Troisième chapitre et plus d'explications! Sans compter l'entrée en scène d'un personnage supplémentaire... Aviez-vous deviné sa présence? Il est rempli d'explications, mais elles sont nécessaires pour avancer... Désolé si elles sont lourdes! Mais si vous ne comprenez toujours pas, n'hésitez pas à me poser des questions!

Bonne lecture!

Fustella.

Chapitre 3

Harry se sentait léger, très léger. Il ne savait plus où il était, il errait dans un univers aux couleurs changeantes. Soudain, il se sentit comme aspiré et le décor changea. Il reconnut sans peine le Hall de Poudlard. Il sut alors ce qu'il se passait.

- Un Fragment de Mémoire de Poudlard…

Harry ne connaissait que trop bien ce phénomène. Depuis qu'il était arrivé entre les murs de la vieille école et qu'il avait découvert son statut de Shawin Phénix, il lui arrivait très régulièrement de recevoir de ces Fragments. Le plus souvent, il s'agissait de souvenirs concernant son histoire, ses parents ou lui-même. Ou bien la scène concernait Tom, Moira, des gens qu'il connaissait ou devait connaître ou même les Fondateurs de Poudlard. A cela s'ajoutaient les souvenirs des leçons qui s'étaient données entre ces murs. Mais il arrivait aussi que ces souvenirs soient incompréhensibles, sans queue ni tête. Parce qu'Harry ne devait pas encore en comprendre la signification. C'était une des méthodes d'enseignement des futurs Shawins. Une fois que leur âme s'était rattachée à un ou plusieurs lieux, ils en recevaient des informations afin qu'il puisse achever sa formation et, si besoin en était, de réaliser son destin. C'était le cas d'Harry.

- Je me demande quand je suis…

Comme pour répondre à sa question, il vit ses parents avancer, pâles comme la mort, vers une des entrées menant au Cœur de Poudlard, ces lieux réservés aux Shawins ou à leurs apprentis. En voyant l'état de sa mère, il comprit. Il connaissait ce souvenir. Il était le 12 mai 1981. Ses parents venaient d'apprendre la prophétie.

Il les suivit jusqu'à une des salles cachées. Là, se tenaient des gens qu'il connaissait fort bien. C'étaient les Shawins de Poudlard, au nombre de sept : Salazar Serpentard et sa femme, Helga Pouffsoufle, Godric Gryffondor et son épouse Rowena Serdaigle, Tom Jedusor et Moira Wallen. Sans oublier le plus célèbre d'entre eux : Merlin en personne. Une huitième personne se tenait au milieu du groupe, la seule à n'être pas une Shawin corporelle : Poudlard. Ou pour être plus précis, l'âme de l'école qui, à force d'engranger de la magie, avait pris forme plusieurs siècles auparavant.

James et Lily Potter entrèrent dans la salle et, sans un mot, s'assirent sur un divan, serrés l'un contre l'autre. Lily pleurait et James était sous le choc. Poudlard s'avança vers eux.

- Ils vous l'ont dit…

Sans un mot, ils acquiescèrent. Lily, presque hystérique, se leva soudain rapidement.

- Je refuse ! Je refuse qu'un de mes enfants doive subir une telle chose ! On peut sans doute faire quelque chose ! Nous le DEVONS !

Merlin la regarda, peiné mais sérieux.

- Nous ne pouvons rien, Lily… Vous connaissez comme nous le pouvoir des prophéties… Elles ne peuvent être contournées ni contrecarrées…

- Mais nous pouvons l'améliorer, non ? Améliorer le destin de l'Enfant Elu, l'aider afin que sa vie soit belle, que la prophétie se termine en sa faveur…Mais faire quelque chose !

- Et comment ? Aucun de nous ne peut…

- Je trouverai ! Je jure que je trouverai !

Sous les yeux d'Harry, la scène se troubla puis disparut. Mais avant, il eut le temps d'entendre, claire et nette, la voix de Merlin prononcer les mots qui allaient décider de son destin :

Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche… Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois… Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore… et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit… Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois…

Puis, il entendit des voix prononcer des mots épars, des phrases sans contexte. Il les reconnaissait pour les avoir bien souvent entendues. Les voix des Shawins qui l'accompagnaient depuis sa plus tendre enfance… et la sienne.

