Titre : Tango. Ne cherchez pas de rapport avec l'histoire, il n'y en a pas !
Disclamer : Une fois de plus ma prière m'est revenue !! Ils ne sont pas à moi ! TT Mais bon, c'est Kaidoh le chéri de mon cœur donc c'est pas un problème !
Note : J'ai écrit cette histoire à la demande de ma meilleure amie. J'espère que ça vous plaira autant qu'à elle.
Bonne lecture.
Yukimura leva les yeux de son bouquin et regarda son portable comme si le petit appareil venait de faire insulte à sa personne en osant sonner alors qu'il lisait tranquillement. Cependant, voyant le nom de son interlocuteur il s'empressa de décrocher.
« Sanada ? Il est arrivé quelque chose ? »
« Non.. enfin si mais rien de grave. »
Yukimura poussa un soupir de soulagement. Il avait beau avoir des pensées psychopathes à certains moments, il n'en restait pas moins un capitaine qui tenait à son équipe. Et quand votre vice-capitaine vous appelle à minuit passé il y a de quoi paniquer.
« Zut ! Excuse moi, je n'avais pas vu qu'il était si tard. »
« C'est bon, j'étais juste en train de lire. Je t'écoute. »
Il entendit son joueur prendre son inspiration avant de répondre.
« Je suis allé à l'opéra ce soir. »
« Ah, oui, c'est vrai !! Avec Atobe. Alors, ça s'est bien passé ? »
« Si on veux.. »
Yukimura sourit. Sanada semblait très gêné à l'autre bout du fil. Quand il s'imagina son vice-capitaine assit sur son lit, le visage rouge essayant de ne pas se faire prendre par ses parents avec un appareil dont il ne supportait pas l'existence, cela faillit le faire éclater de rire. Mais il se retint, il ne devait pas être démasqué. Du moins pas pour l'instant…
« Je t'écoute. »
« En fait, la représentation était très bien, enfin, je suppose… »
« .. ? Vous n'étiez pas bien placés ? »
« Si ! Tu penses qu'avec un gars comme Atobe on ne pouvait être qu'aux meilleurs places. »
« Alors où est le problème ? »
« Je crois que… En fait, après .. »
Yukimura n'en pouvait plus. Il savait très bien ce qu'allait lui dire Sanada. Il prit soin de noter dans son esprit de féliciter Atobe la prochaine fois qu'il le verrait. Arriver à troubler à ce point le glaçon de Rikkai méritait tous les honneurs. Même lui n'avait pas réussit à aller aussi loin !
Sanada dut mettre au moins trois minutes avant d'arriver à dire à son capitaine qu'il s'était fait embrasser par Atobe.
« C'est très surprenant »mentit Yukimura.
« Il m'a eu par surprise. »
« On en reparlera mieux demain matin à l'entraînement. »
Le vice-capitaine acquiesça et raccrocha.
Les hopitaux. Il détestait ça. Cette odeur, cette couleur, tous ces bruits le stressaient. Mais il n'avait pas le choix, en tant que Capitaine et surtout à cause d'une infirmière incompétente qui n'était jamais là, il avait du accompagner son joueur jusqu'aux urgences.
Il patientait depuis une bonne demi-heure dans la salle d'attente quand il entendit une voix prononcer son nom.
« Atobe ? Qu'est ce que tu fais ici ? »
Il releva la tête en direction de son interlocuteur.
« Jiroh a fait un mauvaise chute après s'être endormi sur la chaise d'arbitre. Ca devait bien finir par arriver ! »
« Je vois. »
« Et toi ? Il est arrivé quelque chose à un de tes joueurs ? »
« Marui ! Il a manqué de s'étouffer en mangeant ! »
« Nos petits tourtereaux se retrouvent ensemble aux urgences. »
Yukimura sourit.
« On devrait demander à ce qu'ils partagent la même chambre. »
« C'est une idée » répondit Atobe.
Le capitaine de Rikkai prit place aux côtés d'Atobe.
