Style : Yaoi, espionnage
Inspiré de : Alex rider
Couple : Alex rider X Yassen Gregorovich
Moscou Blues
Cette histoire se déroule à la fin de "jeu de tueur » SPOILERS au sujet de jeu de tueur et de Yassen.
« J'ai pris quelque chose de chaud. »
Yassen posa le bol devant Alex et lui servit une tasse de café.
« Tu te sens mieux ? » s'enquit-il.
« J'ai vu pire. »
« Je sais. »
Le russe s'assit à son tour.
« J'aurais préféré t'expliquer des choses plus réjouissantes. »
« Comment mon père vous a-t-il sauvé la vie ? »
Alex avait encor les yeux rougis mais il avait reprit contenance. Yassen avala quelques bouchées avant de répondre :
« Nous étions en amazonie. J'ai failli être attaqué par une veuve noire mais je ne voulais pas qu'il intervienne car il risquait de faire échouer toute l'opération. »
« Et ? »
« Il a abattu l'araignée et la cible d'un seul coup. En revanche, il s'en est voulu pour la cicatrice. »
Le russe sourit
« Il n'aimait pas l'idée de n'avoir pas fait les choses parfaitement, je crois. »
Le portable posé sur la table, se mit alors à sonner. Il y eut un silence, puis Gregorovich le prit lentement et décrocha. Ses yeux glace perdirent instantanément toute leur chaleur : il avait posé un masque sur son visage.
Il parla en russe pendant quelques secondes, puis reposa l'appareil.
« Je vais devoir te laisser seul demain. »
« Où allez-vous ? »
« A l'ambassade américaine. J'en aurais probablement pour la matinée. »
Vous en profitez pour faire mon passeport ? » Ironisa Alex.
« Et te rapporter d'autres bouteilles de vodka. Pas trop mal à la tête, à ce sujet ? »
Alex fronça le nez, vexé.
« Vous allez encore… »
« C'est une mission d'infiltration. Je dois simplement récupérer des documents. »
« En tirant sur ceux qui s'y opposeront ? »
« Dans ce milieu, le dialogue n'est pas très utile, Alex, termine ton bol, ton organisme est déjà affaibli par le changement climatique, inutile de l'affamer. »
« Je ne me sens pas faible. »
« Tu n'as pas encore subi le contrecoup. D'ici une heure, tu t'écrouleras de fatigue. Une douche serait la bienvenue je pense. Sans vouloir paraître méprisant, j'ai senti des uniformes militaires qui avaient moins d'odeur que toi. »
« Désolé que l'eau froide n'ait pas des relents de violette. »
Gregorovich se leva et écarta à nouveau le rideau.
« Le bac est à droite. Plie tes vêtements sous la table s'il te plaît. »
Il commença à se déshabiller à son tour et Alex le fixa, réalisant ce que ça impliquait.
« Attendez… vous allez la prendre avec moi ? »
« Il faudra une journée entière pour chauffer suffisamment d'eau une fois que tu te seras lavé. Je n'ai pas l'intention de rester sale, tu sais. »
« Pourquoi, les gardes de l'ambassade pourraient vous suivre à l'odeur ? »
« Alex. »
La voix du tueur était restée calme, posée, très douce… mais laissait filtrer une once de menace.
« Tu aimes que les choses soient claires, je serais donc limpide : ou bien tu te rends sous la douche pour profiter d'une eau chaude –avec moi- ou bien je te traîne sous le jet d'eau froide et je t'y laisse jusqu'à ce que tu ne sentes plus le bout de ton nez. Je tolère ta colère, ta tristesse, pas tes caprices. Tu as dix secondes. »
Alex hésita mais il savait que le russe mettrait sa menace à exécution. Il ôta donc le pull, le pantalon et le slip.
« Suis-moi. »
Il traversa la chambre et tira un deuxième rideau, près du lit. La salle de bain ressemblait davantage à une colonne creuse, uniquement occupée par la douche, sans carrelage, sans fenêtre… juste un mur de brique rouge qui s'enfonçait vers le ciel.
« C'est une ancienne cheminée. »
« C'est trop étroit pour nous deux. » constata Alex en jetant un œil au corps sec et nerveux du russe.