Cet enfant est un Shawin en puissance, Merlin… Est-ce là le pouvoir dont Voldemort n'est pas doté…

Ce n'est qu'un des pouvoirs qu'il enferme en lui, Tom… Peut-être est-ce celui-là, peut-être en est-ce un autre…

Un pouvoir que l'autre n'aurait pas ?

Voilà peut-être l'erreur de Voldemort… Il n'a pas pensé à ELLE.

C'est injuste ! Qu'il vive sa vie !

Mon enfant, ne te laisse pas surmonter…

Il est temps pour moi de devenir le maître de mon propre Destin ! Je ne les laisserai pas m'utiliser !

Il sourit à ces mots. Il ne connaissait la prophétie que depuis la résurrection de Voldemort mais avait reçu, peu après, des souvenirs de Poudlard qui le mettaient en garde contre le Ministère et ses manipulations. Il avait aussi appris que Dumbledore en savait énormément et lui en avait énormément voulu. Mais ses mentors lui avaient fait comprendre le bien-fondé de son attitude et il avait pardonné à l'homme qu'il aimait, au fond, comme on peut aimer un grand-père. Il sourit inconsciemment en pensant au vieil homme et à son affection pour lui. Il l'avait tout de suite adopté avant même de savoir qui il était réellement. La preuve que le cœur reconnaît toujours une personne que l'esprit, la mémoire, a un jour oublié.

Puis, la scène changea.

Il se retrouva à l'Infirmerie, ou, plus exactement, devant les portes closes où James, Sirius, Rémus, Peter et Dumbledore attendaient. Il sourit, nostalgique. Ce Souvenir était l'un des premiers qu'il ait eu. C'était même le tout premier. Il l'avait eu après s'être évanoui, lorsque, pour la première fois, il avait emprunté l'entrée menant au Cœur de Poudlard. C'était son préféré.

Le 31 juillet 1981

Sa naissance.

Ou pour être plus exact, LEUR naissance.

Les portes s'ouvrirent alors, laissant place à une jeune Mrs Pomfresh épuisée, accompagnée d'une sage-femme et d'un médicomage. Les deux femmes tenaient chacune un petit tas de linge. James se précipita vers elles mais Rémus le retint avant qu'il ne fasse une bêtise tant il était stressé – sous les rires de Sirius et l'air malicieux de Dumbledore.

- Alors ? Alors ? Elle va bien ?

Pomfresh se mit à rire.

- Votre femme va bien, Mr Potter, calmez-vous. Tout s'est très bien passé, elle se repose, à présent. Et toutes mes félicitations, ce sont des jumeaux ! Un garçon et une fille, le choix du Roi, comme on dit !

Et elle lui présenta le tas de linge rose qu'elle portait, lui présentant sa fille. La sage-femme lui présenta son fils au même moment. James se calma, émerveillé devant les bébés. Il était aux anges, son visage arborant un air béat qui faisait bien rire ses amis, le directeur et le corps médical.

- Ils portent déjà la fourrure noire des Potter, Cornedrue ! Alors, tu nous les dis, leurs noms, maintenant ?

James rit à l'impatience de son frère de cœur, le séducteur Sirius Black. Lily et lui avaient décidé de ne pas révéler les noms des enfants avant leur naissance, afin de les accompagner d'un petit cadeau pour ses meilleurs amis. Il prit le garçon des bras de la sage-femme et le présenta à ses amis.

- Laissez-moi vous présenter Harry James Potter. Lily et moi aimerions que tu en deviennes le parrain, Sirius !

Sirius, pour la première fois de sa vie, ne sut pas quoi répondre. Il trembla, ému, et des larmes emplissaient son regard. Puis, il parvint à parler.

- Tu… Tu es sûr que c'est ce que tu veux ?

- Certain, Patmol ! Alors ?

- A… Avec plaisir, vieux frère !

Et James remit entre les bras tremblant du nouveau parrain, le précieux paquet de linges bleus. Il sourit devant la maladresse de son meilleur ami qui avait apparemment peur de faire un faux mouvement qui pourrait faire mal au bébé. Puis, l'animagus cerf se tourna vers Mrs Pomfresh, tout aussi émue, et prit délicatement le nouveau-né de ses bras.

- Quant à cette jeune demoiselle, ce sera Elisabeth Lily Potter. Rémus ?

- O…Oui ?

- Accepterais-tu de prendre la responsabilité d'être son parrain ?