« Il semblerait que tu sois sur la bonne voix pour gagner ton pari. »
« Il t'a déjà raconté. »
« Juste pour le baiser. Je ne sais pas ce qu'il en pense. Il n'est pas très bavard, tu sais. »
« J'avais remarqué. »
« Mais je n'abandonnerai pas ! Je sais que j'ai encore toutes mes chances » fit Yukimura en se relevant.
Atobe lui adressa un regard haut en signification. C'est ce que tu crois, pensa-t-il.
Alors que Yukimura retourna aux cotés de son joueur de double, Atobe sortit attendre Oshitari, qui était avec Jiroh, dans le parc près du bâtiment. Il ne supportait plus cette odeur d'hôpital.
Il sourit intérieurement quand il aperçut au loin une silhouette familière. Il s'approcha d'elle en silence et quand il fut à quelques pas, il l'appela :
« Sanada. »
L'interpellé se retourna et manqua de faire une attaque cardiaque quand il reconnut Atobe. Pourquoi est-ce que les images de la veille lui revenaient en mémoire ??
« Salut » finit par répondre le joueur de Rikkai.
« J'ai croisé Yukimura, il m'a raconté l'exploit de ton joueur. »
« Et toi, qu'est –ce que tu fais là ? »
Il lui conta la prestation de sa belle au bois dormant.
Sanada n'était pas calme. Ca ne se voyait pas en ce moment même mais lui, il le savait. La présence d'Atobe le rendait bizarre. Il retira sa casquette comme pour laisser s'envoler les drôles de pensées qu'il avait en observant le dos du joueur. Ce dos fin mais qui laissait deviner une musculature parfaite. Ce.. mais Atobe se retourna alors que son regard se portait vers le bas du dos du capitaine de Hyotei.
Atobe se rapprocha de Sanada et voulut lui prendre sa casquette des mains. Il s'était toujours demandé pourquoi il la portait tout le temps. Il l'a trouvée vraiment hideuse.
Sanada bloqua le mouvement d'Atobe de sa main gauche. Il était strictement interdit à quiconque de toucher cette casquette.
« Oh ! fit Atobe en levant un sourcil. Il semblerait que ça soit un objet précieux. »
« En effet » répondit froidement le vice-capitaine.
« Et je suppose que seul ton capitaine a le droit d'y toucher. »
« Tout à fait. »
Les deux joueurs se défiaient du regard. Atobe voulait récupérer sa main mais Sanada ne lâchait pas prise.
« Huh. Si j'étais Yukimura, je me ferais du soucis ! »
Sanada resserra son étreinte. Atobe avait mal mais plutôt crever que de lui montrer.
« C'est vrai ! Il s'absente quelques semaines et quand il revient ses 2 meilleurs joueurs s'appellent par leur prénom. Il y a de quoi se poser des questions ! »
« Moi si j'étais toi, je surveillerai un peu mon ego. Je trouve qu'il commence à enfler drôlement ! »
« Tu préfères que je t'embrasse à nouveau, peut-être ? » lança Atobe sur un ton de défi.
Le vice-capitaine relâcha sa proie et s'éloigna en silence.
Atobe serra et desserra le poing plusieurs fois dans une grimace de douleur avant de reprendre la direction de l'hôpital. Ca ne s'était pas vraiment passé comme il l'avait espéré !
« Je rentre ! »
Sanada avait presque hurler sa phrase. Marui le regarda avec des yeux aussi ronds que les donuts qu'il s'apprêtait à manger. Yukimura le rattrapa alors qu'il disparaissait dans le couloir.
« Sanada ! Sanada ! »
Mais il allait écouté, oui ??!!
« Sanada » cria cette fois le capitaine.
Il réussit à le rattraper alors qu'il franchissait le seuil de l'ascenseur.
Yukimura glissa sa main pour empêcher la fermeture de la cabine et se glissa à l'intérieur.
« Tu aurais pu m'attendre ! »
« Désolé ».
Le vice-capitaine appuya sur le bouton du rez de chaussée, l'appareil se mit en route.
Arrivé au première étage, Yukimura bloqua l'ascenseur.
