OMNIA VINCIT AMOR

L'Amour triomphe de tout


Partie 2 : Prends-moi dans tes bras, juste une fois…

Harry crevait de chaud sous sa lourde cape de mangemort, elle était trop lourde ce qui ralentissait ses pas et rendait ses gestes plus difficiles. Lord Voldemort ne faisait vraiment pas d'efforts pour les mangemorts de second ordre. Il soupira et essayait de raffermir sa poigne sur sa baguette mais sa main était moite tandis que l'appréhension montait en lui. Il regarda d'un œil alerte les favoris monter sur les plus beaux Sombrals que possédait l'écurie du Château de Serpentard.

Il regarda les yeux sombres de Severus Snape qui se posaient sur chacun des mangemorts lui faisant face, Harry dévia son regard vers Lucius Malfoy qui faisait de même, puis il contempla Avery, Mulciber, Nott, Rosier, Rookwood, tous ces connards qui prenaient leur pied à épier chacun des mangemorts de premier et second ordre devant eux. Puis la sélection commença, chacun des favoris choisissaient les mangemorts qu'ils voulaient pour former leur équipe. Bien-sûr, les mangemorts de premier ordre s'arrachèrent et Severus Snape eut le droit d'avoir Blaise Zabini en échange de Julius Polk et Lysandre Black.

Harry croisait les doigts sous sa cape de mangemort, il espérait de tout son cœur que personne ne le choisirait. Il savait qu'il n'était pas le meilleur guerrier des second ordres, personne ne s'arracherait sa présence dans leur équipe mais il craignait que Severus Snape, par pure cruauté, demande à ce qu'il soit dans son équipe. Harry, en était sûr, s'il allait dans l'équipe de Snape, il était mort.

Finalement, les équipes furent faites et il ne resta plus qu'une cinquantaine de mangemorts de second ordre. Harry était heureux d'échapper à la bataille même s'il savait qu'il devrait tout de même s'occuper des blessés et du ravitaillement une fois les soldats rentrés, cependant il était assez frustré que Théo eût été choisi. Il était tout de même un meilleur guerrier que ce profiteur chochotte à la noix ! Mais ce n'était pas l'avis d'Augustus Rookwood qui avait hésité une seconde entre Théo et lui ; Harry haussa les épaules, de toute façon il avait l'habitude qu'on le prenne pour une fillette sachant à peine tenir sa baguette, qu'est-ce que ça pouvait faire ? Il jeta un regard en biais à ses camarades de second ordre qui étaient assez déçus de ne pas avoir été choisis.

Harry regarda les soldats grimper sur les Sombrals qui sortaient progressivement de l'écurie. Il s'attarda sur Draco qui souriait fièrement sur sa monture noire ébène, ses cheveux d'or ressortaient incroyablement dans tout ce noir qui l'entourait. Soudain, un des mangemorts qui étaient restés à terre le bouscula brusquement, Harry se tourna vers lui d'un air courroucé mais se tut quand il comprit que tous les mangemorts essayaient de frayer un chemin à Lord Voldemort et ses dix soldats potentiels. Le Lord Noir passa brusquement devant Harry, et celui-ci eut un sourire lorsqu'il reconnut le parfum de son maître, c'était un parfum fort et viril qui rappelait un peu les senteurs de la forêt. Harry n'avait jamais aimé ce parfum jusqu'à ce qu'il le sente sur son maître.

Harry tourna son regard vers les soldats de Lord Voldemort, il leur jeta un regard méprisant. Il était très jaloux d'eux, les soldats potentiels de Lord Voldemort était une toute nouvelle équipe qu'avait crée le maître peu d'années auparavant. L'équipe était constituée de tous les soldats que Voldemort avait pu rencontrer dans ses nombreux voyages, les soldats venaient du monde entier et étaient incroyablement doués. Lord Voldemort n'acceptait pas plus de dix soldats, il les formait, leur apprenait moult et moult sorts puis en faisaient directement des mangemorts de premier ordre. Même s'il était rare qu'ils deviennent un jour aussi proches que des favoris pouvaient l'être, Lord Voldemort leur parlait tout de même souvent et les aimait bien. Les soldats qu'Harry voyait passer devant lui venaient des quatre coins du monde, c'était leur première bataille mais ils étaient certainement aussi entraînés en un mois qu'Harry en cinq ans.

Lord Voldemort grimpa sur son Sombral, c'était la plus belle monture de l'écurie. Elle était presque aussi vieille que le Seigneur des Ténèbres lui-même, sa robe noire foncée était parsemée de poils blancs mais aucun Sombral sur Terre n'était aussi obéissant, intelligent et robuste que ce Sombral-là. C'était une sacré bête. Et lorsque Harry était en corvée d'écurie (ce qui arrivait souvent lorsque Snape voulait le punir) il prenait un soin tout particulier à bichonner la bête. D'ailleurs, elle le reconnaissait et l'aimait beaucoup. Comme Harry n'avait pas le droit d'avoir son propre Sombral, il compensait avec celui de son maître.

Le regard carmin de Lord Voldemort scrutait la petite foule devant lui.

"Il me faut cinq autres mangemorts, qui veut être dans mon équipe ?"

Immédiatement, tous les mangemorts sautèrent comme des excités, ils levèrent la mains le plus haut qu'ils purent, les yeux exorbités, la bouche s'ouvrant sur un "moi ! moi !" muet. Le Lord Noir eut un petit sourire suffisant, ses favoris firent de même.

'Quels copieurs !' pensa Harry d'un air renfrogné.