- Qu…Quoi ? James, tu… tu plaisantes ? Je ne peux pas… Je… Je suis…

- Tu es un de mes meilleurs amis et une des meilleures personnes que je connaisse… Personne ne m'empêchera de faire de toi le parrain de ma petite Elisabeth, pas même ces stupides lois du ministère ! Alors ?

Rémus ne sut pas quoi dire… Dumbledore prit alors la parole. Ses yeux pétillaient de joie et de malice. Et aussi d'émotion, lorsque son regard tomba sur les deux enfants endormis dans les bras des deux meilleurs amis de James.

- Acceptez, Rémus… Je ferai moi-même en sorte que le ministère approuve cette décision. Vous en êtes tout à fait digne.

Rémus, les larmes aux yeux, une boule dans la gorge, ne put qu'hocher de la tête pour donner son accord. Il reçut aussitôt la petite fille dans les bras. Tout comme Sirius, il se sentait assez maladroit, surtout à cause de son « état », mais semblait malgré tout un peu plus à l'aise que le jeune Black.

Harry, de son poste d'observation, pouvait voir toute la scène. Les larmes dans les yeux de son père se reflétaient dans les siens. Il vit James proposer d'aller voir la jeune maman mais déjà la scène disparaissait, à son grand regret. Bien sûr, il avait déjà vu la scène entière auparavant, mais il ne pouvait pas s'empêcher de vouloir la revoir encore. Il eut juste le temps de voir les portes s'ouvrir et le lit de Lily apparaître, la jeune femme affichant un grand sourire en voyant que les deux Maraudeurs avaient accepté de devenir les parrains des jumeaux.

Avant que la scène ne s'efface totalement, il entendit de nouveau des voix.

La Prophétie vient de débuter… L'Enfant est né, et ce sera un Potter.

N'y en a-t-il pas un autre ?

Neville Longdubat… Il pourrait le devenir, mais il ne le sera pas… Son Destin est ailleurs…

Puis, de nouveau, le Survivant eut à faire face à une scène qu'il connaissait déjà. Il commençait à se demander ce que voulait Poudlard, à lui faire passer toutes ces scènes. D'ordinaire, c'était pour qu'il puisse y trouver des sous-entendus, de nouvelles clés pour sa compréhension des évènements. Il voyait un enchaînement d'évènements et en découvrait la conséquence, à moins qu'il ne vienne de la vivre… Cette fois, pourtant, rien ne lui vint. Il ne perdit cependant pas patience et attendit la suite.

La scène ressemblait à la première, sauf qu'il s'y trouvait, dans un berceau, aux côtés de sa sœur. Lily se tenait face à ses mentors et amis, attendant leur réaction face à ce qu'elle venait de leur montrer. Merlin la regarda dans les yeux.

- Ingénieux… Vraiment… Mais êtes-vous tous les deux sûrs de ce que voulez… et de ce que vous comptez faire ?

- J'ai rarement été aussi sérieux, Merlin… Lily a peut-être trouvé la meilleure solution pour nous tous.

- Devenir Shawin… En ce qui vous concerne, aucun problème. Mais les enfants ? Il faut le vouloir pour devenir l'un des nôtres, et ils sont trop jeunes pour cela….

- Pas si nous mélangeons différents sortilèges et enchantements d'Ancienne Magie et de Magie Spirituelle. Je viens de vous l'expliquer…

- Ca ne s'est jamais vu, jeune Lily… Cependant… Cependant, je pense que vous venez de trouver une nouvelle méthode pour devenir Shawin… Et je vous approuve, car c'est votre cœur de mère qui parle, et il a souvent raison.

Lily sourit à Merlin. Elle avait longtemps cherché un moyen d'empêcher le pire de se produire. Et elle était sûre de sa découverte. Elle était une spécialiste dans ces magies, son don de Shawin ne faisant qu'augmenter ses capacités et son goût pour l'étude, principalement de ce qui n'était pas enseigné à Poudlard. James le savait et la regardait, de la fierté dans les yeux. Il avait en elle une confiance aveugle, même la confiance qu'il avait en ses meilleurs amis ne dépassait pas celle qu'il avait pour sa femme. Ils étaient « les deux moitiés d'un tout », c'était ce que Tom disait souvent en riant, lorsque les deux adolescents qu'ils étaient se tournaient autour. A l'époque, ils venaient à peine de s'éveiller à leurs dons – ils avaient seize ans – et James était déjà fou de la jeune fille qui le repoussait toujours, même s'il ne l'avouait jamais. Et elle, elle avait fini par comprendre qu'elle l'aimait en retour depuis des années… Mais il lui avait tout de même fallu plus d'un an et une bonne centaine de disputes et de gifles !