« Colle-toi au mur. Nous y arrivions avec Hunter. »
« Je vous savais pas contorsionniste. »
Yassen le poussa à l'intérieur du conduit et alluma l'eau chaude. Alex émit un soupir… il en avait vraiment besoin.
Gregorovich lui tendit un bout de savon qui tenait dans son poing. Il était si proche qu'Alex devinait son souffle sur ses cheveux. Il frissonna mais prit le savon avant de se frotter les épaules et le torse.
« Je n'arrive pas à me tourner. » signala-t-il finalement en se penchant pour passer sur les cuisses.
« Je peux te frotter derrière. Fais doucement Alex, tu as encore une vilaine cicatrice… un cadeau de Cray je présume ? »
« Vous présumez bien. » rétorqua Alex en rendant le bout de savon au russe.
« Je vais faire en douceur. Je ne veux pas devoir t'aliter pour le voyage. »
Yassen passa les doigts sur les omoplates, puis le creux du dos d'Alex. La petite cicatrice, encore rose, courait sur son flanc.
« J'aurais dû tuer ce porc quand j'en ai eu l'occasion. » Fit le russe en frôlant les bords de la plaie.
Alex frémit. A part Jack, peu d'adultes s'étaient inquiétés de le voir aussi abîmé… mais la voix de Yassen contenait de la colère.
« Pardon Alex. Tu n'aimes pas que je parle de ça. »
« Pas vraiment. »
« Tu as d'autres cicatrices, je vois. »
Alex haussa les épaules.
« Ce sera pas les dernières. »
« Je veillerais à ce que ça le soit. Jamais je n'aurais dû laisser Sayle et Cray te malmener. »
Il termina le bas du dos et Alex se tendit en le sentant toucher ses fesses. Bien sûr, il n'avait jamais aimé qu'on le touche… mais la, c'était différent, comme une sorte de malaise. Yassen parut s'en apercevoir car il cessa aussitôt pour se laver à son tour.
« Je te fais peur ? »
« Non. »
« Je te dégoûte alors ? »
« Non plus. »
« Ma proximité te gène. »
« Je suis pudique, c'est tout. »
« C'est les filles qui le sont. »
« J'en sais rien mais moi la douche pressé contre vous, j'aime pas ça ! »
Yassen se colla à son tour contre le conduit pour le laisser passer, conscient qu'il ne faisait qu'éloigner le garçon de lui en le forçant à la promiscuité.
Alex passa en trombe, les joues rougies. Gregorovich sourit mais ne fit aucun commentaire.
Yassen était parti vers deux heures du matin et avait laissé une note griffonnée sur la table.
« Je serais de retour avant midi. »
La belle affaire… Alex serait bien sorti prendre l'air mais il ne se donnait pas deux minutes avant de se perdre au cœur de Moscou… ses affaires avaient prit l'eau, difficile de jouer à une console devenue aquatique. Son livre n'était pas en meilleur état…
Restait les photos.
Gregorovich ne les lui avait pas toutes montrées, mais avait laissé la boîte à sa disposition. Alex avait à nouveau la gorge nouée en l'ouvrant, le visage souriant de son père lui renvoyant la scène d'hier en pleine face.
Il avait vraiment du mal à croire que cet homme propre sur lui ait pu abattre des gens… ait pu sciemment braquer une arme sur eux, ait pu appuyer sur la gâchette, enfoncer la lame… une vague de nausée lui remonta dans la gorge mais il la contint. Revoir ces photos n'arrangeait rien, décidément… autant les remettre à leur place…
Il s'agenouilla devant l'ordinateur et repoussa l'écran pour ranger la boîte, et remarqua alors quelque chose fixé au câble… comme une feuille de papier enroulée.
Bien sûr, fouiner dans les secrets de Gregorovich ne pouvait que lui apporter des ennuis… mais si près des photos de son père… peut-être cela avait-il un lien ?
Non.
Il valait mieux éviter. Certaines choses étaient plus tranquillisantes cachées, Alex en avait suffisamment fait l'expérience. Et il n'avait plus envie d'en apprendre plus sur ton père maintenant. Encore moins dans cet appartement.
