peine ce qu'il venait de se passer. Ce matin encore, il était dans ses appartements, à l'hôtel particulier de la famille Norrington, avec sa femme et ses enfants. Après une traversée de plus de deux mois, que l'amiral avait du passer à supporter patiemment les remarques incessantes de Sparrow, ils étaient enfin arrivés à Londres. La nouvelle de leur fuite de Port Royal n'était pas encore parvenue jusqu'ici, et le Roi George II était absent, James Norrington avait donc été bien accueilli et avait pu installer correctement sa famille. Mais le Roi était maintenant de retour, et lorsque l'amiral s'était présenté à lui, la réaction du monarque n'avait pas tardé. Il avait fait échapper un prisonnier, un pirate qui plus est, et s'était enfui avec. Dans l'heure qui avait suivi, James avait été arrêté et conduit sous bonne garde à la prison royale. Il n'avait pas même eu le temps de s'expliquer, le Roi ayant le jour même un programme chargé, une partie de chasse avec les nobles du Royaume qui ne pouvait attendre…

James réajusta sa veste d'uniforme et poussa un long soupir. Il aurait du se douter qu'il aurait à répondre de ses actes, mais naïvement, il pensait que le Roi aurait compris la situation. Au lieu de cela, Norrington avait à peine eu le temps d'évoquer le nom de la Compagnie et de Lord Beckett, que le Roi l'avait déjà fait arrêter. Traître à la Couronne, voilà de quoi on le gratifiait. Même si cela était vrai, James fulminait intérieurement. Cela lui apprendrait à vouloir sauver un pirate, rien qu'un maudit pirate, … ce pirate !

Il reprit son calme tant bien que mal, et s'efforça de se concentrer. Evidemment, il savait qu'il aurait à s'expliquer, encore fallait-il lui donner l'opportunité de le faire. Il fallait donc que le Roi accepte de lui accorder audience. Plus facile à dire qu'à faire… Le cœur serré, James pensa à sa femme, sans doute déjà paniquée à l'annonce de son arrestation. Il aurait voulu être la, pour lui parler, et la rassurer, en disant que cela s'arrangerait bientôt. Il voulait y croire lui-même. Il n'avait pas pris tous ces risques pour finir au fond d'un cachot…. Sa seule consolation était de savoir Sparrow à des milliers de lieues de lui.

oOo

Trois semaines s'écoulèrent, et le Roi refusait toujours de le recevoir. La nouvelle de son arrestation avait maintenant fait le tour de la ville, mais James s'aperçut, amer, que pas un de ses prétendus amis n'était venu à son secours…. Trois longues semaines durant lesquelles il avait inlassablement tenté de s'expliquer, à qui voudrait l'entendre, en vain. Epuisé moralement et physiquement, James sentait ses nerfs craquer. Il avait passé deux mois à espérer que sa vie redevienne ce qu'elle était autrefois, à placer tous ces espoirs dans l'avenir, qui semblait lui sourire à nouveau, et tout s'était effondré en quelques instants…

Alors qu'il contemplait d'un air vide la bouillie infecte qu'on venait de lui servir, il releva la tête lorsqu'il entendit la porte de la cellule s'ouvrir dans un grincement strident.

« Mr l'Amiral, vous allez avoir de la compagnie ! » lança le garde en ricanant.

James le regarda quelques secondes avant de reporter son regard sur son assiette.

« De toute façon, ça ne peut pas être pire que ma situation actuelle… »

« Vous croyez.. ? »

Ignorant l'homme qui venait d'entrer, Norrington finit tout de même par relever lentement la tête vers son nouveau compagnon de cellule. Cette démarche… cette odeur… Elles ne pouvaient appartenir qu'à une seule personne sur terre…. Sidéré, il finit par fermer les yeux, voulant se persuader que ce n'était la qu'un affreux cauchemar. Mais non, il était bien la, les mains liées, à le regarder, un petit sourire ironique sur les lèvres.

« …Sparrow… ! »

oOo

« Comme on se retrouve, Commodore ! »

« Sparrow ! Qu'est-ce que vous fichez la ?! »

« Merci, je suis très heureux de vous revoir moi aussi ! » répliqua le pirate, tandis qu'il s'installait déjà au fond de la cellule.

Abasourdi, Norrington prit à partie le garde de service.

« Mettez-le dans une autre cellule. »

« Désolé mais on nous a bien spécifié de le mettre ici… ! »

« Alors changez-moi de cellule ! »

« Vous ne comprenez pas milord, c'est le Roi en personne qui a ordonné de le placer avec vous ! Il a pensé que vous aimeriez retrouver votre ami… » répondit le garde d'une voix sourde.

