Style : Yaoi, espionnage
Inspiré de : Alex rider
Couple : Alex rider X Yassen Gregorovich
Moscou Blues- Chapitre 3
Cette histoire se déroule à la fin de "jeu de tueur » SPOILERS au sujet de jeu de tueur et de Yassen.
Alex avait disposé les bouteilles dans toute l'ambassade, un morceau de nappe imbibé enfoncé dans le goulot de chacune. Il espérait sincèrement ne pas devoir toute les enflammer pour dissuader les gardes de rentrer…à la troisième explosion, il les vit reculer derrière les grilles. Ils abandonnaient.
Restait à trouver une issue pour sortir sans se faire remarquer… Alex examinait chaque bureau mais ne trouvait que des fenêtres similaires à celles de l'ambassadeur. L'odeur acre de la fumée commençait à emplir ses poumons lorsqu'il songea que la cuisine avait sûrement une porte de service…courant dans le couloir, il s'arrêta devant le plan de secours, qui l'informa qu'il n'y avait que deux issues : la porte principale et celle des cuisines.
Les cuisines qui se trouvaient derrière lui, déjà embrasées. Alex se tourna pour voir les murs blancs prendre peu à peu une teinte noirâtre et se maudit intérieurement : il avait voulu agir trop vite et il se retrouvait coincé…
Une quatrième bouteille s'enflamma alors et projeta Alex contre le mur, l'étourdissant. Il suffoquait déjà lorsque les fenêtres au dessus de lui explosèrent sous une rafale de balle, le criblant d'éclat de verres.
Une silhouette franchit l'encadrement et deux mains le saisirent sous les genoux et à la nuque.
« Yassen… »
« Tu as le diable au corps. Et il a bien failli te rattraper. » Fit le russe en calant Alex dans le creux de ses bras. « Mais n'espère pas mon indulgence pour la peur que tu viens d'avoir. »
Souplement, il enjamba de nouveau la fenêtre fracassée, que les flammes commençaient à lécher.
« Débarbouille-toi. »
Yassen avait posé un linge et une bassine d'eau froide devant Alex. Ses yeux ne cessaient plus de le fixer, mais ils étaient son seul signe apparent de colère. Il croisa les bras, toisant Alex :
« Je t'écoute. »
« Je… vous aviez du retard. Je me suis inquiété, j'ai pensé que ça avait mal tourné. Alors j'ai cherché l'ambassade… et j'ai fait croire que j'étais un touriste perdu… comme j'avais encore ma carte d'identité… »
« Donc ils savent qui tu es. Parfait. »
La voix avait claqué.
« Et le garde ? »
« Je… je l'ai aveuglé et assommé avec un mawashigiri. »
« Quant aux bombes je suppose qu'il s'agissait de cocktail molotovs ? Tu as utilisé le bar de l'ambassadeur ? »
« Oui. »
« De mieux en mieux. Tu as détruit l'ambassade américaine et fait croire à une attaque terroriste. J'ai été retenu auprès de l'ambassadeur, après m'être fait passer pour un diplomate… tu as failli me compromettre. Et je ne parle pas du capharnaüm politique et diplomatique que tu as déclenché. Le MI6 va te remettre les idées en place, crois-moi. »
Yassen se pencha et le saisit par l'arrière de son pull.
« Mais ce n'est rien comparé à ce que je vais faire. »
« Ce serait possible que vous me descendiez à la place ? »
Alex regretta aussitôt d'avoir fait de l'humour. Gregorovich le traîna jusqu'à la cheminée et le poussa dans le conduit.
« Rassure-toi, je ne vais pas te frapper. Je méprise la violence sur des enfants et ce serait une punition de faible. »
« Dites… j'ai quand même fait ça pour vous ! »
« Sinon je t'aurais renvoyé au mi6 en te faisant enfermer dans une cale d'avion. »
Gregorovich s'accroupit quelques secondes mais Alex ne vit pas pourquoi… pas tout de suite du moins. Le russe alluma ensuite le pommeau de douche, déversant une eau glaciale dans tout le conduit.
« Vous… vous avez bouché l'évacuation ? » demanda Alex d'une voix blanche.