James sourit à ces souvenirs et revint dans la conversation alors que Poudlard s'avançait vers les deux bébés. Merlin réfléchit un instant et, levant son bâton, mit fin au débat.

- Ces enfants seront des Phénix. Tel sera leur nom, car chaque membre de notre « peuple » se doit de posséder un nom.

La jeune femme aux cheveux ambre qui représentait le collège observa un instant encore les enfants avant de se tourner vers eux et de donner sa décision.

- Ainsi sera-t-il, Merlin. Elisabeth et Harry seront des Shawin Phénix et comme tels seront plus haut que les Mages, car quiconque est destiné à faire partie des nôtres ou en possède le pouvoir n'est plus tout à fait un sorcier normal… Ils seront plus puissants que les mages habituels par ce seul caractère. Je leur apporterai ma protection et je veillerai toujours sur eux. Telle est ma décision.

Poudlard avait parlé, les autres avaient accepté de prendre sous leur protection les deux enfants et leurs parents.

Sous les yeux d'un Harry invisible, le rituel des Ephémères fut enclenché pour Lily et James. Désormais, au lieu de mourir, ils apparaîtraient à Poudlard, plongés dans un coma magique, et seraient enfermés dans un Cercueil d'Eternité en attendant leur réveil. Leurs âmes prendraient alors leur envol et ils deviendraient des Shawin Ephémères, comme Tom et Moira avant eux.

Puis eut lieu le second rituel. Au centre d'un pentagramme, ils placèrent une vasque de pierre surélevée. Lily et James y placèrent plusieurs liquides différents, qu'Harry reconnut de suite. D'abord, le sang. D'exactes quantités de sang, provenant des personnes qui aimaient ces enfants : Lily et James, Sirius et Rémus, pour commencer. Pas Peter. Le liquide était devenu noir dans son récipient et tous en connaissaient la signification : il n'y avait pas d'amour, Peter était devenu « noir ». Mais les Potter savaient ce qui devait arriver, aussi avaient-ils décidé de ne pas entraver le cours des choses.

Puis, vint le sang de Dumbledore. Rares étaient ceux qui savaient qu'Albus Dumbledore était le père de James Potter, et donc le grand-père d'Harry. Pour protéger son fils, le vieux directeur avait choisi de donner à son fils le nom de jeune fille de sa femme. Il avait aussi ensorcelé à temps le miroir du risèd afin qu'Harry ne puisse le voir dans le miroir, en première année, et ainsi découvrir un secret qui pourrait le mettre plus en danger qu'il ne l'était déjà. Seuls James et Lily le savaient. Et bien sûr sa défunte épouse, Sephira Potter. Leur mariage avait été gardé secret, tout le monde pensait qu'elle était une mère célibataire. Bref, le sang de Dumbledore était empli d'amour pour son petit-fils.

Ils ajoutèrent à cela le sang des marraines des bambins, Sarah Carolis et Lena Parker. Les meilleures amies de sa mère. Elles n'étaient pas présentes le jour de la naissance pour cause de travail mais elles existaient. Harry n'avait jamais vu ces jeunes femmes autrement qu'en souvenir. Elles avaient disparu, et il s'était juré de les retrouver. Il sentait que son parrain et celui de sa sœur seraient plus heureux si elles étaient là.

Puis, ils ajoutèrent un liquide bleuté qui se révéla être une potion contenant, aussi étrange cela pourrait-il paraître, des pensées d'amour et d'espoir. Certaines les concernaient, d'autres non. Elles concernaient la guerre qui faisait rage, et dont on espérait voir la fin, ou les sentiments unissant ceux qui avaient donné leur sang. Ils continuèrent par le contenu de petites fioles. Des souvenirs. Des souvenirs provenant de tous ceux qui avaient donné leur sang, sans savoir à quel étrange rituel le sang et les pensées allaient être destinés.

Lily conclut le rituel en y mélangeant des ingrédients divers : larmes et plume de phénix, écaille de dragon, de serpent et de sirène, crins de licorne, poudre de corne de licorne,… Tous des dons volontaires qui disparurent dans le liquide, dissous.

