Et voici le sixième chapitre de Maître de son destin. J'aurai bien pu l'appeler "où Elisabeth tente de devenir Harry" mais je le trouvais trop explicatif... Je vous laisse découvrir par vous-même comment la jeune Potter va parvenir à prendre la place de son si célèbre frère. Attendez-vous au pire!

Bonne lecture et n'hésitez jamais à commenter!

Fustella

Chapitre 6: Echange et Amitiés

Le soleil se levait sur Poudlard et commençait à éclairer de ses rayons le dortoir des Gryffondor. Ron grogna et se réveilla. C'était la première fois qu'il était le premier réveillé, mais il n'avait pas vraiment dormi. Toute la nuit, il était resté aux aguets, les rideaux du lit ouverts, dans l'attente du retour de son meilleur ami. Il voulait s'assurer qu'il allait bien et s'excuser de son attitude de la veille. Il savait qu'ils avaient été trop loin, leur curiosité causant plus de mal que de bien. Ils auraient dû s'en tenir à leur idée de base et vérifier qu'il était bien Harry et qu'il allait bien.

La crise d'hier leur avait ouvert un peu les yeux. Ils savaient qu'Harry n'aimait pas l'infirmerie et haïssait de paraître faible et malade. Ils ne savaient pas pourquoi, mais cela était. Draco leur avait tristement dit qu'il se demandait si Harry n'était pas très malade mais ne voulait rien dire pour ne pas les inquiéter. La date des disparitions serait soit une coïncidence, soit un facteur qui augmenterait la puissance des crises. Cela n'était pas rare avec les maladies magiques.

Et Hermione avait fini par se demander si les mots écrits par Harry n'étaient pas simplement un pense-bête pour des recherches, puisqu'ils savaient tous l'effet dévastateur des Détraqueurs sur leur ami. Voilà pourquoi il s'était intéressé au cours, pourquoi il avait pris des notes si étranges.

Quand à Ron, il avait compris qu'on pouvait rire sans raison, à une simple pensée amusante. Ses frères en étaient la preuve. Peut-être Harry tentait-il ainsi de garder le moral, d'oublier ses malheurs et sa détresse.

Il en avait fait part aux autres et ils s'étaient jurés de ne jamais recommencer et d'en parler avec lui. Et aussi avec Severus Rogue, qui pourrait leur apporter de l'aide. Ils le verraient dans l'après-midi.

Il en était ainsi de ses réflexions quand un mouvement dans la direction du lit d'Harry attira son attention.

Deux secondes plus tard, un Harry à moitié endormi sorti des couvertures en pestant contre sa distraction, puisque lui aussi avait oublié de tirer les rideaux.

Sans faire attention à son ami – normal, d'habitude Ron dormait encore très profondément -, il se dirigea vers la fenêtre et observa le paysage illuminé par les couleurs de l'aube. Il resta là un moment, un petit sourire aux lèvres et les yeux doucement pétillants derrière ses lunettes. Un murmure s'échappa de ses lèvres :

- C'est vraiment beau… La Nature est si magnifique à son réveil. On a l'impression que rien ne pourrait troubler sa tranquillité… Elle en a de la chance…

Ron eut un pincement au cœur en entendant cette dernière phrase, prononcée avec tant de tristesse et de douleur.

Il continua à observer silencieusement son ami, hésitant sur la conduite à tenir, comment l'aborder sans le faire s'enfuir. Il se maudissait de son attitude de la veille.

Pendant ce temps, « Harry » tenait une conversation mentale avec son frère.

En effet, Elisabeth avait pris cette nuit la place de son frère et découvrait pour la première fois la beauté du Parc de Poudlard à l'aube avec ses yeux d'humaine, même si elle était sous l'apparence de son frère. D'ordinaire, elle usait d'un miroir pour observer l'extérieur, mais c'était différent en direct.

- Oui, c'est fantastique. Ca m'arrive souvent de me lever à l'aube ou en pleine nuit pour observer le paysage… Ca me calme.

- C'est vrai. Ca a le même effet sur moi. Comment te sens-tu, Harry ?

- Bien…C'est étrange, je me sens flotter. Mon corps n'existe plus. Sans notre lien mental, je n'aurai plus aucun contact avec l'extérieur.

- Je comprends. C'est à toi à présent de voir à travers mes yeux.

- Eh oui… Et je serai là pour te guider.

Ely sourit et se détourna de la fenêtre pour chercher de quoi se changer dans la malle de son frère. Elle grimaça et serra les temps de colère en tombant sur les frusques qu'il avait reçues des Dursley.

- Tu n'as que ça ?

- Euh… Oui et non. J'ai bien des vêtements plus neufs et plus « classes » mais je n'ose pas les porter à Poudlard. Ca changerait trop. Je ne les ai que depuis cet été, ce sont ceux que je porte d'ordinaire quand je suis avec vous ou en voyage. Mais il y en a qui ne sont vraiment pas adaptés à Poudlard ou à l'Angleterre. Voire l'Europe…

Il pensait aux vêtements qu'il portait en Egypte ou au Japon, entre autres. C'est vrai qu'il aurait l'air encore plus bizarre que d'ordinaire s'il se baladait en kimono ou en pagne !

Elisabeth réfléchit un moment puis sourit. Oh, elle savait absolument ce qu'elle allait porter ! Harry le sentit car il s'inquiéta.

- Ely ? Qu'est-ce que tu as en tête ?