Il jeta un regard consterné vers ses camarades qui continuaient de mimer les sauterelles, Harry n'avait pas levé la main. Il n'avait vraiment pas envie d'être dans l'équipe de Voldemort. Certes, c'était glorieux d'y aller, il était possible d'avoir un beau Sombral, et on combattait avec son maître ! Peut-être, même qu'Harry aurait pu le mater l'air de rien entre deux sorts. Mais il savait également que Lord Voldemort partait vers le point le plus dangereux et versatile de la bataille. Non seulement Harry ne tenait pas spécialement à mourir mais il n'avait pas très envie de se ridiculiser au combat devant son maître. S'il était toujours en vie après toutes les batailles auxquelles il avait participé, c'était grâce à son agilité, à sa ruse, à sa petite silhouette et à la couverture que lui offraient Blaise, Draco et Ron. Mais, il avait bien peur que pour cette bataille-là ce ne soit pas suffisant. Cette fois-ci, il aurait besoin de sorts terribles, plus horribles que le Doloris, plus rapides que l'Avada Kedavra, et au grand dam d'Harry il ratait ces sorts une fois sur deux. Alors tout ça était bien gentil mais il n'était vraiment pas décidé à y aller.

Il leva ses yeux vert boudeurs vers son maître. Il eut un hoquet de surprise lorsqu'il remarqua que celui-ci le regardait un petit sourire au coin des lèvres. Il fallait avouer qu'Harry faisait contraste avec les autres mangemorts qui bondissaient dans tous les sens.

Le Seigneur des Ténèbres lui fit signe d'approcher. Harry leva les sourcils et le regarda d'un air étonné, il lança un regard furtif derrière lui pour savoir s'il l'appelait vraiment lui mais les mangemort semblaient le regarder eux-aussi avec surprise et jalousie. Harry se retourna vers son maître qui avait à présent un véritable sourire moqueur. Il avança d'un pas tremblant mais rapide. Il se posta à côté de la monture de Lord Voldemort puis leva les yeux vers le regard rouge de son maître qui était encore plus impressionnant sur un Sombral que sur ses jambes.

"Alors, on ne veut pas servir son Maître, Harry ?" lança le Seigneur des Ténèbres en levant un sourcil moqueur.

Le cœur d'Harry fit un bond dans sa poitrine tandis que la joie inondait son cœur.

'Il se souvient de mon nom ! Il se souvient de mon nom !' s'exclama-t-il.

"Heu… Je… Je" bafouilla Harry, les joues rouges de confusion.

Un rire léger s'échappa des lèvres du Lord Noir et fit frissonner le jeune mangemort.

"J'ai eu écho de tes désobéissances, je te conseille de prendre un Sombral et de me suivre si tu ne veux pas avoir de véritables ennuis, cette fois-ci !"

Harry savait qu'il faisait référence à ses déambulations nocturnes dans l'aile de Lord Voldemort, endroit qui était strictement interdit à un mangemort de second ordre comme lui, et à ce que lui avait répété ce pourri de Snape.

Harry acquiesça et se hâta de chercher un Sombral, on lui donna un Sombral entièrement blanc qui était connu pour son mauvais caractère. Elle s'appelait Chimène et Harry l'adorait même si elle était franchement intimidante. La Sombrale sembla le reconnaître et ne pipa mot lorsqu'il monta sur son dos. Il se plaça discrètement dans les rangs de Lord Voldemort et remarqua avec surprise qu'il avait été le seul mangemort choisi par Lord Voldemort.

"On y va" fit le Seigneur des Ténèbres.

Il talonna sa monture et celle-ci s'envola dans les cieux orageux. Les soldats potentiels et Harry suivirent. Les équipes des favoris s'envolaient aussi dans d'autres directions. Un soldat potentiel volait tout près d'Harry, il lui jeta un regard avec un léger sourire.

"Ça va ?" demanda-t-il discrètement.

"Oui, oui" répondit Harry, il était très à l'aise sur un Sombral mais Chimène bougeait beaucoup. Elle faillit le désarçonner plusieurs fois mais Harry la calmait à chaque fois par des mots doux.

"Tu t'appelles comment ?" demanda le potentiel.

"Harry. Harry Potter ? Et toi ?"

"Enguerrand Lenoir" répondit-il "Je viens de France, j'ai déjà fait la guerre là-haut mais c'est plus excitant ici !"

"Je comprends" répondit Harry dans un murmure "Tu sais pourquoi il n'a pas choisi d'autres mangemorts ?"

"Non, il a ses raisons j'imagine… Enfin, il a dit que onze soldats lui suffiraient, finalement !"

Harry fronça les sourcils. Mais il n'eut pas le temps de se poser plus de questions que le Sombral de Lord Voldemort descendait déjà en piquet droit vers une forêt dense et touffue. Ils se posèrent doucement dans une clairière herbée, la lumière était si claire qu'Harry eut l'impression d'être arrivé au Pays des Lapins. Mais les yeux rouges de Voldemort et l'attitude des soldats lui rappela qu'ils étaient bien là pour tuer, et Harry pouvait sentir la passion guerrière de Lord Voldemort émaner de lui.

"On va laisser les Sombrals ici, le clan qu'il faut détruire vit à l'orée de la forêt, avancez tout droit, je reste en arrière…"

Les soldats potentiels avancèrent d'un pas énergique mais discret, Harry s'apprêta à les suivre mais Lord Voldemort attrapa son bras et le retint contre lui.

"Toi, tu restes près de moi" dit-t-il avec un clin d'œil.

Harry écarquilla les yeux.

"Mais pourquoi ?"

"Tu n'en sortirais pas vivant sinon, je n'emmènerais pas même des mangemorts de premier ordre à cette bataille, ça risque d'être assez violent".

Le Lord Noir dit ça d'un air triste mais Harry perçut dans ses yeux un éclat puissant de joie et d'anticipation. Lord Voldemort esquissa un sourire cruel :

"On va bien s'amuser !"