Il regagna le lit et prit un livre au hasard. Ecrit en russe. Dépité, il en essaya un autre, qui se trouva être en anglais, mais dont il ne put lire plus de dix lignes. La feuille derrière l'écran l'obsédait. Un coup d'œil à la pendule lui apprit qu'il était onze heures mois cinq. Yassen lui avait assuré qu'il serait là à midi… le mieux serait de lui demander… au moins pour voir sa réaction, si jamais il en avait une. Onze heures pile… Alex reposa le livre, renonçant à relire la même phrase une dixième fois. Inconsciemment, son regard se posa à nouveau sur l'écran de l'ordinateur…
Gregorovich allait être furieux, tant pis.
Alex retourna dans la cuisine et prit un petit couteau émoussé, qu'il enroula dans son mouchoir, à peu près sec : la feuille autour du câble était mince, il risquait e l'entamer sans aucune barrière avec le couteau.
S'agenouillant à nouveau devant la machine, il fit complètement pivoter l'écran et examina l'attache de la feuille. Un morceau de scotch pour la tenir attachée et une ficelle qui la maintenait contre le câble qu'Alex débrancha avant de le poser sur ses genoux. S'il n'avait pas quasiment collé son nez derrière l'écran, jamais il ne l'aurait remarquée… elle semblait faire partie du câble.
Tirant la langue, Alex commença à attaquer la corde, prudemment, pour ne pas entailler l'objet de sa convoitise. Elle céda rapidement. Restait le scotch. Alex incisa lentement dans le sens de la largeur mais grimaça lorsque la lame s'enfonça dans le papier.
Reposant le couteau, il déplia la feuille avec soin et s'aperçut qu'il s'agissait d'une autre photo. Mais elle avait de bonnes raisons d'être cachée…
Alex savait que certains hommes n'aimaient pas les femmes. Ça ne l'avait jamais dérangé, du moins dans la théorie… sur la photo, deux hommes étaient enlacés.
L'un d'eux était Yassen Gregorovich.
L'autre, blond et souriant, lui touchait la nuque. Alex avait du mal à le regarder en face.
J'aimais ton père, Alex…Il n'avait pas saisi l'ambiguïté de ces paroles.
Et je t'aime aussi…
Cette fois, il devint écarlate et se remémora la douche de la veille… il comprenait mieux son malaise, tout à coup !
Il resta ainsi, comme hébété, pendant plusieurs minutes, les yeux rivés sur la photographie. Yassen et son père étaient nus, le russe avait le visage à demi enfoui dans le visage de John Rider, avec une expression qu'Alex ne lui avait jamais vu…
Sauf…
Avec lui.
Yassen disait la vérité dans l'avion de Cray. Mais Alex ne se sentait certainement pas prêt à vivre ça. Des que le russe rentrerait, il exigerait d'être renvoyé à Londres.
Alors qu'il retournait ces pensées, la pendule sonna midi.
Ou était passé Gregorovich ? Sans le connaître vraiment, Alex se doutait qu'il devait être ponctuel…
Mais son métier pouvait avoir des imprévus… de graves imprévus. Soudain inquiet, Alex alla se poster près de l'entrée. Il y resta une heure sans que Gregorovich ne se manifeste.
Il lui était arrivé quelque chose… il avait été pris. Qu'avait-il dit déjà ? Où devait-il aller ? Alex se repassa leur conversation de la veille dans la tête, tendu : à l'ambassade américaine.
Encore fallait-il la trouver.
Alex avait les oreilles et le nez gelés lorsqu'il trouva enfin l'ambassade. Une carte dénichée dans la bibliothèque mêlée à son anglais à demi compris par les habitants moscovites lui avaient fait perdre plus d'une heure avant d'arriver sur les lieux. Tout était calme, rien ne semblait indiquer une bagarre ou une poursuite. Les gardes semblaient s'ennuyer ferme. Alex s'avança l'air hagard :
« Speak english ? »
Le garde considéra cet enfant, apparemment perdu et se pencha :
« Je peux t'aider ? »
« J'étais avec mes parents pour une visite guidée… je les ai perdus. »
Il renifla
« Personne m'a réclamé ? »
« Tu es anglais ? »
Alex hocha la tête, souriant avec confiance.