- Je crois qu'il est temps pour Harry Potter de changer lentement mais sûrement de style et de caractère. J'ai trouvé ma mission : te permettre de redevenir lentement toi-même lorsque tu reviendras ! Inutile de me faire changer d'avis.

Harry soupira devant la détermination de sa sœur mais accepta. Après tout, il en avait un peu marre de tout cela. Marre des vêtements pourris alors que de vrais habits l'attendaient, marre de l'attitude qu'il gardait par mesure de prudence ! Marre de mentir et de cacher qui il était réellement.

- Bien ! Et pour commencer… As-tu toujours ta chemise rouge foncé ? Celle que Bonne-maman t'a offerte à Noël ?

- La chemise avec le serpent noir enroulé sur le cœur ? Oui, bien sûr. Tu veux la porter ?

- Oui oui. Alors, où est-elle ?

- Ferme la malle. Prononce le mot de passe « Laden » et les autres serrures apparaîtront. Les vêtements classiques se trouvent dans la deuxième en partant de la gauche.

La jeune métamorphomage le fit sous les yeux incrédules de Ron tout en continuant à discuter avec son frère.

- Waouh ! T'en as des serrures ! Les autres, elles ouvrent quoi ?

- Il y en a douze. Une pour la malle classique, avec mes affaires de tous les jours, une pour mes vêtements neufs ou plus chics, une pour mes vêtements moins conventionnels, une pour mes livres, une pour mes affaires de sport, une pour mes ingrédients de potions, mon herbier et mes échantillons, une pour mes affaires de combat, une pour mes souvenirs de voyage, une pour mes cadeaux spéciaux, une pour mon matériel de cours supplémentaire, une pour tout ce qui n'entre pas dans les autres et une pièce-à-la-demande.

Ely émit un sifflement appréciateur. Comme elle ne voyageait pas, elle n'usait jamais de sa propre malle à douze compartiments, le premier cadeau de Merlin aux jumeaux, alors qu'ils avaient quatre ans. Celle d'Harry lui était revenue durant l'été, en remplacement de sa malle ordinaire qui s'était cassée.

- Elle est bien pratique, dis-moi ! Moi, je n'utilise que la malle basique, à trois compartiments.

- C'est normal, tu n'as pas besoin de tout avoir à portée, comme moi. Tu avais tout sur place ! Mais je pense que je vais utiliser celle-là moi aussi et transporter l'autre sur le bracelet spécial que Bonne-maman Viviane nous a offert pour notre anniversaire.

- Tu as bien raison.

En effet, tous les deux avaient reçu de Viviane un bracelet assez étrange. Il faisait tout le dos de la main, retenu au majeur par une bague et au poignet par un bracelet. Une grande pierre légère se trouvait sur la peau de dragon qui s'étendait sur le dos de la main. Elle pouvait contenir une réserve de magie ou tout objet utile, selon le désir du possesseur. Harry avait envie d'y mettre sa malle et son contenu. Il lui suffirait de demander pour voir apparaître l'objet voulu devant lui, comme sortant de sa main. Pratique.

- J'ai le mien avec moi. J'y ai mis ma malle et quelques affaires, au cas où. Avec Voldy qui repointe son sale nez, on est jamais assez prudent.

- Tu as raison. Sauf que je ne pense pas que deux fentes peuvent s'appeler un nez.

La jeune fille pouffa devant le sarcasme de son jumeau et ferma la malle, ayant trouvé ce qu'elle cherchait. Elle marmonna le mot de passe « Tafnen » et la malle redevint une simple vieille malle à un seul compartiment. Elle se rendit à la salle de bain sans se rendre compte que Ron avait tout vu et qu'il avait les yeux écarquillés. Son lit était décalé par rapport à celui d'Harry et il n'avait rien manqué de la scène qui venait de se dérouler.

- Merlin, c'était quoi, ça ?

Heureusement, il n'avait vu que les douze serrures, « Harry » l'ayant empêché de voir le contenu du deuxième compartiment, le seul qu'il ait ouvert. Il s'approcha de la malle mais elle lui apparut complètement normale. Et évidemment, il ne se souvenait plus du mot de passe !

Il alla dans sa propre malle chercher son petit carnet qu'il compléta avant de choisir ses habits du jour. Vu le désordre, il mit un temps fou et les autres habitants du dortoir s'étaient réveillés entretemps, un peu surpris de voir un Ron déjà levé et d'humeur assez normale (alors qu'il était réputé pour avoir un caractère de cochon au réveil). Mais Dean et Seamus ne cherchèrent pas plus loin. Seul Neville fut franchement intrigué.

Ce fut quand Harry sortit de la salle de bain qu'ils furent ébahis.

Bien sûr, ses cheveux étaient toujours aussi en désordre, mais quelque chose avait changé. Ses lunettes étaient en parfait état. Pourtant, ce n'était pas ce qui les avait le plus frappé.

Non, c'était son habillement.

Il portait un pantalon beige, limite ocre, et une chemise rouge avec un serpent noir enroulé sur le cœur. Cette chemise à manches mi-longues avait un air médiéval, avec ses lacets croisés allant de la poitrine au col. Ce dernier était assez large, permettant de largement voir le cou du jeune homme. Pour une fois, sa chemise était à sa taille, permettant d'enfin entrevoir ce à quoi il ressemblait sous ses habituels oripeaux. Et la réponse était : à un jeune homme de belle allure, au port naturellement noble.

