Me voici de retour après une longue absence! J'ai désormais mon horaire et j'ai le plaisir de vous annoncer que je publierai toutes mes fics le Week-end, comme ça je suis sûre d'être libre! Figurez-vous que mon horaire, le mercredi, va de 8h30 à 18h15 sans pause! Sont fous!
Enfin bref, tout ça pour dire que j'aurai moins de temps pour publier en semaine...
Bonne lecture!
Fustella
Chapitre 5: Nydal et interrogatoire journée pourrie!
Harry soupira. Il était en cours d'Histoire de la Magie et s'ennuyait à mourir. Le professeur était vraiment un somnifère ambulant ! Si au moins il apprenait quelque chose dans son cours ! Mais non, rien de neuf. Il connaissait bien mieux l'Histoire moldue et sorcière que son professeur, avec des détails et précisions que le professeur ignorait totalement. L'avantage d'être un Shawin en formation était que l'on pouvait assister en direct aux évènements, qu'ils soient majeurs ou minimes.
- Et la révolte de 1279 eut pour effet la création d'une nouvelle espèce. Ce furent les détraqueurs, créés à l'origine pour défendre les bases des troupes du mage Nydal, qui avait pris la tête de la révolte. Ils ne devaient donc qu'empêcher leurs ennemis d'approcher. Mais à la fin de la révolte, il s'avéra qu'ils étaient totalement incontrôlables et…
Re-soupir. Binns récitait l'Histoire Officielle, pas ce qui s'était réellement passé. Depuis qu'il avait officiellement commencé sa formation, soit depuis sa première année, Harry n'avait pas seulement rencontré la communauté de Poudlard. Il avait été envoyé dans de nombreux lieux où existait une communauté de Shawins, toujours accompagné de sa sœur, parfois aussi de Moira, Tom et ses parents. Ainsi, alors que tout le monde le croyait à Poudlard ou à Privet Drive, il parcourait le monde, découvrant des lieux mythiques tels Stonehenge, le Triangle des Bermudes, Brocéliande, les ruines des civilisations égyptiennes, grecques, romaines, aztèques, maya, chinoise, japonaise, indienne,… Les Shawins n'étant pas toujours humains, il avait voyagé dans des lieux inconnus, empli d'êtres que parfois le commun des mortels considérait comme légendaires. Etre Shawin signifiait aussi que certaines espèces pouvaient vous comprendre, vous enseigner. Cela n'était pas donné à tout le monde, même chez les Shawins il était rare que l'individu d'une espèce soit acceptée par plus d'une autre (voire même accepté tout court), qu'il soit en formation ou confirmé, mort ou vivant.
Mais Harry et sa sœur n'étaient pas n'importe qui. Non seulement ils étaient vraiment puissants sans leur condition de Shawin, mais en plus ils étaient devenus des légendes, les seuls et uniques Phénix ! Ils recevaient encore aujourd'hui bien plus de dons qu'un Shawin ordinaire, et ils provenaient parfois même d'êtres non-Shawins ! Une aberration pour tous ceux qui ne les connaissaient pas et ignoraient combien précieux étaient leurs cadeaux. Ce Nydal dont Binns parlait leur avait fait présent du secret qui permettait de contrôler les Détraqueurs et Baltus, un sorcier Egyptien, leur avait donné à chacun un œuf de Phénix d'une espèce rarissime, voire unique. Ces œufs attendaient le réveil d'Elisabeth avant d'éclore, ce qui signifiait que leur naissance approchait. Bien d'autres compagnons attendaient que les jumeaux soient réveillés pour éclore ou se réveiller de leur long sommeil, car certains accompagnaient les enfants depuis leur naissance.
Harry en avait vu plus que n'importe qui, aidé par un sort particulier qui faisait que chaque nuit où sa magie de Shawin supplantait celle de sorcier, le Temps devenait son élément. Il avait pris une constante : chaque nuit équivalait à environ six mois. Le temps nécessaire à un apprentissage de base. Il n'était jamais allé plus loin que deux ans – c'était le temps qui lui avait fallu pour terminer sa formation dans différentes communautés du Japon.
Et lui, pendant ce temps, ne prenait pas une ride, ne vieillissant que d'une seule nuit.
Tout ça pour dire qu'il la connaissait, cette foutue révolte Et qu'il savait bien que beaucoup de choses avaient été modifiées ou oubliées dans la version officielle! Il avait rencontré en personne le mage Nydal, qui était un Shawin Eternel de la communauté de Stonehenge et qui avait pour seul but de sauver les sorciers aux pouvoirs particuliers que le gouvernement voulait voir asservis ou utilisés afin d'augmenter leur pouvoir. Mais ce fait avait été masqué, oublié, rayé ! Comme le fait que les Détraqueurs étaient totalement contrôlables, qu'ils n'aspiraient pas les âmes de leurs ennemis et leur faisaient seulement ressentir leurs plus grandes peurs afin de les tenir éloignés. De plus, leurs seuls autres pouvoirs étaient soit d'endormir la personne, la faisant tomber dans un cauchemar ou un doux rêve, soit de leur faire perdre la mémoire de ce qu'ils avaient vu d'un seul baiser.
Enfin, ça, c'était au début.
Parce qu'à la fin de cette révolte, les savants du gouvernement ont eu pour ordre de faire des expériences sur eux afin de les rendre plus utiles pour eux.