« Qu'est ce que tu fais ?? »
« Je veux des explications ! »
« Je n'ai rien à te dire. »
Yukimura lui lança un regard noir.
« Sanada ! Que dise ça à un autre ça passe, mais à moi ! Je te connais mieux que quiconque et je sais très bien que cette attitude désagréable ne te vient pas sans raison !! »
S'il n'avait pas été le glaçon de Rikkai, Sanada aurait été effrayé par le ton que venait de prendre son capitaine. Il soupira et s'appuya contre la paroi de la cabine.
« Excuse-moi. Tu n'y es pour rien. »
« On sort et tu m'expliques ? »
Le vice-capitaine acquiesça d'un signe de tête. Il était énervé, c'est vrai. Mais pour quelle raison ? Ca, il l'ignorait. Il n'était pas le genre de personne à s'énerver sans raison. Discuter avec Yukimura lui ferait le plus grand bien. Dans les moments difficiles, il savait qu'il pouvait compter sur la patience de son capitaine.
Ils s'assirent sur un banc non loin de là où il avait croisé Atobe un peu plus tôt.
Yukimura lui ôta sa casquette et se mit à sourire.
« Je me souviens parfaitement de la fois où je t'ai donné cette casquette. »
« C'était il y a longtemps. »
« Deux ans, ça ne fait pas si longtemps que ça. »
« Tu en es sure ? »
« Certain. »
C'est vrai, en y réfléchissant bien, il se rappela que cela remontait à leur première année de collège. Le soir où après un entraînement difficile, ils s'étaient promis de devenir les numéros du Japon.
« Tu sais que je suis étonné que tu l'ai encore. »
« Je dois t'avouer que j'y tiens beaucoup. »
« Ca me touche énormément » répondit Yuki dans un sourire.
Yukimura devina que son ami souriait. Il se dit aussi que c'était l'occasion idéale pour mettre son plan à exécution.
Alors il glissa sa main dans la sienne et prononça son prénom d'une voix fine et douce.
« Genichirou. »
Sanada se tourna étonné vers son capitaine et jeta un rapide coup d'œil à la main qui s'était glissée entre ses doigts.
« Yuki… »
Le visage du jeune homme se rapprochait dangereusement du sien. Il s'était tous donné le mot pour l'embrasser ou quoi ??
Alors qu'il s'attendait au contact des lèvres de son capitaine sur les siennes, il fut presque déçu que la rencontre entre leur bouche ne se fasse pas.
Yukimura se releva et le regarda tout souriant.
« Je suis désolé. Je pensais que je pouvais le faire mais en fait non. »
« … »
« Je dois te dire la vérité Sanada. »
Enfoiré de Yukimura !! C'est ce que pensa Atobe quand il les aperçut à travers la fenêtre de la chambre à Jiroh.
« Petit con », murmura – t-il en serrant les poings.
« Atobe ?? » se risqua à demander Jiroh.
Le joueur devait passer la nuit en observation pour être sur que le coup qu'il s'était pris sur la tête en tombant ne soit pas si grave que ce qu'il en donnait l'apparence. En effet, Jiroh avait le crâne couvert de bandages pour couvrir la blessure qu'il s'était faite à l'arrière du crâne.
« Qu'est ce que tu regardes comme ça ? » demanda Oshitari en s'approchant de la fenêtre.
« Quoi ? Quoi ? Oshitari ?? Raconte ce que tu vois !! » supplia le blessé.
« Toi la momie on ne t'a rien demandé !! »
Jiroh baissa les yeux. Oshitari donna une tape sur la tête à son capitaine.
« C'est comme ça qu'on parle à un blessé ?! »
« Qui t'as permis de toucher Ore-sama ?! »
« Bon maintenant ça suffit !! Depuis plusieurs jours tu es d'une humeur exécrable ! Que tu ne veuilles rien dire ça passe, mais que tu passes tes nerfs sur nous, il n'en est pas question ! »
Oshitari sortit de la chambre en claquant la porte.
Va te faire ! Allait crier Atobe mais le regard que lui jeta Jiroh le ravisa.