Comme s'il n'avait rien remarqué, Harry alla sous le silence chercher sa robe d'uniforme et re-grimaça.

- Ma parole, mais ils sont usés jusqu'au coude ! Harry James Potter, n'avez-vous donc rien de mieux à vous mettre que cette chose trop petite et sans forme aucune ?

Un petit rire lui répondit.

- N'ouvre plus le second compartiment. Cette fois, nos amis sont réveillés ! Mais je pense que tu trouveras ton bonheur dans l'armoire. Je me suis offert de nouveaux uniformes cet été mais comme les autres étaient encore bons…

Elisabeth insulta mentalement son frère, sa trop grande humilité et son goût du sacrifice. Et maudit Voldemort et les Dursley jusqu'à la centième génération. Au moins. Qu'avaient-ils fait de son frère ?

Mais celui-ci lui expliqua.

- Ils ne sont pas les seuls responsables, Ely. Mais je sais qu'un changement vestimentaire risquerait d'attirer l'attention et tu sais combien je déteste ça ! Surtout si les journalistes s'en mêlent… Alors j'évite le plus possible tout ça…

D'accord, un point pour lui. La Gazette pourrait alimenter les rumeurs disant qu'Harry attirait volontairement l'attention et qu'il était malade mental. Mais ce ne pouvait pas être une raison valable pour la jeune fille qui décida de bousculer un peu les choses.

- Tu dois te moquer d'eux, 'Ry ! Montre-toi tel que tu es, montre que tu es fier d'être toi et ne les laisse pas t'atteindre ! Ou du moins ne leur laisse pas le plaisir de voir qu'ils t'atteignent. Crois-tu qu'Hermione aimerait que tu sois lâche ? Et comment veux-tu qu'elle t'aime si tu agis comme ça et ne te vois pas tel que tu es réellement ? Elle aimerait un mensonge ! Une illusion ! Ou elle ne t'aimerait pas tout court…

Grognement d'Harry. Sourire vainqueur d'Ely qui surprend Neville et Ron.

- Ca, c'est bas, Ely ! De toute façon, ça sert à rien si c'est pas pour quelqu'un. Je l'aime mais elle ne me voit qu'en ami. C'est Ron qu'elle aime. Et il l'aime aussi, alors le sujet est clos ! Je ne briserai jamais leurs sentiments !

Si elle ne devait pas jouer un rôle, Elisabeth se serait tapé la tête contre le mur devant la persistance d'Harry face à cette idée. Mais elle se retint aussi à la pensée qu'elle pensait de même pour Draco. Il ne l'aimerait jamais, elle n'était pas pour lui. En plus, elle avait l'impression qu'il aimait quelqu'un d'autre… Et, en silence, les Jumeaux se refusaient de blesser une personne plus que nécessaire si la bataille finale tournait mal. Ils pourraient se consoler ensemble et ne souffrirait pas de la mort d'un(e) petit(e) ami(e)… Harry et Elisabeth en avaient souvent parlé en l'absence de leurs parents et en étaient venus à cette conclusion.

Ce serait pour le mieux.

La jeune Potter se secoua.

- Ca ne t'empêche pas d'être toi, pour être digne sinon de son amour, du moins de son amitié ! Elle n'apprécierait pas ce genre de « trahison ». Prétendre que tu es comme ça alors que tu es quelqu'un d'autre, ce serait cruel. Et pas seulement pour elle ! Ron, Draco, Sirius, Rémus, Grand-père Albus, Severus…

- C'est bon, c'est bon ! C'est d'accord. Vas-y !

Heureuse de sa victoire, la jeune fille se mit à siffloter en tirant de l'armoire un uniforme tout neuf. Elle annonça à Harry qu'elle ferait les magasins pour eux deux à la prochaine sortie à Pré-au-Lard. Ce dernier accepta, il en avait autant envie qu'elle à présent. Ce serait la première fois qu'ils feraient les boutiques ensemble dans le monde sorcier, à la vue de tous. Ils l'avaient déjà fait durant leurs voyages mais ce n'était pas pareil.

Hermione arriva à cet instant, déboulant comme une tornade pour réveiller les dormeurs qu'étaient Ron et Neville, nouvellement adopté dans le petit groupe. Ceux-ci étaient les seuls présentement à se demander ce qui arrivait à Harry, les autres ayant repris leurs activités matinales : recherche intensive de quelque chose à se mettre, lavage, habillage.

Lorsqu'elle vit Ron, elle haussa un sourcil. Celui-ci, ses affaires dans les bras, prêt à aller se laver, lui fit un signe de tête en direction d'Harry.

Ce qu'elle vit la fit se figer.

Merlin, comme ça le changeait. Il était vraiment superbe… La douleur de sa bêtise de la veille revint en flèche mais elle tenta de la dissimuler. De tous, elle avait été la plus affligée de ce qu'ils avaient fait. Elle n'avait pas réfléchi, pas pensé à Harry, à ce qu'il ressentait. Elle qui l'aimait tant, elle n'avait pourtant pensé qu'à elle et sa curiosité. Elle n'avait même pas utilisé la logique et avait sauté aux conclusions… Et elle se disait intelligente !

Elle avait peur de la réaction de son meilleur ami maintenant.

Pourtant, elle fut surprise. Harry se tourna vers elle et lui fit un grand sourire.

- Hermione ! Bien dormi ?