Et le résultat fut ces cauchemardesques gardiens des prisons d'Azkaban.
Bref, il ne voyait absolument pas l'intérêt d'écouter ce ramassis d'inepties.
Son esprit vagabonda, songeant à sa jumelle qui, sous leurs pieds, réapprenait à vivre mais qui n'avait pas encore repris conscience, puisque son corps devait d'abord s'habituer à ses fonctions vitales. Apparemment, elle s'acclimatait plus rapidement qu'il l'avait imaginé. Il devait bien l'admettre à présent, son retour lui faisait un bien fou. Ses réserves étaient à sec, il devait absolument se mettre en stase pour retrouver la force nécessaire pour accomplir le puissant sort de Réveil. Il était soulagé à la pensée qu'elle pourrait le couvrir le temps de reprendre des forces. Pour le moment, son niveau était tombé à Troll, ce qui inquiétait bien des professeurs. Sirius et Rémus lui avaient même écrit à ce sujet.
- Je me vois mal leur dire « non, tout va pour le mieux, c'est juste que cette salope d'Ombrage m'empoisonne, que je suis en pleine dépression et que je passe mon temps à me faire humilier et insulter. Ah, et y'a un mage noir psychopathe qui est en train de me détruire à petit feu par les cauchemars et les visions aux douleurs un peu trop réelles. Mais à part ça, tout va bien, je vous assure. Rien de bien nouveau. ». Décidemment pas bon à dire, ça… Sirius est capable d'accourir en quatrième vitesse et de faire un esclandre, Dumbledore m'obligerait à ceci ou cela. Et il est hors de question de me rendre à l'infirmerie !
- Avec force courage, les agents du gouvernement….
- Mais oui, bien sûr. Ils ont joué un sale coup à Nydal, ouais ! Menacer de tuer une centaine d'enfants retenus en otage était trèèèèèèèès courageux ! Très Gryffondor !
….
Merlin, je me met à penser comme Drago, maintenant ! Je suis vraiment contaminé ! Bon, faut dire qu'entre lui, Tom et Grand-père, je suis servi !
Harry sourit mentalement alors qu'il griffonnait sur un parchemin.
Stonehenge : Nydal 1279
Il manqua le regard surpris de Ron qui venait de se détourner d'une bataille navale sur parchemin et dont les yeux étaient tombés sur ce que Harry venait d'écrire. Et plus encore lorsqu'il vit son meilleur ami inscrire ces quelques mots à la suite :
Détraqueurs – contrôle mental de 1278-1279 – Perte de contrôle 1280. Approfondir.
Alors là, Ron n'y comprenait plus rien ! Harry prenait des notes et aucune d'entre elles n'étaient de ce que Binns disait, elles semblaient même tout le contraire ! Pas qu'il avait beaucoup écouté, mais c'était flagrant…
- Le mage noir Nydal…
Ron vit alors les poings de Harry se serrer, les jointures devenant blanches. Il avait les yeux fixés sur sa feuille sans la voir, ce qui fit qu'il ne remarqua pas que son meilleur ami l'étudiait, vraiment surpris. Surpris de la colère dans ce regard. De la douleur, aussi.
- Merlin, qu'est-ce qui lui arrive ?
La sonnerie retentit et, sans un mot, Harry rangea ses affaires et sortit, sans attendre personne. Son visage se durcit et ses dents grincèrent quand leur professeur leur demanda deux rouleaux de parchemin sur le sujet, et principalement sur les causes et conséquences de cette révolte (qui à l'entendre empêcha une catastrophe de se produire dans le monde sorcier comme moldu).
- Foutu programme, foutu ministère, foutu secret d'état ! Ils nous prennent vraiment pour des cons ! Sans les Shawins, la vérité serait vraiment perdue ! Encore un avantage à notre existence…
Il s'avança rapidement à travers les couloirs pour arriver dans les cachots où se donnaient les cours de Potions. Il avait pris des raccourcis connus de lui seul et il poireautait donc seul devant la porte de la classe. Il ruminait sans cesse des idées noires contre le Ministère et ses manipulations.
- Ouhlà ! Ca carbure, frérot ! Calme-toi, grands dieux !
Harry usa de toute sa force mentale pour ne pas sursauter et parler à voix haute. Ca, ça voulait dire qu'une chose.
Elisabeth Potter était réveillée. Et définitivement.
- De retour, Soeurette ? Ravie de l'apprendre ! Comment te sens-tu ?
- Lourde. On se rend pas compte à quel point c'est lourd, un corps. Et un cœur aussi. Ca tape.
Là, il ne résista pas. Il éclata de rire, tout seul, dans les cachots. Sa sœur grognait et gémissait en pensée et il imaginait très bien ses mimiques de petite fille boudeuse. Du genre « madame a été eue », quoi ! Il l'imaginait pester contre sa mère et son père qu'ils ne l'avaient pas prévenue ! Il ne voulait vraiment pas être à leur place…
Il riait toujours de bon cœur quand les autres élèves arrivèrent pour le cours. Ron et Hermione le regardèrent étrangement puis échangèrent un regard avec Draco chez les Serpentards. Il y avait vraiment quelque chose qui clochait avec Harry Potter !
Pendant ce temps, celui-ci discutait toujours avec sa sœur qui le prévint de l'attitude de ses amis qui risquaient de tout découvrir. Mais le jeune sorcier la rassura, lui disant qu'il viendrait les voir le soir même pour en discuter.