Sans un mot de plus, le soldat referma la cellule et finit par s'en aller. Sous le choc, James ne savait pas s'il devait en rire ou en pleurer. Il se retourna finalement vers le pirate, le regard noir.

« Comment avez vous fait pour déjà vous faire prendre ! Vous auriez pu faire attention ! »

« C'est gentil de vous soucier de moi Commodore… ! »

« Je me fiche de votre personne ! »

« Vous croyez que j'ai fait exprès de me faire arrêter peut-être ?! »

« …Je me demande… » maugréa l'officier.

« Je me suis fait avoir, voilà tout » continua Jack « par la pire des choses qui puissent exister sur cette terre.. ! »

« Quoi donc ? »

« Une femme ! »

James porta la main à son front, et tenta de réprimer un début de migraine.

« Vous m'épuisez Sparrow, je ne veux pas le savoir… »

« C'est vous qui voyez Commodore… »

« C'est 'Amiral', pour la centième fois.. ! »

Jack haussa les épaules et finit par s'assoire par terre, s'appuyant contre le mur, les yeux fermés.

« Comme vous voulez, Commodore…. ! »

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Norrington avait fini par s'assoupir. Depuis son arrivée, ils ne s'étaient plus adressé la parole, et Jack avait préféré arrêter les provocations. Toujours adossé au mur de pierres, il tentait de trouver le sommeil, en vain. A travers la petite lucarne de leur cellule, il apercevait à peine l'éclat de la lune, cachée derrière les nuages sombres du ciel londonien.

« …Je préfère les cachots de Port Royal…c'est plus confortable ! » marmonna-t-il pour lui.

Abandonnant l'espoir de bientôt s'endormir, Jack repensa, amer, aux jours qui venaient de s'écouler. Lui qui pensait enfin trouver la liberté, il se retrouvait de nouveau sous les verrous, quelques mois à peine après s'être enfui des Caraïbes. Il s'était fait bêtement prendre aux portes de la mer rouge.

« Tout ça pour une femme ! » râla le pirate.

Il avait eu la faiblesse de courtiser une jeune femme qui lui avait tapé dans l'œil. Malheureusement pour lui, la femme s'était révélée être l'épouse d'un émir local, émir qui s'était empressé de remettre « l'avorton » aux autorités anglaises qui gouvernaient la région. On avait alors rapidement découvert son identité, et décidé de l'envoyer subir sa peine à Londres. L'issue était toujours la même, la potence…

Jack eut une grimace à cette pensée, avant de se retourner et de croiser le regard de Norrington.

«…Vous ne dormez pas… ? »

« Vous non plus… »

Jack baissa un instant les yeux, avant de reprendre, la voix basse.

« Pourquoi vous a-t-on arrêté ? »

« Vous ne devinez pas Sparrow… ? J'ai participé à l'évasion d'un célèbre et dangereux pirate… C'est un acte de trahison. »

« …Désolé. »

« J'assume mes actes. Ne vous excusez pas. Mais j'avoue que cette dangereuse envie de vous étriper sur place me revient peu à peu… ! »

Jack eut un imperceptible sourire avant de reprendre tout son sérieux.

« On va s'en sortir Amiral, faites-moi confiance… ! »

« Ah oui ? Et comment cela ? »

« …Je suis le 'Capitaine Jack Sparrow' vous savez bien… »

James considéra un instant l'air triste et désabusé qu'avait repris le pirate, et pensa avec amertume, que si le Roi ne consentait pas l'écouter, ils n'avaient aucune chance. La corde les attendait tous les deux.

oOo

Les jours s'écoulèrent lentement, et les deux hommes apprirent à se supporter et à cohabiter avec plus ou moins de succès. Souvent, les répliques cinglantes fusaient, rarement, ils discutaient plus calmement, mais la majorité du temps se passait dans le silence, chacun étant plongé dans ses pensées, à rêver de liberté ou à regretter son passé. Depuis quelques jours, une tension nouvelle était venue s'ajouter à l'ambiance déjà morose qui s'était installée entre les deux hommes. Jack Sparrow avait été convoqué, signe que l'issue finale se rapprochait.

La porte s'ouvrit une nouvelle fois dans un grincement que Norrington supportait de moins en moins. Il se leva et s'approcha du garde, près à demander une nouvelle fois à voir le Roi, ou l'un de ses ministres, mais le soldat l'ignora pour se diriger vers le pirate.