Harry frissonna. Il s'écarta de son maître et rattrapa les potentiels, Lord Voldemort marchait derrière lui et Harry sentait son regard poser sur lui. Il essaya de se calmer mais les battement de son cœur étaient très rapides, la proximité de Lord Voldemort le ferait-elle toujours réagir ainsi ? C'était très gênant pour Harry, il n'arrivait plus à dire un mot convenablement ! En plus, il avait l'impression que quelque chose lui échappait.

۞

Ils avancèrent à pas lent vers l'orée de la forêt, guettant par tous les coins si quelqu'un arrivait. Mais l'endroit était calme certainement dû à l'heure matinale, les guerriers avancèrent jusqu'au petit village endormi. Lord Voldemort demanda succinctement à ses potentiels de tuer tous les habitants du clan tandis qu'il traînait Harry vers une grande maison de pierre brute qui semblait au moins aussi solide qu'Azkaban.

"Heu… Où on va, là ?" demanda Harry qui sentait l'adrénaline mélangée à de la peur couler dans ses veines.

"Ne t'inquiète pas, je ne vais pas te demander de combattre tout de suite, je connais ton niveau."

Harry se renfrogna à cette dernière phrase. Il était certain de passer pour un vrai nul devant son maître et il trouvait vraiment cela dommage – presque triste. Comment pourrait-il devenir quelqu'un d'intéressant à ses yeux s'il paraissait déjà comme un piètre soldat ? Harry soupira et entra à la suite de son maître dans la vieille et solide bâtisse. Harry vit immédiatement qu'il s'agissait d'une prison. Tuer les gardiens en faction ne fut vraiment pas difficile, Harry en mit un KO lui-même.

Mais il fut pris au dépourvu lorsqu'un sorcier d'âge mûr le saisit par le col de sa cape et le balança contre le mur. Harry s'étala au sol, rougissant de honte d'être ainsi affiché devant son maître, celui-ci le releva brusquement et tua le sorcier d'un geste nonchalant de la main.

"Il va vraiment falloir que tu t'entraînes, Harry, tu es vraiment trop vulnérable…"

Harry baissa les yeux, il ne voulait surtout pas voir l'éclat de moquerie dans les yeux de Lord Voldemort. Mais le Seigneur des Ténèbres semblait surtout déçu, il regardait son mangemort avec une expression pensive. Puis il continua son chemin, il ouvrit une cellule et disparut à l'intérieur. Harry le suivit timidement tout en massant la gorge qu'avait meurtrie le sorcier mort à ses pieds. Il regarda son maître agenouillé près d'un corps sale et malade qui semblait délirer sur le sol de la cellule.

"Approche-toi" murmura le Seigneur des Ténèbres.

Harry s'exécuta, il s'agenouilla à côté de son maître et lui jeta un regard interrogateur.

"Que dois-je faire ?" demanda-t-il.

"Mets tes mains sur sa poitrine"

Harry baissa les yeux vers la loque qui tremblait à côté de lui, il s'agissait d'un homme d'une quarantaine d'année dont Harry était sûr avoir déjà vu au Château de Salazar Serpentard. Un peu déconcerté, Harry fit tout de même ce qu'on lui avait demandé.

"Ferme les yeux" ordonna le Lord Noir "Et essaye d'asperger ta magie sur lui".

Harry sentit un tourbillonnement à l'endroit de son cœur, quelque chose de violent et de doux en même temps essayait de sortir de lui. Harry essaya de conduire ce flux magique par ses bras et ses mains, mais il se dispersa un peu partout. Le corps fut noyé de la magie d'Harry mais il y en avait aussi partout dans la petite cellule, et les murs de bétons tremblèrent dangereusement. Harry sentit deux mains chaudes refermer ses poings puis il rouvrit les yeux difficilement. Son maître ne s'occupait déjà plus de lui, il était en train de regarder la forme épuisée sur le sol qui semblait revenir à elle peu à peu.

"Qu'est-ce que c'était ?" murmura Harry d'une voix précipitée.

"Tu possèdes une magie curative, une magie entièrement blanche dont je ne dispose pas même un chouia, c'est pour le guérir que je t'ai demandé de venir." expliqua le Lord Noir.

Il prit un caillou qui était égaré sur le sol de béton et le transforma à l'aide de sa baguette en portoloin, puis il posa le caillou contre la paume du sorcier. Celui-ci eut un sourire tremblant et disparut.

"Qui était-ce, Maître ?" demanda Harry.

"Un de mes conseillers, l'un des plus intelligents et roublards, je ne pouvais pas le laisser là."

Harry acquiesça et suivit son maître qui sortait d'un pas rapide.

"La bataille va enfin pouvoir commencer" murmura le Lord Noir avec un sombre sourire.

۞

Harry n'avait jamais connu ça de toute sa vie, la bataille était rude, sans échappatoire possible. Il tuait des hommes sans arrêts en utilisant toujours le même sort, le sortilège de la mort, qui pour une fois glissait tout seul. Il fallait dire que les visages se succédaient tellement rapidement qu'Harry n'avait pas le temps de ressentir de la culpabilité. Il tuait et c'était tout ce qui comptait. Il ne sentait pas la fatigue s'insinuait dans ses veines, ni même que les ennemis semblaient de plus en plus nombreux. Il tuait sans relâche, souvent aidé des potentiels.

Le village fut rasé entièrement, les maisons brûlées ainsi que leurs habitants. Harry enjambait les corps calcinés, décapités ou écartelés sans même s'en rendre compte, il était comme dans un état seconde. Le clan était ennemi, il menaçait de faire tomber son maître et c'était la seule chose à laquelle il pensait. De ce fait, lorsqu'il vit son maître, son si magnifique et grand maître à quelques mètres de lui, se battant férocement avec un sourire cruel, le cœur d'Harry s'arrêta. Plus rien n'avait d'importance. Il vit un rayon vert étincelant foncer vers la poitrine de son maître, sans même réfléchir davantage il s'élança entre le sort et son maître et enlaça ce dernier avec désespoir et peur.