- Je devais vous voir de toute façon au sujet de Dobby et Winky. On se verra donc ce soir.
- Ok, à ce soir ! Bonne chance avec la Chauve-Souris !
Harry resta un instant sans voix, interloqué par le surnom que sa sœur avait donné à son prof de potion, puis reprit son rire sans voir les regards qu'il recevait en retour.
- Je vais vraiment finir par croire que la Gazette a dit vrai…
- Ron ! Ne plaisante pas avec ça !
- Admets quand même qu'il agit bizarrement, non ? Il rit de plus en plus souvent tout seul sans aucune raison !
Hermione ne put rien rajouter. Ron lui avait dit ce qu'il avait vu sur le parchemin d'Harry et elle ne savait plus quoi penser. Qu'Harry prenne des notes dans ce cours était déjà très particulier, mais qu'en plus ces notes soient fausses et incohérentes… Rien ne reliait le mage noir Nydal et Stonehenge, pour commencer. Ensuite, les Détraqueurs ont toujours été incontrôlables, même si le gouvernement était parvenu à les maîtriser suite à la révolte. Tous les livres le disaient, même leur professeur ! Une petite voix entêtante lui fit cependant remarquer du fin fond de son esprit que ce n'était pas une référence et qu'ils avaient eu maintes fois la preuve que les livres et leur professeur n'avaient pas toujours raison. Mais elle la chassa derechef. C'était impossible qu'ils se trompent à ce point ! Et puis, ils ne pouvaient pas toujours se tromper ! C'était un cas rarissime !
Ils entrèrent dans la classe et s'installèrent aux côtés d'Harry qui s'était calmé. Ce dernier sourit en constatant que la leçon du jour portait sur la potion de sommeil sans rêves. En voilà une toute simple pour laquelle il pouvait se permettre de réussir. Parce que de toujours devoir rater ses potions pour cacher ses capacités réelles mettaient ses nerfs à rude épreuve, surtout lui qui adorait cet art ! Il fallait dire qu'avoir Salazar Serpentard comme Maître de Potion, assisté de Lily Evans et parfois de Tom Elvis Jedusor, ça payait ! Tous les trois descendaient du Fondateur de la maison des Serpents, Tom par sa mère, Lily par son père et donc les jumeaux par elle. Elle était la première sorcière à naître dans cette branche méconnue de la famille Serpentard – composée uniquement de Cracmols depuis sa création au XIIIe siècle – depuis 700 ans ! Donc tout le monde ignorait que la famille dont elle venait remontait à Salazar et Helga.
Moira, elle, ne descendait pas de Fondateurs. Par contre, elle avait été prise sous la protection du couple Serpentard, ce qui faisait qu'elle aussi appelait le sombre Fondateur de l'affectueux surnom de « Grand-Père » qui attendrissait toujours l'homme que tout le monde pensait si cruel et mauvais. Mauvaise pioche : c'était un grand sorcier, quelqu'un de vraiment bien. Pas celui dont parlent les livres.
Toujours plongé dans ses pensées, le jeune Survivant fit sa potion, sans même réfléchir ou hésiter, ce qui fit imperceptiblement froncer les sourcils de son professeur. Il avait entendu les rumeurs sur le jeune homme et avait commencé à le surveiller du coin de l'œil, sachant que les colères d'Harry Potter pouvaient causer plus de dégâts qu'on ne l'aurait imaginé de la part d'une si frêle personne. Il avait entendu parler de potions qui explosaient dans l'infirmerie, de vent qui soufflait, entre autres choses. Et il s'inquiétait pour le gosse.
Oui, il s'inquiétait !
Parce que Severus n'était pas ce que les autres voyaient de lui. Les seules personnes à l'avoir percé à jour étaient son filleul Draco, son amie Narcissa et Albus Dumbledore… Sans oublier Lily et James…
Sous sa carapace, il était un homme loyal, noble, fidèle à ses convictions et surtout, de très grand cœur. Seulement voilà, sa ruse l'avait conduit à Serpentard alors que la guerre faisait rage au-dehors. Là, entouré de futurs mangemorts, il s'était construit cette carapace pour avoir la vie sauve. Dans cet environnement, il ne se sentait pas plus à sa place que sa seule amie, Narcissa. Ils s'étaient rapidement liés avec Lily Evans, de Gryffondor, en cachette de tout le monde. Ils étaient les meilleurs amis du monde, seulement ils avaient peur, peur de la guerre et de ses conséquences. Pour protéger Lily et Narcissa, Severus avait demandé à Dumbledore s'il acceptait qu'il devienne un espion pour la Lumière. Il avait alors 14 ans et n'avait jamais regretté son choix.
Vers la fin de la cinquième année, James et lui avaient fini par conclure une trêve qui avait mené à une franche amitié, toujours secrète à cause de la position d'espion du Serpentard. Il avait vraiment été heureux lorsque Lily et lui s'étaient avoués leurs sentiments. Leur mort à tous les deux l'avait brisé. Si Narcissa et Albus n'avaient pas été là, il ne savait ce qu'il serait devenu. Et Draco, son petit filleul qu'il aimait plus qu'il ne voulait bien le montrer. Au fond, Severus savait pourquoi Narcissa avait tenu à en faire son filleul. Il avait bien lu dans son regard ces quelques mots :
Soit son parrain à défaut d'être son père. Qu'il soit ton filleul à défaut d'être ton fils.