- Euh…oui…. (elle prit la soudaine décision de dissiper tout malentendu sur-le-champ) Dis, Harry, à propos d'hier…

Le jeune homme balaya l'air de sa main.

- Bagatelles ! On oublie, on va dire que c'était non-intentionnel. C'est naturel de se poser des questions, surtout vous ! On fait une croix dessus, ok ? Mais ne recommencez pas ! J'ai besoin d'un peu d'espace privé par moments…

Les autres, hébétés, acquiescèrent. Ils se jurèrent pourtant de vérifier si Harry n'avait rien de grave, avec l'aide de Draco et du professeur Rogue.

- Puisque tout est arrangé, si nous descendions dans la salle commune, Hermione, pour laisser ces messieurs se changer en paix ?

Avec un grand sourire, il prit Hermione par l'épaule et quitta la pièce avec elle, fermant la porte derrière eux. Neville se tourna vers un Ron toujours un peu abasourdi.

- Euh… Je peux savoir ?

Et Ron, profitant ce que les deux autres colocataires étaient également descendus, lui raconta tout, du début à la fin. Inquiet pour Harry, Neville promit de les aider et proposa de mettre Ginny, Luna et les Jumeaux au courant. Puisque lui acceptait de donner une nouvelle chance à Malefoy et Rogue, ce devrait aller.

Pendant ce temps, Hermione et Harry discutaient dans la salle commune. La première était encore un peu mal à l'aise face à la transformation de celui qu'elle aimait en un tel jeune homme et l'autre ne faisait absolument pas attention aux regards qu'ils se recevaient.

- Alors, qui avait raison ? Je déteste ces regards !

- Peut-être, mais avoue que tu te sens plus à l'aise avec toi-même dans cette tenue !

- C'est vrai…

- C'est l'essentiel ! Les regards partiront au fur et à mesure du temps, tu verras.

Elisabeth appréciait vraiment cette discussion avec Hermione, la première d'une longue série, elle l'espérait. Harry, dans son esprit, se taisait, savourant la voix de la jeune fille et la sécurité d'être caché derrière Ely. Il avait décidé de considérer qu'il n'était pas physiquement là et que personne ne pouvait le voir ou sentir sa présence. Ca l'aidait grandement.

Une tornade rousse déboula alors dans la salle commune.

- Hermione ! Tu ne devineras jamais ce que… (avisant Harry)… Ha…Harry ? C'est toi?

- Non, c'est sa soeur!

Ginny et Hermione pouffèrent en chœur. Ely et Harry aussi, mais pas pour les mêmes raisons.

- T'as du culot, p'tite sœur ! Dire la vérité comme ça…

- Ca ne leur viendrait même pas à l'idée que je puisse dire la vérité ! Amusant, non ?

- Très ! Fille de ton père !

- T'as rien trouvé d'autre comme remarque ?

- Je cherche, je cherche, mais je commence seulement, laisse-moi le temps de me roder à la plaisanterie !

Ely eut toutes les difficultés du monde à ne pas laisser éclater sa joie ! Enfin ! Son frère retrouvait son assurance et son attitude naturelle ! Quel changement ça ferait quand il reviendrait ! Jamais il ne se laissait aller, il gardait toujours un masque ou une barrière. Seule la communauté de Poudlard le connaissait tel qu'il était réellement…

Elle revint à la conversation avec les filles.

- Waouh, Harry, ça te va bien ! Ca te change drôlement….

- J'en avais marre de tout faire pour éviter les regards. Je n'aime toujours pas ça mais j'ai compris qu'il y avait des limites. J'ai changé, et vouloir le cacher n'apporte que des ennuis. Pas vrai, Mione ?

Cette dernière, comprenant l'allusion, hocha la tête, un peu rouge au souvenir de sa propre inquiétude et de ses idées stupides. Il avait changé et voulait le cacher sans trop y arriver ! Il n'avait pas été remplacé du tout ! Ooooh, elle se sentait si idiote ! Tout le monde changeait, elle la première ! Seulement Harry n'osait pas le montrer à cause des regards permanents sur lui… Elle le comprenait et le plaignait.

Les Jumeaux Weasley arrivèrent alors et, constatant la transformation d'Harry, se jetèrent chacun d'un côté du jeune homme et lui demandèrent d'une même voix :

- Elle s'appelle comment ?

Elisabeth eut une petite mimique et se leva rapidement, faisant face aux quatre amis de son frère.

- Qui vous dit que c'est un « Elle » ?

Devant l'air plus que choqué des quatre étudiants, elle éclata de rire.

- Vous devriez voir vos têtes ! Merlin, pourquoi n'ai-je pas d'appareil photo ?

Hermione se reprit :

- Tu…Tu blaguais ?

- Ne me dis pas que tu m'as cru, Hermione ? Bien sûr que je plaisantais ! Il n'y a personne ! Pourquoi faut-il que j'aie besoin d'une raison pareille pour changer ?

Tous les cinq se mirent à rire alors qu'arrivaient Neville et Ron. Ils furent surpris de la scène. Ils riaient tous aux larmes et Harry se tenait au fauteuil d'Hermione. Tout ça sous les yeux surpris des quelques autres Gryffondor encore présents dans la salle commune.

Voyant son frère arriver, Ginny se leva.

- Nos retardataires sont arrivés, et si on allait manger !

- Ouais ! On y va tous ensemble ! Il faut bien une escorte…

- ….digne du nouveau Harry !