« Le juge veut vous voir, Sparrow »

« …Au moins ca change des méthodes de Beckett, ici il y a un procès, même si la fin est toujours la même » constata Jack avec lucidité.

Coupant court aux commentaires du pirate, le soldat l'empoigna par le bras et l'emmena hors de la cellule, sous le regard sombre de Norrington. Il ne se faisait guère d'illusion, il ne leur restait que quelques jours à peine, et bientôt on pourrait voir leurs corps pendre au bout d'une corde, sur le Quai des Exécutions.

Quelques minutes à peine après le départ de Jack, James eut la surprise d'entendre de nouveau quelqu'un s'approcher de lui. Peut-être acceptait-on enfin de lui permettre de s'expliquer…

« Vous avez de la visite, Amiral… » marmonna le garde.

Norrington eut un mouvement de surprise en découvrant le visiteur. Il ne s'y attendait pas, et même, ne savait pas s'il était heureux ou non de revoir cet homme-la…

« Bonjour Amiral… »

« Turner… quelle surprise…. »

James observa un instant l'homme qui autrefois n'était qu'un jeune apprenti forgeron à Port Royal. Les années étaient passées, et Norrington crut que cela faisait une éternité qu'ils ne s'étaient vus. Quelques temps après s'être marié à Elizabeth, le jeune couple avait quitté les Caraïbes pour Londres, et l'amiral n'avait eu alors que peu de nouvelles d'eux. William Turner n'avait guère changé. Il avait gagné en maturité, mais la franchise et l'honnêteté de son regard étaient toujours les mêmes.

« J'ai appris votre arrivée à Londres et votre arrestation Amiral » reprit William.

« Et vous vous êtes empressé de venir à mon secours ? » le coupa-t-il, amer.

« … Je suis venu voir si je pouvais vous être utile…oui… »

« … Désolé. Je… Je vais devenir fou à force de rester coincé entre ces quatre murs… »

« Je comprends… Que s'est-il passé ? On m'a dit que vous étiez arrêté pour traîtrise mais on a refusé de m'en dire plus. Venant de vous j'ai peine à le croire… »

« Je crois que vous aurez plus de mal à croire encore ce que je vais vous dire alors.. J'ai fait libérer Jack Sparrow »

« …Quoi ?! »

« Mais ca n'a pas servi à grand chose puisqu'il s'est de nouveau fait prendre… »

« ….Jack est ici ? »

Norrington hocha de la tête silencieusement, avant de reprendre la parole, la voix légèrement plus basse.

« Pas d'action téméraire et inconsidérée cette fois, Turner, si vous voyez ce que je veux dire… Inutile de vous impliquer la dedans, c'est notre affaire, à Sparrow et à moi. »

« …Que puis-je faire pour vous aider ? »

« Rien. Restez éloigné de tout ca, c'est tout. »

Will resta quelques secondes silencieux, le regard grave, avant de hocher doucement de la tête. Il n'avait aucun moyen d'agir, il devait le reconnaître…

« Bon courage Amiral…. Dites à Jack que je suis passé… »

« …Bien. Merci Turner, j'apprécie. Saluez votre femme de ma part… » ajouta-t-il, la voix légèrement tremblante.

« … Je le ferai. »

Quelques secondes plus tard, il était parti, laissant James Norrington plongé dans ses pensées. Il devait bien reconnaître que cette visite inattendue l'avait touché. Il n'avait jamais vraiment porté dans son cœur le jeune forgeron, qu'il avait à plusieurs reprises affronté, mais c'était le seul qui était venu le voir, au fond de ce cachot sordide…

Jack Sparrow fut reconduit dans la cellule en fin de journée. L'état de fatigue apparent du pirate n'augurait rien de bon, et James se contenta de lui tendre un verre d'eau, préférant ne pas l'interroger à son tour sur ce qu'il avait du endurer.

« J'ai eu la visite d'un vieil ami durant votre absence… Le jeune Turner.»

« …William ? »

Un instant, le regard de Jack s'illumina au souvenir du jeune homme. Il ne put s'empêcher de penser que plusieurs fois, Will avait su s'échapper, et le faire lui-même évader, mais la lueur d'espoir s'éteignit rapidement. La prison royale était une forteresse. On ne s'évadait pas, c'était impossible. James vit dans son regard ses illusions s'envoler, aussi rapidement qu'elles y étaient apparues, et reprit la voix basse.