« Je suis désolé, petit, mais tu es à l'ambassade américaine, ici. »
« Quoi ? Mais… vous pouvez pas m'aider ? »
Les deux gardes échangèrent un regard.
« Tu as des papiers ? »
Alex prit sa carte d'identité- plastifiée - et la tendit. Le garde qui lui parlait la parcourut rapidement.
« Écoute, on peut te recevoir ici… tu appelleras l'ambassade de Grande-bretagne et tout rentrera dans l'ordre, d'accord ? »
Alex approuva à nouveau en reniflant, avant de se laisser conduire à l'intérieur. Il jeta discrètement quelques regards aux jardins mais rien ne lui indiqua la présence de Yassen.
On le fit asseoir sur un sofa.
« Attends là. »
Alex fit un sourire reconnaissant au garde. Dés que celui-ci eut tourné l'angle, il vérifia qu'il avait bien gardé le couteau et le reste de la bouteille de vodka que Gregorovich lui avait fait boire, puis il s'enfonça dans le couloir à sa gauche.
Il passa plusieurs portes et entendit des murmures derrière l'une d'elle.
« Vous ferez parvenir cette note… »
Discussion administrative. Aucun intérêt. Alex reprit sa marche, guettant d'autres murmures.
« Qu'est-ce que tu fiches là ? »
Alex réprima une grimace. Un autre garde…
« Je cherche le bureau de mon père : il m'a appelé pour que je lui amènes une note importante. »
L'homme lui jeta un regard soupçonneux et Alex fit une mine déconfite :
« Dites vous pourriez pas me montrer son bureau ? Ma mère va pas me rater si je dérange tout le monde pour le voir… »
« Tu va m'accompagner, je vais vérifier ton identité d'abord. Comment s'appelle ton père ? »
Zut. Si jamais le garde vérifiait ses papiers, il comprendrait tout de suite la supercherie… pire, il alerterait le MI6, qui viendrait aussitôt le récupérer… et voudrait savoir ce qu'il faisait à Moscou.
Alex jeta des regards désespérés autour de lui, mais à part le couloir d'où il venait, il n'y avait aucune issue. Un placard à sa droite, les toilettes à sa gauche.
« Allez, viens… »
Plus le temps… en examinant rapidement les toilettes, Alex avait eu une idée : il ne pourrait assommer l'homme que si celui-ci baissait sa garde.
Il s'accroupit brusquement et saisit la bombe désodorisante avant de l'ouvrir.
« Mais qu'est-ce que… »
Se redressant d'un seul coup, comme projeté en avant, Alex vaporisa un jet en pleine figure du garde. Une épouvantable odeur de violette tout droit sortie d'un Tchernobyl floral envahit le couloir, en même temps que les hurlements du garde, plié en deux. C'était tout ce qu'attendait Alex. Il pivota sur lui-même et asséna à l'homme un coup de pied derrière l'oreille.
Un de moins… mais on n'allait pas tarder à s'enquérir du bruit et de l'odeur… Alex traversa donc le couloir en courant, jusqu'à un croisement. A sa gauche, une secrétaire plongée dans ses papiers, qui venait dans sa direction, à sa droite, un chariot recouvert par une longue nappe blanche.
Pas besoin de réfléchir longtemps : Alex plongea sous la nappe, repoussa les assiettes et se recroquevilla au dernière niveau du chariot, tendant l'oreille, le nez chatouillé par les fourche en argent.
Il entendit le claquement des talons aiguilles de la secrétaire se rapprocher, puis le dépasser. Mieux valait attendre qu'ils se soient complètement éteints pour sortir…
« Monsieur Starley ! » Cria une voix aigrelette « L'ambassadeur attend son café, comment expliquez-vous qu'il soit au beau milieu du couloir ? »
Alex se recroquevilla davantage. Le café en question, c'était lui. Mais le piaillement avait évoqué l'ambassadeur… si quelqu'un savait ce qu'était devenu Gregorovich, c'était bien lui.
Pourvu surtout que personne n'ait l'idée de soulever la nappe… il n'avait aucune envie de devoir justifier sa présence, langoureusement collé au service d'argenterie.