Les cinq rirent encore à la réplique des Jumeaux Weasley alors que les deux derniers arrivés se regardaient sans comprendre. Ils partirent donc, entourant Harry et bavardant gaiement. Neville et Ron comprirent vite qu'Harry n'avait pas seulement changé de style vestimentaire….

- Tiens tiens, Potter et ses toutous. Vous aboyez fort, dites-moi… La rumeur serait-elle vraie ? Qu'en penses-tu, Drakinichou ?

Parkinson.

Et avec elle, Crabbe, Goyle, Nott et Draco.

Ely dut user de tout son self control face au surnom que ce bouledogue donnait à Draco. Elle se retourna, un sourire aux lèvres.

- Mais c'est Parkinson ! Toujours aussi hargneuse ? Malefoy ne se serait-il toujours pas décidé à accepter que tu sortes avec lui ?

- Ely !

- Mais c'est là que tu te trompes ! Nous sommes fiancés ! Nous sommes donc très amoureux, c'est juste que nous n'aimons pas nous afficher en public. Nous n'aimons pas attirer l'attention, nous !

La cata ! C'est la cata ! Draco serre les poings de colère et Ely ne tiendra pas longtemps à ce rythme. Il faut que je lui souffle quelque chose !

- Ely ! Ecoute….

A l'entente de l'idée de son frère, la jeune fille eut un sourire sarcastique. Elle allait bien se venger de cette sale peste ! Elle parla d'un ton ironique et moqueur sans jamais élever la voix, ce qui accentuait l'amusement qui perçait dans sa réplique.

- Vraiment ? Pourtant à crier comme tu le fais et à faire un scandale en plein couloir, je ne l'aurai jamais deviné. Merci de l'information ! Et en échange, laisse-moi de te prévenir que ton Drakinichou semble plus dégoûté de toi qu'amoureux en ce moment. Sur ce, je te laisse, j'ai mieux à faire que te discuter avec toi. Tu n'as aucune conversation. Pas surprenant que Malefoy ne s'intéresse pas à toi… Tchao !

Et il tourna les talons avec un dernier salut de la main, non sans un petit sourire complice vers Draco qui s'était un peu mis à l'écart du groupe. Celui-ci comprit aussitôt qu'il était pardonné et en fut soulagé.

Restait le problème Pansy.

Il l'agrippa par le poignet et l'emmena dans une salle vide pour lui lancer ses quatre vérités en face et lui dire de cesser de parler en son nom. Elle en sortit en pleurant, se jurant de faire payer Potter.

Puis il rejoignit sa table, non sans un regard vers celle d'Harry qui le salua discrètement de la tête, un petit sourire complice aux lèvres. Il sentait que le jeune Serpentard avait enfin eu une discussion sérieuse avec cette idiote de Pansy Parkinson. Comme lui en avait une en ce moment avec sa « conscience »

- Elisabeth ! Essaye de te calmer ! Tu es sous mon apparence, grands dieux !

- Je suis désolé, 'Ry, mais elle…

- Ce n'est rien, rassure-toi, je ne t'en veux pas d'avoir réagi. Seulement, veille à faire attention. Tu perds tes moyens lorsque Dray est concerné. Je n'agis pas comme ça, même quand je suis « moi ». Alors ressaisis-toi !

- Promis, 'Ry. Question : au petit-dèj', tu prends quoi d'habitude ?

Elle aurait pu jurer qu'Harry avait eu un petit sourire moqueur mais attendri. Elle le sentait dans sa voix.

- Tu es la reine du changement de conversation, tu le sais ça ? Pour le petit-dèj', je ne suis pas difficile. Je ne prends jamais de porridge mais j'adore les petits-déjeuners anglais, bien complets !

- Compris ! J'adore ça aussi ! Je prends !

Et elle se mit à table, écoutant les conversations, intervenant de temps en temps. Elle agissait selon le vrai caractère d'Harry et, la première surprise passée, les autres étaient enchantés du changement et n'hésitaient plus à plaisanter avec lui.

A la table des professeurs, Dumbledore était assez surpris et amusé. Lorsqu' Harry était arrivé, entouré de ses amis, il aurait cru voir son propre fils, James Potter. A voir les différentes réactions de ses collègues, il pouvait jurer qu'il n'avait pas été le seul. Même Severus avait failli recracher son thé.

Le plus amusant avait été le silence de la Grande Salle à l'entrée du petit groupe qui s'était arrêté, un peu surpris. Harry les avait dépassé et avait parcouru du regard les élèves et professeurs présents avant de soupirer bruyamment.

- C'est bon ? Vous en avez assez vu ou vous voulez ma photo ? Cessez de me regarder comme ça et laissez les mouches tranquilles, grands dieux ! Vous êtes en train de les gober !

Puis il s'était dirigé vers sa table et s'était assis, suivi de ses amis amusés. Les conversations avaient vite repris et de nombreux élèves étaient retournés à leur repas avec les joues rouges de honte d'avoir réagi ainsi à l'entrée du jeune homme. Nombreux étaient ceux qui, en secret, le respectaient toujours énormément et étaient prêts à le croire. Surtout les étudiants de l'AD. Ils savaient qu'il souffrait de toujours être la cible des regards et eux, qui avaient juré de ne pas l'observer sans cesse, étaient pris en plein délit ! La honte !