« Je te l'ai dit, ceci est une ancienne cheminée, tu ne risques pas de te noyer. En revanche, lorsque tu seras trempés jusqu'aux os et à une hauteur raisonnable dans le conduit, ce que j'ai mis dans le conduit devrait céder. »
« Mais… vous allez inonder l'appartement ? »
« J'en doute. J'ai gardé l'ancienne condamnation du conduit. Vois-tu, il s'agit d'une issue si jamais quelqu'un pénètre ici et tente de me suivre. »
Il indiqua l'un des pans de mur, plus sombre que les autres.
« Étanche et à l'épreuve des balles. Je t'ai dis que la Russie est un pays troublé, Alex : tout le monde fuit tout le monde. Ho, c'est une vieille porte, je pense que l'eau fuira bien un peu… »
« V… vous allez me laisser toute la nuit là-dedans ? »
« Je t'y laisserais le temps que tu regrettes. »
« Heu… je regrette déjà. »
Gregorovich eut un semblant de sourire.
« Bien essayé. »
Puis il fit glisser la porte de métal rouillée, plongeant Alex dans l'obscurité. L'eau montait lentement, mais il ne tarda pas à avoir les pieds immergés.
Tu ne peux pas te noyer…
Alex se renfonça dans un coin du conduit : hormis un rhume, il voyait mal ce qu'il risquait, effectivement. Il avait du mal à voir la punition dans cette douche forcée, et il était sûr que la porte ou la bonde ne tiendraient pas. Il tenta de protéger ses épaules mais en vain…Lorsque l'eau lui arriva au genou, il grelottait…
Il n'y avait rien dans cette cellule qui puisse le faire penser à autre chose…rien d'autre que ces murs de brique nus et rouge vif. Alex éternua et renifla : il ne s'en était pas aperçu lors de sa première douche, mais un petit vent insidieux se glissait en haut du conduit, jusqu'à ses os trempés. Il leva la tête jusqu'au pâle carré de lumière qui se détachait au-dessus de sa tête, mais y renonça rapidement : lorsqu'il ne regardait pas l'eau, il avait l'impression d'être aspiré par une chape froide. Il tenta de bouger un peu pour juguler la sensation de froid mais il peinait à étendre les bras sans que ses mains ne heurtent le mur. Ses yeux s'habituaient à peine à la semi obscurité.
A nouveau, il leva les yeux vers la lumière alors que l'eau lui frôlait la taille. Un court, instant, il regarda la porte, parfaitement close, essayant de deviner la présence de Yassen derrière le métal, mais l'eau couvrait tous les sons, devenant même assourdissante. Lorsque la morsure glacé passa son torse, Alex eut l'impression d'avoir du mal à respirer. Il bougea plus vigoureusement et son dos heurta les briques alors qu'il tentait d'étirer ses muscles. Tournant la tête autour de lui, dans un réflexe, il eut l'impression que les murs s'étaient resserrés…Cette fois il en était certain, sa respiration était devenue pesante, presque douloureuse.
Les briques autour de lui étaient disjointes, peut-être pourrait-il escalader…Le conduit n'était pas si haut…il devait escalader, avant que l'eau ne l'immobilise complètement. Si jamais il n'arrivait pas à surnager, il coulerait comme une pierre…l'eau qui s'engouffrait dans ses poumons, qui faisait exploser son cœur. Alex tendit le bras vers la paroi face à lui…
Ce simple mouvement lui parut surhumain. Sa main retomba, laissant une traînée humide sur la brique : il ne sentait plus ses jambes et il avait la nette impression de suffoquer alors que le froid gagnait sa gorge et le bruit de l'eau lui tambourinait aux oreilles. A moins que ce ne fut les battements désordonnés de son cœur. A nouveau, son regard se posa sur la porte…
« Yassen ? »
Il lutta contre l'eau jusqu'à la porte, tandis qu'elle lui frôlait la taille, intensifiant le froid et couvrant son corps de chair de poule jusqu'à la gorge.
« Yassen, vous êtes là ? »
Pas de réponse. Le russe avait très bien pu retourner au salon, ou pire, être sorti sans se soucier de lui…Cette idée commença à rendre Alex nerveux…il pouvait très bien rester là des heures, voire la journée et la nuit. D'ailleurs, qui pouvait l'entendre derrière une telle épaisseur de métal ?
« YASSEN !!! » Cria-t-il de toute la force de ses poumons, alors qu'un filet d'eau s'engouffrait dans sa bouche.
Il frappa, la force de ses coups atténués par l'eau : la chape froide et le silence l'engloutissait soudain plus vite. Il sentait déjà ses jambes le trahir et ses bras battre douloureusement contre le poids glacé qui pesait sur son torse.