Deux secondes passèrent lentement mais Harry ne ressentit rien, le sort ne l'avait pas heurté. C'est alors qu'il sentit plus qu'il ne vit, le sourire moqueur de son maître contre sa joue. Harry se recula, déconcerté, et remarqua qu'un énorme bouclier bleu électrique les entourait et les protégeait des sorts mortels. Le sourire du Lord Noir s'intensifia et Harry eut envie de se cacher dans un trou de souris, pourquoi devait-il toujours se tourner en ridicule ?

۞

Le retour au Château fut rapide et salué par une victoire chèrement gagnée. Un des potentiels était mort, Enguerrand Lenoir, celui-là même qui avait engagé la conversation avec Harry. Celui-ci était désespéré de toujours voir les gentils partir avant tout le monde.

Son Maître ne lui adressa pas la parole, beaucoup trop occupé à tuer le reste des sorciers vivant dans le clan ennemi et à ramener ses potentiels des griffes de vampires assoiffés qui cohabitaient avec les sorciers du village. Harry était resté proche de lui tout le long sous l'ordre de ce dernier, Harry se disait qu'il était décidément vraiment nul au combat.

A présent, les Sombrals atteignaient le Château de Salazar, et Harry était pressé d'arriver à sa chambre pour dormir. Ce combat l'avait épuisé et il ne voulait surtout plus penser à son geste ridicule. Une fois à terre, Harry emmena discrètement Chimène aux écuries, en espérant que son Maître ne le rappelle pas et ne lui fasse pas un commentaire cinglant devant les potentiels. Alors qu'il allait entrer à l'écurie, la voix de son Maître le fit sursauter :

"Harry !" s'exclama-t-il.

Celui-ci se tourna vers lui en levant un sourcil interrogateur, essayant de ne pas trop crisper les rênes de Chimène qu'il tenait étroitement dans sa main.

"Je veux te voir demain matin à huit heures à la Salle du Trône, sans faute."

Harry acquiesça difficilement, la peur au ventre. Il se demandait vraiment quelle serait sa punition. Bien qu'il pensât avoir plutôt accompli un geste probant de sa fidélité, il savait que le Maître appréciait que moyennement ce genre de démonstrations affectives durant les batailles. Il ramena Chimène aux écuries, la bichonna et la nourrit avant de se diriger vers les douches communes aux mangemorts de second ordre. Il se relaxa sous le jet d'eau brûlante et essaya de ne pas penser au lendemain matin. Il finit par rejoindre sa chambre en titubant de fatigue et s'endormit aussitôt dans la fraîcheur de ses draps.

۞

Harry était mort de peur, il sentait ses entrailles se tortiller dans son ventre et entendait les rouages de son cerveau s'activer à vive allure pour trouver une excuse convenable. Il savait que la vérité serait plus vraisemblable, il se demandait néanmoins comment réagirait son maître s'il lui disait qu'il avait eu peur pour lui. Il avait eu peur pour le plus puissant sorcier du monde entier, c'était risible. Ses pas étaient lents, il n'avait pas spécialement envie de passer cette double-porte en chêne. Combien de fois était-il passé entre ces lourdes portes austères ? Après chaque batailles, tous les mangemorts devaient se réunir en ce lieu. Jamais Lord Voldemort ne l'avait remarqué, il n'était qu'une personne insignifiante perdue dans la foule. Mais cette fois-là, Lord Voldemort l'appelait, lui, personnellement. Peut-être écoperait-il d'une punition douloureuse mais en somme ce n'était pas catastrophique car à présent Lord Voldemort savait qui il était et même s'il était pour lui qu'un piètre mangemort un peu simplet, au moins il savait qui il était. Et c'était déjà plus que tout ce qu'il avait pu espérer.

Les portes s'ouvrirent devant lui et Harry remarqua avec surprise qu'elle était remplie de tous les mangemorts de Lord Voldemort. Il referma la porte doucement pour ne pas attirer l'attention sur lui et alla s'adosser contre le mur en pierres froides. Il reporta son attention sur son maître qui du haut de son estrade regardait ses fidèles réunis devant lui. Après l'avoir consciencieusement regardé, il essaya d'écouter le discours du Lord Noir que les autres mangemorts écoutaient avec avidité.

"… Je suis vraiment fier de cette dernière bataille. Notre force est la plus forte dans le monde et notre domination s'étend de plus en plus. Bientôt, nous n'aurons plus à souffrir des combattants de la Lumière, ni même des moldus. Grâce à mes fidèles mangemorts supérieurs, tous les coins stratégiques d'Angleterre ont été visés et abolis. Toute l'Angleterre du plus petit arbre au plus grand des fleuves nous appartiennent. Nos prisons sont remplies d'opposants, et les plus grands chefs sont morts… Ce qui est sûr c'est que l'Angleterre est désormais mienne et donc vôtre. Bien-sûr, je n'oublie pas tous mes mangemorts de premier et second ordre, les plus valeureux seront récompensés, sans vous je ne serais rien. Comme toutes les victoires, il y a un toujours un revers, vingt-quatre mangemorts et un potentiel sont morts hier. Dès demain, il y aura une célébration en leur mémoire ici-même."

Le discours continua pendant quelques minutes, Harry ne pouvait se lasser de contempler son Maître. Il aimait tout de lui. Il avait une telle prestance lorsqu'il parlait que cela l'électrisait de part et d'autre de son corps. Lorsque Lord Voldemort eût fini d'énumérer le nom des vingt-cinq tués, il renvoya tout le monde à leurs occupations.

Harry regardait toujours le Lord Noir lorsque quelqu'un lui tapota l'épaule :

"Hé Harry !" fit Draco avec un sourire.

Harry aperçut bien vite Théo et Blaise derrière lui qui se tenaient la main. Le regard qu'Harry lança à Théo décontenança légèrement Blaise et Draco.