Mais le malaise était vite passé quand Harry avait dit à voix haute, pour les rassurer :

- Ca ne veut pas dire qu'il faut m'éviter ! Essayez quand même d'être plus discrets… Ca m'arrangerait…

Devant son ton un peu grognon et sa mimique, la toute la salle éclata de rire, même les Serpentards présents. Ils pouvaient rire sans avoir l'air de l'apprécier.

La seule personne qui ne riait pas était Ombrage. Elle regardait le jeune homme avec une lueur malsaine dans le regard, un sourire mauvais aux lèvres. Le directeur le remarqua et l'indiqua discrètement à Severus et Minerva qui comprirent qu'elle allait encore faire des siennes.

Ca ne tarda pas.

Elle se leva et hurla à travers la grande salle :

- Mr Potter ! Une semaine de retenue avec moi pour avoir perturbé l'ordre de ce petit-déjeuner et avoir proféré d'arrogantes paroles !

Mais à la surpris générale, Harry se leva et la regarda dans les yeux.

- Vous n'êtes donc pas contente que je vous donne une raison de plus de donner de quoi alimenter les ragots à vos amis de la Gazette ou ce cher Cretinus Fudge ? Ou bien est-ce simplement le plaisir de me punir pour tout et rien? Plus rien que tout, d'ailleurs…

Nouveau silence, ahuri par son audace. Même les professeurs se taisaient, attendant la suite.

Ombrage sembla se gonfler comme un ballon de baudruche puis dit de sa voix la plus dangereuse :

- Deux semaines de retenue, Mr. Potter ! Et continuez comme cela et je pense que vous ne ferez pas long feu dans cette école, croyez-moi !

Elisabeth sentait qu'elle tenait le bon bout. Dumbledore était là, elle avait étudié les lois durant des jours et des jours. Elle allait venger son frère. Celui-ci d'ailleurs était totalement d'accord avec elle. Il n'avait jamais agi par manque de connaissance des lois sorcières et par peur des représailles sur ses amis, mais il voulait que cela cesse ! Il regrettait pourtant de ne pas pouvoir être là en personne pour appuyer sa sœur.

Elisabeth eut un long sourire pincé et qui sentait le danger. Elle allait y aller par morceaux. Elle userait des lois à la fin, quand tout le monde se posera des questions sur Ombrage. Son frère en riait dans son esprit.

- Etes-vous donc devenue ma directrice de maison, Miss Ombrage ? Ou bien êtes-vous carrément devenue Directrice durant la nuit ? Comment se fait-il que je ne sois pas au courant ?

Ombrage ne répondit pas, devenant toujours plus rouge et plus en colère. Personne ne réagissait, encore choqué. Mais « Harry » n'en avait pas fini.

- Dites ce que vous voulez, pensez ce que vous voulez, punissez-moi même mais vous ne m'empêcherez jamais d'être moi et de penser que vous êtes une abominable bonne femme ! Que Fudge est aveugle et agit en véritable crétin ! Ne venez pas pleurer lorsque vous découvrirez où se situe la vérité ! Je ne vous pleurerai pas si vous deviez mourir pour comprendre ! Et vous pouvez envoyer ça à votre foutue Gazette !

Elisabeth sourit, satisfaite, et se dirigea vers les portes. Avant de sortir, elle se tourna vers la table des professeurs et en particulier vers cette sale bonne femme pour lancer :

- Et qu'il soit clair que je n'irai pas à cette retenue !

Et elle quitta la salle, faisant claquer violemment les portes.

- Waouh ! Bravo, Ely ! J'espère faire aussi bien lorsque je reviendrai !

- Je suis sûre que tu feras même mieux ! Bon, quel est le programme ?

- Métamorphose.

- Génial !

Et elle marcha calmement vers son cours, discutant mentalement avec son frère.

Dieu qu'elle haïssait Ombrage ! Elle était pire que Voldemort ! Lui au moins ne faisait pas mystère de ses haines et amitiés ! Il ne disait pas que c'était « pour le bien de tous » !

Harry savait bien qu'elle était en rage. Pour la calmer, il se mit à chanter une chanson, tout comme elle l'avait fait alors qu'il souffrait le martyre suite au poison d'Ombrage.

Qui ose dire qu'il peut m'apprendre les sentiments ?
Ou me montrer ce qu'il faut faire pour être grand ?
Qui peut changer ce que je porte dans mon sang ?

Qui a le droit de m'interdire d'être vivant ?
De quel côté se trouvent les bons ou les méchants ?
Leurs évangiles ont fait de moi un non-croyant

La vie ne m'apprend rien
Je voulais juste un peu parler, choisir un train
La vie ne m'apprend rien
J'aimerai tellement m'accrocher, prendre un chemin
Prendre un chemin

Mais je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là
Les lois ne font plus les hommes
Mais quelques hommes font la loi
Et je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là

À ceux qui croient que mon argent endort ma tête
Je dis qu'il ne suffit pas d'être pauvre pour être honnête
Ils croient peut-être que la liberté s'achète

Que reste-t-il des idéaux sous la mitraille
Quand les prêcheurs sont à l'abri de la bataille ?
La vie des morts n'est plus sauvée par des médailles

La vie ne m'apprend rien
Je voulais juste un peu parler, choisir un train
La vie ne m'apprend rien
J'aimerai tellement m'accrocher, prendre un chemin
Prendre un chemin

Mais je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là
Les lois ne font plus les hommes
Mais quelques hommes font la loi
Et je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là

Je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là
Les lois ne font plus les hommes
Mais quelques hommes font la loi
Et je n'peux pas, je n'sais pas
Et je reste planté là

La vie ne m'apprend rien

Ely sourit. Cette chanson, elle la connaissait bien. Elle leur correspondait beaucoup et il leur arrivait de la chanter lorsqu'ils étaient furieux et tentaient d'extérioriser leur colère. Comme elle se trouvait seule dans le couloir, elle répondit à mi-voix à son frère afin de décharger le peu de colère qui restait en elle.