« Il vous salue et nous souhaite bon courage. »

Jack eut un pauvre sourire, et finit par s'allonger sur sa paillasse, sans un mot, exténué. Will ne pouvait hélas rien pour eux. Personne ne pouvait rien pour eux. Cette fois, c'était la fin…

oOo

La fatigue et les mauvaises conditions de vie s'ajoutèrent encore à leurs désillusions. Ces derniers jours, ils se contentaient de dormir la plupart du temps, et parlaient peu. Jack se murait dans un silence de plus en plus inquiétant, et James tentait d'ignorer le début d'une mauvaise fièvre qui l'avait pris la nuit passée. Etendus chacun sur leurs paillasses dans un coin de leur cachot, Norrington dut se relever pour prendre les deux plats quotidiens que le garde leur tendait à travers la petite ouverture dans la porte. Posant son assiette dans un coin, il s'approcha du pirate pour lui donner la sienne, avant de se figer. Allongé sur le dos, Jack gardait les yeux grands ouverts, le regard fixé au plafond, immobile. Le léger mouvement de respiration rassura l'officier quant à son état de santé, mais l'expression figée du pirate l'inquiétait. Depuis deux jours, c'était à peine s'il avait dit un mot, et James le soupçonnait d'avoir, cette fois, abandonné tout espoir. Il posa le plat par terre, et vint s'assoire contre le mur, dans un soupir.

« A quoi pensez-vous… ? »

« … Au Pearl… Je me demande où il est… »

Sa voix n'avait été qu'un murmure, et Norrington avait du faire un effort pour comprendre ses paroles.

« …A qui l'avez-vous laissé ? »

Un soupir lui indiqua que Jack n'avait de toute évidence pas envie de parler. Il répondit pourtant, après un silence.

« A Gibbs je crois. Je ne sais même pas ce qu'il est devenu… »

Jack se redressa et s'appuya à son tour contre le mur, regardant Norrington d'un air désabusé.

« Il est temps que ca se termine tout ca, Commodore. Je traîne ma vieille carcasse depuis trop longtemps. J'en ai assez.»

« Ca ne vous ressemble pas, Capitaine Sparrow. »

« Il n'y a plus de Capitaine depuis longtemps. Beckett a raison, je suis un homme du passé. »

« Vous croyez à ce qu'il dit maintenant ?! »

Jack ne répondit pas. Le cœur serré, James constata que ses efforts étaient vains. Jack avait abandonné la partie…

« Vous sembliez pourtant heureux de reprendre la mer, lorsque je vous ai laissé, il y a quelques mois… »

« Un sursis de quelques semaines… C'est tout. La piraterie n'existe plus. Les pirates n'existent plus, ils sont voués à disparaître les uns après les autres. Après tout… je suis peut-être l'un des derniers pirates…. Et finalement ça n'a rien de très attrayant…»

James préféra ne rien ajouter. Il n'y avait plus grand chose à dire. Il se remit à penser à sa femme, le cœur serré. Penser à elle lui avait permis de tenir et de garder un semblant de moral, mais il sentait que bientôt, il n'y parviendrait plus. Il regagna ses « quartiers », comme avait dit Jack en parlant du petit espace qu'il s'était octroyé, et ferma les yeux, pour tomber quelques secondes plus tard dans un sommeil lourd.

oOo

Deux jours plus tard, James Norrington eut droit à une autre visite. Une fois de plus, Jack Sparrow était absent. On était venu le chercher pour lui annoncer le verdict. A vrai dire, Norrington s'étonnait de la lenteur des choses. A Port Royal, les pirates et les traîtres étaient le plus souvent pendus dans la journée, et cela eut égard à la diligence de Lord Beckett. A Londres, les juges étaient apparemment occupés par d'autres affaires, autrement plus importantes que ces petites histoires de pirates qu'ils jugeaient « anecdotiques et distrayantes ». Quoi qu'il en était, l'heure était venue. Jack allait être condamné à mort, et James était le suivant sur la liste. Après le départ de Jack, James était resté longtemps plongé dans ses pensées, à chercher une solution. La voix éraillée du garde le ramena à la réalité.

« De la visite pour vous monsieur… »

Tout comme la première fois, il ne savait pas à qui s'attendre. Pendant un instant, il s'était dit que c'était peut-être Turner, mais ce n'était point le cas, et il fut bouleversé de découvrir l'identité de la visiteuse…

« Elizabeth… »

C'était bien elle. James reconnut ses traits délicats, dans l'ombre du cachot, et sentit son cœur se serrer imperceptiblement. Enveloppée dans une longue robe noire, Elizabeth finit par relever la tête, vers celui qui était, il y a des années de cela, son ancien fiancé.