Il se souvint que le médecin avait dit que Jiroh avait besoin de calme. Il se laissa tomber sur le fauteuil à côté de lui et poussa un douloureux soupir.
« Atobe ? »
« C'est rien. Ca va passer. »
« Tu ne veux pas en parler ? »
« Contente toi de dormir. »
« … »
Atobe se frotta l'arrière du crâne.
« Je veux dire, repose-toi. »
Jiroh secoua la tête en signe de négation. Il voulait savoir ce qu'il arrivait à son capitaine.
« C'est à cause du pari ?
« Huh. En fait, ce n'est pas vraiment un pari. Yukimura le voit comme tel mais.. »
« Pour toi c'est sérieux, n'est ce pas ? »
« Ouais. »
Atobe n'en revenait pas. Voilà qu'il parlait de ses problèmes avec Jiroh !!
« Et qu'est ce que tu as vu par ce fenêtre qui t'a mis dans un humeur massacrante ? »
« A ton avis ? Qu'est ce que j'aurais pu voir ? Heh ?"
".Hum.. Sanada ?"
On toqua à la porte. Sûrement Oshitari qui s'était calmé.
« Désolé de déranger. «
« Yukimura ?!! »
Atobe se leva de son siège et s'avança vers son vis à vis. Il avait deux trois trucs à lui dire en privé.
« Viens ici. »
Il l'entraîna à l'écart dans le couloir.
« Il faut qu'on parle ! »
« Atobe, je laisse tomber. »
« Justement, il..Quoi ?? »
« Tu as très bien entendu. J'abandonne. »
Une minute. Il y a un problème ! C'est lui qui est à l'origine de ce pari stupide, alors pourquoi il abandonne ??
« C'est quoi cette histoire ?? «
« Ca ne m'amuse plus, c'est tout. »
« Tu te fous de moi ? »
« Du tout. Maintenant tu m'excuses mais je dois récupérer Marui et rentrer. »
Il planta Atobe sans voix, au milieu du couloir.
Seuls les infirmières qui croisèrent son chemin purent voir le sourire triomphant qui trônait sur son visage.
Maintenant, c'est à toi de jouer Atobe. Pensa le jeune capitaine de Rikkai.
Sanada remit son katana dans son fourreau et s'assit en tailleur sur le tatamis pour méditer.
Quelques heures plus tôt, il avait appris de la bouche même de Yukimura qu'il était l'enjeu d'un pari stupide entre son capitaine et Atobe.
Flashback
« Je dois te dire la vérité. »
« De quoi est ce que tu parles. ? »
« Tu te souviens que je t'avais dit que j'avais vu Atobe peu avant ma sortie de l'hôpital ? »
« ..Oui. Et ? »
« Et ce jour là, je ne sais plus vraiment comment, mais on en est arrivé à faire un pari pour savoir qui de nous deux arriverait à sortir avec toi. »
« Pardon ?? » fit Sanada les yeux grands ouverts.
Il fit rapidement le rapprochement entre l'invitation d'Atobe à l'opéra et le pari.
« Enfoiré !! »
« Non ne te méprends pas ! » supplia Yukimura en lui prenant les mains.
« Tu me déçois, Yuki. »
Le capitaine resserra son étreinte sur les mains de son joueur et lui dit sans dévier son regard du sien.
« Tu te méprends sur mes intentions. »
« Je me méprends ?!! Tu fais un pari dont je suis l'enjeu et.. »
« Sanada ! Ecoute moi ! Laisse moi t'expliquer pourquoi. »
« Tu as intérêt à avoir de bonnes raisons ! »
Yukimura lâcha les mains de son équipier et se rassit sur le banc. Sanada l'imita.