Je sens encore ce parfum
Qui caressait mon enfance
L'odeur sucrée des matins
Belle et tendre insouciance

Tout me paraissait si grand
Les rêves repoussaient les murs
Le bonheur était simplement
Il faisait si pur

Et j'ai le mal du temps
De ces jours disparus
Et qui ne seront plus
j'ai le mal du temps
Des images emmurées
Dans les miroirs fêlés par le temps

Je me souviens de ces chants
De ces histoires sans poèmes
On parlait fort et souvent
Saltimbanques et bohême

Mère au regard de candeur
Quand tu nous veillais le soir
Ton âme battait dans nos coeurs
Douce fée de mes nuits noires

Et j'ai le mal du temps
De ces jours disparus
Et qui ne seront plus
j'ai le mal du temps
Des images emmurées
Dans les miroirs fêlés par le temps

Qui assassine
Impassile
Implacable machine
Obsession
Des jours qui passent
Et effacent
L'enfance... Et ce soir

Et j'ai le mal du temps
De ces jours disparus
Et qui ne seront plus
j'ai le mal du temps
Des images emmurées
Dans les miroirs fêlés par le temps
Et j'ai le mal du temps
De ces jours disparus
Et qui ne seront plus
j'ai le mal du temps
Des images emmurées
Par le temps

Ely ne s'était pas rendu compte qu'elle n'était pas la seule à être en avance. Inquiets pour leur ami, ils étaient huit à l'avoir rejoint : Draco, Hermione, Ron, Ginny, Neville, Luna et les Jumeaux. La présence du Serpentard avait surpris mais ils n'avaient rien dit, acceptant le « on vous expliquera » d'Hermione.

Tous étaient arrivés alors qu'elle commençait à chanter. Les autres s'étaient regardés, surpris. Ils le furent encore plus en sentant la douleur sourde qui parcourait la chanson. Harry allait vraiment mal, plus qu'ils ne le pensaient. Ils le sentaient à présent. Par respect, ils restèrent en retrait et échangèrent un regard quand Harry se mit à parler seul à mi-voix.

- Idiot…

La jeune métamorphomage leva lentement sa main droite et observa l'éternel bande blanche qui l'entourait, cachant aux yeux du monde ces mots honnis « je ne dois pas dire de mensonges ». Elle avait dû se faire la même chose et elle ne pouvait qu'imaginer la douleur qu'avait eu Harry lorsque sa torture avait commencé… Elle, elle l'avait à peine sentie.

- Ne va pas à la retenue, petite sœur. Je refuse que tu souffres par ma faute !

- C'est aussi la mienne Harry. C'est moi qui ai insulté l'honneur du crapaud.

- Elle ? Elle n'a pas d'honneur ! Non, s'il te plaît.

- Je ne comptais de toutes façons pas y aller, donc ne t'inquiète pas…

- Je ne peux pas m'en empêcher, Ely. Tu es ma petite sœur adorée et je t'aime. Je ne veux pas que tu souffres.

- Harry… Harry, écoute-moi. J'ai reçu les mêmes marques que toi, ressenti ta douleur. Salazar a pu me les enlever mais il n'a pas pu pour toi, parce que ce serait trop étrange et surtout à cause du poison que je n'ai pas reçu, moi. Je sais ce qu'elle t'a fait et à quel point elle t'a fait souffrir. Laisse-moi te venger maintenant que j'en ai la possibilité !

Son frère soupira. Il ne pourrait jamais lui enlever cette idée de la tête. Il ne put que créer un compromis :

- Alors n'en fait pas trop. Je tiens à ce qu'on la fasse tomber ensemble, ma puce…

- Ma puce ? J'aime bien ce surnom… Et c'est d'accord. De toute façon, je comptais le faire…

La conversation cessa quand les autres élèves arrivèrent pour le cours, lui lançant des regards soit inquiets soit amusés voire franchement appréciateurs. Certains vinrent même la féliciter. Ce cours était jumelé avec les Serpentards aussi ne fut-elle pas surpris de voir arriver Draco avec Ron, Neville et Hermione. Ils avaient l'air un peu étranges mais elle n'y prêta pas attention. Par contre, le fait que le Serpentard restait avec les trois Gryffons sous les regards surpris des deux maisons l'étonna franchement. Elle resta sans bouger, hésitant sur la conduite à tenir.

Ce fut Draco qui la sortit de ce mauvais pas.

- Félicitations, Harry ! Un coup pareil a vraiment du la choquer ! Elle n'a plus sorti un mot après ça !

- Merci… Ca m'a fait du bien ! Mais que fais-tu ici, avec des Gryffondor ?

Draco eut un sourire mauvais, imité dans une moindre mesure par les-dits Gryffondor.

- Disons que je n'ai pas l'intention de me laisser marcher sur les pieds plus longtemps. Je suis allé voir Dumbledore et je lui ai annoncé mon intention de tourner le dos à mon père. Il va veiller à ce que ma mère soit protégée. Donc, je peux enfin m'afficher avec mes VRAIS amis !