Et il avait compris.
Il avait été choqué puis s'était senti à la fois triste et heureux. Draco n'était pas encore né. Il avait été le premier à savoir, avant même Lucius. Et lorsque, trois mois avant la naissance, il avait appris qu'il en serait le parrain, il s'était un peu consolé. Mais l'étrange mélange de joie et de tristesse avait persisté et c'était toujours le cas aujourd'hui.
Narcissa… Narcissa qu'il aimait tant… Il avait été furieux lorsqu'elle était venue vers lui en larmes pour lui annoncer qu'elle épouserait de force ce crétin de Lucius… Ils s'aimaient mais le sang-mêlé de Severus dont la mère était fille de moldus et sa faible position par rapport aux Malefoy avaient décidé. La jeune fille avait 14 ans lorsqu'elle apprit la nouvelle, mais elle parvint à manipuler ses parents afin qu'ils la laissent libre jusqu'à son mariage, lors de sa dix-neuvième année. Et durant ces cinq ans, elle avait donné à celui qu'elle aimait tout ce qu'elle se refusait à laisser à cet homme qu'elle haïssait. Son premier baiser, sa pureté, son âme, son cœur. Tout. Et même ce que Lucius n'avait jamais découvert : un fils.
Draco n'était pas le fils de Lucius mais de Severus, conçu lors de leur dernière nuit ensemble avant le mariage et cela seul le professeur et sa mère le savaient, en dehors de Narcissa. Feu Angela Adams, la fille de moldu, épouse par amour de Thadeus Rogue, le Serpentard au sang-pur, décédé peu avant, avait même prévu de lancer un charme sur le bébé s'il ressemblait trop à son vrai père. Mais ça n'avait pas été nécessaire. Il ressemblait énormément à sa mère, l'éducation de Lucius avait fait le reste. Il ressemblait à un Malefoy par son attitude, pas par le visage, mais l'homme était trop stupide pour le remarquer.
Non, à présent, seuls savaient Narcissa et Severus.
Du moins le croyaient-ils.
Et puis il y avait eu la naissance d'Harry et d'Elisabeth. Les petits bouts qui unissaient ses deux meilleurs amis l'avaient vraiment attendri. Seulement le sort voulut que l'un des enfants, le seul des deux à avoir survécu, perde tout ce qu'il avait, y compris ce qui était si cher aux yeux de l'homme. Il aurait bien demandé sa garde, mais sa condition d'ancien mangemort le bloquait.
Lorsqu'il avait vu ce petit garçon qui semblait si malade, si malheureux, son cœur s'était brisé. Il connaissait Pétunia et savait ce dont elle était capable, tout comme Vernon. Et il s'était encore mis en colère, alors qu'il s'était promis de ne pas le faire. En colère contre lui qui n'avait su l'en protéger, contre Black qu'il pensait être le traître, contre Voldemort, contre l'existence qu'avait connu Harry… et contre Harry lui-même qui ravivait sa blessure et lui donnait toute cette culpabilité, cette honte envers lui-même. Toute cette colère, il l'avait déchargée sur Harry, faisant croire à tous qu'il le détestait. Ca avait vite changé, le déclic se faisant lors du match de quidditch en première année où le balai du jeune attrapeur avait failli le tuer, mais il ne pouvait plus revenir en arrière : pour lui, pour l'enfant, il avait continué. Il avait haï Black et avait voulu l'envoyer illico aux détraqueurs sans lui laisser une chance… et une fois de plus il avait blessé mentalement l'enfant. Il était impardonnable.
Et ces leçons d'Occlumencie qui augmentaient sa culpabilité ! Il avait découvert que la vie d'Harry avait été pire qu'il ne l'imaginait. Alors il avait mal joué. Il voulait savoir, voir. Pour enfin accepter et comprendre. Il avait tout fait pour que l'enfant ne réussisse pas, pas avant qu'il n'ait tout vu, tout entendu. Il était égoïste, il le savait. Mais il ignorait pourquoi l'enfant avait besoin de ces cours, en réalité…
Il ne se doutait pas qu'Harry savait tout cela, de même qu'Elisabeth et leurs parents. Si Harry était si en colère contre lui, c'était pour sa réaction stupide, pour ses enfantillages. Pour sa curiosité qui l'obligeait à tout revoir en force, attendant d'arriver au pire : sa vie à Poudlard et les épreuves qu'il y avait endurées. Il ne voulait pas qu'il sache. Personne ne devait savoir. Que ses parents et sa sœur soient au courant était trop. Et il lui en voulait aussi pour son ignorance de l'erreur qu'il faisait en ne lui enseignant pas convenablement. Si le jeune homme n'avait pas déjà maîtrisé cet art, les dégâts auraient été considérables…
- Potter, voyons voir ce que vous nous avez encore mijoté comme catastrophe… Vous me sembliez bien dans la lune…
Il s'approcha du chaudron sous les ricanements des Serpents et dut se retenir pour ne pas hausser les sourcils et pousser un cri de surprise. Sa potion était parfaite ! Mieux, il avait réussi le premier, bien avant Draco et Hermione. Et le résultat semblait bien plus réussi encore. Harry, plongé dans ses réflexions, ne s'en était même pas aperçu.