Le liquide dans la vasque devint clair, transparent comme l'eau pure. Sauf qu'elle brillait d'une lumière dorée. Les enfants y furent baignés, le liquide diminuant au fur et à mesure des incantations des parents, comme s'il imprégnait les corps fragiles. La peau pâle des enfants se fit un peu plus bronzée, et les Shawins présents s'avancèrent vers la vasque. Chacun d'entre eux fit un signe sur le front ou une partie du corps des jumeaux, lui offrant un ou plusieurs dons particuliers en plus de la protection. Puis, sur le poignet droit des enfants, apparut un signe qui disparut aussitôt. Mais il était là. Un phénix en vol.

La première partie du rituel des Phénix avait fonctionné.

Restait la seconde.

Ils accomplirent avec eux un rituel modifié d'initiation aux mystères des Shawins, suivie d'une cérémonie tout aussi modifiée d'entrée parmi les Shawins.

Le corps des enfants brilla d'une lumière dorée puis argentée et un symbole apparut de nouveau, sur leur cœur cette fois, avant de disparaître également : un Dragon surmontant le blason de Poudlard.

Ils avaient réussi.

Harry vit Lily prendre Elisabeth dans ses bras et James faire de même avec lui, juste avant la disparition de la scène. C'était le 30 août 1981. De nouveau, les voix se firent entendre.

Ca n'a pas marché comme nous le pensions…

Pourquoi Harry a-t-il survécu ?

Il n'est pas arrivé à Poudlard…

J'aurais dû me douter que nous ne pouvions pas trop demander du destin.

Harry Potter, le Survivant…

D'un mal sortira un bien, Merlin… Je suis certaine que tout ça ne fut pas en vain…

Lily a sans doute raison. Nous ne sommes pas morts. Il nous reste une chance.

Veillons sur les deux Phénix. Elisabeth et Harry partagent un lien que personne ne pourra comprendre, pas même des jumeaux normaux.

Elle est liée à lui. Elle vivra à travers lui jusqu'à son réveil

Je le crois.

Pourquoi le sortilège n'a-t-il pas fonctionné ?

Harry le savait. Il en avait discuté avec ses parents, sa sœur, son frère et sa sœur de cœur, sa seconde maman et ses mentors. Et l'explication était ridiculement simpliste. Devant lui se répétait la scène du soir maudit d'Halloween 1981.

James était en bas avec Elisabeth. Lily s'apprêtait à mettre au lit un petit garçon un peu malade.

Et il était arrivé.

Il menaça d'abord James qui tenta de le combattre pour protéger sa fille.

- Lily ! Lily, c'est lui ! Prends Harry et va t'en ! Ne te retourne pas et pars avec Harry !

Il espérait mettre au moins sa fille à l'abri, la faire partir avant que le pire n'arrive. Ils n'étaient pas sûrs de l'efficacité de leur rituel du Phénix mais ils savaient qu'eux étaient assurés de ne pas entièrement mourir. Les Ephémères existaient depuis des siècles et des siècles.

Devant les yeux d'un Harry impuissant, il vit le duel entre son père et le mage noir. Celui-ci, dans la confrontation, remarqua le bébé et la tua sous les yeux de James qui fut cloué sur place par la stupeur avant d'hurler de douleur, incapable de penser à autre qu'au meurtre de sa petite fille. Et le mage noir en profita. James Potter tomba. Malgré sa défaite, le Survivant était fier de son père, de son courage, de sa puissance. Il n'était pas – ou plus- celui que Rogue lui décrivait sans cesse, ternissant toujours son portrait par la haine qu'il portait à cet homme extraordinaire qu'était James Potter.

Mais le cauchemar n'était pas terminé pour l'adolescent qui pleurait, malgré le fait qu'il ait vu et revu cette scène des milliers de fois, malgré le fait qu'il savait qu'ils n'étaient pas vraiment morts. Lily subit le même sort en tentant de protéger son fils. A la différence que, au moment de mourir, elle avait récité d'instinct, presque inconsciemment, un sortilège de protection par le sacrifice. Sa mort protégea l'enfant du sort mortel. Mais l'empêcha également de rejoindre sa famille dans les appartements secrets de Poudlard.

Le destin avait tranché.

Harry ne devint pas un Phénix à part entière.

Il devint le Survivant.

Harry se sentit à nouveau partir dans l'univers coloré et il comprit le message de Poudlard.

Courage.

Oui, garder courage, poursuivre son chemin. Il ne serait bientôt plus seul, car il était désormais prêt à réveiller sa sœur, ses parents et ses deux amis, Tom et Moira. Il sentait que la confrontation finale était proche.