« James… »

Sa voix n'avait pas changé. Comme avec la visite de Turner, James Norrington crut être brusquement revenu des années en arrière. Il avait aimé un temps cette femme, même si depuis, ses sentiments pour elle s'étaient envolés. Mais les souvenirs subsistaient.

« Vous n'auriez pas du venir Elizabeth »

« .. Je m'inquiétais. »

« Je l'ai déjà dit à Mr Turner, il n'y a rien que vous puissiez faire pour nous. Nous sommes des traîtres aux yeux du Roi. …Nous sommes condamnés. »

Son ton était sans appel. Elizabeth détourna le regard, les yeux remplis de tristesse et de colère mêlées, frustrée de ne rien pouvoir faire. James sourit intérieurement. Elle n'avait pas changé… Faisant quelques pas dans la cellule froide, Elizabeth se retourna enfin vers l'officier.

« …Jack n'est pas la ? »

Il ne put s'empêcher de repenser aux hésitations qu'autrefois la jeune femme avait eu.

« Malgré tout le temps passé… vous n'avez pas encore su choisir ?! …pardonnez-moi, c'était stupide » ajouta-t-il presque aussitôt, devant l'air choqué d'Elizabeth.

« Ca ne fait rien… C'était mérité. » avoua-t-elle, en évitant son regard.

« Vous devriez rentrer Elizabeth… merci d'être venue » termina James, la voix basse.

Le regard brillant de larmes, Elizabeth Turner s'avança vers lui, et posa une main tremblante sur son bras.

« N'y a-t-il rien que je puisse faire pour vous, James ? »

« ….Il reste une chose, oui. Dites à ma femme que je l'aime… »

Emue, la jeune femme hocha silencieusement de la tête. Elle était au bord des larmes, et s'empressa de se détourner de lui pour les lui dissimuler. Le cœur déchiré, elle savait que c'était sûrement la, la dernière fois qu'elle le voyait.

« Que Dieu vous garde, James » murmura-t-elle, presque pour elle-même.

« Merci… »

Elle disparut, laissant James seul, dans un silence pesant. Une heure après, on venait le chercher à son tour, afin d'être présenté devant le tribunal de la Cour.

oOo

« Où m'emmenez-vous… ? »

« Taisez-vous et avancez, Monsieur Norrington. »

Sans un mot de plus, James Norrington suivit le garde, étonné. Il connaissait les lieux parfaitement, et ils ne se dirigeaient pas vers la Cour de justice… Au contraire, ils avaient pris une toute autre direction, celle du palais royal… Arrivés devant l'une des entrées du palais, le garde remit son prisonnier à deux officiers en uniforme.

« Suivez-nous Monsieur. »

De nouveau, James leur emboîta le pas, perplexe. Les deux hommes avaient enlevé les liens qui entravaient ses poignets, et on lui avait redonné sa veste d'uniforme de la Royal Navy. Pendant un temps, ils remontèrent plusieurs couloirs, minutes durant lesquelles James était passé par toutes les hypothèses. Enfin, les deux soldats s'arrêtèrent devant l'une des nombreuses portes du long corridor qu'ils avaient parcouru, et se retournèrent vers Norrington.

« Monsieur, Sa Majesté vous attend… »

Le Roi… Le Roi acceptait de le recevoir, enfin ! James sentit son cœur bondir dans sa poitrine, enflammé par un nouvel espoir. Pourtant… pourtant cela pouvait être tout autre chose. Peut-être le Roi souhaitait-il simplement lui annoncer sa condamnation en personne… Le cœur battant, James Norrington franchit le seuil de la porte, et s'avança, après avoir jeté un dernier regard aux deux officiers en fraction.

La salle n'était pas très grande. C'était un bureau de fonction, avec cependant tout le confort et le luxe que l'on pouvait souhaiter. Apparemment, le Roi voulait le rencontrer de manière tout à fait informelle, sans quoi il aurait été reçu dans les Appartements royaux. Assis derrière le bureau, le monarque attendait, le regard rivé sur son ancien soldat.

« Approchez, Monsieur Norrington. » ordonna enfin le Roi, après un silence qui parut durer une éternité à James.

S'exécutant, l'amiral vint se placer face au Roi.