« YASSEN !!!!! »
Les larmes roulaient sur sa joue alors qu'il se cramponnait à la partie émergée de la porte, hurlant contre le chambranle, s'écorchant les doigts contre la rouille du métal, sanglotant de manière convulsive.
« YASSEN !!! SORTEZ-MOI DE LA !!!!!! »
L'eau s'engouffra dans sa nuque, coulant le long de son dos, le paralysant quelques secondes.
« ARRETEZ CA !!!! YASSEN, YASSEN !!!!!! »
Ses poings saignaient et sa voix était cassée par la panique, mais il avait la certitude que Gregorovich ne l'entendait pas…Il avala une autre goulée d'air et se laissa retomber dans l'eau.
Il entendit alors la voix calme du russe.
« Sous la porte. »
Alex baissa les yeux et vit un couteau à ses pieds. Il retint son souffle et s'immergea. Le froid le paralysa un instant, mais il s'obligea à rester alerte.
Ce qui bouchait la bonde ne résista pas au couteau, à la surprise d'Alex.
Gregorovich s'était moqué de lui : le morceau de plâtre qu'il tenait à la main avait commencé à s'effriter et n'aurait pas résisté longtemps à la pression de l'eau. Au pire, le niveau aurait atteint sa gorge avant de s'évacuer.
Sarov avait utilisé la même méthode : lui faire croire à un châtiment douloureux pour lui inspirer la peur avant de se rétracter.
Alex eut un regard hébété sur Gregorovich alors que ce dernier ouvrait la porte, mais ne vit pas de mépris dans son expression :
« Maintenant, je sais que tu regrettes. »
En douceur, il l'attrapa au bras et le fit lever.
« Souvent, l'attente de la douleur est pire que la douleur en elle-même. Je savais que tu aurais peur : lorsque tu n'es pas en mission, tu redeviens un enfant, sans quoi tu aurais compris que je ne pouvais pas être sérieux. »
Alex eut un sursaut et frappa Yassen au visage. Le russe encaissa le coup.
« Vous êtes malade ! »
« Je n'ai pas fait brûler d'ambassade. J'avais tout préparé pour qu'il n'y ait pas d'effusion de sang mais à cause de toi, j'ai du utiliser mes armes. Imagine que les gardes aient ouvert le feu sur toi. »
Il y eut un silence. Yassen s'agenouilla devant Alex et écarta une mèche trempée de son front.
« Alex…entre deux actions insensées, est-ce que tu penses à ceux qui t'aiment ? Tu imagines ce que j'ai pu ressentir en voyant l'ambassade s'embraser ? C'est la pire des peurs et tu le sais. C'est immature et prétentieux de l'infliger aux autres, surtout quand rien ne t'y oblige. »
« Je m'inquiétais. »
« Je suis un professionnel et – aussi doué sois-tu – tu n'as pas mon niveau de compétence. Si j'échoue, tu échoueras aussi. »
« On ne se méfie jamais de moi. » Se défendit Alex.
« Ce n'est pas toujours suffisant. »
Gregorovich se redressa.
« Allons. Je t'ai préparé quelque chose de chaud…et nous parlerons de la photo. »
Alex se raidit, puis rougit et baissa les yeux.
« Je me doutais que tu fouillerais. Tu ne résistes pas à ce genre de tentation. »
Le russe eut un semblant de sourire en emmenant Alex dans la chambre, l'aidant à ôter ses vêtements trempés.
« Je pense aussi que tu t'es fait de drôles idées sur mon compte. »
« Mon père était marié. » Grommela Alex.
« Je suis au courant. »
« Et vous avez l'air d'adorer me déshabiller. »
« Tu es trop transi pour le faire. »
« Et vous m'avez regardé sous la douche. »
« Ce n'est pas moi qui en suis sorti comme un chat échaudé, que je sache. De toute manière, tu es trop jeune pour que je te fasse quoi que ce soit. »
Il tapota la tête d'Alex avec un sourire qui faisait apparaître une fossette au coin de sa joue.
« Mais si je te mets mal à l'aise, je te laisse te changer tranquille. Il y a du café chaud dans la cuisine. »
Emmitouflé dans une épaisse couverture, Alex sirotait son café au lait en silence. Le léger sourire de Yassen l'agaçait.
« Vous allez repartir en mission ? » Finit-il par grogner.