Harry avait retrouvé le Cœur de Poudlard à trois ans, quand ses pouvoirs de Shawins, bloqués par le sort noir, se réveillèrent en cette nuit de Noël qu'il avait failli passer dans la neige et le froid. Il y avait retrouvé sa famille, agrandie par un frère (Tom) et une sœur (Moira), sans oublier ses ancêtres, les quatre Fondateurs (Salazar et Helga faisaient autant partie de son arbre généalogique que Godric et Rowena, ce que peu connaissaient), Merlin (également un lointain ancêtre) et Poudlard, sa « seconde maman ».

Depuis ce jour, tous les mois, le jour de la nouvelle lune, lorsque les pouvoirs de Shawin d' Harry supplantaient ceux de sorcier, il était emmené auprès de sa famille. Par précaution, sa mémoire avait été scellée de façon à ce qu'il ne se souvienne de ces rencontres que comme des rêves et les oubliait rapidement… jusqu'à la suivante.

A son arrivée à Poudlard, ce fut presque pareil. Ses connaissances de Shawin et celles qu'il n'était pas sensé avoir étaient scellées en lui et ne ressortaient que lors des nuits sans lune. Elles se libéraient peu à peu au fil du temps, de façon à ce qu'il ne se fasse pas trop remarquer. Bon élève, sans plus. Son trop-plein de pouvoir résidait dans le Cercueil d'Eternité qu'il aurait dû occuper. Il ne le récupérait que pour ses entraînements. Certains de ses souvenirs avaient été également bloqués jusqu'au moment propice. Voilà pourquoi il avait oublié les noms et les visages des Maraudeurs, jusqu'à la fin de sa troisième année.

A ces souvenirs, Harry eut un petit sourire.

C'était une chance que sa sœur et lui soient métamorphomages, car il ignorait comment ses amis auraient pris sa transformation. Sa peau, pâle après dix ans de placard, avait repris la couleur dorée qu'il aurait dû avoir depuis le début. Ses yeux émeraude possédaient une couleur changeante selon ses humeurs. Il avait perdu sa myopie, ses yeux s'étaient faits plus perçants, plus vivants. Il était musclé grâce au Quidditch et ses entraînements, mais pas trop. Il s'était étoffé, avait grandi plus qu'il ne le montrait.

Bref, il était très séduisant, surtout lorsqu'il s'amusait à se faire des cheveux longs retenus par un ruban. Mais il ne tenait pas à le montrer, comme il cachait son aura. Il ne voulait pas de problèmes à ce sujet en plus de sa célébrité. Enfin, célébrité… Plus depuis un moment.

Son sourire s'agrandit, devenant ironique. Au moment où il avait le plus besoin, sa célébrité disparaissait. Quel étrange destin…

Harry ? Harry ? Réveille-toi, s'il te plaît…

Cette voix…

- Beth ?

Il se réveille !

En effet, Harry se réveillait. Son corps se faisait plus lourd, la douleur revenait, la fièvre aussi. La bouche pâteuse, il prononça encore une fois le petit nom qu'il donnait à sa sœur :

- Beth ?

- Je suis là, 'Ry. Comment te sens-tu ?

- Mal…

Il savait qu'il devait être franc, elle savait quand il mentait.

Il papillonna des yeux et finit par les ouvrir. Il découvrit alors au-dessus de lui le visage de sa jumelle qui avait un air inquiet.

- Reste calme, Harry. Maman, Nanny et moi, on va s'occuper de toi.

Elle sortit de son champ de vision et il se bougea, de façon à voir la pièce et les personnes qui s'y tenaient. Helga Pouffsoufle, leur « Nanny », une Guérisseuse d'exception, s'activait avec des potions et des herbes. Sa mère, les yeux rougis par des pleurs, les mains tremblantes de colère, scrutait les vêtements ensanglantés qu'il portait. Elisabeth, dit Beth ou Sissi, était partie changer l'eau des compresses.

Lily, le voyant réveillé, laissa tomber les habits et accourut vers lui.

- Harry chéri! Tu es réveillé, merci mon dieu ! J'ai eu si peur pour toi… Est-ce que tu te sens capable d'avaler quelque chose avant de prendre une potion ?

Harry acquiesça, complètement dans le gaz. Lily lui présenta alors une assiette de bouillon et le fit manger alors qu'Helga terminait ses potions. Harry constata d'ailleurs que sa main était bandée, tout comme son front. Il soupira, comprenant qu'il avait encore eut une de ces crises qui se terminaient par le saignement de sa cicatrice.