« Je me suis aperçu que depuis quelque temps ton comportement envers moi avait changé. Qu'il y avait plus qu'une simple amitié entre nous. Tu te fais constamment du soucis pour moi. Si tu t'acharnes au tennis c'est pour tenir notre promesse. Mais moi.. moi je veux que tu vives ta vie. Que tes choix tu les fasses pour toi. »
« .. »
« Alors quand j'ai compris ce qu'Atobe ressentait pour toi, je me suis dit que c'était l'occasion pour que tu m'oublies un peu. Et que tu penses un peu à toi. »
« Si je comprends bien, ce pari stupide c'était pour que je me détache un peu de toi. ??? »
« Oui… mais aussi parce que.. »
« Parce que quoi ? » s'impatienta Sanada.
« Tu ne m'en voudras pas si je te dis pourquoi ? »
« Au point où j'en suis ! »
Yukimura se leva et se plaça devant son joueur. Il lui fit un grand sourire et lui rendit sa casquette.
« En fait, la vérité c'est que j'avais besoin de distraction ! »
« . ».
La réplique du capitaine stupéfia Sanada sur place. De la distraction ??
« C'est vrai ! A cause de ma maladie, les seuls sujets de conversation que l'on avait c'était : ma guérison et Echizen Ryoma ! Je commençais à devenir fou ! »
Pendant un instant Yukimura crut que c'était Sanada qui était devenu fou !! Il venait de se mettre à rire si fort et si violemment que l'on aurait dit Kirihara pendant une de ses crises !
« Sanada ?? « commençait à s'inquiéter Yukimura.
Mais le fou rire de Sanada se fit plus intense. Le capitaine dut attendre un bon quart d'heure que le joueur se calme.
« Tu t'ennuyais ??!! » fit Sanada une fois calmé.
« Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle !! »
« Et tu as cru que je tombais amoureux toi !! »
« Genichirou, je te demanderai d'arrêter de te foutre de moi !! »
Sanada réajusta sa casquette et résista à l'envie de rire une nouvelle fois.
« Mais c'est plutôt moi qui devrais dire ça ! C'est toi qui t'es joué de moi ces dernières semaines ! »
« .. C'est vrai que j'ai un peu exagéré.. »
« Mon petit Seiichi, dit Sanada en prenant le visage de son capitaine entre ses mains. Depuis le premier jour où l'on s'est rencontré je suis tombé amoureux de toi. Et tu ne l'as remarqué que récemment ?! »
« Sanada.. lâche moi…s'il te plait » supplia Yukimura.
« Hors de question. Tu t'es bien foutu de moi, alors j'ai le droit à une petite compensation, non ? »
« Sana.. »
Mais il fut coupé par les lèvres de son joueur. Ce dernier insista pour approfondire le baiser et Yukimura finit par céder.
Quand ils se séparèrent, Yukimura était plus rouge que sa tenue d'entraînement alors que Sanada affichait un sourire triomphant.
« Sanada, tu es devenu fou ??!! »
« Je te retourne la question. »
« .. »
Sanada se laissa tomber sur le banc derrière lui et réalisa qu'il était allé un peu loin.
«« Excuse moi, Yuki. En fait, je voulais juste me venger à cause du pari. «
« Explique toi. »
« Je t'ai menti, je ne suis pas amoureux de toi. J'ai failli l'être, ça c'est vrai mais j'ai choisi d'enfouir au fond de moi ses sentiments te concernant. Notre situation actuelle me convient parfaitement. »
Yukimura poussa un soupir de soulagement. Mais soudain il pointa son joueur du doigt.
« Attends !! Je viens de me faire avoir !! »
« En beauté même ! »
« Genichirou !!! »
Mais le capitaine souriait, il avait réussi ce qui lui tenait à cœur : libérer Sanada de ses chaînes.
« Je peux ? » demanda Yukimura en se plaçant devant son coéquipier.
Sanada acquiesça d'une signe de tête et laissa Yukimura le serra contre lui.
« Merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Je ne serais pas ici si tu ne m'avais pas soutenu. »
Le vice-capitaine l'amena à se serrer d'avantage contre lui. Il avait besoin de cette étreinte.
« Tu es libre maintenant, Genichirou. »
« Seiichi, merci. »
Ils restèrent ainsi de longues minutes. Aucun des deux ne voulait mettre fin à cet instant mais pourtant il le fallait, et c'est Yukimura qui s'éloigna le premier.