« Amiral, vous n'êtes pas sans ignorer les faits graves qui vous sont reprochés. »

« … Non, je les connais, Sire. »

« Lord Beckett m'a rapporté le fait que vous avez délibérément laissé échapper un pirate notoire, par deux fois, et que vous avez même contribué à sa dernière évasion. Enfin, c'est inimaginable ! Un officier du Roi ! »

« Lord Beckett, votre majesté… Avec tout le respect que je vous dois, ne mérite en aucun cas votre confiance et les pouvoirs que vous lui accordez, commença James, réprimant avec difficulté la colère qui montait petit à petit. Il n'honore ni son Roi, ni son pays ! »

« Amiral ! »

« Pardonnez-moi Sire, si je vous offense, mais puisque de toute façon mon sort est décidé, je ne vois pas pourquoi je me tairai encore, même face à vous Majesté. Lord Beckett ne pense qu'à sa personne, et à s'enrichir aux dépens de la Couronne. Il exécute les sujets de votre majesté, les uns après les autres, presque sans raison. Il - »

« Ce pirate, pourtant, avait me semble-t-il toutes les raisons de se faire pendre haut et court ! Cela suffit Amiral. Votre acte de trahison n'est pas contestable. »

« Je ne le nie pas Sire. Je dis simplement que j'avais des raisons de m'opposer aux décisions de Lord Beckett. Il n'est pas respectable. »

« … Je le sais. »

James eut un mouvement d'hésitation face au changement d'attitude du souverain. Face à lui, le Roi se rassit, comme subitement pris de fatigue.

« Asseyez-vous, Amiral, je vous prie. »

Il s'exécuta, en silence.

« Amiral Norrington, sachez que j'ai pour vous et votre famille le plus grand respect. Je sais que vous êtes homme d'honneur. Ne croyez pas que je ne connaisse point la situation, mais votre acte de trahison est indéniable. »

« Alors faites prononcer ma condamnation Majesté. Je suis prêt à assumer mes responsabilités. Je sais que la pendaison m'attend. »

« … Non. »

« … Pardonnez-moi, Sire ? »

« Vous ne serez pas pendu, Amiral. J'ai fait part à la Cour de justice de ma décision. Vous serez gracié. »

« Mais…. Vous venez pourtant de dire.. »

« Je sais ce que j'ai dit. Et j'ai décidé de vous gracier néanmoins. Amiral, les hommes de votre qualité sont de plus en plus rares, et restent les derniers remparts face à la corruption qui avilit notre monde. Je vous gracie, mais vous resterez néanmoins en poste à Londres. Je vous interdis de retourner dans nos terres des Caraïbes. »

« Bien, Majesté. … Qu'en est-il de Lord Beckett ? »

« Monsieur Norrington, vous ne comprenez pas… Je ne peux tout simplement rien contre Lord Beckett, ou contre la Compagnie des Indes. »

James observa un instant le souverain, le visage crispé et soucieux.

« Le Roi d'Angleterre n'a plus aucune prise sur la Compagnie. Elle est devenue trop puissante. Elle contrôle à présent la majorité des échanges commerciaux de notre Empire. Et pire… sa force militaire égale la mienne, et la dépasse même… Lord Beckett n'est qu'un pion sur l'échiquier. Si je le suspendais, il serait immédiatement remplacé par un autre. Lord Beckett n'est pas ce qui pose problème Amiral, c'est la Compagnie toute entière. Je n'ai aucune prise sur eux… »

« Je comprends…. »

James Norrington baissa un instant les yeux, avant de reporter son regard sur le Roi. Oui il comprenait… Il comprenait aussi que sa grâce ne plairait pas en haut lieu, et que le Roi prenait un risque. Faible, bien sur, il restait le Roi, mais tout de même.

« Je vous remercie Majesté… »

« Tachez de faire honneur à votre Roi et à votre pays, Amiral Norrington, comme vous l'avez toujours fait. Je serai alors remercié. »

« Oui, Sire. »

James s'empressa de se relever tandis que le monarque faisait de même et le raccompagnait jusqu'à la porte.

« Vous pouvez désormais partir en homme libre. J'ai donné les ordres en conséquence. Votre place vous attend, Amiral. »

« Je vous remercie Sire, répéta James en le saluant, la voix serrée. …Une dernière chose cependant, si je puis me permettre… »

« De quoi s'agit-il ? »

« Qu'en est-il de Jack Sparrow… ? »

oOo

James Norrington réalisait encore avec peine ce qu'il venait de se passer… La veille, il avait été gracié, une chose qu'il pensait impossible. Il se mit à sourire doucement… Il restait finalement encore de quoi espérer, dans ce monde où ne régnait plus que la loi du plus puissant. Il se remémora les paroles du Roi sur la Compagnie. Un constat douloureux auquel James était arrivé, tout comme le Roi. Il n'avait peut-être plus sa place dans ce monde, mais la vie lui donnait une dernière chance de tenir son rôle. Il repensa tendrement à sa femme qu'il avait retrouvée après des semaines d'emprisonnement. La pauvre se désespérait de revoir un jour son époux, et à son retour, elle en était presque tombée évanouie si James ne l'avait rattrapée dans ses bras.