- Et bien Potter, on dirait que vous êtes autre chose qu'un Troll lorsque vous rêvez… Ceci est presque moins pire que d'ordinaire… Si vous êtes ainsi partout, rappelez-moi de vois endormir lorsque vous rencontrerez le Seigneur des Ténèbres. Vous pourriez le toucher par miracle, qui sait… Vous resterez après la classe.
Harry ne répondit rien, se contentant de fixer toujours impassiblement son professeur en s'injuriant mentalement. Rogue avait raison : il faisait toujours mieux lorsqu'il rêvait, puisqu'il ne se concentrait pas sur la nécessité de masquer sa puissance.
Ron, Hermione et Draco le regardaient aussi, très surpris. Et tous les trois eurent la même pensée étrange : plus ils y songeaient, plus le sorcier qui se tenait devant leur professeur se différenciait de leur ami. Et si ce n'était pas lui ? Voilà qui expliquerait bien des choses… Mais alors, où était Harry ? Depuis quand avait-il été remplacé ? Hermione fit discrètement passer un mot aux garçons pour leur donner son idée : confronter « Harry » et lui poser des questions dont lui seul savait la réponse. Histoire de vérifier, à tout hasard.
La classe se termina et Harry resta tandis que les trois autres (Draco s'étant débarrassé de sa clique sous un prétexte quelconque) l'attendaient dans une classe vide. Hermione se porta volontaire pour l'y attirer.
Pendant ce temps, Harry se tenait face à son professeur qui lui parlait avec une voix doucereuse qui le faisait bouillir de l'intérieur.
- Mr Potter, j'apprécierai que vous accordiez un peu plus de votre si demandée attention à ma leçon… Cette réussite n'était j'en suis sûr qu'un coup de chance, alors ne vous montez pas votre si célèbre tête, sommes-nous d'accord ? Il y avait 99 de chance que votre potion échoue misérablement et vous ne devez qu'à votre stupide chance de Gryffondor idiot et arrogant d'être tombé sur le pourcent restant. Après tout, les moldus ne disent-ils pas que leur Dieu protège les inconscients… Alors veillez à rester modeste et à tenter de réitérer votre exploit en gardant toute votre tête… ou les pieds sur terre, comme il vous plaira… Me suis-je bien fait comprendre ?
- Oui, monsieur.
- A présent, partez.
Le jeune sorcier obéit et Severus le suivit presque aussitôt. Il remarqua que Granger attendait le jeune homme, seule. Curieux de nature, il se désillusionna et les suivit. Ce qu'il vit le surpris autant qu'Harry. Derrière une grande table se tenaient, tels des juges, Granger, Weasley et Draco… Qu'est-ce que tout ça voulait dire ?
- Pouvez-vous m'expliquer ?
Apparemment, le gosse en savait aussi peu que lui. Ce n'était pas rassurant.
Harry, pourtant, se doutait un peu de ce qui se passait. Et il bénissait intérieurement sa bonne étoile que ce soit lui et non Ely qui ait droit au comité d'enquête. Elle n'avait pas sa patience, qui était plus grande qu'il ne voulait le faire croire. Du moins quand il était dans son état normal.
Hermione lui répondit, la voix emplie d'un sérieux à faire froid dans le dos. Les deux autres semblaient aussi tendus et sérieux qu'elle.
- D'abord, nous tenons à te dire que nous connaissons l'histoire de Draco et de son sauvetage et que tu n'as aucune retenue à garder à son sujet…
Hein ? C'était quoi cette histoire ? De quoi parlaient-ils ? Quel sauvetage ?
Harry eut un sourire en coin en songeant qu'il avait au contraire bien l'intention de garder ses secrets. Hermione le remarqua et augmenta sa tension.
- Inutile de nier, nous avons remarqué que quelque chose n'allait pas avec toi, alors tu as intérêt à t'expliquer ! Assied-toi.
Harry obéit, toujours amusé en son for intérieur.
- Nous avons des questions, alors tu as intérêt à répondre et à ne rien cacher ! Compris ?
Comme les enfants avaient changé d'avis et finalement décidé de commencer par poser des questions concernant ses étrangetés, réunies en une liste qu'ils avaient préparée, et ensuite, si besoin, de s'assurer de son identité, Draco commença par ce qui le chiffonnait depuis trois ans.
- Première question : en deuxième année, que faisais-tu dans ce passage secret des cachots, le soir où tu m'as sorti de ce foutu piège ?
Celle-là, il s'en serait douté ! Draco avait la curiosité tenace et une mémoire à toute épreuve des éléments qui lui semblaient importants ou étranges. Et sa présence dans le passage en faisait partie.
- Si je te dis que je me baladais, tu ne me croirais pas, n'est-ce pas ?
Voyant ses amis approuver, il s'installa confortablement sur sa chaise, les mains croisées sur le ventre et la tête scrutant le plafond. Severus se demanda de quel piège et passage ils pouvaient bien parler.
- Avant de vous répondre, je pense que nous devrions accueillir un invité que vous n'aviez pas prévu. N'êtes-vous pas d'accord avec moi, professeur Rogue ?
Les jeunes sursautèrent et Severus resta sans voix. Il avait constaté sa présence ? Voilà qui n'était pas banal. Il quitta son camouflage sous les cris d'incrédulité de ses étudiants.
- Félicitations, Mr Potter. Au moins, vous avez des yeux. Puis-je assister à votre intéressante réunion ?