« Et maintenant ? »
« Maintenant quoi ? »
« Avec Atobe ? Tu comptes faire quoi ? »
Fin du flash-back
« Ce que je compte faire ? Bonne question ! »
Il quitta le dojo, prit une bonne douche et s'allongea sur son lit. Il réfléchit de lingues minutes à ce qu'il devait faire. Puis il se résolut à prendre son portable et composa le numéro d'Atobe.
« Ore-sama n'est pas disponible pour le moment…. »
Le malheureux appareil vola à travers la pièce et finit sa course contre le sac de sport du joueur. Voilà pourquoi il détestait les téléphones portables !! Personne ne décrochait quand il le fallait !!
Un domestique frappa à la porte et Atobe l'envoya paître gentiment. Mais le domestique se fit plus insistant et le jeune homme finit par céder.
« C'est bon, entrez !! »
« Jeune maître, un de vos ami vous demande au téléphone. »
« Dites-lui que je ne suis pas là. »
« C'est qu'il insiste. Il prétend que c'est urgent. »
Atobe soupira et prit le téléphone que lui tendait le domestique.
Le jeune maître fit signe à son serviteur de sortir et se dernier s'exécuta.
« Oui ? »
« Purée Atobe !! T'en as mis du temps à répondre !! »
« Hoi, Hoi ! Surveille ton langage Gakuto !! »
« On s'en fout ! Où t'as foutu ton portable ? Ca fait une heure qu'on essaie de te joindre !! »
« Je l'ai éteins. »
« T'es con ou quoi ?! «
« Bon sang Gakuto !! Je t'ai déjà dit de surveiller ta façon de me parler ! »
« Non, laisse moi.. Yushi.. Putin arrête !! »
Atobe leva un sourcil. Qu'est ce que son double 2 était encore en train de manigancer ?!!
« Gakuto passe moi quelqu'un de civiliser veux-tu ?! »
Il entendit des cris, des 'non pas moi' et après une minute qui parut terriblement longue au capitaine, il entendit un voix lui dire :
"Atobe-san ?"
"Otori ? Qu'est ce qu'il se passe? Vous êtes où ? »
« Au parc, prés de l'hôpital. »
« L'hôpital ?? Encore ?? »
Il était maudit, non, en fait, il maudissait son équipe !! Elle n'avait le don que de lui attirer des ennuis !
« Bien, félicitations. C'est le tour de qui cette fois ? » fit Atobe au bord de la crise de nerfs.
« Il faut que tu viennes !! Bouge tes fesses ! » hurla Oshitari.
Des bruits étranges se firent entendre et la communication coupa. Atobe leva les yeux au plafond et soupira. Il remarqua d'ailleurs que depuis quelques temps son nombre de soupir avait grandement augmenter !! Ce n'était pas bon pour ça santé !
Bref, il se rhabilla –vu qu'il était en pyjama du fait de l'heure tardive- et sortit de sa chambre.
« L'hôpital ?? Ces idiots ont oublié de me préciser lequel !! »
Mais étant donné la situation, il opta pour celui où était hospitalisé Jiroh.
Otori se rapprocha de son partenaire de double et lui demanda :
« Tu crois qu'on a bien fait ?? »
« Bien évidemment ! »
« Mais il doit se faire du soucis pour rien ! »
« Parce que tu crois qu'Atobe se soucie d'autres personnes à part lui-même ?? »lança Gakuto.
Hiyoshi s'approcha d'un grand jeune homme et tout en lui posant la main sur l'épaule lui dit :
« Vraiment, bon courage ! »
« Merci de m'avoir aidé. »
« Pas eu le choix, répondit Hiyoshi. Sur ce, je m'en vais, ça commence à devenir bizarre ici. »
Le futur capitaine ignora les appels de Gakuto et quitta le parc. Le jeune rouquin attrapa son partenaire de double par le bras et le tira lui aussi vers la sortie du parc.