Debout derrière son bureau, il termina de ranger un dossier avant de se redresser en direction de la porte. Il attendait un visiteur. Le premier qu'il recevait depuis qu'il avait retrouvé son poste d'Amiral. Il jeta un regard vers les fenêtres dorées, à travers desquelles il pouvait contempler les jardins du palais royal, puis se retourna vers le visiteur que l'on venait de faire entrer…

« Commodore ! »

« C'est « Amiral », Sparrow. »

Face à lui, James observa un instant son invité, qui, il y avait quelques heures de cela à peine, était encore son compagnon de cellule. Jack avait l'air fatigué, mais surtout étonné.

« Je vois qu'on ne s'embête pas Commodore… ! Vous avez retrouvé vos galons ? Félicitations… ! » grinça le pirate entre ses dents.

« Je vous offre un verre ? » proposa James, un sourire légèrement teintée d'ironie sur les lèvres.

« Que si c'est du rhum ! »

« Dommage.. »

Il l'invita d'un geste à s'assoire sur le fauteuil face à lui, ce que fit le pirate, non sans avoir jeté avant un regard soupçonneux au fauteuil en question.

« Mr Sparrow, je voulais vous informer que le Roi a décidé de ne pas retenir de charge contre moi. J'ai retrouvé mon poste, comme vous pouvez le constater. »

« … Il faut que je vous félicite de nouveau… ? »

« Le Roi m'a également expliqué que Lord Beckett resterait en place, lui aussi. »

« Baah… »

Ignorant les commentaires avisés du pirate, James reprit la parole une nouvelle fois, sortant d'un tiroir un document relié de cuir marron.

« Le Roi, enfin, m'a chargé de vous remettre ceci. »

Pour le coup, Jack Sparrow cessa ses mimiques, et reprit tout le sérieux dont il pouvait être capable. Il fixa un instant ce que James lui tendait, sans un mot, avant de reporter son regard sombre sur l'ancien Commodore.

« Une lettre de marque ? On m'a déjà fait le coup, …et on me l'a volé d'ailleurs ! » ajouta-t-il en pointant du doigt l'officier.

« Je sais, répondit James avec un sourire. Ce ne sont pas des lettres de marque. A quoi vous serviraient-elles ? Les pirates comme les corsaires connaissent le même sort maintenant. La Compagnie ne fait guère de différence. De plus, l'Angleterre veut en finir avec les corsaires. Depuis l'accord de paix signé avec l'empire espagnol, il n'y a plus de raison de les utiliser. Ils sont devenus hors la loi, autant que les pirates. »

« Commodore, arrêtez avec vos belles phrases, par pitié, ou je retourne tout de suite dans ma cellule ! …. Qu'est-ce que c'est alors.. ? »

« Une amnistie complète, vous affranchissant de tous les crimes et délits que vous avez pu commettre contre la Couronne, depuis que vous avez vu le jour Sparrow… et j'imagine qu'ils sont nombreux.. ! »

« …Vous plaisantez ? »

« Est-ce que j'en ai l'air, Sparrow ? »

« …Non. De toute évidence, non ! » s'amusa Jack, tout en prenant du bout des doigts le précieux document.

« Je vous conseille d'en faire bon usage… Vous êtes désormais innocent de tout crime, vous n'êtes plus un pirate… Tachez de ne pas vous compromettre… trop vite. »

« Vous me connaissez… ! »

« Je le crains oui ! »

Jack considéra un instant ce qu'il tenait entre ses mains, dubitatif. Il ne savait pas encore bien ce qu'il allait devenir, mais il reconnaissait que cette fois, il avait la possibilité de changer beaucoup de choses… Il releva enfin la tête vers l'Amiral.

« Merci. »

« Ne me remerciez pas… »

Jack se releva enfin, rangeant avec précaution le document relié dans la poche intérieure de sa veste.