« On y va, on y va... » Grommela une voix masculine alors que le chariot s'ébranlait. Alex craignait que les assiettes qu'il avait repoussé ne glissent, le trahissant, et dut les maintenir droites, rendant sa position plus inconfortable encore. A chaque cahot il avait l'impression que ses bras allaient se disloquer. Encore quelques minutes, et il allait être le parfait jumeau de Conrad en sortant de là-dessous.
Il allait demander grâce lorsqu'après un dernier soubresaut, le chariot s'immobilisa.
« Le café. »
« Ha enfin ! Mon cher, je suis désolé pour l'attente... comment aimez-vous votre café ? »
« Noir, sans sucre. »
Alex sentit une décharge lui descendre dans l'échine. C'était la voix de Gregorovich.
Il y eut un cliquetis de porcelaine et un bruit d'eau… puis le dénommé Starley demanda à se retirer, autorisation que lui donna l'ambassadeur, avant de s'exclamer :
« Décidément, ce pauvre garçon n'a pas la tête sur ces épaules ! Il n'a même pas sorti les couverts pour le dessert et le café ! Mon ami, pourriez-vous ? »
« Bien sûr. »
Alex se mordit la langue. Les couverts étaient devant son nez... la nappe fut à demi rabattue et le visage de Gregorovich apparut. Il resta un instant immobile, puis son regard se durcit et sa mâchoire se crispa. Alex aurait voulu éviter ses yeux mais dans sa position, tourner la tête relevait du miracle.
Yassen lui indiqua les cuillers, qu'Alex lui tendit. Le russe ne dit pas un mot mais son expression était suffisamment éloquente.
« Un problème ? Vous semblez troublé ? »
« Un peu fatigué, rien de grave… »
« Je sais, vous aviez décliné mon invitation à dîner… mais que voulez-vous, c'est nous qui inventons le protocole, il faut bien le respecter… »
L'ambassadeur se mit à rire. Alex ne sentait plus ses jambes de son coté et essaya d'arranger sa position en bougeant les épaules, récoltant un coup de pied sous la nappe. Gregorovich n'avait pas tapé fort : c'était une sommation.
Plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi, dans le silence, jusqu'à ce que la porte s'ouvre brutalement.
« Monsieur l'ambassadeur ! »
« Mais que… l'armée ne vous apprend pas à frapper aux portes ? »
« Désolé mais il s'agit d'une situation d'urgence : un garde a été agressé ! »
« Agressé ? »
« Par un enfant… nous pensons à un porteur de bombes. Il a abusé les gardes à l'entrée et en a assommé un troisième avant de fuir dans les couloirs. Il faut évacuer.
Alex pouvait deviner le regard de Gregorovich au travers de la nappe. Quel imbécile il était… et en prime, les gardes allaient faire évacuer l'ambassade avant de lui mettre le grappin dessus…Yassen ne pouvait pas le sortir de là.
« Par ici… »
Apparemment, le militaire les accompagnait à l'extérieur. Ça laissait à Alex un peu de répit… il roula hors de sa cachette et se redressa promptement.
Sans tarder, il testa les fenêtres. Scellées. Quant aux carreaux il n'aurait pas passé le bras à l'intérieur. Les gardes connaissaient son signalement, inutile d'espérer se mêler au flot des employés…
Alex examina le bureau de l'ambassadeur… un presse-papier, une pléthore de documents un piano, une collection de coupe-papier… et un bar. Il reporta son regard sur le chariot et la nappe…
« Tout le monde est sorti ? »
« Oui, je les ai contrôlés. »
Les gardes se tenaient à l'entrée de l'ambassade.
« C'est pas un peu exagéré pour un gosse ? »
« Le gosse a assommé Johnson quand il a voulu contrôler son identité. Les russes sont assez tarés pour en avoir fait un kamikaze. »
« On va pas le tuer, quand même ! »
« Pas s'il ne nous y oblige pas… »
« C'est un gosse ! Tu crois quoi ? Qu'il planque un Beretta dans ses malabars ?
« On est en train de vérifier son identité… fait reculer les civils derrière les grilles de l'ambassade… j'envoie une première équipe… »
À peine finissait-il sa phrase qu'une première explosion retentit dans le bâtiment.
La seconde se produisit moins d'une minute plus tard.
« Nom de dieu ! »
A SUIVRE…