- J'allais vous en prier. D'ailleurs, j'aurai aimé que mes oncles et notre directeur puisse y assister. Mais ils ne sont pas présents… On ne peut pas tout avoir, n'est-ce pas ?
Harry ricana intérieurement devant la tête de ses amis et de son professeur. Il était un parfait mélange entre Merlin qui maniait les mots mieux que personne, Salazar et son ironie mordante, Godric et son humour bon enfant, Tom et sa nonchalance, James et son insolence et Moira et son art pour faire tourner les personnes en bourrique. Parfait… Il plaqua un sourire « made in Dumbledore » sur son visage comme pour parachever son œuvre. Et ça marchait, puisque les autres étaient vraiment choqués.
Par malice, il présenta de la main un siège à son professeur qui lui obéit machinalement. Il se trouvait à présent sur le côté de la table, un peu décalé, avec une vue parfaite sur Harry. Celui-ci se tourna ensuite vers Draco et reprit la parole, un petit sourire au coin des lèvres et les mains jointes devant lui, unies uniquement par le bout des doigts.
- A présent que cela est fait, pouvez-vous réitérer votre demande, Maître Malefoy ?
Il bénissait les leçons sur le droit (moldu et sorcier) que sa sœur et lui avaient suivi, et surtout la vision de procès et de leur dramatisation (« Un vrai théâtre » avait dit Ely. Et elle avait bien raison !). Il s'en servait avec délice.
Draco mit un moment à répondre, déstabilisé, puis il reprit son masque sérieux « made in Malefoy » qui força l'admiration des deux autres Gryffondor. Ils ne savaient pas s'ils en auraient été capables, trop choqués pour réagir.
- Euh… oui… Pourquoi te trouvais-tu dans ce passage du dernier sous-sol le jour où tu m'as sorti du piège des serpents, en deuxième année ?
- Quel piège ? Quels serpents ?
C'était Severus qui les avait interrompus, trop intrigué pour se retenir.
- Mon ami ici présent fait allusion à un piège se situant dans un passage du sixième sous-sol, inutilisé depuis des années, dans lequel ses camarades de Serpentard et lui se sont introduits, à la recherche de la Chambre des Secrets, déclenchant par erreur un piège dans lequel tomba Draco et duquel je l'ai sorti. Ce piège n'était autre qu'une fosse à serpents. Amusant, n'est-il pas ?
Severus aurait voulu en savoir plus mais garda ses questions pour plus tard. Le moment n'en était pas à la curiosité sur un passage inconnu dans ses chers cachots. Harry poursuivit :
- Pour en revenir à votre question, j'avais juste une chose à vérifier dans ces cachots quand j'ai vu les Serpentards sortir de ce passage à la vitesse de l'éclair, blancs comme un linge. Je le connaissais bien et je savais quels pièges s'y trouvaient. Je suis donc allé voir si personne n'était coincé dans un quelconque piège… C'est tout.
Il avait terminé cette explication en lisant sa robe. Mais Hermione n'était pas d'accord.
- Qu'allais-tu faire là-bas si tard ? Seul ! Alors qu'un monstre rôdait dans Poudlard !
- J'étais allé vérifier un petit détail.
- Quel détail ?
Hermione s'impatientait. Pour une fois qu'elle n'avait pas la situation en main et qu'aucun livre ne pouvait l'aider, elle s'énervait. Bien que cette vue lui plaise, Harry décida de ne pas tenter le diable. Seulement, il ne pouvait pas leur dire que c'était une nuit sans lune et qu'il était allé chercher des informations auprès de Salazar et de Tom ! En bon Serpentard, il décida de ruser et de contourner la question.
- Réfléchis. Je cherchais une solution à notre « mystère de l'année » et je me suis donc demandé si la réponse ne se trouvait pas si proche de nous que nous ne pouvions la voir. J'ai eu une idée subite et je suis allé dans les cachots pour la chercher. Et c'est parce qu'il pouvait y avoir du danger que j'y suis allé seul !
C'était une réponse sans en être une. Mais tous sentaient qu'ils n'en sauraient pas plus. Peut-être même n'y avait-il rien de plus à dire ? Draco sentait que non, à cause de ce qu'il avait dit, ce « je n'ai pas le choix » qui l'avait surpris. Ce fut Ron qui poursuivit l'interrogatoire.
- Question numéro deux : pourquoi disparais-tu les nuits de nouvelle lune ?
Severus ignorait cette histoire. Il fronça les sourcils. Ca lui rappelait vaguement quelque chose, mais il ne savait pas quoi. Bah, ça n'avait sans doute aucune importance… Il se concentra sur la réponse du jeune homme qui eut un sourire énigmatique :
- Aurait-il mieux valu que je disparaisse les nuits de pleine lune, Maître Weasley ?
Mais un regard des autres lui prouva qu'ils ne goûtaient pas la plaisanterie.
- Si on peut plus plaisanter ! Je vais vous répondre : Je – ne –sais –pas !
- Pardon ?
- Je-ne-sais-pas. J'avoue que je disparais souvent, mais je n'avais jamais constaté que c'était principalement durant ces nuits-là. Coïncidence, je présume. Surtout que je me souviens être sorti à la dernière pleine lune.
Les autres ne purent rien redire à cette réflexion mais ils n'avaient pas l'intention de lâcher prise. Ron se mit en colère, devenant rouge tant il était vexé et fâché de tous ces mystères et secrets.