« Pas dans l'immédiat. »
« Dommage. »
« Tu projetais de brûler autre chose ? »
Alex se renfrogna davantage.
« Veux-tu en savoir plus sur ma relation avec ton père ou comptes-tu bouder comme un petit bourgeois qui n'a pas touché son argent de poche ? »
« Faites comme vous voulez.»
« Ton père n'a pas trahi ta mère. »
« C'est marrant, moi j'ai entendu le terme « cocu » pour désigner ce genre de chose. »
« Appelle-le comme tu veux, peu importe. Tu sais de quelle manière peut se subir une double vie : des amis différents, un environnement différent…et des relations amoureuses différentes. John aimait sa vie de famille, il adorait ta mère. Il m'aimait aussi et j'ai toujours respecté sa femme. »
« Drôle de façon de le montrer. »
« Oh, je pense que ta mère se doutait de quelque chose à notre sujet : officiellement j'étais l'ami de la famille. »
« Super. Y'a 48 heures, j'étais juste le fils d'un tueur reconnu et vous venez de m'apprendre que je suis aussi un croisement entre un mari adultère et sa femme heureuse de l'être. »
« Cesse de faire ta mauvaise tête, Alex. »
« Vrai que j'ai aucune raison de la faire. Vous comptiez me convertir aussi ? »
« Je ne touche pas les bébés, je te l'ai dit. »
« Les bébés ? »
Alex fronça le nez, vexé.
« Oh je t'en prie, Alex…Tu es à l'âge où tu commences à peine à comprendre que les filles peuvent être embrassées. »
« Vous avez raison. Je vais attendre d'être marié. » Persifla Alex.
« Excellente idée. Tu as quelqu'un en tête ? Peut-être cette jeune française ? »
Il y eut un silence, puis Gregorovich soupira.
« Je crains que ce ne soit peine perdue, Alex. »
C'était la première fois qu'il paraissait réellement triste.
« Je ne m'attendais pas à ce que tout se passe parfaitement bien entre nous. Mais si je suis le seul à faire un effort, inutile de continuer. Je vais tâcher de te faire rentrer à Londres le plus vite possible. »
Alex se mordit la lèvre. Il avait raison…Gregorovich s'inquiétait sincèrement pour lui et faisait de son mieux pour le mettre à l'aise.
« Ca…Ca va peut-être être long pour me faire rentrer. »
« Peut-être, oui. »
Yassen fixait Alex à présent, attendant patiemment que celui-ci se décide.
« Je n'ai jamais visité Moscou. »
La fossette réapparut au coin de la bouche de Gregorovich.
« Je vais réparer cette erreur, si tu es d'accord. Mais attention, Alex : si tu te fais à nouveau remarquer… »
« La douche ? »
« La douche. »
« J'avais compris. »
La momie de Lénine était nappée d'un voile de lumière crue, irréelle, qui donnait au mausolée une ambiance presque apaisante. Il y avait du monde mais tout était si silencieux qu'Alex aurait pu se croire seul. A ses côtés, Gregorovich restait immobile. Depuis le matin, il guidait Alex dans Moscou et lui avait même offert un appareil photo en constatant que pas une seule de ses affaires n'avait échappé à leur plongée improvisée.
Le russe s'était d'ailleurs étonné :
« Tu n'as pas un sac étanche ? »
« Je suis pas en mission mais en vacances. »
« Heureusement. Quand je vois ce dont tu es capable pendant tes congés…tu m'avais affirmé la même chose dans le sud de la France. »
La plaisanterie avait arraché un sourire à Alex.
En sortant du mausolée, un pâle soleil éclairait les rues, donnant un aspect presque lisse au bitume humide de neige fondue. Sans vraiment apprécier l'architecture russe, Alex devait reconnaître qu'ainsi éclairée, Moscou était majestueuse.
« Où allons-nous, maintenant ? »
Yassen sourit et indiqua une devanture, à quelques pas.
« Tu as faim ? »
« Je mangerais un bœuf. »
Le russe jaugea Alex quelques secondes et lui tâta le ventre et les hanches.
« Un poussin te suffira, à mon avis. »
« Je suis trop petit ? »
« Trop maigre. Très jolies côtes, ceci dit. Manque de muscle. Quand nous rentrerons, tu feras un peu d'exercice. »
« Karaté ? »
Gregorovich eut une moue moqueuse :
« Tu as envie de te battre contre moi ? Tu ne crains pas que j'aille trop loin ? »
Il poussa la porte du restaurant et Alex lui emboîta le pas. Le patron salua Gregorovich et lui indiqua une alcôve, en fond de salle.