Une fois son repas terminé, il parla d'une voix affaiblie mais emplie d'inquiétude.

- Maman ? Pourquoi as-tu pleuré ?

Lily sursauta et regarda ses mains croisées sur ses genoux. Elles tremblaient, preuve de sa colère et de sa tristesse.

- Tom nous a tout dit… Notamment ce qu'Ombrage et Séverus te faisaient. Ils ont failli te tuer, Harry… Tes barrières se sont presque brisées, puisant dans toute ta force magique, physique et mentale pour se reconstruire, pour que tes pouvoirs n'éclatent pas, pour que tu n'exploses pas ou que tes secrets soient révélés. Et ce n'est pas tout…

- Oui ?

- La campagne du ministère contre toi, les humiliations, l'attitude d'Albus, l'éloignement de Sirius, tes inquiétudes pour lui et tes proches… Tout ça te brise peu à peu de l'intérieur, Harry… Une attaque extérieure a plus de chance de réussir si tu es affaibli mentalement, psychologiquement. Et tes inquiétudes, tes angoisses, tes rêves… Tout ça ne fait qu'empirer la situation… En plus… En plus…

- Qu'y a-t-il, maman ?

Lily ne répondit rien, éclatant en sanglots incontrôlés. Helga poursuivit pour elle.

- Le pire n'est pas seulement là. Tout cela, avec un entraînement mental approprié – à condition que tu nous en aies parlé, évidemment !-, tu aurais pu le surmonter. Mais tu n'aurais certainement pas pu résister au poison.

- P…Poison ?

Helga acquiesça, visiblement furieuse.

- Cette… saleté de crapaud ! Cette sale bonne femme ! Sa plume est empoisonnée ! Elle est destinée à soit te tuer, soit te faire devenir fou, soit te mettre sous son contrôle ! Sans compter que ta blessure s'était salement infectée ! Si tu n'étais pas ce que tu es, tu ne serais sans doute plus de ce monde ! Ou bien tu serais entre leurs mains, à Sainte-Mangouste ou à leur service !

Elle se calma peu à peu alors que les pleurs de Lily s'intensifiaient. Helga s'approcha et posa une main sur l'épaule de son descendant. Elle était bienveillante, rassurante.

- Tu sais ce que ça veut dire, mon poussin ?

Harry n'eut pas besoin qu'on lui explique. Il avait comprit.

- Je suis trop dangereux pour le Ministère…. A moins qu'elle ne soit du côté de Voldie….

- Je parie pour la première solution ! Fudge est un faible et un idiot, mais il est capable de tout pour garder sa place ! A moins que cette… cette sale… cette sale bonne femme, n'ait décidé de le faire à sa place, histoire de se faire bien voir… Ou pour l'honneur du Ministère. Elle le considère comme un dieu, ce putain de Ministère, ou quoi ?

Harry observa sa sœur, qui déposa le récipient sur la table de chevet et, une fois le jeune homme recouché après sa potion, entreprit de le rafraîchir avec des compresses. Aucune potion ne pouvait vaincre une fièvre due à un manque de magie, et Salazar préparait en ce moment de quoi lui en faire retrouver.

Elisabeth Potter était aussi belle qu'Harry. Elle possédait une longue chevelure d'ébène, qu'elle coiffait de différentes façons mais qu'elle gardait le plus souvent retenus par un bandeau ou attachés en queue de cheval. Ses yeux, très expressifs, étaient de la même couleur que ceux d'Harry et de sa mère. Son corps d'adolescente était très bien formé et annonçait une superbe jeune femme. Elle était aussi grande que son frère et se gardait en forme par les entraînements et par quelques sports qu'elle pratiquait avec lui, dans le secret de leurs appartements : natation, quidditch (elle était aussi bonne poursuiveuse que son frère l'était en attrapeur), gymnastique et danse – bien que son frère ne pratique pas toutes les sortes de danse, lui ! Elle avait un corps souple, félin.