- Harry ! Pourquoi disparais-tu si souvent ? Tu DOIS nous le dire !
- Ca, ça me regarde !
Ca avait claqué, sec et net comme un fouet. Son visage s'était durci. Il était fatigué de tout cela et le fit bien savoir. Exactement comme le Harry qu'ils connaissaient aurait réagi. Il se leva d'un bond, droit comme un I et tendu comme un arc.
- Et puis, zut à la fin ! A quoi ça rime toutes vos questions ? Vous vous prenez pour la sainte Inquisition ? Je devrais peut-être vous faire un rapport détaillé de tout ce que je fais ou pense ? Vous ne pensez pas que vous allez trop loin ? Je sors souvent et vous n'avez pas encore compris pourquoi ? Et vous, Professeur Rogue, vous n'en avez pas une petite idée ? Après tout, je pensais que vous en saviez plus sur moi que cela !
Et une référence aux cours particuliers, une ! Il vit le professeur blanchir mais il s'en moqua. Il était à bout, mentalement et physiquement. Il était bien loin d'avoir récupéré malgré les bons soins de sa Nanny, de son Grand-Père, de sa Grand-Maman (Rowena), de sa mère et de sa sœur. Il n'en pouvait plus et sentait qu'il n'allait pas tarder à faire une nouvelle crise de résistance au poison. Ses nerfs étaient à vif.
Mais il ne devina pas que Severus avait blanchi, non à cause de l'insulte, mais parce qu'un souvenir lui revint en mémoire. Un souvenir qui ne lui appartenait pas mais qu'il avait vu chez le garçon. Un jeune enfant qui gardait le contrôle devant les autres mais qui se cachait pour enfin craquer et pleurer… Il savait que la pression sur ces frêles épaules avait encore augmenté depuis le retour de Vous-Savez-Qui. Etait-il possible ?
Les trois autres avaient sorti leurs baguettes, prêts à réagir, de plus en plus sûrs qu'il y avait un problème avec le jeune sorcier. Le professeur, voyant cela, leur intima de ranger leurs armes.
- Mais…
- Pas de mais ! Obéissez !
Durant ce temps, Harry était tombé sur les genoux et s'était enserré dans ses bras, sentant les tremblements poindre.
Merde ! Pas maintenant ! Pas ICI !
Sa jumelle l'avait déjà senti car elle le contacta immédiatement.
- Harry ! Harry ! Tiens bon ! J'arrive !
- Non! Tu ne peux pas! Trop... Trop dangereux !
- Je m'en moque ! Tu es plus important ! Pas de discussion ! Essaye de sortir de la pièce, je te prendrai au passage ! Vite !
Comprenant ce que voulait Elisabeth, Harry se releva tant bien que mal sous les regards surpris et inquiets (voire choqués) de ses interrogateurs et sorti immédiatement. Il y eut un instant de flottement puis les quatre se mirent à sa poursuite alors qu'il se mettait difficilement à courir.
Ils le virent prendre un passage et l'empruntèrent à sa suite. Seulement, lorsqu'ils parvinrent à la sortie, ils durent s'arrêter.
Harry avait disparu.
Draco, regardant autour du lui, reconnut immédiatement les lieux.
- Je sais où nous sommes.
Les autres se tournèrent vers lui, interrogateurs. Il ne les laissa pas parler et répondit à leur question muette.
- Nous sommes dans le sixième sous-sol. Le passage secret où je me suis fait piéger n'est sûrement pas loin.
Ils commencèrent donc à explorer le couloir mais ils ne purent trouver ce qu'ils cherchaient, car c'était Flint et non Draco qui avait ouvert le passage. Ce dernier pesta, comprenant que c'était inutile. Les autres en vinrent également à cette conclusion et ils abandonnèrent la partie. Ils retournèrent sur leurs pas et Severus leur donna rendez-vous pour le lendemain dans son bureau. Il voulait leur parler et les aider. Et ils durent bien lui faire confiance.
Ils ignoraient qu'au même moment, Harry, sous sa forme originelle, s'était endormi dans son lit dans la chambre des Jumeaux Potter sous le traitement à son mal, attendant le lendemain pour débuter la transe qui lui permettrait de se mettre en stase pour reprendre des forces et qu'Elisabeth se préparait à prendre sa place durant le temps qui les séparerait de la Cérémonie.
Ils ignoraient qu'Harry et Elisabeth avaient discuté avec les autres et avaient fini par prendre une grave décision.
Plus encore, ils ignoraient qu'en ce moment, James et Lily regardaient leurs enfants dormir avec un sourire, pensant à eux. Ou plutôt à deux d'entre eux.
En effet, ils savaient deux choses très importantes, deux choses que les Jumeaux Potter connaissaient sans pour autant en voir les applications pratiques.
La première était qu'on pouvait devenir Shawin (ou candidat au statut) à n'importe quel âge. James l'était ainsi devenu à 15 ans alors que Lily l'était depuis son entrée au collège de sorcellerie. En effet, il fallait réunir plusieurs conditions pour que vous soyez pressenti comme un Shawin en devenir.