"Alors comment ça s'est passé avec le Lord, hier ?"

"Tu vas être promu mangemort de premier ordre ?"

"T'es pas blessé ?"

Harry eut un léger sourire.

"Je vais bien, non je ne vais pas devenir un mangemort de premier ordre Théo, et la bataille a été la plus dure de toutes celles que j'aie pu assisté depuis que je suis ici."

"Tu m'étonnes, quelle chance d'avoir combattu aux côtés du Maître !" lança Blaise avec une pointe d'envie dans la voix.

Harry haussa les épaules, au grand étonnement de ses amis.

"C'était plutôt stressant" dit Harry d'un ton calme.

"Je te comprends, vieux" fit Draco avec un large sourire "Bon, Blaise et moi on doit s'entraîner avec les mangemorts supérieurs, j'espère que tu seras là ce soir au Café des Mangemorts !"

"Bien-sûr" répondit Harry "A plus tard, les gars."

Il se retrouva alors face à face avec Théo.

"Tu viens Harry, on avait prévu de se faire un petit match de Quidditch avec Ron et Neville…"

"Désolé ce sera sans moi, j'attends que tous les mangemorts sortent pour pouvoir parler au Maître" répondit Harry d'une voix glaciale.

"Tu veux parler au Maître ?" s'exclama Théo d'un air ahuri. "Tu veux lui demander quoi ?"

"Ça ne te regarde pas" siffla Harry d'une voix doucereuse.

Le visage de Théodore se décomposa.

"Qu'est-ce qui t'arrive en ce moment ? Pourquoi tu m'en veux ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?"

"Rien, Théo. A moi tu ne m'as rien fait."

"Mais…"

"Je suis désolé, je dois aller lui parler, on se voit ce soir" coupa Harry d'une voix dure avant de se détourner de Théo.

Il ne vit pas son regard morne et sa mine déconfite.

۞

Harry s'avança vers son Maître, son cœur battait très vite dans sa poitrine. Son Maître était en train de parler à Severus Snape et cela irrita fortement Harry. Il attendit que leur discussion finisse pour pouvoir annoncer sa présence. Snape donna un petit dossier relié à Lord Voldemort, celui-ci y jeta un bref coup d'œil et son regard croisa celui d'Harry. Il fit alors signe à Severus Snape de disposer. Il s'avança vers Harry avec un petit sourire.

"Comment vas-tu, Harry ? La nuit n'a pas été trop courte ?" demanda le Lord Noir avec un demi sourire.

"Non, ça va je vais bien" répondit Harry d'un ton qu'il espérait calme.

"Tant mieux, il va falloir qu'on parle un peu tous les deux"

Les coins de la bouche d'Harry tressaillirent alors qu'il esquissait un sourire tremblant. Lord Voldemort lui lança un regard rassurant.

"Suis-moi, nous allons parler ailleurs, il y a beaucoup trop d'oreilles cachées dans cette salle" fit Lord Voldemort avant d'entraîner Harry vers une pièce adjacente.

Elle était bien plus petite que la Salle du Trône mais cent fois plus chaleureuse. Une cheminée décorée par les armoiries de Serpentard trônait fièrement au fond de la pièce, elle était néanmoins éteinte puisque le printemps venait d'apporter avec lui un doux vent du sud. Une dizaine de fauteuils rembourrés en chintz étaient parsemés autour d'une petite table de salon. De nombreux tapis recouvraient le sol et les murs. Ce salon ressemblait beaucoup à un salon marocain et Harry l'aimait beaucoup.

Lord Voldemort fit signe à Harry de s'asseoir et se dirigea vers un petit buffet en acajou qui contenait les alcools les plus communs à ceux plus rares et illégaux.

"Tu veux boire quelque chose ?" demanda-t-il à Harry.

Harry le regarda étrangement. Il se rendait compte que si Voldemort avait voulu le punir pour son geste, il serait déjà en train de se tortiller de douleur sur le sol. Or, Lord Voldemort lui demandait pacifiquement de boire un verre avec lui.

"N'importe quoi qui ne soit pas alcoolisé, s'il vous plaît" répondit Harry d'une voix à peine plus haute qu'un murmure. Lord Voldemort eut un léger sourire et apporta la boisson sur la petite table de salon. Lui-même tenait entre ces mains un verre de vodka. Harry attendit que son Maître boive une gorgée avant d'entamer le sien.

"Pourquoi es-tu si tendu, Harry ? Je ne vais pas te torturer, tu sais" dit-il d'un ton calme.

"Justement, je croyais que vous alliez le faire et maintenant que je vois que ce n'est pas votre intention, je me demande ce que je fais là" répondit Harry en évitant les yeux trop carmins de son maître.

"Ça me paraît évident, Harry, je voulais te remercier" dit-il avant de poser son verre sur la table.

"Me remercier ? Mais je me suis jeté sur vous sans réfléchir davantage, j'aurais dû savoir que vous aviez crée un bouclier."

"Certes, j'avais crée un bouclier mais c'est toi qui l'a renforcé si violemment qu'il a réussi à renvoyer le sortilège de la mort sur l'attaquant. En réalité, il est possible que ce soit grâce à toi que je sois toujours en vie."

Harry rougit de gêne.

"Non… Je ne crois pas, vous avez dû voir comme je suis maladroit"

"Pas vraiment, je ne te cache pas que tu manques énormément d'exercices et que tu as le niveau d'un débutant, mais ta magie est vraiment très puissante !" s'exclama Voldemort "Je savais que tu possédais la magie blanche mais pas en aussi grande quantité, enfin bref je ne suis pas là pour te parler de ta magie… Je veux te remercier pour avoir renforcé le bouclier mais surtout pour avoir voulu me protéger. Un geste d'une telle fidélité n'arrive pas tous les jours, tu peux me croire. C'est presque un sacrifice que tu as fait hier, tu aurais pu mourir pour moi et crois-moi c'est le plus beau cadeau que l'on m'ait fait depuis longtemps."