« On s'en va. »
« Mais Gakuto, je.. »
« Shut !! J'ai remarqué que de la chambre à Jiroh on avait une bonne vue sur le parc. Si tu vois ce que je veux dire.. ? »
« Oh !! Bien ! Mais à mon avis on entendrait mieux si on se plaçait là-bas ! »
Gakuto observa l'arbre –qui devait être centenaire vu sa taille- qu'indiquait son coéquipier.
« Yuushi, tu es un génie !! »
« C'est vrai aussi » répliqua le Tensai.
Otori regarda ses senpais s'éloigner.
« On fait comme tu veux, Chotarou. »
« Hum.. Au point où on en est.. »
« On va dans la chambre à Jiroh, au moins on est sure de ne pas se faire prendre. »
Le double 1 de Hyotei se dirigea vers l'entrée de l'hôpital et seul restait Kabaji en compagnie du jeune homme qui patientait sur un banc.
« Tu ne devrais pas rester là Kabaji » hurla Gakuto.
« Uss ».
Et le vice-capitaine partit rejoindre Otori et Shishido.
Pendant tout le temps que dura le trajet pour venir jusqu'à l'hôpital Atobe maudit ses joueurs. Il maudissait leur stupidité, leur capacité à se mettre dans des situations pas croyables, leur arrogance, il maudissait même leur manière de jouer au tennis !
Il n'en pouvait plus de cette équipe. En plus à cause d'eux, il était bon pour une séance de manucure ! Lui qui prenait si soin de son apparence, à cause des ses incapables de joueurs il venait de se ruiner 3 ongles !
« S'ils ne sont pas déjà morts, c'est moi qui m'occuperais de les achever !! » fit le jeune capitaine en se rongeant un nouvel ongle.
Il descendit comme une furie de sa limousine et alors qu'il s'apprêtait à entrer dans le bâtiment une voix l'appela.
« Atobe ! Par ici, s'il te plait. »
Le jeune homme regarda autour de lui et du plisser les yeux pour tenter de reconnaître la silhouette qui l'appelait.
« Sanada ? C'est quoi cette histoire ? Ou sont mes idiots de joueurs ? »
« Suis-moi. »
Ne comprenant pas vraiment le comment du pourquoi, Atobe se laissa guider par le jeune homme. Ils se retrouvèrent de nouveau dans le parc où ils s'étaient vus dans l'après-midi.
Je déteste cet endroit, pensa Atobe.
« Bon, où ils sont ?? » s'impatienta Atobe.
« Pas ici. »
« C'est quoi ce délire ? Pourquoi il m'ont appelé alors ? »
Comme si on pouvait déranger Ore-sama sans raison valable ! En plus, vu comment ils s'étaient quittés avec Sanada, ce dernier n'était pas vraiment la personne qu'il avait le plus envie de voir en ce moment.
« Il faut qu'on parle » déclara Sanada dans un ton grave.
« Où sont mes joueurs ?? «
« Il s'inquiétait vraiment, alors !! »fit une voix.
« Chut, tu vas nous faire repérer !! »
« .. ??? » fit Atobe croyant avoir entendu des voix.
Sanada respira profondément et attira l'attention du jeune homme en lui attrapant la main.
Mode petits curieux
« Tu crois qu'il va l'embrasser d'abord ??
Jiroh la ferme ! On est pas sensé être là !
On aurait du descendre avec Oshitari !!
Jiroh !! »
Fin Mode petits curieux
« J'ai essayer de t'appeler tout à l'heure, mais je suis tomber directement sur ton répondeur. »
« Je ne voulais pas être dérangé alors j'avais éteins mon téléphone. »
« Tu me dois des explications, non ? »
« Pardon ? Ore-sama n'a pas compris où tu voulais en venir. »
« Atobe, Yukimura m'a raconté pour le pari. »
- « Wouah !! Il y va franco !!
A ton avis, ils vont arrivés à s'avouer qu'ils s'aiment ?
J'espère que oui, Yuushi !! J'ai pas raté Koh-lanta pour rien !!
Gakuto, des fois je trouve tes goûts vraiment étranges !!