La puissance
L'âme
Le cœur
L'intelligence
La maturité
Les valeurs
Et, plus que tout, il était toujours mieux que vous possédiez au moins une chose qui vous rendait intéressant : un don, une origine, un destin, etc… James n'avait ainsi pas été considéré comme digne avant ses 15 ans (trop immature, égoïste par moments et empli de préjugés, entre autres) et Dumbledore ne pourrait jamais le devenir car il était considéré comme bien trop maladroit, vu le nombre d'erreurs qu'il avait pu commettre, ne serait-ce qu'en acceptant de se mettre à ce point sous la coupe du Ministère (chose que les Fondateurs et Poudlard elle-même n'acceptaient pas !). De plus, toutes les communautés Shawins s'accordaient sur le fait qu'il n'était pas intéressant ! Voilà qui aurait choqué plus d'un sorcier… et pourtant, c'était comme ça, aussi choquant cela pouvait-il être.
La seconde chose était qu'un Shawin n'était JAMAIS seul. Un Shawin ne pouvait aimer qu'une seule et unique fois. Il ne pouvait se lier qu'à une seule personne, lui offrant quelques capacités supplémentaires. Souvent, cette personne liée pouvait obtenir un statut à son tour, si elle emplissait la plupart des conditions requises et soit il ou elle était un Shawin complet et devenait ainsi un futur Eternel, soit il ou elle suivait une formation différente, celle du Compagnon ou de la Compagne, et devenaient des Shawins sans pouvoirs, des Drayals. Helga et Salazar étaient Liés tout en étant tous deux Shawins, comme Rowena et Godric, Lily et James, Merlin et Viviane (Merlin avait la particularité de ne pas appartenir totalement à ces lieux. Il était à la fois Shawin de Brocéliande, où vivait Viviane, et de Poudlard) mais aussi, à la surprise générale, Tom et Moira. Depuis 50 ans, ils s'étaient enfermés dans une relation amour-amitié, sans jamais rien se révéler. Pourtant, quand ils avaient reçu le médaillon de Tom envoyé par la jeune fille, peu après qu'ils se soient rencontrés, ils avaient eu la surprise de se rendre compte qu'il avait DEUX faces gravées et non une. Ce qui signifiait qu'il était lié. Ils avaient alors appelé Moira à eux et découvert qu'elle était une Shawin en puissance ! Le fait que son père avait refusé de la faire entrer à Poudlard avait failli l'empêcher de les rejoindre… Ils l'avaient formée et elle était devenue une Shawin confirmée en moins d'une année. Son cœur et son âme étaient exceptionnels. Elle avait ainsi pu s'opposer à sa famille et sauver Tom. Malheureusement, il n'était plus en état. Il était devenu Ephémère quelques jours après sa libération et Moira avait décidé de le suivre, n'ayant plus personne et nulle part d'autre où aller, hormis Poudlard et sa communauté.
Les médaillons que portaient les Shawins confirmés étaient spéciaux. Une face représentait la personne, l'autre ne se gravait que lorsqu'il s'était lié, même inconsciemment. Tom et Moira s'étaient ainsi liés sans le savoir dans le cachot de Tom, lors de leur première rencontre. Et à présent, c'étaient les médaillons des Jumeaux Potter qui s'étaient vus gravés. Ils en souffraient, persuadés que cet amour était à sens unique et impossible, aussi n'en avaient-ils rien dit, préférant le garder pour eux. C'est parce que Tom avait vu la seconde face des médaillons qu'il avait compris les sentiments de son frère et de sa sœur. Quant à James et Lily, c'étaient leurs cœurs de parents qui les avaient renseignés, et tous les deux avaient fait en sorte que leurs enfants, chacun de son côté, finissent par montrer leur médaillon à leurs parents.
La nouvelle face du médaillon d'Harry représentait une superbe femme aux ailes étendues, portant une longue robe volant au vent. Son poignet droit portait un aigle et à ses pieds était couché une lionne. Retenu sur sa poitrine par son bras gauche, il y avait un livre. Sur chaque aile était inscrite une lettre. HG
Hermione Granger.
Sur celui d'Elisabeth, un ange aux ailes repliées, vêtu d'une tunique ornée d'un dragon et d'un pantalon de style moyen-âge, était représenté. Sur son poignet droit à demi tendu devant lui était posé un hibou alors qu'un serpent entourait son autre bras. De chaque côté de l'être céleste étaient inscrites les lettres DR.
Dracus Rogue.
- Nous n'allons pas tarder à avoir de nouveaux élèves, mon chéri…
- Je le crois aussi, Lily Jolie. Hermione et Dracus ont toujours eu beaucoup de capacités pour devenir Shawins en puissance, ils n'étaient simplement pas encore prêts. Ils n'étaient pas « complets ». Il leur manquait ce que leur lien avec nos enfants leur a apporté. Un intérêt particulier pour les nôtres, entre autres choses.
- Ils seront de grands Shawins. J'en suis certaine. Tout comme je sens qu'ils pourront rendre nos enfants heureux. Ce sont eux dont ils ont besoin, James. Hermione aime déjà tant Harry.
- Et il ne faudra pas longtemps avant qu'un jeune Dragon ne succombe au charme dont notre fille a hérité de sa merveilleuse mère.
- Chéri !
- Tu sais que je le pense…
- Je sais…
Et ils quittèrent la pièce, laissant les enfants dormir et rêver à ceux qu'ils ont choisi. Le temps ferait son œuvre. Il avait bien fallu six ans à deux têtes de mule de Gryffondor pour s'avouer leurs sentiments !
Review?