"Mais c'était normal" répondit humblement Harry.

"Oui, il est vrai qu'en réalité chaque mangemort devrait réagir ainsi selon le code que j'ai écrit mais je ne suis pas idiot, je sais que rares sont les mangemorts qui se sacrifieraient pour moi."

L'ombre d'un sourire passa sur le visage de Lord Voldemort.

"Demande-moi n'importe quoi Harry, ce sera exaucé" dit Voldemort en souriant.

Le souffle d'Harry se bloqua dans sa gorge, il regarda son Maître d'un air surpris.

"Heu… Je ne sais pas, je… je… "

En fait des milliers d'images traversaient son crâne, il voyait deux corps nus emmêlés dans une étreinte passionnel, une tête de mort rajoutée à son tatouage, des baisers, un sourire, des poignées de main et la musique enchanteresse en arrière plan. Un piano… A queue noir… Trônant au centre d'une pièce. Deux mains fines sur les siennes.

"J'aimerais…"

Lord Voldemort lui fit signe de continuer par un petit sourire.

"Je voudrais que vous m'appreniez à jouer du piano" répondit Harry d'une voix claire.

Le Seigneur des Ténèbres fut particulièrement étonné de cette réponse.

"Je me serais attendu à tout, tout, sauf à ça. Je croyais que tu allais me demander d'être promu ou d'avoir des leçons de combat avec moi mais t'apprendre à jouer du piano !"

"Hé bien, cela ne me déplairait pas d'avoir des cours avec vous ou d'être promu mais, vous savez, je préfère savoir jouer du piano que savoir tuer !"

"Tu as sûrement raison, bien que pour moi ces deux choses reviennent au même plaisir."

Harry eut un très léger sourire.

"Alors, vous êtes d'accord ?" demanda Harry.

"J'ai dit que j'exaucerais ton vœu, mais juste une dernière question… Comment sais-tu que je joue au piano ? Seuls les mangemort supérieurs le savent…"

"Je vous avais entendu la fois où on s'est rencontré au cinquième étage" avoua Harry en rougissant légèrement. En réalité, ça faisait des années qu'il l'espionnait chaque vendredi caché dans la pièce à côté.

"Ha oui, je m'en souviens bien. Et bien maintenant tu auras l'autorisation d'y aller pour que je te donne tes cours de piano, ce sera tous les vendredi à vingt heures, ça te va ?"

"Oui, Maître, merci beaucoup" répondit Harry avec un sourire qui creusa une petite fossette au coin de ses lèvres.

"Je t'en prie mais je te demanderais de ne pas le répéter partout et à tout le monde, voir des mangemorts jaloux est la dernière chose que je veux voir en ce moment" dit Voldemort d'un ton froid.

"Cela restera entre nous, Maître" fit Harry avec un sourire malin "Je vous le promets."

"Ce sera mieux comme ça, en effet."

Lord Voldemort se leva et Harry fit de même, avant de quitter la pièce, Lord Voldemort se retourna vers Harry et lui dit :

"Vous savez, je crois que vos parents seraient très fiers de vous"

"Merci, Maître" répondit Harry quelque peu ému.

۞

Harry flottait sur un petit nuage depuis qu'il avait parlé avec son Maître. Il lui avait plus parler ces deux derniers jours que pendant les cinq années qu'il avait passé au Château de Salazar. Un petit sourire ornait ses lèvres depuis qu'il savait que son maître allait lui apprendre à jouer du piano. Il se fichait presque de voir Théo accroché à Blaise tellement il sentait la joie envahir son cœur. Il picora quelques frites dans son assiette, il n'avait pas tellement faim, l'image de son Maître souriant suffisait à le nourrir.

"Alors Harry ? Qu'est-ce qu'il t'arrive pour que tu ais l'air si joyeux ?"

"Rien du tout" répondit précipitamment Harry "C'est juste que je vais bien."

"Moi je crois que ça un rapport avec le Maître" minauda Théo dans les bras de Blaise.

Harry lui jeta un regard glacial.

"Qu'est-ce que tu racontes, Théo ?" demanda Blaise.

"Après votre départ ce matin, Harry a été parler au Seigneur des Ténèbres" expliqua-t-il.

Draco regarda Harry dans les yeux.

"Est-ce que c'est vrai, Harry ?" demanda-t-il.

"Oui, et alors ? Ça n'a rien à voir avec ma bonne humeur !"

"Tu lui as demandé quoi ?" demanda Ron avec des yeux exorbités.

Harry avait déjà prévu cette question, il savait qu'il ne pouvait décidément pas se fier à Théo.

"Je suis allé lui demander une permission mais il a refusé, apparemment je dois améliorer mes résultats au combat avant de pouvoir quitter le château" mentit Harry d'une voix calme. "Mais ce n'est pas grave, ce sera pour une autre fois !"

"Tu m'étonnes qu'il a refusé" fit Ron "Draco et moi, on a demandé à un mangemort supérieur qui nous a refusé l'autorisation… Mais quel idiot d'avoir demandé au Maître ! Depuis quand on fait ce genre de réclamations à lui directement ?"

"Aucun des mangemorts supérieurs n'aurait accepté que je quitte le château, ils ne me connaissent pas ou alors les seules choses qu'ils savent sur moi c'est ce que Snape leur a répété et comme il me déteste… Ils doivent tous croire que je suis désobéissant, et tout et tout…"

"Ouais mais de là à aller voir le Maître en personne, comment as-tu osé ?"

Harry haussa les épaules.

"Depuis le temps qu'il rêvait de parler au Maître, il doit être aux anges !" s'exclama Théo avec un rire cristallin.