« Vous êtes connu. »
« Je lui ai dit que tu étais mon neveu. »
« Ha oui, j'oubliais. Alexeï Gregorovich, c'est ça. ? »
Une fois assis, Alex ouvrit la carte, mais la referma aussitôt.
« Il y a un problème ? »
« C'est écrit en russe… »
« C'est vrai, désolé. Je vais traduire… »
« Pas la peine, choisissez pour moi, je suis pas difficile. »
Gregorovich haussa un sourcil mais s'exécuta sans poser de questions. C'était ce qu'Alex appréciait le plus avec lui : il ne critiquait pas, ne jugeait pas, n'essayait pas de lui imposer ses opinions. C'était inhabituel pour un adulte.
Lorsque le serveur revint avec un plat de légume et de bœuf sauté, Alex fronça le nez :
« J'en étais sûr. »
« Sûr de quoi ? »
« Vous m'avez espionné. Au magasin, vous m'avez acheté un Nikon, sans hésiter, et je suis le premier à dire que ce sont les seuls appareils photos valables. Quand nous sommes allés m'acheter des vêtements, vous m'avez tout de suite dirigé vers les vêtements bas prix, sans même regarder les marques… »
« Je n'avais peut-être pas envie de payer cher pour que tu puisses en profiter. » Répondit tranquillement Gregorovich sans cesser de sourire.
« Après m'avoir acheté un Nikon à 180 dollars ? Vous voulez faire croire ça à qui ? Vous saviez que je déteste les vêtements de marque et que je préfère porter des treillis et des vêtements confortables. Et pour finir, vous commandez un plat que je mange souvent chez moi. »
« Que ta gouvernante te fait souvent, Alex. Mais je plaide coupable. Après la mort de Sayle je suis allé chez toi. Je pensais que le MI6 t'avait placé dans un orphelinat après le décès de ton oncle. J'ai été surpris de rencontrer cette jeune américaine. Elle a été charmante avec moi. »
« Vous avez rencontré Jack ? »
« Je lui ai dit que je venais de la part du MI6. »
Alex fixa Gregorovich, ébahi par autant de culot.
« Cela m'a permit de me rassurer : elle s'occupe bien de toi. Elle m'a aussi permis d'en apprendre plus à ton sujet. »
« Comme ? »
« Tu ne supportes pas les films comiques français, tu aimes les jeunes filles brunes, tu es incapable de rentrer d'un cour de sport sans bleus ou sans plaies…et tu parles dans ton sommeil. »
Alex s'étrangla :
« Pardon ? »
« Tu parles dans ton sommeil. Je t'ai entendu la nuit dernière. Tu te plaignais. »
« C'est pas mon genre de me plaindre. »
« Je veux dire que tu pleurais. » Précisa Gregorovich avec douceur, en posant ses couverts « Tu appelais Jack. »
« Vous m'avez entendu ? »
« Je dors très peu, et je me doutais que tu aurais le sommeil agité, alors je me suis installé à ton chevet. Je voulais être sûr que tu serais calmé lorsque je partirais pour l'ambassade. »
Alex baissa les yeux …Il passait pour un faible, pour un gosse qui réclamait sa nurse. Yassen parut deviner ses pensées.
« Je ne considère pas ça comme honteux, Alex. A 14 ans, ce serait inquiétant que tu n'ais besoin de personne. »
« Personne a besoin de moi, par contre. » Marmonna Alex.
La gifle le prit par surprise. Il fixa Gregorovich, hébété, la joue enflée. Le russe était immobile, comme si son bras n'avait jamais bougé.
« Ne sois pas insultant. Tu l'es pour ta gouvernante, mais aussi pour moi. »
« Vous êtes un tueur respecté et reconnu, vous avez pas besoin de moi. »
« Tu es un espion prodige, estimé par le gouvernement britannique. Tu ne devrais pas non plus avoir besoin de moi. »
Yassen écarta une mèche de cheveux clairs qui masquait les yeux d'Alex.
« Et pourtant, tu t'es blotti contre moi en pleurant, la nuit dernière. Ca m'a fait plaisir de pouvoir te rassurer. »
A SUIVRE…