Ah bon ? »
Atobe récupéra sa main et se recula. Cet enfoiré de Yukimura avait ruiné ses projets !! Comment avait-il osé ??
« C'était son idée ! »
« Mais tu as accepté. »
« Et alors ? Où est le mal ? »
« Où est le mal ? Tu te fiches de moi ! »
"Huh. Ore-sama.."
Sanada empoigna violemment son compagnon et le défia du regard.
« J'ai comme une impression de déjà-vu », fit Atobe sur un ton provocateur.
« Arrête tes conneries Atobe ! »
« Tu n'es qu'un idiot, Sanada ! »
« Et toi un sale gosse de riche qui pense que tout lui est du !! »
« Huh !! Et toi tu n'es qu'un petit toutou à son capitaine ! »
« Tu vas trop loin ! »
- « Mais ils sont cons ou quoi !!
Je crois qu'ils ne vont jamais s'en sortir ! fit Otori en soupirant.
Je crois qu'on va devoir intervenir.
Non Shishido, attends, fit Jiroh.
Mais ils sont trop fiers pour admettre la vérité !!
Patientons encore un peu, je suis sure qu'Atobe va tenter quelque chose ! »
Les joueurs regardèrent leur malade. Il semblait très sur de lui.
« Atobe ! »
« Et puis merde !! » fit Atobe.
Sur ce il se jeta à l'eau. De toute façon la situation ne pouvait pas être pire que ce qu'elle l'était déjà !
Il passa sa main libre derrière la nuque du brun et le força à rapprocher son visage du sien. Rapidement il s'empara de ses lèvres et sentit avec bonheur l'étreinte sur sa main se relâcher pour disparaître complètement. Bientôt se fut sa taille que la main de Sanada empoigna. Leur baiser se faisait plus intense, plus profond, comme si toute la colère qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre se reportait dans leur baiser.
Les spectateurs poussèrent un 'YATTA' qui résonna dans tout le parc et dans la chambre de Jiroh.
Quand les jeunes hommes se séparèrent enfin, un sourire satisfait avait pris place sur le visage d'Atobe. Sanada quant à lui dut se retenir de sourire, histoire de garder toute crédibilité.
Finalement, Atobe avait tout de même gagner son pari.
« Où sont mes joueurs ?? »
Sanada avait presque oublié ce détail.
« En fait, vu que je n'arrivais pas à te joindre, j'ai appelé Yukimura. Il a demandé à Marui, qui a appelé Akutagawa et il a appelé Oshitari et.. »
« C'est bon ! J'ai compris. »
Sanada serra contre lui ce corps qui lui faisait envie depuis plusieurs semaines et laissa sa timidité aux vestiaires. Il déposa une salve de baisers dans le cou du chatain et demanda :
« Au fait. Pour le pari, si tu perdais, c'était quoi le gage ? »
Atobe cessa de respirer. Il avait oublier ce détail. Mais heureusement pour lui Yukimura avait abandonné et de toute façon il avait fini par gagner.
« C'est un se-cret ! »
Et il prit possession de la bouche de son amant.
Mais soudain, un frisson de terreur lui traversa le dos.
Quel était cette sensation étrange ?
Pourquoi ne sentait-il pas en sécurité ?
Non ! C'était impossible ! Yukimura ne serait pas si fourbe que ça !? Venant de Fuji, ça lui aurait paru normal, mais là on parlait de Yukimura..
Yukimura observait la scène depuis le toit de l'hôpital. Même s'il était libre, Sanada restait tout de même son meilleur ami mais surtout son jouet préféré. Il se devait donc de le surveiller et puis, maintenant qu'il n'était plus seul..
« Je me suis trouvé un nouveau jouet, prononça le capitaine de son perchoir.
Un pari est un pari Atobe. Etant donné que tu as gagné par forfait, j'invoque la règle spéciale. »
Il sortit son téléphone portable et se mit à pianoter rapidement dessus.
Lorsqu'il rentrerait chez lui et qu'il allumerait son téléphone, Atobe aurait une belle surprise..
« J'ai gagné » annonçait le message qu'il venait d'envoyer.
FIN