Le port altier, pleine de noblesse, Elisabeth Potter ressemblait à un Harry féminin. Elle était cependant moins sombre que lui, même s'ils avaient partagé d'une certaine façon les aventures de son frère. Et ce dernier se réjouissait de sa joie de vivre, de son énergie. C'était elle qui lui remontait le moral, toujours. Mais, comme sa mère, il ne fallait pas se fier aux apparences. Sous son allure de petite fille sage et intelligente se cachait un véritable ouragan ! Elle était très maternelle, très protectrice. Elle adorait son frère et ne supportait pas qu'on lui fasse du mal, même s'il était plus fort qu'elle. Pour cela, elle haïssait Voldemort plus qu'Harry lui-même ! Elle était à elle seule la représentation de la devise de Poudlard : Draco dormiens nunquam titillandus !

Ying et Yang. Voilà ce que représentaient les enfants Potter. Bien que tous les deux sachent se battre et guérir, leurs domaines de prédilection étaient à la fois opposés et complémentaires. Harry était le Guerrier, Elisabeth la Guérisseuse. Il était le digne héritier de Godric et Salazar, elle était l'héritière d'Helga et Rowena. Tous les deux étaient multi-animagi depuis plus d'un an, et ils maîtrisaient les quatre éléments, mais Harry domptait plus facilement les animagi et les éléments du feu et de l'air, alors qu'elle préférait l'eau et la terre. Ils se partageaient toujours ces caractéristiques, ne se résumant jamais à celles de deux fondateurs uniquement. Et c'était pareil pour tout, à l'exception des matières comme métamorphoses, sortilèges et enchantements, où ils excellaient de façon égale.

Harry et Elisabeth avaient également d'autres cordes à leur arc, comme leur maîtrise des arts de combat et de guérison moldus, leurs puissantes occlumencie et légilimencie (qu'Harry avait bien du mal à masquer), leur science des magies oubliées et dénigrées, leurs connaissances d'un nombre incroyable de langues, animales et humaines, et de savoirs ancestraux. Tout cela, ils l'apprenaient depuis des années, lors des Lunes Noires ou durant leur sommeil. Bien sûr, la mémoire d'Harry avait été bloquée sur ce sujet durant des années, mais à présent, suite au retour de Voldemort, elle était parfaitement active. Sans compter que leur lien leur permettait de partager leurs connaissances. Ce que l'un apprenait, l'autre l'apprenait aussi. La seule différence était le blocage nécessaire de la mémoire et des pouvoirs d'Harry. Mais tout cela n'était que de l'histoire ancienne, à présent. A présent, tous les deux étaient en pleine possession de leurs connaissances et de leurs pouvoirs. Harry était à même de dissimuler tout cela face à ses professeurs et les autres étudiants.

Alors qu'elle rafraîchissait son frère, le berçant par sa voix douce qui chantonnait leurs airs favoris et leurs berceuses et chansons d'enfant, elle se jura de faire payer au centuple à Dolores Ombrage et à Cornélius Fudge chaque coup qu'ils lui infligeaient. Depuis le début de l'année, elle étudiait les lois sorcières et la politique. Elle voulait les prendre à leur propre piège dès qu'elle en aurait l'occasion. Elle serait plus clémente envers Rogue, car elle en savait assez sur lui pour expliquer son comportement et le pardonner, mais il recevrait aussi sa punition pour avoir rabaissé son frère. Il était psychologiquement plus fragile qu'elle, qui avait vécu entouré de sa famille et de gens qui l'aimaient. Malgré ce qu'elle recevait par leur lien, elle n'avait pas trop souffert, elle restait entourée et aimée. Et pour ce qu'il avait subi, elle le respectait et l'admirait plus qu'on ne saurait dire.

Elle sourit tendrement en se rendant compte qu'Harry s'était rendormi, un sourire aux lèvres. Elle attendait impatiemment la prochaine Lune Noire, car le moment serait alors venu pour elle de revenir à la vie, ainsi que ses parents, Tom et Moira. Bien sûr, elle allait devoir séjourner un moment dans ces appartements, le temps de s'habituer à vivre pour la première fois. Elle devrait être davantage prudente si elle voulait se promener à l'extérieur, bien sûr. Mais elle pourrait enfin connaître les sensations qu'elle avait toujours rêvé de connaître. Et avant la fin de l'année 1995, elle le savait, ils combattraient ce monstre de Voldemort et ils pourraient ensuite tous vivre ensemble dans une des maisons de la famille Potter. Elle était persuadée qu'ils allaient gagner !

Et lorsque tout serait enfin fini, qui sait, peut-être trouverait-elle le courage d'aller enfin lier connaissance avec celui dont elle était tombée amoureuse, celui qu'elle aimait en secret depuis quatre longues années. Sans qu'il sache seulement qu'un jour elle avait existé …

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