Harry eut envie de l'étrangler. Il avait tellement envie de lui ressortir une phrase méchante, cinglante et qui ferait ouvrir les yeux à ses amis mais cela l'impliquerait tellement aussi. Comment pouvait-il leur annoncer qu'il était fou amoureux de leur Maître ? Non, c'était pas concevable, ils se moqueraient de lui. Harry essaya de s'étouffer avec sa salade pour s'empêcher d'insulter Théo. Finalement repu, Harry se leva du banc et quitta le réfectoire. Draco le suivit presque immédiatement.

"Hé, Harry !"

Harry était presque arrivé au Café des Mangemorts que Draco le tourna vers lui brusquement. Il vit Ron derrière Draco qui le regardait bizarrement.

"Qu'est ce qu'il t'arrive en ce moment ? Qu'est-ce que Théo t'a fait ?"

"Théo est une pute, Draco, une pute" dit Harry "Peut-être qu'un jour je vous dirais ce qui me fait dire ça, mais pour l'instant je n'ai qu'une envie : m'amuser !"

Sur ce, Harry rentra dans le Café des Mangemorts, il commanda de l'alcool et alla s'asseoir à côté de Neville Londubat qui était tout seul et insulté par les mangemorts de second ordre. Bientôt, Draco, Ron, Blaise et Théo les rejoignirent et ils essayèrent de discuter en effaçant les tensions qui s'installaient entre eux. A un moment donné, Harry croisa le regard glacial de Severus Snape et il put y lire une haine viscérale, il se demanda un instant pourquoi ils se haïssaient tellement mais cette pensée fut bientôt chassée lorsqu'il détailla le corps presque trop beau de ce connard… Il soupira, sachant très bien que ce corps là avait le droit de toucher celui du Maître alors que lui ne pouvait l'effleurer que dans ses rêves.

۞

Ce soir-là, Harry rentra dans sa chambre. Il se posta devant le haut miroir à pieds qui était coincé entre son lit et son bureau. Il commença à se déshabiller progressivement, dévoilant un à un chacun de ses membres. Il se contempla longuement, complètement nu devant sa glace.

Harry avait une peau légèrement halée, ses os fins donnaient à sa silhouette un effet androgyne qu'Harry détestait, ses hanches étroites accompagnaient des jambes trop fines à son goût. Son torse dépourvu du moindre poil était chétif, ses épaules délicates. Il ressemblait trop à une fille selon lui, comparé à Snape il était franchement ridicule. Il ravala ses larmes et s'enferma dans sa salle de bain. Comme presque chaque soir, il se masturba dans la cabine de douche, l'eau cascadant sur son corps, plaquant sa chevelure ébène, faisant luire son corps de milliers de gouttes luminescentes. Son visage figé dans l'extase gémit : "Tom !". Depuis qu'il connaissait le véritable de son Maître, il répugnait à l'appeler "Maître" durant ses séances de masturbations. Harry s'écroula dans sa douche, replia ses jambes contre sa poitrine et laissa l'eau couler sur lui.

Il était infiniment pressé d'être vendredi, de voir son visage, entendre sa voir, toucher sa peau. Mais, il se rendait compte peu à peu qu'il voulait tellement plus !

۞

Un air de morosité planait sur le château depuis quelques jours, les habitants s'ennuyaient depuis que les batailles étaient moins nombreuses. Les permissions furent auto-autorisées aux vieux mangemorts de premier ordre et aux favoris, les autres se contentaient d'une partie d'échec dans le réfectoire ou au Café des Mangemorts. Le château était moins peuplé et une espèce de tristesse teintée de lassitude touchait chacun des mangemorts, infirmières et elfes qui y habitaient. Seule une personne sembler rayonner de bonheur en ce début de printemps. Harry ne semblait plus vouloir quitter ce sourire niais, et ses amis commençaient à croire qu'il était tombé amoureux. Ils n'étaient pas loin de la vérité. Harry était amoureux de Lord Voldemort depuis de nombreuses années, et en ce jour béni il allait enfin pouvoir apprendre à jouer du piano avec lui. Lord Voldemort serait son professeur, il serait son élève.

Harry était aux anges. Rien ne pouvait entacher sa bonne humeur, pas même les questions incessantes de Ron, ni les sarcasmes de Snape et encore moins les remarques salaces des mangemorts de second ordre. Il n'avait pas revu son Maître depuis qu'ils avaient convenu d'un rendez-vous ce vendredi à vingt heures et il se languissait de le revoir.

Harry était élégamment habillé, sa robe de sorcier noire aux reflets émeraudes cachait une chemise blanche et un pantalon qui épousait parfaitement ses formes. Il essaya même de coiffer ses cheveux mais se résigna, pensant que de toute façon il était malvenu de se faire impeccable pour son maître. Il ne voulait surtout pas que son maître se rende compte qu'il était dingue de lui. De toute façon, le naturel lui allait bien et ses mèches désordonnées lui donnait un effet débraillé et sauvage qui plaisait beaucoup. Bien-sûr, Harry ne remarquait jamais qu'on le regardait alors il ne pouvait pas vraiment savoir que cette coiffure le rendait irrésistible.

Il sortit de sa chambre et se dirigea vers le petit salon où il avait si souvent entendu son maître jouer du piano. Il fut rassuré de ne rencontrer personne dans les couloirs du cinquième étage, il n'avait vraiment pas envie de tomber sur un favori (certains n'avaient pas voulu partir, comme Severus Snape, bien-sûr !) qui ferait valoir ses privilèges auprès du Seigneur des Ténèbres. Lord Voldemort lui avait évidemment donné son accord mais ce serait tellement humiliant d'être traîné à ses pieds comme un sang-de-bourbe.