Le sourire heureux de cette dernière phrase envoya un frisson dans la colonne vertébrale d'Elisabeth Potter. C'était la première fois qu'elle le voyait sans le masque qu'il arborait habituellement. Il ne le retirait jamais en public d'ordinaire.

Elle jeta un coup d'œil aux Serpentard et vit une Parkinson en larmes, furieuse et malheureuse. Crabbe et Goyle ne bougeaient pas, ils semblaient avoir choisi de suivre Pansy. Nott et Zabini semblaient hésiter. Harry intervint alors dans ses pensées.

- Ce sont des bons gars, au fond. Ils n'ont pas connu l'horreur de la première guerre et espèrent ne pas connaître la seconde. Ils sont en divergence avec leurs parents et ne veulent pas s'agenouiller devant Voldy, surtout qu'ils savent que je passe mon temps à le tourner en ridicule.

- Comment tu sais ça, toi ?

Harry eut un petit rire.

- J'ai plusieurs sources : Legilimencie…

- Evidemment… Je sais que tu le fais régulièrement pour connaître les intentions de ceux qui sont en face de toi.

- Exact, et je voulais connaître leur camp. Ensuite, il y a Tom.

- Tom ? Grand frère ?

- Oui. Il va souvent observer les Serpentard, il dit que ça lui rappelle le passé. Il a entendu une conversation entre les deux à ce sujet… Et puis il y a leur attitude générale. Je te le dis, si nous ne les rejetons pas, ils n'obéiront pas à leurs parents et ne deviendront pas Mangemorts par dépit.

- Comme Peter…

- Oui… Comme Peter…

Les Jumeaux Potter restèrent silencieux un moment puis Elisabeth prit sa décision et, après un petit sourire pour ses amis intrigués, elle s'avança vers Zabini et Nott. Ceux-ci la virent arriver avec de grands yeux. D'autant quand « Harry » leur dit :

- Vous voulez vous joindre à nous pour les cours ? On ne mange pas, vous savez…

Silence dans le couloir. Nott et Zabini se regardèrent, surpris et indécis. Mais Harry ne leur laissa pas le temps de réfléchir. Il les prit chacun par un bras et les guida vers son groupe abasourdi.

- Alors, je fais les présentations. Vous connaissez déjà Draco, voici Ron, Hermione et Neville. Si vous voulez, je vous présenterai Ginny, Luna et les Jumeaux tout à l'heure. Voilà ! (Se tournant vers ses amis) Nott et Zabini vont rester avec nous en cours ! Je crois qu'on a beaucoup à partager !

Hermione était abasourdie : où était le Harry méfiant et renfermé ? Le voilà qui se mettait à se lier à des Serpentard ! Les autres devaient penser de même au vu de leurs airs.

Mais Harry semblait s'en moquait car il avait commencé à discuter avec les deux nouveaux venus avec l'aide de Draco puis de Neville. Ron était sur ses gardes et Hermione s'approcha de lui.

- Je crois qu'il a raison.

- Comment ça ? Pourquoi ? Hermione, ce sont…

- Des Serpentard, je sais. Mais si on n'accepte pas les Serpentard, ils seront rejetés et que crois-tu qu'ils feront ?

- Ils… Ils rejoindront Tu-sais-qui….

- Voilà ! Donc, je suis persuadée qu'Harry a raison et qu'il a confiance en eux, qu'ils ne sont pas encore pourris jusqu'à la moelle. Laissons-leur une chance…

- Mouais… Tu as sans doute raison…

Ils allaient rejoindre les cinq autres quand Mc Gonagall arriva, l'air sévère. Elle haussa les sourcils à la vue des Serpentard et Gryffondor réunis et conclut à une énième dispute. Cependant, elle n'avait pas la tête à ça.

- Mr Potter ! Bureau du Directeur, tout de suite ! Les autres, en classe !

Un sourire au coin des lèvres, Harry hocha la tête et partit, levant le bras en un salut pour ses amis.

Neville se tourna vers les Serpentard.

- Et si on surprenait Mc Go ? Un Serpentard avec un Gryffondor !

Zabini sourit.

- Ca marche ! Mais appelez-moi Blaise !

- Et moi Theodore ! Ou Theo !

- Marché conclu ! Mais appelez-nous aussi par nos prénoms ! Tu viens avec moi, Theo ?

- Pourquoi pas, Neville ?

- Moi, je vais avec Ron ! Ca ne te dérange pas ?

- Aucun problème Zab…euh, Blaise !

- Donc, nous nous retrouvons à deux, Hermione !

- On dirait Draco…

Ils étaient les derniers à entrer. Et quand la sévère professeur les vit entrer, elle resta sous le choc : ils entraient deux par deux, un Serpentard et un Gryffondor, se souriant et se parlant joyeusement à mi-voix.

- Merlin, que se passe-t-il ici ?

Dans un coin de la pièce, invisible de tout œil, humain ou magique, une jeune femme souriait.

- On dirait que les enfants atteignent lentement leur but… Je suis si fière de vous, mes enfants…

A l'instant même où les six amis passaient la porte de la classe, Elisabeth Lily Potter, toujours sous l'apparence de son frère, pénétrait dans le bureau du directeur où se tenaient, outre le vieil homme, Cornélius Fudge, Severus Rogue et Dolores Ombrage.

- Et que la fête commence !

- On va bien s'amuser, grand frère…