« Vous êtes libre, Mr Sparrow ! »

« N'oubliez pas le « Capitaine », Commodore ! »

« .. Mais je ne vois pas votre navire… Capitaine ! »

Le pirate eut un petit rire avant de se retourner vers la porte.

« Bien, ce n'est pas que je m'ennuie en votre compagnie Amiral, mais…je crois qu'il est grand temps que le Capitaine Sparrow mette les voiles. »

« Où allez-vous ? »

« Je n'en sais rien… Je verrai bien. »

« Bonne chance, Sparrow. »

Jack considéra un instant la main que lui tendait Norrington, avant de s'en saisir.

« A vous aussi. Mes hommages à Mrs Commodore ! » ajouta-t-il avec un clin d'œil.

L'instant d'après, Jack était parti. Pensif, James resta quelques minutes le regard dans le vague. C'était bien la une vie qui s'achevait… et une autre, pleine de promesses et d'espoir, qui commençait.

oOo

Le Capitaine Jack Sparrow déambulait depuis plus d'une heure maintenant dans les rues remuantes de Londres. Lorsqu'il avait quitté le palais royal, il avait mis un temps avant de réaliser qu'il était libre, et en plus de cela, lavé une bonne fois pour toutes de toute charge contre lui. Jamais il n'aurait pu croire que cela était possible, et pourtant… ! Un sourire satisfait vint illuminer son visage, pour la première fois depuis longtemps. Il eut la sensation d'être soulagé d'un poids énorme. Un poids qu'il n'avait, étrangement, jamais senti auparavant, et qui pourtant avait toujours été la. Il se sentait presque euphorique, sans avoir bu une seule goutte d'alcool, il ne pensait pas que cela était possible ! Son précieux laisser-passer dans la poche, Jack continua de descendre, le sourire aux lèvres, les rues marchandes, jusqu'à parvenir presque par hasard au port de la capitale.

Parcourant les quais, Jack admirait les bateaux de toute sorte qui s'étalaient face à lui. Maintenant qu'il était libre, totalement libre, il se demanda un instant ce qu'il allait pouvoir bien faire… La réponse ne tarda pas à venir, il sentait déjà naître dans le creux de son ventre ce sentiment familier, celui qui avait guidé toute sa vie : l'appel du large… la mer, l'océan, les grands espaces, il n'y avait décidément que la qu'il se sentirait bien. Faisant encore quelques pas, il s'arrêta enfin devant le premier navire digne de ce nom qu'il trouva. C'était un beau bâtiment, sûrement en partance pour une destination lointaine. Tant que ce n'était pas les Caraïbes, cela lui convenait.

Jack s'avança vers la passerelle, et arrêta d'un geste l'un des matelots qui transportait la marchandise nécessaire au voyage.

« Pardon l'ami, est-ce que tu peux me dire la destination de votre navire ? »

Le matelot en question regarda un instant l'individu qui l'avait arrêté, avant de lui répondre.

« On part pour Singapour. »

« Singapour…., répéta doucement Jack, le sourire aux lèvres. Ca me va ! Est-ce qu'il y aurait une place pour moi par hasard? »

« …Faut voir avec le Capitaine… »

Une heure plus tard, le navire appareillait, Jack Sparrow à son bord. Planté à la poupe du navire, il contemplait les toits de la ville se découper dans le ciel gris, tandis que le bateau manoeuvrait lentement et s'éloignait des quais. Un point noir attira son attention. Flottant au vent, Jack finit par reconnaître le drapeau noir de la Compagnie des Indes, alors que celui ci rapetissait à vue d'œil, pour bientôt sortir de son champ de vision, comme il sortait de son esprit et de sa vie. Souriant doucement, il se mit à chantonner, tandis qu'il sortait avec précaution les lettres officielles. Une amnistie complète… Jack ouvrit le document, le parcourut du regard, encore incrédule, avant de poser les yeux sur la signature apposée : « Amiral James Norrington »

Le navire quittait le port de Londres, laissant derrière lui les eaux brumeuses de la capitale. Jack replaça la lettre officielle dans sa poche et en ressortit un petit objet noir. Un compas qui l'avait souvent guidé, parfois trompé. Il sourit une dernière fois avant de le remettre dans sa poche, sans même l'avoir ouvert.

Jack entendit les voiles claquer au-dessus de lui. Levant la tête, il les vit se gonfler d'un seul coup et se tendre sous le vent frais. A l'autre bout du navire, il devinait déjà l'horizon se dévoiler petit à petit. La liberté était devant lui…

« La la la la……Trinquons, mes jolis, yo ho ! »

FIN