Il frappa à la porte doucement et attendit patiemment une réponse mais il n'entendit rien. Il réessaya une deuxième fois mais il n'eut toujours aucune réponse. Il finit alors par ouvrir la porte et d'y entrer. Il vit tout de suite qu'il n'y avait personne. Il visualisa la pièce avec surprise, il l'avait toujours vu que d'un seul angle et particulièrement réduit. Il tourna la tête vers le petit trou en bas du mur de droite et eut un sourire à l'idée qu'il s'était caché derrière ce trou presque tous les vendredis depuis son arrivée au Château de Salazar.

Il regarda le mobilier particulièrement chic de la pièce, un canapé de bois et laqué de noir de style Napoléon III était coincé entre deux immenses bibliothèques remplies de livres aux reliures noires et au contenu épais. Il s'agissait sûrement de vieux grimoires de magie noire. Le piano à queue noir était proche du mur de droite et presque collé au mur du fond. Il brillait à la lumière des chandelles accrochées sur les murs. Un bouquet d'ancolies, de bleuets et d'hellébores noires était posé sur une petite commode empire de style moldu. De toute évidence, Lord Voldemort n'était pas insensible aux styles moldus. Des tableaux de peintres sorciers décoraient les murs, Harry remarqua qu'ils étaient magnifiques mais plutôt macabres. Harry jeta un coup d'œil à sa montre et se rendit compte qu'il était vingt heures passées, il espérait que son Maître viendrait bientôt. Pour patienter, il regarda les titres des livres qui étaient méthodiquement rangés dans les bibliothèques. La plupart des grimoires étaient des livres de recettes de potions illégales et dangereuses. Mais sur la plus haute étagère, Harry put voir des titres de livres un petit peu plus étranges :"La grossesse masculine chez les sorciers" ; "La compatibilité entre hommes" ; "Les atouts du sexe fort". Un peu décontenancé de ces livres, Harry s'assit sur le canapé laqué de noir et attendit patiemment son Maître tout en se demandant si la grossesse masculine était réellement possible, lui qui aurait juré que ceci était un mythe. Apparemment, son Maître était intéressé par ce sujet, et Harry se demanda s'il projetait de mettre un enfant en monde ou de féconder un de ses amants.

Il cessa de penser à cela lorsque la porte du petit salon s'ouvrit sur le Seigneur des Ténèbres tout de noir vêtu. Harry bloqua sa respiration alors qu'un début de stress l'envahissait, il se releva et essaya de rester stoïque. Son Maître lui lança un petit sourire et ferma la porte derrière lui.

"Je suis désolé de ce retard, Harry, j'assistais à une réunion qui s'est un peu éternisée."

"Je comprends, ce n'est pas grave" répondit Harry avec un léger sourire.

Lord Voldemort s'approcha de son mangemort et Harry plongea encore une fois dans l'océan abyssal de ses yeux de sang.

"Assieds-toi derrière le piano, nous allons commencer ta toute première leçon de piano…"

Harry s'assit sur le petit banc noir qui était posé devant le piano, son cœur battait à cent à l'heure, il pouvait sentir la présence imposante de son Maître derrière lui. Le Lord Noir commença à lui montrer les notes sur le clavier en appuyant ses mains sur celles d'Harry, ce dernier admira pendant une demi-seconde le contraste magnifique des mains longues, fines et blanches de son Maîtres entre celles plus petites et bronzées des siennes. Il avait l'impression que ces deux mains-là étaient faites pour s'enlacer.

Le cours commença enfin et Lord Voldemort ne put que s'amuser de la maladresse de son jeune élève. A la fin de la séance, il s'assit à côté de son mangemort et lui joua un morceau.

Harry reconnut immédiatement cette mélodie si tristement belle, il pouvait entendre derrière elle la pluie tomber et le ciel orageux d'un jeudi soir funeste. Le jour où son père fut enterré et que les corbeaux du ciel chantaient cruellement sa perte. Harry observa son Maître plongé dans la mélodie, son visage d'une finesse incomparable se libérant pour la première fois d'un masque oppressant, ses yeux mi-clos qui s'éternisaient par de longs cils noirs recourbés, sa peau blanche partagée entre la lumière des chandelles et l'obscurité de la pièce. Harry aurait pu rester des heures à le contempler en se demandant ce qui avait pu rythmer sa vie pour qu'il écrive des musiques si belles et torturées.


TO BE CONTINUED...

Déjà, je voudrais remercier tous mes revieweurs qui m'ont tous fait de très très gentilles reviews ! Vous ne pouvez pas savoir à quel point je vous adore ! Voir des lecteurs qui me suivent au fil de mes fics, c'est peut-être le truc qui me fait le plus plaisir. A chaque fois que je lis une review, j'ai un sourire jusqu'aux oreilles, et lorsque l'une d'entre elle est un peu plus piquante que les autres, dix autres viennent me réconforter. C'est pour ça que ne plus pouvoir répondre aux reviews de chacun d'entre vous m'énerve ! Mais je veux que vous sachiez que je lis toutes vos reviews avec attention et qu'aucune ne se perd dans la masse ! Mais comme je ne remplis pas ma part du contrat qui est Review - RaR, je ne vous oblige certainement pas à reviewer (même si je ne vous force pas non plus à tracer votre chemin ! ;)). Même si il se peut que je vous demande de temps en temps de reviewer en masse pour me dire que vous avez aimé parce que je suis très très peu sûre de moi et l'impression que ce que je fais est nulle est peut-être quelque chose qui peut me faire arrêter. Je vous dis ça parce que je culpabilise un peu de ne pas reviewer à chaque fois... Mais avoir plus de 40 reviews pour le premier chapitre de cette fic m'a donné beaucoup de joie !

Par contre, si vous avez une question précise à me demander, je vous répondrais sans problèmes et dès que les temps seront plus calmes, je reprendrai les RaR. En attendant, je vous remercie tous, je vous aime !

J'espère avoir plus de temps pendant les vacances de Noël. En attendant, faites moi partager vos opinions sur ce chapitre :)

Bisous,

SamaraXX